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Egypte
Une civilisation multimillénaire
Née du Nil, l’Egypte pharaonique a produit une « civilisation première » qui continue à fasciner nos contemporains, du fait de son exceptionnelle durée, des admirables réalisations monumentales et artistiques qu’ele nous a laissées et du rapport au sacré et à l’au-delà qu’elle a su initier. L’Histoire de ce pays, centré sur la vallée du fleuve et encadré de déserts, ne se limite cependant pas à celle des dynasties recensées dans la fameuse liste de Manéthon. Alexandrie a été le plus brillant foyer de la civilisation hellénistique et son rayonnement sur l’Orient a duré bien au delà a travers les siècles de la paix romaine et des débuts de l’Empire d’Orient, au temps où l’Egypte apparaît comme l’un des foyers les plus vivants du premeir christianisme. La conquête musulmane a ouvert au VIIème siècle une ère nouvelle durant laquelle l’Egypte, initialement soumise aux Califes de Damas, puis de Bagdad, a su affirmer son autonomie, en même temps qu’une identité particulière, sous les Toulounides, puis sous les Fatimides, conquérants chi’ites venus du Maghreb avant que Saladin et les Ayyoubides ne la ramènent dans le giron sunnite. Entamée au milieu du XIIIème siècle, la période mamelouke, qui voit l’Egypte jouer de nouveau un puissant rôle régional en poussant ses conquêtes jusqu’en Syrie, se termine au XVIème avec les victoires ottomanes. En 1798, l’arrivée de Bonaparte et de son armée correpond à l’irruption, dans une société musulmane traditionnelle d’une modernité qui va favoriser le réveil arabe du siècle suivant, quand Mehmet Ali et ses successeurs font du pays la vitrine des transformations inspirées du modèle occidental. Cette méme Egypte, passée sous le contrôle britannique recouvre sa pleine indépendance dans le contexte général de la décolonisation mais le rêve nassérien d’une union panarabe dont elle devait être le centre de gravité naturel se fracasse sur les défaites infligées par Israël et sur la diversité d’un monde arabe proche-oriental plus complexe que le laissaient supposer des aspirations empreintes d’idéologie. Le temps d’Anouar el Sadate et de Hosni Moubarak sera celui du renoncement au rêve nassérien et d’une normalisation pro-occidentale garantie par l’autoritarisme d’un régime confronté au retour en force du religieux. Avec la perspective d’un doublement de sa population d’ici à trente ans, l’Egypte, qui dispose d’atouts incontestables, devra cependant relever le défi islamiste et réussir une modernisation économique et sociale qui s’annonce à hauts risques.

L’histoire de la civilisation qui est apparue voici cinq mille ans sur les rives du Nil a été largement déterminée par les conditions géographiques bien particulières qui font de la vallée du fleuve une immense oasis, refuge naturel des populations contraintes d’abandonner les régions de savanes du « Sahara vert » progressivement affectées par la désertification. Étendue du 24e au 31e degré de latitude Nord, l’Égypte fait partie de la vaste zone aride qui, sur dix mille kilomètres, s’étend du Sahara atlantique au désert de Thar situé au nord-ouest de l’Inde. Pendant plusieurs millénaires, ces régions aujourd’hui désertiques étaient peuplées et une faune abondante y vivait, celle dont témoignent les gravures rupestres du Tassili, à une époque où l’actuelle vallée du Nil était une région de marécages hostiles excluant toute présence humaine. La situation a changé au cours des millénaires des époques post-pluviales africaines qui correspondent à nos époques postglaciaires européennes ; c’est ainsi que l’ancienne Égypte est devenue le « don du Nil » dont parle Hérodote et que ses habitants ont pu être définis par le célèbre historien d’Halicarnasse comme « ceux qui habitent en dessous de la ville d’Élephantine et boivent l’eau du fleuve… » Caractérisé, à l’inverse de tous les fleuves connus du voyageur grec, par des crues qui « le grossissent en été et le diminuent en hiver », le Nil apportait à la fois l’eau et le limon nécessaires à la vie et à l’agriculture. Au cœur d’une région aride totalement hostile à la présence humaine, dans une vallée large de dix à trente kilomètres qui s’étire sur près de mille depuis la première cataracte, la réunion de l’eau, de la terre arable et du travail humain a donné naissance, comme en Mésopotamie ou sur les rives de l’Indus, à une grande civilisation néolithique, agricole puis urbaine. L’existence d’un pouvoir politique centralisé, indispensable pour organiser la répartition de l’eau, et l’usage d’une écriture font entrer cette civilisation dans l’histoire dès l’orée du IIIe millénaire avant J.-C.


Long de 6 670 km depuis sa source située dans les régions des lacs Victoria et Albert, le Nil est régulièrement et abondamment alimenté par les puissantes précipitations qui caractérisent les latitudes équatoriales mais une bonne partie de ses eaux disparaît du fait de l’évaporation au cours de la traversée de 2 500 km qu’il effectue à travers le désert pour atteindre la Méditerranée. Ce qui compense cette énorme déperdition, c’est le complément que lui apportent ses affluents de la rive droite descendus du plateau éthiopien et richement alimentés en eau par les pluies qui l’arrosent quand survient l’été. C’est ainsi que le Nil Bleu et l’Atbara garantissent chaque année, à partir de juillet, le retour de la crue du Nil. Dans des régions où la moyenne des précipitations annuelles s’établit à 33 mm par an – à l’exception du Delta où le climat méditerranéen assure des pluies plus importantes – on comprend que les anciens Égyptiens aient fait du Nil le dieu Hapi, garant de l’éternel retour de la vie. Les 30 000 km2 cultivables créés par le fleuve – la superficie de la Belgique pour un pays étendu en latitude sur deux fois la longueur de la France – ont ainsi commandé l’existence et le développement de la civilisation égyptienne. Le pays se présente en effet comme une vallée interminable – véritable route fluviale au long de laquelle les nomes, les circonscriptions locales, ont joué un rôle décisif dans la mesure où tout relâchement de l’autorité exercée par le pouvoir central pouvait engendrer sur de telles distances des ferments d’anarchie – vallée qui se termine par un vaste delta dont les 22 000 km2 cultivables représentent les deux tiers de la « surface agricole utile » de l’Égypte antique et que Jean Yoyotte a justement présenté comme « une Sologne africaine amassée par le Nil sous des cieux méditerranéens ». Ce contraste établit d’emblée la distinction entre Haute et Basse Égypte, si déterminante tout au long de l’histoire du pays. Le désert est immédiatement présent dès que l’on s’éloigne de la vallée et de ses terrasses alluviales mais on trouve, à l’ouest, plusieurs oasis importantes. Celle du Fayoum correspond à l’ancien lac Moëris d’Hérodote. À quatre-vingts kilomètres au sud-ouest du Caire, cette dépression de 1 770 km2, l’actuel lac Karoun, s’étend à l’emplacement d’un ancien delta du fleuve primitif ; jadis reliée au Nil, elle fut occupée et mise en valeur dès les époques les plus reculées. Plus à l’ouest, on distingue, se succédant au sud de la dépression désertique de Qattara, les oasis de Bahariya, Farafra, Dakhla et Kharga. Enfin, non loin de l’actuelle frontière libyenne, l’oasis de Siouah abritait dans l’Antiquité un sanctuaire d’Amon auprès duquel Alexandre le Grand prit soin de faire consacrer sa conquête de l’Égypte. Si l’on excepte ces quelques vestiges de l’ancien « Sahara vert », les régions qui encadrent le fleuve apparaissent totalement désertiques. Montagneuses et accidentées dans le désert oriental « arabique » qui sépare le Nil de la mer Rouge, elles sont désespérément plates sur l’immense plateau calcaire étendu à l’ouest qui, avec ses 681 000 km2, qui vont bien au-delà de l’actuelle frontière libyenne, représente les deux tiers du pays. D’altitude faible, ce désert occidental s’élève lentement jusqu’à 500 m, au contact des grès caractéristiques des terres nubiennes du sud. Les dunes s’y étendent sur des centaines de kilomètres, isolant la vallée du fleuve nourricier qui fut longtemps, à la différence des terres mésopotamiennes, protégée des invasions extérieures.

 


L’évolution climatique de la région commande dans une très large mesure l’apparition des conditions qui ont permis l’éclosion de l’ancienne civilisation égyptienne. On peut résumer à quatre grandes phases cette évolution :


vers -18000 -15000 Phase « d’attraction nilotique » correspondant à un épisode aride de l’histoire du climat saharien. Le Nil devient un fleuve aux rives accueillantes.


vers –15000 -9000 Phase de « répulsion nilotique ». Une période pluviale importante transforme la vallée du Nil en un immense marécage largement inondé alors que les savanes du Sahara vert accueillent une brillante civilisation de chasseurs qui deviendront bientôt des pasteurs.


vers -9000 -6000 Nouvelle phase « d’attraction nilotique » au cours de laquelle la vallée apparaît progressivement comme un refuge pour les populations chassées de l’espace saharien par les progrès de l’aridité. Des premiers foyers néolithiques apparaissent à la fin de cette période au Soudan, dans la région de Khartoum.


vers -5500 -5000 Établissement progressif des conditions climatiques actuelles. C’est vers cette période que se cristallise sans doute la population égyptienne qui va développer la civilisation que l’on sait au cours des millénaires suivants. Elle serait ainsi le résultat de la fusion d’éléments proto-berbères sahariens connaissant déjà l’élevage avec des populations vivant de la chasse, de la pêche et de la cueillette plus anciennement installées sur les rives du Nil. Les conditions propres au milieu font ensuite que l’agriculture se substitue rapidement à l’élevage.


vers – 5700 – 4700 Apparition, dans l’oasis du Fayoum, de la culture néolithique dite de Fayoum A. Les habitants cultivent l’orge, les lentilles, les pois chiches et le lin.


- 5 500 – 3 500 Époque prédynastique. Les cultures identifiées pour cette époque sont le Gerzéen (El-Girza), le Badarien (Badari) et l’Amratien (El-Amrat). Le site le plus important demeure cependant celui de Nagada qui, au sud d’Abydos, en Haute-Égypte, voit augmenter la densité du peuplement et se mettre en place l’utilisation de la crue du Nil. Déjà les tombes livrent un matériel destiné à permettre la survie du défunt, ce qui signifie que l’une des croyances caractéristiques de la civilisation égyptienne ultérieure est déjà établie. Au cours de la seconde moitié du IVe millénaire avant J.-C., cette culture d’éleveurs devenus agriculteurs est capable d’exploiter méthodiquement et régulièrement la crue du Nil, grâce à la réalisation de travaux d’irrigation, même s’ils demeurent primitifs ; elle va se répandre dans l’ensemble de la vallée entre la première cataracte et le Delta. Dans le nord, les sites du Fayoum, de Mérimdé ou d’Al-Omari témoignent par ailleurs, dès cette époque, de l’existence d’influences palestiniennes.


vers -3500-3200 Période dite protodynastique. Elle est dite aussi phase de Nagada II et précède directement l’unification pharaonique. Les villages se multiplient en Haute-Égypte, de la région d’Assiout aux frontières de la Nubie.


-3200 – 3100 Période archaïque ou de Nagada III. Dans la dernière partie du IVe millénaire, trois proto-royaumes sont en compétition pour faire l’unité de la Haute-Égypte. Ils sont organisés autour de Hiérakonpolis, de Nagada et d’Abydos. C’est à cette époque que l’on place « la dynastie zéro » identifiée par les chercheurs au cours des deux dernières décennies. On ignore le nombre précis de souverains qui l’ont constituée dans la mesure où elle précède ceux qui sont mentionnés dans l’Histoire de Manéthon mais quatre sont incontestables : Scorpion, Iry Hor (ou Ro Hor), Ka (ou Zekhen) et Nârmer qui est à la fois le dernier souverain de la dynastie zéro et le premier pharaon de la première dynastie. On doute aujourd’hui de l’existence de Ménès dont le nom désignerait simplement « celui qui établit » (le pouvoir pharaonique). Dès cette époque, l’existence d’un territoire défini, d’une autorité unique, d’une idéologie royale, d’une écriture, d’un artisanat de luxe et d’échanges commerciaux avec des pays assez lointains tels que la Palestine, d’un système fiscal et d’une administration hiérarchisée conduit à conclure que l’Égypte est bien entrée dans l’histoire durant cette période de transition qui sépare, entre -3200 et -3100, la culture de Nagada II et la première dynastie. C’est par la soumission du Delta – obtenue sans doute par la force, ce que semble confirmer la palette de Nârmer – que s’est réalisée l’unité.


vers -2 900 L’unité est faite de la Méditerranée à la première cataracte. C’est à cette époque qu’apparaissent les premiers documents écrits et les palettes sculptées telles que celle de Nârmer. Cette phase correspondrait à la Ire dynastie, qui aurait régné de -3 100 à -2900 et aurait compté huit souverains. Aha et Djer, les descendants supposés de Nârmer, longtemps présenté comme l’unificateur du pays – l’unité est en fait antérieure à son règne –, auraient conduit des expéditions contre les Libyens et les Nubiens et auraient entretenu des relations avec le Proche-Orient.


vers -2900 – 2700 Deuxième dynastie. Elle aurait compté neuf souverains.


Ces deux dynasties correspondent à la période thinite (du nom de la ville de This) qui confirme les caractéristiques de la civilisation progressivement constituée à la fin du IVe millénaire.

 

vers -2660 – 2180 ANCIEN EMPIRE


vers – 2660 IIIe dynastie. Règnes des pharaons Djoser, Horus Sekhemkhet, Horus Sanakht, Horus Khaba, Neferka et Houni. Le personnage le plus marquant de cette époque est le vizir Imhotep, architecte du roi Djoser, à qui l’on doit la pyramide à degrés de Saqqara. C’est à la fin de cette dynastie qu’est édifiée la pyramide de Meïdoum. La capitale de l’État pharaonique est alors établie à Memphis. La pierre remplace la brique et le modèle du tombeau-mastaba s’impose. La religion égyptienne ancienne se met alors en place, le panthéon est constitué et les rituels sont établis en même temps que s’impose la prépondérance du culte solaire de Rê honoré à Héliopolis.


vers -2600 IVe dynastie. Elle correspond aux règnes de Snefrou, Chéops, Djedefrê, Chéphren, Bikheris, Mykerinos et Shepseskaf. Durant cette époque, les pharaons organisent des expéditions en direction du Sinaï et de la Nubie. Après les premières expériences contemporaines de la IIIe dynastie, la IVe correspond à l’apogée du « temps des pyramides ». S’élèvent en effet alors, après celle de Dashour, celles de Gizeh et d’Abou Roash, alors que les mastabas reçoivent de brillants décors funéraires.


vers – 2480 Ve dynastie. Elle correspond aux règnes des pharaons Ouserkaf, Sahouré, Neferirkaré, Shepseskaré, Menkaouhor, Isei-Djedkaré et Ounas. Cette période voit les pharaons tenir à distance les Libyens et établir des contacts, sur la côte de la future Phénicie, avec le port de Byblos avec lequel l’Égypte ancienne entretiendra des relations commerciales régulières.


