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Une transition difficile vers la modernité (1807-1974)

1807 : Le régent de Portugal Jean refuse l’adhésion au Blocus continental qu’entend lui imposer Napoléon. Cette perspective signifiait en effet la ruine économique du pays mais la France et l’Espagne n’attendaient que l’occasion de ce refus pour l’envahir. Par le traité de Fontainebleau conclu le 27 octobre 1807, l’Empereur des Français a promis à ses alliés espagnols de faire du roi d’Étrurie, petit-fils de Charles IV d’Espagne, le souverain d’un royaume de Lusitanie septentrionale, le premier ministre Godoy devenant pour sa part prince héréditaire de l’Alentejo et de l’Algarve, c’est-à-dire de tout le sud du pays. Jean ignorait ces clauses mais il n’en signa pas moins avec l’Angleterre un traité d’alliance par lequel son gouvernement se plaçait sous la protection de George III et prévoyait de se replier au Brésil en cas de d’invasion. Il s’engageait de plus à accorder à l’Angleterre dans cette colonie tous les avantages commerciaux que l’occupation du pays risquait de lui faire perdre au Portugal.


19 novembre 1807 : Les troupes françaises aux ordres de Junot franchissent la frontière portugaise et s’emparent le 24 d’Abrantès, origine du titre ducal que leur général recevra en 1809.


29 novembre 1807 : La famille royale quitte le Portugal et s’embarque pour le Brésil au moment de l’entrée de Junot à Lisbonne.


28 janvier 1808 : Rupture du pacte colonial avec l’ouverture du Brésil au commerce étranger, c‘est à dire, de fait, à celui de l’Angleterre.


Juin 1808 : Constitution à Porto d’une Junte provisoire fidèle à la maison de Bragance.


1er juillet 1808 : Les autorités d’occupation françaises décident la dissolution de la régence et la déchéance de la maison de Bragance. Junot devient gouverneur général du Portugal au nom de l’Empereur et commandant en chef de l’Armée française du Portugal. Les forces d’occupation sont rapidement confrontées à des mouvements d’insurrection populaire encouragés par le débarquement le 1er août à Figueira da Foz d’un corps expéditionnaire anglais de 8 000 hommes commandé par Sir Arthur Wellesley, le futur duc de Wellington.


21 août 1808 : Victoire de Wellesley à Vimeiro. Junot doit capituler à Cintra mais signe une convention qui lui permet de ramener par mer ses troupes à Rochefort et Quiberon.


Février 1809 : Commandant du 2e Corps de l’Armée d’Espagne, Soult envahit le Portugal où la population reproche aux souverains de l’avoir abandonnée et supporte mal l’occupation anglaise. Plus habile et plus diplomate que Junot, Soult se voit même proposer la couronne portugaise mais Napoléon le dissuade d’accepter.


Mai 1809 : Wellesley et le nouveau maréchal commandant l’armée royale portugaise nommé par le prince Jean, Sir William Carr Beresford, parviennent à chasser Soult du Portugal.


1811 : Nommé par Napoléon commandant en chef de l’Armée du Portugal, Masséna attaque Wellesley sur la ligne du Tage mais ses assauts sont repoussés à Torres Vedras et il doit se replier en Espagne en octobre. Le Portugal va désormais servir de base arrière aux Anglais pour poursuivre la lutte en Espagne.


1815 : Le Portugal doit rétrocéder à la France la Guyane conquise par le prince Jean.


1815 : Proclamation d’un « Royaume-Uni du Portugal, du Brésil et des Algarves ». L’état de santé de la reine et l’intérêt porté au Brésil par le prince régnant font qu’ils ne rentrent pas immédiatement au Portugal une fois terminées les guerres de l’Empire. Le gouvernement est alors exercé à Lisbonne par une junte à laquelle le prince a délégué ses pouvoirs.


1816 : Mort de la reine Marie. Le prince Jean, devenu roi, nomme régent jusqu’à son retour en Europe le maréchal Beresford.


1816-1826 : Règne de Jean VI.


1817 : Une conspiration libérale organisée dans l’armée métropolitaine est sévèrement réprimée.


Août-septembre 1820 : Révolution libérale à Porto et Lisbonne.


Juillet 1821 : Jean VI regagne le Portugal (comme il s’y est engagé le 24 février précédent quand il a déclaré qu’il accepterait toute constitution établie par les Cortes formées à Lisbonne) en laissant son fils Pierre au Brésil avec le titre de régent. Il craint, dans le contexte de la révolution libérale qui l’a emporté en Espagne en 1820, d’être déposé par les Cortes de Lisbonne, qui ont aboli les privilèges d’ancien régime et le système seigneurial.


1821 : Révolte des Brésiliens mécontents du départ du roi.


1er août 1822 : Le Brésil se déclare indépendant du Portugal.


Août 1822 : Les Cortes portugaises adoptent un texte constitutionnel jugé « jacobin » par ses adversaires ; il donne la primauté au pouvoir législatif et institue le suffrage universel.


7 septembre 1822 : Les Brésiliens nomment le prince Pierre, fils de Jean VI, « prince régent constitutionnel et défenseur perpétuel du Brésil ».


12 octobre 1822 : Les Chambres brésiliennes décrètent que le Brésil est devenu un empire dont l’empereur est le régent Pierre, sous le nom de Pierre Ier (dom Pedro Ier).


27 mai 1823 : Sous l’influence de la reine et de son fils dom Miguel, Jean VI abolit la constitution de 1822 ; c’est la même année qu’une expédition française conduite par le duc d’Angoulême, la « croisade des fils de saint Louis », vient rétablir l’absolutisme de Ferdinand VII dans l’Espagne voisine.


30 avril 1824 : Dom Miguel prend le pouvoir en s’appuyant sur l’armée et retient son père captif dans son palais


9 mai 1824 : Le roi Jean VI est libéré sur intervention de l’ambassadeur britannique. Il reprend le pouvoir, exile la reine qui a encouragé dom Miguel et éloigne celui-ci. Il charge une junte de la rédaction d’une charte constitutionnelle. Par testament, il écarte dom Miguel de la couronne et confie à sa fille Isabelle Marie la régence ainsi que le pouvoir de désigner « son héritier légitime » pour accéder au trône. Dans l’esprit du roi, il s’agissait de son autre fils, l’empereur du Brésil, ce qui aurait permis de rétablir l’union de la métropole avec sa riche colonie.


Mars-mai 1826 : Règne de Pierre IV, roi de Portugal et empereur du Brésil (sous le nom de Pierre Ier). Nommé roi par sa sœur – la régente Isabelle-Marie – à la mort de leur père, il renonce au bout de deux mois au trône portugais en faveur de sa fille aînée Marie (2 mai 1826). Celle-ci n’a que sept ans et se voit placée sous la régence de dom Miguel.


Juillet 1826 : La charte constitutionnelle proposée par Pierre IV est acceptée mais divise profondément l’opinion et la société portugaises entre libéraux « constitutionnels » d’une part et tenants de la monarchie traditionnelle d’autre part, une fracture analogue à celle qui opposera en Espagne libéraux et carlistes.


22 février 1828 : Le régent Miguel – qui incarne alors, contre les interventions de l’Angleterre dans la vie du pays, le sentiment patriotique portugais – rentre à Lisbonne et prête initialement serment à la charte constitutionnelle mais, dès le 28 juin, il décide de se proclamer roi et de déchoir Marie demeurée au Brésil. Deux jours plus tard, il rétablit la monarchie absolue. Le navire qui amenait Marie au Portugal est alors détourné vers l‘Angleterre où des Portugais loyalistes dirigés par l’ambassadeur à Londres Palmela l’accueillent et l’assurent de leur appui. Elle repart au Brésil en 1829 et son père établit aux Açores hostiles à Miguel une régence dirigée par le gouverneur de l’archipel.


7 avril 1831 : Pierre Ier abdique au Brésil en faveur de son fils et, prenant le titre de duc de Bragance, rentre en Europe pour rétablir sa fille sur le trône de Lisbonne, avec l’appui décisif de l’Angleterre et de la France de Louis-Philippe. (Dom Miguel n’a pas reconnu la Monarchie de Juillet née de l’émeute de 1830.) Le nouvel empereur du Brésil, Pierre II gouvernera ce pays jusqu’en 1889 – il abdiquera le 7 décembre et le général La Fonseca instituera l’État brésilien en république fédérale dont la constitution sera reconnue par un vote au suffrage universel le 15 novembre 1890.


