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L'Ecosse, de Brave Heart à Walter Scott


Une terre de landes battues par les vents hivernaux venus de l’océan. Un peuple de farouches guerriers, de clans construits autour de l’honneur, une nation animée d’une puissante volonté d’indépendance contre les Anglais. Des paysages grandioses de montagnes découpées par la violence des éléments, sur lesquels planent des airs de cornemuse comme autant d’échos d’une culture qui irrigue le plus profond de l’âme écossaise. Des fantômes qui, paraît-il, continuent de hanter des châteaux glacés mais encore habités par des familles dont l’origine se confond avec celle de leur pays. Des hommes, un verre de whisky à la main et portant le kilt, symbole de leur virilité devenu une forme suprême d’élégance.


Est-il possible de libérer l’Ecosse de ces stéréotypes ? D’ailleurs sont-ils vraiment faux ?


L’Histoire et la géographie, à moins que ce ne soient tout simplement les hommes, ont tracé la frontière avec l’Angleterre entre la River Tweed et le Solway Firth, ce qui en fait une province de 78 772 kilomètres carrés. L’Ecosse a été placée sur le chemin du flux d’ouest, cet ensemble de vents qui, venus du cœur de l’océan Atlantique, se jettent sur les côtes occidentales de l’Europe. En hiver, la tempête se déchaîne, comme si elle voulait tester la solidité de cette terre qui se dresse devant elle. La puissance des vents peut dépasser les 150 ou 180 kilomètres par heure, entraînant avec eux une masse d’eau en furie qui se brise en vagues assourdissantes sur les côtes. Mais une fois qu’Eole s’est apaisé, une réalité climatique bien différente s’offre à l’homme. Le Gulf Stream caresse avec langueur le littoral écossais et lui apporte une douceur que n’ont pas les côtes canadiennes de l’autre côté du grand océan. Si les températures sont bien plus basses que dans le reste de la Grande-Bretagne, les moyennes hivernales flirtent avec les 6 degrés Celsius et celles de l’été avec les 18 degrés dans les régions les plus méridionales. Avec plus de 3 000 millimètres de précipitations par an, les montagnes du Nord apparaissent bien comme les zones les plus arrosées de l’archipel britannique, quand le reste du pays se « contente » de 800 millimètres par an.


La géographie fait de l’Ecosse un pays aux multiples visages. Les Highlands, la région la plus septentrionale et la plus connue, dressent leurs hautes montagnes qui culminent à 1 344 mètres avec le mont Ben Nevis. Elles sont coupées en deux par le Great Glen, cette faille géologique qui sépare les monts Grampians des Highlands proprement dites au nord-ouest. Cette zone, parsemée de lochs (les fameux lacs intérieurs écossais), reste encore aujourd’hui la plus pauvre, la moins fertile et la moins peuplée d’Ecosse. A l’inverse, le Sud de l’Ecosse est occupé par les Lowlands qui, à l’exception des montagnes des Southern Uplands, offre à l’activité humaine des conditions plus favorables grâce aux collines et aux plaines de la Central Belt.


L’hétérogénéité écossaise se ressent aussi au niveau des littoraux. Les fjords, les lochs de mer, les estuaires se succèdent le long des côtes occidentales qui semblent avoir été découpées par la violence des tempêtes, alors que celles de la mer du Nord, certes aux eaux infiniment plus froides, étalent de longues plages de sable séparées par de larges estuaires. L’activité pétrolière dynamise ce littoral, assure son peuplement et fortifie son activité industrielle, intégrant ainsi l’Ecosse aux flux de la mondialisation.


Quant aux 790 îles qui, tel un chapelet protecteur, entourent l’Ecosse, elles se concentrent majoritairement à l’ouest du pays. Les archipels les plus connus sont ceux des Shetlands, des Orcades, des Hébrides intérieures et des Hébrides extérieures. Avec ses 859 kilomètres carrés, l’île de Lewis et Harris est la plus vaste. Les amateurs de romans policiers pensent bien sûr à la trilogie écossaise de Peter May et à ses descriptions magnifiques des paysages et de la culture des Hébrides, de la dureté de la vie de ces pêcheurs, de la rigueur calviniste intransigeante de leur foi et de ces black houses encore habitées il y a une cinquantaine d’années.


L’Ecosse est à la fois une et multiple. A l’image de son histoire.

C'est tardivement que les terres rudes et inhospitalières des périphéries insulaires du Nord-Ouest européen ont été colonisées par l'homme. Elles appartiennent dès le IVe millénaire à l'espace des cultures néolithiques qui ont laissé un important patrimoine mégalithique, avant d'être, au cours de l'âge du fer, envahies par les populations celtiques issues du continent. Ces époques lointaines et mal connues voient se cristalliser les identités ethniques de peuples tels que les Brigantes ou les Calédoniens auxquels va se trouver confronté au Ier siècle après J.-C., l'envahisseur romain. Une fois soumise la partie méridionale de l'île de Bretagne (notre actuelle Angleterre), les Romains doivent contenir la poussée des barbares du Nord et édifient pour cela les murs d'Hadrien et d'Antonin. Quand l'île bretonne est abandonnée par les Romains au début du Ve siècle, les Celtes – Pictes et Scots – parviennent à tenir à distance de leurs territoires les nouveaux venus germaniques Angles et Saxons, mais doivent ensuite concéder du terrain aux Scandinaves venus de Norvège, qui vont faire des côtes écossaises des territoires de colonisation. Ce n'est que dans la seconde moitié du IXe siècle que parvient à se constituer un véritable royaume d'Ecosse qui va tenir tête au voisin anglais tout au long du Moyen Age.


8500 av. J.-C. : Date estimée pour la fondation des premiers foyers d’habitation retrouvés sur les sites de Carmon et de Sand. Il s’agit sans doute de traces laissées par des populations de chasseurs-cueilleurs.


IVe millénaire av. J.-C. : Apparition de l’agriculture.


3600 av. J.-C. : Traces d’habitations permanentes dans la région d’Aberdeen. C’est de cette époque que datent aussi les vestiges du plus ancien crannog répertorié (plateforme de bois sur laquelle une habitation est construite), situé sur l’île de North Uist.


IIe millénaire av. J.-C. : Mise en place des ensembles de monolithes sous forme de cercles qu’on ne trouve que dans les îles britanniques (sites de Stones of Stenness et de Ring of Brodgar).


1600-1300 av. J.-C. : Inhumation de momies sur l’île de South Uist.


500 av. J.-C. : Installation de tribus celtes.


77-84 ap. J.-C. : Le général romain Julius Agricola est gouverneur de Bretagne dont il achève la conquête.


82 : Les Calédoniens, menés par leur chef Calgacus, attaquent les Romains.


83 : Défaite de Calgacus face aux armées d’Agricola. Rome, ne désirant pas s’enfoncer dans le territoire de la Calédonie, maintient la frontière de l’empire le long de la Clyde et du Forth.


vers 122 : Arrivée en Bretagne de l’empereur Hadrien qui y supervise la construction du mur qui porte son nom, élément du limes censé protéger l’empire des invasions barbares.


vers 140 : Construction du mur dit « d’Antonin », situé à une centaine de kilomètres plus au nord du précédent. Il permet d’intégrer à l’empire un autre peuple battu par le général Urbicus, les Brigantes, et d’isoler la Bretagne de la Calédonie et de ses tribus frondeuses.


vers 160 : Révolte des Brigantes matée par les Romains.


vers 180 : Les incursions des tribus calédoniennes se multiplient contre le limes.


208-211 : Combats menés par l’empereur Septime Sévère contre les raids barbares. Malgré plusieurs succès remportés, il préfère abandonner le mur d’Antonin pour mieux consolider celui d’Hadrien.


215 : Abandon définitif par Rome du fort de Carpow, construit cinq ans auparavant au cœur des Lowlands lors des expéditions de Septime Sévère.


306 : Suite à la campagne de reconquête de la Bretagne par Constance Chlore, l’empereur Constantin rétablit la souveraineté de Rome jusqu’au mur d’Hadrien.


367-370 : Offensive de plusieurs peuples barbares, dont les Pictes et les Saxons, contre la Bretagne romaine. Elle est repoussée par le général Théodose l’Ancien. Les envahisseurs sont alors rejetés en Calédonie.


383 : Les Pictes sont une nouvelle fois battus, cette fois par le comte Maxime (Magnus Maximus) qui se proclame ensuite empereur. Son départ pour la Gaule laisse le champ libre aux tribus calédoniennes qui en profitent pour repartir à l’offensive.


387 : Les troupes romaines abandonnent de nouveau le mur d’Hadrien et se replient plus au sud, sur la barrière montagneuse des Pennines dont les contreforts touchent l’Ecosse actuelle.


début du Ve siècle : Arrivée, sur les rivages occidentaux de la Calédonie, des Scots, peuple celte venant d’Irlande. Ils profitent de l’abandon de la Bretagne par les Romains pour s’y établir durablement et étendre leur domination sur le reste de la région. La Calédonie devient l’Ecosse (la Scotland, le pays des Scots).


Ve siècle : l’Ecosse se morcelle en deux principaux royaumes. A l’ouest, celui des Scots appelé le Dal Riada, à l’est et au centre celui des Pictes, Fortriú.


563 : Fondation d’un monastère sur l’île d’Iona, dans les Hébrides intérieures, par saint Colomban (521-597), un moine irlandais qui a diffusé le christianisme dans le Nord-Ouest de l’Europe. Le monastère devient un grand centre d’évangélisation et de culture pour toute l’Ecosse. Au-delà des inévitables légendes autour du personnage de Colomban (il aurait vaincu un monstre près d’un loch appelé à devenir célèbre…), l’Histoire retient que le moine aurait converti le royaume des Pictes puis celui du Dal Riada dont il aurait couronné le souverain à Iona.


729-761 : Règne du roi picte Oengus Ier. Il s’empare du pouvoir à l’issue d’une guerre civile contre quatre autres prétendants au trône qu’il bat successivement. Il doit également mener trois campagnes contre les Scots pour les soumettre à son autorité. Le royaume du Dal al Riada y perd son indépendance.


802 : Arrivée des Vikings qui s’emparent des îles Orcades, Shetland, Hébrides. Ils ravagent le monastère d’Iona cette année-là, puis, quatre ans plus tard, en massacrant au passage soixante-huit moines. Le monastère déménage alors en Irlande, à Kells, en 807 pour être davantage en sécurité.


780-820 : Règne de Constantin mac Fergusa. D’abord roi des Pictes, il aurait aussi régné sur les Scots à partir de 811, mais cette thèse de l’unification des deux royaumes est très débattue entre historiens.


820 : Le frère de Constantin, Oengus II, lui succède peut-être à la tête des deux royaumes. La chronologie manque de précision. Il aurait régné jusqu’en 834 sur les Pictes et jusqu'en 829 sur les Scots. C’est sous son règne que le drapeau écossais, le Saltire (la croix blanche de Saint-André sous fond bleu) serait devenu l’emblème de l’Ecosse.


834-839 : Règne du fils d’Oengus, Eòganám mac Oengus. Il aurait placé Aed mac Boanta à la tête du royaume du Dal Riada.


839 : Terrible défaite face aux Vikings. Eòganám, son frère Bran ainsi que Aed y perdent la vie. C’est la fin de la dynastie d’Oengus.

 

Le jeune royaume d'Ecosse constitue une menace sérieuse pour ses voisins anglo-saxons, mais dès que le duc de Normandie Guillaume a réalisé la conquête de l'Angleterre, il ouvre une longue période de guerres anglo-écossaises. Celles-ci tournent longtemps à l'avantage d'une Angleterre plus riche et plus peuplée, malgré la recherche par les Ecossais de l'alliance française (l'Auld Alliance). Il faut la résistance de William Wallace et l'insurrection dirigée par Robert Bruce pour que les Anglais, vaincus à Bannockburn en 1314, finissent par reconnaître, lors de la conclusion du traité de Northampton, la souveraineté du royaume écossais. Un siècle avant que Jeanne d'Arc n'incarne l'émergence d'une première identité nationale française, la déclaration d'Arbroath de 1320 apparaît comme la première formulation d'un patriotisme forgé dans la lutte contre l'Anglais. L'Ecosse parvient à sauvegarder son indépendance sur le pan ecclésiastique, mais s'inspire beaucoup, dans l'organisation de l'Etat royal, du modèle propre à son ennemi. La quête continue de l'alliance française fragilise en fait le royaume, car l'Angleterre va chercher par tous les moyens à réduire, dans le contexte de sa lutte multiséculaire avec la France, la menace d'un « second front ».


843-858 : Règne de Kenneth Ier. D’abord souverain du Dal Riada, il impose son autorité sur les Pictes, raison pour laquelle il est considéré comme le véritable fondateur de la monarchie écossaise et comme l'unificateur du pays. Avec lui, les Scots dominent l’Ecosse. Kenneth Ier fait face au royaume de Strathclyde, situé au sud de l’Ecosse actuelle (région de Glasgow), dont les origines restent mystérieuses.


937 : Le morcellement du royaume de Strathclyde permet au roi écossais Malcolm Ier d’en récupérer une partie, alors que le reste échoit au roi d’Angleterre et qu’une entité indépendante subsiste sous le nom traditionnel.


1018 : Bataille de Carham entre le roi d’Ecosse Malcolm II, allié avec Owen le Chauve, souverain de Strathclyde, et le roi de Northumbrie. La victoire des deux alliés permet le renforcement de la domination écossaise sur le Lothian.


1015 : Le petit-fils de Malcolm II, Duncan, reçoit le titre de roi de Strathclyde à la mort d’Owen le Chauve.