Le culte du dieu Osiris se développe à Abydos. La pyramide d’Abousir, le temple solaire d’Abu Gourab, le scribe accroupi du Louvre et le cheikh-el-Beled datent de cette période.


vers -2330 VIe dynastie. Règnes de Téti, Ouserkaré, Pépi Ier, Merenrê et Pépi II. Les pharaons s’efforcent de soumettre la basse Nubie. L’autonomie qu’ils laissent aux nomarques, c’est-à-dire aux pouvoirs locaux, ne peut qu’affaiblir à terme leur pouvoir.


vers – 2180 VIIe et VIIIe dynasties. Début de la première période intermédiaire.


vers -2140 à -2040 IXe et Xe dynasties, installées à Hérakléopolis en Moyenne Égypte. Ces périodes troublées et mal connues voient une évolution religieuse marquée par le succès grandissant du culte d’Osiris. Les derniers souverains héracléopolitains, Ouakharé et Merikaré, sont contemporains de la XIe dynastie thébaine.


vers -2040 – 1780 MOYEN EMPIRE


vers – 2040 Thèbes impose son hégémonie à l’ensemble de l’Égypte. Le pharaon bat le royaume héliopolitain et reconstitue l’unité égyptienne. Règnes des rois Antef et Montouhotep. Essor du culte d’Amon.


vers -1990 : XIIe dynastie. Règnes d’Amenhemat Ier, Sésostris Ier, Amenhemat II, Sésostris II, Sésostris III, Amenhemat III et Amenhemat IV. Au cours des deux siècles de la XIIe dynastie, l’Égypte conquiert la Nubie jusqu’à la deuxième cataracte, au contact du royaume de Koush, renoue des relations avec Byblos et pousse des expéditions en Palestine et en Libye. Les nomarques perdent leur autonomie au profit de la centralisation monarchique. L’oasis du Fayoum est mise en valeur et le sanctuaire osirien d’Abydos attire des foules de pèlerins.


-1780 -1560 Deuxième Période intermédiaire


vers -1780 vers -1660: XIIIe et XIVe dynasties caractérisées par une succession confuse de souverains et par un retour de la capitale à Memphis. Le pays est alors victime des envahisseurs Hyksos venus de Palestine qui s’installent dans le Delta oriental et y établissent leur capitale Avaris.


-1660 -1560 : XVe, XVIe et XVIIe dynasties. Des souverains hyksos gouvernent le nord du pays et recherchent l’alliance des souverains nubiens de Koush alors qu’une dynastie indépendante se reconstitue autour de Thèbes.


-1552 vers -1070 NOUVEL EMPIRE


-1552 Avènement de la XVIIIe dynastie.


-1552 -1527 Règne d’Ahmosis. Fin de la domination hyksos.


-1527 -1506 Règne d’Amenophis Ier. Expansion égyptienne en Canaan et vers l’Euphrate.


-1506 -1494 Règne de Thoutmosis Ier. Expansion vers l’Orient. Victoire sur le Mitanni. Conquête de la Nubie. Apparition du char de combat, construction du temple d’Amon-Rê à Karnak


-1493 -1490 Règne de Thoutmosis II.


-1490 -1468 Règne de la reine Hatshepsout. Régente au nom de Thoutmosis III, elle exerce en fait un pouvoir sans limites jusqu’à sa mort. Construction du temple de Deir-el-Bahari. Expédition vers le pays de Pount – sans doute les côtes d’Erythrée. Les tombes des souverains sont aménagées dans la Vallée des Rois, dans la montagne thébaine.


-1490 -1436 Règne de Thoutmosis III, fils d’Hatshepsout et de Thoutmosis II. À l’issue de dix-sept campagnes victorieuses, il impose son protectorat à la Palestine, la Syrie et la Phénicie.


-1436 -1412 Règne d’Amenophis II.


-1412 -1402 Règne de Thoutmosis IV. Le mariage du pharaon avec la fille du roi mitannien Artatama Ier ouvre la période d’alliance avec le royaume indo-européen établi au nord de la Mésopotamie.


-1402 -1364 Règne d’Aménophis III. Construction du temple d’Amon Rê à Louxor et du temple de Montou à Karnak


-1364 -1347 Règne d’Amenophis IV-Akhenaton. Marié à la princesse mitannienne Nefertiti, il tente d’imposer une révolution religieuse monothéiste fondée sur le culte d’Aton. Il se heurte pour cette raison au clergé d’Amon et installe une nouvelle capitale à Tell-el-Amarna où un art naturaliste d’un style nouveau supplante les modèles traditionnels.


-1347 Le règne éphémère de Semenkhkaré marque la fin de « l’hérésie » amarnienne.


-1347 -1338 Règne de Toutankhamon. Restauration du culte d’Amon. Abandon de Tell-el-Amarna. Thèbes redevient capitale. Le trésor funéraire du pharaon révèle l’apogée alors atteint par l’art égyptien.


-1337 – 1333 Règne de Ay qui, co-régent sous le règne de Toutankhamon, a épousé sa veuve.


-1333 -1306 Règne de Horemheb, un général qui rétablit l’ordre après la période de confusion qui a suivi la révolution amarnienne.


-1306 -1186 XIXe dynastie.


-1306 -1304 Règne de Ramsès Ier, un ancien compagnon d’armes d’Horemheb, fondateur de la dynastie.


-1304 – 1290 Règne de Séthi Ier. Construction de son temple à Abydos. Construction à Karnak de la grande salle hypostyle du temple d’Amon-Rê.


-1290 -1224 Règne de Ramsès II. Il livre aux Hittites du roi Muwatalli la bataille indécise de Kadesh que la propagande royale présentera ensuite comme une grande victoire. Le traité conclu ensuite avec les Hittites prévoit le mariage du pharaon avec la fille du roi Hattusil III. Le règne est marqué par de nombreuses campagnes victorieuses en Syrie et en Phénicie. C’est sous Ramsès II que sont construits le Ramesseum et les sanctuaires d’Abou Simbel édifiés au nom du roi et de son épouse Nefertari.


-1224 -1204 Règne de Merenptah qui doit faire face à la menace nouvelle que constituent alors les « Peuples de la Mer ».


-1204 -1194 Règne de Séthi II qui renverse Merenptah et épouse sa veuve.


-1194 -1188 Règne de Siptah.


-1188 -1186 Règne de la reine Taouseret, suivi de celui d’un certain Iarsou, usurpateur d’origine palestinienne. Une situation plus ou moins anarchique marque la fin de la XIXe dynastie.


-1186 -1070 XXe dynastie


-1186 -1184 Sethnakht renverse Iarsou et fonde la nouvelle dynastie.


-1184 -1153 Règne de Ramsès III, qui remporte une grande victoire sur les Peuples de la Mer, fait campagne contre les Libyens et rétablit l’autorité égyptienne sur la ¨Palestine. Construction de son temple à Médinet Habou.


-1153 -1070 Fin des Ramessides – règnes des pharaons allant de Ramsès IV à Ramsès XI. Nouvelles périodes de troubles. Ruine de Pi-Ramsès. Le grand prêtre Hérihor prend le pouvoir en Haute-Égypte. C’est la fin du Nouvel Empire.

 

Au tournant du premier millénaire, l’Égypte entre dans une époque de déclin qui n’exclut pas quelques brillants réveils tels que celui correspondant à la période de la dynastie saïte. Ce déclin est dû principalement à un environnement extérieur plus menaçant. Les chefs militaires d’origine libyenne, les souverains nubiens de Kouch ou de Napata, les grands empires orientaux assyrien et perse, enfin les conquérants macédoniens affaiblissent la civilisation égyptienne avant de se substituer au pouvoir pharaonique qui, pendant les deux millénaires précédents, avait constitué sur les rives du Nil le premier des grands foyers culturels de l’Orient ancien.


vers -1070 -945 XXIe dynastie. L’Égypte est divisée en deux parties. On voit s’établir en Haute-Égypte un « État du Dieu Amon » contrôlé par des grands prêtres tels que Hérihor et Pinoudjem, qui prennent parfois le titre royal. En Basse-Égypte, les pharaons établissent leur capitale à Tanis. La période est marquée par les règnes de Smendès (-1070 -1044), Psousennès Ier (-1040 -990) et Siamon (-978 -960).


vers -945 -722 XXIIe dynastie « libyenne ». Les souverains sont des chefs militaires d’origine libyenne qui établissent leur capitale à Bubastis. On voit régner successivement Sheshonq Ier (-945 -924), Osorkon Ier (-924 -887), Osorkon II (-862 -833), Takelot II (-833 -814), Sheshonq III (-814 -763), Sheshonq V (-758 -722).


vers – 800 Alors qu’une dynastie puissante se constitue à Napata, au Soudan, l’Égypte est menacée de morcellement, en particulier dans le Delta.


-808 -730 XXIIIdynastie


vers -730 Invasion nubienne conduite par Piankhi, un roi de Napata qui, fervent adorateur d’Amon, veut faire valoir des droits sur l’Égypte.


vers -725 -713 XXIVe dynastie dont les souverains s’établissent à Saïs dans le Delta. Règnes de Tefnakht (-725 -718) et de Bocchoris (-718 -713).


-713 « L’Éthiopien » Chabaka – un Nubien – conquiert l’Égypte et fait éxécuter Bocchoris.


-713 -664 XXVe dynastie « éthiopienne ». Règnes de Chabaka (-713 -698), Chabataka (-698 -690), Taharqa (-690 -664), Tanoutamon (-664 -656).


-671 -663 Les Assyriens envahissent la Basse-Égypte et pillent Thèbes en – 667.


-664 -525 XXVIe dynastie « saïte »


-664 -610 Règne de Psammétique Ier. L’Égypte se libère de l’occupation assyrienne.


-610 -595 Règne de Néchao II. Aménagement du canal des deux mers. Périple de l’Afrique (le débat relatif à sa réalité demeure ouvert).


-605 Défaite de Néchao à Karkémish.


-595 – 589 Règne de Psammétique II.


-591 Campagne contre le royaume nubien de Kouch.


-590 Expédition victorieuse de Psammétique II en Palestine et en Syrie.


-589 -570 Règne d’Apriès.


-565 Fondation de Naucratis qui devient le principal comptoir grec en Égypte. Dès le IIe millénaire avant J.-C., Crétois et Mycéniens avaient commercé avec l’Égypte.


-570 -526 Règne d’Amosis.


-526 -525 Règne de Psammétique III.


-525 -404 XXVIIe dynastie. Elle correspond à la domination perse et aux règnes successifs de Cambyse (-525 -522) qui fait de l’Égypte une satrapie perse, de Darius (-522 -485), de Xerxès (-485 -464), d’Artaxerxès (-464 -424) et de Darius II (-424 -404). C’est à cette époque qu’est réalisé le canal reliant le Nil à la mer Rouge.


- 404 Soulèvement de l’Égypte contre l’occupant perse. Règne d’Amyrtée (XXVIIIe dynastie) de -404 à – 399.


-399 -380 XXIXdynastie, marquée par le règne d’Achoris (-393 -380).


-380 -343 XXXe dynastie « sébennytique ». Règnes de Nectanébo Ier (-380 -362), de Teos (Djedhor) (-362 -360), de Nectanébo II (-360 -343) qui ont installé leur capitale à Sebennytos dans le Delta.


-345 Artaxerxès III reconquiert l’Égypte. Nectanébo II, dernier pharaon de la XXXe dynastie, se réfugie en Haute-Égypte, puis en Nubie.


-343 -332 Deuxième domination perse. Alexandre y met un terme en remportant ses victoires du Granique et d’Issos sur le souverain achéménide Darius III et en réalisant la conquête de l’Égypte.


-331 Alexandre fonde Alexandrie puis va consulter l’oracle d’Amon à Siwah où il se fait reconnaître comme le fils du dieu et donc comme le maître de l’Égypte. L’administration du pays est confiée au Grec Cléomène de Naucratis.


-323 Alexandre meurt à Babylone.

 

-323 -282 Règne de Ptolémée Ier Sôter – le Sauveur –, fils de Lagos et l’un des plus proches compagnons d’Alexandre, qui voit reconnaître ses droits sur l’Égypte par les Diadoques lors de l’accord de partage conclu en -321 à Triparadisos. En -321, Ptolémée a détourné le convoi funéraire d’Alexandre pour faire inhumer le conquérant à Memphis.


- 312 Ptolémée s’empare de Chypre, annexée deux ans plus tard, et de la Syrie, puis il bat Démétrios Poliorcète à Gaza.


vers -315 Enquête sur l’Égypte d’Hécatée d’Abdère, rédigée à la demande de Ptolémée. En -308, le souverain invite Clitarque, qui a entrepris d’écrire une Histoire d’Alexandre, à venir s’installer à Alexandrie.


-306 Cassandre, Seleucos et Démétrios Poliorcète battent Ptolémée à Salamine de Chypre.


-305 Ptolémée prend le titre de roi d’Égypte en réaction à la décision des différents diadoques de prendre eux-mêmes ce titre (-306).


La mort d’Antigone, survenue à la bataille d’Ipsos en -301, à l’issue de la quatrième guerre des Diadoques, brise définitivement l’unité de l’Empire construit par le conquérant macédonien.


-290 Fondation du Musée d’Alexandrie


-282 -246 Règne de Ptolémée II Philadelphe qui a épousé sa sœur Arsinoë. Il embellit Alexandrie et fait construire le Phare et la Bibliothèque dont le premier responsable est Zénodote d’Éphèse. C’est à cette époque que la Bible est traduite en grec et que Manéthon rédige son Histoire de l’Égypte. Les médecins Hérophile et Érasistrate pratiquent les premières dissections et Aristarque de Samos calcule la distance de la Terre à la Lune. Fondation de Bereniké au sud d’Assouan, en l’honneur de sa mère Bérénice, la deuxième épouse de Ptolémée Ier. Fondation de Myos Hormos (Quseir) et de Soterias Limen (Port Soudan) sur la côte occidentale de la mer Rouge. Au sud de Soterias Limen, création de Ptolemaïs des Chasses, à l’embouchure de la Baraka.


-278 Célébration des premières Ptolemaia en l’honneur de Ptolémée Ier et de Bérénice, divinisés en tant que « dieux sauveurs ».


-274 -271 Première guerre de Syrie entre Ptolémée II et le Séleucide Antiochos Ier.


vers -270 Le poète syracusain Théocrite séjourne à Alexandrie.