26 juin 1832 : Pierre débarque des troupes à Porto et bat celles des miguelistes mais celles-ci se reprennent et bloquent ensuite pendant deux ans leurs adversaires dans le nord du pays.


28 juillet 1832 : Le comte de Villaflor, l’un des lieutenants de Pierre IV s’empare de Lisbonne où le roi fait son entrée le 24 juillet 1833


16 mai 1834 : Les miguelistes sont définitivement battus à Asseiceira ; par la convention d’Evora du 26 mai dom Miguel reconnaît sa défaite et part pour l‘exil ; il mourra en 1866 en Autriche. La personnalité réelle de ce prince n’a guère à voir avec la caricature qu’en présenta à l’époque la propagande des libéraux stipendiés par une Angleterre soucieuse de faire du Portugal un quasi protectorat. Nul fanatisme en effet chez ce souverain traditionnel attaché au petit peuple qui lui voua un véritable culte et consentit pour sa cause de lourds sacrifices.


1834-1853 : Deuxième partie du règne de Marie II rétablie sur le trône le 26 mai 1834. Son père exerce officiellement la régence en attendant son retour du 23 août au 12 septembre 1834. Il tente de remédier à la crise financière en dispersant les congrégations et en confisquant leurs biens. La reine vient à peine de rejoindre Lisbonne pour y être couronnée que son père meurt le 24 septembre 1834.


29 septembre 1834 : Mise en vigueur de la charte élaborée par Pierre IV en 1826, moins libérale que celle de 1822. Privé des ressources du Brésil, le Portugal ne dispose pas des moyens de s’engager dans la révolution industrielle ; la majorité des ruraux connaît des conditions de vie difficiles et ne profite en rien de la suppression des droits seigneuriaux et de la vente des biens du clergé à de nouveaux propriétaires beaucoup plus avides de profits. Le sort des ouvriers agricoles des grands domaines empire même durant cette période sans que cela soit compensé par des progrès techniques significatifs.


9 avril 1836 : Son premier époux Auguste de Leuchtenberg étant décédé en mars 1835, deux mois après leur mariage, Marie épouse Ferdinand – prince de Saxe-Cobourg et Gotha, duc de Saxe – qui recevra le titre honoraire de roi Ferdinand II de Portugal en septembre 1837.


Septembre 1836 : Un mouvement favorable à la constitution de 1822 se développe et renverse le gouvernement tout en proclamant sa fidélité à la reine. Les nouveaux dirigeants entendent interdire la traite des Noirs et inaugurer un nouveau code pénal. Ils exilent les militaires attachés à la charte de 1826, en particulier José de Sousa, duc de Terceira, qui avait reçu son titre pour avoir contribué en 1832-1834 à la restauration de la souveraine légitime.


Mars 1838 : Masacre du Rossio. Une révolte populaire est écrasée dans le sang à Lisbonne. Une nouvelle constitution est adoptée la même année mais elle ne durera que quatre ans.


1842 : Le gouvernement des « septembristes » est renversé à son tour par le coup d’État de Costa Cabral qui apparaît, avec Terceira, comme l’un des chefs de file des « chartistes » attachés aux textes de 1826 et 1834.


1842-1846 : Gouvernement dictatorial du « chartiste » Costa Cabral, marquis de Tomar.


1846 : Cabral est renversé par une insurrection de paysans et de prêtres du Minho. Cette révolte de la misère a des connotations légitimistes miguélistes évidentes.


1846-1849 : Dictature du maréchal Saldanha, un autre « chartiste » qui, renversé en 1849 au profit de Cabral, reprend rapidement le pouvoir en 1851 et fonde le mouvement Régénération (monarchiste libéral et conservateur, appuyé par les milieux financiers). En 1847, c’est l’intervention de la flotte anglaise et des troupes libérales espagnoles qui sauve la dynastie des Bragance-Cobourg confrontée à une insurrection populaire qui a pris le contrôle de Porto et qui unit la petite bourgeoisie aux paysans miguelistes.


1851 : Promulgation de la constitution qui demeurera en vigueur jusqu’à la chute de la monarchie. Le pouvoir législatif est exercé par deux chambres, celle des Pairs – 150 membres héréditaires nommés à vie par le souverain – et celle des députés élue au suffrage censitaire par tous les hommes propriétaires fonciers. Un Conseil d’État assiste le souverain. Le conseil des ministres gouverne avec l’accord des deux chambres et doit démissionner s’il n’a pas leur appui.


1851-1853 : Gouvernement des « régénérateurs » qui sont les héritiers des « chartistes ». Les anciens « septembristes » deviennent les « progressistes » et c’est autour de ces deux courants que se structure la vie politique.


1853-1861 : Règne de Pierre V, qui mourra à vingt-quatre ans d’une épidémie de fièvre typhoïde. Il était marié à Stéphanie de Hohenzollern.


1853-1855 : Régence du roi Ferdinand II de Saxe-Cobourg, veuf de la reine Marie II.


1856 : Le parti « Régénération » de Saldanha est écarté du pouvoir au profit des progressistes du marquis de Loule, un franc-maçon qui a la confiance du roi.


1858 : Loule décrète l’abolition de l’esclavage mais reporte l’application de cette mesure à 1878 pour ménager les colons des possessions africaines. C’est à cette époque qu’un puissant courant en faveur de la constitution d’un nouvel empire colonial – appelé à compenser la perte du Brésil – se développe rapidement dans les élites portugaises. On songe surtout alors à la formation d’une Afrique australe portugaise unissant les deux territoires de l’Angola et du Mozambique.


1861-1889 : Règne de Louis Ier (Luis), frère du défunt Pierre V, marié à Maria Pia d’Italie en 1862.


1866 : Exposition Universelle de Porto.


1867 : Adoption du système métrique et promulgation d’un nouveau code civil qui impose les valeurs de la bourgeoisie libérale.


20 mai 1870 : Coup d’État militaire qui porte au pouvoir le maréchal Saldanha.


1875 : Création de la Société de Géographie de Lisbonne.


1876 : Le Portugal n’est pas invité à la conférence de la Société de Géographie de Bruxelles qui porte sur l’avenir de l’Afrique centrale, au moment où le roi des Belges Léopold II s’apprête à mettre en œuvre son entreprise d’exploration et de colonisation du bassin du Congo.


1877 : Exploration de l’arrière-pays de la côte d‘Angola.


1884-1885 : Lors de la conférence coloniale de Berlin, les grandes puissances reconnaissent au Portugal le droit d’occuper l’arrière-pays des côtes de l’Angola et du Mozambique. L’Angleterre préfère alors qu’un petit pays s’intéresse à ces régions plutôt que devoir compter avec des initiatives françaises ou allemandes dans une partie de l’Afrique où elle compte établir à terme l’axe Le Caire-Le Cap.


1886 : La constitution est remaniée dans un sens plus libéral (fin de la pairie héréditaire).


1886 : Traité avec la France fixant les frontières de la Guinée portugaise avec les territoires de l’Afrique Occidentale Française.


1889-1908 : Règne de Charles Ier (Carlos)


1889 : Serpa Pinto bat les tribus indigènes mobilisées contre la présence portugaise par les Anglais soucieux de réaliser l’axe Le Caire-Le Cap, mais Londres exige le 11 janvier 1890 l’évacuation des territoires concernés ; le Portugal doit renoncer à bâtir un ensemble territorial cohérent allant de l’Angola au Mozambique et coupant ainsi d’ouest en est l’Afrique australe. Les deux Rhodésies et le Nyassaland empêchent désormais la réalisation de ce projet. L’opinion publique portugaise se déchaîne alors contre l’allié traditionnel britannique et de grandes manifestations sont organisées, notamment à Porto, pour dénoncer le diktat anglais.


6 novembre 1895 : Le haut-commissaire portugais au Mozambique, Antonio Enez, brise lors de la bataille du lac Coolela une grande révolte indigène.


