Logo Clio
Service voyages
Service voyages


Vers l’Europe

Fin 1988 : Miklos Németh devient Premier ministre.

1988-1989 : Polémique entre Grosz et son rival Pozsqay autour des « événements » de 1956. Elle suscite la multiplication des débats contradictoires au sein du Parti. Parallèlement, développement des discours discordants des intellectuels opposants et des voix de la dissidence, mêlant ministres en disgrâce et écrivains. Le développement de la critique de l’ordre établi pèse sur la décision des instances dirigeantes de réformer les institutions et d’assouplir le régime.

2 mai 1989 : Le gouvernement décide d’ouvrir le rideau de fer entre Autriche et Hongrie.

Mai 1989 : Tournée de Tamas Beck, ministre de l’Economie, en Occident. Il déclare : « Nous avons besoin de cinq milliards de dollars d’investissements étrangers. » La dette extérieure atteint alors 17, 2 milliards de dollars. Il lance des appels d’offre pour cinquante-deux entreprises à vendre et pour le remplacement de 1200 kilomètres de voies ferrées vétustes.

13 juin 1989 : Ouverture des négociations entre le Parti et l’opposition.

16 juin 1989 : Funérailles nationales d’Imre Nagy, organisées par le « comité pour la Justice historique ».

6 juillet 1989 : Réhabilitation juridique d’Imre Nagy. Le jour même, mort de Janos Kadar.

Septembre 1989 : Passage de 70 000 Allemands de l’Est vers l’Ouest par la frontière hongroise.

7 octobre 1989 : Le Parti socialiste ouvrier hongrois change de nom, devient Parti socialiste hongrois, et abandonne toute référence au communisme. Il est dirigé par Tezsö Nyers, ancien membre du parti social-démocrate d’avant 1948.

11 octobre 1989 : Imre Pozsqay déclare au Figaro : « Le bilan du communisme est négatif. C’était une impasse. Il a créé la propriété bureaucratique et tué l’initiative individuelle. La passivité est devenue le comportement dominant. » Par-delà cette analyse, il tente de mener à bien sa reconversion politique d’ex-communiste et se met sur les rangs pour présider la nouvelle République hongroise en gestation.

19 octobre 1989 : Instauration officielle du pluripartisme politique.

23 octobre 1989 : Proclamation de la République de Hongrie (plus socialiste ni populaire), quelques jours avant la chute du mur de Berlin. Ce 23 octobre est également le jour anniversaire du soulèvement de 1956. Des manifestants brandissent des portraits d’Imre Nagy tandis que d’autres font flotter le drapeau du pays sur lequel la couronne de saint Etienne a remplacé les insignes communistes.

Jusqu’au printemps, le gouvernement Nemeth expédie les affaires courantes en attendant la tenue des premières élections libres organisées depuis 45 ans.


25 mars-8 avril 1990 : Premières élections libres, victoire de Demokrata Fórum (Forum démocratique), et mise en place d’un gouvernement de centre-droit, sous la direction de József Antall auquel se sont ralliés les démocrates-chrétiens, et le Parti des petits propriétaires. Arpad Göncz devient président de la République.

Mai 1991 : Départ des dernières troupes soviétiques stationnées sur le sol hongrois.

Septembre 1993 : Inhumation de l’amiral Horthy, mort en exil au Portugal en 1957, dans sa ville natale de Kenderes. L’événement suscite une polémique entre le gouvernement et l’opposition qui dénonce les affinités traditionalistes de la coalition au pouvoir.

1994 : Le parti socialiste (ex-communiste) remporte les élections législatives. Formation du gouvernement de Gyula Horn allié à la Ligue des démocrates libres (centre-gauche).


1996 : Célébrations du onzième centenaire de la conquête du pays.

1998 : Victoire d’un parti de droite, le Fidesz (Fédération des jeunes démocrates, menée par
Viktor Orbán) aux élections. Le vainqueur forme un gouvernement de coalition nationale-libérale au sein duquel prend place le Parti des petits propriétaires. Début d’une alternance devenue presque systématique.

1999 : La Hongrie entre dans l’OTAN.

2002 : Victoire électorale du parti socialiste, Péter Medgyessy devient Premier ministre.

1er mai 2004 : La Hongrie entre dans l’Union européenne.

Mai 2006 : La coalition de centre-gauche, socialo-libérale menée Ferenc Gyurcsany a été reconduite au pouvoir sur un programme promettant des baisses d’impôts.

Septembre 2006 : Scandale politique. Une déclaration de Gyurcsany, enregistrée à son insu, est diffusée par tous les médias. Le Premier ministre, ancien espoir du parti communiste, converti au capitalisme dont il tire un colossal enrichissement personnel, a su faire main basse sur le parti socialiste. Connu pour son franc-parler, il dénonce, dans ce document qui n’avait pas vocation à être divulgué, les mensonges dans lesquels sa formation s’est enferrée, alors que la mise en place d’un programme d’austérité est nécessaire. Il reconnaît publiquement avoir tenu de tels propos, ce qui suscite des manifestations de grande ampleur, à la tête desquelles se trouve une nouvelle formation de droite nationale, le Parti des soixante-quatre comtés dont le nom fait référence à la Hongrie d’avant Trianon. Par ces démonstrations, le peuple hongrois fait montre de sa grande conscience politique, et prouve aussi que son aptitude au soulèvement est demeuré intacte à travers l’histoire. Gyurcsany demande que l’ordre soit rétabli à tout prix, tandis que s’enchaînent deux nuits d’émeutes, démontrant la capacité du peuple hongrois à se soulever. La répression fait des centaines de blessés. L’ordre règne de nouveau à Budapest, mais l’hypothèque économique (6 % d’inflation, une dette atteignant 60 % du PIB et un déficit de l’ordre de 10 % de ce même produit intérieur) pèse lourdement sur l’étape suivante du processus d’intégration européenne, le passage à l’Euro, prévu en 2010.

La Hongrie peut s’enorgueillir de onze siècles d’Histoire au cœur de la Mittel Europa danubienne. En dépit d’une crainte qui a perduré au fil des siècles, elle n’a pas disparu. Placée sur la route de nombreux envahisseurs venus d’Orient, ce dernier rempart de la chrétienté, ce poste avancé de l’Occident, n’a pu faire face avec succès à tous les assauts qu’il a subis, mais le peuple hongrois a su se battre pour défendre ses libertés, son identité et son indépendance. Il en retire aujourd’hui une légitime fierté et une forte conscience nationale, fondée sur la longue mémoire des gloires et des épreuves qui furent les siennes. Les invasions qu’il a connues et les occupations qu’il a endurées ont compromis le développement de ce pays qui fut une des grandes puissances de l’Europe médiévale. La Hongrie a cependant su faire preuve – quand les circonstances extérieures se sont révélées favorables et quand les conditions de la stabilité politique ont pu être réunies – d’un remarquable dynamisme économique et d’une grande capacité d’adaptation à la modernité, autant d’éléments qui contribuent à sa réussite actuelle, sans doute facilitée par les particularités d’un « modèle hongrois » dans lequel la collectivisation n’avait pas eu entièrement raison de l’initiative privée.
Maîtresse d’un vaste espace, La Hongrie s’est trouvée cruellement démembrée à l’issue de la grande catastrophe que fut la guerre de 1914-1918, mais a su s’adapter aujourd’hui à son nouveau cadre territorial. Première à ouvrir ses frontières à l’heure où s’est lézardé le glacis des démocraties populaires, elle fut alors le point de l’ouverture vers l’Occident, se retrouvant ainsi aux avant-postes de la liberté recouvrée par une moitié de l’Europe. C’est tout naturellement que, comme naguère, elle s’est tournée vers l’Ouest, et notamment vers l’Autriche à laquelle son destin fut si longtemps intimement lié, avant de s’intégrer à l’Union européenne.
Page précédente 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter