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Les mythes chez Platon
Nestor-Luis Cordero
Professeur émérite de philosophie à l'université de Rennes I
  • Le cosmos : le Timée

    jeudi 16 février 2012 à 11h00
    Si la philosophie de Platon a pu traverser sans trop des risques les frontières qui séparent l'Antiquité du Moyen Âge, dominé par les impératifs de la religion et de la foi, c'est grâce au Timée. Dans ce dialogue, qui expose une cosmologie totale, c'est un ouvrier divin, le démiurge, qui "fabrique" le monde. Mutatis mutandis, interprété métaphoriquement, il n'était pas si éloigné du Dieu unique judéo-chrétien, même s'il travailla avec des matériaux pre-existants, donc, éternels. Comme l'univers est envisagé comme un être vivant, l'artisan divin doit prendre comme modèle l'être vivant éternel, qui se trouve dans l'univers des Formes. Or, tout être vivant est un mélange d'une âme et d'un corps. Le démiurge fabrique d'abord l'âme du monde, car c'est elle qui doit déclencher le mouvement et veiller pour la suite des événements. C'est après le tour du corps, et tout ce qui se trouve dans l'univers, l'être humain y compris. Le mythe est exposé par un Pythagoricien, Timée de Locres. Platon partage-t-il ses points de vue?