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Inde
De la tradition à la modernité

Avec une population qui a dépassé le cap du milliard d’habitants et avec son espace quasi-continental (3 287 590 km2), l’Union indienne apparaît d’ores et déjà comme l’un des géants potentiels du siècle qui s’ouvre. Héritière d’une civilisation plus de trois fois millénaire, longtemps condamnée à subir une histoire qui s’écrivait ailleurs, dans les terres musulmanes voisines ou en Europe, elle réaffirme aujourd’hui une identité historique et culturelle particulièrement forte, même si l’extrême diversité de ses populations pèse toujours sur la définition d’une véritable « nation », au sens que les Européens ont donné à ce concept au cours des deux derniers siècles. Engagée dans des transformations de grande ampleur qui font d’elle un pays émergent capable d’intégrer en quelques générations les secteurs de la société demeurés traditionnels, l’Inde – qui est aujourd’hui, depuis la réussite de sa « révolution verte », en mesure de nourrir sa population, de devenir, tout comme la Chine, l’une des « usines du monde » et de maîtriser les technologies les plus avancées – ne correspond plus guère à l’image misérabiliste des faubourgs pauvres de Calcutta longtemps entretenue par un certain tiers-mondisme compassionnel. Devenue puissance économique et militaire, elle a désormais la capacité de valoriser une démographie qu’elle peut transformer à court terme en atout pour devenir rapidement l’autre géant asiatique, un État appuyé sur une société modernisée qui n’aura pas renoncé pour autant à son brillant héritage civilisationnel.

L’espace indien 

Étendu au sud de l’Himalaya et encadré par la mer d’Oman à l’ouest et le golfe du Bengale à l’est, l’ensemble de terres que les géographes britanniques ont baptisé au XIXe siècle du nom de « subcontinent » indien forme une unité naturelle incontestable que les hasards et les nécessités de l’histoire récente ont divisé en plusieurs États – Union indienne, Pakistan, Bengla Desh, Sri Lanka (l’ancienne île de Ceylan), Népal et Bhoutan. Présentant approximativement la forme d’un triangle dont la base serait formée par la barrière himalayenne et la pointe méridionale par le cap Comorin, l’Inde s’étire du huitième au trente-septième degré de latitude nord et apparaît ainsi comme un pays appartenant aux zones tropicales et subtropicales. Le territoire indien s’étend d’ouest en est – de la frontière pakistanaise au Bengale occidental – sur plus de 2 500 km. Du Gudjerat qui jouxte le delta de l’Indus jusqu’au Bengla Desh qui se confond largement avec celui du Gange, le pays présente sur une longueur de 4 000 km un littoral régulier correspondant aux côtes de Konkan et de Malabar à l’ouest, de Coromandel et des Circars à l’est. Long de 2 900 km, l’Indus – du nom hindi Sindhu – naît sur le plateau tibétain et coule aujourd’hui pour l’essentiel en territoire pakistanais mais c’est lui qui, pour nous, a donné son nom à l’Inde – Bharat en hindi. Long de 3 100 km, le Gange est lui presque totalement indien même si les eaux de son delta se mêlent, au Bengla Desh, à celles du Brahmapoutre – le Tsangpo des Tibétains long, lui, de 2 900 km.

Les caractéristiques de l’espace indien s’expliquent par la situation du pays dans une zone de contact majeure de l’écorce terrestre où se réalise la collision entre la plaque eurasiatique et la masse dérivant vers le nord du Dekkan, lui même issu – comme l’Antarctique ou l’Australie – de l’ancien continent du Gondwana. Une situation qui permet d’expliquer l’importance des séismes qui affectent régulièrement la plaine indo-gangétique. Le relief du pays s’organise autour de trois grands ensembles : l’Himalaya au nord, la plaine indo-gangétique et le vaste plateau du Dekkan au sud. Longue de près de 3 000 km, la chaîne himalayenne apparaît comme la région montagneuse la plus élevée du monde, avec une quarantaine de sommets supérieurs à 7 500 m, parmi lesquels l’Everest (Chomolungma) et le K2 (dans la chaîne du Karakoram) sont, avec leurs 8 880 m et 8 611 m respectifs, les plus connus et sont, avec l’Annapurna ou le Makalu, les objectifs principaux des grands alpinistes depuis le milieu du XXe siècle. Entre l’immense plateau du Tibet et le sillon indo-gangétique, l’Himalaya (le « Séjour des neiges » en sanscrit) se divise en trois grands ensembles. Le Grand Himalaya correspond aux hautes chaînes cristallines qui encadrent quelques bassins intérieurs tels que ceux de Katmandou au Népal ou de Srinagar au Cachemire. Bourrelet préhimalayen, la chaîne de Mahabarad est formée par les immenses nappes de charriage nées de l’orogenèse régionale. Plus au sud, les hauteurs des monts Siwalik ne dépassent pas 1 000 m et dominent des collines de piémont disposées de manière assez confuse. L’imposante barrière naturelle de l’Himalaya est aussi un remarquable château d’eau pour toute l’Inde du Nord. D’altitude modeste, la plaine indo-gangétique, qui s’élève au maximum à 270 m, est formée de sédiments détritiques arrachés aux montagnes voisines et des alluvions transportés par les fleuves qui en descendent. À l’est, le Gange aboutit à la mer dans la gigantesque Camargue que constitue son delta confondu avec celui du Brahmapoutre. C’est sur le « seuil » séparant le bassin du Gange de celui de l’Indus qu’a été édifiée Delhi. Plus à l’ouest, le Pendjab est le « pays des cinq rivières » que forment les affluents de la rive gauche de l’Indus – Beas, Chenab, Jhelum, et Ravi réunis à la Sutlej – mais il est partagé depuis 1947 entre l’Inde et le Pakistan. Cet ensemble indo-gangétique, la plus vaste plaine alluviale du monde tropical, constitue le cœur du monde indien, son centre de gravité civilisationnel, le creuset dans lequel s’est formée l’identité du pays. Au sud, le vaste plateau dissymétrique du Dekkan – le « pays du Midi » – s’étend sur un millier de kilomètres depuis les monts Vindhya, qui le séparent au nord de la plaine indo-gangétique, jusqu’à la chaîne des Cardamomes et au cap Comorin. Il apparaît plus relevé à l’ouest avec les hauteurs des Ghâtes occidentales, dont l’altitude maximale atteint 2 630 m, et s’abaisse régulièrement vers l’est, ce qui explique que la plupart des fleuves – Godaveri, Krishna, Kaviri, Mahanadi – ont leur cours orienté dans cette direction, la Narbada, située plus au nord, faisant exception. D’importants épanchements basaltiques ont créé des sols riches appelés régurs mais la latérisation constitue souvent ailleurs un obstacle à l’agriculture. Une étroite plaine littorale borde le plateau à l’ouest alors que la transition vers les basses terres de la côte de Coromandel est plus progressive à l’est.

Le climat de l’Inde est commandé par le régime des vents de mousson. À la mousson d’hiver, soufflant du nord-est et apportant sur le pays un air sec et frais, succède un printemps torride et sec suivi par l’arrivée de la mousson d’été qui s’est chargée d’humidité au-dessus de l’océan Indien. Les précipitations apportées trois mois durant, de juin à septembre, par l’air équatorial humide commandent dans une large mesure la vie du pays et déterminent, avec la disposition du relief, la répartition entre Inde humide (la côte de Malabar, le nord-est et la barrière himalayenne), Inde sèche de l’intérieur du Dekkan et Inde aride du désert de Thar au nord-ouest.

Les barrières montagneuses du nord et les jungles birmanes de l’est ont isolé le subcontinent des hautes terres de l’Asie centrale et de l’Extrême-Orient chinois. Au cours de l’histoire, c’est par le carrefour afghan et la célèbre passe de Khaïber que les envahisseurs aryens, perses grecs, huns hephtalites, arabes, turcs, mongols ou afghans ont atteint les rives de l’Indus et ont pu entreprendre la conquête du pays. À l’inverse, les contacts maritimes avec le golfe Persique durant l’Antiquité et avec l’Indonésie et l’Asie du Sud au cours des siècles suivants ont été fréquents et réguliers mais la maîtrise européenne – portugaise puis anglaise – des mers riveraines a lourdement handicapé l’espace indien à l’époque de l’Empire moghol, limité ainsi à sa dimension continentale. En développant aujourd’hui un effort naval important, l’Inde semble en revanche décidée à jouer un rôle grandissant dans un océan dont le nom fait qu’il apparaît comme sa zone d’action et d’influence naturelle.

 

Aborder l’histoire de l’Inde apparaît comme un défi difficile à relever. L’indianiste Michel Angot l’a parfaitement formulé dans les premières pages de son Inde classique publiée par les Éditions des Belles Lettres en 2001, en affirmant que l’ignorance de l’histoire constitue un trait majeur de la civilisation indienne : « L’Histoire de l’Inde offre moins de lisibilité que la civilisation indienne. À cela plusieurs raisons, la première étant que les Indiens ne se sont pas intéressés au temps qui passe, ni aux événements qui le jalonnent… Jusqu’à l’époque britannique, l’Inde est une simple expression géographique : il n’y a à jamais eu précédemment un État ou un empire qui, à la manière des Empires romain, chinois ou inca, aurait duré dans un cadre spatial défini et dont on aurait alors pu faire l’histoire. Il n’y a jamais eu non plus de ville qui aurait été, évidemment et durablement, le centre du monde indien, l’équivalent de Rome, et dont subsisteraient les ruines. Si nous continuons la comparaison, il n’y a jamais eu de date fondatrice ni même de fondation de l’Inde, sauf à époque récente… Il y a eu une civilisation dans ce qui aujourd’hui se nomme Inde mais pas une civilisation de l’Inde dont l’histoire serait l’un des aspects. » Des temps védiques à l’expansion vers l’Asie du Sud-Est, les limites de l’extension territoriale de la civilisation indienne classique sont généralement difficiles à fixer. Les frontières des royaumes indiens du passé sont tout aussi floues. Ils sont désignés par le nom d’une dynastie ou par celui de la ville qui faisait fonction de capitale et « l’association d’un territoire qui devient un pays, d’une famille qui devient une dynastie et d’une ville qui devient une capitale, caractéristique de l’Empire chinois ou, plus près de nous, de l’histoire des principaux États européens ne s’est jamais produite durablement ni à l’échelle de l’Inde ni à celle de l’une de ses régions. » À l’inverse des civilisations égyptienne, mésopotamienne, hittite ou mycénienne, dynasties et royaumes de l’Inde classique n’ont pas laissé d’archives et, à de rares exceptions près, il est impossible d’établir des biographies satisfaisantes des principaux acteurs politiques ou religieux de l’Inde ancienne. Le mythe remplit généralement les fonctions qui sont celles de l’histoire en Occident et c’est à travers une sorte de Légende dorée que se reconstitue le passé indien dont la chronologie ne peut être de ce fait que très approximative, fondée surtout sur les quelques points de repère que fournissent, pour les périodes anciennes, les témoignages des envahisseurs étrangers, notamment grecs, chinois ou musulmans. Et Michel Angot peut constater que « l’absence de l’histoire n’est pas fortuite car le désintérêt est culturel et témoigne d’un aspect essentiel de la civilisation indienne, une civilisation où le mot Histoire comme nous pouvons l’entendre n’existe pas. Le fait a souvent été remarqué, par exemple par Al Biruni, le célèbre voyageur musulman : il note que, s’agissant du passé, « quand on leur demande une explication et qu’ils ne savent que faire, ils sont toujours prêts à conter une fable » (on dirait aujourd’hui un « mythe »). Et il est difficile de faire l’histoire d’un État qui n’a jamais existé, d’une population qui refuse l’histoire à échelle humaine ou, plus exactement, qui y est indifférente. Quel que soit le domaine considéré, la description, quand elle existe, prend principalement en compte ce qui ne change pas ou est censé ne pas changer… » Nous disposons donc d’une documentation exceptionnelle pour tout ce qui concerne les mentalités et les croyances, la littérature, les représentations collectives et les idéologies sociales, philosophiques ou religieuses. Les vestiges archéologiques nous fournissent une masse d’informations précieuses relatives à l’architecture et aux arts, même si les témoignages de périodes entières ont disparu, en raison de l’utilisation du bois comme matériau ou à cause des destructions considérables réalisées par les envahisseurs musulmans. Enfin, la matière documentaire disponible apparaît très lacunaire pour ce tout ce qui concerne l’histoire événementielle mais aussi la vie économique et, de manière plus générale, la vie quotidienne de la masse de la population, l’histoire qui nous est accessible concernant surtout les castes supérieures. Ce n’est qu’avec le temps de l’Empire moghol et avec celui de la présence européenne, des Portugais aux Anglais, que la masse d’informations disponibles s’enrichit considérablement et permet une approche plus complète du passé indien.