1034 : Duncan devient roi à son tour et réunit le Strathclyde au reste du royaume d’Ecosse. Il fonde la dynastie de Dunkeld.


14 août 1040 : Duncan Ier est tué à Pitgaveny dans un affrontement contre le roi de Moray (province du Nord-Est de l’Ecosse) Mac Bethad mac Findlaich, plus connu sous le nom de Macbeth. Celui-ci s’empare du pouvoir.


1045 : Défaite du père de Duncan Ier, l’abbé laïc Crinan.


27 juillet 1054 : Macbeth est battu par les troupes du fils de Duncan Ier Malcolm Canmore qui a envahi l’Ecosse depuis l’Angleterre.


15 août 1057 : Macbeth est tué à Lumphanan par Malcolm qui devient Malcolm III après l’élimination du fils de Macbeth, Lulach, le 25 mars 1058.


1072 : Malcolm III prête hommage à Guillaume le Conquérant qui, depuis sa victoire d’Hastings, règne sur l’Angleterre.


1080 : Attaque des troupes anglo-normandes contre l’Ecosse. Malcolm III se soumet à Guillaume.


13 novembre 1093 : Malcolm III est tué dans une embuscade par des chefs de clans hostiles. Avènement de son fils Duncan II qui a passé sa jeunesse à la cour d’Angleterre comme « otage ».


Mai 1094 : Duncan II chasse son oncle Donald III qui avait été reconnu roi par les Scots et qui se réfugie dans les Highlands, sans pour autant renoncer à la lutte pour le pouvoir.


12 novembre 1094 : Duncan II meurt dans un combat contre les troupes de Donald III.


1097 : Arrivée en Ecosse d’Egdar, un autre fils de Malcolm III, avec l’aide militaire de l’Angleterre. Donald III est battu et Edgar monte sur le trône.


15 janvier 1107 : Après un règne pacifique, Edgar meurt et laisse le pouvoir à son frère, Alexandre Ier.


1114 : Participation d’Alexandre Ier à une expédition dans le pays de Galles aux côtés du roi d’Angleterre Henri Ier, signe de l’alliance entre les deux royaumes.


27 avril 1124 : Mort sans postérité d’Alexandre Ier. Avènement de son oncle David Ier. Son règne est l’un des plus glorieux des rois de l’Ecosse médiévale. Il correspond à un élargissement des limites du royaume et à l’introduction d’un système féodal.


1130-1134 : Révolte de Máel Coluim, fils d’Alexandre Ier, contre son oncle. Elle s’achève par la défaite, la capture et l’emprisonnement de Máel Coluim.


1135 : David Ier envahit l’Angleterre sous prétexte de contester les droits au trône d’Etienne de Blois qui s’est emparé du pouvoir à la place de la fille d’Henri Ier, Mathilde. La campagne s’achève par une paix de compromis signée entre David et Etienne à Durham (20 février 1136).


1138 : Rupture de la paix et nouvelle invasion de l’Angleterre par David Ier.


10 juin 1138 : La bataille de Clitheroe est remportée par les armées écossaises.


22 août 1138 : Les Ecossais sont battus à la bataille de l’Etendard sans que celle-ci ne signe la défaite définitive de David Ier qui conserve de nombreux points d’appuis.


9 avril 1139 : Second traité de Durham entre Etienne et David Ier qui accorde au fils de ce dernier, Henri, le comté de Northumberland et d’Huntingdon


1138-1153 : David Ier profite de la période de guerre civile en Angleterre pour étendre son influence sur le Nord du pays.


1152 : Mort du fils unique de David Ier, Henri, qui gouvernait aux côtés de son père.


24 mai 1153 : Mort de David Ier. Son successeur est son petit-fils Malcolm IV.


1153-1165 : Règne de Malcolm IV.


juillet 1157 : Malcolm IV rend hommage au roi d’Angleterre Henri II qui récupère plusieurs territoires dévolus à David Ier par ses prédécesseurs.


1159-1160 : Participation de Malcolm IV à l’expédition contre le comte de Toulouse aux côtés d’Henri II qui le fait chevalier. La guerre est motivée par la défense des droits sur le comté transmis par Aliénor d’Aquitaine au roi d’Angleterre.


9 décembre 1165 : Mort de Malcolm IV à l’âge de 24 ans. Avènement de son frère Guillaume Ier.


1173 : Participation de Guillaume Ier à la révolte d’Henri le Jeune, fils aîné d’Henri II d’Angleterre, contre son propre père. Il envahit à deux reprises le Northumberland avant d’être capturé par les Anglais.


8 décembre 1174 : Signature du traité de Falaise entre Guillaume Ier et Henri II, par lequel le roi d’Ecosse se reconnaît vassal du roi d’Angleterre. L’indépendance de l’Ecosse est sérieusement mise à mal par ce traité.


2 décembre 1189 : Le successeur d’Henri II, Richard Ier Cœur de Lion, accepte de signer un nouveau traité avec Guillaume Ier, celui de Cantorbéry. Beaucoup plus favorable aux Ecossais, ce texte restaure l’indépendance de l’Ecosse et lui rend certains territoires, à l’exception du Northumberland.


6 août 1209 : Signature du traité de Norham entre Guillaume Ier et Jean sans Terre qui prévoit le mariage de l’une des filles du roi d’Ecosse avec le prince héritier d’Angleterre.


4 décembre 1204 : Mort de Guillaume Ier. Avènement de son fils Alexandre II.


15 juin 1215 : Alexandre II signe la Magna Carta, célèbre document qui garantit les libertés des seigneurs et des villes et impose le contrôle des impôts par le Grand Conseil du royaume.


octobre 1215 : Guerre contre le roi d’Angleterre Jean sans Terre et invasion du Northumberland. Les hostilités durent jusqu’en 1221, date de la paix avec Henri III.


24 décembre 1237 : Traité d'York par lequel Alexandre II renonce à ses revendications sur le Northumberland.


14 août 1244 : Le traité de Newcastle impose à Alexandre II de ne pas faire la guerre au roi d’Angleterre.


8 juillet 1249 : Mort d’Alexandre II et avènement de son fils Alexandre III, âgé de huit ans.


1262 : Expédition de conquête des îles Hébrides, officiellement sous souveraineté du roi de Norvège qui y reçoit l’hommage d’un roi vassal.


1263 : Haakon IV de Norvège prend la tête d’une vaste expédition navale, forte de 120 navires. Mais, le 2 octobre 1263, ses troupes débarquées sur une côté écossaise se font massacrer.


2 juillet 1266 : Signature du traité de Perth qui met fin à la guerre entre l’Ecosse et la Norvège. Les Hébrides et l’île de Man deviennent écossaises.

 

Alors que se poursuit l'affrontement anglo-écossais, la reconnaissance par le pape Jean XXII du titre de roi d'Ecosse à Robert Ier, bientôt suivie de la conclusion du traité de Corbeil qui confirme la « vieille alliance » franco-écossaise, fait du royaume un acteur politique important au sein de l'Europe médiévale. 


