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Le Danemark

Entre le continent européen et l'espace scandinave

A la fois continental et insulaire, le Danemark, le plus petit des pays scandinaves, s’étend sur 43 098 kilomètres carrés. Il comprend d’une part la péninsule du Jutland limitrophe, au sud, de l’Allemagne, et dont les villes les plus importantes sont Arhus et Aalborg, et, d’autre part, un archipel comptant quatre cent quarante-trois îles dont soixante-douze sont habitées. Les plus importantes sont, d’ouest en est, la Fionie (3000 m²), avec Odense pour ville principale, la Seeland (7 000 km²) où se situe la capitale, Copenhague, les îles jumelles Lolland (1 300 km²) et Falster (500 km²) et, enfin, l’île de Bornholm (600 km²) à 200 kilomètres de distance. L’ensemble est encadré à l’ouest par la mer du Nord et à l’est par la mer Baltique. Au nord, le Danemark est séparé de la Norvège par le détroit de Skagerrak, et de la Suède, à l’est, par la baie de Kattégat et le détroit de l’Oresund.


Disséminés entre les latitudes 54° et 57° N, les paysages danois sont parmi les plus plats d’Europe, avec une altitude moyenne de 30 mètres au-dessus de la mer. Facteurs de la prospérité agricole du pays, les bocages y sont prédominants, offrant au regard une succession de prairies et de champs cultivés entrecoupés de haies. A l’intérieur, sur les côtes et particulièrement sur le bord occidental du Jutland, s’étirent en revanche de grandes étendues de dunes, mouvantes et balayées par les vents. Afin de les stabiliser, la main humaine a fait pousser depuis une cinquantaine d’années des pins et, plus récemment, des oyats, plantes vivaces aux racines très profondes. Au-delà, s’étendent tourbières et vastes landes sablonneuses. De l’ancienne forêt dense et profonde du Jutland ne subsistent plus, dans sa partie orientale, que des bois de bouleaux, de chênes et de frênes, essences que l’on retrouve aussi regroupées ici et là en Fionie, dans les îles de Seeland, Falster et Bornholm.


Le long des 7 300 kilomètres de côtes que compte le territoire extrêmement morcelé du Danemark sont aussi disséminées des lagunes, découpées par des baies, des petits golfes ou des fjords. Sur la côte occidentale du Jutland, le fjord de Ringkobing forme ainsi une vaste étendue d’eau, reliée à la mer du Nord par des écluses et des canaux. A l’extrême nord du pays, le Limfjord sépare l’île de Vendsyssel-Thy du Jutland sur 180 kilomètres de longueur et n’atteint au maximum que 24 mètres de profondeur. Le fleuve Gudena, cours d’eau le plus important du pays, traverse du sud vers le nord-est le Jutland. Dans les îles et sur la façade scandinave, de nombreux lacs d’origine glaciaire couvrent environ 435 kilomètres carrés. Au royaume du Danemark sont aussi rattachées les îles Féroé (50 000 habitants) dans l’océan Atlantique et le Groenland (55 000 habitants) dans l’océan Arctique. Au total, la population danoise est estimée à un peu moins de 5 600 000 habitants.


Pauvre en ressources minières, dépourvu de bois, et ne disposant que de rares cours d’eau exploitables, le Danemark a développé de longue date son agriculture qui produit des céréales, du lin, du chanvre, des pommes de terre et du tabac. S’adaptant avec une rapidité étonnante à l’évolution des marchés extérieurs, dont elle est extrêmement dépendante, elle a fait aussi de l’élevage sa principale source de revenus. Mais c’est surtout sur le secteur agro-alimentaire que le Danemark fonde sa richesse économique (bacon, biscuits, conserves de viande et de poisson). L’industrie pharmaceutique, la biotechnologie et la technologie de l’information y sont aussi florissantes et en grande partie vouées à l’exportation. Ramené au nombre de ses habitants, le commerce extérieur danois occupe ainsi la première place au rang mondial et, aujourd’hui encore, malgré la crise internationale de 2008, le Danemark bénéficie d’un des niveaux de vie les plus élevés, enviés par nombre de ses voisins européens. Dès le XIXe siècle, le poète danois Nicolai Grundtvig (1783-1872) ne proclamait-il pas : « Nous aurons atteint un grand niveau de richesse, lorsque peu d’hommes auront trop, et qu’encore moins d’hommes auront trop peu » ?

Le Danemark, dix fois moins grand qu’il ne l’était à l’époque de son apogée, fait aujourd’hui figure de petit pays, caractérisé depuis l’après-guerre par une solide stabilité politique et économique. On le considère avant tout comme précurseur dans la mise en place de l’Etat-providence, garant tout au long du XXe siècle d’une harmonie sociale quasi constante, même si la crise internationale de 2008 a nécessité l’instauration d’un plan de rigueur en vue de réduire le déficit public. Pour autant, ses paysages de champs, de landes et de dunes, où s’interpénètrent les terres et les mers, les lacs et les marais, furent aussi témoin d’une histoire longue et prestigieuse, au cours de laquelle prit naissance, au milieu du Xe siècle, la plus ancienne monarchie encore en place en Europe.


L’identité danoise s’est ainsi lentement constituée au sein du monde scandinave depuis le mésolithique, puis l’âge du bronze avant de s’affirmer durant la période viking et surtout de se singulariser aux premiers temps du Moyen Age avec l’avènement d’un royaume propre, fondé sur la récente christianisation et le modèle féodal. Dès le XIVe siècle, le Danemark devient la plus grande puissance du Nord et s’appuie jusqu’au début du XVIe siècle sur l’Union de Kalmar (1397-1523), qui réunissait en une même entité politique, les royaumes de Suède, de Norvège et de Danemark. L’expansion danoise est alors constante, freinée uniquement par la concurrence économique des marchands de la Hanse et, à partir de 1523, par la perte de la Suède qui proclame définitivement son indépendance en plaçant Gustave Vasa sur le trône. Les deux faits les plus marquants dans l’histoire du Danemark sont ensuite l’instauration de la Réforme luthérienne en 1536, puis l’établissement de la monarchie absolue en 1660, abolie seulement cent quatre-vingt neuf ans plus tard, au profit d’une monarchie parlementaire. Placé sous le signe de la paix et de la prospérité, le XVIIIe siècle vit le triomphe des Lumières et l’amélioration sensible de la condition paysanne, considérée jusqu’alors comme l’une des pires en Europe.


A partir du XIXe siècle, le Danemark subit de lourds revers militaires sur son propre sol et se voit amputé d’une grande partie de son territoire, avec, non seulement la perte de la Norvège, rattachée en 1814 à la couronne suédoise, mais aussi celle du Slesvig et du Holstein, cédés en 1864 à l’Autriche et à la Prusse. Au cours de cette période difficile, allait cependant s’épanouir au Danemark un véritable âge d’or artistique et littéraire, dont l’un des précurseurs en peinture fut Christoffer Wilhelm Eckersberg (1783-1853), élève de David. On y associe aussi le sculpteur néoclassique Berthel Thorvaldsen (1770-1844), véritable gloire nationale, ainsi que les célèbres écrivains Hans Christian Andersen (1805-1875) et Soren Kierkeggard (1813-1855). A partir du milieu du XIXe siècle enfin, se mirent progressivement en place les structures politiques et économiques qui allaient aboutir un siècle plus tard à la constitution de 1953, fondée sur un système parlementaire monocamériste, longtemps dominé par les sociaux-démocrates, et garant des libertés et des progrès sociaux, chers aux Danois.

 

Si la présence humaine est attestée au Jutland dès la fin de la première glaciation ainsi que dans la seconde période interglaciaire, ce n’est qu’à la fin de la troisième glaciation, vers -12000, que s’implantent durablement au Danemark les premiers groupes de chasseurs-cueilleurs. Porteurs de la « civilisation du renne », ils remontent vers le nord à la faveur de la fonte des glaces pour chasser le gibier, dont ils suivent les traces dans la toundra. Au fur et à mesure de la transformation des paysages, se succéderont, entre -9500 et -5000, les cultures mésolithiques de Bromme, de Maglemose et de Gudena. L’élévation constante du niveau de la mer entraînera par la suite, pendant près de deux mille ans, le déplacement de l’activité humaine vers le littoral, avant l’introduction, vers -3000, de l’agriculture par des populations venues du sud et l’avènement du Néolithique en Scandinavie.



    - 2 000 000 000 : A l’époque Paléozoïque (c’est-à-dire durant la période la plus ancienne des temps géologiques) affleurent à Bornholm des formations de granit et de gneiss.


    - 70 000 000 : Des tremblements de terre soulèvent d’immenses soubassements rocheux encore visibles aujourd’hui, à l’exemple des falaises de Mon et des falaises de Stevns. Au sommet de ces couches crayeuses, les fossiles de minuscules coquillages et crustacés témoignent de l’époque où le Danemark était encore recouvert par les eaux.


    - 40 000 000 : La terre émerge peu à peu.


    - 1 000 000 : Avec le début de l’ère quaternaire, elle est à nouveau submergée sous une immense couche de glace. Trois périodes de glaciations vont alors se succéder, ponctuées à chaque fois par des périodes interglaciaires, favorables à l’activité humaine.


    - 250 000 : Lors de la première période interglaciaire, la présence de chasseurs est attestée dans le Jutland méridional, avec la découverte en 1972, sous la moraine, de silex grossièrement taillés permettant de découper la viande du gibier.


    - 80 000 : Lors de la seconde période interglaciaire, des chasseurs laissent au bord d’un lac dans la vallée de Gudena des os de daim, découverts en 1912, et dont on réalisa en 1954, qu’ils avaient été fendus pour en extraire la moelle.


    - 22 000 : Formé de glaciers venant du nord et de l’est, l’inlandsis demeure sans doute au milieu du Jutland pendant des milliers d’années.


    - 12 000 : Les glaces commencent leur retrait vers le nord pour laisser place à un paysage d’abord désolé, puis lentement recouvert de lichens, de mousses, de bouleaux nains, propice à la prolifération du renne. Celui-ci donne son nom à cette période, et constitue le principal gibier des chasseurs venus d’Europe centrale qui suivent ses traces dans la toundra et jusque dans les régions les plus septentrionales comme au Vendsyssel, encore bordé par la banquise.


    - 9500 : Avec l’apparition de forêts de bouleaux blancs, de saules et de conifères, avènement de la culture dite « de Bromme » (dans le Seeland, près de Soro), là où furent découverts en 1944 les vestiges d’un campement sommaire : silex (racloirs, burins, pointes de flèches), objets en bois de renne et restes de nourriture (renne, élan, castor). Aucune trace en revanche ni de hache (pour le travail du bois) ni d’instruments de pêche véritablement élaborés.


    de - 8000 à - 5000 : Développement de la culture dite « de Maglemose », du nom du site archéologique de Seeland occidentale. Les outils en silex se perfectionnent comme le travail des cornes et des os. L’homme de Maglemose confectionne des armes et des instruments adaptés à ses besoins (harpons, lances, flèches), chasse l’aurochs, le lynx et le renard, tresse des nasses de pêcheurs en osier, construit au bord des lacs de véritables cabanes où il revient régulièrement. Artiste, il sculpte dans l’ambre des animaux et réalise sur un os d’aurochs la première représentation humaine jamais retrouvée au Danemark : trois femmes et deux hommes stylisés dont les vêtements sont suggérés par des hachures.

    Simultanément, une culture comparable, dite « de Gudena », voit le jour au Jutland sur les rives sablonneuses des cours d’eau.


    de - 6000 à - 3000 : L’âge du littoral. La fonte des glaciers entraîne l’élévation du niveau de la mer. Si les côtes prennent peu à peu leurs contours actuels, le Nord du Seeland reste longtemps immergé, et le Jutland septentrional se divise en petites et grandes îles. A la faveur d’un climat désormais chaud et humide, les grands arbres touffus (chêne, orme et tilleul) s’imposent au détriment des herbes et des plantes que la lumière ne peut plus atteindre. Privés de nourriture, les grands ruminants (aurochs, élans) disparaissent, tandis que le reste du gibier (cerfs et daims) se rabat vers les prairies ou les clairières du littoral boisé. A leur tour, les populations se déplacent vers les étroites bandes côtières privilégiant désormais la pêche et la chasse au phoque. Cette culture est désignée sous le nom d’Ertebolle, en référence à la ville où fut découvert un kokkenmodding, c’est-à-dire un des ces fameux « débris de cuisine » préhistoriques. Riche de renseignements sur la vie quotidienne, celui-ci constitue sur 150 mètres de long, un amoncellement compact de déchets alimentaires, mais aussi d’objets cassés parmi lesquels de petites lampes à huile en argile et des tessons de poterie. Datant de la même époque, une flûte à cinq cavités, creusée dans un tibia de mouton, et décorée d’animaux stylisés, fut découverte dans l’île de Bornholm.


    - 3000 : Venues du sud, sans doute des régions du Danube, de nouvelles populations capables de cultiver la terre (orge, froment, épeautre) et d’élever des animaux (porcs, vaches, moutons) s’installent au Danemark y initiant ainsi le passage au Néolithique. Ces paysans de l’âge de pierre possèdent un outil révolutionnaire : la hache en silex poli, à l’origine des défrichements, et maîtrisent des techniques plus élaborées de poterie. Ils vivent en clans organisés, réunis dans des villages, ainsi à Barkær dans le Jutland oriental, où deux vastes bâtiments de bois séparés par une chaussée se font face et comportent pas moins de 52 pièces. Pendant plusieurs siècles cependant, le mode de vie apparentée à la civilisation d’Ertebolle va perdurer sur le littoral. A la même époque, le Jutland et les centaines d’îles de la péninsule acquièrent leurs formes actuelles.


    - 2500 : La généralisation de l’agriculture entraîne de nouvelles pratiques funéraires avec l’érection des premiers monuments mégalithiques, sous la forme de dolmens, c’est-à-dire de blocs de pierre verticaux surmontés d’une dalle horizontale.


    - 2300 : Ces tombeaux généralement individuels sont remplacés par des « chambres des géants », conçues comme des tombes collectives, orientées vers l’est, et recouvertes de plusieurs dalles. L’une d’entre elles ne contenait pas moins de cent dépouilles. A l’intérieur, étaient déposés des vases d’argile remplis de nourriture et de boissons pour le séjour des morts. Le vase de Skarpsalling, retrouvé dans le Jutland, est ainsi le plus beau spécimen danois de l’âge de pierre.


    - 2000 : De nouvelles populations pénètrent au Danemark. Sans doute venues des steppes du Sud de la Russie, elles envahissent le Centre et l’Ouest du Jutland, et s’imposent par la force, malgré la résistance des autochtones. Elles introduisent en Europe septentrionale de nouveaux rites funéraires (tombes individuelles recouvertes de tumulus), l’élevage du cheval et de la chèvre et l’usage des charrettes à grosses roues pleines. Leurs redoutables guerriers sont munis d’impressionnantes haches de combat en pierre (granit ou basalte).


    de - 1800 à - 1500 : Période dite « du poignard ». A la fin de l’âge de pierre, les différentes populations parviennent enfin à cohabiter et le poignard se substitue à la hache de guerre. Parmi les plus belles réalisations de l’âge de pierre, on compte à cette époque le poignard d’Hingsval, retrouvé en Fionie. Alors que le travail du métal fait son apparition, les artisans du silex s’en inspirent pour leur propre production. Paradoxalement, celle-ci atteint ainsi son apogée au moment où s’impose peu à peu le bronze.


    de - 1500 à - 500 : La période de l’âge du bronze bénéficie d’un climat chaud et ensoleillé, favorable à l’agriculture. Epargnée par les guerres et les invasions, elle est aussi propice aux échanges commerciaux, notamment avec l’Europe centrale, exportatrice de métal. Se généralise enfin la construction de tumulus funéraires en forme de dôme, destinés aux élites aristocratiques. Alignés sur les crêtes, principalement en Jutland du Nord et en Seeland du Nord-Ouest, ces tombes de 3 à 4 mètres de hauteur façonnent durablement le paysage. Plus de 11 000 tumulus de cette époque ont ainsi été répertoriés sur le territoire danois. Dans le coffre en bois ou en pierre contenant le défunt était souvent déposés objets précieux et mobilier. Certaines parures furent aussi miraculeusement conservées, ainsi celle de la jeune fille blonde d’Egtved, près de Vejle, dans le Jutland de l’Est : une blouse de laine et une jupe en cordelettes, retenue par une ceinture ornée d’un disque pointu en bronze, décoré de motifs en spirales.


    Datant de la même époque, le char de Trundholm, découvert en 1902, dans une tourbière de Seeland, atteste l’existence d’un culte solaire, sans doute lié aux récoltes. Le soleil y est figuré par un disque de bronze recouvert d’une fine couche d’or et légèrement bombé de chaque côté. Il est retenu par un anneau et tiré par un cheval stylisé, fondu à creux, et monté sur un char à six roues.


    Des tourbières danoises furent aussi exhumés d’autres objets emblématiques de l’âge du bronze : les fameux lurs, instruments à vent en forme de trompe, munis en bas d’une embouchure et en haut d’un pavillon circulaire, ponctué de boules décoratives. Retrouvés toujours par paires, dans des marais sacrés, ces lurs, aux sonorités graves et denses, avaient certainement une fonction rituelle.


    Dès les derniers siècles de l’âge du bronze, s’impose l’habitude d’incinérer les corps des défunts jusqu’à l’époque de la naissance du Christ.


    - 400 : Début de l’âge du fer au Danemark, commencé en France depuis déjà 500 ans. L’avènement du fer représente un progrès considérable dans la mesure où le minerai (la limonite des marais) peut être exploité directement sur place sans être importé de contrées lointaines. Le nouveau métal, utilisé pour la confection de nombreux outils et objets, investit ainsi rapidement tous les champs de la vie quotidienne, sans être réservé aux couches supérieures de la société. Pour autant, si les Scandinaves avaient fait preuve de grande créativité à l’époque du bronze, ils ne parviennent pas alors à affirmer un art spécifiquement nordique et demeurent dans ce domaine sous l’influence des Celtes d’Europe occidentale et d’Europe centrale pendant près de 600 ans. On parle pour cette raison d’âge de fer celtique.


    vers - 350 : Le commerçant marseillais Pythéas accomplit son voyage jusqu’à « Thulé » (sans doute en Islande ou en Norvège) puis redescend par le Jutland. A la même époque vécut l’homme de Tollund, dont on retrouva le corps naturellement momifié dans une tourbière à l’ouest d’Aarhus, en 1950. La cordelette placée autour de son cou indique qu’il fut livré en sacrifice, comme de nombreux hommes et femmes des marais environnants. Son corps intact est aujourd’hui exposé au musée de Silkeborg, dans le Jutland.


    vers - 290 : L’homme de Grauballe, découvert pour sa part en 1952, fut égorgé et jeté rituellement dans la tourbière de Neblegard, dans le Jutland. Son corps demeuré en parfait état de conservation est visible au musée Moesgard d’Aarhus. Sa mise au jour confirma la pratique de sacrifices humains durant la période de l’âge de fer celtique.


    vers - 250 : A cette date, fut déposé sur l’île d’Als, dans un marais sacré de Hjortspring, le plus ancien bateau nordique jamais retrouvé. Mesurant dix-neuf mètres de long et deux de large, il n’avait ni quille ni mât, mais pouvait contenir jusqu’à 24 rameurs.


    entre - 200 et - 100 : Réalisation sans doute en Gaule du fameux chaudron d’argent dit « de Gundestrup », du nom du village danois où il fut découvert en Himmerland. Mesurant 69 centimètres de diamètre, il est constitué d’une vasque décorée dans sa partie supérieure de douze plaques internes et externes, figurant des scènes de la mythologie celtique, avec des représentations de Cernunnos, de Taranis, de joueurs de carnyx (instrument de musique militaire, de la famille des cuivres).


    Certains historiens expliquent la présence de ce chaudron celtique au Danemark par l’expédition des Cimbres et des Teutons. Peuples germaniques originaires du Nord du Jutland, ces derniers, accompagnés de femmes et enfants, traversèrent entre 113 et 101 avant J.-C. la Bohème, la Gaule et le Nord de l’Espagne et semèrent la terreur tout en se jouant des légions romaines. Le départ de leur terre natale fut sans doute motivé par les dégradations climatiques subies par les populations nordiques durant le premier âge du fer (froid et précipitations entraînant de constantes inondations et des récoltes souvent catastrophiques). Après un long périple, ils furent définitivement défaits par Marius en 101 avant J.-C., près de la ville italienne de Verceil. Le chaudron aurait été renvoyé peu avant au pays d’origine, tel un magnifique trophée, pour implorer la protection des dieux dans les combats à venir.


    5 après J.-C. : A l’époque d’Auguste, les Romains, alors présents en Germanie, accostent pacifiquement au Jutland et tissent immédiatement des relations d’amitié avec les autochtones, sans jamais les coloniser. Au Danemark, l’âge de fer romain succède ainsi à l’âge de fer celtique, car c’est avec l’Empire romain que les Scandinaves nouent dorénavant d’importantes relations commerciales. Les morts sont à nouveau inhumés et les sépultures de cette époque confirment l’influence du monde gréco-latin dans la culture danoise. La tombe découverte en 1920 à Hoby, dans une île du Sjelland abritait, parmi d’autres objets et pièces de mobilier, deux gobelets d’argent, décorés de scènes en relief de l’Iliade et de l’Odyssée, et un chaudron réalisé à Capoue.


    vers 77 : Pline l’Ancien évoque dans son Histoire naturelle la Scatinavia, en référence sans doute à la Scanie (à l’extrémité sud de la Suède), ou encore à l’ensemble de la péninsule scandinave.