-270 -245 Apollonios de Rhodes est responsable de la Bibliothèque d’Alexandrie. Ératosthène lui succède ensuite, jusque vers -205.


-261 Victoire de Ptolémée II et d’Eumène Ier de Pergame sur Antiochos Ier près de Sardes. Ptolémée II mène ensuite une deuxième guerre de Syrie contre Antiochos II (-260 -253). Le retour de la paix est marqué par le mariage de Bérénice, la fille de Ptolémée avec Antiochos.


-246 -221 Règne de Ptolémée III Evergète Ier. Fondation du port d’Adoulis.


-246 -241 Troisième guerre de Syrie entre Ptolémée III et Séleucos II.


-238 Lors d’une assemblée tenue à Canope, le clergé égyptien accepte d’introduire dans ses temples le culte des « dieux évergètes », c’est-à-dire des souverains de la dynastie lagide.


-221 -205 Règne de Ptolémée IV Philopator. Le déclin de la dynastie lagide commence avec lui, marqué par la multiplication des intrigues de cour et par de sanglants règlements de comptes familiaux. Le nouveau souverain favorise l’essor du culte de Dionysos.


-217 Antiochos III est vaincu à Raphia, à l’issue de la quatrième guerre de Syrie engagée en – 219.


-205 -181 Règne de Ptolémée V Epiphane, marqué par la révolte de la Thébaïde.


-200 La cinquième guerre de Syrie entamée en -202 tourne à l’avantage d’Antiochos III, vainqueur à la bataille du Panion. La Coelé-Syrie demeure entre les mains des Séleucides.


-197 Ptolémée V se fait couronner à Memphis selon le rite égyptien et accorde de nombreux privilèges au clergé indigène.


-181 -145 Règne de Ptolémée VI Philometor.


-175 -145 Aristarque de Samothrace, élève d’Aristophane de Byzance qui l’a précédé dans ces fonctions, est responsable de la Bibliothèque d’Alexandrie.


-170 -168 Sixième guerre de Syrie. Antiochos IV envahit l’Égypte mais Rome exige qu’il en retire ses troupes.


-145 -116 Règne de Ptolémée VII Évergète II. Frère de Ptolémée VI, il épouse sa veuve et fait assassiner son neveu Ptolémée VIII Eupator.


-116 -107 Règne de Ptolémée X Sôter II (Ptolémée IX Apion était un fils de Ptolémée VII qui fut seulement roi de Cyrène de -117 à -96.)


-107 -88 Règne de Ptolémée XI Alexandre Ier


-88 -80 Règne de Ptolémée XII Alexandre II


-80 -51 Règne de Ptolémée XIII Aulète, le « Joueur de flûte ». Chassé d’Alexandrie par l’émeute, il se réfugie à Rhodes où la protection de Pompée lui permet de récupérer son trône.


-59 Le souverain égyptien est reconnu par le Sénat comme « l’allié et l’ami du peuple romain ».


-51 Ptolémée XII laisse son royaume à son fils Ptolémée XIV Dionysos âgé de dix ans et à sa fille Cléopâtre VII.


-48 Pompée vaincu à Pharsale se réfugie en Égypte où il est assassiné sur l’ordre de Ptolémée XIV. Cléopâtre accompagne César à Rome.


-47 Cléopâtre VII a un fils de César, Césarion, dit aussi Ptolémée XVI.


-44 De retour à Alexandrie après l’assassinat de César, Cléopâtre se débarrasse de son frère Ptolémée XV et prend comme co-régent Césarion (Ptolémée XVI), le fils qu’elle a eu de César.


-41 Cléopâtre séduit Marc-Antoine rencontré à Tarse. Il la suit à Alexandrie, part ensuite faire campagne contre les Parthes et la retrouve en -37 à Antioche. Marié à Octavie, la sœur de son allié Octave, le futur Auguste, Marc-Antoine décide alors de rompre le pacte conclu à Brindes en septembre -40 avec ce dernier, pacte qui lui réservait le gouvernement de l’Orient. Il décide en effet de réorganiser l’Orient conquis par Rome en faveur de la monarchie lagide qui se voit attribuer Chypre, une partie de la Crète, la Cyrénaïque et une partie de la Cilicie.


-34 À Alexandrie, Cléopâtre est proclamée « Reine des Rois » et les enfants qu’elle a eus d’Antoine se voient attribuer le titre royal et de vastes territoires : l’Arménie et l’Empire parthe, qui restait à conquérir, pour Alexandre Hélios, la Libye et la Cyrénaïque pour sa sœur jumelle Cléopâtre Séléné, les régions situées à l’ouest de l’Euphrate pour le jeune Ptolémée Philadelphe. L’Orient devenait ainsi, selon l’expression d’E. Will, « une sorte d’empire fédéral ptolémaïque, qui avait Alexandrie pour capitale ».


-31 Défaite de la flotte d’Antoine et de Cléopâtre à Actium. Suicide d’Antoine et de Cléopâtre (-30). Exécution de Césarion ; Cléopâtre Séléné est mariée à Juba de Maurétanie. C’est la fin de la dynastie lagide.


août -30 Octave entre en vainqueur à Alexandrie. Il accorde son pardon à la ville et aux Égyptiens qui ont soutenu Cléopâtre et Marc-Antoine mais prive la capitale des Lagides de son Sénat, la Boulé. L’Égypte devient de fait une province romaine.


-29 Caius Cornelius Gallus doit triompher de deux insurrections, l’une à l’est du Delta, l’autre dans la région de Thèbes et conduit pour cela une expédition punitive jusqu’à Syène (Assouan).


-27 L’Égypte est désignée comme province impériale de type procuratorien, confiée à un préfet équestre. C. Cornelius Gallus, originaire de Fréjus, est le premier titulaire de cette fonction. Il est interdit aux sénateurs de s’y rendre sans autorisation impériale, ce qui marque bien l’importance accordée à l’Égypte, dont les exportations de blé représentent un tiers des quantités consommées à Rome.


-26 L’Égypte adopte le calendrier julien.


38 après J.-C. Vague d’anti-judaïsme à Alexandrie où les juifs représentent sans doute près du tiers de la population. Révocation du gouverneur Aulus Avilius Flacccus.


Milieu du Ier siècle après J.-C. Formation du milieu judéo-chrétien d’Alexandrie, correspondant à la tradition d’une fondation de l’Église d’Alexandrie par l’évangéliste Marc dont le martyre, placé généralement en 61, correspondrait aux massacres anti-juifs de 66.


66 Le gouverneur Tiberius Julius Alexander, lui-même issu du milieu des notables juifs de la ville, doit apaiser de nouvelles tensions entre juifs et Alexandrins. Flavius Josèphe parle de 50 000 victimes, chiffre manifestement très exagéré.


68-69 Lors de la crise correspondant à la fin du règne de Néron, Tiberius Julius Alexander prend parti pour Galba dans un édit de juillet 1968. Il reconnaît ensuite Othon, puis Vitellius avant de soutenir Vespasien, acclamé à Alexandrie en juillet 1969.


La période correspondant à la monarchie flavienne est pour l’Égypte une ère de prospérité qui se poursuit sous les Antonins au cours du siècle suivant.


98-117 Règne de Trajan qui ne se rendra jamais en Égypte mais qui s’intéresse au pays et fait creuser un canal reliant le Nil à la mer Rouge.


115-117 Nouvelle révolte juive. Elle gagne l’Égypte à partir de Cyrène où elle a débuté. Elle se termine avec l’anéantissement à peu près complet des communautés juives d’Alexandrie et de Cyrénaïque.


117-138 Règne d’Hadrien. Il s’avère très bénéfique pour l’Égypte que l’Empereur visite avec l’impératrice Sabine en 130. Il fonde Antinooupolis, en l’honneur d’Antinoous, son jeune favori noyé dans le Nil, et fait construire la Via Hadriana qui relie le fleuve au port de Bérénice, sur la côte occidentale de la mer Rouge.


138-161 Règne d’Antonin le Pieux, qui visite l’Égypte et fait don d’un hippodrome aux Alexandrins.


175 Tentative d’usurpation d’Avidius Cassius, fils d’un préfet d’Égypte qui se proclame empereur et « règne » pendant trois mois après avoir cru, sur la foi d’une rumeur, à la mort de Marc Aurèle. En 176, l’empereur philosophe, toujours bien vivant, visite l’Égypte et pardonne aux Alexandrins d’être ainsi entrés en dissidence.


Fin du IIe siècle L’évêque Démétrios est à la tête de la communauté chrétienne d’Alexandrie, formée à partir du milieu gréco-païen et différente de celle issue du milieu judéo-chrétien annihilée par les mouvements anti-judaïques de 116-117.


180 Création de la Didascalée, une école qui, en formant les catéchistes, va être le principal instrument du prosélytisme chrétien, illustré successivement par Pantène, Clément d’Alexandrie et Origène. L’Église adopte rapidement la langue copte héritée de l’ancien égyptien. « Copte » vient du grec Aiguptos signifiant « Égyptien ».


193-211 Règne de Septime-Sévère qui fait deux séjours en Égypte, rend leur Boulé aux Alexandrins et leur offre de nouveaux édifices (thermes, temples, gymnase).


202 Édit de Septime-Sévère interdisant le christianisme. Début des persécutions, qui font de nombreux martyrs à Alexandrie et en Thébaïde (Haute-Égypte).


212 Édit de Caracalla (Constitutio Antoniniana) accordant le droit de cité romaine à tous les hommes libres de l’Empire.


215-216 Séjour de Caracalla à Alexandrie, au cours duquel il fait exécuter la délégation venue l’accueillir et le préfet Aurelius Septimius Heraclitus.


247-264 Saint Denis à la tête de l’Église d’Alexandrie


249-251 : Règne de Dèce, marqué par une importante persécution des chrétiens. Les persécutions se poursuivent sous le règne de Valérien en 257 mais cessent en 259 avec l’édit de Gallien. Le christianisme égyptien, né à l’origine dans le milieu alexandrin, connaît un rapide essor dans la vallée du Nil et le pays comptera cinquante-sept évêchés au début du IVe siècle, quand se déclencheront les grandes persécutions du règne de Dioclétien. Ils seront plus de cent vers 320.


270-275 Saint Antoine, l’un des premiers anachorètes, se retire au désert et fournit le modèle de l’érémitisme oriental.


284 La réforme administrative de Dioclétien crée plusieurs provinces : l’Égypte (région du Delta pour l’essentiel), la Thébaïde et les deux Libye, le tout placé sous l’autorité du préfet d’Égypte, investi du titre d’Augustal.


303 Persécutions antichrétiennes sous le règne de Dioclétien. Elles s’aggravent encore sous le règne de Maximin Daïa (310-312). Ces persécutions sont à l’origine du schisme mélitien, analogue au donatisme nord-africain. L’évêque Mélice de Nicopolis refuse en effet de réintégrer dans la communauté des fidèles les lapsi, ceux qui ont renié leur foi durant la persécution.


323 Saint Pacôme fonde le premier couvent, il est à l’origine du cénobitisme. Les communautés se multiplient, à Hermopolis, Hermothis ou Ptolemaïs en Haute-Égypte mais aussi dans le Delta occidental, à Canope où est établi le monastère de la Metanoïa.


325 Le concile de Nicée condamne l’arianisme, une hérésie formulée par Arius, un prêtre alexandrin qui a commencé à la prêcher en 318 et qui, subordonnant le Fils au Père, remet ainsi en cause le dogme trinitaire.


328 Le pardon accordé par Constantin à Arius dresse contre l’Empereur Athanase le futur évêque d’Alexandrie et la majorité des chrétiens locaux hostiles à l’arianisme.


338 Le concile égyptien réuni à Alexandrie prend le parti de l’évêque Athanase déposé par le concile de Tyr. Grégoire, l’évêque envoyé depuis Rome, est rejeté par la population qui obtient finalement le retour d’Athanase.


380 Création du diocèse d’Égypte qui regroupe les quatre provinces créées par la réforme de Dioclétien. Il sera supprimé par l’empereur byzantin Justinien et remplacé par cinq duchés – Égypte, Augustamnique, Arcadie, Thébaïde et Libye – placés sous l’autorité du préfet du prétoire d’Orient. Chacun de ces duchés était divisé en deux éparchies.


381 Le concile de Constantinople confirme les décisions prises à Nicée et limite les pouvoirs de la « papauté alexandrine ». Le monopole des pompes funèbres et la perception des taxes sur le commerce de produits aussi importants que le papyrus et le sel assurent alors à l’Église d’Alexandrie une richesse et une puissance considérables. Le patriarcat est alors illustré par Timothée (de 381 à 365) et par Théophile (de 385 à 412) qui déclenche de violentes campagnes contre le paganisme.


386 Pèlerinage de saint Jérôme en Égypte. Il fait suite à ceux de Rufin (371-377) et de Cassien (385) et précède ceux de Palladius (388) et d’Aetheria (395).


391 L’édit de Théodose fait du christianisme la religion d’État et interdit les cultes païens.


392 Des chrétiens détruisent le temple de Sérapis.


412 Le patriarche saint Cyrille d’Alexandrie entre en conflit avec le préfet Oreste, représentant du pouvoir civil.


415 Meurtre d’Hypatie, fille du mathématicien Théon, victime du fanatisme anti-païen.


444 Mort du patriarche Cyrille, adversaire déterminé des Nestoriens. L’évêque Dioscore qui lui succède affirme la prééminence du patriarcat d’Alexandrie.


440 Le parti alexandrin triomphe lors du « brigandage d’Ephèse » mais l’empereur Marcien, qui succède à Théodose II en 450, décide la réunion d’un nouveau concile.


451 Le concile de Chalcédoine dépose et exile Dioscore et réaffirme la double nature du Christ contre la doctrine « monophysite » qui soutient la primauté de la nature divine de Jésus-Christ et contre le nestorianisme qui met en avant sa nature humaine. Au-delà du débat théologique, l’Égypte, acquise, comme la Syrie, au monophysisme, s’oppose désormais vigoureusement à Constantinople et ces querelles religieuses affaiblissent gravement la chrétienté orientale, ce qui permettra bientôt aux envahisseurs musulmans de la subjuguer plus facilement.


537 Justinien fait fermer le temple de Philae où un culte était toujours rendu à la déesse Isis.


541 Une grave épidémie de peste affecte l’Égypte.


578-605 Damien est patriarche d’Alexandrie et s’efforce de rétablir l’unité de l’Église égyptienne.


619 Conquête de l’Égypte par les Perses Sassanides. Jérusalem est tombée en 614. Le roi Chosroès II s’appuie sur l’Église égyptienne pour affaiblir l’Empire byzantin dont la capitale est par ailleurs privée des cargaisons de blé que lui envoyait jusque-là l’Égypte.