19 mars 1286 : Mort d’Alexandre III. Lui succède sa petite-fille Marguerite Ière, âgée seulement de trois ans.


1290 : Traité de Brigham qui prévoit le mariage de Marguerite avec l’héritier de la couronne d’Angleterre, le futur Edouard II.


26 septembre 1290 : Mort de Marguerite Ière lors d’un voyage vers la Norvège. Cette disparition met fin à la dynastie des Dunkeld et ouvre une crise de succession entre plusieurs prétendants.


24 juin 1291 : Les prétendants et barons d’Ecosse font appel à l’arbitrage d’Edouard Ier d’Angleterre.


17 novembre 1292 : Edouard Ier choisit Jean Balliol comme souverain d’Ecosse. Descendant d’une famille française de Picardie installée en Angleterre à la fin du XIe siècle, Jean Ier est écossais par sa mère.


23 octobre 1295 : Suite au refus du Parlement écossais de répondre à l’appel de l’Angleterre pour faire la guerre contre la France, Jean Ier signe un traité d’alliance avec les Français, origine de la « Vieille Alliance » (Auld Alliance).


mars 1296 : Début de la guerre entre l’Ecosse et l’Angleterre.


7-8 juillet 1296 : Suite à une succession de défaites, dont celle de Dunbar le 27 avril 1296, Jean Ier abandonne l’alliance française et abdique.


mai 1297 : Début de la révolte écossaise contre les Anglais au cœur de laquelle se trouve William Wallace.


11 septembre 1297 : Victoire des Ecossais à la bataille du pont de Stirling qui leur donne la possibilité de s’imposer dans leur guerre contre les Anglais.


mars 1298 : Wallace est proclamé « gardien du royaume d’Ecosse ».


22 juillet 1298 : Défaite des Ecossais à la bataille de Falkirk. Wallace se réfugie en France et ne revient en Ecosse qu’en 1303.


3 août 1305 : Capture de Wallace près de Glasgow. Il est exécuté le 23 août 1305.


25 mars 1306 : Robert Bruce, héritier d’un haut lignage écossais, est couronné roi d’Ecosse et doit mener par la suite plusieurs campagnes pour s’imposer à ses rivaux.


24 juin 1314 : Victoire de Bannockburn sur Edouard II d’Angleterre.


6 avril 1320 : Déclaration d’Arbroath qui est une lettre signée par cinquante-et-un des plus grands barons écossais et destinée au pape Jean XXII. Elle réclame le statut de nation indépendante pour l’Ecosse et son droit à se défendre.


1322-1323 : Nouvelle guerre anglo-écossaise.


janvier 1324 : Jean XXII reconnaît le titre royal à Robert Ier.


avril 1326 : Traité de Corbeil entre la France et l’Ecosse qui renouvelle leur alliance.


17 mars 1328 : Traité d’Edimbourg-Northampton, signé entre Robert Ier et Edouard III, qui met fin à un conflit éclaté un an plus tôt. Le roi d’Angleterre y reconnaît l’indépendance de l’Ecosse et le titre royal de Robert Ier.


1329 : Edimbourg obtient le statut de cité affranchie.


7 juin 1329 : Mort de Robert Ier. Son fils David II lui succède à l’âge de cinq ans.


11 août 1332 : Bataille de Dupplin Moor remportée par le prétendant Edouard Balliol, fils de Jean Ier, sur les troupes loyalistes. David II se réfugie en France.


24 septembre 1332 : Couronnement d’Edouard Balliol, mais, dès le mois de décembre, il doit s’enfuir en Angleterre face à une rébellion.


20 juillet 1333 : Victoire d’Edouard III à la bataille de Halidon Hill qui permet le retour sur le trône d’Edouard Balliol.


1340 : Après un règne ponctué de révoltes, et privé du soutien vital d’Edouard III, Edouard Balliol se retire en Angleterre. Il laisse les partisans de David II reconquérir toutes les villes écossaises.


1341 : Retour en Ecosse de David II.


1346 : Afin d’honorer la Vieille Alliance et sa dette auprès du roi de France Philippe VI, David II attaque le Nord de l’Angleterre pour forcer Edouard III à diviser ses forces. Mais les Ecossais sont battus le 17 octobre 1346 à la bataille de Neville’s Cross où David II est fait prisonnier.


1346-1357 : Captivité de David II à Londres.


3 octobre 1357 : Signature du traité de Berwick-upon-Tweed selon lequel David II accepte le versement d’une rançon contre sa libération. Ce contenu donne lieu à plusieurs aménagements dans les années suivantes.


22 février 1371 : Mort de David II. Avènement de son neveu Robert II Stuart et de la dynastie du même nom. Petit-fils par sa mère de Robert Ier, le nouveau roi descend d’une famille dont le nom originel est Fitzalan. Son ancêtre, Walter Fitzalan, est devenu en 1150 grand sénéchal royal (en anglais stewart) de David Ier d’Ecosse, charge devenue à sa suite héréditaire, d’où le patronyme francisé en Stuart.

 

L'antagonisme anglo-écossais persiste et domine la fin de la période médiévale, mais une ère nouvelle va s'ouvrir avec la Réforme. Alors qu'Henri VIII d'Angleterre installe l'anglicanisme en son royaume, ce sont des missionnaires venus de Genève qui vont introduire en Ecosse le presbytérianisme, une version radicale de la Réforme. Marquée par l'exécution de la malheureuse Marie Stuart, la confrontation perdure entre les deux royaumes, mais l'Ecosse, du fait de l'affrontement religieux qui divise désormais l'Europe, a renoncé à la Auld Alliance française dont le mariage de Marie Stuart avec le jeune François II aura été la dernière manifestation. De manière inattendue, c'est Jacques VI Stuart d'Ecosse qui, à la mort d'Elizabeth Ière, monte sur le trône d'Angleterre. La révolution anglaise et la dictature de Cromwell réalisent pour un temps l'union de l'Angleterre, de l'Ecosse et de l'Irlande. Après le retour à la normale correspondant à la restauration des Stuart de 1660, l'échec final de celle-là conduit à l'Acte d'Union de 1707 qui voit la naissance du Royaume Uni.


1385 : Participation des Ecossais à l’expédition navale de Jean de Vienne, grand amiral du roi de France Charles V qui, avec 180 navires, espère envahir l’Angleterre par le nord. Edimbourg est ravagée par les armées anglaises. L’amiral français doit battre en retraite.


5 août 1388 : Bataille d’Otterburn entre les Ecossais et les Anglais, remportée par ces derniers.


19 avril 1390 : Mort de Robert II.