1898 : Traité anglo-allemand envisageant un partage des colonies portugaises au cas où le pays ne pourrait honorer le nouvel emprunt que l’état des finances l’oblige à contracter.


Au début du XXe siècle, les structures de l’économie portugaise demeurent largement archaïques mais l’action de l’ingénieur Fontes Pereira de Melo a tout de même permis de doter le pays d’un réseau de voies de communication modernes (routes et voies ferrées). Le Portugal compte alors près de 200 000 ouvriers et une petite classe moyenne paysanne commence à émerger du fait du développement du commerce intérieur. Cela n’est cependant pas suffisant pour établir la base sociale d’une évolution politique comparable à celle qui s’est affirmée en Europe du Nord. L’essor démographique et l’exode rural ont permis la croissance rapide des deux plus grandes villes : Lisbonne double sa population (jusqu’à 435 000 habitants) entre 1820 et 1911 alors que Porto passe dans le même temps de 50 000 habitants à près de 200 000. Le XIXe siècle a vu passer la population globale du pays de trois à cinq millions et demi d’habitants et l’émigration, surtout en direction du Brésil, constitue la soupape de sécurité nécessaire avec près de 50 000 départs pour la seule année 1911.


1907 : Le roi confie le gouvernement à Joao Franco qui tente de rétablir par des mesures autoritaires la situation financière.


1er février 1908 : Le roi Charles et son fils Louis-Philippe sont assassinés à Lisbonne.


1908-1910 : Règne de Emmanuel II (Manoel), fils de Charles Ier et de Marie-Amélie de Bourbon-Orléans.


4 octobre 1910 : Emmanuel II est renversé par une insurrection populaire. Elle fait suite à des élections qui ont vu les villes basculer en faveur des républicains (onze élus à Lisbonne) alors que les campagnes demeuraient monarchistes. L’instabilité ministérielle et les difficultés financières encouragent Antonio Machado dos Santos à déclencher la révolte, appuyée par des unités insurgées de la Marine. Indécis, le roi prend le chemin de l’exil vers l’Angleterre ; un Gouvernement provisoire de la République est proclamé et confié au professeur Theophile Braga. Costa, le ministre de la Justice, remet en vigueur les lois contre les congrégations religieuses datant de Pombal et de Pierre IV, légalise le divorce et le mariage civil, donne un statut aux enfants nés hors mariage. Le nouveau régime procède également à la séparation de l’Église et de l’État.


1911 : Élaboration d’une nouvelle constitution républicaine. Le pouvoir législatif est exercé par deux chambres, le Sénat et la Chambre des députés ; le pouvoir exécutif appartient au président de la République assisté d’un ministère. Le président est élu pour quatre ans par les deux chambres réunies et n’est pas rééligible. Une nouvelle monnaie, l’escudo, remplace le réal.


1912 : Réconcilié en 1912 avec les descendants de Miguel Ier, Emmanuel II – qui n’a pas cautionné la tentative contre-révolutionnaire engagée par certains de ses partisans en octobre 1911 – leur reconnaît le droit de succession au trône s’il venait à disparaître sans postérité, ce qui sera le cas.


1911-1915 : Présidence de Manuel de Arriaga, un universitaire libéral.


Janvier 1915 : Le général Pimenta de Castro profite des vacances des Chambres pour s’emparer du pouvoir et pour obtenir d’Arriaga qu’il le nomme dictateur et accepte un gouvernement militaire. Le général doit renoncer en mai devant l’opposition des Chambres. Arriaga démissionne et Theophile Braga exerce la présidence à titre provisoire de mai à août 1915.


1915-1917 : Présidence de Bernardino Machado, ancien président du Conseil.


9 mars 1916 : Le Portugal entre en guerre contre les Centraux aux côtés de l’Entente. Le gouvernement portugais a décidé, à la demande de l’Angleterre, la saisie des 72 navires allemands internés dans les ports portugais. L’Allemagne lui déclare donc logiquement la guerre.


13 mai 1917 : Apparition de la Vierge à Fatima.


