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L’identité tibétaine à l’épreuve


20 juin 1959 : Le dalaï-lama réfugié en Inde dénonce l’accord en dix-sept points de 1950 et déclare qu’il lui a été « arraché sous la contrainte » mais il ne peut rien attendre de l’Inde qui entend bien garder sa neutralité dans cette affaire. 80 000 Tibétains viennent alors trouver refuge en Inde et au Népal. D’autres suivent au cours des mois et des années suivants.


1960 : Le dalaï-lama fonde un gouvernement en exil à Dharamsala, sur les contreforts himalayens. C’est là que sera créée en 1971 la Library of Tibetan Works and Archives, véritable dépôt de la mémoire du Tibet traditionnel. En 1968, un Institut des hautes études tibétaines est ouvert à Sarnath, dans l’Uttar Pradesh, en liaison avec l’université de Bénarès.


1960 : Un réseau d’écoles tibétaines commence à être installé en Inde.


1961 : Une constitution est promulguée à Dharamsala. Une fonction présidentielle existe désormais, indépendante de celle, religieuse, du dalaï-lama.


1959-1960 : L’ONU condamne l’occupation chinoise mais ne peut prendre aucune sanction, malgré les rapports accablants produits par une commission internationale de juristes sur la situation dans le pays.


1960 : Accord frontalier entre le Népal et la Chine. Le roi du Népal s’oppose désormais aux activités des résistants tibétains organisés dans le Mustang.


Octobre-novembre 1962 : Guerre sino-indienne sur la ligne Mac-Mahon. Les Chinois rectifient la frontière à leur profit en imposant à l’Inde une humiliante défaite


1964 : Le panchen lama, confronté à la politique antireligieuse des Chinois, prend position pour l’indépendance. Arrêté, démis de ses fonctions, il est emprisonné puis placé en résidence surveillée et « rééduqué ».


1965 : Un canp de concentration est ouvert à Xining, dans le Qinghai, pour les résistants tibétains. La mortalité y est effroyable.


9 septembre 1965 : Pékin crée la Région autonome du Tibet.


décembre 1965 : L’ONU vote une résolution dénonçant « la violation continue des droits fondamentaux des Tibétains ». L’ Inde s’associe au vote.


Été 1966 : Début du saccage méthodique des monastères tibétains par les Gardes rouges engagés dans la Révolution culturelle. En dix ans, une dizaine de monastères et de lieux de culte sont épargnés, sur les six mille que comptait le pays. La collectivisation des terres et la généralisation du système des communes populaires achèvent la ruine totale du pays.


Le bilan de l’occupation chinoise apparaît effrayant, principalement durant la décennie 1966-1976, quand le Tibet a été livré aux Gardes rouges fanatisés par Mao pour maintenir son emprise personnelle sur le Parti. Les chiffres donnés par les autorités de Dharamsala en 1984 font état, pour la période 1951-1983, de 432 000 tués dans des affrontements, de 343 000 morts de faim, de 130 000 morts en prison, de 157 000 exécutions, de 93 000 victimes torturées à mort ; rapportés au chiffre de la population tibétaine, ce bilan n’a guère à envier à celui des Khmers rouges cambodgiens… Un habitant sur cinq serait ainsi disparu dans le « grand Tibet ethnique ». Les destructions de biens culturels ont été de même ampleur, et témoignent d’une volonté très claire d’éradiquer totalement la culture traditionnelle, dans la perspective de la construction de l’homme nouveau cher aux tenants du maoïsme.


1971-1972 : Le rapprochement sino-américain, marqué par les visites de Kissinger et de Nixon à Pékin, laisse de fait les mains libres à la Chine au Tibet et les derniers résistants du Mustang, privés de l’aide américaine, doivent cesser le combat.


1978 : La victoire finale des réformateurs conduits par Denx Xiao Ping et la défaite de la « Bande des Quatre » nostalgique de la Révolution culturelle créent des conditions nouvelles mais la Chine n’entend pas pour autant voir remis en cause le statut du Tibet qui commence à être ouvert aux touristes.


1979 : Tendzin Gyamtso, le dalaï-lama, se rend pour la première fois aux États-Unis. Il va ensuite multiplier les voyages qui permettront de populariser la cause tibétaine.


1979-1980 : Trois délégations d’exilés sont autorisées à se rendre au Tibet.


juin 1980 : Lors d’une visite au Tibet, Hu Yaobang, secrétaire général du Parti communiste chinois se rend au Tibet et reconnaît les fautes commises en même temps qu’il annonce de nombreuses réformes. De nombreux détenus sont libérés, un Institut d’études bouddhiques est créé en 1983. L’usage du tibétain est de nouveau autorisé dans les actes officiels.


1987 : Le dalaï-lama est reçu au Congrès américain. Les émeutes qui éclatent la même année à Lhassa sont violemment réprimées. En mars 1988, les manifestations qui accompagnent la Meunlam Tchenmo font une cinquantaine de morts. Au cours de ces deux années, la répression fait environ six cents morts. L’industrialisation du pays va de pair avec un afflux régulier de colons chinois.


1988 : Le dalaï-lama est reçu au Parlement de Strasbourg. Comme à Washington l’année précédente il propose un « plan de paix » en cinq points permettant de conduire à un haut degré d’autonomie du Tibet. Il s’appuie sur les trois résolutions votées par l’ONU en 1959, 1961 et 1965 reconnaissant au Tibet le droit à l’autodétermination.


1989 : Mort du panchen lama qui, après avoir souvent été le collaborateur des Chinois, est devenu de plus en plus critique, au point d’apparaître comme un martyr de la cause nationale. La loi martiale est alors imposée au Tibet par le Premier ministre Li Peng, qui écrase en juin les émeutes de la place Tian Anmen de Pékin. La même année, le dalaï-lama obtient le prix Nobel de la Paix.


1991 : Au cours de l’Année internationale du Tibet, le dalaï-lama est reçu en de nombreux pays. En octobre, le Congrès américain définit le grand Tibet comme un pays occupé et le dalaï-lama et son gouvernement comme les vrais représentants du peuple tibétain.


1993 : Rupture des négociations entamées entre le dalaï-lama et les autorités chinoises.


Septembre 2002 et mai 2003 : Deux délégations tibétaines se rendent à Lhassa (la première) et à Pékin (la seconde). Le dalaï-lama a renoncé à la revendication d’indépendance et ne réclame plus qu’un statut de large autonomie. Il a également demandé à la diaspora tibétaine (110 000 personnes) et à ceux qui l’appuient en Occident de mettre en sourdine leurs critiques contre la Chine afin d’aboutir à une issue favorable.


Mai 2004 : Un Livre blanc chinois consacré au Tibet dénonce « le dalaï-lama et sa clique » et insiste sur le fait que la question tibétaine ne peut être considérée que comme une affaire intérieure chinoise.


Une autre dimension du problème tibétain réside dans le fait que la colonisation réalisée par Pékin s’est aussi traduite par un afflux massif de population en provenance de Chine. Les Chinois seraient aujourd’hui majoritaires sur le plateau tibétain – huit millions contre cinq à six millions d’autochtones – et la construction de la voie ferrée reliant le Qinghai au Tibet laisse entrevoir l’arrivée d’une quinzaine de millions d‘immigrants supplémentaires d’ici à 2020… On voit mal dans ces conditions ce que pourrait signifier « l’autonomie » revendiquée par les Tibétains, devenus largement minoritaires sur leur propre sol.

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