1390-1406 : Règne malheureux de Robert III. Malade, le roi laisse la réalité du pouvoir à son frère Robert de Fife. Profitant de ces circonstances favorables, les Anglais envahissent l’Ecosse. Suite à la disparition mystérieuse de son fils aîné David qu’il a nommé lieutenant du royaume, Robert III cache son second fils Jacques. Les Anglais parviennent à s’en emparer en 1406, ce qui, selon la légende, aurait fait mourir de chagrin le malheureux souverain.


4 avril 1406 : Avènement de Jacques Ier à l’âge de huit ans, alors qu’il est prisonnier en Angleterre depuis quatre mois.


1410 : Fondation de l’université de Saint-Andrews, la plus prestigieuse d’Ecosse.


1424 : Libération de Jacques Ier, suite au paiement de la rançon demandée. Son règne est marqué par la confirmation de l'Auld Alliance et le mariage de sa fille Marguerite avec le dauphin, futur Louis XI, par un grand travail législatif, une pacification des Highlands et une répression sévère des clans rivaux.


21 février 1437 : Assassinat de Jacques Ier par des conspirateurs menés par le grand seigneur Robert Graham.


1437-1460 : Règne de Jacques II. Le roi doit lutter contre la toute puissance du clan des Douglas. Lorsque leur chef, William Douglas, se révolte, Jacques II l’invite à sa cour et le poignarde lors d’un banquet, le 22 février 1452. Profitant de la guerre des Deux Roses qui ravage l’Angleterre, le roi d’Ecosse, faisant mine de soutenir Henri VI, tente de s’emparer de la forteresse anglaise de Roxburg. C’est là qu’il meurt accidentellement d’un coup de canon écossais !


3 août 1460 : Avènement de Jacques III à l’âge de huit ans.


13 février 1462 : Traité de Westminster-Ardtornish qui officialise l’alliance entre Edouard IV d’Angleterre et plusieurs chefs écossais, dont le seigneur des îles John II MacDouglas. Ce titre correspond à la situation d’indépendance de fait dans laquelle certaines îles comme les Hébrides vivent depuis le haut Moyen Age. Tous reconnaissent comme suzerain le roi d’Angleterre qui cherche à se venger de l’appui que Jacques II a apporté à son rival Henri VI.


1472 : Les Orcades et les Shetlands sont placées sous la souveraineté écossaise.


1475 : Réconciliation d’Edouard IV et de Jacques III. Le roi d’Angleterre en profite pour dénoncer le traité de Westminster-Ardtornish. Accusé de trahison, John II se soumet l’année suivante et reste vassal du roi d’Ecosse en gardant son titre.


10 juillet 1482 : Jacques III est fait prisonnier à la bataille du pont de Lauder qui l’oppose à une rébellion de chefs de clans contre ses favoris Robert Cochrane et William Scheves.


14 juin 1488 : Bataille de Sauchieburn qui oppose Jacques III et une nouvelle ligue de clans révoltés. Il est poignardé peu après sa défaite dans des circonstances mystérieuses. Avènement de son fils Jacques IV âgé de 15 ans.


1493 : Profitant de troubles dans les régions septentrionales des Highlands, Jacques IV abolit le titre de « seigneur des îles » et exile dans les Lowlands John II qui y finit son existence.


28 mai 1502 : Signature du traité de paix perpétuelle entre Jacques IV et Henri VII Tudor. Il met fin au cycle de conflits anglo-écossais et prévoit le mariage du roi d’Ecosse et de la fille d’Henri VII, Marguerite, qui se déroule le 8 août 1503. C'est de cette union que proviennent les droits des Stuart à la couronne d’Angleterre.


1505 : Création de la première imprimerie d’Ecosse.


22 août 1513 : Rupture de la paix anglo-écossaise du fait de la guerre opposant Henri VIII à François Ier. Jacques IV choisit de respecter l'Auld Alliance et envahit l’Angleterre.


9 septembre 1513 : Défaite des Ecossais à la bataille de Flodden Field. Jacques IV y perd la vie. Avènement de son fils Jacques V, âgé de 17 mois ! La régence d’abord confiée à sa mère Marguerite Tudor et au parti pro-anglais, échoit en 1515 à Jean d’Albany partisan du roi de France qui, une fois retourné auprès de ce dernier, rend le pouvoir à Marguerite et au clan des Douglas.


22 mai 1528 : Coup de majesté de Jacques V par lequel le jeune roi écarte les membres du clan des Douglas qui ont confisqué le pouvoir à leur bénéfice. Signature d’une trêve de cinq ans avec l’Angleterre.


1532 : Création du Collège de justice qui s’impose aux pouvoirs claniques.


1541 : Henri VIII envahit l’Ecosse.


24 novembre 1542 : Bataille de Solway Moss où les Ecossais sont battus.


14 décembre 1542 : Mort de Jacques V. Avènement de sa fille Marie Ière, âgée d’à peine huit jours.


1er juillet 1543 : Signature du traité de Greenwich qui prévoit l’union des royaumes d’Angleterre et d’Ecosse grâce au mariage de Marie Ière et du prince de Galles Edouard.


9 septembre 1543 : Couronnement de Marie Ière.


11 décembre 1543 : Le Parlement d’Ecosse rejette le traité de Greenwich et renouvelle l’alliance française.


1544-1551 : Série de conflits anglo-écossais connue sous le nom de « Rough wooing ». Cette période se divise en deux parties : une première entre 1545 et 1546 sous Henri VIII le long de la frontière et dans l’Est des Lowlands ; une seconde entre 1547 et 1550, sous la régence d'Edouard Seymour qui gouverne l’Angleterre pendant la minorité de son neveu Edouard VI. Les Ecossais sont sévèrement battus, le 10 septembre 1547, à la bataille de Pinkie Cleugh, restée fameuse car de l’artillerie navale y fut utilisée pour la première fois dans une bataille terrestre. Ce jour demeure dans la mémoire écossaise comme celui du Black Sunday.


7 juillet 1548 : Traité franco-écossais de Haddington qui prévoit le mariage de Marie Ière et du dauphin François de France, fils d’Henri II.


août 1548 : Départ de Marie Ière pour la France tandis que la reine douairière Marie de Guise reste en Ecosse.


24 avril 1558 : Mariage du dauphin François et de Marie Ière.


2 mai 1559 : Après un exil à Genève auprès de Calvin, John Knox revient en Ecosse pour y diffuser le protestantisme.


10 juillet 1559 : Avènement de François II et de Marie comme souverains de France.


6 juillet 1560 : Traité d’Edimbourg qui met fin à l'Auld Alliance, par une initiative du Parlement d’Ecosse acquis au protestantisme. La France renonce à ses droits sur le royaume d’Ecosse que le mariage de Marie Ière avec François II lui a conférés.


17 août 1560 : Adoption par le Parlement écossais de la Confession de foi protestante, un décret abolissant le catholicisme au bénéfice du protestantisme qui devient religion d’Etat.


5 décembre 1560 : Mort du roi de France François II. Marie Ière devient veuve.


