Logo Clio
Service voyages
Service voyages

L'Asie centrale
Un espace aux frontières mouvantes

L’Asie centrale apparaît comme une dénomination géographique récente, qui est loin de faire l’unanimité. L’Europe a longtemps désigné sous le nom de « Tartarie » les régions qui s‘étendaient dans les immenses espaces de steppes et de déserts d’où surgissaient régulièrement de nouveaux envahisseurs. La présence de peuplades turcophones a ensuite imposé la dénomination de « Turkestan », russe à l’ouest du Pamir, chinois à l’est, dans la vaste dépression occupée para le Tarimet correspondant aujourd’hui au Xin Jiang ouïghour. La fin de l’URSS a imposé « l’Asie centrale » et l’a réduite à l’ancien Turkestan russe. Un nom qui rend mieux compte de la réalité humaine de cette vaste région, dans la mesure où le Tadjiks n’appartiennent pas à l’espace turcophone mais au monde persan. En revanche, les principaux intéressés – Ouzbeks,Turkmènes, Kirghizes, voire Kazakhs – se reconnaissent davantage dans une désignation ethnique qui rend mieux compte, à leurs yeux,de leur identité , les termes « d’Asie moyenne » ou« d’Asie centrale » relevant d’une « allotoponymie » correspondant au regard que jettent les Européens ou, plus généralement, les Occidentaux, sur cette vaste région.

On admet généralement que « l’Asie centrale » trouve ses frontières et son unité territoriale dans l’espace qui s’étend du Caucase à la Chine proprement dite et des limites nord de la steppe aux contreforts de l’Hindu Kush et du Pamir mais cette définition géographique est insuffisante car il convient de la compléter par les réalités sociologiques qui voient cohabiter traditionnellement nomades et sédentaires et les données culturelles qui font de la région un carrefour où se sont mêlés les éléments turc, chinois, persan et, plus tardivement, russe.

Dans l’imaginaire européen, ces régions longtemps méconnues et inhospitalières se réduisaient à une monotone alternance de steppes et de déserts. En réalité, la diversité des paysages et des climats est plus marquée qu’on ne le croit généralement. De l’Altaï aux chaînes qui bordent à son nord-est le territoire de l’Iran actuel, la montagne est souvent présente et apparaît déterminante à beaucoup d’égards. Le puissant massif de l’Altaï,qui s’élève à 4 506 m au mont Bélukha, marque la transition entre les paysages sibériens du nord, le désert de Gobi à l’est et les steppes kazakhes à l’ouest. Il a depuis le XIXe siècle marqué la frontière entre les mondes russe et chinois dans cette région. A l’ouest, le Tarbagataï et d’autres chaînes secondaires assurent la liaison orographique avec les monts Tian Shan « les montagnes célestes » des Chinois. Le pic Pobedy s’y élève à 7 349 m, à hauteur de la frontière entre Chine et Kirghizistan. Après la riche vallée du Ferghana, c’est le Pamir, étendu sur une bonne partie du Tadjikistan, dominé par le pic Ismaïl Samani – ex pic Staline, puis pic Communisme – qui s’élève à 7 495 m. Ce massif dont les Russes ont pris le contrôle en 1895, apparaît comme le point de réunion des chaînes du Karakoram et de l’Himalaya au sud-est, de l’Hindu Kush au sud-ouest. Cette dernière chaîne, qui coupe en deux l’Afghanistan,s’élève jusqu’à 7 708 m au Tirich Mir, en territoire pakistanais. Frontière naturelle méridionale de l’Asie centrale, l’Hindu Kush sépare le monde centrasiatique du monde indien auquel on accède, depuis Kaboul, par la fameuse passe de Khaïber. A l’ouest, le Kopet Dagh forme la frontière naturelle séparant l’Iran du Turkménistan. Ces reliefs impressionnants commandent la disposition en eau de l’espace centrasiatique tout comme la séparation très clairement marquée entre Turkestan russe et Turkestan chinois.

L’importance des reliefs montagneux pourrait laisser penser que la région est en mesure disposer d’importantes ressources en eau mais les zones fertiles sont rares. A l’est, dans le Xin Jiang chinois,elles se limitent aux régions de piémont qui entourent le bassin du Tarim, un fleuve long de 2 000 km mais qui, devenu cours d’eau endoréique, finit par se perdre dans le sables. Et c’est le désert du Takla Makan, exploré jadis par Sven Hedin, qui occupe la majeure partie de l’ancien « Turkestan chinois ». Le Turkestan occidental se révèle plus riche en ressources hydriques. Long de 2 600 km l’Amou Daria (l’Oxus des Anciens) prend naissance dans le Pamir, dans la « péninsule du Wakan »(cette étroite extension du territoire afghan qui devait séparer les territoires sous domination russe au nord de ceux placés sous domination britannique au sud. Son cours sépare l’Afghanistan du Tadjikistan, puis de l’Ouzbékistan avant de s’orienter vers le Turkménistan. Il traverse ensuite les déserts du Kyzylkoum et du Karakoum en irriguant la région du Khwarezm, la Chorasmie des anciens. Il rejoint ensuite le territoire uzbek pour se jeter dans lamer d’Aral. Le second grand fleuve de la région est le Syr Daria, l’ancien Iaxartes, long de 2 200 km. Issu des Tian Shan kirghizes,il assure la prospérité de la riche vallée du Ferghana avant de traverser les territoires de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan pour finir son parcours, comme l’Amou Daria, dans ce qui reste de la mer d’Aral.

Celle-ci a en effet subi, au cours des dernières décennies, du fait des prélèvements massifs effectués tout au long des cours des deux grands fleuves, une réduction spectaculaire de (environ 85 %) de son volume d’eau Elle est en voie de disparition, sans que cette catastrophe écologique ait entraîné des réactions à sa hauteur. Au nord du Kirghizistan, le lac Issyk Koul est le deuxième plus grand lac de montagne du monde après le lac Titicaca.

Dans l’est du Kazakhstan, le lac Balkach apparaît comme la plus grande étendue d’eau de la région après la mer Caspienne, qui offre un débouché « maritime » au Turkménistan et au Kazakhstan. Ce grand lac salé sépare l’Asie centrale du Caucase et marque sa frontière occidentale.

La majeure partie du territoire centrasiatique est composée de steppes et de déserts. La steppe kirghize part de la mer Caspienne et s’étend sur 2 000 km jusqu’à l’Altaï. Elle constitue une extension au nord de la Steppe de la Faim qui s’étend jusqu’à l’Ouzbékistan central. Dans le Ferghana, l’irrigation développée à l’époque russe et soviétique a fait disparaître la steppe des Karakalpaks (du nom de la population nomade locale). A l’ouest du Kazakhstan, la steppe se maintient dans la dépression dite touranienne, entre Caspienne et mer d’Aral, bordée à l’est parle plateau d’Oust Ourt. Au delà de la mer d’Aral, du cours de l’Amou Daria et de la région fertile du Khwarezm, l’Ouzbékistan central et le sud du Kazakhstan sont occupés par le désert des Sables Rouges (Kyzyl Koum), qui s’étend entre Amou Daria et Syr Daria. Formé d’étendues arides et de dunes, ce désert connaît des amplitudes thermiques très élevées. Au sud, le cours de l’Amou Daria forme la frontière entre le Kyzyl Koum et le Kara Koum, le désert des Sables Noirs, qui recouvre la presque totalité du Turkménistan.

Ce cadre naturel difficile va largement déterminer l’histoire de la région et continue à commander les grands enjeux géopolitiques qui la caractérisent en ce début du XXIe siècle.

4500 - 4000 av. J.-C. : Période chalcolithique (âge du cuivre). Début de l'irrigation en Margiane et sur le piémont du Kopet-dagh (site de Geoksyur).


3500 - 2500 av. J.-C. : Chalcolithique et début de l'âge du bronze en Sogdiane (site de Sarazm), en Bactriane (Shortugaï) et au pied de l'Hindou-Kouch (Mundigak).


2500 - 1500 av. J.-C. : Âge du bronze moyen. Civilisation urbaine « bactro-margienne » (Namazgah, Akltyn-depé, Dashli, Gonur, Togolok, Sapalli, Djarkutan, Sarazm, Shortugaï). Etablissement d'une « route du lapis-lazuli ». Contact avec le monde élamite du Sud-Est mésopotamien et avec la civilisation de la vallée de l'Indus (Mohenjo Daro et Harappa).


1800 - 550 av. J.-C. : Âge du bronze récent et âge du fer. Disparition des anciens sites urbains et nouvelle urbanisation (Bactres, Merv, Samarcande-Koktepe, Shahr-i Sabz). Migrations indo-européennes, diffusion du zoroastrisme et genèse des grandes régions historiques.

 

 VIIIe - VIe siècle av. J.-C. : Rédaction des plus anciens textes de l'Avesta, le livre sacré du mazdéisme.


VIIe siècle - 330 av. J.-C. : La dynastie achéménide règne sur l'Empire perse.


VIe siècle av. J.-C. : La plus ancienne inscription sogdienne connue (Tali Barzu, près de Samarkand). Naissance en Asie centrale ou sur le plateau iranien de Zoroastre, le réformateur du mazdéisme. Le zoroastrisme se répand chez les populations sédentaires d'Asie centrale.


559 - 530 av. J.-C. : Règne de l'Achéménide Cyrus le Grand. L'Empire achéménide durera jusqu'en -330. Durant toute son histoire, des peuples nomades vont progressivement se déployer sur la rive droite du Syr-Daria (l'Iaxartes des Grecs).


vers 550 - vers 480 av. J.-C. : Dates présumées de la vie du Bouddha en Inde.


535 av. J.-C. : Installation des satrapies achéménides en Sogdiane et en Bactriane.


519 av. J.-C. : Inscriptions achéménides de Behistun en Iran. Premières mentions des Sogdiens, des Khorezmiens, des Bactriens et des Saces. Fondation de Bactres (Balkh) et de Maracanda (Samarkand).


484 - 425 av. J.-C. : Vie d'Hérodote, « historien » et voyageur, qui décrit, le premier, dans son Enquête, les habitants de l'Asie centrale antique (Saces, Sogdiens).


330 - 327 av. J.-C. : Campagne d'Alexandre le Grand en Sogdiane et en Bactriane, siège de Samarcande (Maracanda).


334 - 327 av. J.-C. : Alexandre le Grand réalise la conquête de l'Empire perse et pousse jusqu'en Inde.


323 av. J.-C. : Mort d'Alexandre le Grand à Babylone.


323 av J.-C. à 10 ap. J.-C. : Epoque hellénistique.


320 av. J.-C. : Instauration, avec Chandragupta, de l'Empire maurya en Inde.


312 - 250 av. J.-C. : Règne des Séleucides.


307 av. J.-C. - 226 ap. J.-C. : Expansion de l'empire parthe vers l'est. Formation de l'axe d'échanges qui portera plus tard le nom de « route de la soie ».


305 av. J.-C. : Les Séleucides héritent de la partie orientale de l'empire d'Alexandre.


270 - 235 av. J.-C. : Règne du souverain maurya Açoka en Inde.


250 - 130 av. J.-C. : Fondation de Termez, dans l'actuel Ouzbékistan. Le royaume gréco-bactrien formé en Asie centrale comprend l'Afghanistan et voit se développer l'art gréco-bactrien.


247 - 224 av. J.-C. : Fondation de Nisa, capitale parthe, dans l'actuel Turkménistan.


250 av. J.-C. - 224 ap. J.-C. : Règne de la dynastie arsacide en Perse.


250 - 235 av. J.-C. : Diodote Ier fonde le royaume gréco-bactrien.


221 - 210 av. J.-C. : Tsin Che Houang Ti, « premier empereur » de Chine.


215 av. J.-C. : Achèvement d'une première grande muraille de Chine, destinée à protéger le territoire chinois des invasions des nomades Hiong Nou.


