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Les conquistadores s’emparent du Pérou

1511 : Des rumeurs relatives à l’existence d’un vaste et riche royaume situé au sud de l’isthme de Panama parviennent aux oreilles de Vasco Nunez de Balboa, qui va découvrir en 1513 la « grande mer du Sud » appelée à devenir l’océan « Pacifique » de Magellan. L’aventurier décide de partir à la recherche de cette contrée dont lui a parlé un chef indien mais, victime d’un complot, il meurt avant d’avoir mené à bien son entreprise.
1522 : Reprenant le projet de Balboa, Pascual de Andagoya entreprend une expédition vers le sud au cours de laquelle des marchands indigènes lui confirment l’existence de ce riche et lointain empire. La rencontre a lieu sur les bords du fleuve Biru qui a donné son nom au Pérou, cette contrée que convoitent les conquistadores. Le voyage tourne court ; Andagoya, malade, laisse à deux conquistadores, Pizarre et Amalgro, le soin de la poursuivre.
14 novembre 1524 : L’embarcation de Pizarre quitte Panama. Almagro et le pilote chevronné Bartolomé Ruiz le suivent trois mois plus tard. Ils se sont engagés dans cette expédition coûteuse contre l’avis de Pedrarias, gouverneur de Panama, grâce au soutien financier d’un prêtre, Hernando de Luque. Les deux navires, affrétés pour l’occasion, finissent par longer des côtes couvertes de mangroves et infestées de moustiques, paysage qui ne corrobore en rien le récit de Andagoya évoquant un Eldorado. A hauteur de l’actuelle Colombie, à Punta Quemada, ils rebroussent chemin, effrayés par les tribus cannibales qu’ils croisent. Les deux conquistadores entament ainsi quatre années de tribulations. Après plusieurs semaines d’errance et après avoir remonté le fleuve Biru, le détachement de Pizarre doit affronter la faim et les attaques des Indiens : c’est le repli vers l’isthme de Panama, l’expédition a échoué. Personne ne se doute alors qu’elle vient de pénétrer dans un empire qui s’étend jusqu’au nord du Chili.
Mars 1525 : Almagro et ses hommes quittent Panama et font route vers le sud où ils sont à leur tour accueillis par des Indiens hostiles. Almagro et Pizarre se rejoignent à Chicama, au Panama, où ils concluent avec le père Luque un accord en vue de la formation d’une compagnie dont le commandement revient à Pizarre.
1526-1527 : Deuxième expédition des deux hommes. Pizarre reste en Colombie, à l’embouchure du San Juan, et laisse à son pilote Bartolomé Ruiz le soin de poursuivre le voyage vers le sud. La première rencontre entre les Européens et un peuple andin a lieu en plein océan Pacifique, au large de la baie de San Mateo ; Ruiz croise un balsa, un radeau transportant des individus richement vêtus. Ses interprètes lui apprennent qu’ils sont originaires de la cordillère des Andes et que leur bateau a pris la mer à Tumbes, port situé à l’extrême nord du Pérou, à la frontière avec l’actuel Equateur.
1527 : Ruiz rejoint Pizarre qui l’attend en compagnie de ses hommes sur l’île du Coq, au large de l’Equateur, puis s’en retourne à Panama en quête de renfort. Sur l’île, la vie est semée d’embûches, la misère est le lot de tous et la mésentente règne : dans les lettres de doléances qu’ils font parvenir à Panama, les conquistadores se plaignent de leurs conditions de vie dont ils rendent Pizarre responsable. De retour avec les siens, Ruiz trouve les compagnons de Pizarre trop épuisés pour poursuivre leurs explorations. Le gouverneur de Panama vient d’ailleurs de leur envoyer des navires pour les ramener dans l’isthme. Il compte mettre fin à l’expédition de Pizarre qui ne désarme pas et s’emploie à convaincre les plus courageux ou les plus téméraires de le suivre à la conquête du Pérou pour « acquérir la richesse ». Douze conquistadores se portent volontaires pour l’accompagner.