629 La reconquête byzantine menée à bien par l’Empereur Héraclius est perçue en Égypte, attachée au monophysisme, comme le début d’une période d’occupation étrangère – un non Égyptien est même nommé alors à la tête du patriarcat d’Alexandrie –, ce qui explique pour une part l’étonnante facilité avec laquelle se réalise, quelques années plus tard, la conquête arabe.

 

639 Amr ibn al-As envahit le Sinaï et s’empare d’El-Arish avant de marcher sur Bubastis et Héliopolis sans rencontrer de résistance. Babylone d’Égypte tombe au printemps 641.


640 Prise de Péluse (janvier). Victoire sur les Byzantins à Ayn Chams (juillet).


avril 641 Reddition de Babylone d’Égypte située à la pointe méridionale du Delta.


été 641-septembre 642 Siège et prise d’Alexandrie évacuée par mer par sa garnison byzantine. Prise de Barka et occupation de la Cyrénaïque.


643 Amr fonde à hauteur de Babylone d’Égypte, à la pointe méridionale du delta du Nil, au contact de la basse et de la moyenne Égypte, la ville de Fostât. Il engage ensuite la conquête du pays jusqu’à hauteur de la première cataracte. La mainmise arabe sur l’Égypte a été facilitée par l’antagonisme religieux qui opposait Alexandrie à Byzance depuis le concile de Chalcédoine, ce dont témoigne au XIIe siècle l’historien copte Michel le Syrien : « Le Dieu des vengeances voyant la méchanceté des Grecs qui, partout où ils dominaient, pillaient cruellement nos églises et nos monastères et nous condamnaient sans pitié, amena de la région du sud les fils d’Ismaël pour nous délivrer… Ce ne fut pas un léger avantage pour nous que d’être libérés de la cruauté des Romains… [il entend ici les Byzantins] » Le patriarche d’Alexandrie, Benjamin, déposé par les Byzantins, est rétabli par les Arabes qui, peu nombreux, sont soucieux de ménager la masse de la population qui va bénéficier du statut des dhimmis, « protégés » et ne se convertira que progressivement à l’Islam, sans doute largement majoritaire dès le IXe siècle.


644 Amr ibn al-As est destitué par le calife Othman et remplacé par Abdallah ibn Sa’ad, nommé gouverneur de la province, mais il est rétabli dans ses fonctions en 658 ou 659 par l’Ommeyade Mo’awiya et les conservera jusqu’à sa mort, survenue en 664.


645 Un corps expéditionnaire byzantin reprend Alexandrie mais ne pourra s’y maintenir et en sera chassé par les Arabes l’année suivante.


652 Abdallah ibn Sa’ad remonte le Nil en direction de la Nubie mais se heurte à la résistance des chrétiens nubiens et doit conclure avec eux le traité de paix de Dongola portant notamment sur la fourniture d’esclaves noirs razziés dans la région du sud- Soudan.


706 Le calife ommeyade Walid Ier décide que l’arabe devient la langue officielle de l’Égypte et de la Syrie. En moins d’un siècle, les chrétiens coptes s’arabisent et ne conservent plus l’usage de la langue copte que dans la liturgie.


715 Les fonctionnaires chrétiens sont remplacés par des musulmans.


725 Révolte copte dans le Delta, suivie d’une autre insurrection en Haute-Égypte en 739. Elles sont écrasées.


750 Révolution abbasside. Le centre de gravité du monde musulman passe de Damas à Bagdad.


829-832 Une dernière révolte copte se produit dans le Delta, contre l’aggravation continue de la pression fiscale. Elle est réprimée par le calife abbasside Al-Mamoun


868 Ahmed ibn Touloun, d’origine turque, reçoit du calife abbasside Al-Mutaz mission de rétablir l’ordre en Égypte. Il s’installe à Fostât et construit sur les bords du Nil une nouvelle capitale, Kataf, appelée à devenir Le Caire. Il fait édifier la mosquée qui porte son nom et entreprend même de faire réparer le phare d’Alexandrie. Son fils Khoumaraway poursuit dans cette voie et l’Égypte connaît, sous les Toulounides, une période faste.


878 Ibn Touloun entre en lutte contre le calife abbasside, inquiet de la puissance grandissante de l’Égypte. Les forces d’Ibn Touloun occupent la Syrie, terrain d’expansion naturel de l’Égypte durant ses périodes de puissance.


884 Mort d’Ibn Touloun. Son fils Khoymaraway contraint le calife abbasside à lui reconnaître, pour lui et ses descendants et pour une période de trente ans, le gouvernement de l’Égypte et de la Syrie, contre le paiement d’un tribut annuel.


896 Khoumaraway est assassiné à Damas et ses successeurs ne peuvent maintenir l’autonomie de l’Égypte.


905 L’armée califale écrase les forces toulounides et s’empare de Fostât. L’Égypte redevient une simple province de l’Empire abbasside.


935 Mohammed ibn Toughdj est chargé par le calife de protéger l’Égypte contre les Fatimides et les Berbères d’Ifrikiya. Il reçoit en 939 le titre d’Ikhshid, « serviteur ».


945 Mort de Mohammed ibn Toughdj. C’est le chef de son armée, un eunuque noir du nom de Abou el-Misk Kafour, qui gouverne au nom de ses fils.


966 À la mort du dernier fils de Mohammed ibn Toughdj, Abou el-Misk Kafour est reconnu comme le maître de l’État ikhshide d’Égypte par le calife abbasside. Il meurt deux ans plus tard.


6 juillet 969 L’armée berbère fatimide s’empare de Fostât et du Caire. L’histoire des Fatimides commence avec la rencontre à La Mecque, à l’extrême fin du IXe siècle, d’un prédicateur shi’ite ismaélien et de pèlerins issus de la tribu berbère des Kutama installée en Petite Kabylie. Ces Berbères vont adopter le chi'isme ismaélien pour combattre le royaume aghlabide sunnite de Kairouan dont ils dépendaient jusque-là. C’est ainsi qu’un Arabe, Obeid Allah, se présente comme le « Mahdi », l’envoyé de Dieu, comme l’imam caché attendu depuis la disparition du septième imam de la succession d’Ali, le gendre du Prophète. Obeid Allah prend Kairouan en 904, chasse le dernier Aghlabide, conquiert le royaume kharidjite de Tahert. Partisans d’Ali, les Kharidjites s’en étaient « séparés » quand ils avaient refusé « l’arbitrage » de Siffin lors de la lutte opposant Ali aux Ommeyades et c’est un opposant kharidjite qui avait ensuite assassiné Ali. Après avoir écrasé plusieurs révoltes, Obeid Allah fonde une nouvelle capitale, Mahdia, et entreprend de faire la guerre au califat abbasside de Bagdad, ce qui implique la conquête de l’Égypte. Le Mahdi meurt en 934 et ses successeurs, El-Quaim (934-945) et El-Mansour (946-952), doivent avant tout affermir leur autorité mais El-Mu’izz (952-975) achève d’établir le pouvoir de la dynastie sur le Maghreb. En 969, une expédition formée de contingents berbères placés sous les ordres de Djawar est lancée contre l’Égypte et réalise la conquête de la vallée du Nil. Le centre de gravité du pouvoir fatimide se déplace ainsi du Maghreb vers l’Égypte.


970 Les troupes fatimides s’emparent de Ramallah, Tibériade et Damas. Elles échouent devant Antioche reconquise depuis peu par les Byzantins et doivent faire face à la réaction du calife abbasside Al-Mouti qui les contraint à évacuer la Syrie et la Palestine. Bientôt, les royaumes ziride et hammadide constitués en Afrique du Nord rejetteront l’autorité du calife fatimide du Caire.


973 Le calife fatimide El-Mu’izz s’installe au Caire où a été entreprise la construction de la mosquée al-Azhar.


975-996 Règne d’Al-Aziz qui incorpore des contingents turcs dans l’Armée fatimide.


990-1003 Construction de la mosquée dite d’Al-Hakim.


991 Institution au Caire d’un « office de la broderie ».


996-1021 Règne d’Al-Hakim, marqué par les luttes opposant les contingents berbères de l’Armée fatimide à ses autres composantes.


1006 Une armée berbère conduite par un certain Abu Rakwa qui se prétend membre de la famille ommeyade parvient jusqu’à Fostât mais elle est repoussée grâce à l’enrôlement massif de mercenaires nubiens.


1009-1014 Al-Hakim met en œuvre une politique de persécution des coptes, des juifs et des chrétiens de Palestine.


1021-1035 Règne d’Al-Zahir.


1035-1094 Règne d’Al Mustansir. L 'indiscipline gagne l’armée et, pour écarter les Bédouins qui venaient régulièrement piller la vallée du Nil, Al-Mustansir les envoie en 1050 vers le Maghreb pour punir les Zirides de leur dissidence et de leur ralliement au calife de Bagdad. C’est l’origine des invasions « hilalliennes », du nom de la tribu des Beni Hillal, qui seront catastrophiques pour les régions concernées.


1055 Nouveaux venus dans l’Orient arabe, les Turcs Seldjoukides s’imposent comme les protecteurs du calife abbasside de Bagdad. En Égypte, une vague de persécutions s’abat sur les coptes.


1072 Un chef de guerre fatimide, Nasir el-Dawla, emprisonne le calife Al-Mustansir et se rallie au calife abbasside de Bagdad mais le gouverneur fatimide de Palestine, Bar al-Jamali, sauve la dynastie en marchant sur Le Caire et en rétablissant Al-Mustansir en 1074. Une fois brisées diverses mutineries et rébellions, l’Empire fatimide se trouve réduit à l’Égypte (Damas est prise par les Seldjoukides en 1076) mais celle-ci jouit alors d’une belle prospérité, liée pour une part au développement du commerce avec les cités italiennes. Bar al-Jamali, lui-même converti à l’Islam d’origine arménienne, met en œuvre par ailleurs une politique favorable à la minorité copte.


1094: Mort de Badr al-Jamali, suivie de celle d’Al-Mustansir en 1095. Al-Afdal, fils de Badr al-Jamali, installe sur le trône le jeune Al-Hasan mais écarte son frère aîné Nizar dont l’emprisonnement et la mort seront à l’origine de l’ordre des Nizarites, plus connus sous le nom d’« Assassins ».


juillet 1098 Siège de Jérusalem par le vizir fatimide Al-Afdal.


15 juillet 1099 Prise de Jérusalem par les croisés. Francs et Fatimides se font face à hauteur d’Ascalon.


1102 Baudouin Ier de Jérusalem bat les Fatimides à Ramallah et prend Qaysarriya (Césarée).


1116-1118 Expédition des croisés contre l’Égypte, Baudouin Ier occupe le port d’Ayla.


août 115 : Baudouin III s’empare d’Ascalon, dernière base fatimide sur la côte syro-palestinienne.


1154 Nur al-Din, devenu « l’homme fort » du califat abbasside de Bagdad, s’installe à Damas pour entreprendre la reconquête des États latins de Terre sainte.


1161 Face au danger que représente Nur al-Din, les princes francs de Terre sainte se rapprochent des Fatimides, ce qui conduit Nur al-Din à envoyer en 1164 en Égypte une armée commandée par Shirkuh. Elle se retire sous la pression du roi de Jérusalem Amaury Ier. En 1167, Amaury oblige de nouveau Shirkuh à évacuer l’Égypte qui devient tributaire des croisés mais Amaury échoue devant Damiette en 1168. L’année suivante, à la mort de Shirkuh, son neveu Salah al-Din ibn Ayyub (Saladin) lui succède et dépose, pour prendre sa place, le grand vizir du calife fatimide Al-Adid dont il fait massacrer la garde noire.


1171 Mort d’Al-Adid, dernier calife fatimide. La prière est désormais dite au nom du calife abbasside de Bagdad ; l’Égypte se rallie à l’orthodoxie sunnite après deux siècles de califat fatimide ismaélien.


1174 Mort de Nur al-Din. Saladin, maître de l’Égypte, s’impose également à la Syrie et constitue l’empire ayyubide dont l’unité va être cimentée par la lutte contre les croisés francs installés en Palestine et en Syrie. Aden est occupée. Les persécutions reprennent contre les coptes, suspectés de complicité avec les Latins et la cathédrale d’Alexandrie est détruite.


1176 Saladin entreprend la reconstruction de la Grande Citadelle du Caire.


1177 Baudouin IV de Jérusalem, le roi lépreux, bat Saladin à Montgisard.


4 juillet 1187 Victoire de Saladin sur les forces chrétiennes à Hattin (Tibériade) et reconquête de Jérusalem par les musulmans (novembre).


1190-1192 Troisième croisade.


1193 Mort de Saladin. Des querelles de succession affaiblissent durablement l’État ayyubide.


1200-1218 Règne d’Al-Malik al-Adil qui reconstitue l’unité des territoires ayyubides.


1217-1221 Cinquième croisade. Après un échec en Syrie, les croisés débarquent à Damiette prise en 1219 puis reperdue. Une trêve est conclue pour huit ans.


1218-1238 Règne d’Al-Kamil. Il apparaît tolérant vis-à-vis de la communauté copte, reçoit saint François d’Assise et négocie en 1229 avec Frédéric II de Hohenstaufen, chef de la sixième croisade, la paix de Jaffa qui permet à l’Empereur de coiffer pour un temps la couronne de Jérusalem.


1240 Al-Malik al-Salih, arrière petit-neveu de Saladin, s’installe au Caire et y règne jusqu’en 1249. Il reprend Ascalon et la Galilée en 1247.


1243 Inauguration au Caire de la madrasa Salihiyya.


1249 Débarquement à Damiette de la septième croisade conduite par saint Louis. Les Francs sont vaincus à la bataille de La Mansourah (1250) et le roi est fait prisonnier. Alors que le successeur d’Al-Malik al-Salih, Turanshah, est absent d’Égypte, ce sont les Mameluks – des mercenaires turcs, slaves et circassiens recrutés ou achetés initialement comme esclaves par le Sultan – qui, commandés par Baybars, battent les croisés. Ils en tirent un prestige qui ne peut que mettre en cause l’autorité de Turanshah dont ils se débarrassent en 1259 pour proclamer sultan l’un des leurs, Koukouz, le premier d’une dynastie de quarante-cinq sultans mameluks appelés à régner sur l’Égypte jusqu’à la conquête ottomane (dont vingt-deux arriveront au pouvoir par la force).


1258 Chute de Bagdad dévastée par les Mongols. Mort d’Al-Mustasim, le dernier calife abbasside.


3 septembre 1260 Les Mameluks égyptiens battent les Mongols non loin de Naplouse et les contraignent à la retraite au-delà de l’Euphrate.