210 av. J.-C. : Teou-man unit les nomades Hiong Nou. Premier empire des steppes.


210 - 174 av. J.-C. : Règne du Hiong Nou Mao-Touen.


206 av. J.-C. - 220 ap. J.-C. : Dynastie Han en Chine.


177 av. J.-C. : Début de la lutte entre Hiong Nou et Yue Tché.


171 - 145 av. J.-C. : Règne d'Eucratide Ier en Sogdiane.


166 av. J.-C. : Premiers Etats hiong nou en Chine.


165 av. J.-C. : Les nomades Yué Tché indo-aryens du bassin du Tarim sont chassés par les Hiong Nou du Nord de la Chine.


163 - 150 av. J.-C. : Règne de Ménandre (Milanda) en Inde.


145 av. J.-C. : Invasion de la Bactriane orientale par des nomades. Chute d'Aï Khanoum-Eucratidia.


140 - 87 av. J.-C. : Wou-ti, empereur de Chine.


140 - 70 av. J.-C. : Les Yue Tché déferlent sur la Sogdiane.


138 av. J.-C. : Les Saces occupent la Bactriane.


138 - 126 av. J.-C. : Voyage de Tchang K'ien. Ouverture prétendue de la route de la soie.


138 - 129 av. J.-C. : Règne d'Antiochos VII, le dernier grand souverain séleucide.


vers 130 av. J.-C. : Arrivée du bouddhisme indien en Asie centrale et en Chine.


130 av. J.-C. : Chute de Bactres.


130 av. J.-C. - 230 ap. J.-C. : Essor de la route de la soie. Le bouddhisme se développe en Asie centrale. Essor de l'empire kouchan, marqué par le règne de Kanishka. Palais de Toprak-kalé au Khwarezm.


129 - 119 av. J.-C. : Campagne chinoise en Asie centrale.


121 av. J.-C. : Destruction du royaume hiong-nou par la Chine des Han.


90 - 10 av. J.-C. : Les Saces envahissent l'Inde.


80 - 60 av. J.-C. : Ruine économique des Hiong Nou.


70 - 60 av. J.-C. : Conquête de la Sérinde par les Chinois.


51 av. J.-C. : Scission des Hiong Nou.


36 av. J.-C. : Mort du chef hiong nou Tche-tche.


16 ap. J.-C. : Interdiction du port de la soie dans l'Empire romain.


19 - 45 : Règne de Gondopharès chez les Saces.


vers 25 : Kujuka Kadphisés fonde l'Empire kouchan.


vers 60 : Les Yue tché (Kouchans) au Pendjab.


75 -102 : Pan-Tch'ao en Asie centrale.


78 : Avènement de Kanishka.


93 : Les Sien-pei battent les Hiong-nou.


98 : Huit hordes hiong-nou se soumettent à la Chine.


99 : Expédition chinoise en Mongolie. Arrivée à Rome d'une ambassade kouchane.


100 : Construction d'un monastère bouddhiste par le roi Kouchan Kanishka. Diffusion du bouddhisme en Asie centrale. Frise d'Ayrtam (Termez).


163 : L'Empire parthe contrôle la route de la soie entre Chine et Méditerranée.


214 ou 216 : Naissance à Babylone de Mani, le fondateur du manichéisme.


220 : Les Tabgatch en Chine. Dynastie Weï.


224 : Fondation en Iran de la dynastie sassanide.


230 - 350 : Extension en Asie centrale, en Margiane et en Bactriane, de la puissance sassanide.


milieu du IIIe siècle : Apparition en Asie centrale d'adeptes du manichéisme chassés d'Iran.


308 : Le chan-yu Lieou-yuan se proclame empereur en Chine. Dynastie des Pei-han ou Tchao.


309 - 379 : Le sassanide Chapur II annexe les pays kouchans.


311 : Les Hiong-nou méridionaux prennent Loyang.


317 : Les opposants chinois se replient sur Nankin.


IVe siècle : Destruction de l'empire kouchan par les Huns hephtalites.


350 - 560 : Invasions nomades « turques » (Huns et Huns hephtalites ou « Huns blancs »). Ces nouveaux venus sont en conflit avec la puissance sassanide. La route de la soie se développe en Sogdiane. La progression du bouddhisme se poursuit en Asie centrale.


374 : Les Huns franchissent le Don et le Dniepr.


390 - 635 : Dynastie Gupta en Inde.


402 : Fondation de l'empire nomade des Jouan-jouan.


Ve - VIe siècle : Elimination de la culture bouddhique par les premiers pouvoirs turcs contrôlant l'Asie centrale.


avant 440 : Les Hephthalites pénètrent en Sogdiane et en Bactriane.


442 - 448 : Les Tabgatch (Weï) occupent Turfan, Koutcha, Karachahr.


459 - 484 : Règne du Sassanide Peroz.


484 : Victoires des Hephthalites sur les Sassanides.


vers 530 : La soie est fabriquée à Byzance.


552 : Soulèvement des T'ou-kiue contre les Jouan-Jouan. Fondation de leur empire en Sibérie méridionale, base de son extension ultérieure en Asie centrale.


milieu du VIe siècle : Fresques du palais de Varakhcha, près de Boukhara. Fresques de Pendjikent. Syncrétisme religieux en Asie centrale où aucune religion d'Etat ne s'impose. La Bactriane est désormais désignée sous le nom de Tokharestan.


563 - 569 : Le khaganat turc étend son pouvoir sur l'Asie centrale. Fin du royaume hephtalite. La région est partagée entre les Sassanides et les Turcs.


vers 565 : Destruction des Hephthalites par les T'ou-kiue et les Iraniens.


581 : Scission dans l'empire t'ou-kiue.


581 - 618 : Dynastie Souei en Chine.


603 : La division du khaganat turc en deux parties orientale et occidentale entraîne la formation d'un Etat dominant l'ouest de l'Asie centrale, c'est-à-dire Boukhara et la Sogdiane, qui demeuraient encore formellement sous la tutelle chinoise des Tang, qui règnent sur l'Empire du Milieu de 618 à 907.

 

622 : Mahomet quitte La Mecque, c'est l'Hégire, qui marque le début de l'ère musulmane.


626 : Les T'ou-kiue sont devant Chang'an.


629 - 630 : Voyage en Inde du pèlerin chinois Hiuan Tsang qui est passé par les oasis de Sogdiane. Il laisse un témoignage sur la présence bouddhiste en Asie centrale avant l'islamisation de la région.


630 : Les Chinois vainqueurs des T'ou-kiue en Mongolie.


630 - 680 : Les T'ou-kiue sont sous souveraineté chinoise.


631 : Missionnaires nestoriens en Asie centrale. Il y aura un évêché à Samarcande puis, au début du VIIIe siècle, un siège de métropolite à Samarcande et à Hérat.


632 : Mort de Mohammed, le prophète de l'islam.


642 : Bataille de Nehavend. Les Sassanides sont vaincus par les Arabes. C'est la première étape de la conquête musulmane de l'Asie centrale.


647 : Destruction de la chevalerie de Koutcha par les Chinois.


630 - 712 : Morcellement de l'espace turc. La Chine des Tang impose sa suzeraineté sur l'Asie centrale, alors que les envahisseurs arabes abordent aussi la région.


VIe - VIIIe siècle : Inscriptions de l'Orkhon, dans l'actuelle Mongolie. On y voit apparaître les premières mentions de l'ethnonyme « Turk ».


651 - 652 : Les Arabes mettent fin à l'empire perse des Sassanides.


652 : Les Arabes arrivent en Bactriane.


657 : Les Chinois battent les T'ou-kiue occidentaux.


661 : Prise de Kaboul par les Arabes.


674 : Premiers raids arabes au nord de l'Amou Daria.


676 : Arrivée du manichéisme en Chine.


680 - 774 : Second empire T'ou-kiue.


692 : Victoire des Chinois sur les Tibétains.


704 : Ecroulement du khaganat turc occidental devant l'avancée musulmane.


705 - 715 : L'Arabe Qutaiba gouverne l'Iran oriental, notamment le Khorassan.


709 : Prise de Boukhara par Qutaiba. Début des temps islamiques en Transoxiane, qui prend alors le nom de Mawarannahr (« ce qui est au-delà du fleuve »).


712 : Les Arabes prennent Samarcande et s'emparent du Khwarezm. Les possessions omeyyades s'étendent à toute la partie méridionale de l'Asie centrale. Une première mosquée est construite à Boukhara, à l'emplacement d'un ancien temple du Feu zoroastrien.


714 : Prise de Tachkent par les Arabes.


715 : Assassinat de Qutaiba.


728 : Insurrection générale contre la domination arabe. Boukhara se révolte avec le soutien de tribus turques de la steppe.


737 - 738 : Reconquête arabe de Boukhara et de Samarcande, mais l'islamisation ne s'achèvera qu'au Xe siècle. Au cours du VIIIe siècle, l'islamisation entraîne une révolution culturelle marquée par l'adoption des caractères d'écriture arabes, utilisés pour transcrire les langues turque et iranienne jusqu'en 1926-1929. L'art de la fresque disparaît, tout comme la sculpture en ronde bosse ou les représentations anthropomorphiques.


737 : Intervention tibétaine au Cachemire et au Gandhara.


739 : Tuhshada, roi de Boukhara, est assassiné ; il est musulman mais son service funèbre demeure mazdéen.


744 : Chute des T'ou-kiue. Fondation de l'empire ouïghour qui sera détruit au cours du siècle suivant par les Kirghizes, dans l'actuelle Mongolie.


750 : Victoire d'Abou Muslim en Iran, fin du califat omeyyade. Installation du califat abbasside à Bagdad. Jusqu'en 819, l'Asie centrale sera administrée depuis Merv par des gouverneurs abbassides.


751 : La victoire remportée à Talas sur les Arabes par les Chinois chasse ces derniers d'Asie centrale. Des prisonniers chinois révèlent les techniques de fabrication du papier.


755 - 797 : Règne de Khri au Tibet.


750 - 783 : Grandes révoltes en Asie centrale contre les Arabes.


755 - 757 : Révolte en Transoxiane de Turk Ishak qui fait d'Abu Muslim, disparu en janvier 755, un messie envoyé par Zoroastre pour restaurer l'ancienne religion des Perses.


763 - 848 : Les Tibétains occupent T'ouen-houang.

 

763 : Conversion au manichéisme des Ouïghours qui ont migré de l'actuelle Mongolie vers le Sin-kiang.


775 - 783 : Révolte d'al-Muqanna, le prophète voilé du Khorassan, qui prétend être la réincarnation d'Abou Muslim.


783 - 850 : Vie d'Al Khorezmi considéré comme le « père de l'algèbre ».


792 - 794 : Concile bouddhiste de Lhassa.


810 - 870 : Vie de l'imam al Bukhari, célèbre compilateur de la tradition musulmane.


804 - 819 : Le roi Sad-na-legs organise le bouddhisme au Tibet.


816 - 838 : Règne de Ral-pa-chan au Tibet.


821 - 999 : Essor de dynasties locales sous l'autorité du calife abbasside de Bagdad. Ce sont les Tahirides à Nichapour et les Samanides à Boukhara à partir de 874. La région connaît alors un brillant essor économique et culturel.


829 : La dynastie samanide obtient le gouvernement en Sogdiane.


840 - 841 : Fin de l'empire ouïghour de Mongolie. Fondation de l'empire kirghiz.


à partir de 848 : Les Ouïghours s'installent au Sin Kiang. Fin de la monarchie tibétaine.


870 - 950 : Vie du philosophe Abu Nasra Muhammad al Farabi.


874 - 907 : Règne d'Ismaïl Samani à Boukhara. Il est le fondateur de la dynastie des Samanides, la dernière dynastie iranophone d'Asie centrale, qui va durer jusqu'en 999.