L’histoire ancienne de l’Inde est lourde d’enjeux idéologiques. L’assimilation au monde dravidien de la civilisation de l’Indus contemporaine des IIIe et IIe millénaires avant J.-C., le rôle imparti aux invasions indo-aryennes dans la genèse de la culture indienne, la place originelle qu’entendent s’attribuer les Dravidiens du sud du pays dans l’identité « nationale » ont engendré les débats et les querelles que l’on imagine mais si d’immenses questions demeurent ouvertes – notamment à propos de la civilisation urbaine qui a fleuri sur les rives de l’Indus et de ses affluents – les recherches effectuées au cours du siècle passé ont permis d’avancer un certain nombre de données à peu près sûres, dont une excellente synthèse a été présentée en 1997 par Bernard Sergent dans sa Genèse de l’Inde (Éditions Payot).

La préhistoire indienne a d’abord été connue grâce aux découvertes d’industries paléolithiques alors que les paléontologues ne disposaient pas de fossiles humains significatifs comparables au pithécanthrope de Java ou au fameux sinanthrope de Pékin. Bilan d’autant plus surprenant que la région des monts Siwalik a livré des restes de primates supérieurs fossiles contemporains de l’ère tertiaire. Le Paléolithique ancien était identifié dans le nord-ouest du pays, dans la vallée de la Soan (d’où le nom d’industrie « soanienne ») avec des choppers assez grossiers, alors que des bifaces acheuléens plus évolués permettaient de définir, sur le site d’Attirampakam, un faciès « madrasien ». Le Paléolithique moyen, caractérisé par le développement d’une industrie sur éclats, est connu grâce au site de la grotte de Sanghao (aujourd’hui dans le nord du Pakistan) et à plusieurs autres sites étudiés dans l’Andhra Pradesh. Connu grâce à l’étude de sites de plein air, le Paléolithique supérieur est représenté à Adamgahr, sur les rives de la Narbada, et à Bagor, dans le nord-ouest. Il se prolonge jusqu’au début du IIe millénaire à Lekharin, dans le bassin moyen du Gange, et même jusque vers 600 avant J.-C. quand le site de Bagor voit la coexistence d’une économie productive et d’une industrie de microlithes héritée des millénaires antérieurs. La découverte assez récente, il y a seulement une dizaine d’années, de la calotte crânienne dite de la Narbada témoigne de la présence d’archanthropiens mais celle-ci se prolonge curieusement jusqu’à une époque très récente (vers – 30 000 avant J.-C.) si l’on compare la situation de l’Asie du Sud à l’évolution qu’a déjà connue l’Europe, depuis ses propres archanthropiens d’Atapuerca et de Tautavel jusqu’aux néandertaliens et à l’Homo sapiens.

Les anthropologues confirment les découvertes des préhistoriens en montrant que des groupes humains archaïques comme les Veddah des montagnes de Ceylan, assez proches des aborigènes australiens, ont joué un rôle considérable dans l’occupation du subcontinent avant que ne s’impose le peuplement dravidien, demeuré si caractéristique du sud de l’Inde jusqu’à aujourd’hui. Noyés sur le plan ethnique dans la masse des mélano-indiens, les Munda – dont la persistance de certaines données linguistiques permet aujourd’hui d’affirmer l’importance – venaient sans doute de l’est et des affinités ont pu être aisément établies avec le groupe mon-khmer et avec les populations du sud de la Malaisie et de Bornéo. Il faut enfin ajouter le rôle joué par des éléments tibéto-birmans dans l’ethnogénèse originelle du peuplement indien antérieur aux « invasions » aryennes.

Florissante de – 2500 à – 1800 dans la vallée de l’Indus et de ses affluents, la civilisation connue par les grands sites de Mohenjo Daro et de Harappa (distants de 650 km) demeure en grande partie une énigme. Correspondant à une civilisation urbaine évoluée, avec des cités étendues sur plusieurs centaines d’hectares, un plan urbain rigoureux orienté selon des critères astronomiques, un système d’évacuation des eaux très sophistiqué, une production agricole intensive et des croyances religieuses qui sont déjà très élaborées, ce foyer culturel contemporain à ses débuts de l’Égypte de l’Ancien Empire et de la Mésopotamie sumérienne comme de la première Crète minoenne vers sa fin, nous a laissé des centaines de sceaux témoignant de l’existence d’une écriture riche de plus de quatre cents signes mais qu’il est demeuré jusqu’à aujourd’hui impossible de décrypter. La découverte, en janvier 2002, de la civilisation dite « de la rivière perdue » est venue compliquer la question des origines de la culture de l’Indus. C’est dans le golfe de Khambat (l’ancienne Cambay, dans l’est du Gudjerat) que des vestiges engloutis sous les eaux de la mer d’Oman ont été identifiés. Des traces de constructions étendues sur près de neuf kilomètres sur les rives aujourd’hui submergées de l’ancienne rivière Sarasvati ont été repérées. La date de 7500 av. J.-C. a été avancée mais la prudence s’impose à propos d’une datation aussi haute. La civilisation concernée serait en tout cas antérieure à celles de Mohenjo-Daro et de Harappa, ce qui n’est pas véritablement surprenant quand on considère l’aire d’extension considérable des cultures de l’Indus, identifiées aujourd’hui sur tout le littoral de la mer d’Oman ainsi qu’au nord de Bombay et au sud de Delhi… Demeurée mystérieuse, la civilisation de l’Indus n’est pas à l’origine de la civilisation indienne classique apportée par les Indo-Aryens mais elle a laissé des traces importantes en matière de connaissances astronomiques ou dans le domaine des poids et mesures et l’on peut penser qu’un ancêtre du dieu Siva est déjà représenté à cette époque à travers certaines figurines. L’origine de cette civilisation commence à être mieux connue, notamment grâce aux fouilles effectuées dans le Baloutchistan sur le site de Mergahr remontant à -7000 et sur les sites plus récents d’Amri, de Kulli et de Kot Diji. Les découvertes récentes de Jiroft, dans le sud-est de l’Iran sont également intéressantes de ce point de vue. La conclusion à laquelle sont arrivés les chercheurs met en avant les parentés existant entre les sites les plus anciens étudiés au pied des monts Zagros, en Elam, et ceux qui, fouillés en Iran et au Turkménistan, correspondraient à une phase préparatoire au développement de la civilisation de l’Indus. L’origine des envahisseurs indo-aryens apparaît également mieux connue. C’est dans la future Bactriane, entre l’Hindou-Kouch et l’Amou Daria que les Aryens se seraient différenciés des Proto-Iraniens. Leurs mouvements vers l’ouest aboutiront à la formation du royaume du Mitanni, rival de l’Empire hittite et partenaire proche-oriental de l’Égypte du Nouvel Empire mais c’est vers l’est qu’ils bâtiront un espace de civilisation durable en pénétrant en Inde. On a eu tendance, au cours des dernières décennies, à rejeter l’idée d’une « invasion » indo-aryenne destructrice de la civilisation de l’Indus et il semble bien que celle-ci ait entamé son déclin auparavant – en raison peut-être de catastrophes climatiques ou à cause des bouleversements intervenus dans les régions avec lesquelles elle entretenait des relations commerciales ; cependant, l’hypothèse d’une invasion destructrice ne peut être totalement exclue et les épisodes analogues que connut l’Inde si souvent au cours des siècles ultérieurs tendent même à la confirmer. D’abord installés dans la vallée de l’Indus et au Pendjab, les nouveaux arrivants pénètrent ensuite dans la vallée du Gange mais les textes les plus anciens qui nous sont parvenus, notamment le Rigveda, témoignent bien de l’origine extérieure des fondateurs de la civilisation indienne. C’est l’époque qui voit se constituer le corpus de la tradition védique, mise par écrit beaucoup plus tard.

1000 – 800 avant J.-C. : Aryanisation de la plaine gangétique. Introduction et généralisation de la métallurgie du fer.

À partir des temps demeurés obscurs qui suivent la conquête indo-aryenne, divers royaumes proto-historiques se constituent en Inde du Nord, dont l’existence est évoquée par les Purana, des ouvrages sanscrits très anciens qui fournissent des listes de dynasties. Parmi les empires qui se constituent alors, le plus important semble être celui du Magadha dont le territoire correspond approximativement à l’actuel Bihar. Au temps de Bouddha, ce royaume s’étend au détriment de ses voisins et transfère sa capitale de Rajagriha à Pataliputra, sur le Gange ; il contrôlera au IVe siècle avant J.-C. un territoire allant de l’Indus au Bengale, apparaissant ainsi comme le premier grand empire indien, prédécesseur immédiat de celui des Maurya.

566-486 avant J.-C. : Vie supposée du Bouddha Sakyamuni

540 – 468 avant J.-C. : Vie de Mahavira, le fondateur du jainisme

Fin du VIe siècle avant J.-C. : Le souverain perse achéménide Cyrus conquiert la région de l’Indus où Darius crée ensuite une satrapie de l’Empire perse.

327-325 avant J.-C. : Alexandre, qui a détruit l’Empire perse, entreprend de conquérir ses possessions indiennes. Il bat difficilement le roi Poros, parvient à l’embouchure de l’Indus puis prend le chemin du retour vers Babylone à travers le sud-est de l’Iran pendant que Néarque conduit une flotte dans le golfe Persique.

 

C’est à partir de l’Empire maurya que l’Inde – dans la mesure où les sources écrites et les documents épigraphiques et archéologiques sont plus nombreux – entre véritablement pour nous dans l’histoire. Les voyageurs grecs tels que Mégasthène ont laissé des descriptions du pays à cette époque qui ont été réutilisées par de nombreux autres auteurs antiques et l’on sait que Pataliputra, la capitale de l’Empire maurya, était alors l’une des villes les plus peuplées du monde. Originaire d’un village d’éleveurs de paons – mayura –, le fondateur de la dynastie maurya est Chandragupta, le Sandrakottos des auteurs grecs.

325 av. J.-C. : Chandragupta Maurya s’empare du trône du Magadha et fonde la dynastie qui durera jusqu’en -184 avant J.-C.

317 avant J.-C. : Assassinat du roi Poros par Eudémos. Chandragupta en profite pour prendre la tête de la révolte contre l’occupation étrangère dans la région de l’actuel Pendjab et chasse les gouverneurs grecs parmi lesquels Eudémos, contraint de fuir le pays. Vainqueur, il entreprend ensuite la conquête de la plaine gangétique. Se tournant vers l’est, il prend Pataliputra, capitale de l’empire des Nanda dont il met à mort le souverain. Se proclamant empereur, il entreprend la conquête de l’ensemble de l’Inde qu’il ne peut réaliser complètement, l’extrême-sud demeurant une zone de résistance prolongée.

305 avant J.-C. : Seleucos, roi hellénistique de Syrie, franchit l’Indus après avoir conquis la Bactriane, dans l’intention de restaurer la satrapie grecque établie naguère en Inde. Il traite finalement avec Chandragupta qui reconnaît son autorité mais obtient l’Arachosie (la région de Kandahar), le pays de Paropanisadae (Kaboul), une partie de l’Ariane (la région d’Hérat) et la Gédrosie (l’actuel Baloutchistan).