 

1260-1277 Règne de Baybars qui s’est débarrassé de Koukouz en le faisant assassiner et qui réunit la Syrie à l’Égypte, en faisant ainsi de celle-ci la grande puissance musulmane du temps. Il reprend aux croisés Jaffa, Césarée, Safad, le Krak des Chevaliers et Antioche.


1264 Contre les Francs encore présents en Terre sainte et contre la menace mongole, les Mameluks recherchent l’alliance byzantine et feront de même en 1281.


1266 Baybars soumet le royaume arménien de CiIicie coupable d’avoir recherché l’alliance mongole.


1268 Prise de Jaffa, d’Antioche et du château de Beaufort. Tous les défenseurs d’Antioche sont massacrés malgré la promesse d’avoir la vie sauve.


1277-1280 Saïd Berké, fils de Baybars, accède au trône mais il est incapable de régner et c’est son beau-pète, Kalaoun, qui lui succède de 1280 à 1290. Il conclut une trêve avec Bohémond de Tripoli et les ordres militaires pour pouvoir se retourner contre les Mongols.


octobre 1281 Les Mongols et leurs alliés arméniens sont tenus en échec devant Homs et contraints d’évacuer la Syrie.


1284 Construction de la mosquée funéraire de Kalaoun.


août 1287 Après avoir pris Markab en 1285, les Mameluks s’emparent de Lattaquié.


février 1289 Prise de Tripoli dont toute la population est massacrée ou réduite en esclavage.


11 novembre 1290 Mort de Kalaoun. Son fils Al-Achraf Khalil lui succède.


18 avril 1291 Les Mameluks prennent Saint-Jean d’Acre, la dernière place importante tenue par les croisés. Les derniers points d’appui chrétiens de Tortose, Tyr et Beyrouth sont également emportés.


1293-1341 Règne d’Al-Nasir Mohammed ibn Kalaoun, l’un des fils de Khalil. C’est un enfant et la réalité du pouvoir appartient à Kitbuga qui se proclame sultan en 1295. Il est renversé en 1296 par Ladjin, un autre chef mameluk, qui se proclame sultan avant d’être lui-même assassiné en 1299. Nasir est alors rétabli sur le trône mais le pouvoir revient de fait à Rukn al-Din Baybars et à Sayf al-Din Safar.


1302 Traité de commerce entre Venise et l’Égypte


avril 1303 Après la défaite subie en 1299 à Homs et après la perte d’Alep et de Damas, les Mameluks prennent une éclatante revanche lors de la bataille de Mardj-al-Saffar, près de Damas.


1304 Les Mameluks conduisent une nouvelle campagne en Arménie qui les mène jusqu’à Malatya et ruine complètement le royaume du roi Héthoum, contraint de verser à l’issue un très lourd tribut.


1309 L’abdication de Nasir porte au pouvoir Rukh al-Din Baybars, un Circassien élu sultan par ses pairs sous le nom de Baybars II mais Nasir retrouve bientôt son trône en liquidant l’usurpateur et en se débarrassant aussi de Sayf al-Din Safar dont il s’était fait un allié. Nasir reprend ainsi le pouvoir pour la troisième fois, à un moment qui voit l’apogée de la puissance mameluke, débarrassée de la présence des croisés et de la menace mongole.


1315 Le dernier souverain chrétien du royaume nubien de Dongola est emprisonné en Égypte et remplacé par un roi musulman. En 1317, la cathédrale de Dongola est transformée en mosquée. Le dernier royaume chrétien nilotique, celui d’Aloa, disparaîtra en 1504 pour devenir le royaume de Sennar.


1317 L’autorité d’Al-Nasir est reconnue à La Mecque et à Médine.


1319-1320 Vague de persécutions et de massacres contre les coptes dont de nombreux monastères et églises sont détruits.


1340-1346 Six fils de Nasir se succèdent et sont régulièrement renversés. Seul Hasan réussit à régner plus durablement de 1347 à 1351, puis de 1354 à 1361. L’Égypte est alors frappée, de 1348 à 1350, par la grande épidémie de peste qui va bientôt s’abattre sur l’Europe.


1342 Conclusion d’un traité de commerce avec Venise.


1347 Les Mameluks s’emparent de Lajazzo, un port de Petite Arménie fréquenté par les marchands génois et vénitiens et tentent de détourner vers l’Égypte les flux commerciaux apportant en Méditerranée les produits orientaux. Ils s’emparent également en 1359, dans le même but, d’Adana et de Tarse.


1361-1363 Règne de Mohammed, petit-fils de Nasir.


1363-1376 Un autre petit-fils de Nasir, Chaban, détient le pouvoir en Égypte.


1365 La croisade conduite par Pierre de Lusignan, roi de Chypre, se limite à un débarquement à Alexandrie qui est mise à sac et à une expédition de pillage demeurée sans lendemain. Considérés comme favorables aux envahisseurs chrétiens, les coptes sont victimes de nouvelles persécutions.


1376 Après l’assassinat de Chaban, une période d’anarchie de plusieurs années affecte l’Égypte.


1382-1517 Règne des Mameluks Burdjites ou Circassiens (Tcherkesses) qui mettent fin au principe dynastique pour élire leurs sultans au sein de l’aristocratie militaire.


1382-1399 Règne de Barkouk qui doit faire face à une rébellion de la Syrie en 1389. Son successeur, Faradj, qui règne quelques mois en 1399, puis de 1405 à 1412 est un demi-fou sanguinaire et incapable.


1394 Conclusion d’une alliance entre les Mameluks et les Ottomans pour faire face au danger que représente Tamerlan.


1400-1401 Tamerlan ravage la Syrie et l’Irak et repousse les Mameluks mais se retourne ensuite contre les Ottomans du sultan Bayézid pour les écraser à la bataille d’Angora, ce qui sauve l’Égypte de l’invasion.


1412 À la mort de Faradj, les chefs mameluks décident de proclamer sultan l’héritier du califat abbasside de Bagdad réfugié au Caire mais Al-Mustain ne règne que peu de temps car un chef circassien s’empare du pouvoir sous le nom de Muayyad et l’exerce de 1412 à 1420. Ce souverain consacrera surtout son règne à des campagnes en Cilicie et en Asie Mineure pour rétablir la frontière septentrionale de la puissance mameluke sur le Taurus.


1422-1437 Règne de Barsbay. La succession de Muayyad correspondait à une période de chaos mais, en avril 1422, Barsbay est proclamé sultan et, sous son autorité, le sultanat mameluk connaît une brillante renaissance. Sa suzeraineté est reconnue sur La Mecque et Médine, les villes saintes du Hedjaz.


1426 Expédition contre Chypre qui doit accepter de payer tribut à l’Égypte.


1426 Établissement d’un monopole d’État sur le commerce des épices orientales.


1438-1453 Règne de Tchakmak, qui a déposé Yusuf, le fils de Barsbay.


1444 Les Égyptiens échouent dans leur tentative de conquérir Rhodes défendue par les chevaliers de l’Hôpital.


1453-1461 Règne d’Inal qui a écarté Osman, un fils incapable de Tchakmak


1453 La prise de Constantinople par les Turcs ottomans bouleverse le rapport des forces en Méditerranée orientale et met à terme en danger la puissance mameluke.


1461-1467 Règne de Kouchkadam qui a déposé Ahmed, le fils d’Inan écarté pour avoir voulu réformer en profondeur l’État mameluk.


1468-1496 Règne de Kaitbay après une nouvelle crise de succession. Au nord de la Syrie, Mameluks et Ottomans commencent à s’affronter. Âgé de quatre-vingt-six ans, Kaitbay abdique en faveur de son fils Mohammed qui règne de 1496 à 1498.


1481 Kaitbay accueille au Caire Djem fils du sultan ottoman Mehmed II et rival de son frère Bayezid II.


1483-1491 Guerre entre Mameluks et Ottomans.


1492 Une épidémie de peste fait deux cent mille morts, dont un tiers de l’effectif mameluk. Une terrible disette affecte le pays deux ans plus tard.


1501 Kansouh al-Ghouri est proclamé sultan après trois années d’anarchie au cours desquelles se sont succédé cinq sultans. Il régnera jusqu’en 1516. En 1504, il menace le pape Jules II de détruire les Lieux saints de Palestine si les Portugais poursuivent leur guerre maritime contre le commerce musulman dans l’océan Indien.


1505 Préparatifs militaires et navals en mer Rouge, à Djeddah et Souakin, pour engager la lutte contre les Portugais.


1509 Le Portugais Luis de Almeida envoie par le fond la flotte égyptienne au large du port indien de Diu. Présents à Socotora et à Ormuzd comme sur les côtes indiennes et de l’Est africain, les Portugais font de l’océan Indien un espace qu’ils contrôlent, au détriment de l’Égypte et de Venise qui tiraient jusque-là d’importants profits du commerce avec l’Orient.


1510 Le roi de France Louis XII envoie une ambassade au Caire et le sultan égyptien garantit en 1511 la liberté du pèlerinage aux Lieux saints de Palestine.


août 1516 L’armée égyptienne est défaite à Mardj Dabiq, près d’Alep, par l’armée ottomane, déjà victorieuse des Persans à Tchaldiran deux ans plus tôt. Sélim Ier entre à Damas. La puissance ottomane peut s’imposer à tout le Proche-Orient arabe, y compris à l’Égypte.


1516 Touman est proclamé sultan au Caire mais les Mameluks essuient de nouvelles défaites, notamment à Gaza.


janvier 1517 Les Turcs s’emparent du Caire, farouchement défendu par les Mameluks. Réfugié dans le désert occidental, Touman est pris et pendu le 14 avril. Vainqueur, le sultan Sélim Ier Yavouz, « le Terrible » abolit le sultanat égyptien mais impose simplement aux Mameluks la reconnaissance de son autorité. L’Égypte continue donc à être dirigée par les Mameluks et c’est un transfuge de ceux-ci passé dans le camp du sultan ottoman, Khayr Bey, qui est chargé de gouverner le pays. Ce wali – ou pacha – est nommé pour trois ans par le sultan de Constantinople ; les gouverneurs des vingt-quatre districts administratifs sont tous issus des Mameluks, qui deviennent alors une caste dont les pouvoirs se transmettent héréditairement. De nombreuses rébellions marquent l’histoire de l’Égypte à l’époque ottomane, dominée par les rivalités entre le pacha nommé par la Sublime Porte, les troupes de l’Odjak dépendant également de Constantinople et les troupes mamelukes locales.


1538 Soliman Pacha, wali d’Égypte, s’empare d’Aden pour lutter contre la présence portugaise dans l’océan Indien.


1631-1656 Désigné par les différents beys placés à la tête des provinces, Ridwan Bey al-Fakari exerce de fait le pouvoir. Les XVIIe et XVIe siècles sont marqués par les rivalités opposant deux factions principales, la Fakariya et la Kasimiya, l’alternance au pouvoir s’effectuant le plus souvent de manière violente.


1718 La Fakariya s’impose au pouvoir au prix d’affrontements sanglants et prolongés.


1760 Ali Bey s’impose comme « l’homme fort » du pays, avec la bénédiction d’Istanbul mais, en 1768, il destitue le wali nommé par la Porte et le remplace en 1770 par un bey égyptien. Il voudrait rendre à l’Égypte son indépendance par rapport à Constantinople et reconstituer le sultanat mameluk d’avant 1517 mais les antagonismes opposant les différents clans mameluks l’empêchent de mettre en œuvre un tel projet.


1772 Le meurtre du wali Muhammad Bey ouvre une période de dix années de conflit. L’anarchie se généralise en même temps que s’alourdit la pression fiscale.


juillet 1786 Un corps expéditionnaire ottoman commandé par Hasan Pacha débarque à Alexandrie et les Mameluks sont battus. Mourad Bey et Ibrahim Bey se réfugient en Haute-Égypte alors que la Basse-Égypte est sous le contrôle d’un autre chef mameluk, Ismaël Bey, qui la gouverne pour le compte du sultan.


1791 Mort d’Ismaël Bey. Ses deux rivaux reprennent le contrôle de l’ensemble de l’Égypte où la majorité de la population subit patiemment la domination de cette aristocratie prédatrice, parasitaire et anachronique. Ils concluent en 1792 avec la Porte un arrangement qui leur abandonne de fait le pays contre la garantie du versement de l’impôt annuel au sultan. C’est pour toutes ces raisons que Bonaparte se présentera en « libérateur » de l’Égypte du joug des Mameluks.


1787 Publication du Voyage en Syrie et en Égypte de Volney, qui développe en France l’intérêt pour l’Égypte mais dans lequel l’auteur précise que « pour s’établir en Égypte, il faudra soutenir trois guerres : la première contre l’Angleterre, la deuxième contre la Porte, la troisième, la plus difficile de toutes, contre les musulmans qui forment la population de ce pays. »

 

23 février 1798 Dans un rapport relatif à la guerre contre l’Angleterre, le général Bonaparte suggère de frapper indirectement l’adversaire dans le Hanovre ou en Égypte. Le 14 février, Talleyrand avait exposé devant le Directoire les avantages que procureraient à la France la conquête et la colonisation de l’Égypte. Le 5 mars, le Directoire autorise Bonaparte à entreprendre la conquête de l’Égypte.


19 mai 1798 La flotte transportant l’expédition d’Égypte quitte Toulon. Arrivés devant Malte le 9 juin, les Français s’en emparent puis reprennent la mer le 16 pour atteindre Alexandrie le 1er juillet et pour débarquer à l’ouest de la ville au cours de la nuit suivante.


2 juillet 1798 Alexandrie tombe aux mains des Français.


21 juillet 1798 Victoire des Pyramides. Bonaparte, qui prétend libérer l’Égypte de la domination mameluke, entre le 24 au Caire où il cherche avant tout à rassurer la population musulmane et les notables locaux, en créant notamment un « Conseil général », al-diwan al-âm, chargé des affaires du pays et composé d’ulémas, de notables et de commerçants désignés par les diverses provinces, qui seront réunis pour la première fois du 5 au 20 octobre.


1er août : Désastre d’Aboukir. La flotte de l’amiral Brueys est détruite par Nelson.


11 août Le chef mameluk Ibrahim Bey, replié vers le nord-est, est battu à Salalieh.


22 août Les savants qui accompagnent l’expédition créent, « pour le progrès et la propagation des lumières » l’Institut d’Égypte chargé de « régénérer » le pays. Le bilan sera en ce domaine très positif. Dès l’été 1798, la création par Larrey et Desgenettes de quatre hôpitaux militaires introduit en Égypte la médecine scientifique ; un recensement de la population est organisé, qui doit permettre une répartition équitable de l’impôt ; enfin, l’amélioration des procédés d’irrigation et les premières études de l’ingénieur Lepère relatives au percement de l’isthme de Suez préparent la modernisation du pays.