    98 : Dans son ouvrage consacré à la Germanie, Tacite évoque Nerthus, la déesse de la fécondité vénérée par les habitants du Jutland et promenée périodiquement sur un char. Une fois le rituel achevé, celui-ci était lavé dans un lac par des esclaves, eux-mêmes noyés sitôt leur tâche achevée. Or, en 1881, la découverte près de Skjern, dans le Jutland, de deux chars d’apparat, parés de bronze délicatement ouvragé et datés de l’âge de fer celtique, vint corroborer les descriptions de l’historien romain.


    140 : Sur sa carte du monde, Ptolémée mentionne le Jutland comme « péninsule des Cimbres », auprès desquels vivent aussi les Charudes, les Angles et les Jutes, qui donneront leur nom au Jutland. Dans la péninsule scandinave, il localise aussi les Svear, sur le territoire de la Suède actuelle et, plus au sud, les Daneoines, faisant alors référence à ceux qui deviendraient les Danois.


    entre 200 et 600 : Le Danemark semble livré à d’incessantes guerres, comme l’indiquent la multitude d’armes brisées ou tordues retrouvées en Fionie et au Jutland. On peut y voir les traces de conflits entre les différentes peuplades locales, notamment entre les Danois et les Hérules.


    vers 310-350 : Construction du bateau de Nydam, du nom de la tourbière où on le retrouva en 1863. Mesurant 23 mètres de longueur sur 3 mètres de large, sa coque en chêne, munie de bordages à clin, pouvait contenir jusqu’à 45 hommes. Si sa taille approchait déjà celle des futurs bateaux vikings, l’absence de quille et de voile ne permettait pas de navigation au long cours. Dans sa conception, il rappelle à la fois le canot à charpente de bois de l’âge du bronze et la barque en bois plus élaboré de l’époque romaine.


    400 : La dislocation de l’Empire romain fait entrer le Danemark dans la troisième période de l’âge de fer, dite « l’âge de fer germanique ». Elle se prolongera pendant près de quatre siècles. Les découvertes archéologiques révèlent que cette période fut la plus riche en or de toute la Préhistoire avec la mise au jour de nombreux objets et bijoux ouvragés. On compte parmi eux les cornes de Gallehus, exhumées toutes deux à Mogeltonder, dans le Jutland méridional, l’une en 1639 et l’autre quelques mètres plus loin, en 1734. Décorées de motifs en ronde-bosse stylisés, représentant des guerriers, des animaux et des figures mythologiques, elles servaient sans doute de cornes à boire ou encore d’instruments cultuels de musique. Malheureusement, elles furent dérobées en 1802 au musée d’Or royal, puis fondues sans scrupule par l’auteur du méfait. Leur copie, exposée au Musée national du Danemark, fut réalisée à partir de dessins anciens. La plus petite d’entre elles portait une inscription runique, la plus ancienne retrouvée sur le sol danois : « Moi, Laegaest, descendant de Holt, j’ai fait cette corne ! » A cette date, l’alphabet runique, attesté en Norvège dès le IIIe siècle, est connu aussi des peuples germaniques septentrionaux du Danemark. Désigné sous le nom d’ancien futhark, il comptait alors 24 lettres.


    551 : Dans son Histoire des Goths, Jordanes, historien de langue latine, évoque les Danois originaires de Skandia et les décrit comme plus grands que les Svear eux-mêmes, déjà connus pour leur taille immense. D’après lui, les Danois auraient chassé les Erules.


    entre 600 et 800 : Au sein du monde scandinave uni sur le plan linguistique par un idiome commun, le Danemark s’organise en entité propre et s’étend alors sur un territoire plus important que celui d’aujourd’hui, réparti en trois grandes régions : à l’est la Scanie et le Halland (appartenant aujourd’hui à la Suède), au centre la Seeland et les îles avoisinantes, à l’ouest la Fionie et le Jutland (comptant la partie aujourd’hui allemande du Slesvig).


    vers 700 : Composition en vieil anglais du poème épique Beowulf, long de 3 000 vers. Il repose sur la légende scandinave de Beowulf, neveu du roi des Geats (en Suède), parti tout jeune encore au Danemark pour terrasser le monstre Grendel, amateur de chair humaine. De retour chez les siens, Beowulf montera à son tour sur le trône et, cinquante ans plus tard, au terme d’un règne illustre, sera mortellement blessé dans le combat victorieux contre un terrible dragon qui menaçait son peuple.


    entre 700 et 800 : A la fin de l’âge de fer, les lettres de l’alphabet runique passent de 24 à 16. C’est que l’on appelle le nouveau futhark. Cette période semble correspondre à un repli sur soi du Danemark, sans exception du Jutland, séparé du continent par d’épaisses forêts. Dans la tradition épique et littéraire, elle correspond aussi à celle des rois légendaires, dont les gestes et hauts faits se transmettent alors par la tradition orale. Exception faite du Beowulf, composé dans la sphère anglo-saxonne, ces légendes ne seront retranscrites par écrit par les chroniqueurs danois qu’aux XIIe et XIIIe siècles. D’après celles-ci, Skjolf fonda à Lejre, en Seeland, la première dynastie danoise, connue sous le nom des Skjoldung. Si sa réalité historique n’a pu être démontrée, l’hypothèse qu’elle soit issue des Danois évoqués par Jordanes dans son Histoire des Goths a été soulevée. Il s’agirait alors ce cette peuplade originaire de Scanie et ayant étendu sa domination sur le Jutland après en avoir chassé les Hérules. D’après la légende enfin, la dynastie des Skjoldung se serait éteinte sous le règne de Harald Hildestand (c’est-à-dire Harald Dent-de-Combat), lors de la bataille de Bravalla en Ostergötland, en Suède.

     

    A partir du IXe siècle, les Vikings, marchands et marins scandinaves mués en redoutables guerriers, déferlent vers l’Europe, incapable le plus souvent d’opposer une résistance efficace. Leurs raids armés nous sont connus par les chroniques des moines francs ou anglo-saxons qui décrivent les pillages et massacres dont ils sont victimes. Par ailleurs, si la langue commune aux Suédois, Norvégiens et Danois est appelée jusqu’au Xe siècle la langue danoise, on distingue parmi les différents peuples scandinaves deux groupes d’expansion viking : les Danois et les Norvégiens d’une part et les Suédois ou Varègues d’autre part. Les seconds partiront par la Baltique en direction de l’Europe de l’Est et de la future Rus de Kiev, tandis que les premiers privilégieront la route de l’ouest. Les Norvégiens partiront ainsi à la conquête des îles Féroé et Shetland, des Hébrides, de l’île de Man, de l’Ecosse et de l’Irlande, coloniseront les premiers l’Islande et le Groenland, avant d’accoster en Terre-Neuve. En revanche, les Danois lanceront principalement leurs assauts sur l’Angleterre et la France. A partir du Xe siècle cependant, leurs expéditions deviennent avant tout pacifiques et marchandes. Leur savoir-faire dans les domaines de la construction navale et de la navigation à voile, laisseront des traces durables dans leur royaume du Danelag, en Grande-Bretagne, mais aussi dans le prestigieux duché de Normandie, fondé en 911. En matière juridique et législative, le recours aux jurys et la formation d’assemblées consultatives sont aussi directement hérités des Vikings, habitués des things, assemblées politiques et judiciaires. Celles-ci témoignent d’une organisation sociale avancée et d’une aspiration élevée à l’égalité entre les hommes.



    A partir de 700 sont installées les premières tombes du célèbre cimetière de Lindholm Hoje, près d’AAlborg, dans le Jutland. Sa partie la plus ancienne, au nord, remonte jusqu’à l’an 1000, tandis que sa partie sud est datée de la première moitié du XIe siècle. A ce jour, 700 tombes y ont été mises au jour. Nombre d’entre elles sont délimitées par un enclos de pierre en forme de navire.


    725 : L'archevêque Willibrord d’Utrecht se rend au Danemark après avoir évangélisé les Frisons. Il y décrit « un roi plus dur que la pierre et plus sauvage qu’un animal ».


    776 : Le chef saxon Widukind, mis à mal par Charlemagne, se réfugie chez le roi danois Sigfred.


    789 : Alcuin, célèbre conseiller de Charlemagne, se demande dans un de ses écrits : « Y a-t-il quelque espoir de convertir les Danois ? »


    juin 793 : Attaque de l’île de Lindisfarne (aujourd’hui Holy Island) au large de la côte du Northumberland près de la frontière actuelle entre l’Angleterre et l’Ecosse. C’est le début des attaques vikings en Europe occidentale.


    808 : L’empire de Charlemagne s’étend progressivement vers le nord (conversion des Saxons, mais aussi de peuplades slaves). Le roi danois Gotfred, successeur de Sigfred, fait construire face à la menace franque des fortifications au sud du royaume. Il s’agit du Danevirke, mur de pierre et de terre, bordé à l’ouest par l’océan Atlantique, à l’est par la mer Baltique, et barrant entre les deux la frontière terrestre du Jutland.


    808-809 : Fondation d’Hedeby, la première ville danoise, au cœur du Slesvig, important carrefour commercial entre l’Europe et la Scandinavie, mais aussi point de départ, via la Baltique et les fleuves de l’Europe de l’Est, vers Constantinople (par la mer Noire) et vers Bagdad (par la mer Caspienne). Dans la première moitié du IXe siècle seront aussi édifiées les villes de Ribe, Alborg et Vibourg, de moindre importance.


    810 : Gotfred et ses guerriers vikings arment une flotte de deux cents navires pour attaquer et soumettre la Frise. Mais il est assassiné à peine revenu au pays.


    811 : Hemming, son neveu et successeur, signe la paix avec Charlemagne, avant de mourir à son tour. Le fleuve Ejderen (Eider en allemand) devient la frontière avec l’empire d’Occident et, plus tard, entre l’Allemagne et le Danemark jusqu’en 1864.


    826 : Moine bénédictin de Corbie, Anschaire de Brême (801-865) arrive au Danemark. Il est considéré comme le premier grand évangélisateur de la Scandinavie. La même année, le roi danois Harald Klak est baptisé en l’abbaye Saint-Alban devant Mayence. Son parrain n’est autre que Louis le Pieux.


    827 : Harald Klak est destitué et chassé du Danemark. Son rival Horik, dernier fils survivant du roi Gotfred, monte à son tour sur le trône, mais refuse obstinément d’embrasser la religion chrétienne.


    829 : Anschaire quitte Hedeby pour gagner la cité suédoise de Birka.


    831 : Anschaire est nommé archevêque de Hambourg par le pape Grégoire IV.


    834 : Début des raids danois vers l’Angleterre. La même année, pillage de la florissante ville de Dorestad sur le Rhin, au sud-est d’Utrecht.


    836 : Les Vikings incendient Anvers, au fond de l’estuaire de l’Escaut.


    840 : Mort de Louis le Pieux.


    841 : Les Danois font leurs premières excursions dans le royaume de France. D’après les Annales françaises, « les pirates danois, venus des rives du Nord, firent irruption sur le territoire de Rouen, et, promenant partout la fureur du pillage, du fer et des flammes, livrèrent la ville, les moines et le reste du peuple au carnage et à la captivité, dévastèrent tous les monastères, ainsi que tous les autres lieux voisins de la Seine, ou les laissèrent remplis d’effroi, après en avoir reçu beaucoup d’argent ».


    843 : Nantes est détruite à son tour. La même année, le traité de Verdun consacre le partage de l’empire entre les trois fils de Louis le Pieux : Charles le Chauve, Lothaire Ier et Louis le Germanique. Héritier de la France médiane, Lothaire Ier concède l’île de Walcheren aux chefs danois Harald et Rorik.


    844 : Prise et pillage de Séville, de Cadix, de Malaga, d’Algésiras, puis, aux Baléares, de Majorque et de Minorque. Dans le royaume de France, les Vikings dévastent la côte aquitaine.


    845 : La ville de Hambourg est mise à sac par le roi danois Horik, à la tête d’une flotte de six cents navires. Au mois de mars de la même année, cent vingt drakkars remontent la Seine jusqu’à Paris. Ne disposant pas d’une armée à même de contrer les envahisseurs, Charles le Chauve préfère pactiser avec eux et obtient que la cité soit épargnée en échange de 7 000 livres. En principe, cette rançon ou danegeld devait garantir durablement le royaume de France contre toute autre attaque viking, mais ce pacte, illusoire et fragile, fut bien vite rompu.


    848 : Bordeaux est prise ainsi qu’Orléans.


    849 : Périgueux est à son tour dévasté par les Vikings. La même année, l’archevêché de Hambourg est transféré à Brême. Au IXe siècle, l’Angleterre est la cible privilégiée des Danois. D’après la Chronique anglo-saxonne, une flotte de trois cent cinquante navires vikings venant de France passa au milieu du IXe siècle en Angleterre.


    850 : Pillage de Londres et de Canterbury par les Vikings. Peu après, Ethelwulf, roi du Wessex, parvient à défaire leur armée, mettant ainsi un premier terme à leurs incursions. A la même époque, le roi Horik autorise Anschaire de Brême à construire une église à Hedeby au Slesvig, puis une deuxième à Ribe, sans pour autant adhérer au christianisme. Cette seconde tentative d’évangélisation n’a de fait qu’un impact limité.


    851-852 : Le chef Asger et ses hommes s’installent dès l’hiver dans la région de la Seine, avant de lancer des attaques en Aquitaine.


    852 : L’île d’Oscellus (actuellement île de Jeufosse, dans l’Eure) devient une base arrière quasi-permanente.


    853 : Les Vikings s’emparent de Beauvais, puis de Nantes.


    854 : Mise à sac et incendie de la ville de Tours.


    858 : La ville de Chartres est ravagée, puis Bayeux et Evreux. Saint-Denis échappe à la destruction en échange d’une rançon.


    859 : Mise à sac d’Amiens et de Noyon. L’abbé de Saint-Denis est enlevé, puis libéré en échange d’une importante rançon.


    860 : Mise à sac de Luna, sur la côte ligure, par le chef viking Hasting.


    862 : Saccage de Meaux par les Vikings. L’évêque Hildegaire, témoin de leurs exactions, rapporte : « Les temps sont tristes car les ravages des païens ont répandu une désolation générale. Les rivières portent encore la teinte du sang des victimes et charrient une foule de cadavres en putréfaction. »


    863 : Les Vikings pillent pour la huitième fois en trente ans le port de Dorestadt, qui ne s’en relèvera pas.


    864 : Charles le Chauve réunit comtes et évêques à Pîtres, à la confluence avec l’Andelles et l’Eure, pour élaborer un plan de défense. On décide entre autres l’interdiction de tout commerce d’armes et de chevaux avec l’ennemi ainsi que l’édification d’un pont fortifié.


    865 : Saccage de Poitiers et du Mans par les Vikings. Anschaire, l’apôtre du Nord, s’éteint à Brême. Il est canonisé par le pape Nicolas Ier, peu de temps après sa mort. La même année, les Danois investissent l’Est-Anglie d’où ils avancent irrésistiblement vers le Nord de l’Angleterre, avant de revenir vers le sud et l’est.


    866 : Avec l’aide des Bretons, Robert le Fort, comte de la Marche et de l’Anjou, parvient à battre les Normands, mais l’accalmie n’est que de courte durée.


    866 : Prise d'York.


    867 : Prise de Nottingham.


    871 : Pillage de Londres.


    872 : Attaque de Cambridge et d’Angers.


    876 : Fondation d’un royaume viking indépendant dans l’Est de l’Angleterre, sur les territoires de l’East Anglia et de la Northumbrie. Ce royaume était appelé le Danelaw, c’est-à-dire le pays régi par la loi danoise. Il regroupait cinq villes principales, dites encore aujourd’hui les five boroughs : Derby, Leicester, Lincoln, Nottingham et Stamford.


    877 : Mort de Charles le Chauve. Le Wessex, gouverné par le roi Alfred, est la proie du chef viking Gudrum.


    878 : Le roi Alfred reprend les rênes du Wessex et ne cesse à partir de cette date d’étendre son territoire vers le sud et l’ouest de l’Angleterre. Le pays est ainsi partagé entre le royaume véritablement anglo-saxon et celui du Danelag, toujours aux mains des Danois.


    882 : Sacré empereur l’année précédente, Charles le Gros assiège le camp viking d’Elsloo, sur la Meuse, au nord de Maastricht, mais n’obtient le départ des chefs Sigfred et Godfred, que contre 2 080 livres d’or. Ces derniers ravagent alors les régions françaises de la Somme, de l’Aisne et de l’Oise.


    883 : Après le sac d’Amiens, le roi Carloman négocie douze années de paix contre une rançon de 12 000 livres.


    884 : Dès la mort de Carloman, le chef Sigfred rompt l’accord de paix.


    885-886 : Siège de Paris par la plus importante armée viking jamais réunie. Le moine franc Abbon de Saint-Germain évoque une flotte de sept cents drakkars ainsi que quarante mille guerriers danois et norvégiens. Face à ce déploiement, le comte Eudes cherche d’abord à défendre la ville, dont les habitants résistent héroïquement pendant dix longs mois. Mais il n’a finalement pas d’autres choix que de solliciter l’aide de l’empereur Charles le gros. Celui-ci se plie aux exigences des assaillants en payant une rançon de sept cents livres d’argent. Pour s’en débarrasser totalement, il les autorise même à ravager la Bourgogne.


    889 : mort du roi Alfred.


    891 : Les Vikings pillent Noyon.


    entre 892 et 896 : Les Danois concentrent leurs attaques sur l’Angleterre avant de réapparaître dans les régions de la Somme et de la Seine.


    900 : Au début du Xe siècle, est enseveli en Fionie le bateau-tombe de Ladby, du nom du site où il fut découvert en 1935. A cette époque, le parler commun aux Suédois, Danois et Norvégiens était encore connu sous le nom de langue danoise.


    911 : Le roi des Francs, Charles III, dit « le Simple », conclut un traité de paix avec le chef viking Rollon, d’origine norvégienne. Après avoir pris Rouen et Evreux, celui-ci doit reculer devant Chartres et Paris, et accepte la paix de Saint-Clair-sur-Epte en échange du duché de Normandie. Ses cinq mille guerriers, en majorité des Danois, reçoivent alors le baptême et se reconnaissent vassaux du roi de France. Jusqu’au milieu du Xe siècle, Rouen sera désignée comme Urbs Danorum.


    920 : Les Danois du Danelag sont contraints de reconnaître la souveraineté du roi anglais Edouard l’Ancien.


    930 : L’Etat du Danelaw est désormais incorporé à un ensemble anglais plus important.


    937 : Les Danois du Danelag veulent s’affranchir par les armes de la tutelle anglaise, mais sont vaincus à la bataille de Brunanbuhr par Ethelstan, fils d’Edvard.


    952 : Signature de la paix entre le souverain anglais et les Danois du Danelag.


    entre 930 et 960 : A Jelling (dans l’Est du Jutland), deux tumulus à toit plat, de 70 mètres de diamètre et de 11 mètres de haut constituent un véritable monument royal, sous les règnes de Gorm et de son fils Harald à la Dent bleue. S’il est possible que leur construction soit antérieure au Xe siècle, le site, classé au patrimoine mondial par l’Unesco, est célèbre pour ses deux pierres runiques, datées respectivement de 930 et de 960. La première, la plus petite, porte l’inscription : « Le roi Gorm a construit ce monument pour sa femme Thyra, ornement du Danemark. » La seconde, dite « grande pierre de Jelling », témoigne de la conversion du peuple danois au christianisme, avec la première représentation nationale de Jésus sur la croix et cette inscription sans équivoque : « Le roi Harald fit faire ces stèles pour Gorm son père et pour Thyra sa mère, ce Harald qui conquit le Danemark entier et la Norvège et fit chrétiens les Danois ». Elle est aussi appelée « l’Acte de baptême du Danemark ». Sur la troisième face de la grande pierre de Jelling est aussi représenté un serpent aux prises avec un animal fabuleux.


    986 : Mort d’Harald à la Dent bleue. Durant son règne, il a favorisé l’implantation des évêchés de Schleswig, Ribe et Aarhus dans le Jutland. A l’extérieur, il a combattu les Suédois et les Norvégiens demeurés païens. Par ailleurs, les fameux camps retranchés découverts sur le sol danois à partir des années trente semblent, pour la plupart, avoir été érigés à son époque, ou peu après sa mort, lorsque son fils Svend à la Barbe fourchue monta sur le trône. De forme rigoureusement circulaire, ces camps fortifiés étaient percés de quatre ouvertures correspondant aux quatre points cardinaux, et traversés de long en large de deux rues perpendiculaires, répartissant l’espace en quatre parties de dimension égale. Dans chacune d’elles, étaient érigées quatre bâtisses identiques, regroupées en un même carré. A ce jour, cinq camps de ce type ont été mis au jour au Danemark : à Trelleborg, Aggersborg, Borrering, Fyrkat et Nonnebaken. Par ailleurs, le camp de Jomsborg uniquement connu par les textes est décrit comme une véritable base militaire, d’où pouvaient être préparées de vastes offensives. Seuls les hommes à même de combattre et âgés de quinze à cinquante ans y étaient admis, dans le respect absolu de la discipline et de conditions de vie particulièrement spartiates.


    à partir de l’an 1000 : Deux groupes linguistiques se détachent sur l’ensemble de la Scandinavie, avec d’un côté la Suède et le Danemark et, de l’autre, la Norvège et l’Islande. Par ailleurs, Danois et Norvégiens lancent de nouveaux raids contre l’Angleterre, mettant ainsi fin à une longue période d’accalmie. Remontant la Tamise, des centaines de navires vikings gagnent le Kent, le Sussex, l’Essex et le Hampshire, avant d’atteindre le pays de Galles et la Cornouailles. Sur le plan archéologique, les cinq bateaux découverts entre 1957 et 1962 au fond du fjord de Roskilde sont datés de cette époque, au début du XIe siècle. On compte parmi eux deux knarrs, conçus pour le transport des marchandises, et deux drakkars, navires de guerre mesurant l’un 28 et l’autre 18 mètres de long. Tous sont pourvus de rames, mais aussi d’une voile et d’une quille. La partie sud du cimetière de Lindhom Hoje, au nord d’Aalborg, appartient aussi à cette ultime phase de la période viking. A la même époque, le Danemark se développe aussi comme société agricole avec des villages, parsemés dans tout le pays.