303-297 avant J.-C. : Séjours du Grec Megasthène à la cour de Chandragupta.

300 avant J.-C. : Rédaction de l’Arthashastra de Kautulya, traité d’art politique qui a été souvent comparé au Prince de Machiavel.

297 avant J.-C. : Mort de Chandragupta qui s’est converti au jaïnisme et a fini sa vie dans l’actuel État de Mysore en pratiquant l’ascétisme le plus extrême.

297-274 avant J.-C. : Règne de Bindusara, qui étend l’Empire maurya vers le sud en soumettant le Kerala et le royaume tamoul de Chola. Les souverains séleucide de Syrie et lagide d’Égypte ont alors un ambassadeur à Pataliputra.

274-237 avant J.-C. : Règne d’Ashoka. Il conquiert le Kalinga, au sud du Bengale, sur la côte orientale de l’Inde. Impressionné par les horreurs de la guerre, le jeune souverain se convertit au bouddhisme.

vers 257 avant J.-C. : Un grand concile réuni à Pataliputra définit l’orthodoxie bouddhique, condamne dix-huit hérésies et établit le canon bouddhique connu sous le nom de « petit véhicule » ou Hinayana. Le souverain utilise le bouddhisme pour imposer son autorité et mettre au pas les aristocraties guerrières. À la même époque, Ashoka interdit les sacrifices d’animaux, dont le fameux rituel hindou du sacrifice du cheval, et encourage le végétarisme. L’empire d’Ashoka s’étend de l’Hindou Koush au Bengale et de l’Himalaya à la rivière Penar ; ce fut le plus étendu des empires indiens jusqu’à l’établissement de celui des Moghols.

232 avant J.-C. : Mort d’Ashoka à Taxila (près de l’actuelle Peshawar). Son empire est partagé entre ses fils. Kunala règne huit ans sur le centre et l’ouest. Jalauka règne, lui, sur le Cachemire, affronte les Grecs de Bactriane et étend son pouvoir jusqu’à la région de l’actuelle Delhi. Dasharata, fils de Kunala, et Samprati sont des descendants connus d’Ashoka.

vers 200 avant J.-C. : Réalisation des premières fresques des grottes peintes d’Ajanta.

vers 180 avant J.-C. : Le dernier des Maurya, Brihadratha, est assassiné par l’un de ses généraux Pushyamitra. L’empire, théoriquement fondé sur les vertus bouddhiques de bienveillance et de non-violence, était en fait une construction reposant sur un moralisme puritain qui garantissait la soumission des sujets. Dans la mesure où Ashoka s’en était pris également au brahmanisme, son empire ne dura guère après sa disparition et entraîna le rejet du bouddhisme par l’Inde où cette religion avait pourtant vu le jour.

187 – 151 avant J.-C. : Règne de Pushyamitra, issu de la famille des Shunga. Son royaume ne représente plus que le tiers de l’ancien Empire maurya et, à l’est, le Kalinga a repris son indépendance. En réaction contre les positions religieuses d’Ashoka et de ses descendants, Pushyamitra persécute le bouddhisme et restaure la puissance du clergé brahmanique.

vers 180 – 130 avant J.-C. : Règne de Kharavela dans le royaume de Kalinga (actuelle région de l’Orissa). Écrasé par Ashoka, ce royaume a rapidement retrouvé son indépendance et s’est imposé comme un brillant foyer de civilisation dans l’est du pays.

151 – 143 avant J.-C. : Règne d’Agnimitra, fils de Pushyamitra. Sujyeshta, Vasumitra, Udaka et Bhagavata (qui régnera trente-deux ans) lui succèdent.

135 avant J.-C. : Occupation de la Bactriane par les Scythes.

78 avant J.-C. : Le roi scythe Manés s’installe à Pushkalavati (dans la région de Peshawar) et à Taxila.

75 avant J.-C. : Le dernier roi de la dynastie shunga, Devabhuti, est assassiné. Marquée par des troubles et des guerres fréquentes, cette époque connaît aussi un brillant épanouissement culturel que résument les travaux du grammairien et philosophe Patanjali et les sculptures du stupa de Sanchi.

75 – 30 avant J.-C. : Dynastie des Kanva (ou Kanvayana) qui compte quatre souverains : Vasudeva, Bhumimitra, Narayana et Susharman, qui régnèrent respectivement neuf, quatorze, douze et dix ans sur le Magadha, finalement envahi et morcelé par les Andhra.

58 avant J.-C. : Azès Ier monte sur le trône de Taxila et y précède Azès II et Gondophorès dont on pense qu’il a fondé un empire éphémère regroupant l’Arachosie et le Sind. Après lui, Pachorés ne règne plus que sur le Pendjab.

50 avant J.-C. : Mort de Hipastartus, dernier roi indo-grec du Gandhara dont le royaume est ravagé par les Parthes.

vers 30 avant J.-C. : Fondation de la dynastie andhra (originaire du Dekkan) par Simuka. Elle va durer près de trois siècles. Simuka règne pendant vingt-trois ans et son frère et successeur Krishna pendant dix-huit ans. Le troisième souverain Satrakarni, contemporain de Pushyamitra, le roi du Magadha, et de Kharavela, celui du Kalinga, développe, par son mariage avec une princesse locale, son influence en pays mahratte (côte ouest du Dekkan et arrière-pays de Bombay). Satrakarni II règne cinquante-deux ans et la longueur de ces règnes successifs contribue à l’établissement solide de la dynastie.

30 avant J.-C. : Mort d’Hermaeus, roi de Paropamisadae (région de Kaboul et de Peshawar) dont le royaume passe aux mains des Parthes. C’est la fin des royaumes grecs nés de l’expédition d’Alexandre.

25 avant J.-C. : Expédition maritime envoyée par Auguste en direction de l’Inde.

45 après J.-C. : Hippalus prétend avoir découvert le mécanisme des moussons, connu en fait depuis longtemps et évoqué dans le Périple de la mer Erythrée commenté par Pline.

48 après J.-C. : Les Kushana, une tribu Yue Tché (peuple nomade indo-européen installé jadis au nord-ouest de la Chine), quittent la Bacriane sous le commandement du roi Kadphises pour occuper le Gandhara et en chasser le dernier roi Hermaeus. Ils vont ensuite constituer un empire comprenant le Pendjab, le Sind, le nord du Gudjerat et une partie de l’Inde centrale.

78 : Le septième roi de la dynastie andhra conquiert Ceylan.

100 : Ambassade indienne auprès de Trajan.

106-130 : Le règne de Gautamiputra Sralakar voit le rétablissement de la puissance de la dynastie andhra qui inflige de lourdes défaites aux satrapes scythes du nord-ouest et pousse ses conquêtes au nord des monts Vindhya. Son fils, Vasishtiputra Pulumayi, perd une partie des territoires conquis par son père mais s’empare à l’est du pays telugu et établit sa capitale à Pratisthana, sur le cours de la Godaveri.

120 : Avènement du roi Kushana Kaniskhka qui établit sa capitale à Purushapura (Peshawar). Il envahit l’Inde centrale et bat le roi des Parthes. Vainqueur des Chinois, il annexe Kachgar, Yarkand et Khotan. Son empire s’étend alors de l’Asie centrale à l’Inde centrale. Il se convertit au bouddhisme et cherche à instrumentaliser politiquement cette religion. Un concile convoqué à Kunnavala au Cachemire permet de définir une nouvelle lecture de la tradition bouddhique désignée sous le nom de Grand Véhicule ou Mahayana.

120 : Ambassade indienne auprès de l’empereur Hadrien, suivie d’une autre auprès d’Antonin le Pieux en 150.

162 : Mort de Kanishka. Vanishka, Atuvishka et Vaduseva Ier lui succèdent et le dernier se convertit à l’hindouisme.

174-203 : Règne de Yajnashristakar, le dernier grand souverain de la dynastie andhra. Après lui, l’empire décline et se divise. L’empire andhra n’en a pas moins joué un rôle majeur en restaurant pleinement la tradition hindouiste et en déplaçant vers le sud le centre de gravité de cette religion.

178 : Mort de Vaduseva Ier. Elle marque le début du déclin de l’Empire kushana sous les règnes de Kanishka II, Vaduseva II et Kanishka III. Le temps de cette dynastie est marqué par le développement du commerce avec l’Empire romain vers l’ouest et avec la Chine vers l’est. En fait, ces souverains se considéraient davantage comme issus de l’Asie centrale et leur domination sur l’Inde fut toujours perçue comme celle d’une puissance étrangère.

220 : Ambassade indienne auprès d’Héliogabale, suivie d’une autre ambassade auprès d’Aurélien en 273.

340 : Ambassade indienne auprès de Constantin, suivie d’une autre auprès de Julien en 362.

319-330 : Règne de Chandragupta Ier, fondateur de la dynastie gupta d’origine radjpoute.

330-380 : Règne de Samudragupta, fils de Chandragupta Ier. Il est le plus grand souverain de la dynastie et impose son autorité du Bengale au Cachemire. À la différence des Mauryas et des Kushanas qui s’étaient appuyés sur le bouddhisme, c’est un champion de la cause hindoue.

380-415 : Règne de Chandragupta II Vikramaditya. Il bat les Saces encore installés dans le Gudjerat, transfère sa capitale Pataliputra à Ujjaini et pousse ses conquêtes vers la Gédrosie et la Bactriane. C’est sous son règne que le célèbre pèlerin chinois Fa Hsien visite l’Inde.

400 : Établissement des Huns blancs dans le Gandhara.

415-455 : Règne de Kumaragupta.

455-467 : Règne de Skandagupta qui voit l’irruption des Huns. Ceux-ci réussissent, après sa mort, à dominer le Radjpoutana, le Pendjab et le Cachemire et ils ne seront repoussés que vers 550. Dès la mort de Skandagupta, l’empire se divise et le pays connaît une anarchie plus ou moins chronique.

530 et 552 : Ambassades indiennes auprès de Justinien.

550 : Fin de l’Empire gupta.

Du milieu du VIe siècle à la fin du VIIe : Une dynastie dite des « derniers Gupta » règne sur l’Éat de Magadha mais c’est progressivement la ville et la dynastie de Kanauj (au bord du Gange, au nord de Cawnpore) qui s’imposent à l’Inde du Nord qui n’est plus le centre de gravité du pays alors que les royaumes du Dekkan apparaissent comme les principales puissances du subcontinent au cours de l’époque dite karnataka (de karu nadu, « le haut plateau » en langue dravidienne kanada).

608-642 : Pulakesin II est le plus grand souverain de la dynastie chalukya établie en Inde du Sud. Il parvient à vaincre Harsha, le puissant roi des Vardhamana, défaite confirmée par le témoignage du voyageur chinois Hiuen Tsang, présent en Inde en 641. Pulakesin fortifie la frontière établie sur les monts Vindhya et sur le cours de la Narbada. L’empire ainsi constitué reçoit le nom de Maharashtraka, « le grand royaume ».

606-647 Règne de Harsha qui a dominé plus de trente ans l’Inde du Nord. Il a favorisé le bouddhisme et notamment l’université de Nalanda, mais il ne peut enrayer le déclin de cette religion. Il impose un pouvoir très centralisé et son règne correspond à un brillant essor culturel et artistique.

636 : Raid de pillage arabe à l’embouchure de la Narbada.

655-680 : Règne dans le Maharashtraka de Vikramaditya. Son fils Vinayaditya lui succède de 678 à 696 et reçoit le tribut de tous les rois du sud. En 753, la défaite de Kirtivarman II, vaincu par le roi rashtrakuta Dantidurga, marque la fin de la puissance chalukya, qui a correspondu à une période brillante pour les régions méridionales du pays.

VIIe siècle : Le royaume du Népal se développe entre l’empire de Harsha et le royaume du Tibet. Il s’organise autour de la plaine de Kathmandou et se convertit au bouddhisme tantrique.