24 août Desaix s’embarque à Boulak pour poursuivre Mourad Bey replié vers le sud et pour pacifier ainsi la Haute-Égypte. Il bat les Mameluks le 7 octobre à Damanhour et remonte la vallée du Nil jusqu’à Assiout.


9 septembre 1798 Le sultan ottoman déclare la guerre à la France.


21 octobre Insurrection du Caire, brisée le lendemain. Elle est consécutive au recensement, qui implique la fourniture de titres de propriété souvent inexistants. Le diwan est dissous mais un nouveau conseil de soixante membres est réuni en décembre.


10 février 1799 Bonaparte quitte Le Caire pour aller affronter en Palestine et en Syrie les forces ottomanes. Gaza est prise le 25 février et Jaffa le 5 mars. Engagés dans le siège de Saint-Jean d’Acre, les Français remportent les victoires de Nazareth (6 avril) et du mont Thabor dix jours plus tard ; à la fin du mois de mai il faut renoncer au siège de Saint-Jean d’Acre pour se replier sur l’Égypte, menacée par l’arrivée prochaine d’une armée ottomane transportée par mer.


25 juillet 1799 Les forces turques débarquées à Aboukir sont totalement détruites par les Français.


août 1799 Découverte de la pierre de Rosette, qui permettra ultérieurement à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes et de jeter les bases de l’égyptologie.


23 août Bonaparte quitte secrètement l’Égypte pour regagner la France, en laissant le commandement à Kléber.


24 janvier 1800 La convention d’armistice signée à El-Arish avec les Ottomans prévoit le repli des forces françaises sur Alexandrie, Rosette et Aboukir, en vue d’un rapatriement en France mais le commodore anglais Sidney Smith exige une reddition complète que refuse Kléber.


25 mars 1800 Les Français infligent une nouvelle défaite aux Turcs à Héliopolis mais doivent ensuite briser une deuxième révolte du Caire.


14 juin 1800 Assassinat de Kléber par un jeune musulman. Le général Menou, qui s’est converti à l’Islam et a épousé une musulmane, lui succède.


23 mars 1801 Débarquées à Aboukir, les troupes du général Abercrombie battent à Canope celles de Menou.


27 juin 1801 Le général Belliard négocie avec les Anglais et les Turcs la reddition du gros des forces françaises, embarquées à Damiette et rapatriées.


2 septembre 1801 Menou, qui s’était enfermé dans Alexandrie, capitule à son tour, trois ans et deux mois après le début de la campagne.


8 février 1802 Khosrew Pacha s’installe au Caire comme « gouverneur d’Égypte » au nom du sultan.


1802 Publication en France du Voyage dans la Basse et Haute Égypte pendant la campagne de Bonaparte de Vivant Denon.


11 mars 1803 Les troupes anglaises quittent Alexandrie, laissant Mameluks et Turcs face à face.


mai 1804 Mehmet Ali – officier ottoman d’origine albanaise arrivé en Égypte en mars 1801 – s’empare du pouvoir en s’appuyant sur les ulémas et la population du Caire qui ne veulent plus de la domination des Mameluks et réclament au sultan sa confirmation comme pacha d’Égypte.


18 juin 1805 Le gouvernement ottoman désigne Mehmet Ali comme pacha d’Égypte.


18 août 1805 Échec d’une révolte des Mameluks contre Mehmet-Ali.


19 mars 1807 Les Anglais, qui craignent que Napoléon se rapproche de l’Empire ottoman et s’engage dans une nouvelle aventure égyptienne s’emparent d’Alexandrie mais les forces de Mehmet Ali les repousse quand ils tentent de prendre Rosette.


21 avril 1807 Mehmet Ali bat les forces anglaises du général Fraser, qui abandonne Alexandrie le 19 septembre.


1808 Le Sultan ottoman Mahmoud II demande à Mehmet-Ali de rétablir l’autorité de la Sublime Porte en Arabie. Devant les réticences du pacha, il lui promet le gouvernement de la Syrie puis, en 1811, la possession héréditaire de l’Égypte.


1809 Début de la publication des vingt volumes de la Description de l’Égypte, qui constitue le bilan scientifique de l’expédition de Bonaparte.


1er mars 1811 Mehmet Ali fait massacrer les Mameluks.


1812 Les troupes égyptiennes s’emparent de Médine, de Djeddah et de La Mecque et occupent le Hedjaz.


1815 Les Wahhabites sont écrasés lors de la bataille de Taëf. Fait prisonnier, leur chef Abdallah est envoyé à Istanbul où le sultan le fait décapiter.


1820 Mehmet-Ali entame la conquête du Soudan. Le royaume des Fundj et sa capitale Sennar sont occupés. À l’ouest, le Dar Four demeure insoumis.


1822 Soulèvement de la Nubie ; Ismaïl, le fils aîné de Mehmet Ali est tué mais la révolte est brisée.


1822 Développement de la culture du coton qui devient l’une des ressources principales de l’Égypte. Il représentera plus de la moitié des exportations du pays en 1836.


1823 À la demande du sultan ottoman, Mehmet Ali envoie ses troupes réprimer l’insurrection crétoise.


1824-1828 Le corps expéditionnaire égyptien d’Ibrahim Pacha, le second fils de Mehmet-Ali, occupe la Morée pour y briser l’insurrection grecque.


29 octobre 1827 Destruction à Navarin par les flottes française, anglaise et russe – de la flotte turco-égyptienne.


1830 Fondation de Khartoum.


1831 Mehmet-Ali défie le sultan ottoman en envahissant la Palestine.


8 avril 1832 Les forces égyptiennes s’emparent de Tripoli de Syrie et marchent ensuite sur Homs où elles repoussent les forces du sultan en juillet.


21 décembre 1832 Les forces d’Ibrahim et de Soliman Pacha – Joseph Anthelme Sève, un officier français engagé au service du pacha d’Égypte – écrasent les troupes ottomanes à Konya. Istanbul est directement menacée mais, après une nouvelle victoire remportée à Kutayah, Ibrahim reçoit de son père l’ordre de suspendre sa marche.


5 mai 1833 La convention de Kutayah, conclue sous la garantie des puissances, fait de la Palestine, de la Syrie et d’Adana des possessions égyptiennes.


24 juin 1839 Le sultan ottoman, qui a cherché à prendre sa revanche sur le pacha d’Égypte, voit ses forces de nouveau vaincues, à Nezib. Le sultan Mahmoud II meurt le 30 juin. Son successeur, Abdul Majid, un jeune homme, ne paraît pas en mesure de faire face au danger égyptien mais il bénéficie du soutien des puissances.


1840 L’Anglais Palmerston veut imposer à Mehmet Ali l’abandon de la Syrie mais le premier ministre français Adolphe Thiers soutient le pacha ; la tension atteint alors son paroxysme entre Paris et Londres à propos de la « question d’Égypte ». Louis- Philippe, pacifique et prudent, désavoue finalement son ministre et le nouvel « homme fort » de la Monarchie de Juillet, Guizot, est un anglophile convaincu.


15 juillet 1840 La convention de Londres, conclue entre l’Angleterre, la Prusse, la Russie, l’Autriche et l’Empire ottoman tient la France à l’écart. Palmerston craint en priorité qu’une Égypte alliée de la France ne fournisse à celle-ci, déjà installée en Algérie, une position dominante en Méditerranée et qu’un Empire ottoman trop affaibli ne devienne une proie facile pour la Russie, toujours désireuse d’accéder à la Méditerranée. La convention de Londres accorde à Mehmet-Ali, à titre héréditaire, le pachalik d’Égypte et à titre viager la Syrie méridionale. Il devait évacuer par ailleurs l’Arabie, la Crète et les autres régions que ses succès militaires lui avaient permis d’occuper depuis dix ans.


15 septembre 1840 Mehmet Ali n’ayant pas encore répondu à l’ultimatum lancé par les puissances après la convention de Londres, le sultan le dépose et prétend nommer un autre pacha en Égypte. La crise est relancée mais le départ de Thiers et une révolte de la Syrie permettent d’aboutir à un compromis. Le sultan accepte de rétablir Mehmet Ali comme pacha héréditaire d’Égypte mais il doit retirer ses troupes de Syrie (firman du 19 avril 1841). Mehmet-Ali était surtout attaché à l’indépendance de l’Égypte alors q’Ibrahim rêvait de supplanter le sultan ottoman et de faire de l’Égypte le centre d’un puissant Empire arabe.


mars 1848 Mehmet-Ali, malade, est écarté du pouvoir au profit de son fils Ibrahim mais celui-ci meurt le 10 novembre suivant.


1849-1854 Règne d’Abbas Ier, petit-fils de Mehmet Ali et neveu d’Ibrahim, qui périra assassiné le 13 juillet 1854, à la suite d’une intrigue de palais.


1851 Abbas Ier contracte en Europe un emprunt destiné au financement de la construction d’une ligne de chemin de fer reliant Alexandrie au Caire. C’est le début d’une politique d’endettement dont les conséquences seront redoutables.


1854 -1863 Règne de Mohammed Saïd, quatrième fils de Mehmet-Ali.


30 novembre 1854 Mohammed Saïd accorde par firman au Français Ferdinand de Lesseps, ancien consul en Égypte, le droit de fonder une société chargée de construire un canal reliant la Méditerranée à la mer Rouge.


décembre 1858 Constitution de la Compagnie du canal de Suez, au capital de 400 000 actions, dont 42 % souscrites par Mohammed Saïd et 52 % par les investisseurs français. La Compagnie reçoit pour 99 ans la concession des terres nécessaires au percement du canal.


1860, 1868 et 1874-1875 Révoltes des indigènes Shilluk des provinces méridionales du Soudan. La conquête du Bahr el-Ghazal et de l’Équatoria permet à la même époque de donner un développement considérable au commerce des esclaves noirs.


18 janvier 1863 Ismaïl, deuxième fils d’Ibrahim, succède à son oncle Saïd. Il régnera jusqu’en 1879.


1863 Création du Musée Égyptien dirigé par Auguste Mariette.


1865 Étatisation du service des postes.


1866 Création d’une Assemblée consultative de 75 députés élus au suffrage indirect.


8 juin 1867 En récompense de sa participation à la répression de l’insurrection crétoise, Ismaïl reçoit du sultan ottoman le titre de khédive qui lui confirme la possession héréditaire, en ligne directe, de l’Égypte.


1868 Loi organisant l’instruction publique. Sous le règne d’Ismaïl, le nombre des écoles publiques est multiplié par vingt.


17 novembre 1869 Inauguration du canal de Suez, en présence de l’impératrice Eugénie.


9 janvier 1870 Ismaïl décrète que l’arabe sera désormais la langue officielle de l’administration.


1871 Reconnaissance du droit à la pleine propriété de la terre.


8 juin 1873 Un firman impérial ottoman remet au khédive l’administration de l’Égypte et le pouvoir législatif. L’Égypte est devenue de fait un État semi-indépendant.


1875 Création du journal al-Ahrâm.


1875 Après avoir abusivement recouru aux crédits extérieurs, l’Égypte ne peut plus rembourser ses créanciers. C’est l’occasion pour Disraëli de racheter au khédive la part d’actions qu’il détenait dans la Compagnie du canal de Suez, faisant ainsi de l’État britannique l’actionnaire majoritaire.


19 mai 1875 Création de la Société khédiviale de géographie. Sous couvert d’exploration et de recherche scientifique, elle sera un instrument de l’expansionnisme égyptien vers l’Afrique noire.


2 mai 1876 L’Égypte est de nouveau confrontée à la banqueroute. Les puissances imposent alors la création d’une Caisse de la dette publique contrôlant les recettes fiscales du pays et dirigée par quatre commissaires étrangers – français, anglais, italien et autrichien. Le 18 novembre, les créanciers de l’Égypte imposent la nomination de deux contrôleurs de ses finances, un Anglais et un Français. En 1877 un triumvirat comprenant le ministre égyptien Nubar Pacha, l’Anglais Wilson et le Français de Blignières est institué pour diriger l’économie du pays.


1877 Gordon est nommé gouverneur général du Soudan. En 1878, c’est l’Allemand Edouard Schnitzer (Emin Pacha) qui est nommé gouverneur de la province égyptienne de l’Equatoria.


août 1878 Faute d’un redressement de la situation financière, Paris et Londres imposent à Ismaïl un gouvernement d’experts européens qui prend de fait, à travers l’administration de la Dette égyptienne, la direction économique du pays.


25 juin 1879 Paris et Londres contraignent Ismaïl à l’abdication, avec l’accord du sultan ottoman. Il est remplacé par son fils, Tewfik Bey qui régnera jusqu’en 1892.


février 1881 : La rue égyptienne reproche à Tewfik d’être inféodé aux Européens. Le mouvement de contestation est dirigé par un officier nationaliste, le colonel Urabi, dit aussi Arabi Pacha, qui a constitué dès 1876 une société secrète nationaliste. Un Parti nationaliste, Al-Hizab al Watani, est créé peu après. L’agitation débouche en février 1881 sur une révolte militaire. L’assemblée élue peu après est en majorité hostile à la tutelle étrangère et vote le budget sans tenir compte des remarques de la Caisse de la dette. La nomination d’Arabi Pacha comme ministre de la Guerre en février 1882 inquiète directement les Anglais et les Français, qui craignent de voir leurs intérêts menacés.


1881 Mohammed Ahmed ibn Abdallah, qui se présente comme le Mahdi, « l’Envoyé de Dieu », soulève le Soudan.


Eté 1882 L’assassinat de plusieurs dizaines d’Européens à Alexandrie fournit à l’Angleterre le prétexte d’une intervention. Faute d’une majorité au Parlement – les radicaux sont résolument hostiles à une réaction de type « colonial » en Égypte – les Français s’abstiennent de toute intervention et les Anglais agissent seuls.


11 juillet 1882 Bombardement d’Alexandrie par la Royal Navy, suivi d’un débarquement des troupes du général Wolseley.


13 septembre 1882 Les dernières forces d’Arabi Pacha sont dispersées par les Anglais au combat de Tell el-Kébir. Arrêté, Arabi Pacha est exilé à Ceylan.

 

Après la défaite d’Arabi Pacha, l’Égypte, qui dépend toujours théoriquement de l’Empire ottoman, se retrouve de fait sous la tutelle britannique. Des troupes anglaises sont stationnées en permanence dans le pays et des contrôleurs britanniques, placés sous l’autorité d’un représentant de Londres (Sir Evelyn Baring, futur lord Cromer, de 1883 à 1907, Kitchener de 1911 à 1914), doublent les ministres égyptiens.


18 janvier 1883 El-Obeid, capitale du Kordofan, est prise par les Mahdistes.


