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L’accès à l’indépendance

Janvier 1990 : XIVe congrès de la ligue des communistes. La délégation slovène quitte le congrès après avoir réclamé l’abandon du centralisme. Le 23 janvier, le refus des délégués croates de poursuivre les travaux provoque l’ajournement sine die du congrès en dépit de la volonté du leader serbe Milosevic.


 


Avril 1990 : Élections pluralistes. Formations en lice : la Ligue (devenue ligue socialiste), alliée au Parti des changements démocratiques mené par le président de l’exécutif fédéral, le croate Ante Markovic ; la Coalition pour l’entente fédérale, menée par les leaders communistes exclus en 1971 (Tripalo et son adjointe Savka Dabcevic-Kucar), HDZ ; le Parti du droit qui reprend le nom de la formation du XIXe siècle, mais se réclame également de l’héritage oustachi. Premier tour le 22 avril : 42 % des voix pour la HDZ, 25 % aux ex-communistes et 14 % pour la Coalition de Tripalo. À l’issue du deuxième tour, la HDZ obtient la majorité absolue des sièges au parlement avec 191 députés, contre 81 aux ex-communistes et 91 pour les autres formations.


 


30 mai 1990 : Le Président de la République croate est élu par le nouveau Parlement. Tudjman accède ainsi à la tête de l’État. Son élection suscite des mécontentements en Serbie et dans les régions de Croatie peuplées de Serbes.


 


17 août 1990 : Knin et douze autres communes de l’arrière-pays de Split proclament leur autonomie et s’intitulent « Région autonome serbe ».


 


2 septembre 1990 : Référendum dans la « Région autonome serbe ». 99,2 % des votants se prononcent en faveur de l’autonomie.


 


Décembre 1990 : La Krajina s’émancipe à son tour de Zagreb. La milice du HDZ s’oppose aux groupements armés serbes qui se constituent.


 


22 décembre 1990 : Promulgation de la constitution de la république de Croatie qui se définit comme une démocratie parlementaire et un État « indivisible, démocratique et social ». Aux côtés d’un exécutif fort, sur le modèle français, est institué un Parlement bicaméral.


 


28 février 1991 : Le gouvernement autoconstitué de la « Région autonome serbe » de Krajina, – de peuplement majoritaire serbe, depuis le temps de la mise en place des confins militaires – proclame son désir de séparation d’avec la Croatie et affirme son désir de s’unir à la Serbie, au Monténégro et aux Serbes de Bosnie.


 


2 mars 1991 : La Slavonie occidentale se soulève contre Zagreb : la municipalité de Pakrac déclare ne plus reconnaître l’autorité de la république de Croatie.


 


Mars 1991 : L’armée fédérale s’interpose entre les forces de Zagreb et les milices de Slavonie.


 


31 mars 1991 : Un affrontement armé se produit entre des miliciens serbes venus occuper le parc national de Pltivice et les policiers croates : deux Serbes et un Croate sont tués.


 


15 mai 1991 : Fin du mandat de Borislav Jovic à la tête de la présidence fédérale yougoslave. Le Croate Stipe Mesic doit lui succéder, mais le vote des instances fédérales est partagé avant son investiture : quatre voix pour et quatre voix contre. Le fonctionnement institutionnel de la fédération yougoslave est bloqué.


 


19 mai 1991 : Référendum en Croatie : 92 % des votants s’expriment en faveur d’une transformation de la fédération yougoslave, ou à défaut, pour l’indépendance du pays.


 


25 juin 1991 : La Croatie annonce sa « dissociation » de la fédération yougoslave. Cette décision équivaut de fait à proclamer l'indépendance du pays. La proclamation officielle de l’indépendance croate est prévue pour la première semaine de juillet.


 


25 juin-5 juillet : Intervention de l’armée fédérale yougoslave en Slovénie. Cessez-le-feu obtenu du fait de la médiation de la CEE : la Slovénie et la Croatie doivent repousser de trois mois leurs déclarations d’indépendance. La fédération yougoslave est ranimée par la nomination de Mesic à sa tête.


 


1er août 1991 : Formation d’un gouvernement d’union nationale en Croatie autour de F. Tudjman.


 


Fin août 199 :. Trente-huit des cent deux communes de Croatie sont touchées par le mouvement d’insurrection des Serbes de Krajina. L’armée fédérale leur apporte son soutien et prend les opérations militaires en main.


 


27 août 1991 : Début de l’attaque de Vukovar par les troupes fédérales. Bombardements sur Vukovar, Vonkovci, Osijek, Pakrac, Split et Zadar.


 


Septembre 1991 : Le conseil de sécurité de l’ONU décrète un embargo sur les armes pour toute la Yougoslavie.


 


Mi-septembre 1991 : Les forces armées de Zagreb chassent les troupes fédérales stationnées dans les casernes du territoire de la Croatie et récupèrent d’importants stocks d’armes. Attaques serbes contre Zadar et Sibenik.


 


3 octobre 1991 : Les quatre membres serbes et monténégrins de l’exécutif fédéral en éliminent les autres membres et en confient la direction à un proche de Slobodan Milosevic.


 


7 octobre 1991 : Conformément aux décisions prises trois mois plus tôt, la Croatie proclame officiellement son indépendance. L’aviation fédérale bombarde le palais présidentiel de Zagreb.


 


Mi-octobre 1991 : Des réservistes monténégrins mettent le siège devant Dubrovnik.


 


Octobre 1991 : Cyrus Vance, ancien secrétaire d’État américain, est nommé représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, J. Perez de Cuellar, pour la Croatie. Son arrivée ne permet pas dans un premier temps d’établir un cessez-le-feu durable.