Décembre 1917 : Le mécontentement populaire conduit le major Sidonio Pais à prendre le pouvoir. Il oblige Machado à démissionner mais celui-ci redeviendra président du Conseil en 1921 et de nouveau président de la République en 1925-1926. Sidonio Pais fait également emprisonner l’ancien président du Conseil Afonso Costa. Devenu officiellement président de la République en 1918, cet officier conservateur est assassiné en gare de Lisbonne par un jeune anarchiste en octobre 1918.


Avril 1918 : Les forces portugaises déployées sur le front des Flandres sont particulièrement éprouvées lors de la deuxième grande offensive lancée par Lüdendorf pour obtenir la décision sur le front ouest au printemps de 1918.


16 décembre 1918 – 5 octobre 1919 : Présidence provisoire de l’ancien ministre de la Marine Joao do Canto e Castro.


Janvier 1919 : Une insurrection monarchiste dirigée par Paiva Couceiro s’empare de Porto, Viseu, Braga, Aveiro et Coimbra. Elle échoue mais révèle l’ampleur du mécontentement et du rejet du régime républicain.


1919-1923 : Présidence d’Antonio Joseph de Almeida, premier président à conserver son poste pendant toute la durée de son mandat.


1919 : L’ancien président du Conseil Costa obtient de la Conférence de la Paix une bande de territoires pris à l’Afrique orientale allemande et rattachés au nord du Mozambique, ainsi que le principe d’une indemnité allemande au Portugal.


1921 : Échec de la tentative de putsch du colonel Coelho au cours de laquelle le ministre Antonio Granjo est assassiné.


1922 : Premier vol en hydravion réalisé entre Lisbonne et Rio par Sacadura Cabral et Gago Coutinho.


1922 : Soulèvement révolutionnaire qui contraint le président Almeida à a se réfugier à Cascais.


Septembre 1922 : Le président Almeida assiste à Rio aux fêtes organisées pour le centenaire de l’indépendance du Brésil.


1923-1925 : Présidence de Manuel Teixeira Gomez, ancien ambassadeur à Londres, puis délégué du Portugal à la SDN. Il démissionne le 11 décembre 1925 dans un contexte difficile, marqué par la multiplication des grèves et des mutineries et par la dépréciation continue de l’escudo.


1925-1926 : Nouvelle présidence de Bernardino Machado, marquée par la poursuite des désordres et par le scandale financier de la Banque métropolitaine d’Angola.


28 mai 1926 : Le général Manuel Gomez da Costa, commandant de la garnison de Braga et ancien chef du corps expéditionnaire portugais en France entre en dissidence, s’empare de Lisbonne, contraint le président Machado à la démission et forme un triumvirat comprenant, outre lui-même, le général Antonio Oscar de Fagoso Carmona, gouverneur d’Evora, et du commandant Mendes Cabecedas. Gomez da Costa révèle rapidement ses limites et c’est le général Carmona qui, après l’avoir fait exiler aux Açores, s’impose comme l’homme fort à la tête du pays lassé d’un régime républicain incapable qui a vu défiler cinquante gouvernements en seize ans…


25 mars 1928 : Carmona est élu président de la République et entre en fonction en avril.


1928 : Pour juguler l’inflation, Antonio de Oliveira Salazar, professeur d’économie à l’Université de Coimbra, est nommé ministre des Finances.


1932 : Salazar, ministre des Finances, devient président du Conseil.


1933 : La République devient l’État Nouveau (Estado Novo). Une nouvelle constitution est promulguée et largement approuvée par plébiscite – avec cependant 40 % d’abstentions. Le président est élu pour sept ans au suffrage direct par tous les chefs de famille (le suffrage universel est ainsi supprimé dans un système qui donne aux communautés « naturelles » telles que la famille ou la profession la priorité sur l’individu abstrait issu de la pensée des Lumières) et nomme les ministres qui ne sont responsables que devant lui. Le pouvoir législatif appartient à l’Assemblée législative nationale élue par les chefs de famille alors qu’une Chambre corporative représentant les métiers s’occupe des questions économiques et sociales.


1933-1951 : Présidence du maréchal Carmona, élu à ce poste à quatre reprises et qui mourra en fonctions.


1934 : Abolition du droit de grève et création du Conseil corporatif.