712 : Les Arabes envahissent le Sindh et s’emparent de Multan.

731 : Yashovarman de Kanauj envoie une ambassade en Chine.

 

Comme l’indique Jacques Dupuis dans son Histoire de l’Inde publiée en 1963, « la notion d’un Moyen Âge indien succédant à l’Antiquité n’est qu’un décalque superficiel de la chronologie de l’histoire occidentale ; sous cette synchronisation, il ne faut point chercher à voir des analogies profondes entre l’évolution de l’Occident et celle de l’Inde. On distinguera cependant, au cours des siècles suivant la mort de Harsha, les caractères d’une époque assez différente de l’Antiquité, à la fois par les transformations de la civilisation indienne et par la coexistence de celle-ci avec un élément musulman importé. »

712 : La conquête du Sindh est marquée par de nombreux pillages et massacres mais les musulmans, peu nombreux, laissent aux hindous vaincus la liberté de pratiquer leur religion contre le paiement du traditionnel jizya imposé partout aux infidèles. Au IXe siècle, le Sindh se détachera du califat abbasside de Bagdad et poursuivra, sous l’autorité de dynasties locales une existence politique indépendante.

725-753 : Le roi Lalitaditya règne sur le Cachemire, qui s’étend alors des plaines du Pendjab aux montagnes du Ladakh et comprend tous les pays de l’Indus. La région de Srinagar est alors le centre de gravité de cet ensemble.

756 : Les Pratihara, d’origine radjpoute – une population installée au nord-ouest et affirmant une forte tradition guerrière – font renaître Kanauj comme centre politique s’imposant à la majeure partie du bassin gangétique.

VIIIe -XIIe siècle : La dynastie pala s’impose au Bengale. Elle protège le bouddhisme, dont l’université de Nalanda demeure l’un des foyers les plus actifs, mais ce royaume sera balayé par les musulmans à la fin du XIIe siècle. C’est cette dynastie qui a gagné l’Assam à l’hindouisme.

IXe-XIIe siècles : En Inde du Sud, le royaume tamoul de Chola apparaît comme une puissance maritime dynamique, qui prend temporairement le contrôle de Ceylan au XIe siècle. L’ascension du royaume chola, qui commence avec la prise de Tanjore (dans le bassin de la Kaviri) vers 850 le conduit à son apogée sous les règnes de Rajahrajah (985-1014) et de Rajendra Ier (1014-1044) puisqu’en 1022 les armées du Chola poussent jusqu’au Gange. Dès 897, le roi de Chola Aditya Ier avait envahi le pays de Kanchipuram et détruit la puissance des Pallava qui dominaient l’Inde du Sud depuis le Ve siècle. Rajendra fut le fondateur de la thalassocratie tamoule. Déjà installés à Ceylan ceux-ci s’attaquent au puissant royaume de Sri Vijaya qui regroupait la péninsule malaise, Sumatra, Java et les îles voisines. À l’issue de cette campagne navale, les Tamouls dominent l’océan Indien des Maldives jusqu’à Sumatra et envoient des ambassades en Chine. Durant cette période, c’est dans le Dekkan que se développe la culture hindoue la plus vivante dans la mesure où les régions méridionales du pays demeurent longtemps hors de portée des conquérants musulmans.

XIe siècle : Reprise de la poussée musulmane, trois siècles après la conquête du Sindh demeuré une marche lointaine du califat de Bagdad. La conquête de l’Inde par les musulmans, qui s’étend sur une longue période et se caractérise surtout, initialement, par des raids de pillage dévastateurs ne sera pas le fait des Arabes ou des Persans mais celui des Turcs et des Afghans, populations barbares issues des steppes de Haute Asie ou des montagnes de la périphérie occidentale de l’Himalaya ; ce fait lui donnera un caractère de brutalité particulièrement catastrophique, pour le plus grand malheur des pays de vieille civilisation qui s’étaient constitués au fil du temps dans le nord du subcontinent indien. L’extrême division politique de l’Inde septentrionale à cette époque a favorisé les entreprises des envahisseurs qui tiraient de leur extrême mobilité une supériorité militaire incontestable sur les lourdes armées de fantassins, même appuyées par des éléphants, des royaumes hindous. L’éloignement des zones d’invasion et de razzia constituait en fait la meilleure garantie de sécurité et ce furent tout naturellement les royaumes les plus méridionaux du Dekkan qui souffrirent le moins des campagnes de conquête et des raids de pillage musulmans.

997 : Premier raid contre l’Inde de Mahmoud de Ghazni qui va multiplier les expéditions de pillage tout au long de son règne qui dure jusqu’en 1030. Il détruit Kanauj, pille et rase les sanctuaires hindous et accomplit de grands massacres. Son empire, dont la capitale se trouvait dans l’actuel Afghanistan, s’étendait des rives orientales de la Caspienne au Pendjab mais l’Inde était davantage pour lui une terre de razzia capable de fournir de riches butins qu’une véritable conquête régulièrement administrée.

1175 : C’est un Afghan, Mohammed de Ghur, qui renoue avec la politique de razzias inaugurée par Mahmoud de Ghazni au siècle précédent. Il se heurte cependant à une forte résistance du Gudjerat et de l’aristocratie radjpoute conduite par Prithi Raj, qui demeure comme une figure emblématique de la résistance « nationale » face aux envahisseurs.

1192 : Mohammed remporte la victoire de Tarain. La cavalerie afghane s’impose et Prithi Raj est tué.

1194 : Les musulmans envahissent la plaine gangétique, pillent Kanauj et Bénarès et s’avancent jusqu’au Bengale. Les destructions sont alors immenses et toute une partie de l’héritage de la grande culture de l’Inde antique est anéantie. Les vainqueurs s’en prennent spécialement au clergé bouddhiste dont les moines sont systématiquement mis à mort.

1206 : À sa mort, Mohammed de Ghur a constitué un « empire » s’étendant de l’Afghanistan au Bengale mais cet ensemble né d’une conquête brutale et destructrice n’aura qu’une existence éphémère et se disloquera rapidement, la dynastie ne conservant finalement qu’une petite principauté afghane.

1210-1235 : Règne d’Iltutmish, un Turc Ilbari, qui va établir le sultanat de Delhi, le premier véritable État musulman de l’Inde. Énergique, ce chef musulman – qui était un ancien esclave – rassemble les territoires allant du Sindh et du Pendjab jusqu’au Bengale et fait reconnaître son autorité par le calife de Bagdad. Il fait de Delhi sa capitale et fait construire le Qutb Minâr, le fameux minaret haut de 72 m qui apparaît comme le premier grand monument réalisé en Inde par l’architecture musulmane.

1221 : Les hordes mongoles de Gengis Khan atteignent le cours de l’Indus mais ne poussent pas au-delà.

1206-1290 : Règnes des descendants d’Iltutmish qui maintiennent difficilement cet empire né de la conquête et imposé par la force à l’Inde du Nord.

1290-1320 : Les Khalji, d’origine afghane, se substituent aux Turcs Ilbari. Jala ud Din Firuz, le premier souverain de la dynastie (1290-1296), est traîtreusement assassiné par son neveu Ala ud Din qui règne de 1296 à 1316. Criminel sans scrupule, celui-ci impose son autorité avec une cruauté sans limites et finance par pillage les conquêtes qu’il réalise. Il entame son règne en faisant massacrer tous les membres de la famille de son oncle et tous ceux qui les ont servis, femmes et enfants compris.

1297 : Ala ud Din parvient à arrêter une imposante armée mongole qui menaçait de nouveau Delhi.

1301 : Après un an de résistance, la forteresse radjpoute de Ranthambhor est prise par les musulmans, qui s’emparent également de Chitor deux ans plus tard. C’est là que les défenseurs hindous, avant de chercher la mort dans un combat sans espoir, font brûler vives leurs femmes et leurs sœurs pour leur épargner la souillure et l’esclavage.

1305 : Ala ud Din conquiert le Malwa, ce qui place toute l’Inde du Nord sous son autorité.

1307 : Les musulmans entreprennent à partir de cette date une série d’expéditions contre le Dekkan où aucun royaume ne paraît encore en mesure de leur résister durablement. Ils soumettent ainsi le pays mahratte et le pays telugu et poussent jusqu’au royaume pandya, le principal État tamoul de l’extrémité méridionale du pays. C’est à cette occasion que Madurai est mise à sac en 1311.

1320 : Le fils qui avait hérité du pouvoir d’Ala ud Din est assassiné et cette disparition marque la fin de l’éphémère dynastie des Khalji. Elle a été marquée par une expansion conduite de manière impitoyable mais ne pouvait établir aucune œuvre durable car, comme ce fut souvent le cas dans l’histoire musulmane de l’Inde – avec une notable exception pour ce qui concerne le cas de l’Empire moghol – ces épisodes de conquête correspondirent toujours presque automatiquement à des moments de ruine et de dévastation pour la majeure partie du pays, mis en coupe réglée par ses vainqueurs.

1320 : Un chef d’origine turque, Ghazi Malik Tughluk, est porté au pouvoir par l’armée et ouvre une dynastie qui durera jusqu’en 1412. Il restaure l’État et concentre ses efforts sur le sultanat de Delhi et non sur des conquêtes toujours plus lointaines et plus aléatoires mais ne règne que cinq ans.

1324 : Un prince hindou, Harisimha, conquiert le Népal et, à partir de ce moment, la civilisation de ce royaume apparaît comme une synthèse de l’héritage bouddhiste et de la tradition hindouiste.

1325-1351 : Règne de Mohammed bin Tughluk. C’est sous le règne de ce nouveau conquérant que le sultanat de Delhi atteint sa plus grande extension, depuis l’Himalaya du Garhwal jusqu’aux rives de la Kaviri, au cœur du pays tamoul. Cette expansion n’est pas proportionnée au niveau de l’organisation administrative. Le poids de l’impôt est vite insupportable. Le transfert temporaire de la capitale de Delhi à Daulatabad – au cœur du Dekkan, mille kilomètres plus au sud – est un échec complet, tout comme une réforme monétaire trop précipitée. L’ambition d’aller conquérir le Khrorassan, voire l’Irak, ne peut être réalisée mais engloutit des sommes astronomiques. Trop étendu, « l’empire » est rapidement affaibli par la multiplication des révoltes alors que, à partir de 1336, l’empire du Vijayanagar s’organise au sud comme môle inébranlable de la résistance hindoue à l’islam.

1336 : Fondation, en pays telugu et en réaction contre l’expansionnisme du sultanat de Delhi, de Vijayanagar, la « Cité de la Victoire », sur la rive méridionale de la Tungabhadra. Les maîtres de Delhi sont rapidement contraints d’abandonner le Dekkan mais c’est au royaume musulman de Bahmani que celui de Vijayanagar va surtout s’opposer pendant près de trois siècles.

1347 : Le royaume musulman de Bahmani s’affirme au nord-ouest du Dekkan face au sultanat de Delhi mais il sera morcelé finalement entre cinq principautés rivales entre 1484 et 1518. Ultérieurement, les royaumes de Bijapur et de Golconde témoigneront, au cœur du Dekkan, de la persistance de la présence musulmane dans ces régions méridionales.

1336-1485 : La dynastie fondatrice des Sangama règne sur le Vijayanagar. Le souverain le plus brillant est Deva Raya II (1422-1446). Sous son règne, l’empire s’étend depuis l’Orissa jusqu’à la côte de Malabar, d’une rive à l’autre du Dekkan. Au-delà de la péninsule, Ceylan et les régions littorales de la Birmanie (royaume de Pégou) lui paient un tribut.

1398-1399 : Tamerlan vient attaquer le sultanat de Delhi, prend la ville, la met à sac et fait un grand massacre de sa population. Laissant derrière lui de sinistres pyramides de têtes, il repart vers l’Asie centrale en emmenant avec lui des milliers d’esclaves. Le sultanat de Delhi ne se remettra jamais de cette catastrophe et ne sera plus que l’ombre de lui-même sous les dynasties des Sayyides et des Lodi, jusqu’en 1526, date de sa disparition finale.

