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Les grandes étapes de l'histoire du Mexique

De tous les pays nés de la prodigieuse aventure ibérique, le Mexique est sans doute celui qui exerce sur les imaginaires européens la fascination la plus forte. Terre de tous les extrêmes, dont les conquérants découvriront les jungles et les déserts hostiles, les basses terres malsaines et les hauts plateaux où s’étaient développées des civilisations dont l’étrangeté absolue ne pouvait que susciter l’hostilité d’hommes venus d’Europe. Terre de violence aussi, celle des peuples autochtones engagés dans les guerres sacrées et perpétuelles qui devaient fournir les victimes des sacrifices humains, celle des conquistadores qui se montrèrent sans pitié pour des Indiens avec lesquels ils allaient pourtant construire un nouveau monde. Terre d’aventure enfin pour la poignée d’Espagnols venus renverser un empire de dix millions d’habitants pour l’offrir à leur souverain et partir ensuite à la poursuite des mirages que leur inspiraient, au-delà des déserts du nord, les Sept Cités de Cibola ou le rêve d’une capitale de l’or cachée dans les jungles du Guatemala ou du Yucatan. Une fois assurée la soumission des populations indiennes subjuguées, la Nouvelle Espagne devient l’un des plus beaux fleurons de ces Indes occidentales que Dieu et ses guerriers avaient données à Charles Quint et les mines d’argent du Zacatecas fournirent bientôt au roi solitaire de l’Escorial les moyens d’établir pour près d’un siècle la prépondérance espagnole. La bonne administration des premiers vice-rois et l’engagement des ordres religieux venus prêcher la foi chrétienne ne suffisent pas cependant pour exploiter toutes les potentialités d’une aussi vaste colonie et il faut attendre les réformes introduites par la politique éclairée des Bourbons pour que s’ouvrent des perspectives nouvelles. Les impatiences des créoles, encouragées par les deux révolutions américaine et française vont ensuite conduire à la dislocation de l’Empire espagnol d’Amérique et le Mexique va gagner une indépendance qui signifiera pour lui le début d’une période chaotique de son histoire, ponctuée de pronunciamientos militaires et de révoltes paysannes, qui voit créoles et métis se disputer le pouvoir sans se préoccuper outre mesure du sort des masses indiennes condamnées à subir une histoire qui s’écrit sans elles. Les révolutions du premier XXe siècle s’inscrivent ainsi dans la longue durée des luttes qui ont conduit à l’indépendance et à la réforme, incarnée par un Benito Juarez ; mais Emiliano Zapata disparaît rapidement et le volontarisme des dirigeants – souvent tentés d’instrumentaliser l’anticléricalisme pour mieux abuser les masses – montrera ses limites. Après avoir expérimenté diverses tentatives dirigistes aux résultats incertains ou catastrophiques, la classe politique mexicaine a, au cours du dernier quart de siècle, fait le choix, pour échapper au sous-développement, d’une politique économique rigoureuse, voulue par le puissant voisin nord-américain, qui a cependant eu pour effet, malgré la persistance de profonds déséquilibres sociaux, de faire d’un pays qui a dépassé aujourd’hui les cent millions d’habitants la neuvième puissance économique du monde.


 

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