875 : Les Samanides fondent un vrai royaume en Sogdiane.


892 - 907 : Règne d'Ismaïl le Samanide à Boukhara.


fin du IXe siècle : Apparition des Oghuz, ancêtres de la dynastie des Seldjoukides, sur le territoire de l'actuel Kazakhstan. Ils installeront leur capitale à Yangikent au siècle suivant.


Xe siècle : Apparition des Kirghizes dans le Tian Chan, demeuré depuis leur principal habitat.


900 : Le soufi-pèlerin Hallaj voyage en Transoxiane et va jusqu'à Turfan, dans l'ancien royaume ouïghour. Il sera condamné à mort et exécuté à Bagdad en 922. Construction du mausolée d'Ismail Samani à Boukhara. Ce modèle d'architecture se répandra dans tout le monde musulman.


916 : Difficultés de circulation sur la route de la soie contrôlée par les Arabes et les Tibétains.


vers 921 : Les Bulgares de la Volga annoncent leur conversion à l'islam.


922 : Ambassade d'Ibn Fadlan chez les Bulgares. L'expédition passe par l'Asie centrale.


924 : Fin de l'empire kirghiz de Mongolie.


924 - 1028 : Royaume ouïghour de Kan Tchéou.


955 : Le nouvel Etat karakhanide de Kachgar adopte l'islam (première mention d'un souverain karakhanide : Satoq Boughra Khan, qui commande à 200 000 tentes). C'est la première conversion d'un Etat turc sans que soit intervenu un processus de conquête. L'islam poursuit sa progression vers la Chine.


958 - 1005 : Rin chan bzon-po au Tibet.


962 : Fondation, à Ghazni, de l'empire ghaznévide.


980 - 1034 : Vie de Abou Ali ibn Sina (Avicenne), philosophe et médecin né près de Boukhara où se poursuit la « renaissance samanide ».


985 : Les Seldjoukides sont sur le Syr Daria.


998 - 1030 : Règne de Mahmoud de Ghazni, fondateur de la dynastie des Ghaznévides.


999 : Les Karakhanides conquièrent la Sogdiane et s'imposent également en Transoxiane. Fin des Samanides.


1001 : Début des campagnes ghaznévides en Inde.


1006 : Les Karakhanides attaquent les Ghaznévides.


1009 : L'évêque de Merv annonce la conversion des Kereyit au christianisme.


1010 : Le Châhnamé (Livre des Rois) de Firdousi (né au Khorassan) chef-d’œuvre de la littérature persane destiné au dernier souverain samanide, est achevé sous les Ghaznévides.


1017 : Les Ghaznévides battent le shah du Khwarezm.


1031 : Les Tangut prennent Sou-tchéou.


1040 : Les Seldjoukides, victorieux des Ghaznévides à Dandanakan, s'imposent en Margiane.


1040 - 1123 : Milarepa au Tibet.


1041 - 1066 : Règne du Karakhanide Böri Tegin en Sogdiane.


1042 : L'Indien Atisa arrive au Tibet.


1048 - 1122 : Vie d'Omar Khayyâm, poète de langue persane, auteur du cycle des quatrains Rubayât, que les Tadjiks revendiquent aujourd'hui comme le fondateur de leur héritage classique.


1054 : Les Seldjoukides sont à Bagdad.


1064 : Les Seldjoukides sont en Sogdiane.


1069 : Yusuf Balasagun rédige en turc son Kutadgu Bilig (« Le savoir donnant le bonheur »), un traité politique en forme de « miroir des princes ».


1072 : Mahmoud de Kachgar compose son Divân lugat at-Türk, son dictionnaire des langues turques.


1077 - 1166 : Vie d'Abd al Qadir Ghilani. Il fonde à Bagdad la confrérie Qadiriyya que les marchands arabes introduiront chez les Bulgares de la Volga dès la fin du XIIe siècle, puis dans les villes d'Asie centrale et dans la vallée du Ferghana où elle subsiste encore aujourd'hui. Elle est supplantée par la Naqchbandiyya en Asie centrale et par la Yassawiya dans la vallée de la Volga au XIVe siècle, avant d'être introduite au Caucase vers le milieu du XIXe siècle.


1102 - 1130 : Arslan Khan, gouverneur de la Sogdiane.


1118 - 1157 : Règne du dernier grand Seldjoukide, Sandjar.


1125 : Les Khitan expulsés de Chine vont s'installer en Asie centrale.


1127 - 1156 : Règne d'Atsiz au Khwarezm.


1130 - 1141 : Le Khitan Ye-liou Ta-che fonde l'empire bouddhiste Kara Khitaï. Il lutte contre les Karakhanides pour l'hégémonie en Transoxiane. On voit ainsi apparaître un premier pouvoir non musulman visant à contrôler l'Asie centrale où nestoriens et bouddhistes sont alors nombreux. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, les Kara Khitaïs envahissent le Khwarezm contrôlé par le sultan seldjoukide Sandjar et imposent leur suzeraineté aux Karakhanides de Boukhara et de Samarcande.


1135 - 1147 : Qabul Khan fonde le premier empire mongol.


1137 : Les Kara Khitaï en Sogdiane.


1141 : Sandjar est battu par les Kara Khitaï près de Samarcande.


1141 - 1209 : Vie du poète Nizami, né à Ganja en Azerbaïdjan et connu pour ses romans épiques, le Khosrow i Shiri en 1185, le Layla i Majnun en 1188, l'Iskandar-Nâme en 1201.


1145 - 1220 : Vie de Nadjmuddin Kubra, né au Khwarezm, fondateur de la confrérie mystique des Kubrawiya, qui mourra au combat en luttant contre Gengis Khan. Son tombeau se trouve à Kohne-Urgentch au Turkménistan. Essor du soufisme en Asie centrale après la conquête mongole.


1148 - 1187 : Révolte des Ghourides. Destruction de la puissance ghaznévide.


1161 : Fin du premier empire mongol.


1166 : Mort d'Ahmed Yasavi, auteur du Divân i Hikmet (le « Livre de la Sagesse »), fondateur de la confrérie mystique de la Yassaviya.


1167 : Le voyageur Benjamin de Tudèle fait état de la présence de cinquante mille Juifs à Samarcande.


1194 : Les shahs du Khwarezm battent les Seldjoukides.


1200 - 1220 : Ala al-Din Muhammad, shah du Khwarezm.

 

1206 : Temudjin, né en 1167, est proclamé empereur sous le titre de Gengis Khan, après avoir unifié les Mongols sous son autorité. Il mène une première campagne contre les Tanguts.


1207 : Soumission des peuples de la forêt, des Oïrots et des Kirghizes du Ienisseï aux Mongols.


1209 : Les Ouighours rejettent la suzeraineté des Kara Khitaïs et se rallient à Gengis Khan.


1211 : Les Mongols entrent en campagne contre la Chine du Nord (Kin). La même année, le Naïman Kutchlug prend le pouvoir dans l'empire Kara Khitaï.


1212 : Les Khitaïs du Sud-Ouest de la Mandchourie se révoltent contre les Kins et reconnaissent la suzeraineté mongole.


1213 : Les Mongols ravagent la Chine du Nord et Djebé enlève Liao-yang aux Kin.


début du XIIIe siècle : Samarcande apparaît comme la capitale du monde iranien.


automne 1214 : Traité de paix entre Gengis Khan et l'empereur Kin. Il est très vite rompu.


1215 : Les Mongols prennent et mettent à sac Pékin.


1218 : Conquête par Gengis Khan du Turkestan oriental. Une caravane mongole massacrée à Otrar par les Khwarezmiens fournit le prétexte à l'invasion du Turkestan occidental.


1219 : Les Mongols lancent l'offensive vers l'ouest. Début du raid de Djebe et Süböteï.


1220 : Prise de Boukhara et de Samarcande par Gengis Khan. Mort de Mohammed, shah du Khwarezm, sur un îlot de la mer Caspienne.


1221 : Gengis Khan détruit Balkh et Merv, traverse l'Afghanistan et parvient jusqu'à l'Indus. Süböteï et Djebe battent les Géorgiens devant Tiflis. Destruction par les Mongols d'Urgendj et de Nichapur. En septembre, Gengis Khan est victorieux sur les rives de l'Indus.


1222 : Les Russes sont vaincus par les Mongols à la bataille de la Kalka. Prise et destruction de Hérat après neuf mois de siège.


1226 - 1227 : Les Mongols détruisent le royaume tangut.


1227 : Mort de Gengis Khan (18 août). L'empire du « conquérant du monde » est partagé. L'ulus de Djagatay est constitué en Asie centrale. Djagatay, le deuxième fils du défunt, est préposé à l'application de la Yassaq, le code de lois mongol en Asie centrale. Djagatay est aussi le nom donné à la langue littéraire turque des principautés timourides et ouzbèkes qui s'imposera comme la lingua franca dans toute la région, à côté du persan.


1229 : Ögödeï devient grand khan.


1230 - 1231 : Les Mongols détruisent le Khwarezm.


1232 : Prise de la dernière capitale des Kin, Kaï-fong.


1234 : Capitulation des Kin. Début de la guerre contre la dynastie impériale chinoise des Song.


1235 : Fondation de Karakoroum. Le grand khurultay décide le lancement de quatre campagnes contre la Corée, la Chine du Sud des Song, l'Europe et le Moyen-Orient. Occupation de l'Azerbaïdjan par les Mongols.


1236 - 1238 : Conquête de la Russie par les Mongols de Batu. Destruction du royaume turc de Grande Bulgarie. Destruction de Riazan, puis de Moscou et de Vladimir.


1239 : Début de la conquête de la Chine méridionale, qui sera achevée en 1279. Destruction de Tchernigov et des principautés de Russie centrale.


1240 : Soumission de l'Arménie aux Mongols. Destruction de Kiev par les Mongols.


1241 : Les Mongols parviennent en Pologne et en Hongrie. Ils conquièrent également la Corée. Les Polonais sont battus à Chmelnik, les Polono-Allemands à Liegnitz, en Silésie. Les Mongols envahissent la Hongrie et leurs avant-gardes atteignent Neustadt près de Vienne. Mort d'Ögödei.


1243 : Les Mongols battent les Seldjoukides d'Asie Mineure.


1245 : Départ de Lyon du franciscain Jean du Plan Carpin, qui est envoyé chez les Mongols par le pape Innocent IV pour les encourager à la conversion au christianisme.


1246 : Güyük devient grand khan, mais meurt en 1248 et est remplacé par Möngka.


1252 : En Chine du Sud, les Mongols atteignent le Yunnan.


1253 : C'est saint Louis qui envoie le franciscain Guillaume de Rubrouck auprès du khan mongol.


1256 - 1292 : Le poète Saadi, né à Chiraz vers 1203, compose le Bûstan (le « Verger ») suivi de Gulistân (la « Roseraie »).


1256 : Invasion de l'Iran par Hülagu.


février 1258 : Les Mongols prennent Bagdad. Mort du Calife abbasside.


1259 : Mort de Möngka. Invasion de la Syrie par les Mongols. Alep et Damas sont détruites l'année suivante.


1260 - 1295 : Le Grand Khan Khubilaï est aussi empereur de Chine avec la dynastie Yuan qui règne sur le pays de 1264 à 1368 (?).


1260 : Bataille d'Aïn Djalûd en Galilée, qui voit les Mamelouks d'Egypte donner un coup d'arrêt à l'expansion mongole.


1266 : Guerre fratricide entre Berké et Abaqa au Caucase.


1260 - 1269 et 1271 - 1295 : Voyages des frères Polo en Chine. Marco Polo aurait passé vingt ans au service de Khubilaï Khan.


1274 - 1295 : Voyage de Marco Polo.


1274 : Echec de la première tentative d'invasion mongole du Japon. Nouvel échec en 1281.