1420-1470 : Règne au Cachemire du sultan Zain ul Abidin. Il fait figure d’exception car ce souverain musulman manifeste une grande tolérance vis-à-vis des hindous, recrute les brahmanes dans son administration et dispense les infidèles du paiement du jizya. Surnommé « l’Akbar du Cachemire » par référence au futur grand souverain moghol, il établit là un brillant foyer de civilisation.

1486 : Nasarimha accède au pouvoir dans le Vijayanagar à un moment où cet empire connaît un relatif déclin en raison de la qualité insuffisante de ses princes, alors que la lutte contre les musulmans est un défi permanent et impose de maintenir sans faiblesse l’unité du Dekkan hindou.

1491-1503 : Règne de Narasa Nayaka, un usurpateur qui fonde une nouvelle dynastie mais assure la continuité de l’État de Vijayanagar. Son fils, Krishnadeva Raya, règne de 1509 à 1529. Contre les musulmans, il s’allie aux Portugais qui arrachent alors Goa au sultan de Bijapur. Administrateur et guerrier, protecteur des lettres et des arts, il apparaît comme l’un des grands souverains de l’histoire indienne. Le morcellement du royaume musulman de Bahmani à partir de 1518 et le déclin irréversible du sultanat de Delhi font du Vijayanagar la grande puissance indienne du moment.

1543-1565 : Le règne de Rama Raya poursuit dans le même sens mais le désastre de Talikota qui, face aux Moghols, coûte la vie au souverain scelle le sort du grand empire hindou du Dekkan après qu’il a, pendant plus de deux siècles, fait barrage à la poussée musulmane vers le sud. Centré sur le plateau de Mysore, contraint de concentrer l’essentiel de ses forces dans la défense de la frontière du nord établie sur le cours de la Tungabhadra, le royaume de Vijayanagar ne peut être en même temps, à l’inverse du Chola qui l’avait précédé dans le sud du Dekkan, un empire de la mer. Située sur la frontière, sa capitale, forte d’un demi-million d’habitants au début du XVIe siècle, bénéficiait d’équipements considérables pour l’époque, qui ont fait l’admiration des voyageurs italiens ou portugais. L’armée rassemblée alors est sans doute la plus nombreuse du monde et, pour la première fois depuis plusieurs siècles, l’Inde oppose une résistance longtemps victorieuse à l’envahisseur musulman. À l’inverse, le Vijayanagar abandonne la mer aux Arabes, même si les Chinois font une apparition prolongée dans l’océan Indien pendant le premier quart du XVe siècle. Il faudra attendre les Portugais, leur technique nautique supérieure et la puissance de feu de leur artillerie, pour que l’océan soit repris aux musulmans pour le plus grand profit du royaume hindou, allié naturel des conquérants lusitaniens. Le principal mérite du Vijayanagar demeure surtout d’avoir offert un refuge à la civilisation hindoue traditionnelle, qui a pu survivre intacte dans l’Inde du Sud alors que, sauf exception, elle était constamment menacée – quand ses monuments et ses œuvres n’étaient pas purement et simplement anéantis – en Inde du Nord sous domination musulmane.

 

1498 : Vasco de Gama arrive à Calicut, sur les côtes occidentales de l’Inde.

1501 : Fondation du comptoir portugais de Cochin, puis de celui de Cannanore l’année suivante.

1503-1504 : Les Portugais doivent faire face à une coalition des principautés musulmanes de l’océan Indien.

1504 : Babûr s’empare de Kaboul.

1503-1509 : Règne de Vira Narasimha dans le royaume de Vijayanagar. Krishna Deva Raya lui succède jusqu’en 1529.

1505 : Fondation d’Agra.

1505-1510 : Francisco de Almeida est le premier vice-roi de l’Inde portugaise.

1506 : Premiers contacts portugais avec Ceylan.

1507-1508 : Albuquerque impose le tribut à Ormuzd et à divers ports musulmans de la mer d’Oman.

1509 : Les Portugais remportent contre les musulmans la victoire navale de Diu.

1510 : Albuquerque prend Goa et devient gouverneur de l’Inde portugaise jusqu’en 1515, date de sa mort.

1511 : Conquête de Malacca par les Portugais. Avec le contrôle du détroit, ils verrouillent vers l’est l’océan Indien dont ils ont méthodiquement pris le contrôle en moins d’une vingtaine d’années.

1524 : Babûr occupe Lahore.

1525 : La victoire de Panipat permet à Babûr de s’emparer de Delhi.

1526-1530 : Les Turco-Mongols venus d’Afghanistan sous les ordres de Babûr soumettent les Radjpoutes et réalisent la conquête de toute l’Inde du Nord. Babûr est de nouveau victorieux à Kanwa en 1527.

1530 : Mort de Babûr. Avènement de Humayun qui règne une première fois jusqu’en 1540. Il envahit et annexe en 1535 le Malwa et le Gudjerat.

1535 : Les Portugais s’installent à Diu, bientôt assiégée sans succès par une flotte ottomane. Les Turcs connaîtront un échec analogue en 1546.

1538 : Mort de Guru Nanak, le fondateur de la communauté sikh.

1539-1545 : Sher Shah règne à Delhi.

1542 : Arrivée des jésuites à Goa.

1556. Mort de Humayun qui a été restauré l’année précédente.

1556-1605 : Règne d’Akbar.

1561-1577 : Extension de l’Empire moghol au Radjasthan, au Gudjerat et au Bengale.

1565 : Bataille de Talikota. Destruction du royaume de Vijayanagar par les musulmans.

1571 : Fondation par les Moghols de Fatehpuhr Sikri.

1572-1573 : Conquête du Gudjerat par Akbar.

1572-1580 : Akbar entreprend de réformer son empire et cherche à y introduire une relative « tolérance » religieuse en encourageant, à partir de 1575, des débats entre les représentants des diverses traditions religieuses.

1580 : Première mission jésuite à la cour moghole.

1583-1585 : Le souverain moghol met en œuvre un ensemble de réformes administratives qui vont permettre à l’État de disposer de ressources importantes.

1584 : L’Anglais John Newberry est reçu à la cour d’Akbar.

1585 : Akbar s’établit à Lahore et entreprend la conquête de l’Afghanistan et du Cachemire, poursuivie jusqu’en 1598.

1592 : L’Empire moghol s’empare de l’Orissa.

1594 : La Compagnie des terres lointaines est créée à Amsterdam. Première expédition hollandaise en Insulinde.

1598-1601 : Akbar mène plusieurs campagnes dans le Dekkan.

1600 : Création de l’East India Company.

1602 : Création à Amsterdam de la Vereenigde Oost Indische Compagnie (VOC), la célèbre Compagnie des Indes orientales hollandaise.

1605-1627 : Règne de Jahangir.

1607-1608 : Séjour à la cour de Jahangir du capitaine anglais William Hawkins.

1611 : Mariage de Jahangir et de Nur Jahan.

1615 : Ambassade de l’Anglais Thomas Roe auprès du Grand Moghol.

1616 : Création de la Compagnie des Indes danoise.

1616-1624 : Une épidémie de peste fait de nombreuses victimes dans l’ensemble de l’Inde.

1619 : Fondation de Batavia (à Java) par les Hollandais.

1622 : Rébellion de Khurram, le futur Shah Jahan. Les Anglais s’emparent la même année d’Ormuzd. C’est le commencement de la fin pour la domination portugaise sur l’océan Indien. Elle est progressivement remplacée par celle des Hollandais et des Anglais et la création, en 1624, d’une Compagnie des Indes portugaise ne change rien au renversement de la situation.

1628-1658 : Règne de Shah Jahan. Il fait construire, à la mort de son épouse Mumtaz Mahal, le célèbre Taj Mahal.

1 635 et 1636 : Les sultans de Golconde et de Bijapur reconnaissent la suzeraineté de l’empereur moghol.

1638-1642 : Premier des voyages effectués en Inde par le Français Jean Baptiste Tavernier.

1638-1648 : Construction d’une nouvelle capitale à Delhi.

1639 : Fondation de Madras par les Anglais.

1641 : Prise de Malacca par les Hollandais.

1658 : Les Hollandais s’emparent de Ceyla.n

1658-1707 : Règne du Grand Moghol Aureng Zeb, qui correspond à l’apogée de l’Empire moghol.

1659-1665 : Premières campagnes menées contre les Moghols par Shivaji, le fondateur de l’Empire mahratte qui reste leur principal adversaire tout au long de cette période (il meurt en 1680).

1661-1666 : L’Empereur moghol étend son autorité sur le Bengale et l’Assam.

1663 : Les Hollandais s’emparent de Cochin.

1664 : Fondation par Colbert de la Compagnie française des Indes orientales.

1674 : Les Français s’installent à Pondichéry alors que le Portugal cède Bombay à l’Angleterre.

1685-1706 : François Martin est gouverneur de Pondichéry.

1688 : Installation des Français à Chandernagor.

1689 : Le souverain mahratte Sambhaji est fait prisonnier et exécuté.

1690 : Les Anglais fondent Calcutta.

1692-1707 : Les Moghols poursuivent la guerre contre les Mahrattes dans le Dekkan, sans réussir à le soumettre complètement.

1707-1712 : Règne de l’empereur moghol Bahadur Shah Ier. Jahandar Shah lui succède jusqu’en 1713.

1710 : Insurrection des Sikhs. Fondation d’un État sikh indépendant.

1713-1719 : Règne de Farrukhsiyar. Dès 1713, le souverain d’Hyderabad proclame son autonomie.

1715 : Écrasement de la révolte sikh.

1716 : Le prince bengali Murshid Quli Khan établit son indépendance au Bengale jusqu’en 1727.

1719-1748 : Règne de Mohammed Shah qui doit reconnaître l’autonomie des Mahrattes dans le Dekkan. De 1722 à 1739, c’est un autre prince, Saadat Khan, qui obtient une indépendance de fait dans l’Oudh (dans la partie orientale de la vallée du Gange).

1725 : Annexion de Mahé par les Français.

1725-1735 : Le Français Lenoir est gouverneur de Pondichéry. Dumas lui succède jusqu’en 1741.

1739 : Le souverain persan Nadir Shah prend Delhi et la met à sac.

1739 : La France fait l’acquisition de Karikal.

1742-1754 : Dupleix est gouverneur de Pondichéry d’où son autorité s’exerce désormais sur les autres comptoirs et sur les îles Mascareignes – l’île de France et l’île Bourbon, futures Maurice et Réunion – dans l’océan Indien.

1746 : Prise de Madras par La Bourdonnais ; elle sera restituée aux Anglais deux ans plus tard lors du traité d’Aix-la-Chapelle qui mettra fin à la guerre de Succession d’Autriche.

1748 : Échec du siège de Pondichéry par l’Anglais Boscawen.

1748 : Nouvelle tentative de constitution d’un État sikh. Ahmed Shah Bahadur succède à l’empereur moghol Mohammed Shah.

1751 : Dupleix et Bussy installent un véritable protectorat français sur le Dekkan.

1753 : Rappel de Dupleix. Arrivée de son remplaçant Godeheu à Pondichéry en 1754. Il ne reste en place qu’une année et se voit remplacé à son tour par Duval de Leyrit.

1756 : Début de la guerre de Sept Ans qui va avoir d’importants échos en Inde où elle permettra aux Anglais d’évincer les Français.

1757 : L’Anglais Robert Clive remporte la victoire de Plassey sur Souradjah Daoula, le maître du Bengale. Mir Jafar, allié des Anglais devient souverain du Bengale. Les Anglais s’emparent de Chandernagor mais Bussy leur prend divers comptoirs de la côte des Circars (au nord de la côte de Coromandel).

1758 : Les Sikhs battent le fils du roi d’Afghanistan (de la dynastie des Durrani) et deviennent maîtres du Pendjab.

1758 : Arrivée de Lally-Tollendal à Pondichéry.