    1001 : Destruction de Chester, de Londres et de tous les villages de la côte sud-ouest de l’Angleterre.


    13 novembre 1002 : En guise de représailles, le roi anglais Ethelred II ordonne secrètement le massacre de tous les Danois d’Angleterre, le jour de la Saint-Brice. Cette funeste décision ne fait que raviver l’ardeur guerrière des Vikings danois, menés par le roi Svend à la Barbe fourchue (986-1014). S’ensuivent cinq années de terribles ravages, avec l’aide des Vikings de Normandie.


    1016 : L’Angleterre est entièrement soumise et après la victoire d’Assadun, dans l’Essex, Knud le Grand, fils cadet du roi Svend à la Barbe fourchue est proclamé roi d’Angleterre. Pour renforcer sa position, il ne tarde pas à épouser Emma, la veuve de son rival et prédécesseur, l’ancien roi Ethelred II.


    1018 : Knud succède à son frère aîné Harold II, sur le trône du Danemark. Pendant son long règne, son empire s’étendra jusqu’à l’Angleterre, la Norvège et la Scanie (actuellement en Suède occidentale).


    1027 : Le roi Knud se rend à Rome et assiste à la cérémonie de couronnement de l’empereur Conrad II.


    1028 : Knud le Grand chasse de Norvège le roi Olav Haraldsson, futur saint Olaf.


    12 novembre 1035 : Mort de Knud le Grand à Shaftesbury. ll est enterré dans la cathédrale de Winchester, sur ces terres anglaises où il avait depuis longtemps élu résidence. Son fils Hardeknud, autrement dit « Knud le Hardi », lui succède sur le trône du Danemark. En Norvège en revanche, c’est Magnus, fils de saint Olav, qui est reconnu roi.


    1040 : Knut le Hardi devient roi d’Angleterre. Autoritaire et impopulaire, il impose sans cesse de nouvelles taxes à ses sujets et, une année après le début de son règne, réprime dans le sang la révolte de Worcester. Certains ont voulu voir dans cet épisode l’origine de la légende anglaise de Lady Godiva, une comtesse anglo-saxonne du XIe siècle qui aurait traversé à cheval et totalement nue, la ville de Coventry, pour convaincre son mari de baisser les impôts imposés aux habitants.

    Magnus Ier, déjà roi de Norvège, succède à Knut le Hardi sur le trône du Danemark.


    1047 : Svend II du Danemark, dit « Svend Estridsen » devient roi à son tour. Neveu de Knud le Grand, il renforce l’autorité royale tout en reconnaissant le christianisme comme religion officielle du Danemark.


    1066 : Bataille d’Hastings. Guillaume de Normandie conquiert l’Angleterre. C’est la fin de la période viking.

     

    Entre le XIe et le XIIIe siècle, s’implante peu à peu au Danemark un régime féodal, fortement hiérarchisé, en même temps que s’achève la christianisation du pays. Les liens de vassalité instaurés entre le roi et les grands seigneurs permettent ainsi d’élargir l’autorité royale, tandis que l’Eglise, à la tête désormais d’un clergé organisé, garantit la légitimité du souverain et, éventuellement, de sa lignée. Si l’assassinat de Knut Lavars en 1131 allait entraîner pendant vingt-cinq ans conflits et sourdes rivalités, l’arrivée au pouvoir en 1157 de son fils Valdemar allait inaugurer l’ère dite « des Valdemar », période d’apogée de la civilisation médiévale au Danemark et véritable acte de naissance de l’Etat danois.


    Plus vaste qu'aujourd’hui, le Danemark s’étend alors sur trois grandes régions : la Scanie (comprenant la côte sud-ouest de la Suède actuelle et l’île de Bornholm), le Seeland et enfin le Jutland (comprenant la Fionie). Elles-mêmes sont divisées en Lands, regroupés autour d’un thing. A partir du XIIIe siècle, les villes danoises se multiplient et favorisent l’essor de la bourgeoisie. Fidèles à leurs traditions maritimes et marchandes, les Danois mènent une politique d’expansion commerciale, qui concurrence dans la Baltique les marchands de la Hanse. Le Danemark occupe dès lors une place prépondérante dans la vie économique et politique de l’Europe du Nord et du monde germanique.



    1074 : Mort du roi Sven Estridsen. Durant son règne, celui-ci a cherché à affermir le pouvoir royal tout en s’appuyant sur l’Eglise, qui compte désormais au Danemark huit évêchés. Mais les prérogatives royales demeurent encore limitées face aux things, encore très puissants. Après lui, cinq de ses fils monteront successivement sur le trône, à commencer par Harald dit Hen, c’est-à-dire « pierre tendre ».


    vers 1075 : Rédaction par le chanoine Adam de Brême de la Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum, relatant l’histoire de l’Eglise dans les pays septentrionaux d’Europe depuis le règne de Charlemagne. Le quatrième et dernier livre est consacré au Danemark à travers les figures de saint Anschaire et de Knut le Grand. Aux yeux du chroniqueur, « si toutes les régions de la Germanie nous effraient par la profondeur de leurs forêts, le Jutland est encore plus terrible que les autres ». Véritable repaire de pirates sur ses côtes, et ne disposant à l’intérieur que de terres hostiles, le Jutland est déjà doté cependant de villes importantes, à l’image de Ribe, Aarhus et AAlborg. Beaucoup plus fertiles et peuplées, la Fionie, la Seeland et enfin la Scanie apparaissent sous un jour nettement plus favorable. Cependant, si la Scanie compte déjà trois cents églises, les progrès de la christianisation sont jugés encore bien insuffisants à l’échelle du pays tout entier, et les mœurs et lois des Danois souvent incompatibles avec les exigences morales de la nouvelle religion.


    1080 : Knud, fils lui aussi de l’ancien roi Sven, monte à son tour sur le trône du Danemark. Tout en apportant son soutien à l’Eglise, il se rend très vite impopulaire par les lourds impôts et la justice expéditive qu’il entend imposer à ses sujets.


    1086 : Révolte contre le pouvoir royal au camp fortifié d’Aggersborg, en Jutland du Nord, alors que Knud y préparait une attaque contre l’Angleterre. Contraint à la fuite, il atteint Slesvig, puis Odense, où ses ennemis le massacrent à coups de haches en l’église Saint-Alban. Son frère Oluf, nettement plus apprécié des barons du royaume, est alors élu roi par les things danois. Ses neuf années de règne seront malheureusement marquées par de désastreuses récoltes, interprétées comme un châtiment divin pour le meurtre de Knud.


    1095 : A la mort d’Oluf, Erik, un quatrième fils de Sven et l’un des plus fervents défenseurs de son frère Knud, est élu sur le trône. On ne tarde pas à le surnommer Erik-Toujours-Bon.


    1101 : Malgré sa réputation de tyran, Knud, défenseur de l’Eglise, est canonisé et ses reliques placées sur le maître-autel de l’église Saint-Alban, où il a été assassiné.


    1103 : Le roi Erik meurt à Chypre alors qu’il accomplit un pèlerinage en Terre Sainte.


    1104 : Rome érige la ville de Lund, en Scanie, au rang d’archevêché. Asser y devient primat des églises de Danemark, de Norvège et de Suède. La même année, Niels, fils de Svend Estridsen, est élu roi. Ce dernier parvient à imposer ce qui avait valu la mort à Knud : la levée nationale et la mise à l’amende pour tous ceux qui ne s’y rendraient pas. Sous son règne, le pouvoir royal s’appuie désormais sur un chancelier et un sénéchal, à la tête d’une véritable administration centrale. Dans les provinces, Niels nomme des représentants locaux, avec, notamment, aux frontières, les jarls (qui deviendra Earl en anglais), dignitaires chargés de défendre le royaume.


    1105 : Naissance de l’art roman avec, entre autres, la construction de la cathédrale romane de Lund, achevée seulement cent ans plus tard. Entre le XIIe et le XIIIe siècle, près de deux mille églises voient le jour au Danemark.


    1115 : Le roi Niels nomme son neveu Knud Lavard, fils d’Erik-Toujours-Bon, jarl du Slesvig. Cette région était constamment la cible des Vendes, population slave répartie de l’autre côté de la frontière, et dont Knud Lavard viendra à bout.


    1117 : Malgré la demande d’accommodement formulée par le roi Niels, le pape Pascal II réitère avec force l’obligation au célibat des prêtres.


    1129 : Knud Lavard ne se contente pas de sa position de jarl, mais achète aussi à l’empereur Clothaire le droit de régner sur les Obodrites, des Slaves installés près de l’actuelle Lübeck en Allemagne.


    7 janvier 1131 : Magnus, fils du roi Niels, inquiet de l’ascension de son cousin et rival, tue de ses propres mains Knud Lavard, après l’avoir attiré dans la forêt de Haraldsted, près de Ringsted, en Seeland. La famille de Knud Lavard se révolte alors contre le pouvoir royal. Une semaine après la mort de Knud, son fils Valdemar voit le jour.


    1134 : Les troupes royales sont définitivement battues par Erik, frère de Knud Lavard. Magnus et Niels sont tués tour à tour. Erik, connu sous le nom de Emune, c’est-à-dire « dont on se souviendra toujours » monte à son tour sur le trône.


    1137 : Erik, à qui est reprochée sa brutalité, est assassiné à Ribe, en plein thing. Son neveu Erik-Lam-dit-l’Agneau lui succède. L’archevêque Asser meurt la même année. Son neveu, Eskil, évêque de Roskilde, lui succède.


    1144 : Eskil fait venir des moines français appelés à fonder le premier monastère cistercien d’Europe du Nord à Herrisvad, en Scanie.


    1146 : Erik-Lam-dit-l’Agneau choisit de se retirer du monde et abandonne ses prérogatives royales. Il devient simple moine à Odense avant de s’éteindre le 22 août. Son abdication entraîne des rivalités de pouvoir entre trois prétendants au trône, qui acceptent finalement de se partager le royaume.


    1150 : Naissance de l’historien danois Saxo Grammaticus, dit « le Styliste », mort en 1220.


    1152 : L’archevêque Eskil se rend en personne à Clairvaux, et obtient auprès de saint Bernard l’envoi de nouveaux moines français à Esrom cette fois, en Seeland du Nord. Frédéric Barberousse est couronné roi des Romains avant d’être sacré empereur en 1155.


    Au milieu du XIIe siècle, la ville de Slesvig commence à éclipser par son importance l’ancien centre cosmopolite de Hedeby. De manière générale, le nombre des villes ne cesse de s’accroître et l’on voit naître à cette époque Malmö en Scanie, Elseneur en Seeland, Nykobing sur l’île de Falster ou Middelfart en Fionie.


    1155 : Eskil entreprend un voyage à Rome et obtient du pape Adrien IV la reconnaissance de sa suprématie sur l’Eglise de Suède. Mais, lors de son voyage de retour, il est attaqué en Bourgogne et fait prisonnier par l’empereur Barberousse.


    1156 : L’homme d’Eglise Absalon, proche du futur roi Valdemar, revient au Danemark après un séjour de dix ans en France.


    août 1157 : Alors qu’on s’apprête à entériner le partage du Danemark, Sven, fils d’Erik-Emun, feint la réconciliation avec ses deux rivaux pour mieux s’en débarrasser lors de festivités organisées à Roskilde. Si l’un d’entre eux trouve la mort, le second, Valdemar, fils de Knud Lavard, parvient à s’enfuir.


    octobre 1157 : A la tête d’une puissante armée, Valdemar, âgé de 26 ans, écrase définitivement Sven à Grathe Ede, le 23 octobre. C’est le début de « l’ère des Valdemar ». Au même moment, a lieu la diète de Besançon, inaugurant la célèbre lutte entre le Sacerdoce et l’Empire. Dépêché sur place par le pape, le cardinal Rolando Bandinelli exige entre autres la libération d’Eskil.


    1158 : Eskil, délivré, reprend ses fonctions d’archevêque du Nord, tandis qu’Absalon devient évêque de Roskilde. La même année, fondation par le roi Valdemar d’un nouvel établissement cistercien sur l’ancien site de Vitskol (aujourd’hui Bjornsholm). Plus vaste que la cathédrale de Lund, l’église de Vitskol est édifiée sur le plan de celle de Cîteaux.


    1159 : Le cardinal Rolando Bandinelli devient pape sous le nom d’Alexandre III. En réaction, Frédéric-Barberousse fait élire l’antipape Victor IV. Or, si Eskil reconnaît Alexandre III, Valdemar, vassal de Frédéric Barberousse, se range du côté de Victor IV. Eskil est alors contraint à l’exil.


    1160 : Valdemar renforce par un mur de briques le Danevirke, système de fortifications, mis en place sous le règne du roi viking Godfred.


    1167 : Fondation de Copenhague par Abasalon (1128-1201), évêque de Roskilde. La ville devient en quelques années un port prospère.


    1169 : Les Danois, en guerre avec les Vendes, assiègent l’île de Rügen. Demeurés païens, les Vendes, tribu slave installée au bord de la Baltique, adorent Svantevit, un dieu à quatre têtes. Mais à la faveur d’un éboulement, les habitants du port d’Arkona finissent par se rendre et acceptent de se convertir au christianisme. Bientôt intégrés au diocèse de Roskilde, ils sont alors soumis à l'impôt et doivent participer aux guerres du roi de Danemark.


    1170 : Après avoir rappelé Eskil auprès de lui, Valdemar accepte de reconnaître le pape Alexandre III. En échange, celui-ci accepte de canoniser le père de Valdemar, Knud Lavard, dont les reliques sont déposées solennellement dans l’église Saint-Benoît de Ringsted. La même année, le fils de Valdemar, Knud, est sacré roi, âgé seulement de sept ans. C’est la fin de la monarchie élective au Danemark, remplacée dorénavant par une monarchie héréditaire, consacrée par la bénédiction de l’Eglise.


    1177 : Archevêque depuis quarante-trois ans, Eskil demande au pape l’autorisation de se retirer à Clairvaux et désigne Absalon comme successeur.


    1180 : Frédéric Barberousse met Henri le Lion, duc de Saxe, au ban de l’empire, durant la diète de Wurtzbourg. Valdemar se range du côté de l’empereur dont il se reconnaît vassal. La même année, les paysans de Scanie tentent de s’affranchir de la dîme, impôt versé à l’Eglise, mais leur révolte est matée dans le sang.


    10 avril 1181 : Mort d’Eskil à Clairvaux. D’après son épitaphe, il laisse « un exemple achevé de toute la perfection monastique ».


    12 mai 1182 : Le roi Valdemar meurt à son tour alors qu’il s’apprêtait à lancer une ultime attaque contre les Vendes. Il passera à la postérité sous le nom de Valdemar le Grand. Son fils, Knud IV lui succède. Contrairement à son père, il refuse, sur les conseils d’Absalon, de prêter allégeance à l’empereur Barberousse.


    1184 : Le duc Bugislav de Poméranie, l’un des princes vendes qu’avait soumis Henri le Lion, lance une attaque sur l’île de Rügen, dans la mer Baltique. Mais il échoue lamentablement devant la flotte levée par Absalon. Knud est reconnu suzerain de Poméranie et de Mecklembourg et, comme tous ses descendants jusqu’au roi Frédéric IX (1947-1972), porte désormais le titre de « roi des Danois et des Vendes ».


    vers 1190 : Edification à Copenhague de la cathédrale Notre-Dame, détruite dans sa forme originelle dans l’incendie de 1728.


    1193 : Philippe-Auguste, roi de France, obtient la main d’une fille de Valdemar, Ingeborg. Réputée pour sa beauté, celle-ci est accueillie à Arras par son futur époux et le mariage a lieu le 14 août à Amiens. Mais, dès le lendemain, Philippe-Auguste demande son annulation, prétendant que la princesse danoise lui a jeté un sort. L’annulation du mariage est prononcée le 5 novembre par l’archevêque de Reims. Malgré les appels au pape et la menace d’excommunication pesant sur Philippe-Auguste, ce dernier épousera Agnès de Méranie trois ans plus tard, tandis que l’infortunée Ingeborg restera enfermée pendant vingt ans, avant d’être reconnue officiellement reine de France.


    fin du XIIe siècle : Début de la construction de la cathédrale de Roskilde sur le modèle de celle de Tournai.


    vers 1200 : Saxo Grammaticus entreprend d’écrire l’histoire de son pays, la Gesta danorum, en seize livres, dont neuf réservés aux mythes et au passé légendaire. Il évoquera notamment le prince danois Hamlet, dont Shakespeare s’inspirera, en 1590, pour camper l’un des personnages les plus célèbres de la littérature mondiale, né d’après lui à Elseneur (Helsingor) dans la Sjaelland.


    1202 : Mort d’Absalon, archevêque de Lund. Anders Sunesen lui succède jusqu’en 1228, date de sa propre mort.


    1202 : Valdemar II, frère de Knud IV, monte sur le trône du Danemark. Sa politique d’expansion le conduit à annexer le Holstein, à la limite de l’Allemagne et du Danemark.


    27 juillet 1214 : Victoire à Bouvines de Philippe-Auguste contre l’empereur du Saint Empire Otton IV. Valdemar II prend alors le parti de son successeur Frédéric II, dont il obtient la reconnaissance des récentes possessions danoises.


    15 juin 1219 : Parti à la conquête de l’Estonie, Valdemar II remporte la bataille de Lyndanisse. C’est durant cette bataille que serait né le Dannebrog, le drapeau danois rouge marqué d’une croix blanche. Miraculeusement descendu du ciel, il aurait en effet conduit les guerriers danois à la victoire.


    mai 1223 : Invité à la chasse par l’un de ses vassaux, le comte Henri de Schwerin, Valdemar se rend sur l’île de Lyo. Mais son hôte en profite pour s’emparer de lui et de son fils et les fait conduire, prisonniers, au sud de l’Elbe.


    1225 : Le comte de Holstein l’emporte contre les Danois à Mölln. Ces derniers acceptent de payer une rançon contre la libération de Valdemar, et renoncent aux territoires conquis vers le sud, au-delà de la frontière traditionnelle du Danemark.


    22 juillet 1227 : Valdemar tente à nouveau de l’emporter contre les princes d’Allemagne du Nord, réunis en une puissante coalition. Mais son armée est défaite à Bornhoved en Holstein. Lui-même perd un œil à cette occasion.


    29 juillet 1236 : Mort d’Ingeborg, reine de France, treize ans après le décès de Philippe Auguste.


    1241 : Mort de Valdemar II, dit « le Victorieux », ou encore « le Législateur ». La même année, il s’était efforcé de faire coucher par écrit les principales lois régissant le royaume. Rédigé quelques semaines avant sa mort, le recueil du Jutland fait état de l’augmentation du pouvoir du roi face aux things. A ces derniers revient la responsabilité d’adopter ou de refuser les lois, mais au premier seulement celle de les proposer.

     

    Contrastant avec la période précédente, le siècle qui suivit la mort de Valdemar II, fut particulièrement sombre pour le Danemark, placé alors sous le signe du trouble et du chaos. Les rivalités entre prétendants au trône, comme les dissensions entre l’Église et le pouvoir royal affaiblirent considérablement le pays. Pourtant, pour financer sa politique guerrière et expansionniste, le roi Erik Menved (1287-1319), n’hésita pas à mettre en gage des territoires entiers du Danemark aux comtes de Holstein, laissant ainsi à sa mort le royaume dans un état encore plus catastrophique. Dans le même temps, la condition des paysans avait considérablement régressé. Accablés d’impôts, nombre d’entre eux s’étaient résignés à abandonner leurs droits de propriété à des seigneurs ou à des représentants du clergé.


    Avec l’avènement de Valdemar IV (1340-1355), l’autorité royale fut peu à peu restaurée et les caisses de l’État renflouées, mais c’est surtout avec la montée au pouvoir de sa fille Margrete Iere que le Danemark accéda au titre de grande puissance. Mariée au roi de Norvège Hakon VI, et surnommée la “Sémiramis du Nord”, elle mena à bien l’Union des trois royaumes scandinaves, signée en 1397, dans la localité suédoise de Kalmar, tout en laissant une place prépondérante au Danemark. Pendant toute cette période cependant, la condition paysanne, aggravée par l’épidémie de peste de 1348, ne cessa de se détériorer.


    vers 1250 : la moitié des paysans propriétaires, accablés d’impôts, cèdent leurs droits sur les terres qui leur appartenaient.


    1282 : lors d’une assemblée tenue à Nyborg, édiction de la première charte du Danemark, sous le règne d’Erik Klipping. La noblesse danoise entendait ainsi lutter contre une justice royale par trop arbitraire, et institutionnaliser sa participation au pouvoir à travers le Hof, un parlement réuni annuellement.


    26 novembre 1286 : le roi Erik Klipping est assassiné. Les partisans de la monarchie parlementaire sont mis en cause et contraints à l’exil en Norvège, tandis qu’une Régence assumée par la mère du futur souverain, Erik Menved, et par son cousin, Valdemar IV de Slesvig, se met en place.


    25 décembre 1287 : couronnement à Lund d’Erik VI du Danemark, dit Erik Menved. Celui-ci ambitionne de reconstituer l’ancien empire de Valdemar II, dont les Danois n’avaient alors conservé que Rügen et l’Estonie.


