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Russie
Du grand duché de Moscou à l'Empire des Tsars
Avec ses 22 400 000 km2, dont 5 000 000 en Europe, la défunte URSS occupait à elle seule un sixième des terres émergées – soit plus de quarante fois la France – et imposait de plus son autorité aux « pays frères » d’Europe orientale et à la Mongolie extérieure. Au début du XXe siècle, le territoire de l’Empire des tsars englobait la Finlande et la majeure partie de la Pologne… alors que la Russie nouvelle née des événements de 1991 reste, avec ses 17 075 400 km2, le pays le plus étendu du monde. Géant eurasiatique, l’État russe, dont les territoires demeurèrent longtemps confinés dans les bassins des grands fleuves de la Russie d’Europe, n’accédera que tardivement et très incomplètement aux mers libres. Son immensité, sa continentalité, son ouverture vers les vastes étendues des steppes méridionales et orientales, mais aussi sa situation en latitude très septentrionale commanderont dans une large mesure le déroulement d’une histoire qui verra son centre de gravité passer successivement de Kiev à Moscou et à Saint-Pétersbourg avant que le pouvoir soviétique ne redonne à Moscou la fonction capitale qui fut la sienne dans la lente émergence d’un Empire étendu de l’océan Arctique aux déserts d’Asie centrale et des forêts baltiques aux horizons infinis de l’espace sibérien.

Il serait hors de propos de prétendre présenter ici un tableau géographique complet de l’espace russe à son apogée et c’est dans sa partie européenne – qui, étendue de la Biélorussie à l’Oural et de la mer Blanche aux rives septentrionales de la Caspienne et de la mer Noire, constitue son foyer originel – qu’il convient de rechercher les grands déterminismes naturels qui ont fait de l’histoire de la Russie une aventure spécifique, une unité de destin dans l’universel. Cet espace fait partie de la grande plaine eurasiatique qui s’étend depuis la Sibérie occidentale aux Pays-Bas et dont la continuité est à peine entamée par la longue ride méridienne d’altitude modeste que forme l’Oural. La « table russe » se caractérise par son extrême platitude et par sa très faible altitude : elle n’atteint nulle part 400 m et les accidents de relief tels que les falaises qui dominent la rive droite des cours inférieurs de la Volga, du Don et du Dniepr ne dépassent jamais cent mètres. Les massifs anciens de la presqu’île de Kola ou de Volhynie-Ukraine ne sont plus que des vestiges arasés par l’érosion et c’est au sud-ouest où se dressent les Carpathes ou au sud, en Crimée, où la chaîne Taurique s’élève à 1 543 m qu’il faut rechercher de véritables montagnes. Au sud-est, enfin, les hauteurs du Caucase ne seront atteintes et contrôlées que tardivement par les Russes. Au nord-ouest, quelques croupes morainiques ont donné naissance aux lacs Ladoga, Onega, Ilmen ou Peipous, alors que la faiblesse de la pente des cours d’eau explique leur lenteur et leur régularité, l’immensité de leur bassin assurant par ailleurs la puissance de leur débit. À l’est, l’Oural ne constitue pas une barrière, même s’il a été choisi par convention pour marquer la frontière de l’Europe et de l’Asie. Son altitude varie le plus souvent de 800 à 1 500 m et son franchissement ne pose guère de problèmes, ses sommets les plus élevés (1 894 m) se dressant au nord de la chaîne – dans des zones proches du cercle polaire – ou tout à fait au sud (1 642 m). L’étirement en latitude et la continentalité déterminent les caractères du climat et de la végétation et permettent d’expliquer la diversité des milieux naturels. La rigueur des températures hivernales – il gèle 172 jours par an à Moscou dont près de 150 jours consécutifs – et l’enneigement prolongé – 140 jours par an à Moscou – font place à un rapide dégel – la période dite de la raspoutitsa au cours de laquelle la boue est reine pendant trois semaines à un mois –, lui-même suivi d’un été très chaud, accentué par l’ensoleillement prolongé propre aux hautes latitudes. Avec ses hivers rudes et ses saisons intermédiaires courtes, le climat assure une période végétative suffisante pour garantir, sur d’immenses espaces, une production agricole massive, caractéristique, dès le IIIe millénaire avant J.-C., des riches terres s’étendant au nord de la mer Noire. Gelées pendant neuf à dix mois de l’année, les toundras du nord proches des côtes arctiques sont le domaine des éleveurs de rennes. Le retour du soleil et sa permanence estivale transforment en un vaste marais peuplé de lichens ou de bouleaux nains ces régions peu accueillantes. L’immense forêt de conifères – la taïga en Sibérie – s’étend plus au sud, sur une distance de plus de 1 500 km en Europe. Du sud du golfe de Finlande à la latitude d’Orel, la forêt de feuillus, formée principalement de bouleaux, supplante progressivement les conifères. C’est dans les clairières créées par les premiers défrichements que les hommes cultivent les podzols, les pauvres sols « gris », acides et d’origine glaciaire correspondant à la forêt de conifères ou les sols « bruns » plus fertiles exploités là où poussaient les feuillus. Plus au sud, les « steppes » de Russie méridionale et d’Ukraine se rapprochent davantage de la « prairie » nord-américaine que de l’espace végétal correspondant à un climat semi-aride auquel fait davantage penser cette dénomination. C’est l’espace des « terres noires », les tchernozioms, qui ont fait la richesse agricole de l’Ukraine et des régions qui la prolongent entre Don et Volga. La steppe – au sens que les géographes donnent généralement à ce mot – apparaît au sud du coude que forme la Volga à hauteur de l’ancienne Tsarytsine – rebaptisée Stalingrad, puis Volgograd. Elle annonce le passage progressif au désert, dans les vastes étendues qui s’étendent de la Caspienne à la mer d’Aral, appelées à devenir au XIXe siècle l’un des terrains d’expansion privilégiés de la puissance russe. Limité par la rigueur du climat, le potentiel agricole des terres russes n’en paraît pas moins considérable, du fait de la seule extension en superficie de la Russie d’Europe. Cette capacité de production – une fois assurée, face à l’Asie des nomades des steppes toujours menaçante, la sécurité de ces marches orientales de l’Europe – permettra, à partir de la fin du XVIIIe siècle, un prodigieux essor démographique. Les abondantes ressources dont dispose le sous-sol, dans l’Orual ou en Ukraine, fourniront quant à elles les moyens d’un décollage industriel de grande ampleur, entamé à la fin du XIXsiècle.

 

 
Alors qu’une civilisation néolithique de paysans sédentaires se développe à partir du IVe millénaire avant J.-C. dans les vastes plaines qui s’étendent au nord des côtes septentrionales de la mer Noire, des envahisseurs successifs viennent s’imposer au fil des siècles, notamment à partir du premier millénaire avant J.-C., aux agriculteurs et aux villageois qui continuent sans doute à former l’essentiel de la population. Cimmériens, Scythes, Sarmates et Alains occupent ainsi à tour de rôle les régions qui s’étendent du Caucase au Danube. Ces conquérants indo-européens, que nous connaissons par les descriptions qu’en ont données Hérodote ou Strabon et par les vestiges mis au jour par les archéologues dans les tumuli funéraires de Crimée ou d’Ukraine, furent en contact avec le monde grec par l’intermédiaire des comptoirs tels qu’Olbia, Chersonèse de Crimée, Tanaîs (à l’embouchure du Don), Panticapée ou Phanagoria. Jusqu’au Ier siècle avant notre ère, le royaume du Bosphore cimmérien résume bien la synthèse qui s’établit alors entre la culture des steppes et l’apport hellénique. Les invasions des Goths venus des rivages de la Baltique et le déferlement ultérieur (vers 370) des Huns surgis d’Asie orientale mirent un terme à la phase gréco-iranienne de l’histoire de ces régions. D’origine turque comme les Huns, Bulgares et Avars leur succèdent pour quelques siècles avant d’être, comme beaucoup d’autres peuples nomades avant eux, engloutis par l’histoire. L’apparition du royaume khazar au VIIe siècle de notre ère dans le sud-est de la Russie actuelle – où Itil, sa capitale, s’élevait à l’embouchure de la Volga – a pour effet de séparer les Bulgares partis s’installer dans les Balkans – où ils se fondront dans la masse des Slaves – de la Grande Bulgarie dont la capitale, Bolgar, s’établit au confluent de la Volga et de la Kama. Bénéficiant d’une situation favorable à un carrefour important d’échanges commerciaux, ces Khazars – dont une partie s’est convertie au judaïsme aux VIIIe et IXe siècles – constituent la principale puissance de la région au moment où apparaît l’État « russe » kiévien. C’est dans le domaine des Slaves orientaux, populations de langue indo-européenne installées dans les steppes – les « Scythes laboureurs » d’Hérodote sont peut-être leurs ancêtres – et dans les forêts plus septentrionales, au contact des populations finno-ougriennes au nord et khazares à l’est, que la rencontre des envahisseurs scandinaves avec ces peuples dépourvus d’une organisation politique d’envergure va donner naissance à la « première Russie ».

Dès la première moitié du IXe siècle, il existe dans le nord de l’actuelle Russie, un « royaume » varègue (suédois) dont plusieurs représentants sont reçus en 839 à la cour franque d’Ingelheim, sous le règne de Louis le Pieux. Le comptoir d’Aldeigjuborg (Staraya Ladoga), établi sur les rives du Volkhov, à une dizaine de kilomètres de son embouchure dans le lac Ladoga, existe dès cette époque. Les rares sources écrites relatives aux origines russes sont la Première Chronique attribuée au moine kiévien Nestor, qui raconte l’histoire de la Russie jusqu’au début du XIIe siècle, et la Première Chronique de Novgorod. Ces sources se font l’écho d’une histoire en partie légendaire et doivent être utilisées avec prudence. Le De Administrando Imperio de l’empereur byzantin Constantin Porphyrogénète et les récits des voyageurs musulmans Ibn Rustah et Ibn Fadhlan sont également précieux.

856 : Date de « l’Appel aux Varègues » (862 selon la Première Chronique de Nestor). Les Slaves Polianes de la région de Kiev – une agglomération des Slaves orientaux fondée vers le milieu du VIe siècle – font appel au chef scandinave Askold (ou Oskold) pour qu’il vienne les aider contre les Khazars qui leur imposaient tribut.

860 : Attaque des Rus d’Askold et de Rurik contre Constantinople. Rus est un terme finnois utilisé pour désigner les Suédois ou Varègues. Il désignera ensuite l’ensemble de la population constituée par les conquérants scandinaves et la masse des Slaves.

861 : Les habitants de Novgorod (Holmgard), fondée en 859, font appel à Rurik pour qu’il les défende contre les Tchoudes, les Slovènes et les Krivitches (selon la Chronique de Nestor) mais Rurik doit ensuite briser, en 865, une rébellion des habitants.

867 : Conversion d’Askold au christianisme.

874 : Mort de Rurik. Son fils Igor lui succède jusqu’en 879.

878 : Oleg, prince de Novgorod, prend Kiev et fait assassiner Askold mais Dir, l’un de ses proches, lui succède.

879-912 : Oleg règne sur Novgorod, puis sur Kiev dont il fait sa capitale et « la mère des villes russes » à partir de 882.

882 : Oleg II s’empare de Kiev et se fait proclamer prince de cette ville. Les maîtres de Novgorod règnent aussi désormais à Kiev.

907 et 911 : Nouveaux raids conduits par Oleg contre Constantinople. Un traité de commerce est finalement conclu avec Byzance en 911.

912-945 : Règne du grand-duc Igor II à Kiev.

915 : Première attaque des nomades turcs Petchénègues contre la Russie.

921 : Voyage d’Ahmed ibn Fadhlan sur la Volga. Il décrit les Russes et les Varègues scandinaves.

941 : Vaine attaque d’Igor II contre Constantinople. Nouvel échec en 944, mais les Byzantins achètent sa retraite.

945 : Nouveau traité russo-byzantin conclu à Kiev. Igor est tué par les Slaves Drevlianes révoltés.

945-972 : Règne du grand-duc de Kiev Sviatoslav Ier.

945-962 : Régence d’Olga, la veuve d’Igor. Elle écrase les Drevlianes et reçoit le baptême en 957 après une visite à la Cour de l’empereur byzantin Constantin VII Porphyrogénète.

965 : Les Russes prennent aux Khazars Sarkel, sur le Don, à la pointe septentrionale de la mer d’Azov.

965 ou 968 : Sviatoslav prend Itil et détruit l’empire khazar. Il détruit également Bolgar.

968 : Les Petchénègues assiègent Kiev.

971 : Sviatoslav, parti ravager les Balkans, est battu à Dorostolon (Silistrie) par Jean Tzimiscès et tué peu après par les Petchénègues.

972-980 : Iaropolk Ier grand-duc de Kiev. Il tue son frère Oleg en 977 mais il est lui-même éliminé par son demi-frère Vladimir.

980-1015 : Règne de Saint Vladimir Ier « l’Ardent Soleil ». Il impose son autorité de la Baltique à la mer Noire en s’appuyant initialement sur une armée de Varègues.

985 : Après avoir pris aux Polonais Galicie et Volhynie, soumis les Viatitches, les Radimitches et les Iatvagues de Lituanie, Vladimir bat les Bulgares de la Kama.

988 : Baptême de Vladimir qui épouse Anne, la sœur de l’empereur byzantin Basile II. Il baptise ses sujets dans le Dniepr et sera sanctifié en 1203 pour avoir converti la Russie au christianisme. Les résistances païennes sont faibles, sauf à Novgorod.

1015 : Mort de Vladimir qui a eu le tort de prévoir le partage de ses États entre ses différents fils, ce qui engendre des luttes sanglantes pour la succession.

1015-1016 et 1017-1019 : Règne de Sviatopolk Ier « le Maudit », neveu de Vladimir, qui élimine plusieurs fils de celui-ci – Boris et Gleb – et s’entend avec Iaroslav, le fils aîné, en lui laissant le gouvernement de Novgorod avant de tenter de s’en débarrasser à son tour en s’appuyant sur les Petchénègues. Battu, il s’enfuit et Iaroslav s’installe à Kiev mais Sviatopolk lui reprend la ville avec l’aide des Petchénègues. Battu en 1019 sur l’Alta, il doit fuir en Pologne et meurt dans le pays des Leks.

1019 : Victoire de Iaroslav le Sage, fils de Vladimir, qui règne jusqu’en 1054. La mort, en 1033, de son frère Mstislav lui permet de réunir sous son autorité tout le pays russe.

1024 : Fondation de Iaroslavl sur la Volga, en pays finnois, suivie en 1030 de celle de Iouriev (la future Dorpat) dans le pays des Lives.

1036 : Iaroslav écrase les Petchénègues devant Kiev désormais à l’abri de leurs incursions.