1275 - 1295 : Lutte entre Khubilaï et Qaidu en Asie centrale.


1293 : Après avoir envahi l'Indochine, les Mongols lancent une expédition jusqu'à Java.


1294 : Mort de Khubilaï. Avènement de Timur, le dernier grand empereur mongol qui meurt en 1307.


1295 : Jean de Montecorvino est fait archevêque de Pékin.


1301 : Mort de Qaidu.


1303 : Les Mongols assiègent Delhi.


1318 - 1388 : Vie de Muhammad Bahauddin Naqchband, né près de Boukhara (aujourd'hui Bovaddin). Fondateur de la Naqchbandiyya, la plus puissante confrérie soufie du monde musulman. Sa tombe et celle de sa mère, rénovées depuis 1991 à Bovaddin, sont de hauts lieux de pèlerinage.


1330 : Conversion définitive des descendants de Djagatay à l'islam.


1333 : Le voyageur arabe Ibn Battutah visite l'Asie centrale et constate sa renaissance relative après les destructions mongoles.


1334 : Scission du khanat de Djaghataï.


1336 : Fin de la domination mongole en Iran.


1347 - 1357 : L'émir Qazghan gouverne la Sogdiane.


1353 - 1419 : Tsong-Kha-pa réforme le bouddhisme tibétain.


1360 : Tughlug Temür, khan djaghataïde du Mogholistan, envahit la Sogdiane.


1368 : Les Mongols sont expulsés de Chine où débute la dynastie Ming.

 

1336 : Naissance à Kech (Charhrisiabz), près de Samarcande, du futur Tamerlan (Timur-i Leng).


1360 : Naissance à Brousse (près de Constantinople) de Kadi Zade al-Rumi, futur astronome de l'observatoire d'Ulug-Beg à Samarcande.


1363 : Tamerlan supplante les Djagataïdes de Transoxiane et confirme son pouvoir sur toute l'Asie centrale, avant d'entreprendre la conquête du Moyen-Orient, de l'Anatolie, de l'Inde du Nord et de l'ancien territoire de la Horde d'Or. Il fait de Samarcande sa capitale. Il est proclamé en 1369 roi de Transoxiane.


1368 : Les Chinois chassent les Mongols de Pékin. Dynastie Ming en Chine.


1370 - 1405 : Règne de Tamerlan.


1371 - 1377 : Campagnes de Tamerlan au Mogholistan.


1379 : Conquête du Khwarezm par Tamerlan.


1380 : Bataille de Kulikovo. Victoire du grand prince Dimitri sur les Mongols, mais retour offensif de la Horde d'Or en 1382. Tokhtamych détruit alors Moscou et Vladimir.


1380 - 1395 : Conquête de l'Iran par Tamerlan.


1380 : Tokhtamych est maître de la Horde d'Or et va par la suite contrôler la Russie. Il envahit la Transoxiane en 1387.


1389 : Tamerlan, vainqueur de la Horde d'Or.


1391 : Victoire de Tamerlan sur Tokhtamych sur la Volga, puis sur le Terek en 1395.


1393 : Prise de Bagdad par Tamerlan.


1398 : Tamerlan s'empare de Delhi.


1399 : Début de la construction de la grande mosquée Bibi-Khanum par Tamerlan à Samarcande.


1400 : Tamerlan prend Alep, puis, en 1401, Bagdad et Damas.


1402 : Tamerlan est vainqueur, à Angora, du sultan ottoman Bayezid Yildirim qui mourra en captivité.


1403 - 1404 : Ambassade de Ruiz Gonzalez de Clavijo, envoyé à Samarcande par le roi de Castille.


1405 : Mort de Tamerlan, qui s'apprêtait à partir en campagne contre la Chine. Son empire va se fractionner.


1407 - 1447 : Règne de Chah Rukh à Hérat. Ulug Beg règne dans le même temps à Samarcande. Déplacement du site de Merv.


1412 - 1468 : Abu'l Khayr fonde la puissance ouzbek.


1414 - 1490 : Vie du poète soufi Djami qui, né à Nichapur, a étudié à Samarcande.


1417 : Construction de la medersa d'Ulug Beg à Samarcande. Installation de l'observatoire d'Ulug Beg. Epanouissement culturel et scientifique timouride.


1441 - 1501 : Vie de Mir Ali Chir Navoï, né à Hérat, étudiant à Samarcande, qui compose quatre recueils de poésie. Sous le règne de Chakhrukh, Hérat devient un grand centre de poésie, de miniatures et de calligraphie.


vers 1453 : Emergence de la puissance kalmouk.


1452 - 1469 : Règne du Timouride Abu Saïd.


vers 1465 : Formation des hordes kazakhs. Le khanat kazakh va rentrer dans les étendues au nord de la mer d'Aral à la fin du XVe siècle.


1470 - 1543 : Dayan Jahan restaure les gengiskhanides en Mongolie.


1472 - 1498 : Yunus Khan reconstitue l'empire des Djaghataïdes.


1473 - 1506 : Le règne de Husaïn Baïqara voit la floraison de la renaissance timouride.


1483 - 1530 : Vie de Babûr, descendant de Tamerlan par son père et de Gengis Khan par sa mère. Il compose lui-même le Babûr nâme, une des principales œuvres en tchagatay, premier récit autobiographique rédigé en Asie centrale.


1497 - 1498 : Vasco de Gama atteint les Indes en franchissant le cap de Bonne-Espérance et en traversant l'océan Indien. Ce qui va entraîner le déclin de la route continentale reliant l'Europe à la Chine et à l'Inde via les oasis d'Asie centrale.

 

1500 : Chaïbani Khan occupe la Sogdiane. Naissance de l’Ouzbékistan. Les Chaïbanides vont régner à Boukhara et Khiva au cours du XVIe siècle.


1501 : Chah Ismaïl fonde l'empire safavide d'Iran.


1502 : Fin de la Horde d'or. Libération des Russes.


1504 : Le Timouride Babur Chah s'installe à Kaboul.


1507 : Chaïbani Khan met fin aux dynasties timourides.


1510 : Chah Ismaïl, vainqueur de Chaïbani Khan qui est tué.


1511 : Régnant à Samarcande en qualité de vassal du Persan Ismaïl Ier, Babûr en est chassé par les Ouzbeks chaïbanides. A partir de son fief de Kaboul, il va fonder l'empire des Grands Moghols deviendra une grande puissance à partir de son fils Humayun et le restera jusqu'au XIXe siècle.


1512 : Victoire des Ouzbeks sur les lraniens ; le Khwarezm devient indépendant.


1525 : Babur Chah entreprend la conquête de l'Inde. Fondation de l'empire des Grands Moghols.


1543 - 1588 : Altan Khan. Conversion des Mongols au bouddhisme. Premier dalaï-lama.


1552 : Prise de Kazan par Ivan IV le Terrible. Début de la réalisation du « Grand Tracé », une compilation des connaissances géographiques russes à propos de l'Asie centrale.


1554 : Les Russes prennent Astrakhan dont le khan se réfugie à Boukhara. Les Russes sont maintenant face à la Perse.


1558 - 1559 : Mission d'Anthon Jenkinson envoyé en Asie centrale par Ivan IV le Terrible.


1559 : Visite d'une ambassade du Khwarezm à Moscou.


1572 : Abdullah Khan de Boukhara envoie une mission chargée de prêcher l'islam dans le khanat tatar de Sibir, issu du démembrement de la Horde d'Or.


1573 : Le premier envoyé russe chez les Kazakhs est tué par un proche du souverain Kuchum Khan.


1587 : Destruction du khanat de Sibir. Les derniers héritiers du système établi par Gengis Khan ne se maintiennent que dans les khanats d'Asie centrale, Boukhara et Khiva et, plus tard, uniquement à Khiva et Kokand. Le khanat de Crimée, lui aussi d'origine gengiskhanide, reste vassal des Ottomans jusqu'en 1783.


1599 : Fondation à Moukden de l'empire mandchou. Installation de la dynastie djanide (astrakhanide) à Boukhara. Jani Beg était le fils du souverain gengiskhanide d'Astrakhan conquis par Ivan IV. La dynastie qu'il va fonder va régner à Boukhara jusqu'en 1785.


1600 : Les Russes détruisent le khanat de Sibir, en Sibérie occidentale.


1602 - 1603 : Incursions kalmoukes contre Khiva. Des migrations de grande ampleur ébranlent l'équilibre régional, au point que plusieurs khans kazakhs se rapprochent de la Russie pour solliciter sa protection.


1616 : Une fraction des Kalmouks passe en Europe orientale.


1616 : Construction de la medersa Arab Muhammad à Khiva.


1619 : Construction de la medersa Chit-dor à Samarcande.


1620 - 1622 : Ambassade russe d'Ivan Kokhlov à Khiva pour exiger la libération de captifs russes. C'est à cette époque que Kohne-Urgentch est abandonnée pour Khiva en raison du dessèchement du bras gauche de l'Amou Daria.


1617 - 1682 : Règne du cinquième dalaï-lama. Le Tibet devient une théocratie.


1635 - 1723 : Zanabazar, premier « Bouddha vivant ».


1644 - 1911 : Dynastie mandchoue (Qing) en Chine.


1651 : Construction de la medersa Abdul Aziz Khan à Boukhara.


1669 - 1671 : Ambassade des frères Pazukhin à Boukhara. Les ambassades russes en Asie centrale sont rares avant le XVIIIe siècle. Il y en a généralement une par règne de chacun des tsars qui se succèdent alors.


1676 - 1697 : Le Kalmuk Goldan domine au Sin-kiang, envahit la Mongolie et lutte contre les Chinois.


1688 : Vaines tentatives de Louis XIV pour établir un contact avec « le roi des Ouzbeks ».


1691 : Les Mongols se placent sous la domination mandchoue.


1700 : Un envoyé du khan de Khiva, Chah Niyaz, demande à Pierre le Grand la protection de la Russie.


1701 : L'Afghan Mir Waïs conquiert l'Iran.


1710 : Formation du khanat de Kokand, qui sera annexé à l'empire russe en 1875.


1710 - 1723 : Incursions dzoungares contre les Kazakhs. Du début du XVIIe au milieu du XVIIIe siècle, l'espace kazakh est constamment menacé par les Mongols, les Kalmouks ou les Dzoungares.


1716 : Les Chinois occupent Turfan. Les Russes commencent à établir une ligne fortifiée en Sibérie.


1717 : Echec de l'expédition russe de Bekovitch-Tcherkassky contre Khiva.


1719 - 1725 : Ambassade russe de Florio Beneveni à Boukhara et à Khiva.


1731 : La proposition d'allégeance formulée par le khan Aboul Khaïr, chef de la Petite Horde kazakh, est acceptée. Des accords analogues sont conclus par les Karakalpaks.


1734 : Fin de la dynastie safavide en Iran.


1734 - 1747 : Campagnes dévastatrices de Nadir Chah.


1735 : Fondation par la Russie de la ville d'Orenbourg – nouvelle porte de l'Orient au nord des steppes kazakhes – qui sera légèrement déplacée quatre ans plus tard.


1740 : Expéditions du souverain persan Nadir Chah en Asie centrale. Soumission de Boukhara et prise de Khiva. C'est la dernière tentative d'hégémonie persane sur l'Asie centrale. La Moyenne Horde des Kazakhs devient la protégée de la Russie. Les Russes Dimitri Gladychev et Ivan Muravin sont envoyés à Khiva.


1742 : Etablissement de la ligne fortifiée d'Orenbourg. Un oukase impérial interdit aux Kazakhs de nomadiser près du fleuve Yaïk (l'Oural). C'est le début d'une politique de colonisation des terres kazakhes.


1747 - 1778 : Ahmed Khan Durrâni fonde l'Afghanistan.


