Miro. Poésie et lumière
Lausanne
Du 28 juin au 27 octobre à la Fondation de l'Hermitage
La Fondation de l'Hermitage accueille cette année un ensemble exceptionnel de quatre vingt peintures, sculptures et gravures de Joan Miro provenant de la Fondation Pilar i Joan Miro de Palma de Majorque, qui conserve une bonne partie des œuvres de l'artiste. Consacrée aux travaux de la maturité - réalisés au cours des trente dernières années de la vie de l'artiste, dans l'atelier majorquin où il vécut de 1956 à sa mort survenue en 1983 - cette manifestation présente l'ultime phase de la longue carrière du peintre quand, en 1957, il déclarait découvrir enfin à Majorque «la poésie et la lumière».
Le paysan catalan
Né à Barcelone en 1893, le jeune homme y est l'élève de l'Académie des Beaux Arts, puis de l'Académie Gali.. Fortement influencé par l'œuvre de Van Gogh, il présente une première exposition dans la capitale catalane en 1918, avant de se rendre l'année suivante à Paris pour y rencontrer Picasso. Il peint alors des natures mortes inspirées du cubisme mais aussi des paysages puissants transformés par son imagination. Chaque objet que peint alors Miro paraît être à lui- même son hiéroglyphe et c'est là que réside probablement la clé de l'écriture plastique qui sera sa marque distinctive, en même temps que le support matériel de son lyrisme, La Ferme constituant l'œuvre la plus représentative de cette période.
Miro surréaliste
A partir de 1923, l'artiste catalan commence à fréquenter les surréalistes et accentue le caractère hiéroglyphique de ses compositions, en dégageant des éléments figuratifs ce qu'ils ont de plus subtil, non sans ajouter à cette démarche une pointe d'humour qui contribue à la légèreté de ses compositions. Cette transcription poétique dans laquelle certains ont voulu voir une «transmutation» s'accomplit pour la première fois dans les toiles des années 1923-1925 telles que le Paysage catalan ou le Carnaval d'Arlequin. En compagnie de Max Ernst, il exécute pour les Ballets Russes les décors de Roméo et Juliette. Proche des surréalistes, il ne s'engage cependant pas pleinement à leurs côtés et ne formule aucune théorie de la peinture.
La poétique de Miro
Il faut donc, pour «comprendre» Miro, s'immerger dans le langage des signes exaltant la femme, la fleur, l'oiseau, l'étoile ou la lune, éléments premiers de ses Constellations, une série de gouaches publiées à New York en même temps que les vingt-deux Proses parallèles d'André Breton. Le peintre s'approche parfois des limites de l'abstraction mais revient finalement à des éléments figuratifs toujours plus dépouillés.. Accueilli aux Etats-Unis en 1947, il y réalise une première grande peinture murale, alors que la galerie Maeght lui consacre, la même année à Paris, une importante exposition. Après s'être exclusivement consacré à la céramique de 1955 à 1959, l'artiste revient à la peinture, souvent réduite à des signes minimalistes inscrits sur un fond monochrome. C'est le moment de l'installation à Majorque où l'architecte José Lluis Sert a conçu pour l'artiste un vaste atelier, construit au pied de sa résidence. Un deuxième séjour aux Etats-Unis est l'occasion d'approfondir les liens avec la jeune peinture américaine de Robert Motherwell et de Jackson Pollock. De cette période datent Femme et Oiseau, le Disque Rouge conservé au musée de la Nouvelle Orléans et la Femme Assise du Musée Reina Sofia de Madrid.
Miro sculpteur
Toujours soucieux d'innovation, Miro se lance ensuite dans la série de ses Triptyques, dont celui des Bleus conservé au Centre Pompidou. Il réalise en 1974 L'Espoir du condamné à mort, en hommage à un anarchiste catalan exécuté dans les dernières années du franquisme. Il participe ensuite à l'installation de la Fondation Maeght à Saint Paul de Vence, en donnant alors plusieurs sculptures majeures destinées au jardin-labyrinthe. La création de la Fondation Miro de Barcelone et les expositions organisées à Minneapolis, Cleveland et Chicago établissent définitivement la renommée de l'artiste, également honoré lors d'un grande exposition parisienne présentée au Grand Palais. La manifestation de Lausanne accueille le visiteur selon un parcours chronologique et thématique présentant une cinquantaine de peintures à l'huile dont La Femme dans la rue de 1973, mais aussi des sculptures en terre cuite et en bronze ou des œuvres sur papier. Plusieurs esquisses réalisées pour de grandes décorations murales prévues à Harvard et à Cincinatti sont également présentées. Une reconstitution de l'atelier de Palma de Majorque et un ensemble d'objets originaux ayant appartenu à l'artiste permettent de reconstituer l'environnement matériel et l'univers poétique dans lequel le peintre catalan a évolué.
Pour visiter l'exposition avec Clio à l'occasion du festival de Verbier
FESTIVAL 11 - 4 jours - du 27 au 30 juillet 2013
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