1528 : Les « treize de l’île du Coq » quittent l’île de la Gorgone, proche de l’île du Coq, et accostent bientôt à Tumbes où ils sont accueillis avec curiosité et circonspection par les indigènes. Après les premiers contacts, Pizarre reçoit sur son navire un représentant de l’élite inca, un orejon, avec lequel il s’entretient longuement et auquel il laisse deux de ses hommes. Ces derniers, exhibés devant une foule émerveillée, reviennent stupéfaits de la richesse de leurs hôtes : les maisons sont de pierre et les verres d’or. Pizarre se rend compte que treize hommes ne sauraient suffire à la conquête d’une contrée qui semble vaste et puissante. Il décide de rebrousser chemin et de mettre le cap vers le nord pour préparer une nouvelle expédition depuis Panama.
1529 : En compagnie de quelques hommes d’armes et d’Indiens, Pizarre fait voile vers l’Espagne où il espère être honoré du titre de gouverneur des terres récemment découvertes. L’épouse de Charles Quint signe la capitulation qui fait de Pizarre l’adelantado – le capitaine général – de la province qui couvre l’île de Puná jusqu’à la ville côtière de Chincha, à une centaine de kilomètres au sud de Lima. Il obtient pour Bartolomé Ruiz et Almagro, demeurés à Panama afin de rassembler chevaux, armes et vivres pour la prochaine expédition, des titres honorifiques fort peu lucratifs, ce qui lui vaut dès son retour d’être accusé de s’être réservé les charges les plus avantageuses.
1529 : Mort de l’Inca Huayna Capac, fils de Tupac Inca, très certainement contaminé par le virus de la variole, contracté par les Indiens au contact des Européens.
Janvier 1530 : La flotte de Pizarre quitte l’Espagne pour l’isthme de Panama.
Mai 1532 : Les Espagnols parviennent à Tumbes. La conquête du Pérou commence dans l’atmosphère chaude et humide des mangroves envahies de moustiques, sous les attaques de tribus indigènes bien moins accueillantes que celles rencontrées quelques années auparavant. La riche ville d’autrefois est méconnaissable : les divisions tribales l’ont dévastée et les microbes véhiculés par les Européens l’ont vidée de sa population. Rien ne les y retenant plus, les conquistadores quittent Tumbes pour Piura, plus au sud.
Juin 1532 : Fondation de San Miguel de Piura, en vue d’entamer le peuplement du Pérou. Pizarre y laisse des colons, dont deux de ses frères, et se dirige, accompagné de 168 hommes, vers Cajamarca, dans la sierra, afin d’y rencontrer l’Inca Atahualpa. Aucun d’eux ne s’imagine les dimensions de l’empire des Quatre Quartiers auquel ils osent s’affronter. Le Tahuantinsuyu est alors en proie aux affres d’une guerre de succession : le vieil Inca Huayna Capac, emporté par la maladie, a laissé deux fils, Huascar et Atahualpa, qui se disputent le pouvoir. Le premier est soutenu par l’élite de Cuzco qui l’a proclamé Inca, le second compte ses partisans à Quito et dans les provinces septentrionales. Pizarre comprend, lors de ses conversations avec des caciques, des chefs indiens, que l’Inca Atahualpa n’est pas légitime aux yeux de toutes les tribus qu’il a parfois soumises par la force : il entend donc utiliser ces dissensions pour l’affaiblir.
A proximité de la ville de Caxas, où stationne une garnison de l’Inca, Pizarre désigne deux éclaireurs, Hernando de Soto et Diego de Trujillo. Le récit de leurs observations est effrayant : incendies et pendaisons sont le châtiment de ceux qui contestent le pouvoir d’Atahualpa. Des cruautés qui légitiment la guerre que les conquistadores s’apprêtent à mener contre l’Inca. Elle revêt un caractère de justice au service des populations malmenées. Les caciques ennemis d’Atahualpa s’allient sans difficulté aux Espagnols qui disposent ainsi d’espions parmi les indigènes. L’Inca dispose également d’émissaires qui le renseignent sur ces étrangers dont les armes projettent de terribles boules de feu, semblables à la foudre.
Novembre 1532 : Arrivée de Pizarre dans la ville andine de Cajamarca qui paraît déserte. Parvenu en haut de la majestueuse et imposante citadelle, le conquistador découvre avec effroi l’armée de l’Inca stationnée dans la plaine, prête à l’attaque. Il envoie auprès du souverain un interprète et une vingtaine d’hommes parmi lesquels Hernando Pizarre, Diego Trujillo et Francisco de Jerez qui ont rapporté les termes de cette première entrevue.
Dans ce camp de 40 000 personnes, deux mondes se font face : les conquistadores bousculent tous les rituels incas et s’adressent directement à Atahualpa, faisant fi de son caractère sacré de Fils du Soleil. Le lieutenant de Pizarre, Hernando de Soto exige même que le voile qui lui cache le visage soit abaissé. Les Espagnols repartent après avoir convenu d’une rencontre entre l’Inca et le gouverneur Pizarre.
16 novembre 1532 : Pizarre et les siens, feignant la crainte, se dissimulent dans Cajamarca où doit avoir lieu la rencontre avec l’Inca qui apparaît superbement vêtu, portant d’éblouissants joyaux, ne soupçonnant rien du sort qui l’attend. Surgissant brusquement, les Espagnols s’emparent de lui et le font prisonnier à la suite d’un combat qui ne leur coûte qu’un homme quand il fait 2 000 victimes dans le camp adverse. Désormais, l’Empire inca s’offre avec toutes ses richesses à ceux que les indigènes nomment « les hommes de la mer ». L’Inca, prêt à tout pour recouvrer la liberté, propose bijoux, or et argent dont ses sujets inondent littéralement les conquistadores.
1533 : Les quelques hommes envoyés en reconnaissance par Pizarre à Cuzco, la capitale de l’Empire inca, sont accueillis par les partisans de Huascar, l’Inca de Cuzco, qui voient en eux des alliés contre Atahualpa. Les Espagnols, émerveillés par les richesses conservées dans le Temple du Soleil de Coricancha, s’emparent du trésor qu’ils expédient à Cajamarca à dos d’homme. Mais bientôt, la nouvelle de l’exécution de Huascar, tombé entre les mains de troupes favorables à Atahualpa, parvient à Pizarre, suivie de peu par celle de l’arrivée d’Almagro avec des renforts.
29 août 1533 : Atahualpa est exécuté par les Espagnols après avoir été baptisé. Ce dernier avait entretenu jusqu’au dernier instant l’espoir de repousser les envahisseurs. Cependant, Pizarre, redoutant un complot et cédant à la pression des autres conquistadores dont Almagro, fait condamner à mort l’Inca dont la rançon est pourtant largement acquittée. Charles Quint apprend avec mécontentement la nouvelle de cette exécution, qualifiée de « pire méfait » commis dans les Indes par le chroniqueur Cieza de Leon.
Il s’agit désormais de maintenir l’illusion de la pérennité de l’Empire inca : un frère de Huascar, Manco Capac, est donc fait Inca. Pizarre crée des villes pour renforcer son pouvoir sur les indigènes dont les rébellions se multiplient. Il cherche aussi à se prémunir d’éventuels complots d’aventuriers espagnols arrivés en masse au Pérou et dont il craint la concurrence.
mi-novembre 1533 : Les conquistadores partent à l’assaut de la capitale du Tahuantinsuyu. La prise de Cuzco constitue une véritable prouesse au regard de la taille du Pérou et du peu d’hommes dont Pizarre dispose. Pour se rendre maître de l’empire, il s’est renseigné sur les conditions géographiques et a utilisé des traducteurs parlant le quechua. Il a, de plus, bénéficié du soutien de certains groupes indigènes désireux d’en finir avec le joug inca.
1534 : Le conquistador Belalcazar fonde la ville de Quito sur les ruines de la capitale de l’Inca Atahualpa.