1754 : Les Chinois détruisent les Kalmouks.


1758 : Les Chinois annexent le Turkestan oriental et en font le Sin Kiang (qui prend ce nom en 1768) après avoir détruit l'Etat dzoungare.


1764 : Interdiction faite aux Kazakhs de franchir le fleuve Irtych en Sibérie méridionale.


1771 : Traduction de l'Avesta par Anquetil-Duperron.


1773 - 1775 : Les Kazakhs de la Petite et de la Moyenne Horde participent à la révolte de Pougatchev contre le pouvoir russe.


1779 - 1798 : Règne de Timur Khan, qui fixe sa capitale à Kaboul.


1780 : Des ambassadeurs de Boukhara sont envoyés à Saint-Pétersbourg pour demander le libre passage des pèlerins vers La Mecque.


1782 : Catherine II crée l'Assemblée musulmane d'Orenbourg, ce qui soustrait la communauté musulmane russe à la tutelle du calife ottoman.


1783 : Annexion de la Crimée par Catherine II.


1785 : Le clan ouzbek non gengiskhanide des Mangyt prend le pouvoir à Boukhara. Le premier souverain, Chah Murad, prend le titre d'émir et règne jusqu'en 1800. Cette dynastie contrôlera « l'émirat » de Boukhara jusqu'à son renversement par les Bolcheviques en 1920.


1789 : L'émir de Boukhara s'empare de la ville de Merv, dans le contexte des rivalités opposant les différents pouvoirs indigènes présents en Asie centrale.


1792 : Le Tibet passe sous domination chinoise.


1793 : Arrivée à Boukhara du rabbin juif Yusuf Mamon Mogribi qui va y passer trente ans à restaurer la pratique religieuse juive. Le judaïsme s'était en effet maintenu dans cette région après l'islamisation.


 1796 : L'impératrice Catherine II donne son accord à un plan de campagne contre l'Inde, mais sa mort en interrompt les préparatifs.


1798 : A partir de l'Egypte, le général Bonaparte envisage de venir mettre en cause la domination anglaise en Inde.


1800 - 1826 : Règne de Mir Haydar à Boukhara. Il doit faire face à des insurrections turkmènes.


1801 : La mort du tsar Paul Ier stoppe l'expédition russe lancée vers l'Inde. En septembre, la Russie annexe la Géorgie et ses forces assiègent, au nom de la défense de l'Arménie chrétienne, Erevan, une possession persane.


1804 : Le clan ouzbek gengiskhanide Kungrat prend le pouvoir à Khiva et cette dynastie se maintiendra jusqu'en 1920.


1807 : Traité franco-persan de Finkestein (4 mai), mais la restauration de la paix franco-russe à Tilsit, en juillet, met fin à l'alliance franco-persane et un projet commun d'invasion de l'Inde voit le jour entre Napoléon et Alexandre Ier, ce qui inquiète vivement l'Angleterre.


1810-1825 : Règne de Muhammad Rahim à Khiva.


1800-1842 : Prospérité du khanat de Kokand, aux portes du Ferghana. Omar Kahan y règne de 1810 à 1822.


1808-1871 : Vie du poète kazakh Chortambay-Qany-Uli qui écrit contre la colonisation russe.


1815 : Annexion de Tachkent par le khanat de Kokand qui étend sa domination le long du Syr Daria jusqu'à la forteresse d'Ak Masjid (aujourd'hui Kzyl Orda).


1817 : Début des interventions du khanat de Kokand en terre kirghize.


1819 : Ambassade russe de Nicolas Mouraviev à Khiva. La relation de son voyage est publiée en français en 1826, à Paris.


1820 : Ambassade russe à Boukhara d'Alexandre Negri, accompagné du baron Georges de Meyendorff, auteur d'une monographie publiée en français, à Paris, en 1826.


1822 : La dignité de khan est abolie dans le monde des steppes et l'administration russe prend le contrôle direct de l'espace kazakh. Le territoire de la Moyenne Horde est divisé en huit okrug alors que la Grande Horde, la plus méridionale, passe effectivement sous contrôle russe.


1822-1840 : Règne, à Kokand, de Madali-Khan. Il est assassiné en 1842 par Nasr Ullah, émir de Boukhara.


1825 : Construction par le khanat de Kokand de la forteresse de Pichpek (Bichbek) où sera édifiée plus tard Frounze.


1825 - 1842 : Règne du khan Allah-Kul à Khiva.


1826 : Règne de l'émir Husayn, puis d'Omar, à Boukhara. Ils sont assassinés par Nasr Ullah qui s'installe au pouvoir.


1825 : Soulèvement du Sin-kiang contre la Chine.


1827 - 1897 : Vie d'Ahmad Donech, né à Boukhara, et surnommé « Kala ». Précurseur du mouvement des lumières au Turkestan, il écrit une histoire de la dynastie mangyt.


1829 : Mission du sous-lieutenant Potanin à Kokand.


1832 : Mission à Boukhara d'un agent britannique, le capitaine Alexander Burnes.


1834 - 1842 : Interventions anglaises en Afghanistan.


1835 - 1847 : Rawlinson déchiffre l'inscription de Darius Ier à Behistun.


1838 : Découverte des vestiges de la ville hellénistique d'Aï Khanoum par l'Anglais Wood.


1839 : Echec de l'expédition lancée contre Khiva par le général Perovsky, gouverneur d'Orenbourg.


1840 - 1845 : Règne à Kokand du khan Sher Ali.


1841 : Mission du capitaine Nikiforov à Khiva. Elle vise à contrer les manœuvres anglaises dans la région.


1842 : Retraite de Kaboul. Destruction totale du corps expéditionnaire anglais engagé dans la première guerre anglo-afghane.


1842 : Mission à Boukhara du major Ignatev en vue de la conclusion d'un traité commercial et d'une alliance. Le colonel Stoddart et le capitaine Conolly sont exécutés à Boukhara après avoir été accusés d'espionnage par l'émir Nasr Ullah. Ils venaient en fait proposer le soutien britannique à une éventuelle alliance des trois khanats ouzbeks contre la Russie.


1848 : Construction par les Russes de la forteresse de Kazalinsk sur la mer d'Aral.


1849 : Les Anglais contrôlent l'Inde jusqu'aux frontières afghanes.


1850 : Naissance à Kokand du poète Muhammad Amin Mirza Khodja-ogli Muqimi, considéré comme le fondateur de la littérature ouzbèke moderne.


1853 : Prise par les armées russes de la forteresse kokandi d'Ak Masjid. Fin de la conquête de l'espace kazakh par les Russes qui peuvent désormais entamer celle des khanats ouzbeks.


1853 : Début de la guerre russo-turque qui devient, en 1854 (après l'intervention franco-anglaise), et jusqu'en 1856, la guerre de Crimée, perdue par la Russie après la prise de Sébastopol et la mort du tsar Nicolas Ier, remplacé par Alexandre II.


1854 : Ouvrage de Platon Tchikhatchev projetant une expédition russe contre l'Inde, via Hérat et Lahore, en vue d'attaquer les Britanniques au Pendjab.


1855 - 1881 : Règne du tsar Alexandre Ier.


1855 : Prise de Tchimkent par les Russes. Elle leur permet l'accès aux régions situées au sud du Syr Daria. Le général Krulev présente un nouveau plan d'invasion de l'Inde, mais la campagne de Crimée oblige à y renoncer.


1857 : Première transcription d'extraits de l'épopée Manas par Tchokan Valikhan, un prince kazakh d'origine gengiskhanide qui, officier de l'armée russe, a écrit de nombreux ouvrages ethnographiques portant sur l'Asie centrale.


1858 : Mission du comte Ignatiev à Boukhara et à Khiva pour y évaluer le poids de l'influence britannique.


1859 : Fondation, à Saint-Pétersbourg, de la Commission archéologique impériale qui va, à plusieurs reprises, interdire les fouilles clandestines.


1860 - 1885 : Règne, à Boukhara, de Muzaffar ed-din Khan.


1861 : Le tsar Alexandre II abolit le servage. Début du voyage d'Arminius Vanbery en Asie centrale (Boukhara, Samarcande, Khiva). Ce Juif hongrois est déguisé en derviche et rassemble des renseignements destinés aux Anglais.


1863 : Voyage du Hongrois Vambery en Asie centrale.


1864 : Le ministre de la Guerre Gortchakov justifie l'expansionnisme russe. Les Russes commencent à établir la ligne de défense du Syr Daria qui leur permet d'occuper sans difficulté, au sud de l'actuel Kazakhstan, les villes de Tchimkent, Turkestan et Aulié Ata.


1865 : Yakub Bey prend la tête du soulèvement du Sin Kiang. Révolte des musulmans dans toute la Chine.

 

1865 : Les Russes du général Tcherniaev prennent Tachkent.


1866 : Prise de Boukhara par le général Romanovsky. Ouverture à Tachkent de la première école russe.


1867 : Création du gouvernement général du Turkestan dont le premier gouverneur est le général Konstantin von Kaufman (de 1867 à 1881).


1868 : Prise de Samarcande par l'armée russe. Signature d'un accord de paix entre Boukhara et la Russie alors que la ville, placée en aval de Samarcande sur le fleuve Zérafchan, risque une rupture de son approvisionnement en eau d'irrigation. Signature de la paix avec Kokand.


1869 : Les Anglais proposent un projet de convention limitant les zones d'influence des deux grands empires opposés dans le « Grand Jeu » eurasiatique. Les Russes s'engagent à ne pas s'emparer de Khiva, mais le feront quatre ans plus tard.


1870 : Création à Tachkent d'une Bibliothèque publique du Turkestan. Parution du premier journal rédigé en ouzbek, le Turkistan Vilayatining Gazeti, au début simple supplément du journal gouvernemental russe, mais qui deviendra indépendant en 1883.


1871 : Révolte des Hui (ou Dunganes), les Chinois musulmans au Xinjiang. De nombreux réfugiés gagnent les territoires russes situés plus à l'ouest.


1873 : Prise de Khiva. Signature du traité de protectorat entre la Russie et Boukhara. Insurrection à Kokand, qui est reprise par les Russes. La même année, un accord anglo-russe est conclu sur la délimitation des zones d'influence respectives des deux empires en Asie centrale. Il fixe les frontières entre la Russie, l'Inde britannique, la Perse et l'Afghanistan, reconnu comme un Etat tampon.


1873 : Début des fouilles archéologiques à Samarcande où un musée est fondé l'année suivante.


1876 : Les Russes annexent le khanat de Kokand au lendemain de troubles intérieurs. Le protectorat est supprimé et le territoire intégré au gouvernement général du Turkestan. Fondation du musée de Tachkent.


1876 : Le général Skobelev, gouverneur du Ferghana, adresse au général von Kaufman, gouverneur général du Turkestan, le plan précis d'une invasion de l'Inde prévue en 1877-1878. Projet remis en cause par le déclenchement de la guerre balkanique russo-ottomane qui aboutira au traité de San Stefano, puis aux accords consécutifs au Congrès réuni à Berlin.


1877 : Découverte du trésor de l'Oxus.


1873 - 1879 : Les Turkmènes se soumettent aux Russes


1873 - 1879 : Deuxième guerre anglo-afghane, conclue par la victoire anglaise remportée par Lord Roberts. L'émir Yakub est déporté en Inde. Retour à Kaboul du prince Abd ar Rahman qui, après douze ans d'exil à Samarcande, monte sur le trône afghan. La Russie s'incline et reconnaît la prédominance de l'influence anglaise en Afghanistan.


1877 : L'Inde britannique devient l'Empire des Indes.


1877 - 1883 : Arrivée en territoire kirghize des réfugiés hui et ouïgours en provenance du Sin Kiang où leur révolte a été écrasée par les Chinois en 1864.