    1289 : Jens Grand devient archevêque de Lund contre la volonté du roi Erik Menved, qui le soupçonne d’avoir fomenté avec d’autres opposants l’assassinat de son père.


    1300 : le Danemark établit peu à peu sa suprématie en Allemagne du Nord et contrôle notamment Rostock.


    1304 : à cette date, l’empereur germanique Albert Ier cède au Danemark tous les pays situés au nord de l’Elde. Pour autant la politique expansionniste d’Erik Menved, nécessitant l’emploi de nombreux mercenaires allemands, a d’ores et déjà ruiné les caisses de l’État. Le pouvoir royal, de plus en plus impopulaire, est ainsi contraint de lever sans cesse de nouveaux impôts. Des régions entières du royaume, dont la Scanie, Lolland et Falster, seront même mises en gage.


    1313 : révolte des habitants du Jutland contre la levée d’impôts extraordinaires.


    1314 : une dizaine de princes du sud de la côte baltique reconnaissent leur lien de vassalité avec le Danemark.


    13 novembre 1319 : à la mort du roi Erik Menved, le Danemark paraît financièrement totalement exsangue. Son frère Christophe II lui succède et s’engage non seulement à garantir les privilèges de la noblesse et du clergé mais aussi à renflouer les caisses de l’État sans lever de nouveaux impôts.


    2 août 1332 : à la mort de Christophe II, le royaume entier est gagé aux comtes de Holstein. Gerhard de Rendsbourg avait ainsi reçu le Jutland et la Fionie, et Johan de Kiel la Seeland, mais aussi la Scanie, le Halland et le Blekinge, avant que ces trois dernières provinces ne soient cédées au roi de Suède. Les prétentions des seigneurs allemands, petits et grands, sur le Danemark achève de décomposer le royaume, à la tête duquel aucun successeur n’a été désigné.


    31 mars 1340 : assassinat du comte Gerhard de Rendsbourg (Gerhart III de Holstein) par Niels Ebbesen. Trois semaines plus tard, Valdemar, fils de Christophe II, est reconnu roi du Danemark, sous le nom de Valdemar IV dit Atterdag, le Restaurateur. Pendant les quinze ans de son règne, il s’attachera à reconstruire méthodiquement le royaume et à restaurer l’autorité royale. Il fonde ainsi une cour de justice royale, placée au-dessus des things. Sans remettre en cause les privilèges acquis par la noblesse, il fait aussi remplacer l’assemblée du Hof par un conseil plus restreint, le Rigsrad, au pouvoir de plus en plus important. Ce dernier est ainsi chargé de désigner les successeurs à la couronne, le principe de monarchie héréditaire ayant été abandonné après l’heure des Valdemar.


    1346 : Valdemar IV cède l’Estonie à l’Ordre Teutonique de Livonie pour renflouer les caisses de l’État.


    1348 : la peste noire s’abat sur le Danemark.


    1360 : paix provisoire avec les ducs de Holstein et reprise à la Suède de la Scanie, du Halland et du Blekinge.


    juillet 1361 : annexion des îles alors suédoises d’Öland et de Gotland dans la mer Baltique, qui vaudrait désormais à Valdemar et à ses successeurs le titre de roi des Goths. Or l’île de Gotland, où avait été fondée deux siècles auparavant la ville florissante de Visby par les Allemands, demeurait un lieu d’échange incontournable pour les Hanséates, peu disposés à accepter ce tour de force.


    1362 : les Hanséates partent une première fois en guerre contre le Danemark mais subissent une terrible défaite navale devant Helsingborg.


    1363 : Après la mort de son fils et héritier le prince Christophe, le roi Valdemar IV prépare l'union dano-norvégienne en mariant sa fille cadette Margrete avec le roi Hakon VI de Norvège.


    1367 : soixante-dix-sept villes de la Hanse se liguent à nouveau contre Valdemar, avec le soutien du nouveau roi de Suède, Albrecht, de son père le duc de Mecklembourg, et des comtes de Holstein.


    1368 : pillage de Copenhague par une flotte de la ligue hanséatique. Occupation des marches de Scanie et d’une partie du Jutland.


    24 mai 1370 : Henning Podebusk, conseiller du roi danois, parvient à obtenir la paix de Stralsund, en traitant séparément avec les marchands allemands, sans tenir compte des autres membres de la coalition. Valdemar doit accepter d'ouvrir totalement le marché de Scanie à la Hanse, et abandonner ses places fortes. Mais il conserve l'île de Gotland.


    24 octobre 1375 : mort de Valdemar IV. Son fils Christophe étant mort prématurément, il ne lui reste pour héritier direct que les enfants de ses filles : Albrecht de Mecklembourg d’un côté, fils de la défunte Ingeborg, et Oluf de Norvège de l’autre, fils de Margrete, alors âgée de 22 ans.


    3 mai 1376 : le conseil du royaume porte son choix sur Oluf, élu roi du Danemark à l’âge de six ans. La régence est alors confiée à sa mère Margrete.


    1380 : le roi Hakon VI de Norvège, mari de Margrete, vient à mourir. Son fils, Oluf, roi du Danemark, lui succède et la régence est confiée à nouveau à sa mère. La Norvège compte à cette époque les provinces aujourd’hui suédoises de Jämtland, Härjedalen et Bohuslän, ainsi que les îles Féroé, l’Islande, le Groenland, les Orcades et les Hébrides.


    1385 : les Hanséates acceptent d’évacuer les places fortes de Scanie, qu’ils occupaient depuis le traité de Stralsund. Ils noueront d’excellents rapports avec Margrete tout au long de son règne. La même année, Oluf atteint sa majorité et Margrete s’empresse de le déclarer “ vrai héritier de Suède”, dans la mesure où il est le dernier descendant par son père Hakon, et son grand-père Magnus Eriksson, de la dynastie des Folkungs. Or le souverain en place, Albrecht de Mecklembourg, suscite depuis longtemps l’hostilité de ses sujets et particulièrement des aristocrates qui sont parvenus à lui confisquer presque tous les pouvoirs, depuis 1369.


    1386 : Margrete accepte de reconnaître Gerhard VI de Holstein, duc de Slesvig, territoire historiquement lié au Danemark, à condition qu’il lui prête serment d’allégeance.


    3 août 1387 : Oluf meurt brutalement, âgé seulement de dix-sept ans. Une semaine plus tard, les représentants du thing de Scanie confie tous les pouvoirs royaux à Margrete “jusqu’à ce qu’ils soient d’accord avec elle pour l’élection d’un nouveau roi.”


    janvier 1388 : les Norvégiens reconnaissent Margrete reine à vie.


    mars 1388 : les principaux représentants de la noblesse suédoise, réunis au château de Dalaborg, nomment Margrete régente et lui reconnaissent le droit de désigner son propre successeur.


    24 février 1389 : le roi Albrecht de Suède après avoir tenté de réagir est définitivement battu lors de la bataille d’Asle, en Västergötland. Hormis la ville de Stockholm, Margrete reçoit ainsi la Suède et la Finlande, alors sous domination suédoise.


    1395 : emprisonné depuis six ans au Danemark, Albrecht se résout à abdiquer avant de se retirer dans son duché de Mecklembourg-Schwerin.


    17 juin 1397 : Après avoir été reconnu séparément dans chacun des royaumes de Suède, de Norvège et de Danemark, Erik de Poméranie, petit-neveu de Margrete, est officiellement couronné en l’église de Kalmar, au sud-est de la Suède. Sont présents des hauts dignitaires de Norvège et du Danemark.


    juillet 1397 : rédaction de la célèbre “lettre de l’Union” au sein d’une commission réunissant quatre Norvégiens, six Danois et et sept Suédois. Celle-ci valide la réunion des trois royaumes incarnée par Erik de Poméranie. Les nobles scandinaves entendent cependant garder une relative indépendance en optant pour une monarchie élective et non héréditaire. Par ailleurs, chacun des royaumes conserve son propre modèle juridique : “aucune loi ne doit être appliquée dans un autre si elle n’y a été antérieurement en vigueur.” Rapidement cependant le Danemark prend la tête de l’Union, au détriment des deux autres pays. En Suède et en Norvège, les principaux postes administratifs sont ainsi exclusivement confiés à des Danois ou des Allemands.


    1398 : Stockholm, jusque là confiée aux Hanséates, revient à nouveau à la Suède.


    vers 1400 : seuls 15 % des paysans sont encore propriétaires de leurs champs.


    1402 : un individu venu de Prusse et prétendant être le roi Oluf, fils de Margrete, est accusé d’imposture au Danemark et condamné au bûcher à Falsterbro en Scanie.


    1405 : Erik de Poméranie, âgé de 23 ans, se rend en Norvège pour la première fois depuis son accession au trône.


    28 octobre 1412 : Margrete meurt à l’âge de 59 ans. Son tombeau est installé dans la cathédrale de Roskilde, nécropole des rois danois.


    1417 : Erik de Poméranie fait de Copenhague la capitale du royaume.


    1429 : Erik de Poméranie impose un droit de péage à tous les navires passant dans le Sund.


    1436 : révolte des Suédois suite au blocus imposé à l’Union par les Hanséates. Erik de Poméranie accepte à contre-coeur une paix, lui enlevant dans les faits ses principales prérogatives.


    1439 : Erik de Poméranie, qui a déjà quitté le royaume, est destitué par les conseils de Norvège, de Suède et du Danemark. Son neveu Christophe de Bavière lui succède sans gouverner.

     

    Fondée sur l’appartenance à la même sphère culturelle et sur les rapprochements dynastiques, l’Union de Kalmar (1389-1523) se justifiait aussi par des intérêts économiques communs face à la puissance commerciale de l’Allemagne hanséatique. Les marchands de la Hanse, omniprésents dans les principaux ports scandinaves, avaient fini en effet par contrôler tous les marchés extérieurs et intérieurs de la Suède, de la Norvège et du Danemark. Cependant, la volonté d’hégémonie danoise sur ses partenaires nordiques eut raison finalement de l’Union. Au cours du XVe siècle déjà, la noblesse suédoise s’était montrée favorable à la séparation. La rupture est consommée dès 1501, mais le roi danois Christian II entre en guerre avec le régent suédois Sten Sture en 1520 et obtient la même année la reddition de Stockholm, après avoir promis l’amnistie aux assiégés. Or, à peine couronné roi de Suède, Christian II ordonne contre toute attente l’arrestation de centaines de Suédois. Considérés comme séparatistes, ils sont déclarés hérétiques et condamnés à la décapitation. Du 8 au 10 novembre a ainsi lieu le terrible « bain de sang de Stockholm », qui ne fera que raviver l’hostilité de la population suédoise à la couronne danoise. De retour au Danemark, Christian II met en place d’importantes réformes visant entre autres à restreindre les privilèges de la noblesse. Mais celle-ci parvient finalement à le destituer. Il est remplacé par Frédéric Ier (1523-1533), dont le fils Christian III (1533-1559), luthérien convaincu, mènera à bien la Réforme au Danemark.


    1443 : Copenhague devient la capitale du pays.


    1448 : Mort de Christophe de Bavière et dissolution de l’Union. Les Danois et les Norvégiens se séparent de la Suède et choisissent un nouveau roi, Christian Ier, premier représentant de la dynastie des Oldenbourg.


    1460 : Christian Ier est reconnu à la fois duc de Slesvig et comte de Holstein, étant entendu par la noblesse locale que l’union des deux territoires restent indéfectible. Il va dès lors tenter de reconstituer l’Union.


    1471 : Christian Ier est définitivement battu par les indépendantistes suédois, dirigés par le régent Sten Sture l’ancien.


    1479 : Fondation de l’université de Copenhague par Christian Ier.


    21 mai 1481 : Jean Ier de Danemark, appelé aussi le roi Hans, succède à son père Christian Ier. Comme son père, il s’emploie à réaffirmer le pouvoir royal avec l’appui de la bourgeoisie, à affaiblir l’aristocratie, à rebâtir l’Union nordique, à déstabiliser la puissance hanséatique.


    20 juillet 1483 : Jean Ier de Danemark est couronné roi de Norvège en la cathédrale de Nidaros.


    26 novembre 1497 : Jean Ier de Danemark est couronné roi de Suède en la cathédrale de Stockholm.


    17 février 1500 : Jean Ier de Danemark tente de conquérir la Dithmarse, une petite république paysanne indépendante, s’étendant au bord de la mer du Nord, à l’ouest du Holstein. Mais à la surprise générale, son armée de plus de 12 000 hommes est battue à la bataille de Hemmingstedt, par une troupe de 500 paysans, ayant pris soin avant le combat d’ouvrir les digues des zones de basse-terre. Près de six mille combattants danois sont noyés ou massacrés. Le roi lui-même n’en réchappe que par miracle.


    1501 : La Suède se sépare à nouveau du Danemark.


    1506 : Jean Ier de Danemark envoie son fils et héritier Christian mettre fin aux troubles se multipliant en Norvège, dont il est aussi le roi. Pour mieux étouffer toute contestation de l’autorité danoise, il nomme des hommes de confiance à la tête des principaux fiefs et prend lui-même ses quartiers dans la forteresse d’Akershus à Oslo.


    1508 : Christian mate la révolte du comté de Hedmark au sud-est du pays.


    1509 : En voyage à Bergen, principal port de Norvège, Christian s’éprend de la belle et jeune Dyveke, fille de simples marchands hollandais. Elle devient dès lors sa maîtresse et sa favorite. Ne se contentant pas de rester dans l’ombre, sa mère Sigbrit la suivra au Danemark et exercera un véritable ascendant sur le souverain. En quelques années lui sera confiée la gestion de toutes les finances du royaume.


    20 février 1513 : Mort du roi Hans. Son fils monte sur les trônes de Norvège et du Danemark, sous le nom de Christian II, mais les conseils des différents royaumes imposent une charte limitant comme jamais auparavant le pouvoir royal.


    12 août 1515 : Christian II épouse Isabelle d’Autriche, âgée de treize ans et petite-fille de l’empereur Maximilien Ier.


    21 septembre 1517 : Dyverke, la jeune favorite du roi, trouve mystérieusement la mort.


    29 novembre 1517 : Accusé sans preuves d’avoir empoisonné Dyverke, restée insensible à ses avances, le jeune noble Torben Oxe est décapité à Copenhague.


    hiver 1517 : Gustav Trolle, archevêque d’Uppsala, en Suède, et partisan de l’Union, se réfugie au Danemark après l’attaque de son château de Stäke par le régent Sten Sture le Jeune. Les troupes de Christian II interviennent alors une première fois sans l’emporter. Gustav Trolle est enfermé au couvent de Västeras.


    janvier 1520 : avec l’appui du pape Léon X, qui vient d’excommunier Sten Sture, Christian II envahit à nouveau la Suède. Le 19 janvier a lieu la bataille de Bogesund en Västergotland, durant laquelle Sten Sture est grièvement blessé. Il mourra quinze jours plus tard.


    septembre 1520 : Défendue depuis de longs mois par la veuve de Sten Sture, Kristina Gyllenstierna, la ville de Stockholm finit par se rendre après que Christian a promis une amnistie générale pour tous ses opposants suédois.


    4 novembre 1520 : Christian est couronné roi de Suède à Stockholm.


    8 novembre 1520 : Massacre connu sous le nom de « bain de sang de Stockholm ». A l’instigation de Gustav Trolle qui entend invoquer les lois de l’Eglise pour bafouer la promesse d’amnistie prononcée par Christian, tous les partisans du défunt Sten Sture sont déclarés hérétiques par un tribunal ecclésiastique et condamnés à la décapitation. Plusieurs centaines d’hommes et de femmes sont ainsi exécutés trois jours durant. Christian II rentre au Danemark presque immédiatement après cette tuerie.


    avril 1521 : Le futur Christian III du Danemark se rend à la diète de Worms où il est vivement impressionné par Martin Luther.


    juin 1521 : Christian II accomplit un voyage aux Pays-Bas, y rencontre Dürer qui exécute son portrait.


    août 1521 : Gustave Vasa, champion de l’indépendance, est élu régent de Suède, après six mois de combats contre les occupants danois.


    5 septembre 1521 : Retour au Danemark de Christian II. A partir de cette date, il met en place une série de réformes qui aboutiront à la promulgation d’ordonnances. Celles-ci visent à réduire les privilèges de la noblesse comme les prérogatives du clergé (notamment en matière judiciaire) et à favoriser l’essor d’une bourgeoisie marchande. Sous le règne de Christian II, le Danemark s’affirme à la fois comme un Etat moderne et une grande puissance commerciale, à même de rivaliser avec la Hanse. Copenhague, capitale du royaume et centre névralgique de la Baltique, fait l’objet d’une attention toute particulière.


    1522 : Contestant les réformes de Christian II, les nobles du Jutland se révoltent contre l’autorité royale et trouvent appui auprès de la ville de Lübeck.


    20 janvier 1523 : Christian II est destitué pour n’avoir pas respecté la charte de juillet 1513. Son oncle Frédéric est proposé par ses détracteurs pour lui succéder.


    26 mars 1523 : Frédéric Ier est élu roi au thing de Viborg.


    13 avril 1523 : Christian II s’embarque avec toute sa famille pour Veere en Zélande, puis se réfugie auprès de son beau-frère Charles Quint.


    août 1523 : Gustave Vasa est proclamé roi de Suède.


    1530 : Hans Tausen (1494-1561), prédicateur danois et disciple de Martin Luther, rédige Les trente-trois articles de Copenhague, premiers fondements de la Réforme protestante au Danemark.


    24 octobre 1531 : Christian II tente de reprendre le royaume du Danemark, mais sa flotte est anéantie par une tempête.


    1er juillet 1532 : Christian II est capturé alors qu’il tente de négocier avec Copenhague. Il restera enfermé dix-sept ans dans le donjon du château de Sonderborg, avant d’être transféré au château de Kalundborg.


    10 avril 1533 : Mort de Frédéric Ier de Danemark. Depuis son accession au trône, celui-ci vivait dans son château du Slesvig-Holstein, loin de ses sujets danois. Il avait par ailleurs rétabli tous les privilèges de la noblesse danoise et fait mater d’importantes révoltes paysannes. Son fils Christian III lui succède.


    de 1534 à 1536 : Guerre du Comte au Danemark, dite en danois Grevens Fejde. Cette guerre civile oppose les partisans de Christian III à ceux de Christian II, en résidence surveillée depuis de longues années. Ces derniers, menés par le comte d’Oldenbourg, semblent d’abord en position de force, mais sont considérablement mis à mal lors de la bataille de Svenstrup le 15 octobre 1534. Dès lors, Christian III se rendra peu à peu maître de la situation et la guerre du Comte s’achèvera par la reddition de Copenhague en juillet 1536.


    août 1536 : Instauration de la Réforme au Danemark. Les évêques catholiques sont emprisonnés, les couvents fermés et les biens de l’Eglise confisqués, tandis que le prédicateur allemand Johannes Bugenhagen (1485-1558), peint par Lucas Cranach, convainc Christian III de reconnaître la confession d’Augsbourg.


    14 décembre 1546 : Naissance de l’astronome danois Tyge Brahe, mort le 24 octobre 1601.


    1536 : La Norvège n’est plus un royaume, mais est dorénavant considérée comme une province du Danemark.


    1550 : Parution de la première traduction de la Bible en danois, dite la Bible de Christian III.


    1er janvier 1559 : Mort du roi Christian III. Son fils Frédéric II lui succède.


    25 janvier 1559 : L’ancien souverain Christian II trouve à son tour la mort au château de Kalundborg.


    été 1559 : Frédéric II du Danemark soumet la république paysanne indépendante de Dithmarse, alors dans la partie occidentale du duché de Holstein.


    1560 : Début de la construction du château de Frederiksborg, agrandi et remanié par la suite.


    de 1563 à 1570 : Guerre de Sept Ans scandinave, durant laquelle Frédéric II du Danemark tente sans succès de conquérir la Suède, alors gouvernée par le roi fou Erik XIV. Signé en 1570, le traité de paix de Stettin établit un statu quo entre les deux pays.


    à partir de 1574 : Durant neuf années, Frédéric II fait reconstruire le château de Kronborg à Elseneur, choisi par Shakespeare comme cadre de sa pièce Hamlet.

     

    Le royaume dont hérite Christian IV est dix fois plus vaste que le Danemark actuel, avec, au sud, les duchés de Slesvig-Holstein et la Dithmarse, au nord l’immense Norvège, les provinces aujourd’hui suédoises de Halland, Scanie et Blekinge, ainsi que les îles de Gotland et d’Osel. Il bénéficie alors d’une prospérité économique sans précédent, dont témoigne la multiplication des compagnies de commerce. En revanche, la condition des paysans danois, particulièrement peu enviable en Europe, ne cesse de se détériorer. Le règne de Christian IV correspond encore à l’âge d’or de la noblesse, seule représentée au Conseil du royaume et concentrant de fait entre ses mains le véritable pouvoir politique. Et c’est sans succès que le souverain tentera, peu avant sa mort, de limiter ses privilèges. 


    Malgré une politique étrangère néfaste, aboutissant en 1645 à la catastrophique paix de Brömsebro avec la Suède, Christian IV, aussi populaire au Danemark qu’en Norvège, laissera jusqu’à aujourd’hui une empreinte profonde dans la culture de ces deux pays. Dénommé le « roi-architecte », il fera ainsi édifier le second château de Frédériksborg, le palais de Rosenborg, mais sera aussi à l’origine de villes nouvelles, à l’exemple de Kristianstad, aujourd’hui en Suède, et de Christiana, capitale de la Norvège, rebaptisée Oslo en 1924.



    12 avril 1577 : Naissance du futur Christian IV de Danemark, fils de Frédéric II. Il grandira dans le cadre d’une monarchie luthérienne et aristocratique.


