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La Hongrie sous domination soviétique

1945-1956 : Les débuts de la domination soviétique.
Après la signature de l’armistice, la Hongrie est administrée par une commission de contrôle alliée au sein de laquelle les responsabilités sont quadripartites. En réalité, l’URSS, représentée par le maréchal Vorochilov, joue un rôle prépondérant dans le pays, du fait de sa position de puissance occupante. Elle exerce un fort ascendant sur le gouvernement provisoire, puis sur le cabinet issu de la consultation de novembre 1945, au sein duquel les communistes jouent un rôle sans commune mesure avec leurs médiocres résultats électoraux. Pour autant, et à la différence des autres pays de la zone d’occupation soviétique, la démocratie populaire n’est pas brutalement imposée, mais lentement instillée au sein de l’appareil d’Etat, de 1946 à 1948, suivant un rythme voulu par Moscou, qui dispose de la force armée et d’une police politique comme régulateur des événements. Au cours de ces deux années, l’on assiste à un noyautage des institutions politiques. Pour les communistes, cette technique, dite « du salami », consiste à diviser et à absorber les formations politiques avec lesquelles le Parti s’est allié en ne laissant au pouvoir que des hommes acquis au socialisme soviétique. Ils peuvent compter avec l’organisation de faux complots, avec l’efficacité de la police politique AVO puis AVH. S’ensuivent des arrestations et, dans un autre domaine, le début de collectivisation de l’économie, accentuée au début des années cinquante. A la tête de cette entreprise de mainmise progressive se trouve Mathyas Rakosi, agent docile et zélé des volontés staliniennes. Contesté à la mort du maître du Kremlin, il parvient toutefois à maintenir son influence sur le Parti jusqu’en 1956.

Septembre 1945 : Ratification, en session au Parlement de Budapest, de toutes les mesures prises par le gouvernement provisoire depuis décembre 1944.

15 novembre 1945 : Elections générales. Le parti des petits propriétaires sort grand vainqueur de la consultation, avec 57 % des voix. Le parti social démocrate avec 17.4 % devance d’une poignée de suffrages les communistes qui en rassemblent 17 %. Un nouveau gouvernement présidé par Zoltan Tildy, chef de la formation gagnante, est constitué. Vorochilov exige et obtient la formation d’une coalition, au sein de laquelle les communistes acquièrent quatre des dix-huit portefeuilles ministériels.

6 décembre 1945 : Adoption à l’unanimité de l’Assemblée nationale, sur une proposition du parti communiste, du projet de nationalisation des usines.

1er février 1946 : Proclamation de la République hongroise. Zoltan Tildy devient chef de l’Etat. Trois jours plus tard, Ferenc Nagy prend la tête du gouvernement.

5 mars 1946 : Constitution du Bloc des gauches, comprenant le parti communiste, le parti social-démocrate, le conseil des syndicats et le Parti paysan national hongrois. Le parti communiste s’assure une mainmise sur ce conglomérat de circonstance. Deux jours plus tard, le bloc démontre sa puissance en organisant une manifestation de 400 000 personnes, rassemblées sur la place des Héros.

12 mars 1946 : Exécution de Szalasi et de plusieurs membres de son gouvernement.

Juin 1946 : Une délégation du gouvernement hongrois se rend à Washington, puis à Londres et à Paris.

1er août 1946 : Lancement du forint, monnaie stabilisée qui remplace l’ancien pengö.

Septembre-octobre 1946 : Congrès du parti communiste.

22 novembre 1946 : Décret portant sur la nationalisation des industries sidérurgiques.

1947 : Signature de la paix de Paris. La Hongrie réintègre les frontières définies par le traité de Trianon.

Février 1947 : Arrestation de Bela Kovacs, secrétaire général du Parti des petits propriétaires, accusé d’espionnage au détriment de l’Union soviétique, où il est déporté. L’affaire est montée en épingle par la propagande communiste qui s’efforce de discréditer le Parti des petits propriétaires avant de pousser à sa dissolution.

28 mai 1947 : Les grandes banques passent sous le contrôle de l’Etat.

30 mai 1947 : Compromis dans un pseudo-complot anti-républicain, Férenc Nagy démissionne au cours d’un voyage en Suisse. La direction du gouvernement est assurée par Lajos Dinynyes.