1879 : Première défaite russe au Turkestan où le général Lomakin est vaincu par les Turkmènes Akhla-Tekke. Les Russes décident la construction d'un chemin de fer stratégique, le Transcaspien.


1880 : L'oasis d'Achkhabad est conquis par les Russes. Formation de la région transcaspienne. La même année, les Britanniques concluent un accord avantageux avec l'émir d'Afghanistan.


1881 : Prise de la forteresse turkmène de Geok Tepe par le général russe Skobelev. Le pays turkmène sera soumis en moins de dix ans. En février, la Chine cède à la Russie la partie occidentale de la vallée de l'Ili au Sin Kiang.


1881 - 1899 : Le général Annenkov supervise la construction de la ligne de chemin de fer transcaspien qui atteint Samarcande en 1888 et Tachkent onze ans plus tard. La rivalité anglo-russe en Asie centrale monte en intensité.


1882 : Formation du Gouvernement général des Steppes (Akmolinsk, Semipalatinsk, Semiretchié).


1884 : L'oasis de Merv passe en février sous domination russe, ce qui suscite la colère en Inde et en Angleterre. Introduction du plant de coton américain au Turkestan russe.


1885 : Une agence impériale est installée à Kagan, à proximité de Boukhara, pour contrôler la politique extérieure du protectorat. Après avoir occupé le district afghan de Pendjeh, la Russie est désormais aux portes de Hérat. Les militaires russes souhaitent rattacher l'Afghanistan à la sphère d'influence de l'empire. Ils imaginent une conquête de l'Inde étalée sur quatre campagnes dont la première aurait pour objectif la prise de Hérat.


1886 : Protectorat russe sur le khanat de Boukhara.


1887 : Signature d'une convention frontalière russo-afghane qui maintient le statu quo.


1890 : Création d'un gouvernorat du Turkestan Fouilles de Joukovsky à Merv.


1890 - 1930 : Expéditions au Turkestan chinois de von Le Coq, Grünwedel, Paul Pelliot, Aurel Stein et Sven Hedin.


1892 : Ouverture de la Banque internationale de Moscou à Boukhara.


1894 : Fermeture de la frontière entre l'émirat de Boukhara et l'Afghanistan. Le Turkestan russe se ferme ainsi aux produits indiens, remplacés par les marchandises russes.


1895 : Un accord anglo-russe fixe les frontières entre Russie et Afghanistan, du cours de l'Amou Daria au Pamir. Elles se trouvent ainsi stabilisées de la mer Caspienne au Pamir. C'est à ce moment que remonte l'établissement du corridor ou de la « péninsule » du Wakam qui sépare, au nord-est de l'Afghanistan, les territoires russe et britannique et touche aujourd'hui à un petit segment de la frontière chinoise. La même année, l'émirat de Boukhara entre dans le système douanier russe.


1895 : Fondation du Cercle turkestanais des amateurs d'archéologie (TKLA).


1895 - 1899 : Fouilles de Vesselovsky à Samarcande.


1897 : Fondation du département turkestanais de la Société russe de Géographie.


1898 : Le Finlandais Heikel fouille les kourganes de la vallée du Talas. Fondation du musée du Ferghana.


1899 : Fondation du musée d'Ackhabad.


1898 : Inauguration de la ligne ferroviaire reliant Merv à Kouchka. Le Transcaspien arrive à Tachkent. Insurrection musulmane dans la vallée du Ferghana. 12 000 Russes résident au début du siècle dans le protectorat de Boukhara.


1900 : La Russie annexe diverses régions reculées du Pamir.


1901 : Début des travaux du Transaralien achevé en 1908 et reliant Tachkent à Orenbourg.


1901 : La Chine organise la colonisation de la Mandchourie et de la Mongolie méridionale (Mongolie intérieure).


1903 - 1904 : Fouilles de l'Américain Pumpelly sur les sites protohistoriques de Merv et d'Anau.


1904 - 1905 : Guerre russo-japonaise marquée par le siège de Port Arthur, la bataille de Moukden en Mandchourie et le désastre naval russe de Tsoushima. L'année 1905 voit le déclenchement d'une « première » révolution russe.


1905 : Premier congrès clandestin des musulmans de l'empire russe réuni à Nijni Novgorod. Des troupes russes se mutinent à Tachkent en novembre.


1906 : Réunion d'un congrès musulman à Saint-Pétersbourg. Naissance du mouvement « Djadid ». Publication en septembre du Khurchid (le « Soleil »), un organe du mouvement nationaliste réformiste ouzbek. Il sera suspendu en novembre.


1907 : Accord anglo-russe en août pour déterminer les limites des sphères d'influence respectives des deux empires en Asie centrale.


1908 : Dissolution du mouvement Ittifaq al-Muslimin, créé en 1905 et seule organisation visant au rassemblement de tous les musulmans de Russie.


1909 - 1912 : Entre ces deux dates, la part du coton utilisé par l'industrie russe qui provient d'Asie centrale passe de 30 % à 63 %.


1910 : Les Chinois destituent le dalaï-lama. Massacres intercommunautaires entre sunnites et shi'ites dans l'émirat de Boukhara. Fermeture des écoles inspirées par le mouvement Djadid en Asie centrale.


1910 - 1920 : Règne à Boukhara de l'émir Alim Khan.


1911 : Proclamation de la République chinoise. Indépendance des Etats vassaux.


1913 : Viatkin découvre à Afrasyab les premières peintures sogdiennes.


1916 : Soulèvement des Kazakhs à la suite du décret impérial qui décidait leur mobilisation dans l'armée russe. La répression est sévère. 150 00 Kazakhs et Kirghizes vont se réfugier en Chine.


1917 : Révolution de Février à Petrograd. Des soviets apparaissent en Asie centrale au cours du printemps. Avec la révolution d'octobre et la déclaration des droits des peuples de Russie proclamée le 2 novembre, le conseil du peuple de Kokand annonce l'indépendance du Turkestan russe, et le parti kazakh Alach Orda l'autonomie politique des steppes.


1918 : En février, le Soviet de Tachkent écrase l'autonomie de Kokand. En mars, décret sur la nationalisation de l'industrie cotonnière du Turkestan. Le Soviet de Tachkent échoue dans sa tentative contre l'émir de Boukhara. En avril, une université populaire du Turkestan est créée à Tachkent. Le 30 avril, le territoire du Turkestan devient république soviétique du Turkestan, intégrée à la fédération soviétique de Russie alors que les deux anciens protectorats de Boukhara et de Khiva sont maintenus. A partir de l'été, et dans le contexte de la guerre civile russe, le Turkestan est isolé de la Russie par la progression des armées blanches.


1919 : Les Anglais évacuent le Sud du Turkestan où ils étaient intervenus. En mai, les dirigeants kazakhs d'Alach Orda reconnaissent le régime soviétique et rejoignent le parti communiste russe.

Une première conférence régionale des communistes musulmans est réunie à Tachkent. En août, Frounze prend le commandement du front du Turkestan, et l'Armée rouge reprend Kyzyl Aravat au Turkménistan. L'Armée blanche de Koltchak est vaincue et les Soviétiques sont de nouveau maîtres du Turkestan. Troisième guerre anglo-afghane qui permet à l'Afghanistan du roi Amanollah de conquérir une pleine indépendance. Création de l'Académie nationale d'histoire de la culture matérielle à Petrograd.


1920 : Les khanats de Khiva et de Boukhara deviennent des républiques.


Avril 1921 : Décret créant la république soviétique socialiste du Turkestan. Interdiction de la polygamie et du kalym (le prix payé pour la fiancée en Asie centrale). Une première réforme agraire est mise en œuvre en Asie centrale et au Kazakhstan. Formation, dans les territoires de l'ancien Turjstan russe, de comités de sauvegarde des monuments naturels, artistiques et anciens. Naissance de la république populaire de Mongolie.


1922 : Staline est élu secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique en avril. Durant l'été, les bandes armées d'Enver Pacha, qui tentait de réaliser son rêve pantouranien sont vaincues et leur chef trouve la mort au combat dans le Ferghana. En décembre, le 1er congrès des Soviets proclame la création de l'Union des républiques socialistes soviétiques. Fondation de la Délégation archéologique française en Afghanistan (sous les directions successives de Foucher à partir de 1922, de Hackin de 1933 à 1941, de Ghirshman de 1941 à 1943, de Schlumberger à partir de 1945, de Gardin de 1980 à 1982).


1923 : Adoption, le 6 juillet, de la constitution de l'URSS. Le communiste tatar Sultan Galiev est condamné une première fois. Début des campagnes de lutte contre l'analphabétisme au Turkestan.

 

1924 : Mort de Lénine en janvier. En octobre, le principe d'une division de l'Asie centrale en républiques nationales est affirmé, c'est la fin du rêve qu'entretenaient les communistes musulmans du Turkestan unifié. Création de la république socialiste soviétique de l’Ouzbékistan, qui comprend le Khwarezm avec Khiva, Boukhara et la république socialiste soviétique autonome du Tadjikistan. Suppression des tribunaux coraniques appliquant la charia. Des milliers de femmes brûlent publiquement leur voile sur la place du Registan à Samarcande.


1924 - 1925 : Fouilles du Français Foucher à Bactres.


1924 - 1933 : Nadir Chah, roi d'Afghanistan.


1925 : Congrès des partis communistes d’Ouzbékistan et du Turkménistan (février). En avril, Samarcande devient la capitale de la république socialiste soviétique d'Ouzbékistan.


1925 - 1928 : Missions du musée des Cultures orientales de Moscou au Sémiretchié, à Merv, Shahr-i Sabz et Termez.


1926 - 1928 : Fouilles de Hadda en Afghanistan.


1926 : Création de la république autonome de Kirghizie. Pichpek prend le nom de Frounze.


1927 : Début de la collectivisation agraire. Ouverture de l'Institut pédagogique supérieur de Samarcande, devenu ensuite université d'Etat en 1933.


1928 : Trotski est déporté à Alma Ata. Le premier plan quinquennal prévoit une augmentation de la production de coton et l'extension des surfaces irriguées en Asie centrale. Elimination de l'élite nationale musulmane accusée de dérive nationaliste. Sultan Galiev est arrêté pour la seconde fois et condamné à dix ans de travaux forcés. Fermeture des écoles coraniques. L'islam soviétique est désormais réprimé et isolé.


1928 : Fondation de l'Institut des Beaux Arts de Samarcande.


1929 : Alma Ata devient capitale du Kazakhstan. Le Tadjikistan se sépare de l'Ouzbékistan et accède au statut de république soviétique à part entière. Elimination des chefs kazakhs d'Alach Orda. Fermeture à Och, dans la vallée du Ferghana, du Takht-i Suleyman, l'un des plus célèbres lieux saints musulmans. Douchambé, la capitale du Tadjikistan, devient Stalinabad jusqu'en 1961. Début de la collectivisation en Kirghizie, ce qui correspond, comme au Kazakhstan, à la sédentarisation forcée des nomades. La mainmise chinoise sur le Tibet s'accentue.


1930 : 28 % des propriétés paysannes du Kazakhstan sont, à cette date, collectivisées. Mise en service de la voie ferrée du Turksib reliant l'Asie centrale à la Sibérie. Premier congrès du Parti communiste du Tadjikistan.


1931 : Traité de neutralité et de non-agression entre l'URSS et l'Afghanistan. Croisière Jaune Citroën.


1932 : Mise en œuvre d'un plan de propagande antireligieuse. Découverte du site d'Aïrtam sur la rive droite de l'Amu Daria. On découvre au printemps de la même année les premiers documents en langue sogdienne jamais mis au jour en Asie centrale, dans les ruines de l'ancienne forteresse de Kala i Mug, dans la chaîne des monts Zeravchan.


1933 : Lancement du deuxième plan quinquennal.


1933 - 1972 : Zaher Chah roi d'Afghanistan.