1759 : Mort de l’empereur moghol Alamgir II, monté sur le trône en 1754. Shah Alam II lui succède et régnera jusqu’en 1806.

1759 : Les Français échouent dans leur tentative de s’emparer de Madras.

1760 : Les Français sont vaincus à Vandavashy. Karikal est perdu.

1761 : Les Mahrattes qui ont repris Delhi l’année précédente sont écrasés par les Afghans à Panipat.

1761 : Capitulation de Pondichéry.

1762 : Une nouvelle invasion afghane aboutit à l’écrasement des Sikhs mais ceux-ci rétablissent au cours des trois années suivantes leur domination sur Amritsar, Sialkot, Multan et Lahore. Ils contrôlent désormais durablement le Pendjab.

1763 : Le traité de Paris, qui met fin à la guerre de Sept Ans entre la France et l’Angleterre, rend à la première cinq comptoirs – Pondichéry, Yanaon, Chandernagor, Karikal et Mahé.

1763 : Des négociants anglais sont massacrés à Patna. La guerre commence entre Mir Kassim, le nabab du Bengale, et les Anglais. Défait, le prince est remplacé par son prédécesseur Mir Jafar. Le vaincu s’allie à d’autres princes et à l’empereur moghol mais la coalition ainsi constituée est vaincue par Hector Munro à Buxar en 1764.

1765 : Par le traité d’Allahabad conclu avec l’empereur Shah Alam II, les Anglais imposent leur souveraineté sur le Bengale, l’Orissa et le Bihar. À partir de 1766, ce sont des troupes de la Compagnie qui assurent l’ordre au Bengale où le nabab en titre est privé de forces militaires.

1770 : Une grande famine affecte le Bengale et fragilise la domination anglaise.

1772 : La Compagnie anglaise organise l’affermage des impôts pour disposer de ressources suffisantes.

1773 : Le Regulating Act voté par le Parlement de Londres crée un gouverneur général du Bengale et c’est Warren Hastings qui occupe le premier cette fonction. Il réside à Calcutta et dispose d’une autorité nominale sur Madras et Bombay les deux autres pôles de la puissance britannique en Inde.

 

1775-1782 : Première guerre mahratte, conclue par le traité de Salbai.

1784 : Traité de Mangalore entre Tipoo Sahib, le sultan du Mysore, et la Compagnie des Indes.

1786-1795 : Lord Cornwallis succède à Warren Hastings.

1790-1792 : Guerre du Mysore, à l’issue de laquelle Tipoo doit céder une partie de ses territoires. Espérant l’aide de la France, il reprendra la lutte en 1798 mais sera tué l’année suivante.

1793 : Les pouvoirs du gouverneur général sont formellement étendus à Madras et à Bombay mais ce n’est qu’en 1833 que le gouverneur général du Bengale changera son titre contre celui de gouverneur général de l’Inde. La même année le Charter Act renouvelle pour trente-quatre ans les privilèges de la Compagnie.

1795-1806 : Gouvernement de Lord Wellesley.

1796 : Les Britanniques s’emparent des possessions hollandaises de Ceylan.

1801 : Annexion par la Compagnie du Carnatic et d’une partie de l’Oudh.

1803 : Les Anglais remportent les victoires d’Assaye et de Laswari au cours de la seconde guerre mahratte et imposent leur protectorat à l’empereur moghol Shah Alam.

1806 : Fondation de la Banque de Calcutta, suivie de celles de Bombay en 1840 et de Madras en 1847.

1806-1813 : Gouvernement de Lord Minto.

1809 : La Compagnie signe le traité d’Amritsar avec le Sikh Ranjit Singh, devenu souverain du Pendjab quatre ans plus tôt.

1813 : Suppression du monopole commercial de l’East India Company. Autorisation du prosélytisme chrétien.

1813-1823 : Gouvernement de Lord Hastings.

1814-1816 : Intervention britannique au Népal contre les Gurkhas.

1815 : Annexion par les Anglais du royaume cinghalais de Candy.

1817 : Les Britanniques établissent des relations avec le Sikkim.

1817-1818 : Troisième guerre mahratte.

1818 : Liquidation des Pindari, brigands organisés en troupes qui vivaient sur le pays.

1819 : Occupation de Singapour par les Anglais.

1819 : Conquête du Cachemire par les Sikhs qui ont également pris Multan en 1818 et s’empareront de Peshawar en 1823. Ranjit Singh s’est doté d’une armée organisée à l’occidentale et encadrée par des officiers européens comme le Français Allard ou l’Italien Ventura.

1824-1826 : Lord Amherst engage la première guerre anglo-birmane qui vise à conjurer les menaces birmanes sur l’Assam et le Bengale. Annexion de l’Arakan.

1826-1831 : Un prédicateur wahhabite, Sayyid Ahmad Barelwi, entretient la révolte à la frontière du nord-ouest.

1828-1835 : William Bentinck occupe le poste de gouverneur général.

1829 : Abolition par les Anglais de la sati, la coutume qui condamnait les veuves à mourir sur le bûcher funéraire de leur mari défunt.

1831 : Les Anglais imposent leur autorité dans l’État de Mysore en prenant le contrôle de l’administration.

1831-1837 : Les Anglais parviennent à éradiquer la société secrète et criminelle des Thugs, adorateurs de la déesse Kali, réputés pour étrangler leurs victimes.

1833 : Un nouveau Charter Act abolit les activités commerciales de la Compagnie, qui n’est plus qu’un organisme de gouvernement fonctionnant sous le contrôle de la Couronne britannique.

1834 :Ranjit Singh, le souverain du Pundjab, s’empare de Peshawar puis meurt en 1839.

1835 : L’anglais devient la langue des tribunaux. La Compagnie émet une roupie d’argent qui devient l’unité monétaire du pays.

1838 : Début de l’industrie cotonnière à Calcutta, suivie en 1853 par celle de Bombay mais cette industrie locale subira, tout comme l’artisanat traditionnel, la concurrence des produits importés d’Angleterre.

1839 : Occupation d’Aden par les Anglais.

1839-1842 : Première guerre d’Afghanistan. La retraite de Kaboul se termine en désastre pour les Anglais.

1843 : Le gouverneur général Lord Ellenborough envoie sir Charles Napier conquérir le Sindh.

1843 : Abolition de l’esclavage en Inde.

1845 : Les Danois vendent aux Anglais leur comptoir indien de Trinquebar.

1845-1846 : Première guerre contre les Sikhs conclue par le traité de Lahore, suivie en 1848-1849 d’une deuxième, qui aboutit à l’annexion du Pundjab.

1846 : Les Anglais installent leur domination sur le Cachemire.

1847-1854 : Campagne contre les Khond, une tribu primitive de l’Orissa qui pratiquait les sacrifices humains.

1848-1856 : Gouvernement de Lord Dalhousie, qui enlève en 1850 au Sikkim le pays de Darjeeling, qui constituait sa frange méridionale.

1850 : Loi favorisant les conversions au christianisme, rendues jusque-là très difficiles à cause du système des castes.

1852 : La seconde guerre birmane conduit à l’annexion de la basse Birmanie (la région du delta de l’Irawady et l’arrière-pays de Rangoon).

1853 : Ouverture de la première ligne de chemin de fer construite en Inde, entre Bombay et Thana.

1853-1854 : Création par Lord Dalhousie de la poste indienne. Il fait également construire 6 000 km de lignes télégraphiques.

1855 : Création du Public Works Department. Le gouverneur développe le réseau routier et fait aménager canaux et ports.

1855 : Le premier métier à tisser le jute est importé à Calcutta.

1856 : Annexion de l’Oudh. En prétextant l’absence d’héritiers ou la mauvaise administration des princes, l’autorité anglaise multiplie les annexions.

1856 : Loi autorisant le remariage des veuves.

1857 : Révolte des Cipayes. Le soulèvement débute à Meerut, près de Delhi, le 10 mai. L’origine de la mutinerie réside dans le fait que de nouvelles cartouches étaient enduites d’une graisse présentée comme graisse de bœuf aux hindous et comme graisse de porc aux musulmans. Delhi est occupée, le dernier descendant des grands Moghols de jadis, Bahadur Shah, est proclamé empereur. En juin la garnison de Kanpur est massacrée (quatre cents hommes avec plus de deux cents femmes et enfants) et celle de Lucknow n’est sauvée que par l’arrivée providentielle de renforts. La révolte demeure limitée à la vallée moyenne du Gange et à une partie de l’Inde centrale.

1858 : Abolition de l’East India Company. L’Inde dépend désormais directement de la couronne britannique et la reine Victoria prendra officiellement le titre d’impératrice des Indes en 1876.

1861 : Création du Conseil législatif impérial.

1861 : Débuts de l’émission du papier-monnaie, monopole du gouvernement.

1869 : Ouverture du canal de Suez. La distance de l’Angleterre à l’Inde se trouve raccourcie de 4 500 km. C’est une création française mais les Anglais, en rachetant les parts du khédive d’Égypte et en intervenant en 1881 contre l’agitation nationaliste égyptienne, se rendront rapidement maîtres d’un passage obligé essentiel sur la route des Indes.

1870 : Établissement de la liaison télégraphique entre l’Angleterre et l’Inde.

1876 : Occupation de Quetta au Baloutchistan.

1877 : La grande famine qui frappe le Dekkan fait cinq millions de victimes.

1878-1880 : Deuxième guerre d’Afghanistan.

1881 : La principauté de Mysore est restituée à sa dynastie après un demi-siècle d’administration britannique. Instruite par la mutinerie de 1857, l’Angleterre évite désormais les annexions et se contente de voir reconnue la suzeraineté de la reine sur les princes.

1883 : Le gouverneur libéral Lord Ripon soutient l’Ilbert bill, une loi supprimant les discriminations judiciaires entre Indiens et Européens.

1885 : Première session du Congrès national indien à Bombay.

1885-1886 : Troisième guerre birmane. Annexion de la Haute Birmanie (région de Mandalay).

1893 : Gandhi quitte Bombay pour le Natal où il sera avocat.

1895 : Accord anglo-russe sur les frontières du Pamir.

1897 : Les tribus dissidentes de la frontière du nord-ouest s’agitent de nouveau.

1899 : Lord Curzon est nommé vice-roi des Indes et le restera jusqu’en 1905. La même année, une grande famine due au retard de la mousson affecte le nord de l’Inde.

1901 : Création de la province frontière du Nord-Ouest dans laquelle les tribus sont chargées d’assurer la sécurité.

1904 : Expédition Younghusband à Lhassa. Le Tibet s’engage à ne pas laisser une puissance étrangère s’établir sur son territoire sans le consentement des Britanniques.

1905 : La victoire du Japon sur la Russie encourage le nationalisme indien.

1905 : La division du Bengale en deux unités administratives est mal perçue par les tenants du nationalisme indien qui se sont radicalisés sous l’influence de Bal Gangâdhar Tilak.

1905-1910 : Gouvernement de Lord Minto II.

1906 : Réunis à Calcutta, les membres du Congrès réclament une complète autonomie de l’Inde sous suzeraineté britannique.

1906 : Fondation de la Ligue musulmane à Dacca. À l’inverse des hindous, les musulmans sont favorables à la division du Bengale.

1906-1908 : Développement du terrorisme au Bengale.

1907 : Fondation de la Tata Iron and Steel Company qui va faire la fortune de Jamshedpur, à 250 km dans l’arrière-pays de Calcutta.

1910 : La politique étrangère du Bhoutan est placée sous le contrôle britannique.

1910-1916 : Gouvernement de Lord Hardings.

1911 : Transfert de la capitale de Calcutta à Delhi. La même année, le nouveau roi d’Angleterre George V vient se faire sacrer empereur des Indes à Delhi.

1913 : Rabindranath Tagore reçoit le prix Nobel de littérature.

1914 : Retour de Gandhi d’Afrique du Sud.

1914 : L’Inde produit 16 millions de tonnes de charbon.

1914-1918 : Près de 1 700 000 Indiens combattent dans les rangs britanniques, notamment en Mésopotamie, en Palestine et en Afrique orientale durant la Grande Guerre.

1916 : L’unité du parti du Congrès est rétablie lors de réunion de Lucknow qui voit se dégager une majorité favorable aux éléments les plus radicaux.

1916-1921 : Gouvernement de Lord Chelmsford.

1917 : Le secrétaire d’État Montagu envisage un acheminement progressif de l’Inde vers l’autonomie, dans le cadre de l’empire.

1918-1919 : Troisième guerre d’Afghanistan à l’issue de laquelle l’Angleterre reconnaît l’indépendance du pays.

13 avril 1919 : Le massacre d’Amritsar fait 379 morts chez les manifestants nationalistes indiens désarmés.

1919 : Avec le Government of India Act, l’Angleterre accorde une constitution fondée sur la représentation communautaire, le suffrage censitaire et une chambre des princes représentant les 500 principautés qui subsistaient dans le pays. Mais l’Angleterre conserve le pouvoir exécutif et le contrôle des finances.

1919-1920 : Développement d’importants mouvements de grève dans tout le pays.

1920 : Lors de sa réunion de Calcutta, le Congrès réclame l’indépendance et appelle au boycott des institutions mises en place par les Anglais. Gandhi lance la campagne du rouet et appelle au boycott des tissus anglais importés.

1922-1924 : Séjour en prison de Gandhi.

1926 : Le Trade Union Act introduit en Inde la liberté syndicale. Le pays comptera plus de 500 000 syndiqués en 1940.

1928 : Le parti communiste indien, fondé en 1924, rejoint la Troisième Internationale.

1929 : Le Congrès adopte la résolution de Lahore, relative à l’indépendance. Jawahral Nehru devient le président du parti.

1930 : Mohammed Iqbal avance le projet, dans la perspective de l’indépendance à venir, d’un État musulman séparé.

mars-avril 1930 : Gandhi organise la marche du sel. Il est arrêté le 4 mai.

mars 1931 : L’accord Gandhi-Irwin (qui représente le gouvernement travailliste au pouvoir depuis 1929) met fin à la campagne de désobéissance civile mais les conférences de la Table Ronde réunies à Londres aboutissent à des échecs du fait du refus des musulmans d’accepter le principe majoritaire.

1930-1931 : Premier mouvement de désobéissance civile, relayé par un second mouvement analogue en 1932-1933.

1935 : Vote du Government of India Act. Il concède une large autonomie aux assemblées locales mais n’accorde pas aux Indiens ce qui l’a été aux dominions du Canada ou d’Australie. La constitution ne fut que partiellement appliquée mais permit cependant la formation de gouvernements provinciaux. Aucune des grandes forces nationales n’était cependant satisfaite. La Ligue musulmane craignait toujours l’application du principe majoritaire. Le Congrès n’avait pas obtenu l’indépendance complète et se voyait imposer un système dans lequel les élus du peuple devaient partager la représentation avec des délégués nommés par les princes. Ceux-ci avaient enfin tout à craindre à terme d’une évolution transférant progressivement le pouvoir au peuple et ne pouvaient s’empêcher de constater que le système colonial leur laissait une très large autonomie et leur permettait de maintenir leurs privilèges.

1937 : Formation de gouvernements provinciaux issus du parti du Congrès.

1939-1940 : Avec le début de la guerre, le Congrès prend clairement position en faveur du camp des démocraties et condamne le racisme hitlérien mais il refuse que l’Inde soit entraînée dans la guerre sans son consentement. La revendication d’un gouvernement national est rejetée par les Anglais, au prétexte que cette question ne peut qu’aviver l’opposition entre musulmans et hindous et la question est renvoyée au lendemain de la guerre (comme celle du Home Rule irlandais en 1914). En octobre-novembre 1939, les ministres du Congrès qui étaient en fonctions dans les gouvernements provinciaux donnent leur démission pour protester contre le fait que les buts de guerre formulés par les Britanniques n’incluent pas la condamnation de toute forme « d’impérialisme ». La rupture entre le Congrès et les Britanniques est alors consommée mais Gandhi, fidèle à ses principes, recommande de s’opposer pacifiquement à l’effort de guerre en décourageant les volontaires de s’engager dans l’armée et les ouvriers de s’embaucher dans les fabriques de munitions.

1940 : La Ligue musulmane adopte une résolution à propos de la création du Pakistan, un État réservé aux musulmans qui, minoritaires dans l’Inde devenue indépendante, risquaient de se retrouver à la merci de la volonté de la majorité hindoue. On imagine alors la création du « Pakistan », un néologisme formé avec les initiales de Pandjab, Afghan Province (province du Nord-Ouest), Kashmir, Sindh et avec la syllabe terminale de Baloutchistan. Ce vocable désigne également « le pays des Purs » car le mot pak signifie « pur » en langue urdue. C’est Mohammed Ali Jinnah qui prend alors la direction de la Ligue musulmane et devient de ce fait le porte-parole de ses revendications, l’interlocuteur des Anglais et des dirigeants du Congrès.

mars-avril 1942 : Devant l’urgence de la situation – les Japonais atteignent alors la Birmanie et ont réussi une spectaculaire Blitzkrieg dans tout le sud-est asiatique – Sir Stafford Cripps est envoyé en Inde pour proposer au Congrès l’octroi du statut de dominion… après la guerre. Proposition rejetée par la Ligue musulmane et par le Congrès dont la figure emblématique, Gandhi, déclare alors qu’il s’agit « d’un chèque post-daté sur une banque en faillite ».

1942 : Développement du Quit India Movement. Le 9 août, tous les dirigeants du Congrès sont arrêtés. La fin de 1942 voit se développer une violente répression, qui fait près d’un millier de victimes et envoie en prison 60 000 opposants.

1943 : Grande famine du Bengale, consécutive à une grande sécheresse et à l’occupation japonaise de la Birmanie qui exportait traditionnellement vers l’Inde une partie de sa récolte de riz. Cette famine fit deux millions de victimes.

1943 : Le nationaliste Chandra Bose, en s’appuyant sur les Japonais, forme à Singapour un « gouvernement de l’Inde libre » et constitue une armée à partir des soldats indiens de l’armée anglaise faits prisonniers par les Japonais, qui combattent désormais à leurs côtés en Birmanie. La défaite nippone scelle l’échec de cette tentative et Bose meurt à Formose en 1945, à la suite d’un accident d’avion. Malgré les efforts des différentes oppositions, les Anglais purent bénéficier pleinement des ressources de l’Inde pour soutenir leur effort de guerre – 2 500 000 hommes furent mobilisés, 8 000 000 remplirent des tâches auxiliaires et 5 000 000 furent employés dans les industries de guerre.

1944 : Libéré, Gandhi ne peut trouver un terrain d’entente avec Jinnah, qui veut ajouter au Pakistan le Bengale oriental et l’Assam.

été 1945 : La victoire des travaillistes aux élections britanniques modifie la donne pour ce qui concerne l’Inde car Clément Atlee et ses amis ne sont plus disposés à faire supporter à l’Angleterre le « fardeau de l’homme blanc » cher à Kipling et des négociations sont rapidement engagées pour faire évoluer le statut du pays. Le désaccord opposant toujours le Congrès et la Ligue musulmane va cependant retarder encore pour deux ans l’indépendance du pays.

1945-1946 : Élections et émeutes intercommunautaires opposant hindouistes et musulmans. En août 1946, les affrontements de Calcutta font des milliers de victimes. L’agitation gagne ensuite le Bihar et le Bengale, en même temps que les régions du nord-ouest où elle prend de l’ampleur en février 1947.

mars 1947 : Entrée en fonction du nouveau vice-roi, Lord Mountbatten. Il annonce le 3 juin la décision britannique de permettre la sécession des provinces à majorité musulmane.

3 juillet 1947 : Le Parlement britannique vote l’Indian Independance Act, qui prévoit le transfert de la souveraineté au gouvernement indien dans la nuit du 14 au 15 août 1947.

15 août 1947 : Proclamation de l’indépendance et séparation de l’Inde et du Pakistan, marquée par de nombreux massacres et le déplacement, dans les deux sens, de près de quinze millions de personnes.

 

15 août 1947 : Indépendance du Pakistan et de l’Inde, dont Nehru devient le Premier ministre.

octobre 1947 : Adhésion conditionnelle à l’Union indienne de l’État du Jammu-Cachemire, en réaction contre l’irruption de tribus musulmanes pathanes venues de la province pakistanaise de la frontière du Nord-Ouest. L’adhésion de cet État à la nouvelle Union indienne, alors que son maharadjah est hindou, pose cependant un problème car la majorité de la population locale est musulmane.

30 janvier 1948 : Assassinat de Gandhi.

septembre 1948 : L’Union indienne annexe l’État de Hyderabad dont le prince est musulman mais dont la majeure partie de la population est hindoue.

1er janvier 1949 : Le cessez-le-feu intervenu au Cachemire ne règle pas pour autant la querelle indo-pakistanaise à propos de cet État.

26 janvier 1950 : Proclamation de la République et entrée en vigueur de la constitution inspirée par le parti du Congrès.

1951 : Début de la mise en œuvre du premier plan quinquennal.

octobre 1951-février 1952 : Premières élections générales dans l’ensemble de l’Union.

1953 : Création de l’État d’Andhra.

1954 : L’application de la constitution indienne est étendue à l’État du Jammu-Cachemire, malgré les protestations du Pakistan.

janvier 1955 : Le parti du Congrès affirme que la planification économique indienne a pour objectif l’établissement d’une société socialiste.

15 au 15 avril 1955 : À travers la présence et le rôle de son premier ministre Nehru, l’Inde prend une part active au succès et au retentissement international de la conférence afro-asiatique qui, réunie à Bandoung en Indonésie, apparaît comme l’acte de naissance du « tiers-monde ».

1956 : Lancement du deuxième plan quinquennal. Redécoupage de nombreux États de l’Union en fonction de critères historiques et linguistiques.

février-juin 1957 : Deuxièmes élections générales.

janvier 1959 : Le parti du Congrès adopte une résolution favorable au développement d’un système de coopératives agricoles.

mars 1959 : Le dalaï-lama fuit le Tibet occupé par les Chinois et trouve refuge en Inde.

1960 : Formation des États du Maharashstra et du Gudjerat.

1961 : Les Indiens s’emparent de Goa la dernière possession portugaise en Inde.

février-juin 1962 : Élections générales.

20 octobre – 22 novembre 1962 : Guerre sino-indienne sur la frontière himalayenne. Elle se conclut sur une victoire complète des Chinois.

avril 1964 : Scission du parti communiste indien. Elle s’inscrit dans le contexte de la rupture en cours entre Moscou et Pékin.

27 mai 1964 : Mort de Jawaharhal Nehru. Lal Bahadur Shastri lui succède dans les fonctions de Premier ministre le 2 juin.

août 1965 : Début des hostilités entre l’Inde et le Pakistan après des incursions armées pakistanaises en Jammu-Cachemire.

22 septembre 1965 : L’intervention des puissances et du Conseil de Sécurité de l’ONU permet d’aboutir à un cessez-le-feu.

10 janvier 1966 : Ouverture de la conférence de Tachkent où, avec les bons offices du médiateur soviétique (Leonid Brejnev et Alexei Kossyguine) l’Inde et le Pakistan se retrouvent pour élaborer un accord de compromis. Le 11 janvier, le Premier ministre indien, Lai Bahadur Shastri, meurt subitement. C’est Indira Gandhi (fille de Nerhu mais sans lien de parenté avec le Mahatma) qui lui succède le 24 janvier.

1967 : Quatrièmes élections générales.

1968 : Début de la mise en œuvre de la « révolution verte » qui doit permettre d’augmenter de manière rapide et spectaculaire la productivité agricole. Grâce à elle, l’Inde va conjurer le spectre de la famine à laquelle la promettaient de nombreux experts affolés par sa croissance démographique au tournant des années soixante.

1969 : Apparition d’un nouveau parti communiste « marxiste-léniniste ». Scission au sein du parti du Congrès.

mars 1971 : Cinquièmes élections générales.

25 mars 1971 : L’armée pakistanaise entreprend une répression féroce du mouvement de résistance civile lancé au Pakistan oriental où, à la suite d’un cyclone dévastateur accompagné d’inondations catastrophiques, la population a vu l’aide internationale détournée au profit du Pakistan occidental qui gérait sur un mode colonial la partie orientale de son territoire. Cette répression entraîne un afflux massif de réfugiés au Bengale indien.

9 août 1971 : Signature d’un traité d’amitié et de coopération indo-soviétique. On voit alors s’établir face au Pakistan et à la Chine un axe Moscou-Delhi qui ne signifie en rien que l’Inde se rallie au modèle soviétique mais correspond à une alliance de revers de type tout à fait classique inscrite dans les intérêts géopolitiques des deux États.

décembre 1971 : Abolition des pensions et des privilèges des princes.

3 décembre 1971 : L’armée pakistanaise déclenche l’offensive sur la frontière occidentale de l’Inde et l’armée indienne entame son intervention au Pakistan oriental. Remarquablement conduite, elle aboutit rapidement à la capitulation des forces pakistanaises et à la proclamation, le 16 décembre, de l’indépendance du Bengla Desh, l’Inde se voyant ainsi libérée de la situation d’encerclement dont elle s’estimait menacée au profit de son adversaire régional pakistanais.

3 juillet 1972 : L’accord conclu à Simla entre l’Inde et le Pakistan (entre Indira Gandhi et Ali Bhutto) conclut la troisième guerre indo-pakistanaise (après celles de 1947-1949 et 1965) et rétablit la paix entre les deux pays.

16 mai 1974 : Dix ans après la Chine, l’Inde réalise pour la première fois une explosion nucléaire qui la fait entrer dans le club des « grandes puissances » même si elle affirme alors qu’elle ne compte pas développer dans l’immédiat un système d’armements nucléaires opérationnels.

mai 1975 : Le Sikkim devient le vingt-deuxième État de l’Union indienne.

12 juin 1975 : L’élection d’Indira Gandhi est invalidée par la Haute Cour d’Allahabad. Le pouvoir réagit en faisant arrêter les principaux dirigeants de l’opposition et en proclamant l’état d’urgence.

16 janvier 1977 : Indira Gandhi annonce la tenue d’élections générales qu’elle va perdre et dissout la Chambre deux jours plus tard.

16 au 16 mars : Élections générales. L’état d’urgence est révoqué le 21.

24 mars 1977 : Morarji Desai devient Premier ministre.

avril 1977 : Formation du Janata Party, parti nationaliste hindou opposé au Parti du Congrès qui se voulait progressiste et laïque.

novembre 1978 : Indira Gandhi retrouve son siège de député.

juillet 1979 : Chute du gouvernement Desai à la suite d’une scission du Janata Party. Formation du gouvernement Charan Singh.

août 1979 : Dissolution de la Chambre.

janvier 1980 : Lancement du sixième plan quinquennal et élections générales qui voient la revanche du parti du Congrès.

14 janvier 1980 : Indira Gandhi redevient Premier ministre.

mai 1980 : Nouvelle scission du Janata Party qui entraîne la naissance du Bharatiya Janata Party (BJP).

novembre 1981 : Octroi d’un prêt très important du FMI à l’Inde.

février 1983 : Massacres en Assam à l’occasion des élections locales. Les autochtones réagissent contre l’immigration massive de populations originaires du Bengale et d’autres États de l’est de l’Inde.

5 juin 1984 : L’armée indienne investit le Temple d’Or d’Amritsar, le plus prestigieux sanctuaire des Sikhs, lors de l’opération « Blue Star ». De nombreux nationalistes sikhs et leurs leaders sont tués.

31 octobre 1984 : Indira Gandhi est assassinée par deux de ses gardes du corps sikhs. Ce meurtre déchaîne dans le pays une vague de violences tournées contre la minorité sikh.

1er novembre 1984 : Rajiv Gandhi devient Premier ministre.

décembre 1984 : Huitièmes élections générales.

1985 : Rajiv Gandhi aboutit à un compromis avec la minorité sikh qui, représentée par le parti Akali Dal, modère ses aspirations indépendantistes.

décembre 1985 : Création de la South Asian Association for Regional Cooperation dont l’Inde apparaît comme l’animateur principal.

février 1987 : Mizoram et Anurachal Pradesh deviennent les vingt-troisième et vingt-quatrième États de l’Union indienne. C’est le tour de Goa en mai (25e État).

29 juillet 1987 : Accord entre l’Inde et le Sri Lanka pour l’envoi de l’Indian Peace Keeping Force dans le nord de l’île où le gouvernement sri-lankais est confronté à la sécession tamoule.

décembre 1988 : Voyage officiel de Rajiv Gandhi en Chine. Rapprochement des deux géants asiatiques, opposés depuis la guerre de 1962.

novembre 1989 : Neuvièmes élections générales. V.P. Singh devient Premier ministre en décembre.

janvier 1990 : Le gouvernement impose un régime d’exception au Jammu-Cachemire.

novembre 1990 : Privé du soutien du BJP, V.P. Singh est remplacé par Chandra Shekar au poste de Premier ministre mais le gouvernement de celui-ci est renversé au mois de mars suivant.

mai juin 1991 : Onzièmes élections générales.

21 mai 1991 Assassinat de Rajiv Gandhi par une kamikaze issue du mouvement des Tigres tamouls qui s’estimaient « trahis » par l’Inde.

21 juin 1991 : P.V. Narasimha Rao devient Premier ministre et présente en juillet au Parlement un programme économique d’orientation nettement plus libérale. L’Inde, comme beaucoup d’autres pays, tire les conséquences de l’effondrement du modèle de développement « socialiste » et, après avoir fait le choix du développement planifié et autocentré, fait celui d’une politique d’ouverture et d’insertion progressive dans le marché mondial.

29 janvier 1992 : L’Inde et Israël établissent des relations diplomatiques complètes, un rapprochement qui s’explique par l’antagonisme indo-pakistanais. Les bonnes relations avec la nouvelle Russie sont par ailleurs confirmées par un traité d’amitié conclu deux mois plus tard et renouvelé en janvier 1993.

6 décembre 1992 : Démolition de la mosquée d’Ayodhya édifiée sur un lieu saint de l’hindouisme. Elle marque le début de violents affrontements entre hindous et une minorité musulmane qui représente 10 % de la population – ce qui suffit à faire de l’Inde le quatrième pays musulman du monde, après l’Indonésie, le Pakistan et le Bengla Desh.

2 mars 1993 : Un attentat fait de nombreuses victimes à Bombay, l’un des principaux foyers du nationalisme hindou, en riposte aux émeutes antimusulmanes du mois de décembre précédent.

décembre 1994 : Conclusion d’un accord de coopération militaire entre l’Inde et la Russie.

janvier-mars 1996 : Le gouvernement de Natasimha Rao est éclaboussé par une affaire de corruption qui conduit sept ministres à la démission.

8 mai 1996 : Les élections se concluent sur une déroute pour le parti du Congrès. Le BJP devient la première formation politique du pays, avec 192 députés alors que le Congrès n’en retrouve que 142 sur les 545 que compte le Parlement. Le 26 mai, c’est le leader du BJP, Atal Behari Vajpayee, qui devient Premier ministre mais il démissionne treize jours plus tard. Il est remplacé par Dewe Gauda.

14 août 1996 : Avec le Pakistan et l’Iran, l’Inde bloque la conférence de Genève sur le désarmement nucléaire.

20 avril 1997 : Indra Kumar Gujral devient Premier ministre, à la tête d’une coalition parlementaire de centre-gauche.

13 septembre 1997 : L’Inde fait des obsèques solennelles à Mère Teresa qui a consacré sa vie aux populations misérables de Calcutta.

15 mars 1998 : À l’issue de nouvelles élections, Atal Behari Vajpayee, le leader du BJP, redevient Premier ministre. Devenu le leader du parti du Congrès, la veuve de Rajiv Gandhi, Sonia, qui est d’origine italienne, n’a pu empêcher la victoire des nationalistes hindous qui ne disposent cependant pas de la majorité absolue et vont devoir chercher des alliés.

11 mai 1998 : L’Inde procède à trois essais nucléaires dans le désert du Rajasthan. Deux essais supplémentaires sont réalisés deux jours plus tard. Le 5 mai, le gouvernement indien rejette les protestations des cinq puissances nucléaires « officielles », membres permanents du Conseil de sécurité. Il le fait d’autant mieux que le Pakistan a procédé lui aussi à des essais nucléaires.

11 avril 1999 : L’Inde expérimente le missile Agni II capable de transporter une charge nucléaire. Le Pakistan riposte trois jours plus tard en expérimentant le Ghauri II.

25 avril 1999 : Après la chute du gouvernement intervenue une semaine plus tôt, Sonia Gandhi renonce à sa tentative d’en constituer un autre. Le Parlement est dissous, ce qui entraîne de nouvelles élections, les troisièmes en trois ans.

mai 1999 : Malgré la visite du chef du gouvernement indien à Lahore, les incidents se multiplient ensuite avec le Pakistan, sur la frontière du Cachemire. La confrontation se poursuit à plus de 5 000 m d’altitude dans la région disputée du glacier de Kargil. La médiation du président américain Bill Clinton permet d’aboutir à une trêve le 16 juillet. Le 10 août, les Indiens abattent un Bréguet Atlantic pakistanais accusé d’avoir violé l’espace aérien indien. Des Mig indiens échappent de peu à un missile sol-air pakistanais le lendemain. Cette crise a montré que les États-Unis avaient entamé un renversement d’alliances, décidés qu’ils sont désormais à jouer l’Inde contre la Chine, avant même que le Pakistan islamiste ne devienne l’État « suspect » que l’on sait après les attentats de septembre 2001.

15 août 1999 : Naissance du milliardième Indien.

8 octobre 1999 : Les élections générales voient la victoire des nationalistes et l’échec complet du parti du Congrès conduit par Sonia Gandhi.

12 octobre 1999 : Un coup d’État militaire renverse le premier ministre Nawaz Sharif au Pakistan et porte au pouvoir le général Pervez Musharraf.

mars 2000 : En voyage en Inde, Bill Clinton encourage ses interlocuteurs à renoncer aux essais nucléaires avant d’en faire autant au Pakistan voisin.

août 2000 : Regain de tension au Cachemire où plusieurs massacres sont perpétrés par les musulmans radicaux au moment où l’Inde s’apprêtait à établir un compromis avec des séparatistes modérés.

26 janvier 2001 : Un terrible tremblement de terre fait 15 000 morts et 35 000 blessés dans l’État du Gudjerat.

14 au 14 juillet 2001 : Rencontre Vaijpayee-Musharraf à Agra pour régler la question du Cachemire. Elle se conclut sur un échec. L’Inde entend limiter le débat à la question du terrorisme et le Pakistan exigeant « l’autodétermination » pour la population du Cachemire.

13 décembre 2001 : Après l’attentat perpétré contre le Parlement de Srinagar en octobre, un commando islamiste attaque le Parlement de New Delhi et fait treize morts.

février 2002 : Affrontements entre hindous et musulmans dans le nord-ouest du pays après l’incendie d’un train transportant des activistes hindous. La construction d’un temple hindou sur le site d’une mosquée détruite ravive les tensions le mois suivant.

mai 2002 : Regain de tensions au Cachemire indien. Deux essais nucléaires pakistanais et la mise en état d’alerte des troupes indiennes au Cachemire ne font que l’aggraver. La Russie intervient pour tenter une médiation entre les deux pays mais les attentats se poursuivent de plus belle au Cachemire.

septembre 2002 : L’Inde place en orbite son premier satellite météorologique.

décembre 2002 : Le BJP remporte les élections dans l’État du Gudjerat et bénéficie des tensions indo-pakistanaises.

 
 
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