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Exposition El Greco
Domeniko Theotokopoulos 1900 à Bruxelles
A l’occasion de la présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne, le palais des Beaux-Arts de Bruxelles présente une exceptionnelle exposition consacrée au Greco. Ce magnifique survol s’achèvera par la série des Apôtres qui constitue le testament artistique du peintre : totale liberté des formes exaltées par des couleurs brillantes et lumineuses. L’exposition, organisée en collaboration avec le musée Greco de Tolède, illustre aussi l’histoire de la redécouverte du peintre au XXe siècle.
Longtemps demeurée dans l'oubli après la disparition de l'artiste, l'œuvre du Greco a retrouvé toute sa place dans l'Histoire de la peinture européenne, notamment depuis le début du siècle dernier, quand Maurice Barrès signait son Greco ou le secret de Tolède et se faisait lui-même représenter par Ignacio Zuloaga sous un ciel d'orage, face à l'orgueilleuse cité dominant le Tage. C'est un Greco mystique, censé résumer «l'essence de l'Espagne» chère à Miguel de Unamuno, que les commentateurs privilégient alors, mais les historiens sont revenus sur cette vision teintée de romantisme qui faisait de l'artiste un individu tourmenté, appelé à s'inscrire dans la série des « peintres maudits ». Né à Candie en 1541, Domenikos Theotokopoulos réalisa d'abord des icônes héritées de la tradition byzantine avant de découvrir le naturalisme qui prévalait dans la Venise de la Renaissance, maîtresse de sa Crète natale jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Présent à Venise à la fin de la décennie 1560, il y découvre et admire l'œuvre du Titien, mais subit également l'influence du Tintoret avant de gagner Rome en 1570. La protection du cardinal Alexandre Farnèse ne suffit pas à lui assurer une carrière à la mesure de ses ambitions, et c'est vers l'Espagne qu'il se tourne, au moment où le roi Philippe II recrute les plus grands artistes pour mener à bien l'immense chantier de San Lorenzo de l'Escorial. Il y bénéficie du soutien du souverain et y réalise son Martyre de saint Maurice, mais sa manière bien particulière choque les tenants les plus dogmatiques de la Contre-Réforme, et c'est à Tolède qu'il va donner toute sa mesure, au contact du siège primatial et dans le milieu d'humanistes catholiques qui font alors la vitalité culturelle de la ville. L'ambition de cette manifestation exceptionnelle – rendue possible par le réaménagement du musée Greco de Tolède – est de mettre en lumière l'évolution qui fut celle de l'artiste à partir de son installation en Castille. Il travaille à Tolède dans une grande demeure confortable où il installe son atelier et, malgré diverses péripéties, y mène jusqu'à sa mort une vie d'esthète plutôt luxueuse, entouré de sa famille et de ses amis artistes, notables et commanditaires humanistes. Il aime à faire jouer de la musique pendant ses repas et dispose d'une riche bibliothèque ainsi qu'en témoigne l'exemplaire de Xénophon annoté de sa main qu'on pourra voir à Bruxelles. L'exposition présente 25 toiles du maître et 8 de son atelier. On pourra y admirer notamment Les Larmes de saint Pierre, la Sainte Véronique et, surtout, en point d'orgue, la seule série complète des douze apôtres et de Jésus réalisée par Le Greco au cours des dernières années de sa vie.
 
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