1935 : Début des procès de Moscou, conséquence de l'assassinat de Kirov.


1932 - 1936 : Fouilles de Nisa, la première capitale parthe.


1936 : L'URSS se dote d'une nouvelle constitution. La république autonome de Kirghizie devient république socialiste soviétique. La république autonome du Karakalpakistan est rattachée à l'Ouzbékistan, la république autonome kazakhe devient république soviétique à part entière.


1936 - 1942 : Fouilles sur le site afghan de Begram, riche en objets gréco-romains, indiens et chinois.


1937 : Expédition archéologique Tolstov au Khwarezm.


1937 : La collectivisation est désormais à peu près complète au Turkménistan, en Ouzbékistan et au Kazakhstan.


1938 : Lancement du troisième plan quinquennal. Poursuite de la liquidation des élites intellectuelles, politiques et religieuses d'Asie centrale. On compte, entre 1937 et 1938, 40 000 exécutions en Ouzbékistan et 10 000 en Kirghizie. La langue russe est obligatoire dans toutes les écoles.


1939 : Développement de l'irrigation. Cyrillisation du tadjik et du turkmène.


1939 - 1940 : Expédition du Zeravchan, conduite par Iakoubovsky, de Samarcande à Boukhara. Fondation, en 1940, du département d'archéologie de l'université de Tachkent.


1940 : Cyrillisation de l'ouzbek, du kazakh et du kirghize.


1941 : Début de la guerre germano-soviétique. Déportation des Allemands de la Volga en Asie centrale et au Kazakhstan. De nombreuses entreprises sont repliées vers l'Asie centrale du fait de la guerre.


1942 : Chute d'une part de la production de coton remplacée par celle des cultures vivrières, dans la production agricole de l'Asie centrale.


1943 : Création à Tachkent de la direction spirituelle des musulmans d'Asie centrale et du Kazakhstan. La lutte antireligieuse s'atténue en raison de l'effort de guerre fourni par les populations soviétiques. Déportation en Asie centrale des Karatchaïs du Caucase.


1944 : Déportation en Asie centrale des Tchétchènes et des Ingouches du Caucase, puis déportation des Tatars de Crimée et des Meschets de Géorgie.


1944 - 1949 : République autonome du Turkestan oriental.


1945 : Condamnation des épopées nationales des différents peuples, considérées comme « féodales et antipopulaires ».


1945 : L'URSS sort victorieuse de la seconde guerre mondiale.


1946 : Expédition du Turkménistan méridional. Fouilles à Nisa et Merve. Découverte du trésor de Qunduz.


1947 : Début des fouilles de Pendjikent.


1948 : Création de l'université du Tadjikistan.


1949 : Explosion, au Kazakhstan, de la première bombe atomique soviétique.


1950 : Signature du traité d'amitié russo-chinois.


1951 : Création de l'Académie des sciences du Tadjikistan. Un gros effort est fourni pour ramener la production du coton d'Asie centrale à son niveau d'avant-guerre.


1951 - 1959 : Fouilles de Mundigak.


1951 - 1965 : Fouilles de Surkh Kotal.


1953 : Mort de Staline. Explosion en août de la première bombe H soviétique.


1954 : Khrouchtchev présente son plan de mise en valeur des terres vierges : 25 millions d'hectares vont être défrichés au Kazakhstan.


1955 : Décret d'amnistie des Allemands d'URSS.


1956 : XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique et début de la déstalinisation initiée par le rapport secret de Khrouchtchev. Remise en cause du « culte de la personnalité ».


1957 : Lancement par l'URSS du premier satellite artificiel.


1958 : Une nouvelle campagne antireligieuse aboutit à la fermeture des mosquées (25 000 avant la révolution, 1 200 à la mort de Staline et moins de 400 en 1956).


1959 : Le recensement donne à l'URSS 208 millions d'habitants, dont 24 millions de musulmans (6 millions d'Ouzbeks, 3,8 millions de Kazakhs, 1,4 million de Tadkjiks, un million de Turkmènes et un million de Kirghizes).


1960 : Début de la rupture sino-soviétique.


12 avril 1961 : Youri Gagarine quitte le cosmodrome de Baikonour pour réaliser le premier vol humain dans l'espace.


1962 : Troubles au Xin jiang chinois. Exode d'Ouighours et de Kazakhs vers l'URSS.


1963 : Année record pour la récolte du coton en Ouzbékistan (3,7 millions de tonnes), mais les excès de l'irrigation préparent l'assèchement à venir de la mer d'Aral.


1964 : Leonid Brejnev remplace Nikita Khrouchtchev.


1964 : Les Chinois destituent le panchen-lama, pourtant rallié à leur cause.


1964 - 1978 : Fouilles d'Aï Khanoum.


1965 : Découverte des fresques sogdiennes d'Afrasiab.


1967 : Mise en service du gazoduc de 2 750 kilomètres reliant l'Asie centrale à la Russie d'Europe.


1969 : Mise en œuvre d'une nouvelle politique vis-à-vis de l'islam. Selon Brejnev, « l'Asie centrale doit devenir une vitrine pour les pays musulmans ». Elle va accueillir des conférences internationales islamiques, des chefs religieux, des étudiants. En septembre, l'UNESCO patronne, à Samarcande, un symposium consacré à l'art timouride, à l'occasion du 2 500e anniversaire de la fondation de la ville.


1970 : Le recensement donne 241 millions d'habitants à l'URSS, dont 35,2 millions de musulmans (dont 9,2 millions d'Ouzbeks, 5,3 millions de Kazakhs, 2,2 millions de Tadjiks, 1,6 million de Turkmènes et 1,4 million de Kirghizes).


1971 : Début d'une vague d'émigration juive vers Israël, y compris depuis l'Asie centrale d'où partent les Juifs de Boukhara.


1972 : Fondation de l'Institut britannique de Kaboul.


1973 : Une conférence est réunie à Tachkent pour dénoncer « l'agression israélienne contre les peuples arabes ». Un coup d'Etat renverse le roi d'Afghanistan et porte au pouvoir le général Daoud.


1978 : Coup d'Etat communiste en Afghanistan, suivi de l'intervention soviétique de décembre 1979.


1979 : Proclamation en Iran de la République islamique.


1980 : Reprise de la propagande anti-islamique en Union soviétique, suppression des conférences islamiques en Asie centrale, limitation des visites des muftis soviétiques aux pays amis.


1982 : Andropov remplace Brejnev à la tête du PC US. Suspension à Kaboul de l'activité de la délégation française.


1983 : Première apparition d'un samizdat fondamentaliste musulman au Tadjikistan.


1984 : Mort de Youri Andropov, remplacé par Constantin Tchernenko. La propagande islamiste se développe dans les républiques soviétiques d'Asie centrale.


1985 : Mort de Tchernenko, remplacé par Mikhaïl Gorbatchev. Début des politiques de perestroïka et de glasnost.


1987 : Relance des activités antireligieuses.


1988 : Début du retrait soviétique d'Afghanistan et de la crise du Haut Karabagh entre Arménie et Azerbaïdjan. Célébration du millénaire de la Russie et du baptême de Vladimir.


1989 : Recensement de la population : 285 689 000 Soviétiques dont, environ, 50 millions de musulmans (16 686 000 Ouzbeks, 8 137 000 Kazakhs, 4 217 000 Tadjiks, 2 720 000 Turkmènes, 2 531 000 Kirghizes). En avril, signature, à Tachkent, d'un accord économique entre l'Ouzbékistan et la région autonome chinoise du Xin jiang. Conflit entre Ouzbeks et Meskhets dans le Ferghana. Développement du mouvement nationaliste Birlik, fondé en 1988 en Ouzbékistan. Fondation au Kazakhstan du parti sécessionniste Alach Orda. Fondation de la mission archéologique franco-ouzbèke.


1990 : La ville de Léninabad est rebaptisée Khodjent. Fondation, à Namagan, en Ouzbékistan, du Parti islamique du Turkestan. Le mouvement Birlik lance un appel à la population russe pour qu'elle reste en Ouzbékistan. En un an, près de 500 000 Russes auraient quitté l'Asie centrale et le Kazakhstan. Ouverture, à Tchimkent, en Ouzbékistan, d'un Institut de turcologie. Le programme radio Saday-i Aryan, la « Voix des Aryens », est lancé à Douchambé pour toucher les Tadjiks en dehors du Tadjikistan. Entre 1986 et 1990, le nombre de mosquées est repassé en URSS de 392 à 1003.


1991 : Dissolution de l'URSS. Création de la Communauté des Etats indépendants. L'économiste américain Chan Yan Beng entre dans l'équipe du président de la République kazakhe, Nursultan Nazarbaev. Première cérémonie bouddhiste en Mongolie depuis l'avènement du communisme. En juin, Eltsine est élu au suffrage universel président de la république socialiste fédérative des Soviets de Russie. Ouverture d'un Institut islamique à Alma Ata.


19-21 août 1991 : Echec du coup d'Etat de Moscou. Le 29, le Parlement soviétique interdit les activités du parti communiste. Kirghizie (Askar Akaev) et Ouzbékistan (Islam Karimov) proclament leur indépendance. En octobre, déclaration d'indépendance du Turkménistan. En novembre, Boris Eltsine dissout le parti communiste dans l'ensemble de la Russie.


1er décembre 1991 : Au Kazakhstan, Nursultan Nazarbaev emporte l'élection présidentielle avec 98,8 % des suffrages.


10 décembre 1991 : Fin de l'URSS décidée par les présidents de Russie, d'Ukraine et de Biélorussie.


13 décembre 1991 : Les présidents des cinq républiques d'Asie centrale réunis au Turkménistan, demandent à participer à la Communauté des Etats indépendants (CEI) en tant que membres fondateurs.


16 décembre 1991 : Proclamation de l'indépendance du Kazakhstan.


21 décembre 1991 : Réunion d'Alma Ata au cours de laquelle onze républiques entrent dans la CEI qui succède à l'URSS, dont la Russie est l'héritière comme puissance nucléaire et comme détentrice d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.


25 décembre 1991 : Démission de Mikhaïl Gorbatchev.


29 décembre 1991 : Le « oui » en faveur de l'indépendance l'emporte à 95 % en Ouzbékistan où Islam Karimov est élu président avec 86 % des suffrages.


1992 : Les républiques d'Asie centrale sont admises à l'ONU. Création de la « nation mongole ».

 

Kazakhstan


16 décembre 1991 : Proclamation de l'indépendance. La capitale est transférée d'Almaty (Alma-Ata) à Astana, ce qui permet de mieux contrôler les régions septentrionales majoritairement peuplées de Russes. La nouvelle république établit une distinction entre la citoyenneté « kazakhstanaise » et la nationalité propre à chaque groupe ethnique, cela afin d'éviter la confusion entre l'Etat multiethnique chargé d'assurer l'égalité entre tous les citoyens et la nation éponyme kazakhe « constitutive de l'Etat » selon la Constitution. Le kazakh est langue d'Etat et le russe demeure officiellement la langue de « communication interculturelle ». Le président Nazarbaev a fait le choix de l'idéologie « eurasiste », en se démarquant du panturquisme et du panslavisme. L'Etat se veut laïque, même si l'islam est censé fournir de fait une morale sociale. L'orthodoxie de la minorité russe fait aussi figure de religion nationale, alors que des mesures visant à limiter le prosélytisme des protestants américains ont été prises.


1993 : Le pays se dote d'une constitution inspirée du modèle français, modifiée en 1995 par référendum pour renforcer la fonction présidentielle.


Janvier 1994 : Kazakhstan et Ouzbékistan mettent sur pied la Communauté économique centre-asiatique.