18 janvier 1535 : Pizarre fonde, dans la vallée du Rimac, Lima, qui devient capitale du Pérou. Sous l’influence des gouverneurs successifs, de nombreuses villes sont édifiées au Pérou, à proximité et parfois même sur d’anciens sites précolombiens. Elles obéissent au plan en damier caractéristique des villes coloniales et abritent sur leur grand-place les symboles du pouvoir politique et religieux. Ces cités constituant des centres administratifs et politiques, le but des Espagnols est d’en parsemer le territoire péruvien.
Les terres sont réparties entre celles des haciendas coloniales et celles relevant du comun de Indios laissées aux communautés autochtones. Les notables locaux, qui portent le titre de cacique ou curaca, sont chargés du rôle essentiel d’intermédiaire et de relais entre le pouvoir espagnol et les indigènes. Ils ont le privilège de parler le castillan dont l’usage est interdit au reste des Indiens. Incorporés au système administratif et fiscal espagnol, ils participent à la collecte des impôts sur le produit desquels ils perçoivent un pourcentage substantiel.
1535 : Hernando Pizarre revient d’Espagne, accompagné de centaines de compatriotes désireux de s’établir au Pérou où ils pensent faire fortune. Il rapporte le titre de marquis pour son frère Francisco dont le rival Almagro reçoit le titre d’adelantado et de gouverneur de la Nouvelle-Tolède qui s’étend au sud du pays, non loin du Chili.
1535-1537 : Almagro entreprend une expédition au Chili. Le temps presse car Pedro de Mendoza et les siens, venus d’Argentine, pourraient être tentés par ces terres demeurées inexplorées. La campagne se solde par un échec car le Chili est loin d’offrir les richesses escomptées. Almagro rebrousse chemin pour prendre le gouvernement des territoires que le roi lui a concédés.
1536 : Manco Inca se soulève contre des Espagnols. A la mort d’Atahualpa, Tupac Huallpa, frère de Huascar, lui avait succédé, mais avait été empoisonné par ceux qui le considéraient comme un traître au service des Espagnols. Manco Inca, autre frère de Huascar, s’était alors présenté comme son successeur légitime. Il fomente une rébellion dès le départ d’Almagro au Chili, mais est rapidement capturé et emprisonné, ce qui déclenche une guérilla paysanne dans les montagnes et les campagnes péruviennes que les Espagnols ne contrôlent plus. Les conquistadores n’ont plus accès à leurs encomiendas, c’est-à-dire à leurs vastes propriétés où travaillent les Indiens, parfois par milliers. La cordillère centrale est à feu à et à sang, les escarmouches sont incessantes. Les troupes de Manco, dont les effectifs atteignent 200 000 hommes, assiègent Cuzco pendant plusieurs mois tandis que celles menées par Illa Tupac sont près de faire tomber Lima. Hernando Pizarre et les siens ont le sentiment que la fortune a tourné et qu’elle leur est désormais défavorable.
1537 : Cette impression est renforcée par le retour précipité d’Almagro à Cuzco dont il veut chasser les frères de Pizarre qui frôlent la mort lors de l’incendie de leur maison. Manco Inca, le dernier des Incas, trouve refuge sur la citadelle de Vilcabamba tandis qu’Almagro intronise son frère Paullu.
Avril 1538 : Les troupes de Pizarre et d’Almagro, désormais irrémédiablement ennemies, s’affrontent à Las Salinas, à proximité de Cuzco. Le conquistador du Chili est fait prisonnier. A la suite d’un impitoyable procès mené par Hernando Pizarre, il est condamné à mort et décapité. Les « Chiliens », totalement exclus du pouvoir et réduits à la misère, n’attendent que l’occasion de se venger de Pizarre.