27 janvier 1561 : Adoption d’un Livre de discipline par l’assemblée de l’Eglise d’Ecosse. Il organise une Eglise presbytérienne dans laquelle seuls les pasteurs et les anciens peuvent être ministres du culte. Elus au sein des paroisses, ils dépendent néanmoins de « superintendants » dont l’autorité s’étend sur une circonscription proche des anciens diocèses.


14 août 1561 : Marie Stuart quitte la France pour retourner en Ecosse après un accord passé avec son demi-frère Jacques, comte de Moray (fils naturel de Jacques V), selon lequel la reine s’engage à ne pas instaurer le catholicisme dans le pays. Marie arrive dans un pays profondément divisé entre catholiques et protestants. Si elle conserve sans réserve la foi romaine, elle prend soin de garder auprès d’elle comme principal conseiller Jacques Stuart, chef du parti protestant.


15 juin 1567 : Bataille de Carberry Hill qui oppose Marie Ière et plusieurs grands seigneurs écossais révoltés contre les désordres de sa vie privée. Il est vrai qu’en ce domaine, la reine multiplie les faux pas. En 1565, son mariage désastreux avec Henry Stuart, duc d’Albany, dit « lord Darnley », la discrédite, surtout lorsque son époux fait assassiner par jalousie son favori et secrétaire, David Rizzio ! Sa liaison suivante avec Jacques Hepburn, comte de Bothwell, suivie de la mort plus que suspecte de Darnley, les accusations contre Bothwell finalement acquitté par un tribunal complaisant et, enfin, ses noces avec le même homme, entraînent une révolte des nobles. La reine est donc battue et emprisonnée au château du loch Leven.


24 juillet 1567 : Marie Ière abdique en faveur de son fils Jacques VI, fruit de son union avec Darnley, âgé d’un an.


13 mai 1568 : Après s’être évadée, Marie Ière est de nouveau battue, à la bataille de Langside. Elle s’enfuit alors en Angleterre chez sa cousine Elisabeth Ière et y est emprisonnée pendant 19 ans.


6 juillet 1586 : Traité de Berwick entre Elisabeth Ière et Jacques VI qui organise la succession de la « Reine Vierge » au bénéfice du roi d’Ecosse.


8 février 1587 : Marie Ière est exécutée dans des conditions sordides (le bourreau ivre s’y est mis à trois fois pour la décapiter) suite à un procès pour haute trahison contre Elisabeth Ière.


24 mars 1603 : Mort d’Elisabeth Ière sans postérité. Depuis plusieurs années, Jacques VI prépare la succession de la Reine Vierge en complicité avec Lord Robert Cecil. Proclamé roi le jour même de la disparition de la souveraine, le roi d’Ecosse quitte Edimbourg le 5 avril pour arriver à Londres le 7 mai. Son couronnement à Westminster, le 25 juillet, fait de lui le roi des deux pays, et il décide de régner sous le nom de Jacques Ier afin de favoriser l’union. C’est la raison pour laquelle il fait entrer au Conseil privé plusieurs nobles écossais et qu’il désire obtenir le titre de « roi de Grande-Bretagne ». Le Parlement de Londres s’y oppose. Jacques Ier décide de se passer de son avis et, en octobre 1604, se proclame tel. Il cherche en effet à affermir l’autorité royale dans un sens absolutiste, ce qui ouvre un conflit avec le Parlement dont il se passe souvent pour gouverner. Cette évolution atteint son paroxysme sous son successeur, son fils Charles Ier, et conduira à la première révolution anglaise. Le nouveau souverain soumet dans le même temps les clans les plus récalcitrants des Highlands, qui conservaient leurs sentiments autonomistes, et leur impose, contre les traditions gaéliques, la culture protestante.


1617 : Jacques Ier retourne pour la première fois en Ecosse où il ne s’est plus rendu depuis son avènement, malgré la promesse faite à son départ d’y revenir tous les trois ans. Son objectif est d’aider au rapprochement entre l’Eglise d’Ecosse, presbytérienne, et l’Eglise d’Angleterre, par un rétablissement de la hiérarchie épiscopale dans son pays natal. Le roi ne peut en effet accepter la remise en cause de la hiérarchie épiscopale, car, selon la formule consacrée, No bishops, no king… Le problème religieux est donc aussi un problème politique.


1618 : Le souverain impose à l’Ecosse les Cinq Articles de Perth qui imposent l’obligation de se mettre à genoux pour la communion, la validité du baptême privé, la possibilité de la communion privée pour les malades et les infirmes, la confirmation est célébrée par un évêque, et, enfin, une célébration religieuse les jours saints de Noël et de Pâques.


1621 : Ce n’est qu’à cette date que le Parlement d’Ecosse ratifie les Cinq Articles de Perth malgré l’opposition farouche des presbytériens.


27 mars 1625 : Avènement de Charles Ier, roi d’Angleterre, d’Irlande et d'Ecosse.


18 juin 1633 : Couronnement de Charles Ier comme roi d’Ecosse.


1638 : Proclamation du National Covenant par l’assemblée générale de l’Eglise d’Ecosse qui défend le presbytérianisme (une Eglise protestante sans hiérarchie) contre l’Eglise anglicane et sa hiérarchie épiscopale.


1643 : Adoption du Solemn League and Covenant entre les covenantaires écossais, défenseurs du presbytérianisme, et le Parlement anglais contre Charles Ier, favorable à un système absolutiste et épiscopal.


2 juillet 1644 : Défaite des troupes royalistes face aux armées écossaises et aux troupes du Parlement.


1er septembre 1644 : La bataille de Tippermuir oppose les Ecossais royalistes menés par James Graham, marquis de Montrose et les covenantaires. Elle symbolise la guerre civile d’Ecosse qui se déroula pendant la révolution anglaise et fut remportée par les royalistes écossais.


13 septembre 1645 : C’est au tour de Montrose d’être battu, à la bataille de Philiphaugh.


26 septembre 1647 : Signature par le duc d’Hamilton, prince écossais, d’un accord avec Charles Ier, connu sous le nom de « Engagement », stipulant le rétablissement du presbytérianisme en échange d’une aide militaire contre le Parlement.


17-18 août 1648 : L’armée républicaine commandée par Olivier Cromwell bat les royalistes et les Ecossais commandés par le duc d’Hamilton à la bataille de Preston. C’est une victoire décisive dans la guerre civile.


30 janvier 1649 : Exécution de Charles Ier, malgré l’opposition des covenantaires.


6 février 1649 : Le fils de Charles Ier est proclamé roi de Grande-Bretagne par les covenantaires du Parlement d’Ecosse sous le nom de Charles II.


23 juin 1650 : Charles II arrive en Ecosse après avoir promis de respecter le presbytérianisme et se soumet de mauvaise grâce aux rigueurs du calvinisme ambiant.


3 septembre 1650 : Les troupes écossaises sont battues par Oliver Cromwell à la bataille de Dunbar.