1er juillet 1947 : Adoption par le Parlement du plan triennal.

29 novembre 1947 : Nationalisation du secteur bancaire.

8 décembre 1947 : Signature d’un traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle avec la Yougoslavie. Un traité analogue est signé avec la Roumanie au mois de janvier, avec l’URSS en février. Le rattachement de la Hongrie au bloc de l’Est se poursuit dans les mois suivants par la signature de traités similaires avec la Pologne en juin, puis avec la Bulgarie en juillet et, enfin, avec la Tchécoslovaquie en avril 1949.

6 février 1948 : Nationalisation des activités minières et des industries du secteur métallurgique.

25 mars 1948 : Nationalisation des entreprises industrielles comptant plus de cent ouvriers.

12 juin 1948 : L’entreprise de noyautage par le parti communiste aboutit à la fusion de ce dernier avec le parti social-démocrate au sein d’une instance unique appelée Parti des Travailleurs hongrois. Il tient son premier congrès deux jours plus tard. La démocratie populaire, qui n’a pas jusqu’alors révélé son nom, s’installe dans ses meubles, qui sont également ceux de la dictature du prolétariat.

16 juin 1948 : Nationalisation des écoles ecclésiastiques.

1948-1953 : Guerre sociale livrée à la noblesse en tant que classe. Ses membres sont spoliés de leurs biens, déplacés, réduits aux emplois les plus subalternes, déclassés.

18 décembre 1948 : Adoption du décret portant sur la création de coopératives agricoles de production.

Février 1949 : Procès du cardinal primat Mindszenty, condamné à la prison à perpétuité en raison de menées hostiles à la démocratie populaire. Dans le sillage de ce procès, 225 prêtres sont arrêtés et condamnés.

15 mai 1949 : Le front populaire rassemblant le parti communiste et le parti social-démocrate phagocyté obtient 96,4 % des voix aux élections générales.

19 juin 1949 : Laslo Rajk, ministre de l’Intérieur est arrêté. Lui et d’autres communistes sont poursuivis en justice puis exécutés, sur ordre de Matyas Rakosi, premier secrétaire inféodé à Moscou. L’un des tortionnaires de Rajk est son ami Janos Kadar. L’opinion hongroise assiste en spectatrice à ce procès et à d’autres, de plus ou moins grand retentissement. Entre 1948 et 1953, la machine judiciaire de la démocratie populaire hongroise produit 695 000 peines, allant de l’amende à la peine capitale.

Décembre 1949 : Le plan quinquennal est promulgué.

28 décembre 1949 : Décret du Conseil présidentiel, ayant force de loi, portant sur la nationalisation des entreprises employant plus de dix ouvriers, et des entreprises appartenant à des capitalistes étrangers.

30 août 1950 : Accord entre le gouvernement et le corps épiscopal. Les évêques prêtent serment sur la constitution l’année suivante. Grâce à ce compromis de type concordataire, l’Eglise parvient à conserver la direction d’une quinzaine de lycées. Dans l'ombre, elle encourage la résistance passive au régime.

27-28 juin 1953 : Session de la direction centrale du Parti des Travailleurs hongrois. Sous l’influence de Moscou qui souhaite imprimer un nouveau cours à la trajectoire politique de ses satellites, les méthodes de Rakosi sont mises en accusation. Une nouvelle ligne est adoptée et la direction du gouvernement est assurée par Imre Nagy qui tente d’emprunter la voie d’un « socialisme à visage humain », tout en appliquant les ordres du Kremlin qui consistent en la mise en place d’une politique industrielle davantage tournée vers les biens de consommation. S’y ajoute la mise en place d’une ligne moins dure à l’égard du monde paysan. Pour autant, Rakosi et ses partisans, qui n’ont pas été exclus du Parti, ne désarment pas.

4 juillet 1953 : Nagy présente son programme de gouvernement et son ministère, qui ne compte plus de staliniens adeptes de la ligne dure du Parti. Son discours, diffusé à la radio, fait forte impression sur les Hongrois, d’autant plus que les libérations de camp annoncées sont effectives, et que les autorisations de dissolution de kolkhozes promises sont accordées.

14 avril 1955 : Session de la direction centrale du Parti des Travailleurs hongrois. Imré Nagy est exclu du comité politique, de la direction centrale du Parti et relevé de toutes ses fonctions. Le souvenir de son expérience est au cœur de la contestation qui se développe au sein d’une association d’étudiants, le cercle Pétöfi, et dans l’Union des écrivains. Retour de Rakosi aux affaires, avec les mêmes méthodes qu’en 1948-1953.

Mai 1955 : Conclusion du pacte de Varsovie, qui se veut une réponse au réarmement de l’Allemagne de l’Ouest au sein de l’OTAN.

14 décembre 1955 : La Hongrie est admise à l’ONU.

Juillet 1956 : Session de la direction centrale du Parti des travailleurs hongrois. Rakosi est révoqué de son poste de premier secrétaire du Parti. Cette décision intervient dans le sillage du XXe congrès du PCUS après l’intervention de Mikoïan, venu à Budapest pour infléchir la ligne du Parti. Nagy se voit restituer sa carte, mais Ernö Gerö, nouveau maître du pouvoir, ne s’engage pas clairement sur la voie du réformisme en dépit de gestes symboliques, comme l’élargissement relatif de Mgr Mindszenty, placé en résidence surveillée.

6 octobre 1956 : Funérailles officielles de Laszlo Rajk. Elles suscitent un vaste élan populaire, même si l’homme ne l’était pas. Ces funérailles deviennent le symbole de la dénonciation des crimes de l’époque stalinienne. Le jour retenu est également un symbole, puisque Lajos Batthyani a été exécuté le 6 octobre 1849. Les références a 1848-1849 sont multipliées durant ce mois d’octobre 1956.

23 octobre - début novembre 1956 : A l’imitation de la Pologne qui affiche sa volonté de réforme, et à l’appel des intellectuels du cercle Petöfi, la population de Budapest se soulève et réclame le départ des troupes soviétiques ainsi que des élections libres. La grève générale s’étend à tout le pays. Le Premier secrétaire Ernö Gerö, cède la place au réformateur en demi-disgrâce Imre Nagy, qui réintègre l’appareil d’Etat puis prend la tête du gouvernement. D’abord réticent vis-à-vis de l’insurrection – son premier discours est une déception pour la foule en révolte – il finit, après quelques jours d’atermoiements, par rallier le mouvement qu’il ne qualifie plus, contrairement à ce qu’il a fait lors de sa première intervention, de contre-révolution. Il annonce la démocratisation du régime, le retrait de la Hongrie du pacte de Varsovie, et la liberté pour le cardinal Mindszenty. En rupture de ban avec le monde communiste, Nagy est isolé sur la scène internationale : les Etats-Unis ont fait savoir à l’URSS qu’ils ne prendront pas position et souhaitent le maintien du statu quo. Sans les Américains, Londres et Paris ne peuvent pas grand-chose et, d’ailleurs, les préoccupations de l’heure pour la France et pour la Grande-Bretagne sont tournées vers le canal de Suez. Les Chinois, tout d’abord favorables à Nagy, tournent casaque dès qu’il instaure le pluripartisme, et Tito leur emboîte le pas : une voix discordante au sein de la famille communiste pouvait être intéressante, mais la démocratisation de la vie politique est un danger pour Pékin, pour Belgrade et pour leurs régimes respectifs. Tito sera, par ailleurs, dans cette affaire, un allié efficace et empressé des Soviétiques.

23 octobre 1956 : Manifestation de 300 000 personnes dans les rues de Budapest. Les membres du cercle Petöfi invoquent leur figure tutélaire et présentent un programme qui se résume en :
• indépendance nationale ;
• retrait des forces russes ;
• tenue d’élections libres ;
• Imre Nagy aux affaires.

En fin de journée, Ernö Gerö prononce un discours qui est perçu comme une provocation. Les premiers affrontements entre la foule et les forces de l’ordre commencent dans la nuit et la statue de Staline est déboulonnée. Les dirigeants hongrois aux abois font appel aux forces soviétiques. Les blindés investissent Budapest où s’engagent des combats de rue. Venus sans infanterie, les chars soviétiques sont attaqués au cocktail Molotov

24 octobre 1956 : Imre Nagy est de nouveau Premier ministre, à la tête d’un cabinet à peine remanié.

25 octobre 1956 : Janos Kadar remplace Ernö Gerö à la tête du Parti.

28 octobre 1956 : Imre Nagy quitte le siège du Parti et s’installe au Parlement. Il doit composer avec les conseils ouvriers et comités nationaux qui se sont formés spontanément par tout le pays, multiplient les occupations d’usines et mettent en place une autogestion de l’outil de production. Au sein de ces comités et conseils, peu coordonnés entre eux, émergent des voix nettement anti-communistes. Nagy, enfin en phase avec le soulèvement, annonce le cessez-le-feu et la dissolution de la police politique. Il parle également de négociations en vue du retrait des troupes soviétiques. Mettant fin à l’hégémonie du Parti, il forme, en outre, un cabinet pluraliste intégrant Zoltan Tildy et Béla Kovacs, figures historiques du Parti des petits propriétaires.

30 octobre 1956 : Moscou multiplie les contacts afin de mettre un terme au soulèvement hongrois.

1er novembre 1956 : A la radio, Janos Kadar fait l’éloge de la liberté recouvrée par le peuple hongrois, puis disparaît. Il se rend, en grand secret, à l’ambassade d’URSS. L’ambassadeur est alors Youri Andropov. De son côté, Nagy annonce que la Hongrie devient neutre et quitte le pacte de Varsovie.

3 novembre 1956 : Les Russes se veulent rassurants et invitent le gouvernement hongrois à négocier les modalités du retrait des forces soviétiques. Au soir de cette journée, la délégation hongroise convoquée au quartier général soviétique dans les environs de Budapest est arrêtée par le K.G.B.

4 novembre 1956 : Mille chars soviétiques investissent Budapest et écrasent la révolte dans le sang. Après une dernière intervention à la radio, au cours de laquelle il fait l’éloge de l’indépendance et de la liberté, Imre Nagy se réfugie à l’ambassade de Yougoslavie. L’émetteur de Radio-Budapest est enlevé par les Soviétiques en fin de matinée, après qu’un ultime appel a été lancé à l’Occident : « Vous savez ce qui arrive. Aidez la nation hongroise, ses travailleurs, ses paysans, ses intellectuels. A l’aide ! » L’Occident demeure passif, et les seules réactions officielles seront des protestations purement verbales.
En Hongrie, János Kádár, ministre « retourné » de Nagy, prend le pouvoir après avoir constitué un gouvernement ouvrier-paysan qui se veut le continuateur du mouvement révolutionnaire, mais l’adversaire des dérives « imrenagystes ». De fait, une terrible répression écrase le mouvement antitotalitaire. Les dirigeants hongrois s’efforceront de gommer ces « événements » de la mémoire nationale, ou de les présenter comme un mouvement contre-révolutionnaire animé par des nostalgiques du régime Horthy. Les faits seront réintégrés dans l’histoire du pays à l’occasion des réformes amorcées en 1988.


7 novembre 1956 : En marge de l’atonie officielle face aux événements de Budapest, des militants anti-communistes parisiens attaquent le siège du parti communiste, carrefour de Châteaudun.

L’intervention armée de novembre 1956 fait 2000 morts et 20 000 blessés dans la seule Budapest. Les combats sont tout aussi sanglants en province. Ils sont suivis de nombreuses arrestations réalisées par la police politique. Environ 300 condamnations à mort sont prononcées.
En dépit de sauf-conduits accordés par Kadar, Nagy est arrêté et envoyé en résidence surveillée, séjour camouflé en vacances à des fins de propagande. Deux ans plus tard, il est exécuté avec d’autres chefs de file du soulèvement. Leurs corps sont jetés dans la fosse commune d’un cimetière de la périphérie de Budapest. Fuyant la répression qui fait plus de 3000 morts civils et laisse des stigmates longtemps visibles sur les murs de la capitale, 200 000 Hongrois choisissent l’exil, en passant par l’Autriche. Le cardinal Mindszenty se réfugie à l’ambassade américaine.
Une dizaine d’années après, certains cinéastes hongrois, par allusions, dans des œuvres centrées sur l’insurrection de 1849, rendent hommage, en termes voilés, aux combattants de 1956, mais cette révolution est longtemps inconnue des générations qui ne l’ont pas vécue… Les mouvements anti-communistes européens, notamment à Paris, organisent des rassemblements à l’occasion du dixième anniversaire du soulèvement.

1958 : Ferenc Münnich devient Premier ministre.

20 juin 1958 : Adoption du plan triennal.

1960 : Janos Kadar conduit la délégation hongroise qui se rend à la session de l’assemblée générale de l’ONU.

12 septembre 1961 : Janos Kadar devient Premier ministre. Après une phase dure, et une nouvelle collectivisation de l’agriculture, appelée « transformation socialiste », il s’efforce, à partir de 1963, de se concilier l’opinion par une politique clémente faite d’amnistie pour les opposants et condamnés de 1956 et de réformes économiques et agraires (surtout après 1968), donnant l’illusion d’une « exception hongroise » (« communisme du goulasch », « baraque la plus joyeuse du camp », sous le signe de la prospérité et de l’ouverture. Ses réformes s’essoufflent dans les années soixante-dix, et l’endettement extérieur s’accroît. Un temps pourtant, le système peut faire illusion, à tel point que certains parlent de « modèle hongrois », tandis que le « kadarisme » est élevé au rang de système. L’économie en partie étatisée, offre davantage de biens de consommation que dans les autres pays satellites, et le niveau de vie des Hongrois est de l’ordre de 80 % de celui de l’Ouest. Aux yeux du pouvoir, cette satisfaction matérielle est le meilleur rempart face aux velléités de contestation. Toutefois, à la fin des années quatre-vingt, la crise économique est de plus en plus flagrante, marquée par l’effondrement du pouvoir d’achat et l’inflation galopante, ainsi qu’un endettement vertigineux. Le mécontentement grandit dans le pays. Les dirigeants eux-mêmes, encouragés par la perestroïka russe, prennent conscience de la nécessité d’un changement radical. Kadar est destitué par le Parti communiste hongrois en 1988 et d’autres partis sont autorisés. Le processus de réforme s’accélère en 1989 : le rideau de fer est rompu, puis l’essence même du régime change.

1960 : Transformation socialiste de l’agriculture. Nouvelle phase de collectivisation de l’agriculture. S’ensuivent des réformes permettant aux coopératives de parvenir à une assez large autonomie de gestion, et au système d’être productif.

1963 : Amnistie accordée aux prisonniers politiques.

1968 : Libéralisation du marché et des prix. La réforme permet l’essor d’un secteur semi-privé et artisanal qui assure environ 30 % du produit national.

1971 : Le cardinal Mindszenty est amnistié et part en exil.

1972-1974 : Cédant à la pression de Moscou, Kadar est obligé de se séparer de membres de son équipe réformatrice afin de conserver le pouvoir.

1973 : La Hongrie devient membre du GATT.

1982 : La Hongrie est admise au sein du F.M.I.

1988-1989 : Depuis le début des années quatre-vingt, détérioration, de plus en plus accusée de l’économie hongroise. A l’augmentation vertigineuse de la dette publique, qui atteint plusieurs milliards de dollars, et dont le service atteint des records, s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat qui fait naître une crise de confiance à l’endroit d’un régime dont la popularité toute relative reposait sur l’élévation du niveau de vie qu’il a su procurer. De surcroît, Kadar, qui n’a que mépris pour Gorbatchev, ne saisit pas les nouvelles orientations souhaitées par Moscou. Au sein même de l’appareil d’Etat hongrois, les critiques se développent à l’égard du vieux chef dont le pragmatisme et l’empirisme ne parviennent pas à tirer le pays de la crise économique pas plus qu’il ne sait l’adapter aux aspirations réformistes qui se font jour, et dans le Parti, et au cœur de la société où la voix de l’opposition gagne en influence. Après les illusions attachées à des perspectives de renouvellement dans le cadre du communisme, la Hongrie connaît la révolution la plus paisible de son histoire. Au début de l’année 1988, nombre d’entreprises d’Etat lourdement déficitaires sont fermées. Seuls 3000 des 20 000 salariés licenciés sont indemnisés.

22 mai 1988 : Eviction de Janos Kadar du bureau politique du Parti, supplanté par Karoly Grosz, apparatchik qui affiche une volonté de reprise en main des institutions.
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