Février 1541 : Les Espagnols entretiennent le rêve de découvrir l’Eldorado et le pays de la cannelle, denrée à leurs yeux aussi précieuse que l’or. Pizarre charge son frère Gonzalo d’une expédition qui part de Quito en direction de l’intérieur du pays. Après plusieurs semaines de marche à travers les Andes, Gonzalo et ses hommes parviennent dans un univers de forêt dense et humide qui contraste avec le climat de la cordillère. Ils doivent faire face à un séisme et à des inondations dont tous ne sortent pas indemnes. Les hommes sont épuisés et sujets à des fièvres qui les empêchent parfois d’avancer. Quelle n’est pas leur déception devant les quelques arbres à cannelle qu'ils découvrent et que les marécages rendent hors de portée : en guise de pays des épices, ils trouvent une région insalubre et inhospitalière.
24 juin 1541 : Francisco Pizarre périt assassiné par les partisans d’Almagro dans sa demeure de Cuzco. Diego de Almagro le Jeune se proclame gouverneur du Pérou contre la volonté de Charles Quint qui a dépêché Vaca de Castro pour ramener l’ordre. Mais Diego, appuyé par les partisans de son père, refuse de lui céder le pouvoir. En revanche, les pizarristes, dans l’espoir de venger la mort des leurs, accordent leur soutien au nouveau gouverneur du Pérou.
Décembre 1541 : Epuisé, Gonzalo Pizarre envoie Francisco de Orellana et quelques hommes chercher des vivres en aval du fleuve Coca, le long duquel ils sont installés. Ne trouvant rien, Orellana s’engage dans la descente du fleuve Napo. Ils parviennent à la confluence du Napo et d’un autre fleuve qui les émerveille par sa largeur et son débit. Ils s’aventurent sur ce fleuve qu’ils baptisent rio de Orellana et arrivent sur des terres qu’ils croient habitées par les Amazones. C'est le nom de ces dernières qui sera finalement donné au plus puissant fleuve du monde.
Juin 1542 : Gonzalo et les siens sont de retour à Quito, faméliques et méconnaissables.
Septembre 1542 : Orellana et ses compagnons parviennent à l’embouchure de l’Amazone puis gagnent la côte du Venezuela : ils sont les premiers à avoir traversé le continent d'ouest en est.
16 septembre 1542 : Royalistes et partisans d’Almagro s’affrontent dans les landes de Chupas, près de Huamanga. Le camp royaliste remporte la victoire au prix de morts sans nombre. Dès lors, Vaca de Castro se doit d’accorder des encomiendas à ceux qui l’ont soutenu. Les encomenderos forment une nouvelle aristocratie autour de laquelle gravitent bon nombre d’individus. Vivant à la ville, ils confient leurs propriétés à des mayordomos, des Espagnols qui s’accoutument aux parlers et aux usages des Indiens et s’indianisent.
1542 : Promulgation des Leyes Nuevas, c’est-à-dire les nouvelles lois, qui abolissent l’esclavage des Indiens. Ces derniers ne seront plus soumis au travail obligatoire et percevront un salaire. Elles mettent fin à la perpétuité des encomiendas qui retombent sous la juridiction de la couronne à la mort de leur propriétaire. C’est l’aboutissement des pressions exercées par le dominicain Bartolomé de Las Casas qui avait toujours dénoncé les conditions de travail et de vie des Indiens des encomiendas. Ces lois s’accompagnent d’une réorganisation administrative : le Pérou sort de la dépendance vis-à-vis de Panama et devient une Audience (terme désignant les grandes circonscriptions territoriales et administratives de l'Empire espagnol d'Amérique) dirigée par un président qui a rang de vice-roi. Le capitaine Blasco Nunez de Vela est le premier à recevoir cette charge de l’empereur.
1544 : Le vice-roi Vela débarque à Tumbes, bien décidé à faire appliquer les Leyes Nuevas. Les encomenderos lui sont hostiles : beaucoup se tournent vers Gonzalo Pizarre pour faire respecter leurs droits et l’intimider. Vela fait emprisonner Vaca de Castro, soupçonné de corruption, et commet l’erreur de faire exécuter un homme important de Lima. Il n’a alors d’autre alternative que de repartir en Espagne.
1544 : Mort de Manco Inca qui s’était opposé aux Pizarre et encourageait les rébellions depuis une décennie dans le sud de la vice-royauté. Un de ses fils, Sayri Tupac, lui succède.
