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Manet revient à Venise
Du 24 avril au 18 août 2013 au Palais des Doges
C’est une exposition réunissant environ quatre-vingt dix peintures, dessins et gravures qu’ont conçue et préparée la Fondation des Musées civiques de Venise et le Musée d’Orsay de Paris. Ce projet est né de la nécessité d’un travail critique portant sur les modèles qui ont inspiré le jeune Manet au cours des années qui ont décidé de sa vocation de peintre. Outre l’influence exercée par la peinture espagnole sur l’artiste français, il faut aujourd'hui mesurer ce qu’il convient d’attribuer aux productions italiennes de la Renaissance.

Olympia et la Vénus d'Urbino
L’exposition du Palazzo Ducale sera ainsi l’occasion pour le public d’admirer, à côté des chefs d’œuvre de Manet, certains tableaux majeurs des maîtres vénitiens comme Tintoret ou Lotto et notamment de voir côte à côte la Vénus d'Urbino et l'Olympia ainsi que Le Balcon et les Deux dames vénitiennes de Carpaccio

On a longtemps privilégié, dans la formation du précurseur de l’impressionnisme, les modèles fournis par Velasquez et par Goya, en voyant dans son « hispanisme » l’unique source de sa « modernité », en même temps que la raison de son retour vers la tradition académique au moment où, proche des « impressionnistes », il ne se solidarise pas vraiment avec eux.

Cette approche ne prend pas en compte la passion qu’il éprouva pour l’art italien de la Renaissance, avec lequel il établit un lien vraiment intense, au point d’en arriver à une authentique fascination, dont rend bien compte l‘exposition vénitienne, qui met en lumière le rapport étroit qu’il entretint avec l’Italie et, plus particulièrement avec la Cité des Doges.

Le Déjeuner sur l’herbe et l’Olympia - dont on sait le scandale qu’ils suscitèrent - sont clairement inspirés de Titien et constituent des preuves évidentes quant à la relation qu’entretint Manet avec l’art italien mais l’exposition révèle de nombreux autres exemples de la connaissance approfondie qu’avait le peintre français de l’héritage de Venise, de Florence et de Rome. Le visiteur pourra suivre - à travers la succession d’un certain nombre de chefs d’œuvre tels que Le Balcon, Le Fifre ou le portrait de Mallarmé - ce que fut l’évolution artistique de Manet mais l’exposition s’ouvre sur une série d’interprétations de fresques, de sculptures et de tableaux anciens que le peintre découvrit durant ses deux premiers voyages en Italie, effectués en 1853 et 1857.

L’influence vénitienne s’impose immédiatement, inséparable de l’audace avec laquelle le peintre prend ses distances avec les conventions académiques. L’Italie n’est pas non plus absente des toiles qui apparaissent davantage liées à l’Espagne et la peinture religieuse de Manet doit autant à Titien et à Andrea del Sarto qu’à Greco et à Velasquez.

Ses silencieuses natures mortes apparaissent certes fidèles aux formules si bien mises en œuvre par les Hollandais mais elles réservent aussi de nombreuses surprises, dans la mesure où l’héritage des peintres du nord n’exclut pas une composition et une richesse chromatique qu’il convient d’attribuer à l’Italie. Les réminiscences italiennes sont également présentes dans Le Balcon que l’on rapproche ordinairement et avec raison du tableau comparable de Goya mais où l’on peut également déceler les souvenirs qu’ont pu inspirer des toiles de Lotto et de Carpaccio dont les Deux dames vénitiennes sont présentées à côté du chef d’œuvre de Manet.

Les voyages de Manet à Venise
Après la guerre franco- allemande de 1870-1871 et les tragiques événements de la Commune de Paris qui l’ont immédiatement suivie, Manet retrouve le chemin de Venise. Il est désormais un peintre célèbre et 1875 le voit effectuer un nouveau voyage en Italie pour y retrouver la Cité de la Lagune et réaliser deux petites toiles représentant le Grand Canal, des oeuvres dans lesquelles il retrouve la manière déjà très moderne des derniers tableaux de Guardi. Son Bal masqué à l’Opéra, aujourd’hui conservé à Washington, est refusé par les jurés du Salon parisien mais fait écho aux scènes représentées au siècle précédent par le Vénitien Pietro Longhi. On voit bien comment les hypothèses retenues par les responsables de la mise en œuvre de cette exposition - Stéphane Guégan, Guy Cogeval et Gabriella Belli - ouvrent de nouvelles perspectives quant à l’interprétation de l’œuvre de Manet et des influences dont elle témoigne. Cette manifestation, la première de cette importance en Italie, a été rendue possible grâce aux prêts exceptionnellement consentis par le Musée d’Orsay, mais aussi grâce à l’aide d’autres grandes institutions de dimension internationale telles que le Metropolitan Museum de New York, l’Institut Courtauld de Londres, le Museum of Fine Arts de Boston, la National Gallery de Washington, l’Art Institute de Chicago, le Musée des Beaux Arts de Budapest et le Städel Museum de Francfort.
Pour visiter l'exposition avec Clio à l'occasion de la Biennale de Venise
IT 101 - 4 jours

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