1025-1037 : Construction de la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev. L’Église russe devient en 1037 un diocèse du patriarcat de Byzance, avec à sa tête un métropolite installé à Kiev.

1043 : Dernier assaut russe contre Constantinople.

1046-1052 : Construction de la cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod.

1051 : Fondation du monastère des Cryptes près de Kiev, – l’église abbatiale sera construite entre 1073 et 1078. Après le Grec Théopempte, Hilarion devient le premier métropolite d’origine russe.

1054 : La mort de Iaroslav déclenche de nouvelles guerres civiles. Isjaslav Ier, Veseslas, et Sviatoslav II se disputent le pouvoir pendant vingt-deux ans.

1061 : Première apparition en Russie des Polovtsy, successeurs des Petchénègues. Ils écrasent les Russes sur l’Alta en 1068.

1078-1093 : Règne de Vsevolod Ier

1093-1113 : Règne de Sviatopolk II

1097 : Conférence de Lioubetch, sur le Dniepr. Les princes russes décident que chacun d’eux conservera désormais l’héritage paternel.

1103 : Victoires des Russes sur les Polovtsy.

1113-1125 : Vladimir II Monomaque, fils de Vsevolod Ier et d’Irène de Byzance, petit-fils de l’empereur Constantin X Monomaque, règne à Kiev. Il est la dernière grande figure kiévienne ; après lui, la principauté connaît une décadence irréversible.

1136 : Novgorod chasse son prince et devient une république oligarchique.

1147 : Première mention de Moscou dans les chroniques. La ville est fondée par Georges Dolgorouki qui l’entoure d’une palissade de bois, origine du futur Kremlin, dès 1156. Jusqu’en 1263, elle demeure la ville d’apanage d’un prince.

1155 : La Vierge de Saint Luc, jadis apportée de Constantinople à Kiev, est transférée à Vladimir où est édifiée de 1158 à 1161 la cathédrale de la Dormition.

1157-1174 : Règne d’André Ier à Vladimir. Fils de Gorges Dolgorouki – qui était lui-même fils de Vladimir II, grand-duc de Kiev –, André a hérité de son père la principauté de Souzdal établie en pays finnois et a fixé sa capitale à Vladimir. Il est surnommé Bogoliousbki, du nom de Bogolioubo, sa résidence personnelle située sur la Kliasma, à quelques km de Vladimir.

1169 : Kiev est prise et pillée par André Bogolioubski, qui prend le titre de « grand-prince de toute la Russie » mais se rend odieux à ses sujets, ce qui lui vaut d’être assassiné en 1174, à la faveur d’une conjuration montée par des boyards. Après avoir écarté son neveu Iaropolk, Michel Ier, un autre fils de Georges Dolgorouki, règne à Vladimir en 1175-1176. Vsevolod III lui succède de 1176 à 1212 et repousse les Tatars qui ont attaqué Kiev en 1201. La mort de Vsevolod engendre les habituelles querelles de succession qui aboutissent aux règnes de ses fils Constantin Ier (1217-1218) et Georges II (1218-1238).

1220 : Georges II fonde Nijni-Novgorod au confluent de la Volga et de l’Oka, dans le pays des Finnois Mordvines.

1223 : Défaite des Russes et des Polovtsy face aux Mongols sur les rives de la Kalka, au nord de la mer d’Azov.

1236 : L’armée mongole de Batou envahit la Russie. Riazan est détruite.

1238 : La population de Moscou est massacrée, Souzdal et Vladimir sont prises. Défaite de l’armée du grand-prince Georges II sur la Sita, un affluent de la Mologa, le 4 mars. Il est tué et son crâne devient un trophée pour les khans mongols.

1238-1246 : Règne de Iaroslav II qui doit aller se soumettre au souverain mongol Ogodeî, le fils de Gengis Khan. Son frère Sviatoslav IV lui succède de 1246 à 1248 mais il est écarté du pouvoir par Michel « le Voleur », un fils de Iaroslav II, prince de Moscou depuis 1240, qui sera assassiné en 1249. Son frère André II lui succède de 1249 à 1252.

1240 : Victoire du prince Alexandre sur les Suédois ; remportée sur la Néva, elle lui vaut son surnom d’Alexandre Nevski (15 juillet).

1240 : Destruction de Kiev par les Mongols (6 décembre).

1242 : « Bataille des glaces » sur le lac Peïpous gelé. Alexandre Nevski bat les chevaliers Porte-Glaive et sauve Novgorod.

1246 : Voyage en Mongolie du franciscain Jean de Plan Carpin. Il rend compte de la désolation qui affecte les régions qu’il traverse et évoque Kiev « maintenant réduite à presque rien… On y trouve à peine deux cents maisons et les gens y sont en grande servitude… » Supplice par les Tatars de Michel Ier, plus tard canonisé par l’Église orthodoxe. Désormais, le prince de Kiev doit se rendre à Saraï, la capitale de la Horde d’Or, pour y recevoir son investiture. La principauté de Souzdal profite de l’abaissement de Kiev.

1252-1263 : Règne d’Alexandre Ier Nevski. Né de la troisième épouse de Iaroslav II, il est devenu prince de Novgorod en 1236. Ses victoires sur les Suédois et les chevaliers Porte-Glaive lui valent une brillante réputation et il devient grand-duc de Kiev en 1249, puis grand-duc de Vladimir en 1252 mais il doit rendre hommage en 1255 au Grand Khan qui l’investit « premier prince russe ». Il sera canonisé en 1380 par l’Église orthodoxe.

1263-1271 : Règne de Iaroslav III, frère d’Alexandre Nevski, prince de Tver, de Pskov et de Novgorod avant de devenir grand-duc de Vladimir. Deux fils d’Alexandre Nevski, Vassili (ou Basile) Ier (1271-1276) et Dimitri Ier (1276-1281, puis 1283-1294 après deux années de déchéance au cours desquelles il fut moine) lui succèdent.

1263-1303 : Dernier fils d’Alexandre Nevski, Daniel est prince de Moscou. Son fils Georges III régnera de 1317 à 1325.

1286 : La Hanse des marchands allemands établit un comptoir à Novgorod.

1293 : Mise à sac de Souzdal et de Vladimir par les Mongols du khan Toktaï.

1304-1319 : Règne de Michel III, fils de Iaroslav III. Torturé et exécuté à Saraï, à la cour du Grand Khan, il a été canonisé par l’Église russe.

1319-1325 : Règne de Dimitri II, fils de Michel III, qui sera lui aussi exécuté à Saraï. Son frère Alexandre II lui succède mais, déchu en 1328 de son titre de grand-duc de Vladimir pour être réduit au rang de prince de Pskov, il sera lui aussi assassiné par les Mongols en 1339.

1325-1341 : Ivan Ier Kalita règne à Moscou. Il est investi en 1328 par la Horde d’Or comme « grand prince de Moscou, de Vladimir et de toute la Russie » et pose la même année la première pierre de la cathédrale de l’Assomption. Il est considéré comme « le premier rassembleur de la terre russe ». Ses fils – Siméon le Superbe (1341-1353) et Ivan II le Débonnaire (1353-1359) – lui succèdent alors que la Russie est affectée par l’épidémie de peste qui ravage à ce moment toute l’Europe.

1326 : La métropole religieuse est transférée à Moscou.

1327 : Tver se soulève contre les Mongols.

1340 : Serge de Radonège fonde le monastère de la Sainte Trinité près de Moscou.

1341-1377 : Règne d’Olgerd de Lituanie, qui conquiert la Volhynie, Kiev et Tchernigov.

1347 : Novgorod reconnaît l’indépendance de Pskov.

1349 : La Pologne annexe la Galicie constituée en royaume au siècle précédent (1254).

1359-1363 : Tentative d’usurpation de Dimitri III, fils d’un prince de Souzdal, rival de l’héritier légitime Dimitri IV Donskoï.

1363-1389 : Règne de Dimitri IV Donskoï, fils d’Ivan II.

1368, 1370, 1372 : Olgerd essaie en vain de prendre Moscou.

1370 : Arrivée à Novgorod du peintre d’icônes Theophane le Grec.

1378 : Défaite des Mongols du khan Mamaï sur la Voya.

1380 : Victoire de Dimitri Donskoï à Koulikovo, le « Champ des Bécasses », contre les Mongols (8 septembre).

1382 : Toktamysh pille Moscou et Dimitri Donskoï doit lui payer un lourd tribut.

1386 : Union personnelle de la Pologne et de la Lituanie sous le sceptre des Jagellon.

1389 : À la veille de sa mort, Dimitri IV fixe les règles de la succession héréditaire au trône.

1389-1425 : Règne de Vassili Ier, fils de Dimitri Donskoï.

1391 : Mort de saint Serge, le « saint national » russe, qui a largement contribué à l’essor de la vie monastique et apparaît comme la conscience de son siècle.

1392-1393 : Moscou acquiert Nijni-Novgorod.

1395 : L’icône de la Vierge de Vladimir est transférée à Moscou, que Tamerlan renonce à attaquer.

1396 : Mort d’Étienne, l’évêque missionnaire, évangélisateur des Finnois de l’Oural.

1399 : Victoire sur les Lituaniens sur la Vorskla.

1406 : Mort du chef tatar Toktamish.

1410 : Défaite des chevaliers Teutoniques, vaincus par les Polonais et les Lituaniens à Tannenberg.

1422-1427 : André Roublev travaille à l’iconostase de la Sainte Trinité au monastère de La Trinité Saint Serge.

1425-1462 : Règne de Vassili II l’Aveugle, fils de Vassili Ier.

1439 : Vassili, devenu prince de Moscou en 1425, puis grand-prince en 1432, fait déposer le métropolite Isidore qui a accepté le principe de l’union avec l’Église catholique lors du concile de Florence.

1445 : Vassili III est fait prisonnier par les Tatars de Kazan et doit payer une énorme rançon.

1446 : Le fils de Georges IV, l’oncle du grand-duc qui a usurpé le pouvoir en 1433 fait prisonnier Vassili III, lui crève les yeux et le fait enfermer mais Vassili redevient grand-prince dès 1447 et partage le pouvoir avec son fils Ivan à partir de 1450.

1448 : Autocéphalie de fait de l’Église russe.

1462-1505 : Règne du grand-prince Ivan III, fils de Vassili II.

1463 : Moscou annexe Iaroslavl.

1466-1472 : Voyage en Inde d’Athanase Nikitine.

1471 : Ivan III bat l’armée de Novgorod et abolit les apanages, condition du maintien durable de l’unité de l’État russe.

1472 : Annexion du territoire de Perm. Mariage d’Ivan III avec la princesse Zoé (dite aussi Sophie), nièce du dernier empereur byzantin. Le grand-prince de Moscou adopte comme blason l’aigle bicéphale pour marquer sa volonté de se poser en héritier de l’Empire byzantin. Ivan prend les titres de Tsar et d’autocrate et instaure à sa cour le cérémonial de celle de Byzance.

1475-1479 : Construction de la cathédrale de la Dormition à Moscou.

1478 : Novgorod est annexée à la Moscovie.

1480 : Ivan III refuse la suzeraineté mongole.

1485 : Réunion de Tver à Moscou, suivie de la soumission de Viatka en 1489.

1495 : Ivan III expulse de Novgorod les marchands de la Hanse.

1499 : Première traduction intégrale de la Bible en slavon.

1503 : Ivan III reprend Briansk et Tchernigov à la Lituanie.

1504 : Ivan III se réserve le monopole de la frappe monétaire.

1505 (27 octobre) : Mort d’Ivan III à Moscou. Il a unifié la Russie, rejeté la domination mongole, entamé l’expansion vers l’ouest aux dépens de la Lituanie et solidement établi la succession héréditaire.

1505-1534 : Règne de Vassili IV, fils d’Ivan III.

1510 : Moscou annexe Pskov. Vassili renforce, vis-à-vis des Grands et de ses parents, le caractère absolu de son pouvoir. C’est en 1510 qu le moine Philothée écrit à Vassili pour formuler l’idée selon laquelle Moscou serait, après Rome et Byzance, « la troisième Rome ».

1514 : Prise de Smolensk aux Lituaniens ; la ville sera définitivement annexée en 1522.

1517 : Annexion de Riazan. Première ambassade de l’Allemand Sigismund von Herberstein à Moscou où il revient en 1526. Il laisse l’un des témoignages les plus intéressants sur la Moscovie de l’époque (Rerum moscoviticarum commentarii), tout comme un siècle plus tard le mousquetaire français Margeret.

1517 : Mathieu Melovski, recteur de l’Université de Cracovie, édite la première Histoire de Russie.

1522 : Signature de la paix entre le grand-prince de Moscou et la Lituanie.

 

1534 : Fils de Vassili IV, Ivan IV accède au trône, à l’âge de quatre ans, sous la tutelle de sa mère, Hélène Glinska, et de son favori, le prince Telepnev-Obolenski. Hélène est empoisonnée en 1538 à l’initiative des Chouiski et des Bielski, désireux d’assumer la régence d’Ivan IV. 1535-1538 : Réforme monétaire visant à l’unification des diverses espèces en circulation.

1547 : Ivan IV se fait sacrer le 16 janvier à la cathédrale Ouspenski, à Moscou, par le métropolite Macaire et prend le titre de Tsar.

1548-1549 : Expédition contre Kazan.

1549 : Le premier zemski sobor – assemblée analogue à des États Généraux – connu approuve les projets de réformes d’Ivan IV.

1550 : Réforme du code de justice de Vassili IV. Réforme des codes religieux visant à relever le niveau de recrutement des popes. Réforme militaire. Des régiments d’arquebusiers (streltsy) et un corps du génie sont créés.

1551 : Le concile dit des Cent-Chapitres approuve la reprise en main en matière religieuse.

1552 : Prise de Kazan (2 octobre), suivie de la soumission des Tchérémisses, des Mordves, des Tchouvaches et des Bachkirs.

1553 : Arrivée en Russie du nord (par la mer Blanche) de Richard Chancellor. Début des relations commerciales entre l’Angleterre et la Moscovie.

1554 : Traité avec la Suède de Gustav Vasa autorisant les marchands suédois à traverser la Russie pour aller commercer en Perse, les Russes pouvant, de leur côté, emprunter la route de la Baltique vers les Pays Bas.

1554 : Prise d’Astrakhan à l’embouchure de la Volga, annexée en 1556. Le cours du fleuve est désormais entièrement contrôlé par les Russes qui écartent ainsi vers l’est le danger tatar. Par la Caspienne, des relations s’établissent avec la Perse. Les Cosaques du Don deviennent des alliés des Russes alors qu’à cette époque ceux du Dniepr sont plus proches des Polonais.