Octobre 1544 : Le nouveau vice-roi, Gonzalo Pizzare, fait une entrée triomphale dans Lima où fêtes et spectacles se poursuivent pendant plusieurs semaines. Le bruit du retour inopiné de Nunez de Vela y met fin. Une lutte à mort s’amorce entre les deux hommes dont les troupes s’affrontent lors de la bataille d’Añaquito le 18 janvier 1546. L’issue en est fatale à Nunez de Vela qui périt assommé et décapité.
1545 : Deux Indiens découvrent par hasard le Potosi, une montagne riche en minerais et plus particulièrement en argent. Les mines de Potosi éclipsent et surpassent par leurs proportions tous les autres gisements du Pérou. Dès 1546, un village est créé sur place en même temps que commence l’exploitation. Le travail dans les mines est des plus pénibles : le minerai est porté à dos d’homme et les mineurs, qui travaillent dans des galeries situées à près de 4 500 mètres d’altitude, souffrent à la fois des températures négatives et du manque d’oxygène.
Juillet 1546 : Après un séjour à Quito, Gonzalo est de retour à Lima où, considéré comme le libertador des encomenderos, il est accueilli comme un roi au son des cloches, des trompettes et des canons. Fera-t-il sécession d’avec l’Espagne ? L’empereur est fort inquiet lorsqu’il apprend que Pizarre a osé braver son autorité, et décide d’envoyer au Pérou, non pas une armée, mais un homme d’Eglise, le Castillan Pedro de La Gasca, fidèle parmi les fidèles. Lorsque ce dernier parvient à Panama en 1547, investi de la charge de président de l’Audience de Lima, il se rend compte de l’immensité de la tâche à accomplir en Amérique où Pizarre est respecté et apprécié de tous. Il favorise tout d’abord la diplomatie, puis, en comprenant ses limites après le refus par Pizarre de la grâce impériale, il décide de lever une armée qui se met en marche vers le Pérou et livre à Huarina une bataille meurtrière au cours de laquelle Gonzalo Pizarre manque de perdre la vie.
1548 : La bataille de Xaquixaguana est, cette fois, fatale à Pizarre. Trahi par bon nombre de ses proches qui préfèrent se rallier au camp impérial, il est fait prisonnier avec Francisco de Carvajal, son maître de camp qui l’a secondé dans la lutte contre les Leyes Nuevas.
10 avril 1548 : Exécution de Gonzalo Pizarre et de Carvajal sur ordre de La Gasca. Comme ultime châtiment, toutes les résidences des Pizarre sont détruites.
1548 : Un cortège mené par don Martin, un Indien offert à Pizarre lors de la conquête et devenu un interprète des plus loyaux à la Couronne, s’achemine vers Vilcabamba, la résidence princière choisie par Manco Inca pour y établir sa cour à la place de l’antique Cuzco. L’ambassade espagnole espère convaincre Sayri Tupac de se rallier au moment où son pouvoir vacille sous les effets de la variole qui décime la population du royaume de Vilcabamba. Cependant, celui que l’on nomme l’Inca de la forêt n’entend renoncer à aucune de ses prérogatives et réclame des territoires autour de Cuzco et de Vilcabamba en échange de la paix. Le refus de La Gasca conduit au maintien du statu quo. Une quinzaine d'années après la mort d'Atahualpa, un souverain inca continue ainsi à exercer une certaine autorité sur une partie des territoires jadis soumis au souverain de Cuzco.
1549 : Charles Quint décrète que l’exercice de charges publiques par les métis doit être autorisé par licence royale. Ces fils d’Indiennes ne peuvent ni taxer les Indiens ni même porter des armes. Le pouvoir se méfie de la population locale. La polygamie est fréquente et il est rare que les conquistadores épousent leurs concubines indiennes. La Couronne encourage donc les mariages avec des Européennes afin que les encomiendas qui n’ont point perdu leur caractère héréditaire ne retombent pas entre les mains des Indiens.
1550 : Mort de don Cristobal-Paullu Inca, frère de Manco Inca.
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