    4 avril 1588 : Mort du roi Frédéric II. Son fils héritier, Christian, n’a que onze ans. La régence est confiée à quatre conseillers.


    17 août 1596 : Christian IV atteint sa majorité.


    27 novembre 1597 : Christian IV épouse Anne-Katrine de Brandenbourg.


    1600 : Ne bénéficiant plus du soutien inconditionnel du souverain, sous le règne de Christian IV, l’astronome Tyge Brahe s’installe à Prague, sur l’invitation de Rodolphe II. Il y meurt l’année suivante.


    1602 : A partir de cette date, Christian IV fait reconstruire le château de Frederiksborg (édifié sous Frédéric II au bord du lac d’Hillerod, à 40 km de Copenhague) dans un style renaissant. Le nouveau palais sera achevé en 1620 par l’architecte Hans van Steewinckel le Jeune (1587-1639).


    1602 : Fondation d’une compagnie de commerce islandaise.


    1604 : Grand législateur, Christian IV fait promulguer la Loi norvégienne de 1604.


    1605 : Christian IV lance une expédition maritime vers le Groenland, un territoire dépendant de la Norvège depuis le Xe siècle, mais singulièrement délaissé depuis l’Union.


    1606 : Construction du château de Rosenborg, inspiré de celui de Frederiksborg, Situé aujourd’hui au cœur historique de la capitale danoise, il abrite les collections de la maison royale.


    15 mars 1607 : Charles IX est couronné roi de Suède dans la cathédrale d’Uppsala.


    1610 : Réformateur zélé, Christian IV modernise entre autres la marine danoise, comptant désormais soixante vaisseaux, contre vingt-deux, quinze ans auparavant.


    avril 1611 : Christian IV déclare la guerre à la Suède, avec l’accord du Conseil du royaume. C’est le début de la guerre de Kalmar.


    27 mai 1611 : A la tête d’une armée de six mille hommes, Christian IV s’empare de la ville de Kalmar, dans la province de Blekinge.


    2 août 1611 : Le château de Kalmar où étaient retranchés les derniers défenseurs de la ville tombe à son tour. Une semaine plus tard, l’île d’Oland capitule devant l’armée de Christian IV.


    8 avril 1612 : Mort de la reine Anne-Katrine qui avait donné six enfants à Christian IV. Seuls trois d’entre eux atteignent l’âge adulte.


    20 janvier 1613 : Signature du traité de Knäred avec la Suède. Celle-ci reconnaît notamment au Danemark le droit de faire figurer les trois couronnes (danoise, norvégienne et suédoise) dans ses armoiries. Par ailleurs, le Danemark reçoit en gage les forteresses d’Alvsborg et de Göteborg, sur les côtes occidentales de la Suède, dans l’attente que celle-ci s’acquitte d’une importante amende pour avoir tenté d’entraver, à son avantage, le commerce danois.


    31 décembre 1615 : Christian IV épouse Kirsten Munk, âgée de dix-sept ans. Elle est fille de roturiers très fortunés et lui donnera douze enfants.


    1616 : Fondation à Copenhague d’une Compagnie des Indes orientales. Le 20 octobre de la même année, naissance de Thomas Barholin, célèbre médecin et mathématicien danois, mort le 4 décembre 1680.


    1618 : Christian IV fait édifier sur la rivière Helgena en Scanie, la ville de Kristianstad. Tout près de Copenhague, il érige une citée fortifiée, traversée de canaux, sur l’île d’Amager. Appelée Christianshavn, elle sera intégrée à la capitale en 1674.


    1618 : Une expédition danoise met le cap sur Ceylan sans parvenir à y imposer la tutelle de Christian IV. Elle rencontre plus de succès à Tranquebar, sur la côte de Coromandel, où s’élèvera la forteresse de Dansborg.


    1619 : Le roi Christian IV fonde la Compagnie de commerce groenlandaise.


    1620 : Inauguration de la Bourse de Copenhague, de style Renaissance hollandaise. Bâtiment emblématique du règne de Christian IV, il est réalisé par les frères Lorentz et Hans van Steenwinckel, mais c’est Christian IV qui y fait ajouter une haute flèche spiralée soutenue par quatre queues de dragons.


    1621 : Comme législateur, Christian IV fait promulguer le Petit Recez.


    1623 : Fondation de l’Académie de Soro, réservée aux jeunes nobles.


    1624 : Après la destruction d’Oslo, ravagée par un incendie, le roi Christian IV décide d’offrir à la Norvège une nouvelle capitale, un peu plus à l’ouest, au pied de la forteresse d’Akershus. Elle sera baptisée Christiania et ne portera à nouveau le nom d’Oslo que trois cents ans plus tard.


    1625 : Le Danemark entre dans la guerre de Trente Ans. En juin, Christian IV franchit l’Elbe à la tête de vingt mille hommes.


    17 août 1626 : Christian IV est battu par le général Tilly à Lutter am Barenberg, à proximité de Goslar, mais réussit à prendre la fuite.


    été 1627 : Les généraux Tilly et Wallenstein occupent les duchés de Slesvig et de Holstein ainsi que la péninsule du Jutland. La population est livrée aux violences et aux exactions de la soldatesque.


    1629 : Gustave-Adolph propose à Christian IV de s’allier contre l’empereur. Or, la menace d’un rapprochement entre les deux pays permet à Christian IV de bénéficier de conditions de paix extrêmement favorables, définies le 8 mai, par le traité de Lübeck. Contre toute attente, l’Allemagne restitue ainsi au Danemark les territoires qu’elle occupait.


    1631 : Christian IV fait édifier un nouveau quartier à Copenhague, le Nyboder, destiné à abriter les membres de la flotte danoise et leurs familles. Une ancienne forge d’ancres est transformée en église, typique de l’art renaissant, la holmens Kirche.


    11 janvier 1638 : Naissance à Copenhague du futur anatomiste Niels Steensen, ou Nicolas Sténon, fondateur de la géologie et de la tectonique. Confronté au népotisme de son ancien maître Thomas Bartholin, qui entrave sa carrière, il préfère quitter son pays natal et rejoint la France et l’Italie. Il sera ordonné prêtre catholique à Florence en 1667 et déclaré bienheureux par Jean-Paul II. Devenu évêque de Schwerin, il mourra en Allemagne le 26 novembre 1686, affaibli par l’ascèse sévère qu’il s’imposait.


    1642 : Christian IV fait construire la tour ronde de Copenhague. Conçue par Hans von Steenwinckel le Jeune comme un observatoire astronomique, elle fait partie de l’Ouvrage de la Trinité, comptant aussi une église et une bibliothèque.


    1643 : Parution du Monumenta danica, écrit par le savant danois Ole Worm (1588-1654). Il s’agit du premier ouvrage de référence sur la science runologique au Danemark. La même année, Christian IV fait promulguer, en tant que législateur, le Grand Recez (recueil rassemblant les différentes ordonnances prises depuis le couronnement). Par ailleurs, Hollandais et Suédois s’allient contre le Danemark. Le 12 décembre, le général suédois Lennart Torstensson attaque le Jutland. La même année, Corfitz Ulfeldt, époux de Léonore-Christine, la fille préférée de Christian IV, devient grand maître de la Cour et directeur suprême des Finances.


    fin janvier 1644 : Le Jutland est entièrement sous contrôle suédois.


    février 1644 : Les Suédois attaquent la Scanie, mais ne parviennent pas à faire tomber la forteresse de Malmö. La flotte hollandaise envoyée en renfort est battue sur la côte occidentale du Slesvig. Suédois et Danois s’affrontent ensuite au large de Kolberge Heide, dans la baie de Kiel. Presque septuagénaire, le roi Christian IV fait preuve d’un courage hors du commun, devenu légendaire. Grièvement blessé sur le pont de La Trinité, il perd un œil.


    25 septembre 1644 : Naissance de l’astronome et mathématicien danois Ole Romer. Il mourra le 19 septembre 1710 à Copenhague après une brillante carrière qui le conduira notamment en France au titre de précepteur du Dauphin pour l’astronomie. Il met en place le dispositif des grandes eaux à Versailles et restera célèbre pour avoir déterminé le premier la notion de vitesse de propagation de la lumière.


    17 octobre 1644 : Suédois et Hollandais finissent par l’emporter sur le Danemark. A l’issue de la bataille de Lolland, celui-ci a perdu quatorze navires sur les dix-sept que comptait la flotte.


    13 août 1645 : Signature de la paix de Brömsebro, défavorable au Danemark, qui cède les provinces norvégiennes de Jämtland, Härjedalen et Älvdalen, ainsi que les îles de Gotland et de Ösel en mer Baltique. La Suède reçoit pour une période de trente ans la province de Halland et se voit exemptée du péage du Sund, dans la Baltique. Le Danemark ne peut plus prétendre au titre de grande puissance européenne et, totalement exsangue, a besoin de se reconstruire. Christian IV tente alors d’imposer à la noblesse une contribution financière.


    2 juin 1647 : Le fils aîné de Christian IV meurt avant d’avoir pu régner. Peu après, le Conseil, s’oppose à Christian IV, sous la houlette de Corfitz Ulfeldt, et menace d’empêcher l’élection de son fils cadet Frédéric, comme héritier légitime du trône. Christian IV s’incline et renonce à limiter les privilèges de la noblesse.


    28 février 1648 : Mort de Christian IV dans son château de Rosenborg, à Copenhague. Son fils cadet, Frédéric III, lui succède.

     

    Quelques années après son accession au trône, Frédéric III se venge de la charte imposée à son père par le Conseil du royaume, en accusant l’un de ses plus importants représentants, son beau-frère Corfitz Ulfeldt, d’avoir dilapidé les caisses de l’Etat. Sans attendre son procès, ce dernier prend la fuite avec toute sa famille. Sur le plan extérieur, le nouveau souverain est d’abord contraint de signer la paix de Roskilde en 1658 et d’abandonner aux Suédois tous les territoires à l’est de l’Oresund. Malgré sa victoire l’année suivante, lors du siège de Copenhague, Frédéric III ne pourra négocier en 1660 que la restitution de Trondheim et Bornholm.


    Se tournant alors vers ses sujets, durement éprouvés par la guerre, Frédéric III décide, avec l’accord du Conseil, de convoquer les Etats généraux, le 8 septembre 1660. Les paysans sont, sans surprise, peu représentés, mais la bourgeoisie et le clergé font cause commune contre la noblesse et parviennent à imposer dès le 13 octobre le renoncement à l’électivité du roi, et l’adoption d’une monarchie héréditaire. Or, à peine les Etats séparés, Frédéric III déclare la monarchie non seulement héréditaire, mais aussi absolue. Les principes du nouveau régime politique seront inscrits à partir de 1665 dans la Loi royale, et non remis en cause jusqu’à l’avènement de Christian VII, en 1766, avec la progressive montée au pouvoir de son secrétaire d’Etat Struense, adepte des Lumières.



    6 juillet 1648 : Couronnement de Frédéric III après que le Conseil a pris toutes les dispositions nécessaires pour garantir à travers une charte extrêmement sévère la position et les privilèges de la noblesse face aux prérogatives royales.


    1650 : Fondation du cabinet royal des Curiosités, ancêtre du Musée national.


    13 juillet 1651 : Frédéric III accuse son beau-frère Corfitz Ulfeldt, à la tête des finances du royaume, d’avoir dilapidé, en vue de son enrichissement personnel, les ressources de l’Etat. Dès le lendemain, celui-ci s’enfuit avec son épouse Léonore-Christine et ses enfants vers Elseneur, d’où il embarque pour la Hollande, avant de proposer ses services à la reine Christine de Suède. Dans les semaines qui suivent, Frédéric III destitue son autre beau-frère, Hannibal Sehested. Ce dernier avait été nommé gouverneur de Norvège en 1642. Sa disgrâce ne prendra fin que neuf années plus tard.


    1654 : En Suède, mort du chancelier Oxenstierna et abdication de la reine Christine. Son cousin Charles X Gustave lui succède. A peine un an plus tard, il entre en conflit armé avec la Pologne, afin de prendre le contrôle de ses côtes sur la Baltique. Le conflit s’enlise.


    1er juin 1657 : Le Danemark entre en guerre avec la Suède.


    22 juillet 1657 : Charles X Gustave pénètre en Jutland.


    24 octobre 1657 : Le Danemark est entièrement occupé. La forteresse de Frederiksodde, ultime bastion des forces danoises, tombe alors aux mains des Suédois.


    30 janvier 1658 : Charles X Gustave lance son armée de 9 000 cavaliers et 3 000 fantassins sur le détroit gelé du Petit Belt et rejoint à pied sec l’île de Fionie depuis le Jutland. Avec cette armée, il traverse de la même manière le détroit du Grand Belt, reliant le Cattégat à la mer Baltique.


    8 février 1658 : L’armée suédoise arrive sur l’île de Seeland.


    15 février 1658 : Les Suédois atteignent Copenhague non défendue.


    26 février 1658 : Les Danois sont contraints de signer le traité de Roskilde. Ils abandonnent aux Suédois tous les territoires à l’est de l’Oresund, la Scanie, le Blekinge et le Halland, perdent en Norvège Trondheim et la province de Bohuslän. L’ancien grand-maître de la Cour, Corfitz Ulfeldt, passé du côté suédois, se voit restituer les biens qu’on lui avait confisqués et retrouve son honneur.


    7 août 1658 : Charles X Gustave attaque à nouveau le Danemark et ne tarde pas à assiéger Copenhague. Frédéric III n’est pas décidé à abandonner la ville dont il organise coûte que coûte la défense. Le souverain suédois impose alors un blocus à la capitale danoise.


    29 octobre 1658 : Une flotte hollandaise parvient à forcer les barrages et à ravitailler Copenhague. Bientôt dans le Jutland, les troupes suédoises sont défaites par le prince-Electeur de Brandenbourg.


    nuit du 10 au 11 février 1659 : Charles-Gustave lance l’assaut sur Copenhague, mais face à la défense acharnée de ses habitants, n’a d’autre choix dès l’aube que de sonner la retraite.


    février 1660 : Revenu en Suède, Charles X Gustave de Suède meurt prématurément à l’âge de trente-huit ans.


    mai 1660 : Signature de la paix de Copenhague. Les Danois ne parviennent cependant à récupérer que Trondheim et Bornholm.


    juillet 1660 : Les Suédois accusent à leur tour Corfitz Ulfeldt de trahison. Celui-ci rentre alors au Danemark espérant rentrer en grâce auprès de Frédéric III. Mais il est immédiatement enfermé avec son épouse Léonore-Christine, la fille de Christian IV, dans la forteresse d’Hammershus à Bornholm. Ils sont libérés dix-sept mois plus tard, à condition de se fixer en Fionie.


    8 septembre 1660 : Convocation des Etats généraux par le roi Frédéric III. La bourgeoisie et le clergé font cause commune contre la noblesse, cumulant tous les privilèges, empêchant toute tentative de réforme et asseyant son pouvoir sur le principe d’électivité du roi.


    8 octobre 1660 : La monarchie, représentée par la dynastie des Oldenbourg, est reconnue héréditaire.


    14 octobre 1660 : Abrogation de la charte.


    18 octobre 1660 : Frédéric III reçoit le serment d’allégeance des Etats. Cette journée historique inspirera au peintre allemand Wolfgang Heimbach (1615-1678) la Prestation de serment de Frédéric III.


    janvier 1661 : Resté à l’écart pendant les débats des Etats généraux, le roi proclame la monarchie non seulement héréditaire, mais aussi absolue. Gracié depuis peu pour s’être rangé du côté opposé à la noblesse, Hannibal Sehested se voit confier la restructuration du pouvoir et des institutions.


    juin 1662 : Corfitz Ulfeldt quitte le Danemark et cherche des appuis en France, en Hollande et auprès du Grand Electeur de Brandenbourg pour renverser Frédéric III. La même année, le savant et roturier Peder Schumacher est nommé archiviste et bibliothécaire de Frédéric III, avant de devenir son secrétaire privé.


    juillet 1663 : Corfitz Ulfeldt est condamné à mort par contumace. Il erre alors de ville en ville espérant échapper aux sbires de Frédéric III.


    8 août 1663 : Léonore-Christine est livrée au Danemark par le roi d’Angleterre à qui elle venait de demander le remboursement d’une dette ancienne. Elle est enfermée sans jugement dans la tour Bleue du château de Copenhague où elle subira pendant vingt-deux ans mauvais traitements et humiliations. Elle y rédigera cependant à l’attention de ses enfants ses Souvenirs de misère, considérés depuis le XIXe siècle comme l’un des premiers chefs-d’œuvre de la littérature danoise.


    20 février 1664 : Corvitz Ulfeldt trouve la mort non loin de Bâle en descendant le Rhin.


    1665 : Promulgation de la nouvelle Loi royale, définissant règles et principes de la monarchie absolue et veillant au respect de l’orthodoxie luthérienne.


    9 février 1670 : Mort de Frédéric III. Son fils Christian V lui succède à l’âge de vingt-quatre ans. Lors de son sacre, sera invoquée pour la première fois la notion de monarchie de droit divin. Dès le début de son règne, Christian V choisit ses conseillers parmi la bourgeoisie.


    1673 : Promu principal conseiller du nouveau roi Christian V, Peder Schumacher reçoit le titre de comte de Griffenfeld, ainsi que le ruban bleu de l’ordre de l’Eléphant avant d’être nommé chancelier du royaume. Il est alors au faîte de sa gloire.


    1675 : Christian V déclare la guerre, dite « de Scanie », à la Suède contre l’avis du comte de Griffenfeld qui préconisait un rapprochement avec la France, alliée alors de la Suède.


    11 mars 1676 : Le comte de Griffenfeld est arrêté sur ordre de Christian V. Persuadé que le Danemark ne pourrait vaincre la Suède tant qu’elle serait l’alliée de la France, Griffenfeld avait secrètement tenté de négocier avec Paris, avant d’être dénoncé par l’ambassadeur d’Espagne.


    26 mai 1676 : Le comte de Griffenfeld est condamné à mort, mais la sentence sera commuée en prison à vie. Il s’éteindra vingt-deux ans plus tard, quelques mois après avoir obtenu sa libération. En 1823, Victor Hugo en fera l’un des personnages principaux de son premier roman Han d’Islande.


    4 décembre 1676 : Bataille de Lund, la plus sanglante jamais livrée en Scandinavie, au sud de la rivière Kävlinge. Entraînant la mort de neuf mille soldats, elle s’achève par une victoire suédoise.


    1er et 2 juillet 1677 : Bataille navale de la baie de Koge. Pourtant minoritaire en nombre, la flotte danoise l’emporte cette fois largement sur l’ennemi suédois, grâce au génie tactique de l’amiral Niels Juel.


    1678 : La France signe la paix de Nimègue, d’abord en août avec les Provinces unies, puis en septembre avec l’Espagne.


    1679 : En février, la France conclut aussi la paix de Nimègue avec le Saint Empire. Et, en août, elle impose au Danemark le traité de Fontainebleau. Celui-ci ne fait que réitérer les acquis suédois des traités de Roskilde et de Copenhague. Le Danemark n’a récupéré aucun des territoires pour lesquels il était entré en guerre, quatre ans auparavant.


    1683 : Christian V introduit au Danemark le Danske Lov, code danois. Sont établies l’égalité devant la loi, mais aussi la suppression de l’élection des prêtres, nommés dorénavant directement par le pouvoir royal. Par ailleurs, le principe de monarchie absolue et héréditaire est réaffirmé.


    3 décembre 1684 : Naissance à Bergen de Ludwig Holberg. Célèbre dramaturge dano-norvégien, mort le 28 janvier 1754 à Copenhague. Il mettra à l’honneur le danois vernaculaire à la place du latin.


    1686 : Construction à Copenhague du palais Niels-Juel de style baroque hollandais, et rebaptisé depuis palais Thott. Il abrite depuis 1930 l’ambassade de France au Danemark.


    1688 : Christian V fait établir un cadastre à l’échelle du pays entier afin d’émettre des impôts plus justes et plus précis.


    25 août 1699 : Mort de Christian V. Son fils Frédéric IV lui succède.


    de 1700 à 1735 : L’architecte Ernst Brandenburger construit le château royal de Frederiksberg, à Copenhague, dans le style baroque italien. Celui-ci abrite aujourd’hui l’école militaire du Danemark.


    de 1709 à 1720 : Grande guerre du Nord à laquelle participe Frédéric IV, aux côtés de la Russie contre Charles XII de Suède.


    1711 : La peste ravage le pays.


    1720 : La paix de Fredriksborg restitue Stralsund au Danemark, qui annexe aussi le Slesvig méridional.


    1722 : Inauguration du château de Fredensborg, près de Hillerod. De style baroque, il fut baptisé « château de la paix » par Frédéric IV. Dessiné d’abord par Johann Cornelius Krieger puis agrandi par Nicolas Eigtved et Nicolas Henri-Jardin, il est encore aujourd’hui la résidence de printemps et d’automne de la famille royale.


    du 20 au 23 octobre 1728 : Incendie de Copenhague. La majeure partie du patrimoine architectural médiéval disparaît sous les flammes.


    12 octobre 1730 : Mort de Frédéric IV. Son fils Christian VI lui succède. Lui-même très religieux, il n’a de cesse, durant son règne, d’inculquer à ses sujets le piétisme, pratique de la religion protestante qui se développe en Allemagne et dans les pays du Nord à partir du XVIIIe siècle et qui fait davantage appel à la dimension émotionnelle de la foi, à l'inverse de l'approche littéraliste des textes sacrés qui avait caractérisé jusque-là le protestantisme.


    1733 : Institution par le pouvoir royal du « domicile forcé », contraignant le paysan à demeurer dans la ferme qui l’a vu naître durant toute sa vie active. Cette nouvelle forme de servage assure aux propriétaires terriens une main-d’œuvre stable et peu coûteuse.