1555 : Ivan IV accorde à la Compagnie moscovite de Londres une charte de privilèges lui accordant une juridiction spéciale et la liberté d’installer des comptoirs à Moscou et Vologda.

1555-1560 : Construction de l’église de Saint-Basile le Bienheureux sur la place Rouge de Moscou.

1556 : Publication des Règlements de service qui établissent, contre l’aristocratie traditionnelle des boyards, une noblesse de fonction dont les services sont rétribués par le grand-prince en terres habitées dont la propriété n’est pas héréditaire.

1558 : Début de la guerre entre Russie, Suède et Pologne pour la conquête de la Livonie.

1558-1559 : Voyage de l’Anglais Jenkinson, d’Astrakhan à Khiva et Boukhara.

1560 : Mort d’Anastasie Romanova, l’épouse du tsar. Celui-ci exerce le pouvoir de manière arbitraire.

1564 : Fuite en Lituanie du prince André Kourbski. Premières manifestations de la folie d’Ivan IV qui quitte le Kremlin pour s’établir à Alexandrov.

1564 : Le premier livre imprimé en Russie sort des presses d’Ivan Fedorov. C’est un recueil des Actes des Apôtres.

1565 : Ivan IV rentre à Moscou le 2 février, à l’appel du peuple, et exerce désormais un pouvoir tyrannique. C’est le temps de l’opritchina, qui dure de 1565 à 1572. Le tsar se méfie des boyards qu’il exile et dont il confisque les biens. La moitié du territoire russe est désormais administrée directement par lui et ses fidèles opritchniki.

1566 : Un zemski sobor décide la poursuite de la guerre en Livonie où les Russes sont confrontés aux Suédois et aux Polonais.

1569 : Union de Lublin entre Pologne et Lituanie qui deviennent un seul État dans le cadre d’une monarchie élective. À la mort de Sigismond, c’est le prince français Henri, duc d’Anjou (le futur Henri III) qui est élu en 1572 mais il s’enfuit à la mort de son frère Charles IX pour monter sur le trône de France ; son successeur Étienne Bathory entend reprendre les villes conquises par Moscou.

1570 : Expédition d’Ivan IV contre Novgorod qui est mise à sac en raison des soupçons de complicité avec les Lituaniens qui pèsent sur la ville.

1571 : Moscou est prise et incendiée par le khan de Crimée Devlet – Ghirey.

1578 : Le roi de Pologne Étienne Bathory et le roi de Suède envahissent la Russie. Le premier s’empare de Polotsk en 1579 mais échoue devant Pskov ; le second occupe Narva en 1581. Une médiation du pape Grégoire XIII entraîne en 1582 l’arrêt des hostilités, contre une promesse non tenue d’Ivan de se convertir au catholicisme.

1581 : Début de l’interdiction – qui devait être à l’origine temporaire – faite aux paysans de quitter les domaines de leurs seigneurs. Le recensement des ruraux peut ainsi être réalisé en 1593.

1582 : Ivan IV tue son fils Ivan dans un accès de colère. Armistice entre la Russie, qui perd tous ses gains en Livonie, et le royaume polono-lituanien. Face à la Suède, Ivan n’a pu reconquérir les rives méridionales du golfe de Finlande. L’expansion russe a été, sous son règne, bloquée vers l’ouest mais elle a en revanche été spectaculaire vers l’est et le sud-est.

1582 : Le chef cosaque Yermak, au service des marchands Stroganov – qui sont installés depuis 1558 dans l’Oural pour y exploiter des mines et y faire le commerce des fourrures – entreprend la conquête de la Sibérie.

1584 : L’Amérique est mentionnée pour la première fois dans un manuscrit moscovite.

1584 : Ivan IV meurt subitement à Alexandrov, au cours d’une partie d’échecs.

1584-1598 : Règne de Fédor Ier, le sixième enfant d’Ivan IV le Terrible.

1586 : Fédor noue des relations diplomatiques avec la France. François de Carle est le premier représentant français à Moscou.

1587 : Fondation de Tobolsk en Sibérie. L’avance russe se poursuit dans les vallées du Tobol et de l’Ob.

1589 : Création du patriarcat de Moscou – il sera supprimé en 1721 et rétabli en 1917 ; les sièges de Novgorod, Kazan, Rostov et Kroutitsa sont érigés en métropoles. Fin des travaux de construction des murailles autour de Moscou.

1591 : Le khan de Crimée vient encore menacer Moscou mais les Russes établissent sur les marches de leur territoire des forts appelés à constituer des môles de résistance face aux envahisseurs venus du sud ou de l’est. Voronej face aux steppes méridionales, Samara et Saratov sur la Volga, Oufa dans l’Oural sont ainsi établis.

1591 : Le prince Dimitri, né du huitième et dernier mariage d’Ivan IV avec Maria Nagoi, est assassiné à Ouglitch. Il sera canonisé en 1606 par l’Église russe et sa mort suspecte – on soupçonne Boris Godounov de l’avoir ordonnée – donnera naissance aux espérances messianiques et aux « faux Dimitri » qui accompagneront le « temps des troubles ».

1596 : Union de Brest entre une partie de l’Église orthodoxe et l’Église catholique.

1598 : Fédor Ier, le dernier des Rurikides, meurt le 6 janvier. Davantage porté vers la piété que vers le pouvoir – son propre père disait de lui « qu’il était plus un sacristain qu’un prince héritier » –, il laissa, à partir de 1587, gouverner son beau-frère Boris Godounov et le frère de la première épouse d’Ivan IV, Nikita Romanov. Il meurt sans héritier et s’en remet pour sa succession à la volonté divine.

1598 : Un zemski sobor élit tsar, le 17 février, Boris Godounov, beau-frère du souverain défunt – sa sœur Irène, veuve du tsar, est entrée au couvent – qui est couronné à Moscou le 1er septembre, jour de l’an russe.

1601-1603 : Une succession de mauvaises récoltes engendre de terribles famines qui dressent le peuple contre Boris Godounov.

1601 : Apparition du premier faux Dimitri, qui se présente comme le fils d’Ivan IV ayant échappé à la mort en 1591. Celui qui n’est en réalité qu’un moine défroqué est soutenu, à partir de 1604, par le roi Sigismond III de Pologne à qui il promet Smolensk en cas de succès de son entreprise et recherche en même temps l’appui de la Papauté.

1604 : Craignant la rivalité des Romanov, le tsar se débarrasse d’eux. L’un des deux survivants de cette famille, Fedor Nikitin, est épargné mais jeté au couvent sous le nom de Philarète. Fondation de Tomsk en Sibérie occidentale. En octobre, des troupes réunies par le faux Dimitri envahissent la Moscovie mais sont repoussées par Vassili Chouiski (combat de Sevsk du 21 janvier 1605).

1605 : Mort de Boris Godounov (13 avril).

16 avril – 1er juin 1605 : Règne éphémère de Fédor II, fils de Boris Godounov, renversé par un complot des boyards et des partisans du faux Dimitri qui exploitent l’exaspération du peuple, tenté d’attribuer aux Godounov tous les malheurs du temps. Fédor II et sa mère seront étranglés dès le 10 juin.

20 juin 1605 : Entrée à Moscou du faux Dimitri. Il est couronné le 30 juillet.

1606 : Émeutes à Moscou. La rumeur s’est répandue qu’à la mort de Dimitri, la couronne reviendra au roi de Pologne et que la Russie devra devenir catholique. Assassinat du faux Dimitri (17 mai). Vassili Chouiski est proclamé tsar deux jours plus tard. Soulèvement de Bolotnikov en mai-juin dans le sud-ouest ; cette rébellion est vaincue en décembre.

1608 : Le deuxième faux Dimitri vient s’installer à Touchino, près de Moscou. Replié ensuite sur Kalouga, il est tué en 1610.

1610 : Déposition de Vassili Chouiski (17 juillet) qui paraît incapable de faire face à une invasion polonaise. En août, les boyards formant le conseil de régence acceptent le prince polonais Ladislas pour tsar et livrent la citadelle du Kremlin aux troupes polonaises.

fin 1610 – début 1611 : Le patriarche Hermogène exhorte les villes de province à la résistance contre le souverain polonais.

1611 : Alors que les Polonais ont pris Smolensk et que les Suédois se sont emparés de Novgorod, une armée russe se constitue en septembre-octobre à l’appel de Nijni-Novgorod pour libérer Moscou. Entre temps, les Cosaques ont pillé la ville et proclamé le fils du « second faux Dimitri », mais celui-ci n’est qu’un enfant et ils lui préfèrent ensuite un « troisième faux Dimitri » apparu en 1610 qui sera exécuté à Moscou en mars 1613.

1612 : L’armée russe de Nijni-Novgorod, commandée par le prince Dimitri Pojarski, entre dans Moscou le 26 octobre et le prince appelle les villes russes à envoyer des délégués qui seront chargés d’élire un nouveau tsar.

1613 : Le zemski sobor élit en février Michel Romanov, le fils de Fedor Romanov devenu le moine Philarète après que Boris Godounov l’eut fait enfermer dans un couvent. Il est proclamé tsar le 21 février, fait son entrée solennelle à Moscou le 2 mai et y est couronné le 13 juillet. Son avènement marque la fin du « Temps des Troubles ».

1613-1645 : Règne de Michel IV Romanov – dit aussi MIchel III si l’on ne tient pas compte de l’usurpation au grand-duché de Wladimir de Michel II le Voleur. En ce dernier cas, saint Michel devient Michel II et Michel Romanov Michel III.

1617 : Paix de Stolbovo avec la Suède. Pour récupérer Novgorod, la Russie abandonne la Carélie et l’Ijorie à la Suède.

1618 : Paix de Déoulino avec la Pologne qui conserve Smolensk.

1619 : Philarète, le père du tsar, devient patriarche de Moscou et participe au pouvoir. Il mourra en 1633.

1625 : Le tsar est nommé par la Douma « souverain autocrate ».

1632 : Le Hollandais Vinius installe une fabrique d’armes à Toula.

1634 : Après la reprise, en 1632, de la guerre avec la Pologne de Ladislas, la Russie doit lui abandonner Smolensk et Tchernigov pour qu’il renonce à ses anciens « droits » sur la Moscovie (cf. 1610).

1638 : Une caravane chinoise arrive à Tomsk, en Sibérie occidentale, et introduit pour la première fois le thé en Russie.

1639-1648 : Fin de la conquête de la Sibérie.

1642 : Faute de pouvoir la défendre, le tsar et le zemski sobor refusent la forteresse d’Azov que voulaient remettre à la Russie les Cosaques du Don qui s’en étaient emparés.

23 juillet 1645 : Mort de Michel Romanov.

1645-1676 : Règne d’Alexis Romanov, conseillé par le boyard Boris Morozov.

1646 : Impôt sur le sel qui fait doubler le prix de ce produit vital et suscite de forts mécontentements.

1648 : Introduction en Moscovie de la première grammaire slavonne publiée à Kiev en 1619.

1648 : Victoire des Cosaques de Khmelnitski sur les Polonais. Émeutes populaires à Moscou contre le ministre Boris Morozov.

1648 : Parti des côtes orientales de l’océan Arctique, le Cosaque Dejnev franchit le détroit qui sépare la Sibérie orientale de l’Alaska et qui portera plus tard le nom de Béring. En 1649, J.-P. Khabarov, parti des rives de la Léna, atteint le cours de l’Amour. De 1655 à 1661, Pachkov reconnaît l’itinéraire allant de l’Iénisséi à l’Amour par le lac Baïkal et l’Angara.

1649 : Pour remédier aux troubles qui s’étendent à Pskov et Novgorod, Alexis décide la rédaction de l’Oulojénié, le nouveau code préparé par le zemski sobor, qui légalise le servage, établit la soumission de l’Église à l’État et classe les citadins en corporations fermées.

1652 : Nikone, métropolite de Novgorod est nommé patriarche par le tsar, qui en fait également son principal conseiller.

1653 : Un quatrième « faux Dimitri » est capturé et exécuté. Réunion du dernier zemski sobor ; l’autocratie tsariste est désormais établie et peut diriger le pays sans contrôle.

1653-1654 : Deux synodes réunis à Moscou approuvent la réforme des livres liturgiques et de certains rites décidée par le patriarche Nikon. Ces innovations débouchent sur le schisme ou Raskol des « vieux croyants » qui les refusent.

1654 : Le traité de Péréiaslavl réalise l’union de l’Ukraine à la Moscovie.

1654-1667 : Guerre avec la Pologne. Les Russes prennent Smolensk, Vitebsk, Mohilev, Vilna, Kovno, Grodno. L’intervention de Charles X de Suède contre les Polonais conduit le tsar à conclure une trêve avec ceux-ci et à s’engager contre les Suédois, héritiers sur la Baltique de l’ordre Teutonique, car il ne veut à aucun prix voir la Suède et le royaume polono-lituanien réunis sous un même souverain. Les Russes prennent Dunaburg mais attaquent vainement Riga et plusieurs autres places. Ils s’emparent de Dorpat en 1656 ; les hostilités demeurent ensuite limitées jusqu’à la trêve de Valiessar, conclue avec les Suédois en 1659 qui laisse Dorpat à la Russie. Quand les Polonais et les Suédois signent en 1660 la paix d’Oliva, le tsar Alexis négocie en 1661 avec la Suède celle de Cardis par laquelle il renonce à Dorpat et à toute la Livonie.

1656 : Le patriarche Nikon tente de faire revenir l’Église russe au dogme grec.

1656 : Une délégation russe conduite par l’ambassadeur Baikov visite Pékin.

1662 : Émeutes à Moscou contre la monnaie de cuivre généreusement émise depuis 1654.

1666-1667 : Deux conciles successifs condamnent le raskol mais déposent le patriarche Nikon tout en conservant ses réformes.

1667 : Trêve russo-polonaise d’Androussovo. La Russie abandonne ses conquêtes en Lituanie mais garde Smolensk

1667 : Le tsar fait publier un Livre du timonier qui témoigne de son intérêt pour les questions navales. Avant Pierre le Grand, son successeur, il songe à occidentaliser son armée et à doter la Russie d’une marine.

1667-1671 : Révolte du prince cosaque du Don Stenka Razine, qui ravage la région de la Volga et s’empare d’Astrakhan en 1670. La rébellion s’élargit pour devenir une vaste révolte sociale. Stenka Razine est finalement vaincu et exécuté à Moscou le 6 juin 1671

1668-1676 : Siège, dans le Grand Nord, du monastère Solovetski, l’un des principaux foyers de la résistance des « vieux croyants ».

1672 : Première représentation théâtrale en Moscovie.

30 mai 1672 : Naissance à Moscou du futur Pierre le Grand.

1676-1682 : Règne de Fédor III, désigné comme successeur deux ans plus tôt par son père Alexis.