4 novembre 1883 Bataille de Shaykan. Une armée anglo-égyptienne commandée par le général anglais Hicks est écrasée par les troupes du Mahdi. Le Kordofan, le Dar Four et le Bahr el-Ghazal tombent aux mains des insurgés. Les Anglais décident alors d’évacuer le Soudan à l’exception de Khartoum et du port de Souakin sur la mer Rouge. Au sud, Emin Pacha se replie vers le lac Albert.


26 mai 1884 Les mahdistes prennent Berber et isolent Khartoum.


26 janvier 1885 Chute de Khartoum et mort de Gordon Pacha. Le Mahdi, qui a pris le titre de calife, meurt en juin mais son successeur, Abdallah, poursuit la guerre contre l’Égypte mais aussi l’Éthiopie qu’il ne peut conquérir entre 1891 et 1894.


1892-1914 Règne d’Abbas II, fils aîné de Tewfik.


1896-1899 Campagne du général Kitchener contre les mahdistes. Il remporte trois victoires consécutives : sur les bords de l’Atbara, affluent de la rive droite du Nil, le 8 avril 1898, celle de Karari, près d’Omdurman, le 2 septembre et, enfin, celle d’Umn Diwaykrat, au Kordofan, le 24 novembre 1899. Ces succès interviennent au moment où, venant de l’ouest, la mission française du capitaine Marchand a atteint Fachoda sur le Haut Nil, déclenchant en juillet 1898 une crise franco-anglaise finalement réglée par l’arrangement du 11 décembre suivant reconnaissant à l’Angleterre la souveraineté sur le Bahr el-Ghazal et par « l’Entente cordiale » de 1904 qui conduira Paris et Londres à convenir du « troc Maroc-Égypte », les deux gouvernements s’assurant leur mutuelle liberté d’action dans chacun de ces deux pays.


1898 Naissance du Parti nationaliste. Il est fondé par Mustapha Kamil qui crée en 1900 le journal Al – Liwa, « L’Etendard ». La révolte d’Arabi Pacha était avant tout un mouvement de réaction musulmane qui ne remettait pas en cause la suzeraineté turque. Son successeur à la tête du courant nationaliste, Abdullah al-Nadim, est sur la même ligne et Mustapha Kamil reste dans une démarche analogue en refusant de poser la question du califat détenu par le sultan ottoman et lui conférant un ascendant indiscutable sur tout autre pouvoir musulman.


18 janvier 1899 Signature de l’accord de condominium anglo-égyptien sur le Soudan.


1899 Création du premier syndicat égyptien, dans l’industrie de la cigarette.


10 décembre 1902 Inauguration du premier barrage d’Assouan.


1907 Création de L’Umma ou « Parti du Peuple » par des nationalistes libéraux et laïques convaincus qu’il faut accepter de négocier avec les Anglais pour obtenir l’indépendance.


19 décembre 1914 L’Angleterre profite de l’entrée en guerre de la Turquie aux côtés des Centraux pour imposer à l’Égypte un statut de protectorat. Les Britanniques déposent le khédive Abbas II Hilmi, qu’ils jugent trop indépendant, et le remplacent par son oncle Hussein qui prend le titre de sultan pour bien confirmer la fin de toute dépendance de l’Égypte par rapport aux Ottomans. L’Angleterre est représentée au Caire par un haut-commissaire ; le premier sera Sir Arthur Henry Mac-Mahon.


3 février 1915 Les forces turques de Djemal Pacha qui, venues de Syrie, se sont avancées en janvier dans le Sinaï¨pour attaquer le canal de Suez, sont contraintes au repli après l’échec subi à Toussoun.


13 novembre 1918 Trois parlementaires égyptiens, Saad Zaghloul, Ali Chaaraoui et Abdelaziz Fahmy, demandent à Sir Reginald Wingate, haut-commissaire britannique en Égypte, l’autorisation d’aller plaider la cause de l’indépendance égyptienne devant la Conférence de la Paix qui doit se tenir à Paris. Responsable du Foreign Office, Lord Balfour refuse et les trois leaders du Wafd, nom donné à cette « délégation » sont arrêtés et exilés. Une vague d’agitation sans précédent se déclenche alors dans tout le pays. Les sabotages se multiplient, trente Anglais et un millier d’Égyptiens sont tués au cours des troubles qui suivent.


29 janvier 1919 Le gouvernement égyptien refuse de s’associer au projet de royaume arabe présenté par l’émir hachémite Fayçal à la Conférence de la Paix.


25 mars 1919 Le maréchal Allenby est nommé haut-commissaire en Égypte et, le 31, il autorise Zaghloul Pacha à se rendre à la Conférence de la Paix.


15 avril 1919 La Grande-Bretagne se voit confirmer par la Conférence de la Paix son protectorat sur l’Égypte.


9 novembre 1920 Rupture des conversations de Londres entre le gouvernement britannique et les nationalistes égyptiens. Zaghloul Pacha s’était rendu dans la capitale britannique en juin ; quand il rentre en Égypte le 29 mars 1921, la population lui fait un accueil triomphal, alors qu’au cours des jours précédents W. Churchill, ministre des Colonies, a réuni au Caire la conférence britannique sur le Proche-Orient qui organise la région au profit de l’Angleterre, réunion que Churchill baptisera lui-même « conférence des quarante voleurs ».


25 mai 1921 Emeutes sanglantes à Alexandrie où une centaine de manifestants nationalistes sont tués. Les Anglais n’acceptent alors de négocier qu’avec Adly Pacha, le ministre nommé par le sultan Fouad.


21 février 1922 N’ayant rien obtenu des Britanniques, Adly Pacha, leur interlocuteur privilégié, a démissionné en décembre 1921. Les Anglais ne veulent alors rien céder et font arrêter Zaghloul Pacha, le leader du mouvement nationaliste Wafd, qui est exilé à Aden, puis aux Seychelles et enfin à Gibraltar. Conscient qu’il est urgent de faire des concessions, Allenby obtient de Lloyd George – contre l’avis des conservateurs les plus bornés tels que W. Churchill – l’octroi de l’indépendance à l’Égypte.


28 février 1922 Proclamation de l’indépendance égyptienne. C’est la fin du protectorat britannique mais l’indépendance a des limites : contrôle du canal de Suez, accords militaires contraignants, protection des intérêts étrangers et des minorités, condominium sur le Soudan.


13 mars 1922 Fouad prend le titre de « roi » et signe la constitution le 19 avril.


30 mars 1923 Libération de Zaghloul Pacha, accueilli triomphalement en septembre en Égypte où, après la victoire du Wafd aux élections de décembre-janvier (195 sièges sur 214), Fouad lui demande de constituer le premier gouvernement de l’Égypte indépendante (27 janvier 1924).


1924 Interdiction du Parti communiste.


12 mars 1925 Nouvelle victoire électorale du Wafd. Le maréchal Allenby renonce à ses fonctions de haut-commissaire le 14 juin suivant.


mars 1927 Fondation à Ismaïlia, par Hassan al-Banna, de la confrérie des Frères Musulmans. Elle entend lutter contre la présence coloniale anglaise par la réislamisation de la société.


1927 Mustapha al-Nahhas succède à Zaghloul à la tête du parti Wafd.


1929 Naissance du mouvement fascisant Misr al-Fatat, « La Jeune Égypte », d’Ahmed Hussein.


Décembre 1929 Nouvelle victoire électorale du parti Wafd.


1er janvier 1930 Formation du gouvernement Nahas Pacha après la suspension de la constitution par le roi Fouad.


26 août 1936 Nouveau traité anglo-égyptien, qui constitue une étape supplémentaire sur la voie de l’indépendance complète. Les Anglais peuvent cependant maintenir des troupes pendant vingt ans dans la zone du canal de Suez et, en cas de guerre, l’Égypte, alliée de l’Angleterre, devra mettre au service de Londres son territoire et ses infrastructures. Les inquiétudes que suscitent les initiatives italiennes en Méditerranée et la crainte d’une guerre européenne ont conduit les Anglais sur la voie du compromis.


8 mai 1937 La convention de Montreux met fin aux privilèges financiers ou judiciaires dont jouissaient les puissances étrangères en Égypte.


1937 L’Égypte est admise à la SDN.


décembre 1937 Le jeune roi Farouk, qui a succédé à son père Fouad disparu le 26 avril 1936, renvoie le premier ministre Nahas Pacha. Il dissout le Parlement et, contre le Wafd qu’il soupçonne de républicanisme, cherche à gouverner avec un ministère « libéral constitutionnel » peu représentatif des aspirations du pays. Les fêtes somptueuses qui accompagnent son mariage en janvier 1938 masquent une évidente absence de légitimité.


1938 Taha Hussein publie L’avenir de la culture en Égypte, un ouvrage qui est un appel à l’occidentalisation.


3 septembre 1939 La Grande-Bretagne, qui a déclaré la guerre à l’Allemagne, exige de l’Égypte l’application des clauses militaires du traité de 1936 et oblige le roi Farouk à prendre comme ministre Hussein Siry Pacha.


4 février 1942 Les Anglais imposent au roi Farouk, qui voulait constituer un gouvernement Aly Maher jugé anglophobe, la mise en place d’un gouvernement Nahas Pacha. Quand Farouk repousse l’ultimatum, l’ambassadeur britannique, Sir Miles Lampson, menace d’employer la force et ne lui laisse le choix qu’entre l’abdication et le gouvernement souhaité par Londres.


juillet 1942 Arrestation d’Anouar el-Sadate, qui est accusé d’avoir pris contact avec des agents allemands au moment où Rommel menace directement l’Égypte. Emprisonné, il s’évade en octobre 1944.


23 octobre-2 novembre 1942 La victoire britannique d’El-Alamein met l’Égypte hors de portée des forces d l’Axe.


8 octobre 1944 Farouk renvoie Nahas Pacha.


6 novembre 1944 Lord Moyne, ministre d’État de Grande-Bretagne au Moyen-Orient est assassiné au Caire par deux militants sionistes.


janvier 1945 Le roi Farouk, qui avait refusé de le faire en 1940, déclare la guerre à l’Allemagne et au Japon.


22 mars 1945 Signature au Caire de l’acte constitutif de la Ligue Arabe, six mois après une conférence préparatoire réunie à Alexandrie par Nahas Pacha qui n’entendait pas laisser aux Hachémites de Transjordanie et d’Irak le monopole de l’idée panarabe. Le siège de la Ligue est établi au Caire et non à Bagdad comme le souhaitaient les Britanniques.


septembre 1945 Levée de la loi martiale.


20 décembre 1945 L’Égypte réclame l’abrogation de certaines clauses du traité de 1936.


11 janvier 1946 Anouar el-Sadate retourne en prison jusqu’en août 1948.


4 juillet 1946 Les Anglais quittent la citadelle du Caire. Devant le développement de l’agitation et des émeutes, le gouvernement de Londres a décidé le 7 mai que ses troupes évacueront Le Caire, Alexandrie et le delta.


Avril 1948 L’agitation sociale gagne tout le pays et dégénère en violentes émeutes, notamment à Alexandrie.


15 mai 1948 Début de la première guerre israélo-arabe.


23 octobre 1948 Début, au sud de la Palestine, du siège de Faloudja qui se prolonge jusqu’à l’armistice de février 1949 et au cours duquel s’illustre le futur colonel Nasser.


4 décembre 1948 Le chef de la police égyptienne est abattu par les Frères musulmans dont l’organisation est dissoute peu après. Le 28 décembre, le premier ministre égyptien Al-Nokrachi est assassiné à son tour par les Frères musulmans. Il est remplacé par Ibrahim Abdel Hadi.


12 février 1949 Assassinat d’Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, sans doute en représailles du meurtre du premier ministre Al-Nokrachi.


24 février 1949 À l’issue des négociations engagées à partir du 12 janvier, signature de l’armistice de Rhodes entre l’Égypte et Israël.


1949 Formation du « Comité des officiers libres » animé par Gamal Abd al-Nasser et par Abd al-Hakim Amer. Ils sont soutenus par le général Naguib.


janvier 1950 Le Wafd obtient les deux tiers des sièges aux élections législatives.


1er septembre 1951 Le Conseil de Sécurité de l’ONU condamne l’Égypte qui a interdit le canal de Suez aux bateaux israéliens.


8 octobre 1951 Le premier ministre égyptien, Nahas Pacha, le leader du Wafd, dénonce unilatéralement le traité anglo-égyptien de 1936. Le 13 octobre, le gouvernement égyptien rejette le projet présenté par les Occidentaux d’un commandement suprême unifié pour le Proche-Orient.


1951-1952 Développement de la guérilla contre les forces anglaises dans la zone du canal.


20 janvier 1952 Les Anglais occupent Ismaïlia. Émeutes et incendies se généralisent au Caire au cours des jours suivants (plus de deux cents incendies pour la seule journée du 26). L’assaut anglais contre le siège de la police d’Ismaïlia, qui fait une quarantaine de morts le 25 janvier, déclenche la fureur de l’opinion égyptienne et prépare le terrain pour les évènements de l’été, dans un pays en proie à des crises ministérielles répétées.

 

23 juillet 1952 Coup d’État des « officiers libres » dirigés par Gamal Abdel Nasser, Anouar el-Sadate et Zakaria Moïeddine, qui mettent en avant, en raison de sa popularité, le général Mohammed Naguib. Le roi Farouk abdique le 26 juillet en faveur de son fils Fouad II et part en exil.


9 septembre 1952 Les nouveaux dirigeants annoncent la mise en œuvre d’une réforme agraire. Le général Naguib, commandant en chef de l’armée, succède à Ali Maher comme chef du gouvernement.


29 octobre 1952 L’Égypte reconnaît le droit du Soudan à l’autodétermination.


janvier 1953 Dissolution des partis politiques. Le Rassemblement de la Libération devient le parti unique. Une constitution provisoire est promulguée le 10 février.


18 juin 1953 Proclamation de la République. Nasser est vice-président du Conseil alors que Naguib cumule présidence de la République et du Conseil.


28 mars 1954 Nasser sort vainqueur du conflit qui l’oppose au général Naguib que les officiers libres ont mis en avant en 1952. Naguib a cherché à se rapprocher des Frères musulmans alors que Nasser et ses partisans souhaitent bâtir un État national laïque. Quand Nasser décide la dissolution des Frères musulmans, Naguib démissionne de la présidence de la République le 25 février. Il est rappelé au pouvoir par la rue et une partie de l’armée le 27 mais, un mois plus tard, Nasser l’emporte car la perspective du retour de la classe parlementaire, corrompue et acquise à l’étranger, est inacceptable pour de nombreux Égyptiens. Naguib reste président jusqu’en novembre mais il est privé de tout pouvoir et placé, le 13 novembre, en résidence surveillée. Nasser est devenu alors le maître incontesté du pays.