    1742 : Inauguration du premier château de Christianborg. Il sera reconstruit en 1794 à la suite d’un incendie.


    6 août 1746 : Mort de Christian VI. Son fils Frédéric V lui succède.


    1748 : Inauguration du Théâtre royal à Copenhague.


    de 1750 à 1760 : Construction à Copenhague par Nicolas Eigtved (1701-1754) du palais d’Amalienborg, composé de quatre bâtiments aux façades néoclassiques et partagés entre quatre grandes familles. Racheté après un incendie par la couronne, l’ensemble est devenu depuis la résidence d’hiver de la famille royale. A la même époque, Frédéric V fait construire autour de ces quatre palais le quartier baroque et rococo de Frederiksstaden.


    1751 : Le comte von Bernstorff, d’origine allemande, est nommé directeur du cabinet royal. Il assumera cette fonction jusqu’en 1770.


    31 mars 1754 : Fondation de l’académie des Beaux-Arts de Copenhague, présidée par l’architecte français Nicolas-Henri Jardin (1720-1799).


    29 février 1756 : Naissance de l’architecte Christian-Frédérik Hansen, mort le 10 juillet 1845, et surnommé le « Palladio danois ».


    1756-1763 : Guerre de Sept Ans à laquelle ne participe pas le Danemark.


    14 janvier 1766 : Le roi Frédéric V s’éteint en prononçant ces dernières paroles : « C’est une grande consolation pour moi dans ma dernière heure que je n’aie jamais offensé quiconque volontairement et qu’il n’y ait pas une goutte de sang sur mes mains. » Son fils aîné Christian VII lui succède à l’âge de dix-sept ans.

     

    Pendant le règne de Christian VI, s’était affirmé un courant piétiste, soutenu par le pouvoir royal, et veillant au respect des préceptes religieux dans toutes les sphères de la société. Préconisant la lecture de la Bible et par conséquent l’alphabétisation de tout un chacun, le piétisme avait favorisé l’accès au savoir comme le développement de la vie culturelle et scientifique. Mais les contraintes qu’il imposait furent bientôt perçues comme un frein à la modernisation du pays et firent naître des aspirations nouvelles, au sein de la bourgeoisie éclairée. L’Allemand Johann Friedrich Struensee, aux rênes du pouvoir quelques années après l’accession au trône de Christian VII, et amant de la reine Caroline-Mathilde, fut ainsi le plus ardent défenseur des Lumières. Au nom du progrès, de la liberté et de la justice, il imposa une série de réformes exemplaires, saluées dans l’Europe entière : la suppression de la censure, l’abolition de la torture, la limitation des corvées imposées aux paysans.


    Mais tandis que le roi Christian VII sombrait définitivement dans la folie, la seconde épouse de Frédéric V, Juliane-Marie, ourdit un complot contre Struensee. Arrêté, puis accusé de lèse-majesté, celui-ci fut décapité en place publique. Ove Hoegh Hrulberg, secrétaire du fils de Juliane-Marie, le futur Frédéric VI, devint alors l’homme fort du régime et s’empressa d’abolir toutes les réformes engagées par son prédécesseur. Cependant, dès sa majorité atteinte, le prince-héritier renversa ce gouvernement réactionnaire pour adopter une politique libérale prônant le progrès social. A la veille de la Révolution française, sa mesure la plus spectaculaire aboutit à la fin du servage au Danemark avec l’abolition du domicile forcé.


    8 novembre 1766 : après avoir épousé Christian VII par procuration à Londres, la princesse Caroline-Mathilde, sœur de George III d’Angleterre fait son entrée à Copenhague.


    1767: le jeune souverain, doué d’une grande intelligence mais mentalement instable, connaît des crises de démence de plus en plus récurrentes et se révèle incapable de gouverner. Son épouse ne lui inspire que répugnance et moquerie. Très vite, il s’abandonne à la débauche avec son éternel compagnon de beuverie, le comte Frederik Vilhelm Conrad Holck et avec sa maîtresse Anne-Catherine Benthagen.


    5 janvier 1768 : le conseil, ne pouvant plus tolérer cette situation de scandale permanent, fait expulser Anne-Catherine Benthagen.


    28 janvier 1768 : Caroline-Mathilde met au monde le futur Frédéric VI.


    5 avril 1768 : Johann Friedrich Struensee est nommé médecin du roi, par l’intermédiaire du comte Schack Carl Rantzau.


    mai 1768 : accompagné de son favori le comte Holck, le roi Christian VII entreprend un voyage en Angleterre, puis en France et à la surprise générale ne laisse rien transparaître de son déséquilibre mental. Le traitement préconisé par Struensee semble parfaitement bénéfique au roi, qui revient deux mois plus tard au Danemark. Il nomme alors Struense conseiller d’Etat.


    1770 : Struense s’est considérablement rapproché de la reine, au point de devenir son amant. Le médecin exerce dès lors une emprise totale sur la famille royale et parvient à faire entrer en disgrâce dès le mois de septembre les plus fidèles de Christian VII, le favori Holck et le ministre des affaires étrangères Bernstorff. Dès lors, Sruense met tout en œuvre pour instaurer au Danemark le règne des Lumières. Suscitant l’admiration de Voltaire, il fera supprimer la censure, abolir la torture, tentera de restreindre l’influence de l’Église dans la sphère publique comme dans la vie privée, fondera des hôpitaux, des caisses de secours pour les plus démunis, et mettra fin à la plupart des corvées encore imposées aux paysans. En juillet, la reine met au monde, Louise-Augusta, sans pouvoir cacher qu’elle est la fille de Struense. Cette situation d’adultère est jugée de plus en plus scandaleuse parmi les nobles, les bourgeois et les représentants de l’Eglise, mais aussi parmi les gens du peuple, persuadés que le roi est retenu en otage.


    Le 9 novembre de la même année naissance du sculpteur néoclassique danois Bertel Thorvaldsen, mort le 24 mars 1844, et souvent comparé à Canova.


    11 janvier 1772 : les détracteurs de Struense l’accusent de vouloir renverser Christian VII pour monter à sa place sur le trône après avoir épousé la reine. Un complot est dès lors ourdi contre lui par la reine douairière Juliane Marie de Brunswick-Wolfenbüttel, seconde épouse du roi précédent, son fils, le prince Frédéric, et enfin le secrétaire de celui-ci Ove Hoegh Gulberg.


    17 janvier 1772 : Struense est arrêté au château de Christianborg, au lendemain d’une somptueuse fête. Enevold Brandt, son plus proche collaborateur à la tête de l’Etat, ainsi que d’autres figures importantes du gouvernement sont emmenés à leur tour. Enfin, la reine elle-même est conduite sans ménagement à Kronborg.


    21 février 1772 : Struense reconnaît avoir été l’amant de la reine.


    25 avril 1772 : Struense est condamné « à être privé de sa qualité de comte et de tous les autres titres à lui concédés, à avoir ses armoiries brisées par les mains du bourreau, après quoi à avoir le poing droit et la tête coupées, le tronc écartelé et exposé sur la roue, la tête et la main fixées à des poteaux ». Le tribunal prononce exactement la même sentence pour Brandt.


    28 avril 1772 : Brandt d’abord puis Struense sont exécutés et leurs corps honteusement dépecés et exposés en place publique. Caroline-Mathilde, bannie du Danemark, s’installe au château de Celle dans le Hanovre. Elle y mourra trois ans plus tard sans avoir jamais revu ses enfants.


    1774 : Ove Hoegh-Guldberg est nommé secrétaire du cabinet privé du roi. Le 5 mars de la même année naît le compositeur danois Christoph Ernst Friedrich Weyse, mort le 8 octobre 1842.


    14 août 1777 : naissance du savant danois Hans-Christian Orsted, mort en 1851. Il découvrira l’électromagnétisme et fabriquera le premier l’aluminium.


    1776 : Ove Hoegh-Guldberg obtient le poste de secrétaire d’Etat.


    20 octobre 1773 : la censure est rétablie.


    1775 : fondation de la Manufacture royale de porcelaine danoise (aujourd’hui Royal Copenhaguen).


    à partir de 1780 : Christian VII sombre définitivement dans la folie et Ove Hoegh-Guldberg gouverne de façon quasi-absolue. Il s’appliquera à mettre fin aux réformes sociales initiées par Struense, notamment celles visant à améliorer la condition paysanne. La même année est instaurée la Ligue de neutralité armée entre la Russie, le Danemark et la Suède. Par la suite, la Hollande, la Prusse, l’Autriche, le Portugal et le Royaume-des-deux-Siciles s’y associeront contre l’Angleterre.


    2 janvier 1783 : naissance du peintre néo-classique danois Christoffer Wilhelm Eckersberg, mort le 22 juillet 1853. De séjour à Paris entre 1810 et 1813, il sera élève de Jacques-Louis David.


    8 septembre 1783 : naissance de Nikolai Frederik Severin Grundtvig, célèbre pasteur et pédagogue danois, mort le 2 septembre 1872.


    1784 : le prince héritier, fils de Christian VII et de Marie-Caroline de Hanovre intègre le Conseil d’Etat. Ove Hoegh-Guldberg tente de conserver son pouvoir mais il est démis le jour même par le futur Frédéric VI, nommé régent du Danemark.


    22 novembre 1787 : naissance de Rasmus Rask, mort le 14 novembre 1832, et père de la linguistique comparée.


    1788 : parmi les réformes libérales engagées par Frédéric VI, sur les conseils de son premier-ministre Peter Andreas Bernstorff, la plus spectaculaire est l’abolition du “domicile forcé”, véritable forme de servage. La même année naît Christian Jürgensen Thomsen (mort en 1865), un épicier de Fionie, précurseur en archéologie. Il fut le premier à penser  que la préhistoire se divisait en trois périodes : l’Âge de pierre, l’Âge du bronze et l’Âge du Fer.


    1795 : incendie de Copenhague, suivi de la reconstruction d’une partie de la ville en style néoclassique.


    1797 : érection à Copenhague de la colonne de la Liberté, célébrant l’abolition du « domicile forcé » pour les paysans. Elle est l’œuvre de l’artiste néoclassique Nicolas Abildgaard (1743-1809).


    13 octobre 1798 : naissance du sculpteur néoclassique Herman Wilhelm Bissen, mort le 10 mars 1868. Son fils Wilhelm Bissen (1836-1913) poursuivra son œuvre et achèvera notamment la statue équestre de Frédéric VII sur la place de Christianborg.


    1800 : formation de la Ligue du Nord, inspirée de l’ancienne Ligue de neutralité armée et regroupant le Danemark, la Prusse, la Suède et la Russie. En réaction contre les manœuvres anglaises visant à empêcher tout commerce avec la France, la Ligue du Nord entend fermer à la Royal Navy l’accès à la Mer Baltique.


    2 avril 1801 : bataille navale de Copenhague entre la flotte britannique et la flotte danoise, qui se solde par la victoire de l’amiral anglais Horatio Nelson (1758-1805).


    17 mai 1803 : naissance du peintre Martinus Rorbye, mort le 29 août 1848 et précurseur de la peinture en plein air à Skagen, dans le Jutland.


    2 avril 1805 : naissance de l’écrivain Hans-Christian Andersen, mort le 4 août 1875. Sa maison natale à Odense, modeste demeure de son père, cordonnier de condition, est ouverte au public.


    2 septembre 1807 : victime du blocus continental, auquel Napoléon et le tsar Alexandre Ier veulent associer le Danemark, l’Angleterre réplique en exigeant à son tour le soutien inconditionnel du Danemark. Mais celui-ci refuse d’abandonner sa flotte. Copenhague est alors bombardé trois jours durant par la flotte anglaise. 1800 personnes trouvent la mort et une grande partie de la ville est détruite. Pour la première fois dans l’histoire des guerres et des conflits, on bombarde des populations civiles pour faire plier l’ennemi.


    7 septembre 1807 : reddition de Copenhague. Les Anglais s’accaparent toute la flotte de commerce danoise et détruisent ce qu’ils ne peuvent emporter.


    de 1811 à 1829 : reconstruction en style néoclassique de la cathédrale de Copenhague, détruite par les bombardements anglais.


    5 janvier 1813 : banqueroute de l’Etat danois, contraint de dévaluer la monnaie nationale. Le Danemark connaît alors un marasme économique sans précédent. Peu à peu Frédéric VI abandonne ses convictions libérales, rétablit la censure et réprime sévèrement toute opposition au régime. Sur le plan artistique cependant, le Danemark connaît un véritable renouveau, dénommé encore aujourd’hui L’âge d’or.


    14 janvier 1814 : paix de Kiel. Frédéric VI de Danemark abandonne le royaume de Norvège à la Suède, à l’exception du Groenland, de l’Islande et des îles Féroé. Naguère peuplé de deux millions et demi d’habitants et s’étendant sur près de quatre cent mille kilomètres carrés, le royaume se réduit désormais à un million et demi d’habitants et cinquante-huit mille kilomètres carrés. Sévèrement amputé, le Danemark n’a d’autre choix que de se retourner contre Napoléon et devient membre de la coalition.

     

    Délimité au sud par l’Eider, le duché de Slesvig avait été rattaché à la couronne danoise au début du IXe siècle, sous le règne du roi Hemming. Quelques années auparavant, son prédécesseur, le roi Gotfred, avait fait édifier la muraille du Daneverke, barrant au nord le territoire du Jutland. Sur le bord méridional du Slesvig, le Holstein était, quant à lui, devenu possession danoise en 1202, avant de retomber dans le giron des princes allemands. Or, en 1459, les deux territoires décidèrent de s’unir, au moment où s’éteignait la lignée des comtes du Holstein. Ils se placèrent dès l’année suivante sous la tutelle du roi Christian Ier du Danemark, qui fut reconnu comte du Holstein et duc de Slesvig, avant que le Holstein ne devînt à son tour un duché.


    En 1720, la paix de Frederiksborg avait garanti à nouveau la possession danoise du Slesvig et du Holstein. Mais au début du XIXe siècle, le mouvement des nationalités gagna l’Europe du Nord. Le Holstein, de culture et de langue allemandes, souhaitait ainsi faire adhérer le Slesvig à la Confédération germanique. Or, celui-ci était peuplé avant tout de Danois, et beaucoup d’entre eux aspiraient au contraire à s’affranchir du Holstein, pour intégrer à part entière le royaume du Danemark. A la mort de Christian VIII (1839-1848), ayant tout au long de son règne défendu et réaffirmé la « danité » des deux duchés, le Holstein, soutenu par la Prusse, engage les hostilités avec le Danemark et donne son coup d’envoi à la première guerre du Slesvig (1848-1850) qui s’achèvera par une victoire danoise. Les duchés demeurent ainsi sous la tutelle danoise, mais ne sont pas pour autant incorporés au royaume.


    Entre-temps, sous l’influence des nationaux-libéraux, partisans à la fois de l’abandon du Holstein et du rattachement effectif du Slesvig, le Danemark s’est doté en 1849 d’une constitution mettant fin à la monarchie absolue. Or, de 1857 à 1859, puis de 1860 à 1863, Carl-Christian Hall, chef du parti national-libéral, est président du Conseil. Il est l’instigateur de la Constitution de novembre 1863, dotant le Danemark et le Slesvig d’institutions communes, mais accordant au Holstein un statut séparé. Déclarée irrecevable par Bismarck, cette Constitution est à l’origine, en janvier 1864, de la seconde guerre du Slesvig.


    1818 : Création d’une banque nationale indépendante du gouvernement.


    22 février 1817 : Naissance du compositeur Niels Wilhelm Gade, mort le 21 décembre 1890.


    1er septembre 1818 : Naissance du peintre Thomas Lundbye, mort le 26 avril 1848, figure importante de L’Âge d’or.


    à partir de 1830 : Unis depuis le XVe siècle, partageant la même monnaie et la même langue officielle (l’allemand) les duchés du Slesvig et du Holstein aspirent à se séparer du Danemark, sous l’influence des Augustenbourg. Or, ils représentent à eux deux un tiers du royaume. En même temps, les partisans du Danemark demeurent nombreux en Slesvig et demandent de leur côté à s’affranchir du Holstein.


    1833 : Le château royal de Rosenborg est transformé en musée.


    1834 : Frédéric VI institue des Assemblées régionales d’Etat, dont les représentants sont élus au suffrage censitaire.


    1836 : Auguste Bournonville (1805-1879), danseur danois d’origine française, devient maître de ballet au Théâtre royal jusqu’en 1877.


    3 décembre 1839 : Mort de Frédéric VI. N’ayant pas d’héritier mâle direct, son cousin Christian VIII lui succède. Il est le fils de Frédéric, prince héréditaire du Danemark, mort en 1805, et de Sophie-Frédérique de Mecklembourg. Afin de réaffirmer la « danité » du duché du Slesvig et du Holstein, il y imposera la langue danoise dans toute la sphère publique.


    1839-1848 : Construction du musée Thorvaldsen, dédié au sculpteur du même nom, par l’architecte néoclassique Michael Gottlieb Bindesboll (1800-1856).


    1839-1869 : Les Danois abandonnent leurs anciennes possessions en Inde à la Grande-Bretagne.


    1843 : Inauguration des jardins de Tivoli à Copenhague, dont l’aménagement sur d’anciens remparts militaires avait été confié à Georg Carstensen (1812-1857).


    1846 : Christian VIII évince les Augustenbourg de la succession aux duchés. Ceux-ci revendiquaient le Slesvig-Holstein en arguant de l’absence inquiétante de descendance mâle de la famille royale. Christian VIII rétorque en étendant aux duchés la loi danoise permettant la transmission héréditaire par les femmes. La même année voit la fondation de la Société des Amis des Paysans, animées par de véritables idéaux démocratiques. Le 9 octobre de la même année, naissance du peintre et écrivain Holger Drachmann, mort le 14 janvier 1908.


    1847 : Son fils et prince héritier, futur Frédéric VII, n’ayant pas d’enfant, Christian VIII désigne de son vivant Christian de Glücksbourg pour succéder à son propre fils, quand celui-ci viendrait à mourir. La même année est mise en service la première ligne de chemin de fer danoise, reliant Copenhague à Roskilde. J.C Jacobsen fonde à la même époque la célèbre brasserie Carlsberg.


    20 janvier 1848 : Mort de Christian VIII. Son fils Frédéric VII lui succède, il sera le dernier représentant de la dynastie des Oldenbourg.


    24 mars 1848 : Le Holstein, soutenu par la Prusse, prend les armes contre le Danemark. C’est le début de la première guerre du Slesvig.


    1er juin 1849 : Promulgation d’une constitution danoise mettant fin à la monarchie absolue. Christian VII devient un monarque constitutionnel. Les Danois réaffirment leur désir de maintenir le Sud du Jutland (Slesvig-Holstein) comme une région.


    5 juin 1849 : Frédéric VII ratifie la Loi fondamentale du royaume dont la nouvelle constitution garantit à la fois les libertés (liberté de la presse, liberté de réunion, liberté de religion) et la séparation des pouvoirs : l’exécutif détenu par le roi et son gouvernement, le législatif réparti entre la Chambre basse (folketing) et la Chambre haute (landsting). Si la seconde était élue avec certaines restrictions, au suffrage censitaire, la première était en revanche élue par tous les hommes de plus de trente ans. Par ailleurs, si les lois votées au folketing ne peuvent être effectives qu’après avoir été ratifiées par le roi, ce dernier ne détient plus dans les faits de réel pouvoir politique. Dans la constitution du 5 juin 1849 sont aussi inscrits l’enseignement obligatoire et le service militaire général.


    juillet 1850 : La victoire danoise d’Isted met fin à la première guerre de Slesvig. Cependant, si la Prusse et l’Autriche reconnaissent à travers le protocole de Londres la souveraineté effective du Danemark sur les duchés, ceux-ci ne sauraient être incorporés au royaume danois, ni se voir imposer la langue danoise comme langue officielle. A la même époque, le Danemark compte 1 405 000 habitants.


    1851 : Disciple de N. F. S. Grundtvig, le pédagogue Christen Kold (1816-1870) fonde la Folkehojskole (haute école populaire), destinée aux jeunes adultes des campagnes. Le 23 juillet de la même année naît Peder Severin Kroyer, mort le 21 novembre 1909 et appartenant au groupe des peintres de Skagen.


    1852 : Un second protocole réaffirme la succession danoise des duchés, tout en garantissant l’autonomie de ceux-ci.


    1853 : Epidémie de choléra à Copenhague.


    1854 : A partir de cette date, le Parti national libéral danois influence considérablement la politique de Frédéric VII. Les remparts de Copenhague sont démolis en partie sous son règne et on instaure le libre-échange économique.


    13 mai 1857 : Le chef du parti national libéral, Carl Christian Hall, devient président du Conseil jusqu’au 2 décembre 1859. La même année est aboli le vieux péage du Sund, tandis qu’est créée la première banque d’affaires danoise, la privatbanken. Inaugurant une nouvelle ère de libéralisme économique, l’année 1857 est aussi celle de la suppression des corporations.


    1858 : Fondation à Copenhague de la Haute Ecole d’Agriculture.


    1859 : Incendie du château de Frederiksborg. Il sera reconstruit entre 1860 et 1895 par Ferdinand Meldahl (1827-1908). Le 18 août de la même année, naissance de Anna Ancher, morte le 15 avril 1935, et appartenant au groupe des peintres de Skagen.


    24 février 1860 : Carl Christian Hall est à nouveau président du Conseil jusqu’au 31 décembre 1863.


    1861 : Promulgation de la loi dite « de 1861 », accordant de nouveaux droits aux paysans et transformant notamment les tenanciers à bail en libres propriétaires.


    28 juillet 1862 : Naissance de Fritz Syberg, mort le 20 décembre 1939 et appartenant au groupe des « peintres de Fionie ».


    7 septembre 1863 : Naissance du peintre Jens Ferdinand Willumsen, mort le 4 avril 1958. Influencé par les nabis, il fait ensuite partie du mouvement expressionniste. Il est aussi graveur et sculpteur.


    13 novembre 1863 : Carl Christian Hall fait voter la Constitution de novembre, dotant le Danemark et le Slesvig d’institutions communes et accordant au Holstein un statut séparé.


    15 novembre 1863 : Frédéric VII meurt brutalement sans avoir eu le temps d’avaliser la Constitution de novembre. Faute d’héritier, Christian de Glücksbourg, désigné naguère par Christian VIII, lui succède. S’il n’adhère pas à la Constitution de novembre, il finit cependant par la signer contre son gré.


    31 décembre 1863 : Dithlev-Gothard Monrad devient président du Conseil. La même année, le réseau ferroviaire danois s’est étendu sur 168 kilomètres.


    janvier 1864 : Bismarck lance un ultimatum et exige l’abolition de la Constitution de novembre dans les quarante-huit heures. Monrad refuse. Début de la seconde guerre du Slesvig opposant le Danemark à la coalition austro-prussienne. Celle-ci se positionne devant le rempart du Danevirke, cette ligne de fortification édifiée dès le IXe siècle par Gotfred et rénovée au début de la décennie 1860.


    2 février 1864 : Bataille de Mysunde, important bastion du Danevirke. Les Prussiens tentent de l’arracher, mais finissent par se retirer face à la résistance danoise. Dès le lendemain cependant, les Autrichiens s’attaquent à nouveau au Danevirke, dont ils parviennent à enlever l’un des avant-postes, sans pour autant pénétrer la principale ligne de défense. Or, le général danois Christian de Meza (1792-1865), mesurant l’infériorité en nombre de l’armée danoise, ordonne son repli avant même qu’elle ait combattu.


    dans la nuit du 5 au 6 février 1864 : Retraite de l’armée danoise. Lorsque la nouvelle parvient à Copenhague, c’est la stupéfaction, au sein du gouvernement comme dans la population.


    22 février 1864 : Les Prussiens attaquent les avant-postes de la forteresse de Dybbol, vers laquelle trois divisions danoises sur quatre se sont repliées.


    2 avril 1864 : La forteresse de Dybbol est assiégée et bombardée presque sans interruption pendant deux semaines.


    18 avril 1864 : Les Prussiens donnent l’assaut final de la forteresse de Dybbol.


    28 avril 1864 : Dans le Nord de la péninsule, la ville fortifiée de Fredericia où campait la dernière division danoise est évacuée à son tour face à l’ennemi autrichien.


    9 mai 1864 : Victoire de la flotte danoise lors de la bataille de Heligoland, en mer du Nord. Elle n’a cependant aucune conséquence sur le cours de la guerre. Une conférence de la paix se tient au même moment à Londres entre la Russie, le Danemark, la Prusse, la Confédération germanique, la France, la Grande-Bretagne et le royaume de Suède-Norvège. Mais les Danois s’obstinent à refuser un partage du Slesvig en fonction des prédominances linguistiques et veulent garder la mainmise sur les zones germanophones.


    15 mai 1864 : Naissance du peintre Vilhelm Hammershoi, mort le 13 février 1916.


    29 juin 1864 : Bismarck attaque l’île d’Als et pénètre au sud-est de la péninsule du Jutland. La totalité de l’armée danoise est contrainte de se retirer en Fionie.


    18 juillet 1864 : L’accord de Christiansfeld, une ville du Nord du Slesvig, signe l’arrêt des combats en mer et sur terre.


    25 juillet 1864 : Début des négociations de paix à Vienne.


    30 octobre 1864 : Ratification du traité de Vienne. Le Danemark doit céder les duchés à l’Autriche et à la Prusse. Or, Bismarck s’oppose à la création d’un Etat indépendant et cherche à imposer l’annexion à la Prusse du Slesvig, du Holstein, mais aussi du Lauenburg.


    1865 : L’ingénieur danois Enrico Mylius Dalgas (1828-1894), d’ascendance française, appelle le gouvernement danois « à gagner à l’intérieur ce qui a été perdu à l’extérieur », et à mettre en valeur la lande du Jutland de l’Ouest et du Centre, vaste ensemble désolé s’étendant sur un septième de la surface du pays. Il fondera peu après la Société danoise de la lande. Le 9 juin de la même année naît le compositeur Carl Nielsen, mort le 3 octobre 1931.


    3 juillet 1866 : Bataille de Sadowa en Bohème. L’armée prussienne écrase les troupes autrichiennes. En juillet 1866, le parti de la droite (hojre) au pouvoir au Danemark fait avaliser une nouvelle constitution, donnant la prééminence à la Chambre du landsting, dominée par les bourgeois nationaux-libéraux et par les grands propriétaires terriens.


    3 août 1866 : Paix de Prague. Les duchés passent sous la tutelle prussienne en même temps que le Hanovre, le Hesse-Cassel, le Nassau et Francfort-sur-le-Main. Les Danois espèrent encore bénéficier dans l’avenir du soutien de la France.


    1868 : Etablissement sur la côte ouest du Jutland de la ville d’Esbjaerg, devenue rapidement un grand port d’exportation vers l’Angleterre. Elle est aujourd’hui la cinquième ville du pays.


    1869 : Fondation de la grande entreprise nordique de télégraphe par Carl Frederik Tietgen.


    1870 : La défaite française contre la Prusse enlève tout espoir aux Danois de récupérer par les armes le Holstein et le Slesvig central et méridional, déjà nettement germanisés. En revanche, les habitants du Slesvig du Nord, avant tout danophones, opposent une résistance pacifique mais farouche à ce qu’ils considèrent comme une « prussianisation » forcée.

     

    La défaite de la seconde guerre du Slesvig affaiblit considérablement le Parti national libéral danois. Celui-ci fut supplanté d’un côté par le parti conservateur, c’est-à-dire la droite (Hojre), et de l’autre par la gauche libérale (Venstre). Or, le parti conservateur, formé avant tout de l’élite bourgeoise et terrienne, parvint à s’assurer un pouvoir sans partage, grâce à l’adoption en 1866 d’un suffrage censitaire pour un tiers aux élections du Landsting. Bénéficiant de l’appui de la monarchie, chargée de désigner le second tiers, les conservateurs y furent ainsi majoritaires de 1865 à 1901 et participèrent à tous les gouvernements de cette période. De son côté, la gauche libérale défendait avant tout la cause des paysans et revendiquait une revalorisation du Folketing, afin que soit enfin prise en compte sa composition politique dans la formation du Conseil exécutif. Malgré ses fréquents succès aux élections, elle n’obtint gain de cause que le 24 juillet 1901. A partir de cette date, évoquant pour les Danois un véritable changement de régime, la légitimité de tous les gouvernements successifs allait reposer sur l’accord d’une majorité au Folketing.


    Dans le même temps, le Danemark entrait dans une phase de modernisation, particulièrement spectaculaire dans le secteur agricole. La création et la généralisation des coopératives, la valorisation des paysages, la fondation d’écoles spécifiques assurant une formation d’excellence aux jeunes paysans, la capacité d’adaptation aux fluctuations des marchés extérieurs hissèrent rapidement l’agriculture danoise au rang des plus rentables en Europe. L’évolution industrielle jusqu’alors moins rapide que dans les autres pays occidentaux fut accélérée à partir des années 1870, notamment dans les secteurs de la métallurgie et de la sidérurgie. A partir de la décennie 1880, le prolétariat se regroupa en syndicats face aux employeurs. Mais dès 1899, le Compromis de septembre jeta les bases d’une concertation sociale constructive, à même de définir les intérêts communs aux patrons et aux ouvriers.


    1871 : Louis Albert François Pio (1841-1894), un Danois d’ascendance française, fonde une section danoise de l’Internationale.


    1872 : La gauche libérale publie pour la première fois un programme de parti. A partir de cette date, elle est constamment majoritaire au Folketing. Grève importante la même année des maçons de Copenhague.


    1873 : 87 % des fermes sont libres.


    1874 : Les peintres Michael et Anna Anchers Hus viennent pour la première fois à Skagen. En 1884, ils y achèteront une maison et deviendront les figures phare de l’école de Skagen.


    à partir de 1875 : Jacob Bronnum Scavenius Estrup, grand propriétaire terrien, devient président du Conseil jusqu’en 1894, ainsi que ministre des Finances. Il trouvera les plus grands opposants à ses réformes parmi les représentants de la Venstre (la gauche), notamment Christen Berg et Viggo Hörup. Dès cette époque, les chemins de fer danois desservent l’ensemble du pays.


    1876 : Fondation du parti social-démocrate.


    1877 : Le gouvernement Estrup procède à la dissolution du Rigsdag pour imposer une loi de finances provisoire.


    1878 : Inauguration, à l’initiative du brasseur J.C. Jacobsen, du musée de Frederiksborg.


    7 juin 1879 : Naissance de l’explorateur Knud Rasmussen, mort le 21 décembre 1933, fondateur de la base de Thulé au Groenland.


    1880 : Début du syndicalisme au Danemark.


    1882 : Fondation au Danemark de la première coopérative laitière au monde. Le pays en comptera plus d’un millier à la veille de la première guerre mondiale. Rapidement, le principe de la coopération s’impose dans tous les domaines de l’agriculture danoise et explique en partie sa modernisation extrêmement rapide à la fin du XIXe siècle.


    1884 : Après l’incendie de Christianbourg où étaient conservées les collections nationales danoises, construction du Musée national des Beaux-Arts (Statens Museum for Kunst). Malgré l’échec de son parti aux élections, Estrup ne se retire pas et impose une série de lois provisoires.


    17 avril 1885 : Naissance de la romancière danoise Karen Blixen, morte le 7 septembre 1962, auteur de La Ferme africaine et du Festin de Babette.


    21 octobre 1885 : Estrup est victime d’une tentative d’assassinat. Il s’attachera dès lors à limiter la liberté de la presse ainsi que le droit de posséder des armes. Les enseignants s’arrogeant le droit d’exprimer leur opposition à la politique gouvernementale seront licenciés. Jusqu’en 1894, on parle désormais de la « dictature d’Estrup ».


    1886 : Réunis en syndicats, les ouvriers obtiennent l’assurance-chômage.


    1891 : Vingt-cinq ans après la fondation de la Société danoise de la lande par Dalgas, la moitié des anciens paysages sauvages du Jutland ont été revalorisés en forêts ou en terres agricoles.


    1892 : Création à Copenhague du Musée national. Aujourd’hui encore, ses collections, consacrées à la civilisation danoise, couvrent chaque période depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine. Il prend place dans l’ancien palais princier dessiné par l’architecte Niels Eigtved (1701-1754).


    9 septembre 1894 : Naissance de Poul Henningsen, dit « PH », mort le 31 janvier 1967, designer particulièrement célèbre pour ses lampes d’intérieur. La même année, l’aile modérée du parti libéral trouve un terrain d’entente avec la droite : elle accepte le financement des fortifications de Copenhague, à condition que cesse le recours aux lois provisoires. Estrup démissionne. Par ailleurs, une partie des libéraux, antimilitariste et résolument opposée à cet accord, forme bientôt un nouveau parti : le Parti libéral réformé, dirigé par Jens Christian Christensen (1856-1930).


    22 janvier 1897 : Naissance de l’écrivain Nis Petersen, mort le 9 mars 1943, auteur de La Rue des Fabricants de sandale. La même année est édifiée à Copenhague la NY Carlsberg Glyptotek, agrandie en 1906 puis en 1996. Elle rassemble les œuvres collectionnées par le brasseur Carl Jacobsen (1842-1914) et offertes à l’Etat en 1888 et 1899 (art antique et peinture et sculptures françaises et danoises du XIXe siècle).


    1898 : Les différents syndicats nés à partir de 1880 se regroupent dans une confédération, la Landsorganisationen, dite « L.O.» En réaction, le patronat rassemble aussi ses différents représentants en confédération. La même année, le Danois Valdemar Paulsen (1869-1944) invente l’ancêtre du magnétophone.


    1899 : Grandes grèves qui aboutissent aux Compromis de septembre, comité d’arbitrage entre patrons et ouvriers qui régira les rapports sociaux jusqu’en 1960.


    1900 : Le Danemark compte 2 450 000 habitants.


    1901 : Le parti Venstre remporte la majorité au Folketing, avec 76 députés sur 84. Christian IX confie à Johan Henrik Deuntzer (1845-1918) la formation d’un gouvernement de gauche. Ce dernier engagera d’importantes réformes fiscales et scolaires. Inauguration la même année du musée de plein air (Frilandsmuseet) à Lyngby, regroupant au même endroit divers bâtiments anciens (la plupart déplacés) à même de restituer l’évolution architecturale des corps de ferme dans les campagnes danoises. Cette forme typiquement scandinave de sauvegarde du patrimoine bâti inspirera en 1990 l’aménagement du musée de plein air de Villeneuve d’Ascq dans le département du Nord.


    1905 : 95 % des fermes sont libres. La même année, le parti Venstre, divisé sur la question de la défense nationale, se scinde en deux. En résulte la création du parti radical de gauche, antimilitariste et partisan d’une réduction drastique du financement de l’armée danoise.


    29 janvier 1906 : Mort de Christian IX de Danemark. Son fils Frédéric VIII lui succède. Durant son court règne, il se montre plus favorable que son père à la monarchie parlementaire.


    de 1909 à 1910 : Erik Scavenius devient ministre des Affaires étrangères.


    1910 : L’ancien ouvrier Thorvald Stauning (1873-1942) devient président du parti social-démocrate.


    14 mai 1912 : Christian X, fils de Frédéric VIII, devient roi du Danemark, alors que son père meurt prématurément sur un banc public en voyage à Hambourg.


    1913 : Le parti radical de gauche se rapproche du parti social-démocrate. A eux deux, ils obtiennent la majorité au Folketing. Christian X nomme le radical Carl-Théodore Zahle président du Conseil. La même année est inaugurée la statue de la Petite Sirène dans le port de Copenhague. Financée par le brasseur Carl Jacobsen, elle est l’œuvre du sculpteur Edvard Eriksen (1876-1959).


    de 1913 à 1920 : Erik Scavenius est à nouveau ministre des Affaires étrangères.


    3 mars 1914 : Naissance du peintre danois Asger Jorn, mort en 1973. Il sera l’un des fondateurs du mouvement Cobra (COpenhague, BRuxelles, Amsterdam) et de l’Internationale situationniste.


    2 avril 1914 : Naissance de Hans Wegner, mort le 26 janvier 2007, designer danois rendu célèbre par le monde après que le président Kennedy eut choisi une de ses créations The Chair, lors de son débat télévisé contre Nixon.


    13 avril 1914 : Naissance de Borge Mogensen, mort le 5 octobre 1972, précurseur lui aussi du design danois, caractérisé par son aspect fonctionnel et épuré.


    juillet 1914 : Dès le déclenchement de la première guerre mondiale, le Danemark proclame sa neutralité, tout comme la Suède et la Norvège.


    1915 : La droite devient le Parti libéral conservateur.


    1917 : La guerre sous-marine menée par l’Allemagne, en réduisant de fait le commerce extérieur, ralentit considérablement le développement économique du Danemark. Sous l’influence de la Révolution d’octobre, une succession de grèves paralyse le pays. La même année, le Danois Henrik Pontoppidan (1857-1943) reçoit le prix Nobel de littérature. Il est l’auteur de La Terre promise et de Pierre le Chanceux.


    1918 : Le parti social-démocrate rallie la Troisième Internationale. La même année, le droit de vote est accordé à tous les hommes et les femmes de plus de vingt-cinq ans. Par ailleurs, un nouveau système de représentation proportionnelle est mis en place. 1918 voit aussi la fondation du musée Ordrupgaard, au nord de Copenhague, par le conseiller d’Etat Vihlem Hansen, passionné d’art français.


    28 juin 1919 : Signature du traité de paix de Versailles. L’une des clauses fixe les modalités d’un référendum sur la question du Slesvig du Nord et du Slesvig du Sud.


    février 1920 : Les habitants du Slesvig du Nord sont consultés par référendum et, à une majorité de 75 %, se prononcent en faveur de leur rattachement au Danemark.


    mars 1920 : Consultés à leur tour, les habitants du Slesvig du Centre restent, pour leur part, fidèles à la Prusse.


    1921 : Construction à Copenhague de l’église de Grundtvig par l’architecte expressionniste Peder Wilhelm Jensen Klint (1853-1930) et son fils Caare (1888-1954).


    1922 : Le Danois Niels Bohr (1885-1962) reçoit le prix Nobel de physique. Il avait découvert quelques années auparavant la structure fondamentale de l’atome.


    1924 : Le parti social-démocrate compte désormais cinquante-cinq députés sur cent-quarante-huit au Folketing. Thorvald Stauning (1873-1942), ancien ouvrier, est nommé président du Conseil.


    1926 : Un gouvernement conservateur de droite est constitué.


    1929 : A nouveau, le parti social-démocrate l’emporte largement aux élections du Folketing avec soixante-et-un députés. Soutenu par le Parti radical de gauche, il reprend les rênes du gouvernement avec, à sa tête, Thorvald Stauning.

     

    La crise des années trente n’épargne pas le Danemark, dont le taux de chômage atteint 40 % en 1933. Pour autant, les dernières années de l’entre-deux-guerres correspondent véritablement à une période de progrès social, entamée dès 1924 avec l’arrivée au pouvoir du parti social-démocrate. Contrairement aux libéraux, les sociaux-démocrates ne prônent pas la lutte des classes, mais le ralliement du plus grand nombre aux idéaux démocratiques, dans une société à la fois égalitaire et respectueuse de la propriété privée. Ainsi, si on adopta des mesures draconiennes, visant au redressement économique, on fit appliquer en même temps des réformes d’envergure, garantissant à tout un chacun une véritable protection sociale. A la veille de la seconde guerre mondiale, les structures du futur Etat-providence étaient d’ores et déjà en place. Face à la montée en puissance de l’Allemagne, le Danemark avait réaffirmé la neutralité observée durant la première guerre mondiale. Or, engagé dans une politique de progrès social, il avait aussi opté pour un désarmement général, censé à la fois garantir la paix et rééquilibrer les dépenses de l’Etat. Aussi, peu à même de se défendre, il avait préféré ménager Hitler, au point de signer un pacte de non-agression avec l’Allemagne en 1939. Un an plus tard, le Danemark est envahi, sans opposer, contrairement à la Norvège, de véritable résistance.



    1931 : La grande crise internationale atteint le Danemark. L’agriculture, le commerce extérieur et l’industrie sont particulièrement touchés. Le 15 décembre, l’écrivain Klaus Rifbjerg, mort le 4 avril 2015 et auteur de Anna, moi, Anna.


    1933 : Le Danemark compte 40 % de chômeurs, contre 23 % en 1927. Thorvald Stauning fait voter une série de lois sociales protégeant aussi bien les paysans que les ouvriers, et met d’ores et déjà en place les structures de l’Etat-providence.


    1934 : Création de l’université d’Aarhus.


    1935 : Le Danemark, membre de la Société des Nations, ne s’oppose pas au rétablissement du service militaire en Allemagne. La même année est inauguré le premier pont entre la Fionie et le Jutland.


    1er septembre 1938 : Naissance de Per Kirbery, artiste contemporain danois, peintre, poète, sculpteur et réalisateur de films.


    avril 1939 : Contrairement à la Suède et à la Norvège, le Danemark accepte de signer un pacte de non-agression avec l’Allemagne. Lors d’un référendum, les électeurs danois rejettent d’extrême justesse le projet de la révision de la constitution de 1915, avec la suppression du landsting.


    9 avril 1940 : Lancement par Hitler de l’opération Weserübung consistant en l’invasion éclair du Danemark, puis du Sud de la Norvège. En quelques heures, les ports sont occupés ainsi que l’aérodrome d’Aalborg, tandis que le Jutland est envahi de colonnes blindées. Sans rencontrer la moindre résistance (seuls seize Danois trouveront la mort avant la capitulation), les bataillons allemands traversent l’Oresund et investissent la citadelle de Copenhague, siège de l’Etat-Major. L’ambassadeur d’Allemagne, Renthie-Fink, fait savoir au ministre des Affaires étrangères, Peter Munch, qu’Hitler entend ainsi prévenir toute invasion franco-anglaise, sans aucune « intention hostile » à l’égard du Danemark. Celui-ci gardera d’ailleurs des relations privilégiées avec l’occupant nazi au point de préserver sa souveraineté, son intégrité territoriale ainsi que sa neutralité. En revanche, des bases militaires sont cédées, la presse écrite comme la radio totalement contrôlées.


    10 avril 1940 : L’ambassadeur du Danemark aux Etats-Unis, Henrik Kauffmann dénonce la collaboration avec l’occupant nazi.


    13 avril 1940 : Naissance de l’écrivain contemporain Sven Holm, auteur de Malade et Gai et de L’autre côté de Christa X.


    8 juillet 1940 : Stauning annonce la formation d’un nouveau gouvernement. Erik Scavenius (1877-1962) devient ministre des Affaires étrangères pour la troisième fois. Soucieux de préserver le traitement accordé au Danemark, Scavenius censure intellectuels, journalistes et écrivains hostiles à l’occupation nazie et prive de ses responsabilités politiques John Christian Moller, membre du parti conservateur.


    automne 1940 : Service secret fondé dès le mois de juillet par Churchill, le SOE (Special Operation Executive) crée une section spécifiquement danoise.


    janvier 1941 : Le Danemark accepte de livrer six torpilleurs à l’Allemagne.


    9 avril 1941 : Henrik Kauffmann (1888-1963), ambassadeur du Danemark aux Etats-Unis, offre à ceux-ci la possibilité d’installer des bases militaires au Groenland, un an jour pour jour après l’occupation allemande du Danemark. Il est aussitôt déchu de ses fonctions par le gouvernement danois.


    juin 1941 : Suite à l’invasion de l’URSS par l’Allemagne, le Danemark rompt ses relations diplomatiques avec Moscou et dissout le Parti communiste danois, dont une centaine de membres sont emprisonnés.


    25 novembre 1941 : Scavenius signe à Berlin l’adhésion du Danemark au pacte Antikomintern. Le même jour, importante manifestation étudiante à Copenhague en guise de protestation. L’ambassadeur du Danemark à Londres, Eduard Reventlow, dénonce à son tour cette compromission avec l’Allemagne nazie et fait venir en Grande-Bretagne Christian Moller, personnalité politique opposée à la politique gouvernementale danoise.


    avril 1942 : Création par Mogens Fog (1906-1990) du journal clandestin Frit Danmark, le « Danemark libre ».


    3 mai 1942 : Mort de Thorvald Stauning. Le social-démocrate Vilhelm Buhl (1881-1954), ministre des Finances, prend la tête du gouvernement. Comme son prédécesseur, il réaffirme l’appui du Danemark à l’Allemagne dans la lutte contre le bolchevisme et fait sévèrement sanctionner les opposants à l’occupant nazi.


    2 septembre 1942 : Vilhelm Buhl intervient à la radio danoise et menace de sanctions sévères tout acte de sabotage à l’encontre des Allemands présents sur le sol national.


    6 septembre 1942 : Depuis Londres, Christian Moller rétorque sur les ondes en appelant ses compatriotes à la résistance active : « Les explosifs et les partisans, voilà les moyens… Faites votre devoir, accomplissez votre tâche. »


    8 septembre 1942 : Violentes manifestations contre le « Corps franc Danemark », envoyé combattre sur le front de l’Est.


    26 septembre 1942 : Adolf Hitler envoie un long message de félicitations au roi Christian X, qui fête le jour même ses soixante-douze ans.


    29 septembre 1942 : Au mépris du protocole, celui-ci se contente d’une réponse laconique, par simple télégramme : « Mes meilleurs remerciements. Roi Christian ». S’ensuit une crise diplomatique sans précédent avec le rappel de l’ambassadeur allemand du Danemark et le renvoi immédiat de l’ambassadeur danois de Berlin. Hitler menace même de destituer le roi, mais la popularité de celui-ci est telle parmi ses sujets, que les Allemands se contentent d’imposer un nouveau gouvernement, dont Scavenius devient Premier ministre. Werner Best (1903-1989), alors chef de l’administration dans la France occupée, est nommé plénipotentiaire du Reich au Danemark. Avec habileté, il préférera collaborer étroitement avec Scavenius, et exprimera à plusieurs reprises son désaccord avec le général Hermann von Hanneken (1890-1981), partisan systématique de la force.


    23 mars 1943 : Elections législatives au Danemark avec un taux de participation record. Les sociaux-démocrates sont largement en tête, tandis que les trois autres partis obtiennent chacun un score honorable. Pour les uns, ces résultats prouvent l’adhésion des Danois à la collaboration. Pour les autres, il s’agissait surtout de renouveler la confiance nationale en la démocratie parlementaire. Dans le même temps, les sabotages s’intensifient d’autant que la résistance danoise bénéficie de parachutages d’armes par les Britanniques.


    avril 1943 : Jusqu’à présent, seuls les tribunaux danois étaient habilités à rendre la justice, mais les autorités allemandes s’immiscent de plus en plus dans les affaires de délits politiques. Pour la première fois depuis le début de l’occupation, une condamnation à mort est prononcée à l’encontre d’un résistant danois. Elle ne sera cependant pas appliquée.


    3 août 1943 : Début d’une série de grèves qui suscitent un peu partout dans le pays de vives incidents avec les Allemands comme avec les collaborateurs danois. Parmi les premières victimes, de nombreuses femmes, accusées de compromission avec l’ennemi, sont livrées à la vindicte populaire et exhibées dans les rues après avoir été tondues. Partout les sabotages s’amplifient.


    28 août 1943 : Sur ordre d’Hitler, Werner Best exige du gouvernement danois la proclamation de l’Etat d’exception et la création de tribunaux spéciaux chargés de condamner à mort tout auteur de sabotage et tout détenteur d’arme. Cent deux résistants danois seront ainsi exécutés dans les mois à venir. Par ailleurs, la ville d’Odense, fer de lance de la résistance en Fionie, doit payer une lourde amende et désigner dix otages. Mais Scavenius refuse tout en bloc.


    29 août 1943 : Lancement de l’opération Safari. L’armée danoise est dissoute, l’état d’exception proclamé et le gouvernement destitué. Le général Hermann von Hanneken décrète la loi martiale. Nombre de bâtiments de la marine danoise choisissent de se saborder pour ne pas tomber aux mains des Allemands. Le roi Christian X est placé en résidence surveillée dans son château de Sorgenfri, à Lyngby-Taarbaek.


    16 septembre 1943 : En l’absence de gouvernement légitime, fondation du Conseil de la liberté du Danemark, regroupant diverses organisations de résistance. Le général danois Ebbe Gortz reconnaît l’autorité du Conseil et jette dès lors les fondements d’une armée souterraine. Elle comptera 43 000 hommes en 1945.


    28 septembre 1943 : Le diplomate allemand Georg Ferdinand Duckwitz, secrètement antinazi, dévoile officieusement à Hans Hedtoft (1903-1955), président du parti social-démocrate, le projet de rafle et de déportation des Juifs prévu pour le 1er octobre. Grâce à un immense mouvement de solidarité, avec le concours des Eglises, de la population locale et de la police portuaire, la majorité des Juifs danois parvient à s’embarquer pour la Suède, située à quinze kilomètres seulement de l’île danoise de Seeland, sur des barques de fortune ou encore sur de gros bateaux de pêche ou des ferries. Au final, 7 % des Juifs danois seront arrêtés ou déportés et conduits dans le camp de Theresienstadt.


    30 décembre 1943 : Hitler donne des directives plus sévères encore envers résistants et saboteurs, incitant à l’assassinat organisé des opposants et au contre-sabotage. Les rédactions, les syndicats, les partis politiques et toute institution opposée de près ou de loin au Reich seront ainsi particulièrement visés.


    4 janvier 1944 : Intellectuel de droite et antidémocrate, le pasteur et écrivain Kaj Munk (1898-1944) n’en était pas moins un farouche opposant au nazisme. Il est retrouvé assassiné d’une balle dans la tempe.


    6 juin 1944 : Sabotage d’une usine produisant des pièces détachées pour la Luftwaffe.


    17 juin 1944 : L’Islande se constitue en république indépendante.


    22 juin 1944 : Dynamitage de l’unique usine d’armement au Danemark.


    dans la nuit du 24 au 25 juin 1944 : Les Allemands réagissent en faisant sauter Tivoli, célèbre parc d’attractions au cœur de Copenhague. Un couvre-feu est instauré de 20 heures à 5 heures et tout rassemblement de plus de cinq personnes interdit.


    30 juin 1944 : Huit résistants sont exécutés. Lancement immédiat de la grève générale avec l’aval du Conseil de la liberté. Ce dernier négocie la fin du couvre-feu et l’éloignement du corps Schalburg, chargé de toutes les opérations de contre-sabotage.


    5 juillet 1944 : Fin de la grève générale.


    19 septembre 1944 : Les Allemands organisent la rafle de neuf mille policiers. Deux mille d’entre eux, soupçonnés de complaisance avec les auteurs de sabotages, sont envoyés en camp de concentration. En l’absence de police, la criminalité ne cesse de se développer et contribue au chaos généralisé.


    janvier 1945 : Le général Hermann van Hanneken est remplacé par Georg Heirich Lindmann (1884-1963) qui n’a de cesse de démanteler les réseaux de résistance.


    mars 1945 : Louis-Ferdinand Céline se réfugie à Copenhague. Incarcéré de décembre 1945 à juin 1946, il est finalement libéré sans que les Français obtiennent son extradition. Il demeure au Danemark jusqu’en 1951.


    1er mai 1945 : Sûr d’une victoire prochaine des Alliés, le Conseil de la liberté met déjà en place le gouvernement d’après-guerre, dans lequel on prévoit autant de résistants que de membres des partis.


    4 mai 1945 : L’Allemagne annonce au maréchal Montgomery la capitulation de ses troupes au Danemark à compter du 5 au matin. Seuls les soldats allemands installés dans l’île de Bornholm poursuivront le combat avant de se rendre aux Soviétiques.


    5 mai 1945 : Les troupes britanniques entrent au Danemark alors que l’armée allemande capitule.


    9 mai 1945 : Le parlement qui avait cessé de siéger depuis août 1943 se réunit à nouveau et proclame officiellement la libération du pays, en présence du roi Christian X et du Premier ministre Wilhelm Buhl. Ce dernier demande publiquement l’adhésion aux Nations unies du Danemark.


    octobre 1945 : Elections législatives favorables à la Venstre (la gauche) qui forme un gouvernement sous la direction de Knud Kristensen (1880-1962).

     

    Au lendemain de la guerre, le Danemark envisage d’abord de renouveler sa traditionnelle politique étrangère et militaire de neutralité en formant, avec la Norvège et la Suède, une Union scandinave de défense. Mais, faute d’entente suffisante, le projet est abandonné dès 1948 et le Danemark adhère finalement au traité de l’Atlantique-Nord en 1949. Sur le plan économique et culturel cependant, les pays scandinaves demeurent étroitement liés avec la création en 1952 du Conseil nordique. A l’intérieur, la politique danoise poursuit la mise en place de l’Etat-providence qui garantira pendant plusieurs décennies l’augmentation des richesses et l’amélioration quasi permanente du niveau de vie de ses habitants. Celles-ci entraîneront aussi une profonde transformation des mœurs, induisant une coupure avec les valeurs traditionnelles.


    Etroitement dépendante des marchés extérieurs, l’économie danoise pâtira cependant de la crise des années soixante-dix. A partir de cette époque, les quatre vieux partis politiques – le parti social-démocrate, la gauche radicale, le parti libéral et le parti conservateur – sont peu à peu concurrencés par de nouvelles formations, et, en 1990, les Danois ont le choix aux élections entre douze partis politiques. En 2015, la percée du Parti du peuple danois traduit, comme dans d’autres pays européens, une profonde crise culturelle, accentuée par les attentats islamistes ayant frappé quelques mois auparavant la capitale.


    octobre 1946 : Un courant pro-danois se développe en Slesvig du Sud au point que la question du rattachement au Danemark se pose à nouveau. Opposé à toute source de nouveau conflit, la majorité parlementaire se prononce cependant en faveur du maintien de la frontière établie en 1920.


    20 avril 1947 : A la mort de Christian X, son fils aîné Frédéric IX devient roi du Danemark.


    4 octobre 1947 : Knud Kristensen est victime d’une motion de censure après avoir exprimé officieusement un avis contraire à celui du Parlement sur la question du Slesvig. Radicaux, sociaux-démocrates et communistes s’unissent alors contre lui, mais les élections législatives voient avant tout le triomphe des sociaux-démocrates. Un nouveau gouvernement est formé dirigé par Hans Hedtoft. La même année, le Danemark signe l’accord du GATT.


    1948 : Le Danemark accepte l’adhésion au plan Marshall par adhésion à l’OECE, Organisation européenne de coopération économique. La même année, à l’initiative de la Suède, les trois royaumes scandinaves imaginent un projet d’Union de défense, à même de garantir leur neutralité sur le plan international. Mais celui-ci n’aboutit pas.


    4 avril 1949 : Le Danemark adhère à l’OTAN et renonce ainsi définitivement à sa neutralité.


    1950 : Le Danemark compte 4 281 000 habitants.


    1950-1957 : Le Danemark adhère à l’Union européenne des paiements et peut augmenter ainsi ses devises en bénéficiant du change libre du dollar.


    1952 : Le Danemark adhère au Conseil nordique, dont l’une des premières mesures est l’abolition du contrôle des passeports entre les royaumes de Suède, de Norvège et du Danemark et les républiques d’Islande et de Finlande.


    1953 : Révision de la Constitution danoise de juin 1849. Le Landsting (la Chambre haute) est supprimé au profit d’un régime parlementaire monocamériste. Au Folketing sont désormais représentés le Groenland et les îles Féroé. Par ailleurs, une nouvelle fonction de médiateur (Ombudsmand) est instituée entre l’administration et les citoyens. Enfin, le droit de succession au trône est modifié et ouvert désormais aux femmes. La démocratisation du pays est désormais inscrite dans la Loi fondamentale.


    1954 : Les cinq pays du Conseil nordique instaurent un marché commun du travail.


    1955 : Le Danemark accepte l’adhésion de la république fédérale d’Allemagne à l’OTAN. Adoption d’une convention de sécurité sociale par le Conseil nordique.


    1956 : Adoption du droit à la retraite à partir de l’âge de 67 ans. Important mouvement social revendiquant la réduction du temps de travail hebdomadaire. Mais celle-ci demeura alors à 48 heures.


    17 mai 1957 : Naissance de l’écrivain contemporain Peter Hoeg, auteur de Smilla et l’Amour de la neige. Fondation du musée de Louisiana par le collectionneur Knud Wadum Jensen (1916-2000). Il abrite des œuvres européennes et américaines de la seconde moitié du XXe siècle.


    9 novembre 1959 : Naissance de l’écrivain contemporain Jens Christian Grondahl, auteur de Bruits du cœur, Sous un autre jour et Piazza Bucarest.


    1960 : Le Danemark adhère à l’AELE, Association européenne de libre-échange. Naissance du Parti socialiste populaire, dont le chef de file, Aksel Larsen, avait quitté le parti communiste après l’invasion de la Hongrie par l’URSS en 1956. Cette nouvelle formation rencontre un succès immédiat aux élections législatives de novembre.


    1961 : Création d’un commandement uni dano-allemand pour la région Nord de l’OTAN. Remplacement la même année de l’OECE par l’OCDE, Organisation de coopération et de développement économique, dont le premier secrétaire général est le Danois Thorkil Kristensen. Le 4 août, le Danemark demande la pleine adhésion à la CEE à condition que la candidature de la Grande-Bretagne soit acceptée elle aussi.


    1962 : Le social-démocrate Jens Otto Krag (1914-1978) est nommé Premier ministre. La même année, accord d’Helsinki sur la coopération nordique aboutissant à la formation d’un Conseil des ministres nordique.


    1963 : Après le refus du général De Gaulle d’intégrer la Grande-Bretagne à la CEE, le Danemark retire sa candidature.


    1966 : Fondation de l’université d’Odense.


    1967 : Institution de la TVA fixée à 10 %. La même année, Londres, puis Copenhague renouvellent leur demande d’adhésion à la CEE. Le général De Gaulle s’y oppose à nouveau. La même année, à Skagen, la maison du couple de peintres Michael et Anna Anchers Hus devient un musée.


    1968 : Un autre social-démocrate, Hilmar Baunsgaard (1920-1989), devient Premier ministre.


    1969 : Inauguration du Vikingeskibsmuseet (musée des Bateaux vikings) dans le fjord de Roskilde, où avaient été retrouvés en 1962 cinq bateaux vikings, deux navires de guerre (drakkar), deux navires de transport (knorr) et un petit bateau.


    1970 : Libéralisation de l’avortement. La TVA passe à 15 %. Institution de l’impôt à la source. Fondation de l’université de Roskilde.


    1971 : Jens Otto Krag forme un nouveau gouvernement social-démocrate. La même année, fondation par des anarchistes hippies de la « ville libre » de Christiana sur un ancien terrain militaire de Copenhague. Aujourd’hui encore, elle bénéficie d’un statut d’exception au Danemark et abrite deux mille habitants.


    14 janvier 1972 : A la mort de Frédéric IX, sa fille aînée Margrethe devient reine de Danemark.


    5 octobre 1972 : Le social-démocrate Anker Jorgensen (1922-2016) devient Premier ministre jusqu’en décembre 1973.


    1er janvier 1973 : Le Danemark adhère à la CEE en même temps que la Grande-Bretagne et l’Irlande. La même année, création du fonds nordique industriel.


    1974 : Création de la banque nordique d’investissement. Lois sociales réduisant le temps de travail hebdomadaire à 40 heures.


    13 février 1975 : Le social-démocrate Anger Jorgensen (1922-2016) devient à nouveau Premier ministre, jusqu’en septembre 1982.


    17 janvier 1979 : Le Groenland devient autonome par référendum.


    10 septembre 1982 : Poul Schlüter (né en 1929), tête de file du Parti du peuple conservateur, devient Premier ministre jusqu’en 1993. Uffe Ellemann-Jensen (né en 1941), membre du parti libéral (parti Venstre) est, durant toute cette période, ministre des Affaires étrangères.


    24 mars 1985 : Début de la grève générale contre la politique d’austérité du gouvernement. Elle s’achève le 1er avril.


    1986 : Les Danois votent par référendum en faveur de l’Acte unique, impliquant d’importantes réformes institutionnelles de la CEE.


    1987 : Le Festin de Babette, film danois réalisé par Gabriel Axel et tiré de l’œuvre de Karen Blixen, obtient l’Oscar du meilleur film étranger.


    1990 : Le Danemark compte 5,1 millions d’habitants.


    1992 : Les Danois rejettent par référendum le traité de Maastricht.


    1993 : A nouveau consultés par référendum, les Danois ratifient le traité de Maastricht après avoir obtenu au sommet d’Edimbourg des dérogations en matière de défense et de monnaie communes, de citoyenneté et de coopération policière.


    1995 : Fondation du Parti du peuple danois, formation nationaliste fustigeant, entre autres, la politique d’immigration.


    1996 : Le Musée national des Beaux-Arts de Copenhague s’agrandit d’une nouvelle aile en verre. Réalisation la même année par Svend WIIg Hansen d’un groupe sculpté en béton armé, Mennesket ved Havet, représentant, face à la mer, à Esjberg, quatre géants immaculés.


    1998 : Inauguration du pont de Storebælt. Reliant la Fionie au Sjaelland, il est long de dix-sept kilomètres. Au mois de mars, victoire des sociaux-démocrates aux élections législatives. Du 27 avril au 7 mai, large mouvement de grève dans le secteur privé. Le 28 mai, les Danois ratifient par référendum le traité d’Amsterdam, modifiant le traité de Maastricht.


    2000 : Inauguration d’un pont complété par un tunnel et reliant sur seize kilomètres la Sjaelland à la Suède.


    20 novembre 2001 : Les élections législatives donnent la victoire au parti libéral d’Anders Fogh Rasmussen, qui devient Premier ministre. Pour la première fois en plus de quatre-vingts ans, les sociaux-démocrates perdent leur place de première formation du pays.


    2002 : Inauguration de la première ligne de métro danoise reliant Copenhague à l’île d’Amager.


    30 septembre 2005 : La publication de caricatures de Mahomet dans le journal danois Jyllands-Posten a des retombées internationales. L’Arabie saoudite rappelle son ambassadeur au Danemark, avant que le journal ne présente finalement ses excuses à la communauté musulmane.


    12 février 2008 : Arrestation d’un Danois d’origine marocaine et de deux Tunisiens vivant au Danemark, accusés de fomenter un attentat contre l’un des dessinateurs des caricatures de Mahomet. Le lendemain, dix-sept journaux danois publient à leur tour le dessin en question, entendant ainsi défendre la liberté d’expression.


    2 juin 2008 : Suite à l’affaire des caricatures, attentat au Pakistan à Islamabad devant l’ambassade du Danemark.


    2 juin 2009 : Victoire des indépendantistes aux élections législatives du Groenland.


    2011 : Victoire de l’opposition de gauche aux élections législatives. Helle Thorning-Schmidt devient la première femme de l'histoire du pays à être nommée Premier ministre.


    14 et 16 février 2015 : Attentats islamistes à Copenhague.


    18 juin 2015 : Percée historique aux élections législatives du Parti du peuple danois, qui devient la seconde force politique du pays. Il refuse cependant de contribuer à la formation de l’exécutif. Lars Lokke Rasmussen, membre du parti libéral (Venstre) devient Premier ministre et forme un gouvernement minoritaire, composé uniquement de membres de son parti.


    3 décembre 2015 : Par référendum, les Danois refusent de participer à la coopération policière renforcée avec l’Union européenne.


    28 novembre 2016 : Lars Lokke Rasmussen forme un nouveau gouvernement, comptant vingt-et-un ministres, dont six de l’Alliance libérale et trois du Parti populaire conservateur.


    21 janvier 2017 : La ville d’Aarhus est proclamée pour une année capitale européenne de la culture.


    La coalition tripartite qui gouverne le pays reste minoritaire au Parlement, avec les risques d'instabilité que cela implique, d'autant que les différents acteurs du jeu politique ne s'entendent pas sur la question des allègements fiscaux et sur celle de la réduction des dépenses publiques. Ce qui fait en revanche consensus, c'est le durcissement des conditions d'accueil des étrangers et des réfugiés, au moment où l'Allemagne d'Angela Merkel leur a largement ouvert ses portes. Avec un taux de chômage un peu supérieur à 4 %, le royaume est proche du plein emploi, mais la croissance, 1 % seulement, demeure insuffisante, du fait d'une compétitivité à la peine. Il est toutefois un secteur dans lequel le Danemark fait figure de très bon élève, c'est celui des énergies renouvelables, qui couvrent désormais 30 % de la consommation d'énergie du pays, les éoliennes produisant 40 % de l'électricité consommée par les Danois.


     
     
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