Décembre 1937 : Après avoir proclamé sa neutralité dans la guerre civile qui ravage l’Espagne depuis juillet 1936, le Portugal prend parti pour le camp nationaliste et signe en mars 1939 un traité de non-agression avec l’Espagne franquiste victorieuse.


1939-1945 : Le Portugal maintient sa neutralité tout au long de la seconde guerre mondiale.


7 mai 1940 : Signature d’un concordat entre le Portugal et le Saint-Siège.


Février 1942 : Les Japonais occupent l’île portugaise de Timor.


6 avril 1943 : Réorganisation de l’éducation nationale et ouverture de 12 500 écoles primaires.


12 octobre 1943 : Le Portugal autorise les Anglais à installer des bases aux Açores.


1944-1947 : Salazar adjoint à ses fonctions de président du Conseil et de ministre des Finances celles de ministre des Affaires étrangères.


1947 : Les comptoirs portugais des Indes demeurent fidèles à la métropole malgré l’indépendance accordée par l’Angleterre à son empire des Indes.


1948 : Agitation sociale généralisée dans le pays.


4 avril 1949 : Le Portugal adhère à l’Alliance atlantique dont il est l’un des membres fondateurs.


4 avril 1950 : Révision de la loi d’exil contre la famille royale.


18 avril 1951 : Mort du maréchal Carmona. Salazar lui succède à titre provisoire jusqu’au 22 juillet.


1951-1958 : Présidence de Francisco Higino Craveiro Lopes.


6 septembre 1951 : Accord de Lisbonne d’assistance mutuelle avec les Etats-Unis.


1er novembre 1952 : L’instruction primaire devient obligatoire.


1955 : Le Portugal rejoint l’ONU.


1958-1974 : Présidence d’Americo Deus Rodrigues Tomas. Il a été l’élu de l’Union nationale contre le général républicain Delgado qui, depuis son exil brésilien cherche à affaiblir le régime et a obtenu 25 % des suffrages.


1959 : Le Portugal adhère à l’Association européenne de libre échange mise en place par les Anglais pour contrer la Communauté économique européenne (l’Europe des Six) née du traité de Rome de 1957.


1960 : Début des troubles en Angola. Le soulèvement indépendantiste engagé par le Mouvement populaire de libération de l’Angola et le Front national de libération de l’Angola commence en février 1961.


Février 1961 : Opposant à Salazar, le capitaine Galvâo, un partisan du général Delgado, s‘empare dans l’Atlantique d’un navire portugais, la Santa Maria, et menace de le saborder avec ses passagers pour dénoncer médiatiquement le régime autoritaire du président Salazar.


1961 : Goa et Diu, les derniers comptoirs portugais des Indes, sont annexés par les Indiens.


1961 : Échec d’une tentative de coup d’État du général Botelho Moniz.


Janvier 1963 : La guerre d’indépendance commence en Guinée Bissau.


Août 1964 : Début de l’insurrection du Front de libération du Mozambique dirigé par Samora Machel.


1965 : Assassinat du général Delgado, attribué par les opposants à la PIDE, la police politique du régime.


1968 : Le professeur Marcello Caetano succède au docteur Salazar empêché par la maladie qui mourra deux ans plus tard.


1973 : Parution du livre du général Spinola intitulé Le Portugal et son avenir.


Régime autoritaire unanimement dénoncé comme une « dictature » après 1974 le système politique mis en place par le docteur Salazar a pourtant permis de réels progrès. La situation financière du pays a été rétablie et l’instabilité gouvernementale de l’époque républicaine a disparu. Les infrastructures ont été développées en matière de communication et la part des actifs du secteur primaire s’est réduite de moitié en même temps que progressait l’industrialisation et la scolarisation des jeunes générations. L’émergence d’une classe moyenne ne suffit cependant pas à sortir de la misère la majeure partie de la population et l’émigration (notamment en France) fut souvent la condition de l’accès à une vie meilleure. Une politique économique trop rigoureusement monétariste et la volonté de conserver les « provinces d’outre-mer » africaines en un temps qui voyait s’imposer partout le processus de décolonisation contribuaient également à fragiliser le régime qui n’eut jamais les moyens de transformer l’Angola en un nouveau Brésil.

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