19 octobre 1954 Ratification du traité conclu entre Nasser et la Grande-Bretagne le 27 juillet précédent. Le traité prévoit, dans les vingt mois, l’évacuation de la zone du canal de Suez occupée par des forces britanniques.


26 octobre 1954 Attentat manqué d’un Frère musulman contre Nasser.


18 au 18 avril 1955 Conférence de Bandoung. Naissance du mouvement des non alignés, au sein duquel l’Égypte jouera un rôle important.


1955 Attaché au neutralisme, Nasser refuse de se joindre aux signataires du Pacte de Bagdad (Turquie, Irak, Iran, Pakistan et Grande-Bretagne) qui a pour vocation de compléter le containment de l’URSS par les Occidentaux.


27 avril 1955 Accord commercial entre l’Égypte et l’URSS


26 septembre 1955 Nasser annonce son intention de doter l’Égypte d’armements soviétiques achetés en Tchécoslovaquie.


20 octobre 1955 Conclusion d’un pacte égypto-syrien, première manifestation concrète du projet panarabe de Nasser.


1er janvier 1956 Le Soudan devient un État indépendant.


16 janvier 1956 Nouvelle constitution subordonnant l’Assemblée au président détenteur du pouvoir exécutif. Le 23 juin, lors d’un double référendum, 99 % des Égyptiens approuvent la nouvelle constitution et l’élection de Nasser à la présidence de la République.


avril 1956 Conclusion d’un pacte entre l’Égypte, l’Arabie saoudite et le Yémen.


18 juin 1956 Départ des dernières troupes anglaises d’Égypte.


19 juillet 1956 Les États-Unis annoncent leur refus de continuer à financer la construction du barrage d’Assouan.


26 juillet 1956 Nasser annonce la nationalisation du canal de Suez.


12 août 1956 Nasser refuse de participer à la conférence de Londres consacrée au problème de Suez et rejette le 29 le plan proposé par les Britanniques.


23 octobre 1956 La Jordanie rejoint l’alliance formée par l’Égypte, la Syrie et l’Arabie saoudite. La conférence de Sèvres, qui réunit des représentants français, anglais et israéliens prépare l’attaque contre l’Égypte.


29 octobre – 5 novembre 1956 Les Israéliens l’emportent sur les Égyptiens lors de la campagne du Sinaï.


5-6 novembre 1956 Les Français s’emparent de Port-Saïd où débarque le corps expéditionnaire franco-anglais concentré à Chypre depuis plusieurs semaines. Les menaces soviétiques et les pressions américaines obligent Paris et Londres à renoncer à l’opération. Vaincu militairement, Nasser sort politiquement victorieux de la crise qui a permis à l’URSS d’apparaître comme une alliée du monde arabe.


22 décembre 1956 Fin de l’évacuation des forces franco-anglaises de la zone de Suez. Elles sont remplacées par des « casques bleus » de l’ONU, qui constituent une force d’interposition entre Égyptiens et Israéliens.


15 janvier 1957 Lois nationalisant agences commerciales, banques et compagnies d’assurances étrangères opérant en Égypte.


28 mai 1957 L’Union Nationale devient le nouveau parti unique égyptien, remplacé en décembre 1962 par l’Union Socialiste Arabe.


21 février 1958 Égyptiens et Syriens acceptent par référendum la création de la République Arabe Unie, dotée d’une constitution provisoire le 5 mars. Trois jours plus tard, Nasser et le Yéménite Ahmad al-Badr créent les États Arabes Unis par le rattachement du Yémen à la RAU.


1961 Nationalisation de la marine marchande et du commerce extérieur.


28 septembre 1961 La Syrie annonce qu’elle se sépare de la République Arabe Unie.


21 octobre 1962 Nasser conclut un pacte d’assistance militaire avec le gouvernement républicain du colonel Sallal qui a pris le pouvoir au Yémen le 26 septembre. L’Égypte engagera un corps expéditionnaire de 50 000 hommes dans la guerre civile qui suit et qui se prolonge jusqu’en 1967, quand le sommet arabe de Khartoum fournira à Nasser et au roi Fayçal d’Arabie, protecteurs de chacun des deux camps, l’occasion de trouver un compromis.


17 avril 1963 Accord de principe pour une union de type fédéral entre l’Égypte, la Syrie et l’Irak, annulé par l’Égypte dès le mois de juillet.


13 au 13 janvier 1964 Le sommet arabe du Caire, qui réunit treize chefs d’État, se penche sur la question des eaux du Jourdain qu’Israël souhaite détourner à son profit et affirme la légitimité du combat des Palestiniens.


mai 1964 Voyage de Khrouchtchev au Caire. Inauguration du barrage d’Assouan, réalisé avec l’aide de l’URSS.


15 mars 1965 Nasser est réélu par 99 % des votants.


26 août 1966 Exécution par pendaison de Sayed Qotb, l’un des principaux dirigeants des Frères Musulmans. Deux autres leaders du mouvement sont également exécutés. Trente-huit accusés étaient morts en prison au cours de l’instruction du procès qui a eu lieu le 17 mai.


janvier 1967 Nasser tente d’utiliser le roi Saud d’Arabie qui a été contraint d’abandonner le trône à son frère Fayçal mais cette tentative demeure sans lendemain.


16 mai 1967 Nasser demande le départ des casques bleus déployés sur la frontière israélo-égyptienne. Le 24 mai, il annonce la fermeture aux navires israéliens du détroit de Tiran, à l’entrée du golfe d’Aqaba – ce qui prive Israël d’un débouché sur la mer Rouge – et, le 31 mai, il signe un accord de défense avec la Jordanie du roi Hussein. Il espère ainsi faire pression sur Israël pour obtenir un compromis favorable sans avoir à faire une guerre dont il sait que l’armée égyptienne n’est pas prête à l’affronter.


5-11 juin 1967 « Guerre des Six Jours ». Elle se conclut sur une victoire totale pour Israël qui, se jugeant menacé, a pris l’initiative des hostilités. L’Égypte perd le Sinaï et l’armée israélienne s’installe sur la rive gauche du canal de Suez désormais fermé à la navigation.


9 juin 1967 Nasser annonce sa démission mais ses partisans qui ont envahi les rues du Caire lui demandent de rester au pouvoir, ce qu’il accepte de faire le lendemain.


26 août 1967 Échec de la tentative de putsch du général Amer, qui se suicide en prison le 14 septembre.


5 novembre 1967 Un coup d’État remplace le général Sallal, l’homme fort du Yémen républicain soutenu jusque-là par Nasser. Celui-ci, contraint de recourir à l’aide de l’Arabie saoudite après la défaite de juin, doit abandonner son protégé.


22 novembre 1967 La résolution 242 de l’ONU réclame le retrait d’Israël des territoires occupés en juin.


2 mai 1968 Les Égyptiens approuvent par référendum, à plus de 99 % des suffrages, le plan de réformes proposé par Nasser.


1969 Égypte, Libye et Soudan concluent le pacte de Tripoli créant des procédures de consultation et de concertation entre les trois gouvernements.


avril 1970 Le déploiement de missiles antiaériens soviétiques SAM interdit désormais à l’aviation israélienne ses bombardements sur l’Égypte.


19 juin 1970 Nasser accepte le plan américain Rogers pour un règlement du conflit avec Israël.


8 août 1970 Un cessez-le-feu est conclu sur le canal de Suez.


23 au 23 septembre Un sommet arabe restreint réuni au Caire met fin aux affrontements jordano-palestiniens qui ont eu lieu à Amman au cours des jours précédents.


28 septembre 1970 Mort de Nasser. Des millions de personnes suivent ses obsèques.


15 octobre 1970 Anouar el-Sadate accède au pouvoir et annonce l’infitah, la libéralisation économique.


avril 1971 Le pacte de Benghazi entre Syrie, Égypte et Libye prévoit la création d’une Union des Républiques arabes. Le 2 août 1972, Sadate accepte le principe d’une fusion de l’Égypte et de la Libye mais la révolution culturelle lancée en avril 1973 par le colonel Khadafi, qui implique la guerre totale contre Israël, conduit Sadate à prendre ses distances avec son interlocuteur libyen.


2 mai 1971 Sadate sort vainqueur de la lutte qui l’oppose à Ali Sabri, le leader pro-soviétique de l’Union Socialiste Arabe, le parti unique, qui est arrêté avec ses partisans.


18 juillet 1972 Sadate, qui, malgré les accords conclus en mai 1971, n’a pu obtenir en février des Soviétiques les livraisons d’armes sur lesquelles il comptait, décide de renvoyer les 20 000 conseillers soviétiques présents en Égypte. Il entend ainsi envoyer un signal positif à Washington, en sachant que les Américains sont seuls en mesure d’obliger Israël à des concessions.


6 octobre 1973 Guerre du Kippour. Les Égyptiens du général Ghazli franchissent le canal de Suez et enfoncent la ligne de défense israélienne Bar Lev. Les Israéliens reprennent l’initiative après l’avoir emporté sur les Syriens et font passer leurs forces sur la rive gauche du canal, menaçant ainsi d’encerclement la IIIe armée égyptienne engagée dans le Sinaï. Les pressions des deux Grands obligent finalement les adversaires à conclure, le 11 novembre, l’accord de cessez- le-feu du Km 101.


18 janvier 1974 La médiation américaine (H. Kissinger) permet la conclusion d’un accord de désengagement militaire mutuel entre l’Égypte et Israël.


Août 1976 Vive tension entre l’Égypte et la Libye du colonel Khadafi après qu’un attentat perpétré à Alexandrie a fait craindre une tentative de déstabilisation du régime égyptien orchestrée par le voisin libyen.


janvier 1977 De graves émeutes ont lieu au Caire et dans plusieurs villes en raison de l’augmentation des prix des produits de première nécessité décidée par Sadate à la demande du Fonds monétaire international.


19 novembre 1977 Sadate se rend à Jérusalem. Il est reçu à la Knesset, le Parlement israélien, et s’engage à faire la paix avec Israël contre l’évacuation des territoires occupés et la reconnaissance du droit à l’existence d’un État palestinien. Ce voyage est suivi en décembre par une rencontre Begin-Sadate à Ismaïlia. L’Égypte suspend le remboursement des dettes contractées auprès de l’URSS et de la Tchécoslovaquie.


17 septembre 1978 Signature des accords de Camp David entre l’Égypte et Israël, sous l’égide des États-Unis. Sadate et son interlocuteur israélien Menachem Begin reçoivent le prix Nobel de la Paix.


26 mars 1979 Signature du traité de paix de Washington entre l’Égypte et Israël. L’Égypte récupère le Sinaï¨perdu en 1967 et bénéficie d’une importante aide américaine mais elle s’isole du monde arabe.


31 mars 1979 Un sommet arabe réuni à Bagdad (19 pays et l’OLP palestinienne) décide le boycott de l’Égypte et le transfert du siège de la Ligue arabe installé jusque-là au Caire.


27 juillet 1980 Le chah d’Iran, renversé par la révolution islamique l’année précédente, meurt au Caire où Sadate l’a accueilli.


17 juin 1981 Affrontements entre musulmans et coptes.


2 septembre 1981 Arrestation de 1 500 islamistes pour « sédition confessionnelle »


6 octobre 1981 Assassinat par quatre islamistes du président Sadate – à l’occasion d’un défilé militaire commémorant le déclenchement de la guerre du Kippour – à Medinet Nasr, dans la banlieue du Caire. Au procès des vingt-quatre conjurés impliqués dans l’attentat, cinq condamnations à mort seront prononcées. Le successeur de Sadate, Hosni Moubarak, qui était vice-président depuis I975, instaure l’état d’urgence, maintenu jusqu’à aujourd’hui. Élu président le 14 octobre 1981, H. Moubarak est réélu en 1987, 1993 et 1999 (avec 93, 79 % des voix).


25 avril 1982 Fin de l’évacuation du Sinaï par les forces israéliennes, en application des clauses du traité de Washington. En mars 1989, l’Égypte récupérera la petite enclave de Taba, près d’Aqaba.


1990 Autorisation du Parti Arabe Démocratique Nassérien.


1991 L’Égypte rejoint la Ligue arabe après en avoir été écartée pour avoir conclu la paix avec Israël.


1er janvier 1992 L’Égyptien Boutros Ghali prend ses fonctions de secrétaire général de l’ONU.


4 mai 1992 Des islamistes attaquent les coptes en Haute-Égypte, à Assiout. Le 8 juin, l’écrivain Farag Foda, hostile aux fondamentalistes, est assassiné au Caire par des islamistes. Le 21 octobre, ce sont des touristes qui sont visés. Il s’agit de ruiner l’activité touristique, qui constitue une ressource vitale pour l’Égypte. Cette stratégie culminera avec l’attentat perpétré à Louxor en 1997. De mars 1992 à juin 1997 le terrorisme islamiste coûtera la vie à près de douze cents victimes.


10 mars 1993 Violents affrontements au Caire entre la police et les islamistes. Le 4 octobre suivant, Hosni Moubarak est réélu président pour six ans, il le sera de nouveau en 1999.


9 février 1994 Shimon Peres et Yasser Arafat, réunis au Caire, relancent l’application des accords d’Oslo.


14 octobre 1994 L’écrivain égyptien Naguib Mahfouz est poignardé par un islamiste.


1995 Interdiction du parti Al Wassat issu des Frères Musulmans.


26 juin 1995 Attentat manqué contre le président Moubarak à Addis-Abeba où il se rendait au sommet de l’Organisation de l’unité africaine. L’action est revendiquée par la Gamaat al Islamiya, la principale organisation intégriste clandestine.


5 octobre 1997 Émeutes paysannes à la suite de l’entrée en vigueur d’une loi agraire libérant les prix des loyers agricoles.


17 novembre 1997 57 touristes et quatre Égyptiens trouvent la mort lors de l’attentat de Louxor, perpétré par les islamistes. Les terroristes réclament la libération de Cheikh Omar Abdel Rahmane, détenu aux États-Unis depuis l’attentat perpétré en 1993 contre le World Trade Center.


15 novembre 2000 Les élections législatives donnent 85 % des sièges au Parti national démocratique du président Moubarak.


avril 2002 Élections municipales. Le Parti national démocratique du président Moubarak obtient 99 % des suffrages exprimés. Le parti au pouvoir contrôle la majorité des sièges des deux chambres du Parlement (Assemblée du Peuple et Conseil consultatif). Les partis d’opposition réunis (Al Wafd, le Parti du rassemblement national progressiste et unitaire, le Parti arabe démocratique nassérien et le Parti libéral) ne disposent que de 17 des 454 sièges que compte l’Assemblée. Sur 37 députés « indépendants », 17 sont proches des Frères musulmans.

 
 
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