1678 : Signature avec la Pologne d’un traité d’alliance contre les Turcs et les Tatars, ce qui vaut à la Russie de récupérer Kiev.

1681 : Traité de Bakhtchi-Saraï.

1682 : Fédor III fait procéder, à la Douma des boyards, à la destruction des livres nobiliaires et généalogiques afin de supprimer la prééminence dont bénéficiaient certaines des familles de l’aristocratie dans l’attribution des postes-clés de l’État. Le mestnitchestvo, ou droit de préséance des boyards, est aboli.

1682 : Avvakoum, qui a tenté, depuis 1657, de réformer l’Église dans le dogme « vieux croyant », est brûlé à Moscou le jour du Vendredi Saint.

1682-1689 : Régence de la grande duchesse Sophie (25 mai), fille d’Alexis et sœur de Fédor, le tsar défunt, au nom de leurs deux jeunes frères, Ivan V, incapable de régner, et Pierre Ier, nés respectivement en 1666 et 1672. À la mort du tsar Fédor III, les partisans des Miloslawski et des Narichkine – les familles des deux épouses successives du tsar Alexis – s’affrontent ; les premiers l’emportent et imposent le couronnement d’Ivan et de Pierre, frères de Fédor. Une révolte des streltsy, des soldats de la garde royale, partisans de Sophie, entraîne l’assassinat d’Ivan Narichkine, frère de la tsarine douairière Nathalie, veuve d’Alexis. Sophie gouverne avec son favori, le prince Galitzine, considéré comme le premier « occidentaliste » russe.

1686 : Le prince Galitzine signe la paix avec le roi de Pologne Jean Sobieski.

1689 : Pierre écarte Sophie du pouvoir et l’envoie au couvent de Novodetchi après qu’elle a tenté de le faire arrêter (7 août). Galitzine est exilé.

1689 : Signature du traité de Nertchinsk avec la Chine (27 août) qui fixe sur le cours de l’Argoun la frontière entre les deux Empires.

1690-1694 : Pierre se consacre à la construction de la flotte militaire russe.

1695 : Pierre Ier déclare la guerre à la Turquie avec pour objectif la conquête de la Crimée.

1696 (29 janvier) : Mort d’Ivan V qui avait été un prince indolent, de santé très fragile. Son frère Pierre est désormais le seul maître du pouvoir.

 

1696 : Prise d’Azov par Pierre Ier 1697-1698 : La « Grande Ambassade ». Pierre voyage en Europe, notamment en Hollande et en Angleterre.

1698 : Révolte des streltsy.

1699 : Oukase permettant aux Russes de voyager à l’étranger. Le tsar remplace l’ère byzantine par l’ère chrétienne et l’année commencera désormais le 1er janvier au lieu du 1er septembre.

1700 : La Russie entre dans la guerre du Nord. Défaite russe à Narva. Traité établissant une « trêve de trente ans » avec la Turquie.

1701 : Ouverture au Kremlin d’une École des Sciences.

1702 : Conclusion d’une alliance avec le Danemark.

1704 : Impôt sur les barbes. Pierre entend imposer à l’aristocratie russe les modes occidentales.

1705-1711 : Révolte des Bachkirs.

1707-1708 : Révolte de Boulavine sur le Don.

1708-1709 : Création des goubernii, les gouverneurs de provinces.

1709 : Victoire russe de Poltava contre Charles XII de Suède (27 juin).

1710 : Introduction d’un nouvel alphabet cyrillique simplifié et des chiffres arabes.

1711 : Création d’un Sénat de neuf membres appelé à remplacer le Conseil privé. Prenant prétexte de la fuite du roi de Suède Charles XII à Constantinople, le tsar a repris la guerre contre les Turcs et a envahi la Moldavie mais le sort des armes lui est contraire et il doit rendre Azov lors du traité du Prut.

1712 : Saint Pétersbourg, fondée en 1703, devient la capitale de l’Empire russe.

1714 : Victoire navale russe de Hangö sur les Suédois.

1717 : Voyage de Pierre Ier en France.

1718 : Procès et mort d’Alexis Petrovitch, fils de Pierre Ier, qui s’est placé à la tête des opposants à l’effort de modernisation engagé par son père.

1718-1719 : Création des collèges ministériels. Premier recensement de la population.

1720-1727 : Messerschmidt explore l’intérieur d la Sibérie.

1721 : Suppression du patriarcat de Moscou et création du Saint Synode. Paix de Nystadt (30 août). Fin de la guerre du Nord. La Russie obtient la Livonie, l’Ingrie, l’Estonie et une partie de la Carélie avec Vyborg. Pierre est proclamé « Empereur de toutes les Russies » et prend les qualificatifs de « Grand » et de « Père de la Patrie » (22 octobre).

1722 : La Table des Rangs (24 janvier) organise la noblesse. Loi de succession (5 février) : « Nous estimons utile de faire ce règlement pour qu’il ne dépende toujours que de la volonté du souverain régnant de remettre la succession à qui il voudra et de changer de successeur s’il voyait de la part de celui qu’il aura choisi un dérèglement quelconque ». Création la même année de la capitation.

1723 : Le shah de Perse cède à la Russie diverses régions des rives méridionales de la Caspienne (avec Derbent et Bakou), territoires conquis en 1722 mais qui seront restitués à la Perse en 1732 par Anne Ivanovna.

1724 : Pierre Ier approuve les statuts de l’Académie des Sciences qui sera fondée en 1726.

1725 : Mort de Pierre le Grand (8 février).

1725-1727 : Règne de Catherine Ière, deuxième épouse de Pierre le Grand.

1726 : Création du Haut Conseil secret qui réunit Catherine et les anciens proches de Pierre le Grand (Mentchikoff, Apraxine, Prokopovitch, Osterman…).

1727-1730 : Règne de Pierre II, fils du tsarévitch Alexis exécuté en 1718 et petit-fils de Pierre le Grand. Couronné à Moscou en février 1728. Contre les partisans d’Anna de Holstein, fille de Pierre le Grand et de Catherine, le prince Mentchikoff, favori de l’impératrice défunte, impose le jeune homme mais celui-ci meurt à quinze ans, sans avoir jamais gouverné en personne.

1727 : Traité de Kiakhta entre la Chine et la Russie. Il fonde les relations entre les deux Empires jusqu’en 1858. La frontière est délimitée jusqu’au confluent de l’Argoun et de l’Amour.

1728 : Le navigateur danois Vitus Béring explore les mers baignant les côtes orientales de la Sibérie et donne son nom au détroit séparant l’Asie de l’Amérique. Réalisé en 1741, un deuxième voyage conduit Béring et ses compagnons jusqu’aux îles Aléoutiennes et aux côtes de l’Alaska mais l’explorateur meurt du scorbut lors de son retour vers Petropavlovsk, le port russe établi à la pointe méridionale du Kamtchatka.

1730-1740 : Règne d’Anne Ivanovna. Le Haut Conseil secret propose le trône à Anne Ivanovna, fille d’Ivan V et nièce de Pierre le Grand. Anne de Holstein est écartée pour avoir épousé un prince étranger, Élizabeth, sa sœur, est jugée trop jeune. Veuve du duc de Courlande, Anne Ivanovna doit s’engager, à l’initiative du prince Dimitri Galitzine, « l’homme fort » du Haut Conseil secret, à ne pas se remarier, à ne pas nommer de successeur et à laisser au Conseil secret toute son autorité.

1730 : À peine installée sur le trône, Anne dissout le Haut Conseil et règne en souveraine absolue (25 février). Elle est ensuite proclamée le 1er mars « souveraine autocrate de toutes les Russies » et couronnée à Moscou le 15 mars.

1733-1735 : La Russie soutient le roi de Saxe Auguste III dans la lutte pour le trône de Pologne.

1734 : L’Ukraine passe sous administration directe de la Russie.

1735 : Oukase créant les « écoles populaires ». Anne règne « à l’allemande » en imposant à la noblesse une rigoureuse éducation militaire et intellectuelle. Son ministre et favori, le Courlandais Ernest-Jean de Bühren, rétablit la chancellerie secrète.

1739 : Anne Ivanovna obtient du Sultan la cession du littoral de la mer Noire entre les embouchures du Bug et du Dniestr.

1740-1741 : Règne d’Ivan VI. Il est l’arrière petit-fils d’Ivan V : une fille de ce dernier, Catherine, a épousé en 1716 Charles Léopold, duc de Mecklembourg-Schwerin ; elle en a eu une fille, Élizabeth, dite Anne, qui épousera Antoine Ulrich de Brunswick dont elle aura le tsar Ivan VI, né en 1740, pour qui elle assumera pendant un an la régence après avoir écarté Bühren.

1741-1743 : Guerre avec la Suède qui vaut à la Russie de récupérer une partie de la Finlande.

1741 : À la suite d’une révolution de palais, Élizabeth Petrovna, fille de Pierre le Grand devient impératrice (25 novembre 1741). Emprisonné, Ivan sera tué au cours d’une tentative d’évasion en 1764.

1741-1762 : Règne d’Élizabeth Petrovna

1748 : Sous l’influence du ministre Bestoujev-Rioumine, la tsarine rompt avec la Prusse et se rapproche de l’Autriche.

1753 : Suppression des douanes intérieures.

1755 : Chouvalov fonde l’Université de Moscou.

1757 : Fondation de l’Académie des Beaux Arts.

1759 : Victoire des Russes sur les Prussiens de Frédéric II à Kuenerzdorf. L’année suivante, les troupes russes occupent Berlin.

25 décembre 1761 (5 janvier 1762 en calendrier grégorien) : Mort d’Élizabeth Petrovna.

5 janvier -17 juillet 1762 : Règne de Pierre III. Élizabeth a désigné comme successeur son neveu Charles Pierre Ulrich de Holstein (Pierre III), qu’elle a marié à Sophie Augusta d’Anhalt- Zerbst, la future Catherine II.

1762 : Pierre III fait la paix avec Frédéric II de Prusse. Il promulgue un manifeste abolissant l’obligation de servir pour les nobles (18 février). Luthérien, le nouveau tsar défend les vieux croyants persécutés par l’Église orthodoxe. Il s’apprête à répudier son épouse quand il est renversé par une révolution de palais dans la nuit du 28 au 29 juin 1762 (9 au 10 juillet en calendrier grégorien). Il est étranglé quelques jours plus tard par Alexis Orlov, le favori de Catherine.

1762-1796 : Règne de Catherine II.

1764 : Sécularisation des biens d’Église. « Despote éclairé », l’impératrice décide la fermeture de 252 couvents sur 413 et transfère à l’État un million de paysans appartenant à l’Église.

1765 : Diffusion en Russie de la pomme de terre. Création à Saint Pétersbourg de la Société libre d’économie.

1767-1768 : Réunion de la Grande Commission législative formée de députés élus par la noblesse, les paysans libres et les habitants des villes. Elle est ajournée au bout d’un an et l’expérience demeure sans suite.

1767-1777 : Traduction en russe d’une partie de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Les philosophes voient alors en Catherine II la « Sémiramis du Nord ».

1768-1774 : Guerre contre la Turquie. En 1769, les Russes occupent les territoires allant du Dniestr au Danube (Bessarabie, Moldavie, Valachie) et poussent jusqu’à Jassy. Les 7 et 8 juillet 1770, la flotte russe d’Alexis Orlov écrase la flotte ottomane à Tchesmé, près de Chio, mais son chef n’ose pas s’attaquer à Constantinople qui était à sa portée. L’armistice de 1771 oblige les Turcs à reconnaître la perte de la Crimée.

1768-1774 : Expédition de l’explorateur allemand P.S. Pallas en Sibérie.

1770-1774 : M.D.Tchoulkov publie le premier grand recueil de chansons populaires russes.

1771 : « Émeute de la peste » à Moscou.

1772 : Premier partage de la Pologne (2 septembre). La Russie récupère la Biélorussie, du Dniepr à la Dvina avec Polotsk, Vitebsk et Mohilev.

1773-1775 : Révolte de Pougatchev, un Cosaque du Don se faisant passer pour Pierre III. Il rassemble derrière lui, en une immense jacquerie, les mécontents les plus divers – serfs, minorités des régions volgiennes. Les rebelles prennent Kazan en 1774 mais n’osent pas marcher sur Moscou et se replient sur les rives du fleuve Oural où leur chef est livré par les siens. Il est exécuté à Moscou en janvier 1775.

1774 : Paix de Kütchuk-Kaïnardji avec l’Empire ottoman. La Russie récupère Azov et l’embouchure du Dniepr et se pose en protectrice des chrétiens des Balkans.

1775 : Réforme de l’administration provinciale mise en œuvre par Potemkine, le nouveau favori et conseiller de l’impératrice. Elle établit 44 gouvernements divisés en districts et dirigés par un gouverneur étroitement dépendant du pouvoir central. 1775 voit également, avec la disparition de la Sitch des Zaporogues du Dniepr, la fin des dernières franchises cosaques. Le servage, devenu presque général pour les masses rurales, est étendu à l’Ukraine. Catherine II, souveraine « éclairée », a asservi 800 000 paysans qui étaient encore libres au début de son règne.

1775 : Le sculpteur français Falconet termine sa statue équestre de Pierre le Grand.

1776 : Création de l’Opéra de Moscou.

1777 : Alliance russo-prussienne.

1783 : Annexion de la Crimée (8 avril). Extension du servage à l’Ukraine (3 mai).

1783 : Le tsar géorgien Héraclius signe un traité de protectorat avec la Russie mais celle-ci, retenue par les affaires européennes, ne peut empêcher la destruction de Tiflis par les Persans en 1795.

1784 : La fondation de Vladikavkaz, la « Maîtresse du Caucase », témoigne de la volonté d’expansion russe vers le sud-est où Catherine II se pose en protectrice de la Géorgie et de l’Arménie chrétiennes qui se trouvent isolées dans un environnement musulman hostile, face à l’Empire ottoman et à la Perse des Qadjars. La même année, les Russes s’avancent jusqu’à Derbent, le long de la côte de la Caspienne, à hauteur de l’étroit passage permettant de relier les steppes du nord à la région de Bakou.

1785 : Charte de la noblesse et charte des villes.

1786 : Début de la réforme scolaire.

1787 : Voyage de la tsarine en « Tauride » (Crimée) où les procédés de propagande du prince Potemkine lui assurent un accueil triomphal.

1787-1792 : Guerre russo-turque. Souvorov passe le Danube, remporte en 1789 la victoire du Rymnik et contraint la Sublime Porte à traiter. Par la paix de Jassy conclue en 1792, la Turquie perd la côte entre Dniepr et Dniestr, là où, deux ans plus tard, à l’emplacement de l’ancienne colonie grecque Odessos, sera fondée Odessa qui connaîtra, à partir de 1803, sous l’impulsion de son gouverneur français le duc de Richelieu, un très rapide essor.