3 septembre 1651 : Charles II, couronné roi d’Ecosse le 1er janvier, est battu à la bataille de Worcester qui marque la défaite définitive des forces royalistes. Le roi parvient à s’enfuir en France tandis que l’Ecosse est occupée.


1653-1659 : L’Ecosse appartient au Commonwealth qui l’unit à l’Angleterre et à l’Irlande et qui est dirigé par le Lord Protecteur Cromwell.


3 septembre 1658 : Mort de Cromwell. Son fils Richard lui succède, mais abdique l’année suivante


3 février 1660 : Entrée dans Londres de l’ancien gouverneur d’Ecosse, le général Monk, qui a profité du désordre politique pour s’imposer.


1er mai 1660 : Le Parlement, sous la pression de Monk, vote la restauration monarchique. Charles II revient en Angleterre le 25 mai.


1660-1685 : Règne de Charles II. L’Ecosse retrouve son indépendance et un Parlement.


1680 : Début du Killing Time, période de luttes entre les covenantaires qui refusent les pressions de Charles II pour introduire une hiérarchie épiscopale en Ecosse. Les répressions sont violentes. Elles se poursuivent jusqu’en 1688.


6 février 1685 : Mort de Charles II et avènement de son frère Jacques II, de religion catholique. Il est roi d’Ecosse sous le nom de Jacques VII.


1688 : Glorieuse Révolution provoquée par l’attachement au catholicisme de Jacques II qui entraîne une révolte en faveur de sa fille Marie et de l’époux de celle-ci, Guillaume d’Orange, tous deux protestants. Jacques II s’enfuit en France.


27 juillet 1689 : Victoire de Killiecrankie, remportée par les partisans écossais de Jacques II (dits les « Jacobites ») contre les troupes de Guillaume III.


21 août 1689 : Les troupes jacobites sont battues à leur tour par les Orangistes à la bataille de Dunkeld.


17 juin 1690 : Abrogation des Cinq Articles de Perth par le Parlement écossais. La Confession of Faith Act rétablit le système presbytérien.


12 juillet 1690 : Jacques II est définitivement battu en Irlande, à la bataille de La Boyne. Le roi Stuart perd toute chance de reconquérir son trône.


13 février 1692 : Massacres dits de « Glencoe », perpétrés par des partisans de Guillaume III sur des populations jacobites et, notamment, les membres du clan des MacDonald. Ils sont éliminés sur l’ordre du Secrétaire d’Etat à l’Ecosse, ordre approuvé par le souverain lui-même. Cet événement sanglant s’est inscrit dans la mémoire du mouvement jacobite.


1695 : Création de la banque d’Ecosse.


1698 : Lancement du projet Darién, du nom d’une région de l’isthme de Panama qui devait être colonisée par des Ecossais sous la direction d’une société financière. La mort de presque tous les colons ruine le projet de la banque d’Ecosse. Cette faillite accélère le processus d’union avec l’Angleterre, seul moyen de sauver l’Ecosse de la ruine.

 

L'union des deux royaumes d'Angleterre et d'Ecosse sort finalement renforcée de l'échec des vaines tentatives « jacobites » visant à remettre en cause la légitimité de la dynastie de Hanovre sur le trône d'Angleterre. La défaite de Culloden voit la ruine des derniers espoirs de Charles Edouard Stuart que la mémoire a transformé en « Bonnie Prince Charlie ». Ce qui favorise l'intégration des deux royaumes, c'est aussi le début de la révolution industrielle. Riche en charbon, l'Ecosse prend une part très importante, par le travail de ses mineurs et de ses ouvriers, par la compétence de ses ingénieurs et le talent de ses inventeurs à l'expansion prodigieuse née de l'économie nouvelle. Au moment où l'Empire britannique s'impose comme la première puissance du monde, les Ecossais sont flattés de prendre part à cette incontestable réussite. De quoi marginaliser, dans l'Angleterre victorienne, toute tentative d'affirmation régionale ou nationale.


1er mai 1707 : Entrée en vigueur de l’acte d’Union entre l’Ecosse et l’Angleterre. Le Parlement écossais l’a soutenu afin d’éviter l’accession au trône du prétendant Stuart, Jacques François, fils de Jacques II, de religion catholique, du fait de la mort sans héritier de la reine Anne Ière. L’acte d’union sanctionne la fusion des deux Parlements en un seul, le Parlement de Grande-Bretagne. L’Ecosse conserve ses institutions éducatives et religieuses, dispose de quarante-cinq sièges à la Chambre des Communes ainsi que de ???? sièges à la Chambre des Lords.


1708 : Première tentative de débarquement raté du prétendant Stuart.


9-14 novembre 1715 : Nouvelle tentative accompagnée d’un soulèvement de plusieurs clans écossais et qui s’achève à la bataille de Preston par une victoire des troupes britanniques.


10 juin 1719 : Nouvelle défaite jacobite, à la bataille de Sheriffmuir, malgré un appui de troupes espagnoles.


1745-1746 : Soulèvement jacobite en Ecosse. Charles-Edouard Stuart, le fils aîné de Jacques VIII (Jacques III d'Angleterre, dit aussi « le Vieux Prétendant »), celui que la tradition a baptisé « Bonnie Prince Charlie » remporte une victoire à Prestonpans (21 septembre 1745), mais les troupes jacobites sont écrasées par le duc de Cumberland à la bataille de Culloden (16 avril 1746). C’en est fini des rêves de restauration des Stuarts.


1725-1750 : Période des « Highland Clearances » qui correspond à des déplacements forcés de populations écossaises, à une redistribution des terres et à une destruction du système des clans.


1792 : Année dite « des Moutons ». Les paysans écossais des Highlands sont chassés de leurs terres au bénéfice de l’élevage des moutons.


1826 : Une ligne de chemin de fer relie Edimbourg à Dalkeith.


1850 : Première ligne de chemin de fer reliant l’Ecosse à l’Angleterre.


1852 : La reine Victoria et le prince consort Albert acquièrent le château de Balmoral pour en faire une résidence royale.


1853 : Création d'une Association nationale pour la revendication des droits de l'Ecosse.


1870 : Un match de rugby oppose pour la première fois l'Ecosse et l'Angleterre.


1872 : Création de la Steel Company of Scotland.


1885 : Le Premier ministre britannique accepte la création d’un poste de secrétaire d’Etat pour l’Ecosse au sein de son gouvernement.


1886 : Le gouvernement libéral de Gladstone fait voter le Crofters Act qui protège la paysannerie écossaise en garantissant la location de la terre et des fermages équitables.


25 août 1888 : James Keir Hardie, élu député en avril de la même année, fonde le Scottish Labour Party (Parti travailliste écossais) dont le programme reprend la thématique sociale du socialisme européen.