1994 : Proposition kazakhe de remplacer la CEI par une Union eurasienne, sur le modèle d'une zone de libre échange comme l'Union européenne. Le Kazakhstan se veut un « pont entre l'Orient et l'Occident », à l'inverse de l’Ouzbékistan attaché à l'idée d'un « Grand Turkestan ». Le Kazakhstan, qui a fait le choix, dès 1991, de renoncer à la puissance nucléaire, s'en remet à la Russie pour assurer sa défense (accords conclus de 1991 à 1995) et s'est intégré en 1996, puis 2002, à l'alliance que constitue l'Organisation de coopération de Shanghai où se retrouvent la Russie et la Chine.


1995 : Le Kazakhstan se joint au partenariat pour la paix proposé par l'OTAN.


1997 : Présentation par le président Nazarbaev du projet « Kazakhstan 2030 » prévoyant le maintien d'une croissance à 8 % par an, ce qui est compromis par la crise russe de 1998.


1999 : Le recensement montre que les Kazakhs sont désormais majoritaires dans le pays (53,4 % de la population).


2001 : Une loi vise à renforcer l'apprentissage du kazakh.


Novembre 2001 : La première Conférence sur l'interaction et les mesures de confiance en Asie se tient à Astana.


2002 : Un traité frontalier fixe les frontières avec l’Ouzbékistan. Un décret présidentiel limite le rôle des partis politiques.


Mai 2002 : Accord avec la Russie sur la délimitation des secteurs d'exploitation pétrolière dans la mer Caspienne.


Juillet 2002 : Un accord conclu avec les Américains les autorise à utiliser la base aérienne d'Almaty, dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme ».


Ouzbékistan


31 août 1991 : Indépendance de l’Ouzbékistan, qui hérite des trois Etats historiques de Boukhara, Khiva et Kokand et que ses dirigeants voient comme une version contemporaine de l'empire de Tamerlan dont ils font un peu vite l'ancêtre fondateur du nouvel Etat. Les Ouzbeks constituent 80 % d'une population qui compte, en 2000, 25 millions d'habitants.


1992 : La constitution établit un régime fort, avec un mandat présidentiel de sept ans. Le président Islam Karimov est un ancien apparatchik soviétique, ancien leader du Parti communiste d’Ouzbékistan. Interdiction de la création de partis politiques sur une base religieuse ou ethnique.


1993 : L’Ouzbékistan sort de la zone « rouble ».


1994 : Création d'une monnaie nationale, le soum, mais sa surévaluation au cours des années suivantes va gêner les exportations.


1999 - 2000 : Attentats islamistes à Tachkent. Ils servent à justifier le caractère autoritaire du régime et un certain isolationnisme vis-à-vis des Etats voisins, notamment le Tadjikistan présenté comme un foyer de terrorisme islamiste.


2001 : Au lendemain des attentats du 11 septembre, l’Ouzbékistan accorde des facilités aux Américains pour leur permettre d'intervenir en Afghanistan. Dans le même temps, l’Ouzbékistan adhère à l'Organisation de coopération de Shanghai, dominée par la Chine et la Russie.


2002 : Accord frontalier avec le Kazakhstan. L’Ouzbékistan souhaite, par ailleurs, assurer la continuité de son territoire en obtenant du Kirghizistan l'établissement de corridors avec les enclaves de Sokh et Chakhimardan.


Turkménistan


Octobre 1991 : Accès à l'indépendance du Turkménistan. Saparmourad Niazov, ancien premier secrétaire du Parti communiste turkmène devient, avec le titre de Turkmenbachi, « le Père des Turkmènes », ceux-ci constituant les trois quarts de la population. Le turkmène est la langue de l'Etat depuis 1990 et l'alphabet sera latinisé en 1993.


1999 : Saparmourad Niazov se fait proclamer président à vie.


2001 : Le Turkménistan refuse de mettre ses bases aériennes à la disposition de la coalition intervenant en Afghanistan.


2002 : Le « leader suprême » publie le Roukhnana, un code moral et spirituel destiné aux citoyens turkmènes.

Soucieux d'affirmer sa neutralité, le Turkménistan, membre de la CEI, est le seul des cinq Etats d'Asie centrale à n'avoir pas rejoint le groupe de Shanghai.


Kirghizistan


Août 1991 : Askar Akaev, président de la république soviétique depuis l'année précédente, proclame l'indépendance du Kirghizistan. Il est réélu président le 27 octobre suivant.


1993 : La constitution installe un régime présidentiel.


1995 : Réélection d'Akaev.


Mai 1993 : Introduction d'une monnaie nationale, le som.


Décembre 1998 : Le Kirghizistan est admis à l'OMC.


1999 : Le recensement montre que la population russe est tombée de 20 % du total dix ans plus tôt à 12,5 %. La production a chuté de 30 % en dix ans.


2000 : Restrictions apportées à la liberté de la presse.


Novembre 2001 : Le russe obtient le statut de langue officielle.


2001 : Les forces occidentales intervenant en Afghanistan bénéficient de l'utilisation de l'aérodrome de Bichkek.


Tadjikistan


1992 : Un an après l'accession à l'indépendance, le Tadjikistan, qui apparaît comme le pays le plus pauvre de la CEI, sombre dans une guerre civile qui va faire officiellement 60 000 morts.


1992 : L'accord de Tachkent prévoit que la frontière tadjiko-afghane (1206 kilomètres) sera gardée par des troupes de la CEI.


1994 : Ouverture de négociations entre le régime d'Emiolai Rahmonov, arrivé au pouvoir en 1992 et soutenu par la Russie, et l'Opposition islamique unifiée groupée autour du Parti de la renaissance islamique. Mise en place d'une mission d'observation de l'ONU. Accord russo-tadjik conclu à Douchanbé, par lequel une division russe sera stationnée dans le Tadjikistan pour y assurer le maintien de l'ordre et pour contrôler la frontière afghane. Le mandat des troupes russes sera renouvelé pour une période de dix ans en 1999.


1996 : Le Tadjikistan rejoint le groupe de Shanghai, qui deviendra, en juin 2001, l'Organisation de coopération de Shanghai.


1997 : L'accord conclu à Moscou prévoit le retour à la paix, mais l'anarchie politique et la persistance du crime organisé fournissent un terrain d'intervention au Mouvement islamique d’Ouzbékistan, tenu en respect dans le pays voisin, et au Hizb al Tahrir.


1999 : Rahmonov est réélu chef de l’Etat.


2000 : Une nouvelle monnaie, le somoni, remplace le rouble tadjik. Premières élections législatives sur la base du multipartisme, remportées par le parti du président.

Pays le plus méridional de la CEI, limitrophe de l'Afghanistan et de la Chine, le Tadjikistan apparaît comme un enjeu géostratégique vital dans le nouveau « grand jeu » qui oppose  dans les « Balkans centrasiatiques » définis par Zbigniew Brzezinski  Moscou à Washington.

 

Trois décennies après l'accès à l'indépendance des cinq anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale, l'espoir d'une intégration régionale se maintient, mais, à beaucoup d'égards, c'est la diversité des situations qui prévaut, les Etats concernés optant pour des voies différentes en matière de développement ou de relations avec leur étranger proche. La pratique autoritaire du pouvoir héritée du modèle soviétique s'est partout maintenue et les révolutions de couleur de Géorgie ou d'Ukraine n'ont recueilli qu'un faible écho dans la région – au Kirghizistan et, dans une certaine mesure, en Ouzbékistan – alors que les « printemps arabes » n'ont pas suscité de mouvements analogues dans cet espace musulman héritier d'une histoire spécifique.


Les poids des différents Etats apparaissent très inégaux. Sur le plan démographique, avec un Ouzbékistan à 30 millions d'habitants, un Kazakhstan à 17 et un Tadjikistan à 7, pour ne rien dire du Turkménistan et du Kirghizistan (respectivement 5,2 et 5,5 millions d'habitants). Ces Etats ne disposent pas de la même visibilité internationale et, sur ce terrain, l'immense Kazakhstan, fort des ressources de son sous-sol et d'une situation géopolitique particulièrement favorable, bénéficie d'un avantage certain, confirmé par l'organisation à Astana, en 2017, d'une grande exposition internationale. A l'inverse, Ouzbékistan et Turkménistan font le choix d'un repli et d'une indépendance sourcilleuse, fondés sur leurs ressources gazières. Tadjikistan et Kirghizistan, en proie à des difficultés, liées au fait qu'ils sont en première ligne face au foyer de déstabilisation afghan ou aux routes empruntées par le trafic de drogue, pèsent beaucoup moins.


Quelles que soient les aspirations à la mise en place d'un espace régional intégré, chaque Etat a opté pour sa propre stratégie de dialogue avec le monde extérieur ; plus ouverte pour Astana, Douchambé et Bichkek, privilégiant le repli pour Tachkent, voire l'isolement pour Ackhabad. L'intégration à diverses structures transnationales n'y change rien. Seul le Turkménistan boude la Communauté des Etats indépendants (CEI) et l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) auxquelles adhèrent les quatre autres Etats de la région. Enfin, le Kazakhstan est membre, avec la Russie et la Biélorussie, de l'Union économique eurasiatique à laquelle se sont joints l'Arménie et le Kirghizistan. La situation de zone de transit entre la Chine et l'Europe, et de carrefour à proximité de la Russie et de l'Iran, laisse entrevoir le développement futur d'une « nouvelle Route de la Soie ». De nombreux projets ferroviaires ont ainsi été mis en œuvre, notamment, depuis 2007, entre le Kazakhstan, le Turkménistan et l'Iran, alors que la Chine investit massivement pour développer en Asie centrale des infrastructures de transport vers l'Europe.


Les importantes ressources du sous-sol régional attirent les investissements étrangers, notamment au Kazakhstan, premier exportateur mondial d'uranium. La dépendance aux ressources énergétiques comporte pourtant quelques faiblesses et la chute des cours des prix du pétrole peut compromettre, pour le Kazakhstan, l'exploitation de l'immense champ offshore de Kachagan, dans le Nord de la mer Caspienne. Ces incertitudes n'ont pas freiné les investissements étrangers, multipliés par six entre 2009 et 2012. La crise de 2008 a été durement ressentie, mais la croissance est revenue rapidement et les sanctions mises en œuvre contre la Russie en 2014 du fait de la crise ukrainienne n'ont guère eu d'effets, si ce n'est au Tadjikistan, très dépendant des transferts des travailleurs émigrés en Russie.


Depuis quelques années, les Etats d'Ouzbékistan, du Tadjikistan et le Kirghizistan doivent compter avec une opposition islamiste armée qui entretient des liens avec le foyer afghan.


Le retrait américain d'Afghanistan n'a pas eu d'effets, pour le moment, dans l'Asie centrale voisine. L'annexion de la Crimée par Moscou a pu susciter des craintes chez ses partenaires d'Asie centrale, du fait de l'existence à l'intérieur de leurs frontières de fortes minorités russes, notamment au Kazakhstan. L'avenir demeure toutefois déterminé par la succession des présidents kazakh et ouzbek, Noursoltan Nazarbaiev et Islam Karimov, demeurés indéboulonnables depuis 1990.


L'autre question majeure demeure la possibilité pour l'Asie centrale de s'imposer comme une zone de transit majeure du commerce globalisé, alors qu'elle devra peut-être compter avec une nouvelle route de l'Arctique et avec un nouveau Transsibérien reliant Moscou à Pékin via la Mongolie. En tout état de cause, la coopération régionale apparaît inévitable, du fait de la complémentarité entre Etats d'amont (sur les deux grands fleuves) – c'est-à-dire le Tadjikistan et le Kirghizistan, qui possèdent les ressources en eau et en électricité – et les Etats d'aval – l’Ouzbékistan et le Turkménistan – riches en gaz, le Kazakhstan paraissant le mieux à même d'assurer son autonomie. L'intégration régionale est d'autant plus nécessaire que l'Asie centrale est confrontée au sud à des régions dangereusement déstabilisées.

 
 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter