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Dans la Yougoslavie des Karageorgévitch


1er décembre 1918 : le prince héritier Alexandre de Yougoslavie fait déclarer « l’unification de la Serbie avec les terres de l’État des Slovènes, des Croates et des Serbes en un seul royaume des Serbes, Croates et Slovènes », sous l’autorité du roi Pierre Ier. Les Slovènes se rallient à la création de cet État sud-slave et préfèrent l’alliance avec leur voisin balkanique.


 


1919 : Fondation de l’université de Ljubljana.


 


10 octobre 1920 : Organisation d’un plébiscite pour déterminer les frontières entre le nouveau royaume et l’Autriche en Styrie et en Carinthie. Les urnes donnent une large majorité à l’Autriche dans ces deux provinces, les Slovènes qui les habitent préférant l’attachement traditionnel au rapprochement avec les Serbes.


 


12 novembre 1920 : Le traité de Rapallo met un terme définitif au différend frontalier avec l’Italie qui reçoit l’Istrie, Fiume, Zara et l’île de Lagosta.


 


28 novembre 1920 : Échec du parti de l’abbé Anton Korosec (rallié au yougoslavisme) lors des élections des députés de l’assemblée constituante. Il retrouve son audience aux élections municipales de l’année suivante en infléchissant sa ligne par un programme autonomiste dans le cadre du nouvel État.


 


28 juin 1921 : Serment du prince Alexandre à la constitution dite du Vidovdan, par référence à la bataille de Kosovo (28 juin 1389), où la Serbie, défaite par les Ottomans, a perdu son indépendance. Ce jour de la Saint-Guy a été mythifié dans l’histoire serbe et utilisé comme symbole à maintes reprises. Les nationalistes serbes interprètent le choix de cette date comme l’acte de naissance d’une nouvelle « Grande Serbie ». Le texte constitutionnel est adopté par 258 des 419 députés de la Constituante mais le texte déçoit les patriotes slovènes qui espéraient la mise en place d’une large autonomie dans un cadre fédéral. Onze députés slovènes formulent un vote favorable, vingt-six s’abstiennent. Primitivement, seul le parti libéral est plutôt favorable au centralisme belgradois, mais peu à peu le parti slovène du peuple, héritier du parti catholique, avec à sa tête Mgr Korosec, se rallie progressivement au régime.


 


1920-1928 : Korosec, autonomiste à Ljubljana, se fait centraliste à Belgrade et parvient a persuader ses partisans du caractère fructueux de la collaboration avec les Serbes. Il participe à plusieurs coalitions gouvernementales dans les années 1920. Les Slovènes retirent de cette collaboration des avantages indéniables, à commencer par la mise en place d’un système de crédit agricole spécifique, sans pareil dans les autres entités du royaume. Traditionnellement orientée vers l’Autriche, l’économie slovène se développe en direction des Balkans. Ses produits et notamment ceux de la filière bois connaissent une large diffusion dans les provinces pauvres du sud du royaume. Cette période d’expansion permet également à la Slovénie de conforter son avance industrielle, tant dans le domaine du textile que de l’industrie chimique. Les usines sont situées tant à Ljubljana qu’à Celje ou à Maribor.


 


1923 : Les Slovènes vivant en Italie ne sont guère favorisés par la prise de pouvoir de Mussolini : le centre national slovène de Trieste est incendié par des membres du parti fasciste. En 1923 le slovène est interdit dans les écoles de la Vénétie julienne. La république d’Autriche poursuit quant à elle une politique d’assimilation des Slovènes de Styrie et de Carinthie.


 


1928 : Première émission de Radio Ljubljana.


 


20 juin 1928 : En pleine assemblée nationale, un député monténégrin fait feu sur les députés du parti paysan croate. Deux meurent sur le coup ; quant à Stjepan Radic, chef de file de cette formation, il succombe à ses blessures un mois plus tard. Mgr Korosec devient Premier ministre au lendemain de la crise politique provoquée par cet événement.


 


9 janvier 1929 : Coup de force du roi Alexandre Ier. Fin du système parlementaire. Abrogation de la constitution, dissolution des partis, nouvelle organisation territoriale, afin de scinder les entités historiques et de permettre la naissance d’un sentiment national « yougoslave ». Les terres slovènes sont ravalées au rang de « banovine (province) de la Drave ». Démission de Korosec.


 


1932 : Le parti du peuple slovène publie une déclaration demandant l’autonomie de la Slovénie et la révision des traités pour incorporer dans la Slovénie les minorités slovènes d’Italie, d’Autriche et de Hongrie. Cette prise de position vaut à Korosec d’être interné quelques mois dans l’île de Kres.


19 octobre 1934 : Attentat de Marseille. Alexandre Ier tombe sous les balles d’un terroriste macédonien. Un conseil de régence présidé par le prince Paul exerce le pouvoir au nom du jeune roi Pierre II. Le régent renoue le dialogue entre le trône et Korosec.


Juin 1935 : Mgr Korosec est rappelé au gouvernement en tant que ministre de l’Intérieur.


 


1937 :Josip Broz dit Tito, né de père croate et de mère slovène, devient secrétaire général du parti communiste yougoslave clandestin. Il confie à Eduard Kardelj (1901-1979) la branche slovène du parti.


 


1938 : Achèvement d’une politique d’essor culturel qui a permis la création d’un Musée national, de la Galerie nationale et du Théâtre national slovène ; l’Académie des sciences et des arts est inaugurée.


 


1940 : Mort de Mgr Korosec, grande figure politique de la Slovénie pendant plus de quarante ans.


 


Février 1941. Hitler propose à la Yougoslavie du régent Paul d’adhérer au Pacte tripartite.


 


25 mars 1941 : Publication de l’adhésion au Pacte. Une clause secrète stipule que la Yougoslavie ne doit pas participer aux opérations de l’Axe et recevra Thessalonique pour prix de son alliance.


 


25-26mars 1941 : Coup d’État militaire à Belgrade suscité par les services secrets anglais. Le roi Pierre II est proclamé majeur, un nouveau gouvernement est formé autour du général Simovic.


 


Avril 1941 : Les troupes allemandes franchissent la frontière austro-slovène le 8. Elles occupent Celje, Maribor et Ptuj le 10. Le lendemain, les troupes italiennes commandées par le général Robotti envahissent à leur tour le pays et prennent le contrôle de Ljubljana. Les ministres slovènes suivent le gouvernement en exil, mais jusqu’au 17, Natlacen, gouverneur de Slovénie, tente de former un conseil national apte à parlementer avec les occupants et à représenter la Slovénie. Cette tentative fait long feu. Le maire de Ljubljana, I. Hribar, âgé de 90 ans, se suicide du fait de l’occupation. L’armée capitule le 17 avril.


 


Fin avril 1941 : Partition des terres slovènes et définition des zones d’occupation. L’Italie reçoit les terres au sud de la Save et Ljubljana, les Allemands s’emparent de la Slovénie « alpine », de Celje et de Maribor, la Hongrie reçoit la région du Prekmurje. Suivant les instructions d’Hitler, une politique de germanisation active est menée en zone allemande, découpée en Oberkrain (Carniole supérieure), rattachée administrativement à Klagenfurt, et en Untersteiermark (Styrie inférieure) placée sous la dépendance de Graz. L’usage en public de la langue slovène est prohibé.


 


27 avril 1941 : Constitution à Ljubljana d’un « front anti-impérialiste hostile » aux occupants et à toute collaboration. Il rassemble des membres de l’aile gauche du parti de Korosec, des libéraux et des communistes. Parallèlement le front anti-impérialiste devient front de libération.


 


16 septembre 1941 : Constitution du « comité slovène de libération nationale » dont les missions s’étendent sur le territoire des Slovènes de Yougoslavie et des pays voisins. La mainmise communiste sur ce comité entraîne une lutte non seulement contre l’occupant mais aussi contre tous ceux soupçonnés ou taxés de « collaboration ». Les premiers crimes suscitent l’émoi de la population et la dénonciation de la guerre civile par une majorité du clergé, en premier lieu Mgr Rosman, évêque de Ljubljana. En réaction sont créées des formations armées, les domobranci « défenseurs de la patrie » qui se réclament du gouvernement royal mais entretiennent une véritable guerre civile au cours de leur lutte contre les partisans.


 


1er mars 1943 : Le front de libération yougoslave publie la déclaration des Dolomites par laquelle les libéraux et les chrétiens sociaux renoncent à toute activité politique autonome et reconnaissent le rôle dirigeant des communistes au sein du front.


 


Septembre 1943 : Au lendemain de l’armistice signé par les Italiens, Les Allemands occupent les territoires slovènes confiés à leurs anciens alliés, avec l’aide de domobranci. La guerre civile entre dans une nouvelle phase.


 


1er-4 octobre 1943 : Création d’une « assemblée populaire » qui proclame l’annexion à la Slovénie de tout le littoral adriatique et affirme la volonté du peuple slovène de former une confédération avec les autres peuples yougoslaves.


 


23-29 novembre 1943 : Au cours de la seconde session du conseil de libération nationale, Tito annonce la restructuration de l’État yougoslave dans un sens fédéral et interdit le retour du roi en exil. Josip Vidmar, un intellectuel libéral, représentant la délégation slovène, affirme sa certitude de voir la Slovénie accéder ainsi à l’autonomie politique et administrative.


 


Septembre 1944 : les conversations de Tito avec le gouvernement yougoslave en exil aboutissent aux accords Tito-Subasic qui permettent au conseil de libération national yougoslave d’être reconnu par les alliés.


 


Fin 1944-1945 : L’ensemble du territoire slovène est libéré par les unités de partisans. Les quelque 17 000 domobranci repliés en Carinthie passée sous occupation anglaise sont renvoyés en Yougoslavie et exécutés en masse.

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