1914-1918 : Les Ecossais participent à la première guerre mondiale. Le nombre de tués se monte à 74 000. La base navale de Scapa Flow joue un grand rôle dans les opérations de la Royal Navy.


janvier 1919 : Des troupes sont envoyées à Glasgow par crainte d’une révolution communiste.


1921 : Vote par le Parlement du Church of Scotland Act qui reconnaît à l’Eglise d’Ecosse son statut d’Eglise nationale, mais sans qu’elle soit pour autant une Eglise officielle. Ce qui fait que le souverain britannique, jusqu’à nos jours, n’en est que membre honoraire et non le chef, comme c’est le cas avec l’Eglise anglicane.

 

Alors que le XIXe siècle industriel a vu l'Ecosse accompagner l'ascension spectaculaire de l'Empire britannique, le XXe siècle marque un tournant, dans la mesure où les grandes entreprises qui avaient, des mines de charbon aux chantiers navals, fait la fortune d'Edimbourg et de Glasgow entrent dans une phase de déclin appelée à se confirmer au fil des ans. L'agitation sociale et les grèves font désormais partie d'un paysage écossais où le parti travailliste s'impose longtemps comme la force politique largement dominante. Tout semble devoir s'améliorer dans les années soixante-dix avec l'exploitation du pétrole de la mer du Nord qui fait rapidement la fortune d'Aberdeen et de la côte orientale, mais les progrès enregistrés ne sont pas suffisants pour maîtriser le chômage et ne sont pas en mesure de répondre au retour des aspirations identitaires. Celles-ci se manifestent à travers l'apparition de divers mouvements et partis revendiquant l'autonomie, voire l'indépendance du pays à un moment où l'Angleterre a réussi outre-mer la mise en place du modèle des dominions australien ou canadien. Après avoir connu diverses vicissitudes, le nationalisme écossais  malgré l'échec du récent référendum portant sur la question de l'indépendance  semble avoir largement le vent en poupe, surtout depuis les dernières élections législatives qui ont vu le parti travailliste perdre presque tous ses bastions locaux au profit des nationalistes. 


1921 : Formation de la Ligue nationale écossaise par Ruaraidh Erskine of Marr et William Gillies, qui réclame l’indépendance du pays et non pas un simple Home Rule.


1926 : La ligue fonde son premier journal, le Scots Independant.


23 janvier 1928 : Fondation du National Party of Scotland par la fusion de la Ligue nationale écossaise, du Mouvement national écossais créé par le journaliste, poète et écrivain Lewis Spence, et de l’Association nationale écossaise de l’université de Glasgow.


1932 : Fondation du Parti écossais, suite à la défection de plusieurs membres du Parti conservateur, par John Kevan McDowall. Il milite afin d’obtenir pour l’Ecosse le statut de dominion.


1934 : John Mac Cornick fonde le Scottish National Party (Parti national écossais) par la fusion entre le National Party of Scotland et le Parti écossais.


1939-1945 : Les centres portuaires et industriels de l’Ecosse sont les cibles de l’aviation allemande. C’est entre l’Ecosse et la Norvège occupée par le III Reich qu’est mis en place un réseau de chalutiers clandestins, connu sous le nom de Shetland Bus.


25 décembre 1950 : Un groupe d’étudiants écossais, membres de l’Association nationale écossaise de l’université de Glasgow, vole la pierre sur laquelle étaient couronnés les souverains écossais, dite « Stone of Destiny », saisie en 1296 et installée depuis dans l’abbaye de Westminster. Non sans l’avoir brisé en deux lors du vol, les jeunes patriotes l’emmènent en Ecosse pour la cacher et la restaurer. L’année suivante, la pierre est placée dans un haut lieu du patriotisme écossais : sur l’autel de l’abbaye d’Arbroath. Finalement, la police la récupère et la renvoie à Westminster.


1967 : Découverte du pétrole en mer du Nord qui assure à l’Ecosse de substantiels revenus.


1967 : Election d’un nationaliste écossais au Parlement de Westminster.


28 février 1974 : Le SNP obtient 30 % des suffrages aux élections législatives et onze députés.


1er mars 1979 : Référendum dit « de dévolution », sur la mise en place d’une assemblée écossaise. Le oui l’emporte avec 51,6 %, mais la très forte abstention invalide le scrutin.


11 juin 1987 : Le SNP connaît un revers électoral avec seulement trois députés.


15 novembre 1996 : La pierre de couronnement des souverains écossais est transportée à Edimbourg.


1er mai 1997 : Le SNP remporte un quart des suffrages aux élections législatives qui voient la victoire de Tony Blair et envoie six députés à Londres.


11 septembre 1997 : Nouveau référendum de dévolution. Le oui l’emporte avec 74,3 % des électeurs pour la création d’un Parlement écossais, et avec 63,5 % sur l’attribution de pouvoirs fiscaux à cette nouvelle institution.


17 novembre 1998 : Adoption du Scotland Act par le Parlement britannique qui officialise la création du Parlement et du gouvernement écossais.


1er juillet 1999 : Le gouvernement écossais entre en fonction.


9 octobre 2004 : Inauguration du bâtiment du Parlement écossais.


avril 2012 : Modification du Scotland Act qui élargit les pouvoirs fiscaux du Parlement écossais.


15 octobre 2012 : Accord d’Edimbourg entre le gouvernement britannique et le gouvernement écossais sur l’organisation d’un référendum sur l’indépendance de l’Ecosse.


18 septembre 2014 : Référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Le non l’emporte avec 55,4 % des suffrages.


7 mai 2015 : A l’occasion des élections législatives, le SNP remporte 56 des 59 sièges écossais au Parlement britannique. Le risque de sécession n’est toujours pas écarté. Il pourrait se concrétiser dans le cas où le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne lors du référendum promis sur ce sujet par David Cameron.


L’histoire de l’Ecosse pourrait se résumer à la défense acharnée de son identité, à sa volonté intraitable de rester indépendante face à la pression anglaise. Cette lutte a marqué le sentiment national écossais et l’a même sans aucun doute créé. Paradoxe de l’Histoire, le pays fusionna avec son ennemi quand son roi coiffa les deux couronnes. Mais le pouvoir demeura à Londres. De nos jours, les Ecossais participent activement au processus d’affirmation du régionalisme, dans le domaine culturel certes, mais aussi dans celui des transferts de pouvoirs. Les résultats du référendum de 2015, très clairs sur le rejet de l’indépendance pure et simple, ne signent cependant pas la fin du combat.


L’Ecosse, en unissant son destin au Royaume-Uni, a pris sa part au long processus de formation des grandes nations européennes, mais contribue aujourd’hui à leur morcellement. A n’en pas douter, son indépendance sonnerait le glas de l’Etat-nation tel que les Européens l’ont imaginé. L’Europe y gagnerait-elle en force d’âme ? Quel équilibre trouver entre la défense de son identité si longtemps méprisée et l'attachement à l’héritage national britannique ? Les Ecossais auront peut-être la réponse.

 
 
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