1792 : Arrestation de Novikov le chef de file des philosophes « rationalistes » en raison de ses sympathies pour la Révolution française. Rupture des relations diplomatiques avec la France.

1793 : Deuxième partage de la Pologne (mars). La Russie prend Vilna, Minsk, la Volhynie et la Podolie.

1794 : Après avoir brisé la révolte de Kosciuzko, les Russes s’emparent de Varsovie.

1795 : Troisième partage de la Pologne (13 octobre). La Russie récupère le reste de la Lituanie et de la Volhynie, la Courlande et le duché d’Oldenbourg.

1796 (17 novembre) : Catherine II meurt à Saint Pétersbourg.

1796-1801 : Règne de Paul Ier, fils de Pierre III et de Catherine II. Couronné en avril 1797.

1797 : Nouvelle loi de succession (Paul Ier) introduisant le droit de primogéniture.

1797 : Le tsar devient grand-maître de l’Ordre de Malte en espérant que cette fonction pourra servir ses ambitions méditerranéennes. L’escadre d’Ouchakov chasse les Français des îles Ioniennes.

1798 : La compagnie russo-américaine créée en 1784 par le marchand Chelekhov reçoit l’administration et le monopole du commerce des nouvelles colonies russes du Pacifique, Kouriles, Aléoutiennes et Alaska.

1799 : Le tsar rejoint la deuxième coalition contre la France. Souvorov prend Milan (16 avril) avant d’être battu à Zurich par Masséna.

1801 : Paul Ier, suspecté de folie par ses proches, est assassiné dans la nuit du 23 au 24 mars. Alexandre Ier devient empereur.

 

1801-1825 : Règne d’Alexandre Ier, fils de Paul Ier 1801 : Annexion des royaumes géorgiens de Kartli et de Kakéthie (septembre). Les principautés de Mingrélie, de Gourie, d’Abkhazie et d’Iméréthie sont conquises au cours des années suivantes et, en 1811, l’autocéphalie de l’Église géorgienne est abrogée.

1802 : Organisation des ministères et du Conseil d’État chargé d’élaborer et d’établir les lois.

1803 : Décret créant les « agriculteurs libres ».

1803-1806 : Les navigateurs Bellingshausen et Krusenstern sont les premiers Russes à effectuer le tour du monde.

1804 : Statuts des universités et de la censure.

1804 : Parution des Poèmes russes antiques attribués à Kircha Danilov.

1804-1813 : Guerre contre la Perse. Les Russes prennent le contrôle des khanats de Karabagh et de Chirvan et occupent Bakou en 1806.

1805 : Défaite austro-russe d’Austerlitz face à Napoléon (2 décembre).

1806-1812 : Guerre contre la Turquie, conclue par le traité de Bucarest qui assure à la Russie la possession de la Bessarabie.

1807 : Défaites russes d’Eylau et de Friedland.

1807 : Traité de Tilsitt entre Napoléon et Alexandre Ier après la rencontre des deux empereurs sur le Niémen (25 juin).

1808-1809 : Guerre contre la Suède conclue par la paix de Fredriksham et l’annexion de la Finlande.

1809 : Napoléon et Alexandre se rencontrent de nouveau au Congrès d’Erfurt.

1809-1810 : Projet de réforme de l’État élaboré par le juriste Speranski. Création du Conseil de l’Empire.

1812 : La Grande Armée franchit le Niemen (24 juin). Bataille de la Moskowa (Borodino) le 27 août. Napoléon entre à Moscou mais doit ordonner la retraite de Russie terminée le 30 décembre.

1813 : Alliance de Kalich avec la Prusse (février).

1814 : Les troupes russes entrent dans Paris (31 mars).

1815 : Signature de l’acte final du Congrès de Vienne (juin) qui donne Varsovie à la Russie. Fondation de la Sainte Alliance (26 septembre). Alexandre Ier devient roi de Pologne et lui octroie une charte constitutionnelle.

1815 : Un bateau à vapeur circule pour la première fois sur un fleuve russe (la Néva).

1816 : Fondation de l’Union du Salut, première organisation secrète des décembristes.

1816-1829 : Publication de l’Histoire de l’État russe, commandée par le tsar Alexandre à l’historien Karamzine.

1818 : Lors de l’inauguration de la Diète de Pologne, Alexandre Ier exprime son intention de donner aussi une constitution à la Russie. Au congrès d’Aix-la-Chapelle, le tsar assure à la France – en considération pour son premier ministre le duc de Richelieu qui, émigré en Russie, avait assuré la fortune d’Odessa – l’évacuation anticipée des armées alliées qui occupaient encore une partie de son territoire.

1819 : Fondation de l’Université de Saint Pétersbourg.

1819 : Fondation de Groszny, « La Terrible », au pied du Caucase.

1819-1821 : Bellingshausen réalise un voyage d’exploration des mers antarctiques et découvre l’île Pierre Ier.

1820 : Au congrès de Troppau, le tsar approuve, mais avec des réserves, l’intervention autrichienne contre les révolutions libérales italiennes.

1821 : Congrès de Laybach. La Russie s’aligne sur la politique autrichienne conduite par Metternich et prend clairement position en faveur de la répression de toute tentative de révolution libérale. Un début de mutinerie d’une unité de la Garde impériale (le régiment Semenovski) a convaincu Alexandre Ier qu’il fallait être intransigeant avec toute tentative jacobine ou libérale. Le tsar prend alors ses distances avec la cause hellène – il lui refuse toute assistance lors du congrès de Vérone de 1822 – et avec les tentatives de son ministre Capo d’Istria de soulever la Roumanie.

1821 : Création, par les futurs décembristes, des Sociétés secrètes du Nord et du Sud, qui ne disposent pas de véritable assise populaire.

1822 : Interdiction de la franc-maçonnerie.

1825 : Mort d’Alexandre Ier à Taganrog (1er décembre). Une tradition populaire rapporte qu’il ne serait pas mort en 1825, mais sous l’identité d’un ermite de Tomsk en 1864, après avoir voulu ainsi racheter la faute de son implication dans l’assassinat de son père.

1er au 1er décembre 1825 : Règne éphémère de Constantin Ier, fils de Paul Ier, qui abdique en faveur de son frère Nicolas.

1825 : Soulèvement décembriste à Saint Pétersbourg (11 décembre) et à Tchernigov. Sur trente-six condamnés à mort, cinq dirigeants de ce mouvement libéral et constitutionnel seront exécutés le 13 juillet 1826. Privé de toute base populaire, ce mouvement de révolte très limité fonde la tradition révolutionnaire russe du XIXe siècle.

1825-1855 : Règne de Nicolas Ier, fils de Paul Ier, couronné en août 1826.

1826 : Renforcement de la censure.

1826 : Sous la pression de la Russie, la Turquie doit reconnaître l’autonomie des provinces danubiennes (Moldavie et Valachie) et celle de la Serbie.

1826-1828 : Guerre avec la Perse conclue par le traité de Tourkmantchaï et l’annexion de l’Arménie orientale (khanats d’Erevan et du Nakhitchevan).

1827 : Victoire navale de Navarin remportée sur la flotte égyptienne d’Ibrahim Pacha par les Français, les Anglais et les Russes (20 octobre).

1828 : Début d’une nouvelle guerre russo-turque. Wittgenstein franchit le Prut et le Danube et occupe les principautés roumaines et Varna. Dans le Caucase, Paskevitch s’empare d’Erzeroum en 1829 alors que, dans les Balkans, Dibitch entre dans Andrinople et contraint la Sublime Porte à traiter.

1829 : Soumission des Abkhazes dans l’ouest du Caucase.

1829 : Le traité russo-turc d’Andrinople (2 septembre) met fin à la guerre entamée l’année précédente. Les Russes ont pris Silistrie puis Andrinople. Le traité ouvre les détroits au commerce russe et confirme l’indépendance de la Grèce ainsi que l’autonomie de la Serbie et des provinces roumaines.

1830 : Pouchkine termine la rédaction d’Eugène Onéguine.

1830 ; Lobatchevski publie ses travaux sur la géométrie non euclidienne.

1830 : Début de la révolte du Daghestan, conduite par la secte soufie des Mourides et dirigée par Schamyl à partir de 1834.

1830 : Insurrection polonaise (29 novembre).

1831 : Paskévitch fait « régner l’ordre » à Varsovie (8 septembre).

1833 : Paix d’Unkiar-Skelessi avec la Turquie, qui fait de l’Empire ottoman un quasi protectorat russe ; l’Anglais Palmerston ne peut l’accepter et la Russie devra faire marche arrière en juillet 1841, lors de la signature des conventions de Londres.

1835 : Promulgation du Recueil complet des lois russes préparé par Speranski qui remplace l’Oulojénié. Il fournit une base juridique au régime impérial jusqu’en 1917.

1836-1839 : I.P. Sakharov publie les Légendes du peuple russe.

1837 : Premier chemin de fer transportant de passagers de Saint Pétersbourg à Tsarskoïe Sélo.

1839 : Ouverture de l’observatoire de Poulkovo. L’église uniate de Biélorussie et d’Ukraine, de rite slave mais en communion avec le pape depuis l’Union de Brest de 1596, est ramenée sous l’autorité du Saint Synode.

1842 : Publication de la première partie des Ames mortes de Nicolas Gogol, dont une pièce de théâtre, Le Revizor, présentée en 1836, est une satire féroce de la bureaucratie.

1844 : Les Russes soumettent les Kirghizes établis au sud du lac Balkach. Trois ans plus tard, ils installent un fort sur les rives du Syr Daria, non loin de la mer d’Aral.

1845 : Fondation de la Société russe de Géographie.

1847 : Publication des Récits d’un chasseur de Tourgueniev.

1849 : Les troupes russes viennent rétablir l’ordre à Budapest et scellent la défaite de la révolution hongroise entamée en 1848. À la suite des révolutions européennes de 1848, Nicolas Ier durcit le caractère autoritaire du régime, face à une opposition limitée aux cercles de l’intelligentsia et partagée entre « occidentalistes » aspirant à une évolution vers le parlementarisme à l’anglaise et vers le développement du capitalisme et les « slavophiles » hostiles eux aussi à l’autocratie mais nostalgiques des anciennes « libertés » russes.

1850 : Le capitaine Nevelskoy prend possession de l’estuaire de l’Amour.

1851 : Inauguration de la ligne de chemin de fer Saint-Pétersbourg-Moscou.

1851 : Traité de Kuldja ouvrant le Sin-Kiang au commerce russe. C’est le premier en date des « traités inégaux » imposés par la Russie à la Chine.

1853 : Début de la guerre avec la Turquie (4 octobre). Destruction de la flotte turque en mer Noire, devant Sinope.

1854 : La France et l’Angleterre entrent en guerre (15 au 15 mars) contre la Russie. Napoléon III cherche ainsi à sortir la France de son isolement alors que l’Angleterre veut interdire l’accès des détroits turcs et de la Méditerranée aux Russes en soutenant « l’homme malade » ottoman. La guerre se déroule pour l’essentiel en Crimée où les Français remportent la victoire de l’Alma et parviennent, au prix d’un long siège, à s’emparer de Sébastopol farouchement défendue par le colonel Todleben.

1855-1881 : Règne d’Alexandre II, fils de Nicolas Ier qui est mort le 18 février 1855. Le nouveau tsar est couronné en août 1856.

1856 : Congrès de Paris, qui met fin à la guerre de Crimée. Les vainqueurs imposent à la Russie l’abandon de son droit de protection sur les principautés danubiennes et la démilitarisation de la mer Noire, ce qui l’écarte de Constantinople et des détroits.

1857 : Début de la publication à Londres du Kolokol (La Cloche), le journal révolutionnaire d’Alexandre Herzen.

1858 : Émancipation des serfs de l’État.

1858 : Traité d’Aigoun (mai). Les Russes annexent, en Extrême-Orient, les territoires situés au nord de l’Amour et obtiennent la liberté de navigation sur le fleuve. En juin, le traité de Tien-Tsin accorde à la Russie les mêmes droits que le gouvernement chinois avait déjà reconnus à l’Angleterre, la France et les États-Unis en matière commerciale. Après la fondation de Nikolaievsk (1853) et de Khabarovsk (1858) sur les rives de l’Amour, ces traités confirment l’importance de la poussée russe en Extrême-Orient.

1859 : Schamyl, chef de guerre avar – qui résistait aux Russes dans les montagnes du Daghestan depuis une vingtaine d’années – est finalement contraint de se rendre. Cette victoire signifie la mainmise russe sur le Caucase.

1860 : Traité de Pékin. La Russie annexe le territoire de l’Oussouri, affluent de la rive droite de l’Amour, la région s’étendant de ce fleuve à la côte correspondant à la « Province Maritime ». La création de Vladivostok, « Domination de l’Orient », est l’aboutissement de la poussée russe en direction des rives pacifiques de la Sibérie.

1861 : Le tsar Alexandre II décide l’abolition générale du servage (19 février). Les paysans reçoivent leur liberté personnelle. Une réforme agraire accompagne l’émancipation des serfs. Elle prévoit le rachat d’environ les deux tiers des terres aux propriétaires, qui sont indemnisés par l’État, les paysans bénéficiaires remboursant celui-ci sur quarante-neuf ans. La réforme s’opère dans le cadre du mir, la communauté villageoise traditionnelle et ne se réalise pas au profit d’une paysannerie individuelle de petits propriétaires indépendants. Elle maintient donc les conditions de l’archaïsme qui affectait l’agriculture russe traditionnelle alors que les grands domaines nobiliaires qui demeurent apparaissent comme des exploitations modernes et productives.

1861 : Fondation du mouvement révolutionnaire Jeune Russie.

1861-1862 : Souvenirs de la maison des morts de Dostoïevski, qui avait été déporté en Sibérie en 1849.

1862 : Apparition de la société secrète révolutionnaire Zemlia i Volia (Terre et Liberté).

1863-1864 : Nouvelle insurrection polonaise.

1863-1864 : Alexandre II continue à avancer sur la voie des réformes en accordant un statut plus libéral aux universités, en réalisant des réformes judiciaires et scolaires et en créant les Zemstvos, des assemblées locales dotées de pouvoirs importants en matière d’équipement, d’activités économiques et d’instruction publique. Les députés formant l’assemblée sont élus pour trois ans par les propriétaires fonciers, les citadins payant le cens électoral, et les représentants des communes paysannes.

1865 : Réforme de la censure dans un sens libéral.

1865 : Prise de Tachkent.

1865-1869 : Guerre et Paix de Léon Tolstoï.

1866 : Attentat de l’étudiant Karakozov contre le tsar.

1867 : Vente de l’Alaska et des îles Aléoutiennes aux États-Unis pour 7 800 000 dollars.

1867 : Formation du Turkestan russe.

1867-1885 : Explorations de Przewalski en Asie centrale. Il découvre les sources du fleuve Jaune, visite le Tibet, les monts Kouen Lun et le désert du Lob Nor.

1868 : Les Russes occupent Samarkand et imposent leur protectorat sur l’émirat de Boukhara, conquis en 1870. Krasnovodsk, sur la côte orientale de la Caspienne, est fondée en 1869.

1869-1871 : Mendeleiev réalise sa classification périodique des éléments.

1870 : Réforme municipale qui crée des conseils élus.

1870 : À la faveur de la défaite de la France dans sa guerre contre la Prusse, Alexandre II rétablit sa pleine souveraineté en mer Noire (démilitarisée depuis 1856) et le fait admettre par le Sultan en 1872.

1871 : Début de la production pétrolière à Bakou.

1872 : Le premier volume du Kapital de Karl Marx est publié en russe.

1872 : Russification de l’enseignement en Pologne où le polonais a été aboli comme langue officielle.

1873 : Les Russes s’emparent de Khiva. Accord anglo-russe délimitant les sphères d’influence en Asie centrale.

1873 : Alliance des Trois Empereurs entre Guillaume Ier d’Allemagne, François-Joseph d’Autriche-Hongrie et Alexandre II de Russie.

1873 : Publication des Possédés de Dostoïevski et d’Anna Karénine de Tolstoï.

1873-1874 : Essor du mouvement populiste.

1874 : Moussorgski présente son opéra Boris Godounov.

1874 : Réforme militaire. Introduction du service militaire obligatoire.

1876 : Annexion du Ferghana en Asie centrale.

1878 : Attentat de Vera Zassoulitch contre le général Trepov, préfet de Saint Pétersbourg. Le jury acquitte la coupable. De nombreux représentants de l’État sont ensuite les cibles d’attentats.

1878 : Traité de San Stefano (3 mars), consécutif à la guerre engagée en 1877 contre l’Empire ottoman. La Russie, protectrice des populations chrétiennes des Balkans, a voulu se porter au secours des Serbes de Bosnie et des Bulgares victimes des massacres ordonnés par le sultan Abd ul Hamid II. Après la chute de Plevna, les Russes sont arrivés à Andrinople et ont obligé les Turcs à traiter et à accepter la création d’une Grande Bulgarie protégée de la Russie mais l’Angleterre, inquiète de la poussée russe, obtient de Bismarck la convocation du congrès de Berlin qui, réuni en juin-juillet 1878, prive les Russes de leur victoire en réduisant la Bulgarie indépendante des deux tiers, l’un maintenu sous souveraineté ottomane, l’autre transformé en une principauté de Roumélie demeurant dépendante de la Porte. Les Russes obtiennent pour leur part Batoum sur la côte caucasienne de la mer Noire.

1879-1881 : Les généraux Skobelev et Kouropatkine réalisent la conquête du Turkménistan.

1879 et 1880 : Attentats manqués de l’instituteur Soloviev et de Khaltourine contre le tsar Alexandre II.

1880 : « Dictature du cœur » Le général-comte Loris Melikov est placé à la tête de la Commission Exécutive suprême et cherche à concilier la répression des menées terroristes avec la mise en œuvre de réformes libérales. Celles-ci sont sur le point d’être annoncées quand le tsar est assassiné.

1881 : Les Russes s’emparent en février de Merv. Un traité de commerce est conclu avec la Chine.

1881 : Assassinat du tsar Alexandre II (1er mars), victime du sixième attentat perpétré contre lui.

1881-1894 : Règne d’Alexandre III, fils du tsar défunt.

1881 : Début de l’exploitation des mines de fer ukrainiennes de Krivoï Rog.

1881 : Décret instituant de sévères mesures de sécurité (14 août). Le nouveau tsar apparaît, sous l’influence de son ancien précepteur Pobiedonotsev, comme un tenant intransigeant de l’autocratie. Il entend par ailleurs mener vis-à-vis des minorités nationales ou religieuses une politique de russification.

1881 (29 décembre) : Décret libérant les anciens serfs de leurs remboursements aux propriétaires.

1882 : Alors que des pogroms ont eu lieu à la suite de l’assassinat du tsar Alexandre II, un Statut des Juifs limite leurs droits en leur interdisant l’achat de terres. En 1887, ils sont l’objet d’un numerus clausus limitant leur accès à l’Université.

1882 : Premières lois sociales avec l’interdiction de faire travailler les enfants de moins de douze ans, suivies en 1885 de lois interdisant le travail de nuit des femmes et des adolescents.

1883 : Création du groupe marxiste Libération du Travail de Georges Plekhanov.

1884 : Révision dans un sens autoritaire du statut des universités, suivie, en 1890 et 1892, d’une restriction des pouvoirs des zemstvos et des municipalités.

1885 : Anglais et Russes signent un protocole d’accord limitant leurs zones d’influence en Afghanistan.

1887 : Attentat manqué contre Alexandre III, auquel participe le frère aîné de Lénine.

1890 : Présentation du Prince Igor de Borodine.

1891 : Début de la construction du Transsibérien, terminé en 1899.

1892 : Accords militaires secrets franco-russes.

1890-1900 : Débuts du décollage industriel de la Russie, sous l’impulsion du ministre de Witte qui demeure aux affaires de 1892 à 1903. En 1914, la Russie comptera 70 000 km de voies ferrées contre 979 en 1855 ; les capitaux étrangers, notamment français, sont investis massivement dans ce pays dont les perspectives de développement apparaissent alors très prometteuses.

1894-1917 : Règne de Nicolas II, fils d’Alexandre III, qui, sacré en mai 1895, annonce qu’il maintiendra la ligne politique favorable à l’autocratie définie par son père.

1895 : Arrestation de Wladimir Ilitch Oulianov, le futur Lénine (né en 1870) pour ses activités au sein de l’Union pour l’émancipation de la classe ouvrière.

1896 : Concession à une société russe de la construction du chemin de fer de Mandchourie, appelé à être protégé par des troupes russes. Cette annexion déguisée du nord-est de la Chine est complétée en 1898 par la cession pour vingt-cinq ans de Port Arthur ce qui fait passer la péninsule du Liao Toung – que le Japon avait été obligé d’évacuer sur intervention russe après sa victoire sur la Chine de 1895 – sous le contrôle russe.

1897 : Limitation de la journée de travail à 11h30.

1898 : Fondation, au congrès clandestin de Minsk, du parti ouvrier social-démocrate de Russie.

1899 : Nicolas II est l’initiateur de la première conférence de la Paix à La Haye.

1900-1901 : Participation russe à l’expédition internationale engagée en Chine contre la révolte des Boxers.

1902 : Fondation du parti socialiste-révolutionnaire (SR) issu des courants terroristes et nihilistes de la génération précédente.

1902 : Lénine rédige son Que faire ?, texte dans lequel il définit un modèle du parti révolutionnaire, organisé de manière quasi-militaire, appelé à constituer « l’avant-garde du prolétariat » et à accélérer le processus historique d’effondrement du capitalisme. À l’inverse de Marx, il voit dans la Russie un pays où la révolution pourra plus aisément triompher que dans les grands États industriels où la classe ouvrière a été gagnée au réformisme.

1903 : Le congrès de Londres aboutit à la scission, au sein du parti social-démocrate, entre mencheviks et bolcheviks (majoritaires). Ces derniers adhèrent aux thèses formulées par Lénine à propos de l’organisation du parti comme « minorité agissante » formée de professionnels de la Révolution mais, en Russie, ce sont les mencheviks partisans d’un rassemblement de tous les opposants qui sont de loin les plus nombreux.

1903 : Pogroms contre les Juifs de Kichinev et de Gomel.

1904 : Tchékov présente La Cerisaie. Pavlov obtient le Prix Nobel de physiologie pour ses travaux sur les réflexes conditionnés.

1904 : Attaque japonaise contre Port-Arthur. Début de la guerre russo-japonaise (27 janvier). La place se rendra à l’issue de près d’un an de siège.

1904 : Assassinat de Plehve, le ministre de l’Intérieur réactionnaire dont l’influence a progressivement supplanté celle de Witte (juillet).

1905 : Une grave crise révolutionnaire affecte le pays tout au long de l’année. Le 9 janvier est le jour du « Dimanche rouge » à Saint Pétersbourg : une foule de manifestants entraînés par le pope Gapone – un agent de l’Okhrana, la police secrète – est mitraillée par la troupe. La défaite subie en Mandchourie, à Moukden, en février, face aux Japonais, aggrave le mécontentement. En mai-juin, un premier soviet – pouvoir insurrectionnel établi par des ouvriers révolutionnaires – se constitue à Ivanovo. L’écrasante défaite subie par la flotte russe de l’amiral Rojdestvenski le 15 mai dans le détroit des îles Tsoushima porte un coup très dur au prestige du régime. Des mutineries surviennent dans l’armée et la flotte, notamment celle du cuirassé Potemkine, le 14 juin. Le traité de Portsmouth, conclu le 25 août, met fin au conflit avec le Japon qui sort grand vainqueur de la guerre ; il récupère le sud de Sakhaline, le Liao-Toung et Port-Arthur, le chemin de fer de Mandchourie. Celle-ci est évacuée par les Russes et les Japonais voient reconnaître leur protectorat sur la Corée. Ce traité donne un coup d’arrêt aux ambitions russes en direction de la Chine. Alors qu’en octobre une grève générale paralyse une bonne partie du pays et qu’un Soviet se constitue à Saint Pétersbourg, l’opposition libérale se constitue en parti constitutionnel démocrate (KD ou « cadet ») ; le 17 octobre (calendrier julien), Nicolas II promet une constitution garantissant les libertés fondamentales et instituant une Douma d’Empire (un Parlement) élue par tous les contribuables âgés de vingt-cinq ans. Faute d’un parti révolutionnaire suffisamment puissant et organisé, l’agitation se calme après qu’un ultime mouvement insurrectionnel a été réprimé à Moscou en décembre.

1906 : Première Douma, composée d’une majorité de notables libéraux (27 avril – 8 juillet). Elle est dissoute quand elle réclame que les ministres soient responsables devant elle. Réforme de Stolypine (9 novembre) autorisant les paysans à quitter la communauté rurale traditionnelle.

1907 : Deuxième Douma (20 février-2 juin). Elle est dissoute quand elle réclame le suffrage universel.

Août : Accord anglo-russe à propos de l’Iran et de l’Afghanistan.

Troisième Douma (1er novembre 1907 – 9 juin 1912) Élue après une modification du code électoral favorable aux propriétaires ruraux, elle est surnommée la « Douma des Seigneurs » et dure les cinq ans de son mandat.

1908 : L’annexion de la Bosnie-Herzégovine par l’Autriche – qui avait reçu en 1878, pour trente ans, l’administration « provisoire » de ce territoire – constitue pour la Russie, trois ans après la défaite subie face au Japon, une humiliation supplémentaire dans la mesure où elle n’a rien pu faire en faveur de son allié serbe. Demeurée ensuite passive lors des guerres balkaniques de 1912 et 1913, elle sera contrainte – si elle ne veut pas perdre tout son crédit auprès des nations slaves et orthodoxes des Balkans – d’intervenir dans la crise déclenchée à l’été de 1914 par l’assassinat de Sarajevo.

1910 : Une loi confirme l’oukaze de 1906 relatif à la réforme agraire. Stolypine veut encourager la formation d’une petite paysannerie propriétaire, dominante socialement et politiquement, dont il espère qu’elle fournira à terme une majorité électorale suffisamment large au régime tsariste.

1911 : Assassinat de Stolypine à Kiev (18 septembre).

1912 : Massacre de la Léna, la troupe tire sur des ouvriers grévistes. Parution à Prague du premier numéro de la Pravda, le journal du parti bolchevik.

Quatrième Douma (15 novembre 1912 – 25 février 1917). L’opposition y est majoritaire.

1913 : Procès Beyliss à Kiev. Un Juif accusé d’un meurtre rituel est acquitté. L’antisémitisme est alors très virulent dans l’Empire où des groupes nationalistes, les « centuries noires », ont organisé plusieurs pogroms en Ukraine et en Biélorussie.

1914 : En décrétant le 30 juillet la mobilisation générale russe, qui va mettre en mouvement l’engrenage des mobilisations générales, le tsar transforme la crise austro-serbe en crise européenne. L’Allemagne puis l’Autriche-Hongrie déclarent la guerre à la Russie les Ier et 6 août. Défaites des généraux Samsonov et Rennenkampf à Tannenberg et aux Lacs Mazuriques.

1915 : Défaites d’Augustovo. Les Russes doivent évacuer Galicie et Pologne.

Août : L’opposition s’organise à la Douma.

1916 : Offensive Broussilov (juin) ; elle demeure sans lendemains.

Assassinat de Raspoutine (17 décembre).

1917 : Révolution de février (selon le calendrier julien). Abdication du tsar (3 mars).

 

Février 1917 : La révolution éclate à Petrograd. Le rationnement du pain (16 février), la grève de l’usine Poutilov (18 février), celle des transports urbains (24 février) et la répression engagée le 26 conduisent le tsar à dissoudre la Douma le 27 alors que se constitue le même jour le Soviet (conseil révolutionnaire d’ouvriers et de soldats mutinés) de Petrograd. Alexandre Kerensky, l’un des leaders de l’opposition, réagit le 28 en constituant un Comité provisoire de la Douma qui se transforme en gouvernement provisoire le 2 mars quand on annonce l’abdication du tsar et quand on apprend le refus du grand-duc Michel d’assumer la régence. Les difficultés nées de la guerre, les fragilités de l’économie russe, le discrédit dans l’aristocratie de la famille impériale qui se voit reprocher les faveurs accordées à Raspoutine, les rigueurs de la vie quotidienne expliquent cette explosion révolutionnaire qui apparaît largement spontanée. Le gouvernement provisoire présidé par le prince Lvov prévoit pour la fin octobre des élections permettant de désigner une Assemblée constituante. L’octroi des libertés fondamentales et l’amnistie pour les condamnés et les exilés politiques créent un paysage politique nouveau. Dans un premier temps, le gouvernement provisoire et les soviets qui se forment partout en Russie ne s’opposent pas et la Russie continue la lutte contre les Empires centraux au sein de l’Entente. 3 avril 1917 : Retour de Lénine à Petrograd. Le chef du courant bolchevik, qui est alors à peu près inconnu et ne dispose que de quelques milliers de militants, se prononce d’emblée pour « la paix immédiate » et pour le transfert de « tout le pouvoir aux soviets ». Il est en effet convaincu qu’une Assemblée constituante élue au suffrage universel ne peut conduire à la révolution sociale radicale qu’il appelle de ses vœux alors que la « minorité agissante » bolchevique peut espérer prendre le contrôle des soviets.

5 mai – 7 juillet 1917 : Second gouvernement provisoire. Il brise, les 4 et 5 juillet, l’insurrection populaire déclenchée par les marins de Cronstadt et profite de l’événement pour réprimer les menées bolcheviques. Lénine et Staline doivent passer dans la clandestinité. Le prince Lvov démissionne et laisse à Kerensky la direction du gouvernement provisoire.

25 au 25 août 1917 : Échec de la tentative de putsch militaire du général Kornilov. Les bolcheviks sont alors en situation de reprendre l’initiative et Trotski, rentré en Russie en mai puis emprisonné en juillet, est élu, après avoir été libéré et avoir pris la tête de la résistance au coup d’État, président du Soviet de Petrograd le 25 septembre.

24 au 24 octobre 1917 : Insurrection bolchevique à Petrograd. Elle est déclenchée avant les élections à la Constituante et au moment où se réunit dans la capitale un Congrès panrusse des Soviets qui pourra donner une caution « nationale » au coup de force. Alors que les bolcheviks s’emparent aisément de Petrograd mais maîtrisent plus difficilement la situation à Moscou, Lénine fait entériner par le Congrès des Soviets les décrets sur la paix et sur la terre. Un nouveau gouvernement provisoire exclusivement bolchevique est constitué sous le nom de conseil des commissaires du peuple. Il est présidé par Lénine et Trotski se voit confier les affaires étrangères. Dès le 15 décembre, un armistice est conclu avec les puissances centrales à Brest-Litovsk où la paix sera signée le 3 mars 1918, après que les Allemands auront repris l’offensive le 18 février.

7 décembre 1917 : Création de la Tchéka, la police politique du nouveau régime. Elle sera, sous les ordres de Djerzinski, l’instrument de la terreur révolutionnaire.

À partir de janvier 1918, la nouvelle Russie soviétique adopte le calendrier grégorien et abandonne le calendrier julien de la tradition orthodoxe.

5 janvier 1918 : Réunion et dissolution immédiate de l’Assemblée constituante élue deux mois plus tôt.

21 janvier 1918 : Annulation des emprunts contractés par l’ancien régime tsariste.

27 février 1918 : Création de l’Armée rouge.

7 mars 1918 : Le VIIe Congrès du parti bolchevik le transforme en Parti communiste.

12 mars 1918 : Le gouvernement s’installe à Moscou.

17 juillet 1918 : Assassinat de la famille impériale à Iekaterinenburg.

19 juillet 1918 : Promulgation de la première constitution soviétique qui donne à la « classe ouvrière » un poids électoral cinq fois supérieur à celui de la paysannerie.

Été 1918 : Les bolcheviks éliminent leurs anciens alliés socialistes-révolutionnaires qui se sont dressés contre eux à partir du mois de juillet. C’est durant cette période que se met en place le « communisme de guerre » impliquant la nationalisation de tous les secteurs de l’économie et la généralisation des réquisitions.

2 août 1918 : Les Anglais occupent Arkhangelsk sur la mer Blanche.

25 octobre 1918 : Note alliée aux États neutres organisant le blocus de la Russie qui s’enfonce dans la guerre civile opposant l’Armée Rouge organisée par Trotski aux Armées blanches contre-révolutionnaires.

8 novembre 1918 : Le pouvoir bolchevik dénonce le traité de Brest-Litovsk.

22 janvier 1919 : La conférence organisée dans l’île des Princes, en mer de Marmara, ne permet pas de réconcilier Rouges et Blancs.

2-6 mars 1919 : Lénine constitue à Moscou la IIIe Internationale qui, dirigée par le Komintern, doit rassembler tous les partis socialistes se reconnaissant dans la révolution bolchevique et devenir ainsi l’instrument de la révolution mondiale que les dirigeants soviétiques croient alors imminente.

Avril 1919 : L’Armée blanche de l’amiral Koltchak venue de Sibérie est vaincue sur la Volga et son chef sera fusillé à Irkoutsk en février 1920.

Octobre 1919 : L’Armée blanche du général Denikine est stoppée à Voronej.

Octobre-décembre 1919 : Le général blanc Youdénitch ne parvient pas à s’emparer de Petrograd.

16 janvier 1920 : Les puissances alliées – Anglais et Français – lèvent le blocus imposé à la Russie bolchevique face à laquelle elles organisent en Europe orientale un « cordon sanitaire » d’États chargés de contenir la poussée révolutionnaire.

Avril 1920 : Offensive en Ukraine de l’Armée blanche de Wrangel, combinée avec le déclenchement de la guerre russo-polonaise.

7 mai 1920 : Prise de Kiev par les Polonais, suivie par une contre-offensive soviétique conduite par Toukhatchevsky et Boudienny qui n’est arrêtée que devant Varsovie le 15 août, grâce à l’intervention de la mission militaire française conduite par le général Weygand.

1er septembre 1920 : Le congrès international de Bakou appelle l’Asie à s’engager à son tour dans la révolution.

Septembre-décembre 1920 : L’Azerbaïdjan, puis l’Ukraine se joignent à la République Fédérative des Soviets de Russie. En 1921, la Biélorussie (en janvier), la Géorgie (en mai) et l’Arménie (en décembre) se joignent à leur tour à la Russie. C’est en fait l’intervention de l’Armée rouge, venue appuyer l’action des bolcheviks locaux, qui met fin à la Fédération de Transcaucasie née des espoirs d’indépendance suscités par le décret des nationalités du 2 novembre 1917.

2-17 mars 1921 : La révolte des marins de Cronstadt contre le régime est écrasée par Trotski. Au cours des mois suivants, l’Armée rouge purge l’Ukraine des bandes anarchistes de Makhno. Dans le même temps, Lénine lance lors du Xe Congrès du Parti (8-16 mars) la NEP (Nouvelle Politique économique) qui organise la coexistence entre secteur nationalisé et planification d’une part et la privatisation d’un certain nombre d’activités d’autre part (dans l’agriculture et le commerce). Alors que le bilan de la guerre et du communisme de guerre était catastrophique – la production russe de 1921 égale un septième de celle de 1913 – la reconstruction et le dynamisme du secteur privatisé font que le pays rattrape le niveau de production de 1913 dès 1925.

28 mars 1921 : Le traité de Riga fixe les frontières du nouvel État polonais et de la Russie soviétique.

6 février 1922 : La Tchéka devient la Guépéou (GPU).

26 février 1922 : Confiscation des biens d’Église. Lancement d’une campagne violemment antireligieuse.

3 avril 1922 : Staline devient secrétaire général du Parti.

16 avril 1922 : Traité germano-soviétique de Rapallo. Il s’agit d’un pacte de non-agression complété d’accords secrets permettant de tourner le désarmement imposé à l’Allemagne.

Octobre 1922 : Les Japonais qui s’étaient avancés jusqu’au lac Baïkal – ce qui avait entraîné le débarquement d’un petit corps expéditionnaire américain à Vladivostok – évacuent la Sibérie orientale.

30 décembre 1922 : Naissance de l’Union des républiques socialistes soviétiques.

21 janvier 1924 : Mort de Lénine.

1925 : Trotski est exclu du gouvernement. La même année, le cinéaste Eisenstein réalise Le Cuirassé Potemkine et le poète Essenine se suicide.

1927 : Trotski et Zinoviev sont exclus du Parti.

Mai 1928 : Trotski est exilé à Alma-Ata. Il dénonce « la dégénérescence bureaucratique de l’État ouvrier » et se fait le champion d’une « révolution permanente » à vocation immédiatement universelle alors que Staline, au nom du réalisme et de la consolidation des acquis d’octobre, défend l’idée du « socialisme dans un seul pays » proclamée en décembre 1924.

Octobre 1928 – décembre 1932 : Mise en œuvre du premier plan quinquennal.

Janvier 1929 : Trotski est exilé d’URSS.

Automne 1929 : Début de la collectivisation forcée de l’agriculture et de l’élimination des koulaks, les petits paysans propriétaires.

Avril 1930 : Suicide du poète Maiakovski.

Juin 1930 : Création d’une administration spéciale des camps (Goulag) au sein du GPU.

Décembre 1932 : Introduction de l’obligation du passeport intérieur pour les citoyens soviétiques.

1932-1934 : Famine en Ukraine et dans le bassin méridional de la Volga. Elle fait cinq millions de victimes.

1933-1937 : Deuxième plan quinquennal. Les résultats annoncés sont spectaculaires, notamment dans le domaine de l’énergie, des infrastructures et de l’industrie lourde qui sont les priorités affichées du régime. Celui-ci entend alors « bâtir le socialisme dans un seul pays » avant de reprendre l’offensive pour la réalisation de la révolution mondiale après l’échec enregistré au cours de la période 1917-1921.

Juillet 1934 : Le GPU devient le NKVD.

18 septembre 1934 : L’URSS devient membre de la Société des Nations.

1er décembre 1934 : Assassinat de Kirov, responsable du parti à Petrograd. Il va fournir à Staline le prétexte des grandes purges.

Août 1935 : Début des campagnes « stakhanovistes » de mobilisation des travailleurs, du nom d’un ouvrier qui avait établi des normes de rendement exceptionnelles. (Il s’est avéré ultérieurement que toute cette campagne relevait de la simple propagande.)

Août 1936 : Premier procès de Moscou dont sont victimes Kamenev, Zinoviev et quatorze autres inculpés.

5 décembre 1936 : Promulgation de la troisième constitution soviétique.

Janvier 1937 : Deuxième procès de Moscou dont sont victimes, entre autres, Piatakov et Radek.

Mi-juin 1937 : Nouveau procès de Moscou visant principalement les militaires. Une épuration de grande ampleur aboutit à la liquidation de la moitié du commandement supérieur soviétique, Toukhatchevski étant la victime la plus célèbre.

Mars 1938 : Troisième procès de Moscou, qui aboutit à l’exécution de Boukharine, Rykov et Iagoda.

Décembre 1938 : Béria accède à la direction du NKVD.

1938-1941 : Le troisième plan quinquennal qui devait aboutir à la « réalisation du socialisme » voit sa mise en œuvre interrompue par la guerre.

23 août 1939 : Pacte germano-soviétique.

Septembre 1939 : Allemagne et URSS se partagent la Pologne.

Novembre 1939 – mars 1940 : Guerre d’hiver russo-finlandaise. L’URSS reprend à la Finlande indépendante depuis 1917 l’isthme de Carélie.

Juin 1940 : L’URSS annexe les États baltes et la Bessarabie roumaine (l’actuelle Moldavie) comme le prévoyait le pacte germano-soviétique de l’année précédente.

20 août 1940 : Trotski est assassiné à Mexico par un agent de Staline.

22 juin 1941 : L’armée allemande envahit l’URSS en application du plan Barbarossa. Les Allemands s’emparent de l’Ukraine, poussent jusqu’à Leningrad qui subira trois ans de siège et sont finalement stoppés devant Moscou par l’hiver et par la contre-offensive de Joukov.

1942 : Après de nouveaux succès au sud du Don et jusqu’au Caucase, les Allemands ne parviennent pas à prendre Stalingrad sur la Volga et sont encerclés en novembre par la contre-offensive déclenchée par les Soviétiques.

2 février 1943 : La VIe Armée allemande de Paulus doit capituler à Stalingrad.

Juillet 1943 : L’échec de l’offensive allemande de Koursk décide du sort de la guerre à l’est.

Janvier-mai 1944 : Déportation des peuples du Caucase (dont les Tchetchènes) et des Tatars de Crimée.

Février 1945 : Conférence des trois Grands à Yalta, suivie en juillet-août de la conférence de Potsdam.

8 mai 1945 : L’armistice est signé à Berlin. L’URSS sort victorieuse de la seconde guerre mondiale, avec le rang de superpuissance que lui valent sa participation majeure au conflit et le souci de Roosevelt de l’associer à l’ONU et à la construction d’un nouvel ordre mondial mais le pays a terriblement souffert. Vingt millions de morts viennent s’ajouter aux victimes de la révolution, de la guerre civile, de la répression du monde paysan, de la famine ukrainienne et de la terreur de masse qui frappe l’ensemble de la population dans les années trente ; toute la Russie d’Europe et l’Ukraine sont ravagées.

1946-1950 : Réalisation du quatrième plan quinquennal.

1947 : Début de la guerre froide, marquée l’année suivante par le coup de Prague et le début du blocus de Berlin.

Septembre 1949 : L’URSS annonce l’explosion de sa première bombe atomique.

5 mars 1953 : Mort de Staline. Béria est écarté en juillet et c’est Khrouchtchev qui s’impose comme premier secrétaire du parti en septembre.

1954 : Création du KGB.

1955 : Malenkov est écarté et c’est le tandem Boulganine-Khrouchtchev qui dirige le pays. Ils se rendent en visite en Yougoslavie pour renouer avec Tito excommunié par Staline en 1948.

Février 1956 : Le rapport Khrouchtchev présenté devant le XXe Congrès du Parti Communiste d’Union soviétique dénonce les crimes de Staline.

Octobre 1956 : Les Soviétiques interviennent à Budapest pour briser la révolution hongroise.

4 octobre 1957 : Les Soviétiques mettent en orbite Spoutnik, le premier satellite artificiel. Ce qui signifie qu’ils disposent de fusées balistiques en mesure de parcourir des trajectoires intercontinentales et de menacer directement le territoire américain, ce qui engendre une parité stratégique nouvelle entre les deux Grands.

Août 1961 : Construction du mur de Berlin. L’Europe est plus que jamais divisée entre les deux blocs.

Octobre 1962 : Crise américano-soviétique majeure à propos du déploiement des missiles soviétiques à Cuba. Kennedy obtient leur retrait mais doit faire des concessions comparables à propos des missiles américains déployés en Turquie et en Iran.

Juillet 1963 : Rupture des relations sino-soviétiques. Mao Tsé Toung fait de la surenchère « anti-impérialiste ».

14 octobre 1964 : Khrouchtchev est écarté du pouvoir et remplacé par Leonid Brejnev.

Août 1968 : Intervention soviétique en Tchécoslovaquie.

Mars 1969 : Combats entre Chinois et Soviétiques sur la frontière de l’Oussouri.

Mai 1972 Signature à Moscou des accords soviéto-américains SALT I relatifs à la limitation des armements stratégiques.

1973 : Publication en Occident de L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenytsine qui révèle la réalité de l’univers concentrationnaire soviétique. L’image de la « patrie du socialisme » en sort ébranlée en Occident, ce que confirme la répression engagée contre les dissidents.

1975 : Les Soviétiques obtiennent avec les accords d’Helsinki, la confirmation des frontières issues en Europe de la seconde guerre mondiale. L’URSS atteint alors à son maximum de puissance militaire d’autant qu’elle s’est dotée, grâce à l’amiral Gorchkov, d’une flotte désormais présente sur toutes les mers du globe.

7 octobre 1977 : Adoption de la quatrième constitution soviétique.

Décembre 1979 : Intervention soviétique en Afghanistan. Réalisée à l’origine pour soutenir une tendance communiste contre une autre, elle débouche sur une révolte généralisée au nom de la guerre sainte musulmane contre l’envahisseur étranger et athée. Le soutien apporté aux moudjahiddines – proclamés « combattants de la liberté » par le président Reagan – par le Pakistan, les USA, l’Arabie séoudite et de nombreux pays musulmans aboutit à l’enlisement des Soviétiques.

1979 : Le recensement donne à l’URSS 263 millions d’habitants. Après l’éclatement de l’État soviétique qui interviendra en 1991, la Fédération de Russie ne conservera que moins de 160 millions d’habitants et sera confrontée à une crise démographique majeure – effondrement de la natalité due à la crise économique et à la baisse du niveau de vie, baisse très sensible de l’espérance de vie, progrès inquiétants de la mortalité infantile…

Été 1980 : Les USA et leurs alliés boycottent les Jeux olympiques de Moscou pour protester contre l’intervention en Afghanistan.

Novembre 1982 : Mort de Leonid Brejnev qui est remplacé par Youri Andropov.

1983 : L’année est marquée par la montée des tensions entre l’Est et l’Ouest. En réponse au déploiement des missiles SS20 soviétiques à moyenne portée face à l’Europe occidentale, les Américains y installent les fusées Pershing II et les missiles de croisière Tomahawk capables de menacer l’URSS de frappes nucléaires chirurgicales alors que le territoire américain, plus lointain, ne pourrait en contrepartie être atteint que par des frappes stratégiques donnant d’emblée à un éventuel conflit une dimension toute différente. Cette crise des euromissiles se termine sur un échec incontestable des Soviétiques, contraints d’accepter le fait accompli.

Février 1984 : Andropov meurt et est remplacé par Tchernenko.

10 mars 1985 : Mort de Tchernenko qui est remplacé par Mikhaïl Gorbatchev dès le 11. Celui-ci représente une nouvelle génération de dirigeants conscients des retards structurels accumulés par l’URSS et convaincus que celle-ci ne pourra soutenir la nouvelle course aux armements lancée par le président américain Reagan avec le projet de bouclier spatial (initiative de Défense Stratégique dite « guerre des étoiles » dans le public). Gorbatchev fait donc le choix d’une détente rapide avec l’Ouest, marquée par l’évacuation des Soviétiques d’Afghanistan en 1987 et par des mesures unilatérales de réduction des forces conventionnelles en Europe centrale qui conduisent les Américains à négocier ensuite le démantèlement des armes de portée intermédiaire et la réduction des armements stratégiques (accords START).

25 avril 1986 : La catastrophe nucléaire de Tchernobyl est un révélateur de la faillite du système soviétique.

19 décembre 1986 : Le dissident Andrei Sakharov, en résidence surveillée en province, est autorisé à regagner Moscou. Les dissidents emprisonnés sont progressivement libérés.

1987 : Glasnost, « transparence » et Perestroika, « restructuration », s’imposent comme les deux mots clés du nouveau cours que connaît la politique soviétique. Ce qui vaut une popularité certaine à M. Gorbatchev dans les pays occidentaux, alors que certains dirigeants du bloc socialiste apparaissent beaucoup plus réservés à propos du nouveau dirigeant du Kremlin.

Avril 1988 : Accord de paix sur l’Afghanistan d’où l’URSS s’engage à retirer toutes ses troupes avant 1989.

Octobre 1988 : M. Gorbatchev ajoute à sa fonction de secrétaire général du Parti celle de chef de l’État. La situation se détériore au Caucase où Arméniens et Azéris s’affrontent pour le contrôle de la région du Haut Karabagh.

1989 : Gorbatchev doit compter avec le développement de l’agitation dans les pays Baltes mais, surtout, avec l’effondrement des « démocraties populaires » d’Europe de l’Est. Après la Pologne et la Hongrie, l’Allemagne de l’Est est touchée à son tour par la contestation et, le 9 novembre, la chute du mur de Berlin ouvre la voie de la réunification allemande, acquise dès l’année suivante. À Prague, la « révolution de velours » entraîne la chute du régime alors que Ceausescu est renversé et exécuté à Bucarest. En URSS, la poursuite des réformes installe progressivement les conditions de la démocratie politique mais la transformation de l’appareil productif demeure très insuffisante.

3 décembre 1990 : Le Parlement de Russie vote une loi sur la propriété privée qui rompt avec sept décennies de communisme.

19 au 21 août 1991 : Échec d’un coup d’État « conservateur » à Moscou. Quelques jours plus tard, les parlementaires suspendent l’activité du Parti communiste.

8 décembre 1991 : La Russie, l’Ukraine et la Biélorussie constituent, à l’initiative du président de Russie Boris Eltsine, la Communauté des États indépendants (CEI). Gorbatchev se retrouve ainsi privé de fait de son titre de président de l’URSS. Le 21 décembre, à Alma-Ata, la CEI regroupe les anciennes républiques soviétiques, à l’exception des trois États baltes et de la Géorgie. La fin de l’Union soviétique est officiellement proclamée le 25 décembre.

 

14 juin 1992 : Le Parlement russe adopte une loi sur la privatisation des entreprises. En décembre, Egor Gaïdar, ministre réformateur, est remplacé par Victor Tchernomyrdine. 3 janvier 1993: Signature du traité Start II de réduction des armements nucléaires stratégiques entre les USA et la CEI 25 avril 1993: 58% des votants accordent leur confiance au président Eltsine lors d'un référendum Septembre 1993 : Le pouvoir exécutif (Eltsine) et les députés s’opposent violemment. L’assaut lancé le 4 octobre contre le Parlement par les forces d’Eltsine aboutit à l’arrestation des opposants, le général Routskoï et Rouslan Khasboulatov. Eltsine sort victorieux de la crise et annonce des élections pour le mois de décembre. Celles-ci ne lui sont pas aussi favorables qu’il l’escomptait. Les électeurs approuvent son projet de constitution qui renforce notablement les pouvoirs présidentiels mais les élections législatives sont moins heureuses et la liste Choix de la Russie est battue dans plusieurs régions, alors que l’on constate une percée importante du courant ultranationaliste de Wladimir Jirinovski.

1994 : Le gouvernement de Viktor Tchernomyrdine peine à rétablir la situation économique alors que débute l’intervention militaire en Tchétchénie(en décembre).

Le 22 juin Moscou et l'OTAN signent à Bruxelles un accord-cadre de "partenariat pour la paix" A la fin août les dernières troupes russes évacuent l'Allemagne et les pays baltes.

Juin 1995 : Boris Eltsine obtient, lors du sommet réuni à Halifax, que le G7 accueille désormais la Russie. Dans le même temps, les Tchétchènes poussent leurs actions et leurs prises d’otages en territoire russe.

Décembre 1995 : Les élections législatives voient les communistes de Guennadi Ziouganov obtenir 22 % des voix. Ils constituent ainsi le premier parti de la Douma. Les ultra-nationalistes de Jirinovski sont en deuxième position avec 11 % des voix. Ces résultats témoignent du désarroi d’un électorat confronté à la crise économique et à une précarité sociale de plus en plus insupportable alors que prospèrent les mafias et la corruption.

3 juillet 1996 : Boris Eltsine est réélu président avec 53,5 % des suffrages, contre son adversaire communiste Ziouganov, qui en obtient 40,5 %.

12 mai 1997 : Accord de paix entre la Russie et la Tchétchénie.

17 juillet 1998 : Les restes de la famille impériale sont inhumés solennellement dans la cathédrale de la forteresse Pierre et Paul à Saint-Pétersbourg.

13 août 1998 : La Bourse de Moscou est fermée en raison de la situation économique du pays. L’endettement est colossal et l’inflation énorme. La Russie apparaît plus que jamais dépendante des crédits étrangers.Le rouble est dévalué le 17 août. Le 11 septembre, Evgueni Primakov est nommé premier ministre

Septembre 1999 : De sanglants attentats perpétrés à Moscou sont attribués aux Tchétchènes et relancent la lutte dans la république caucasienne où Groszny est violemment bombardée.

Décembre 1999 : Le dauphin désigné de Boris Eltsine, Wladimir Poutine,nommé premier ministre par interim en août, remporte les élections avec le Parti de l’Unité. Les communistes demeurent le premier parti de la Douma mais ne sont plus en mesure de constituer une majorité. Fatigué et malade, Eltsine se retire le 31 décembre, six mois avant la fin de son mandat et laisse la place à Poutine qui verra les électeurs le confirmer à son poste au mois de mars suivant.

 

6 février 2000: W. Poutine annonce que "l'opération de libération de Grozny" est terminée. Il est élu président le 26 mars avec près de 53% des suffrages. Le 13 mai, la Russie est divisée en sept districts fédéraux dirigés par des superpréfets choisis par Wladimir Poutine. 12 août 2000: Naufrage accidentel du sous-marin nucléaire Koursk en mer de Barentz 16 juillet 2001:La Russie et la Chine concluent à Moscou un traité d'amitié et de coopération 11 septembre 2001: W. Poutine condamne les attentats qui ont frappé New York et offre son aide aux Américains pour lutter contre le terrorisme 13 décembre 2001: George W. Bush annonce que les USA se retirent unilatéralement du traité antimissiles balistiques (ABM) signé par Moscou et Washington en 1972 26 juin 2002: La Russie devient membre de plein droit du G8 qu'elle avait formellement intégré en 1997 25 octobre 2003: Arrestation de l'oligarque Mikhaïl Khodorkovski, pdg du groupe pétrolier Ioukos, qui s'apprêtait à négocier sa cession à une firme américaine. 14 mars 2004: W. Poutine est réélu à la tête de l'Etat avec 71,2% des suffrages 3 septembre 2004: La prise d'otages perpétrée par des terroristes tchétchènes dans une école de Beslan en Ossétie du Nord se solde par la mort de plus de 300 personnes, en majorité des enfants 14 octobre 2004: Moscou et Pékin signent un accord mettant fin aux contentieux relatifs à la délimitation de leurs frontières en Extrême Orient 1er décembre 2004: Une réforme constitutionnelle renforce les pouvoirs présidentiels au détriment des gouverneurs régionaux 3 février 2005: Le FMI annonce que la Russie a fini de rembourser ses dettes 25 avril 2005: Dans un discours à la Douma, Poutine affirme que la disparition de l'URSS a été la plus grande catastrophe géopolitique du XXème siècle 4 mars 2006: Ramzan Kadyrov, soutenu par W. Poutine, devient premier ministre en Tchetchénie où il sera élu président l'année suivante. Le 10 juillet, le chef terroriste tchetchène Chamil Bassaev est tué en Ingouchie 14 juillet 2007: En réponse au projet américain de déployer un bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque, la Russie suspend sa participation au traité sur la réduction des forces conventionnelles en Europe, signé en 1990 10 décembre 2007: Poutine annonce qu'il soutiendra Medvedev, premier vice premier ministre depuis novembre 2005, pour l'élection présidentielle de l'année suivante 2 mars 2008: Medvedev est élu président dès le premier tour, avec plus de 70% des suffrages et il nomme Poutine premier ministre le 8 mai 7-26 août: Crise russo-géorgienne en Ossétie du sud 17 septembre 2009: Obama annonce l'abandon du projet de bouclier antimissile en Europe de l'Est 8 avril 2010: Signature à Prague d'un nouveau traité de réduction des armements stratégiques entre les présidents russe et américain 21 mai 2010: L'Ukraine renouvelle pour vingt-cinq ans, en contrepartie d'un accord gazier, le bail de location de la base navale russe de Sébastopol 24 septembre 2011: Poutine annonce sa candidature à l'élection présidentielle et demande à Medvedev d'être son futur premier ministre 9 novembre 2011: La Russie et la Géorgie trouvent un compromis frontalier à propos de l'Abkhazie et de l'Ossétie du sud, ce qui ouvre la voie à l'entrée de Moscou dans l'Organisation Mondiale du Commerce, qui sera effective en août 2012 Décembre 2011: La victoire du parti Russie Unie, qui soutient le gouvernement, aux élections législatives entraîne un mouvement de contestation populaire contre les irrégularités supposées du scrutin. 4 mars 2012: Poutine remporte l'élection présidentielle dès le premier tour du scrutin avec 63,6% des suffrages. Il nomme Medvedev à la tête du gouvernement. 21 novembre 2012: Une loi oblige les organisations non gouvernementales recevant des fonds de l'étranger et ayant des activités politiques à se faire enregistrer comme "agents de l'étranger" 30 juin 2013: Lois punissant la propagande homosexuelle en direction des mineurs et réprimant les offenses au sentiment religieux 14 septembre 2013: Moscou et Washington s'accordent sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien, ce qui permet d'éviter une intervention militaire américaine, soutenue par les auxiliaires européens de Washington 7-23 février 2014: Succès des Jeux Olympiques d'Hiver de Sotchi 22 février 2014: L'émeute kiévienne de la place Maïdan entraine la chute du président ukrainien Viktor Ianoukovitch qui avait décidé de préférer l'Union Eurasienne mise en place par la Russie à l'Union Européenne. Dénonçant le "coup d'Etat" de Kiev et soucieuse de défendre les populations russophones de l'Ukraine, les Russes s'installent en Crimée où le référendum du 16 mars décide (96,7% de oui) du rattachement de la péninsule à la Russie. Les Etats-Unis et l'Union Européenne adoptent alors une série de sanctions économiques contre la Russie 11 mai 2014. Les insurgés pro russes de Donetsk et de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, organisent un référendum d'autodétermination approuvé par 90% des votants 29 mai 2014: Naissance de l'Union économique eurasiatique, qui réunit la Biélorussie, le Kazakhstan et la Russie 17 juillet 2014: Un avion de la Malaysian Airlines en provenance d'Amsterdam s'écrase dans l'est de l'Ukraine,. Kiev et Moscou s'accusent mutuellement d'avoir abattu l'appareil 1er septembre 2014: Début des travaux de construction, en Sibérie orientale, d'un gazoduc géant vers la Chine. L'année 2014 a vu un refroidissement très marqué des relations entre la Russie et les pays occidentaux, en raison des développements de la question ukrainienne. Les sanctions économiques et la chute des cours du pétrole peuvent affaiblir un temps l'économie russe mais il n'est guère probable qu'elles fassent reculer Wladimir Poutine, massivement soutenu par son opinion publique et bien décidé à faire front face à la volonté américaine de poursuivre le roll back de la Russie .
 
 
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