 


3 janvier 1992 : Signature d’un quinzième cessez-le-feu, respecté par les parties en présence. Fin de la guerre de Croatie, qui, outre les morts (10 000 d’après les autorités croates) et les destructions, a engendré un antagonisme durable entre les populations serbes et croates. Les Serbes continuent d'occuper un quart du territoire croate.


 


15 janvier 1992 : La Croatie est reconnue comme État indépendant par la Communauté européenne et plus de trente pays.


 


6 février 1992 : Zagreb accepte le déploiement de casques bleus dans les territoires soumis à l’autorité serbe.


 


21 février 1992 : Mise en place de la Force de protection des Nations-Unies (Forpronu), forte de 14 000 hommes dont 2 500 Français.


 


Mai 1992 : Début du conflit en Bosnie-Herzégovine. La Croatie se retrouve impliquée directement dans cette nouvelle guerre du fait du nombre important de Croates installés de longue date en Bosnie (17 % de la population de cette république). Son propre expansionnisme entend aussi faire contrepoids aux visées serbes sur la région.


 


22 mai 1992 : La Croatie devient membre de l’ONU.


 


22 janvier 1993 : Les troupes croates lancent l’opération Maslenica avec pour enjeu le contrôle d’un pont commandant le passage entre le littoral dalmate et le reste du pays. Repli des Serbes, qui évacuent l’arrière-pays de Zadar.


 


Printemps 1993 : Mise en place du plan de paix Vance-Owen pour la Bosnie qui prévoit la constitution d'une Bosnie divisée en dix provinces : dans la vallée de la Lasva, où le peuplement est en majorité croate, les responsabilités doivent échoir à leur communauté, fortement soutenue par Zagreb, qui lui fournit également des armes.  Les musulmans de Bosnie, estimant le plan trop favorable aux Serbes, et déplorant le manque de solidarité des Croates, avec lesquels ils s'étaient alliés contre Belgrade, attaquent dans une région de Bosnie centrale passée sous le contrôle de Zagreb.


 


Août 1993 : Proclamation par les Croates de la région de Mostar de la république indépendante de Herzeg-Bosna.


 


Mars 1994 : Les négociations dans le conflit en Bosnie aboutissent à la création d’une « fédération croato-bosniaque ».


 


Novembre 1994 : Échec des pourparlers entre Serbes et Croates pour la reconnaissance de la frontière de la Croatie. Prise de la résolution 958 de l’ONU autorisant des frappes aériennes contre la Serbie. Signature d’un accord militaire entre la Croatie et les États-Unis portant sur des conseillers et du matériel.


 


Mai 1995 : Opération « Éclair ». Reconquête de la Slavonie occidentale par l’armée croate. Les populations serbes qui y sont établies séculairement en sont chassées.


 


Août 1995 : Opération « Tempête ». Reconquête de Knin et de la Krajina, puis des régions contrôlées par les Serbes, à l’exception de la Slavonie orientale, avec pour corollaire l’évacuation des populations serbes qui y sont installées et l’exode de nombreux réfugiés.


 


29 octobre 1995 : Renouvellement de la chambre des députés. Victoire du HDZ.


 


21 novembre 1995 : Accords de paix de Dayton. En ce qui concerne la Croatie, ils prévoient le retour sous la souveraineté de Zagreb des territoires de Slavonie orientale, de peuplement serbe, encore occupés par les troupes de Belgrade.


 


Août 1996 : Accord entre la Croatie et la république fédérale de Yougoslavie (qui ne compte plus que la Serbie et le Monténégro), qui se reconnaissent mutuellement dans leurs frontières internationales.


 


3 octobre 1998 : Le pape Jean-Paul II effectue son deuxième voyage en Croatie – il y était venu pour la première fois en septembre 1994 – à l’occasion de la béatification du cardinal Stepinac.


 


10 décembre 1999 : Mort de F. Tudjman.


 


3 janvier 2000 : Élections législatives. Victoire des opposants au HDZ.


 


6 février 2000 : Le candidat HDZ à l’élection présidentielle est battu par Stjepan Mesic, dernier président de la fédération yougoslave en 1991, et ancien Premier ministre de Tudjman, en rupture avec le HDZ, soutenu par le parti social libéral croate (HSLS). Cette élection sort la Croatie de l’isolement international dans lequel la communauté internationale la tient du fait de son implication dans la guerre de Bosnie.


 


3 mars 2000 : Condamnation de Tihomar Blasic, commandant de milice du conseil de défense croate tenu pour responsable du massacre de 200 musulmans à Ahmici, à 43 ans de prison par le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.


 


Mai 2001 : Remontée du HDZ dans des élections locales.


 


Juillet 2001 : La condamnation de deux Croates soupçonnés de crimes de guerre par le TPIY provoque une agitation politique. Le Premier ministre Ivica Ravcan obtient cependant un large vote de confiance du Parlement quand il appelle à la collaboration avec le tribunal international.


 


Octobre 2001 : Importante manifestation à l’appel du HDZ contre la politique du gouvernement de collaboration avec le TPIY.


 


28 janvier 2002 : Signature d’un accord entre l’Union européenne et la Croatie.


 


21 février 2003 : Candidature croate d’adhésion à l’Union européenne, appuyée par l’Autriche.


 


Le 23 novembre : LE HDZ rénové et mené désormais par Ivo Sanader remporte les élections législatives après avoir fait campagne sur le thème de l’intégration à l’Europe.


 


Mars-avril 2004 : Les instances européennes se déclarent favorables à la candidature croate.


 


16 janvier 2005 : Réélection de Stjepan Mesic avec 65 % des voix.


 


3 octobre 2005 : Eu égard à la « pleine coopération » de la Croatie avec le TPIY, les instances de l’Europe amorcent avec elle les négociations d’adhésion à l’Union.


 


Au terme de plusieurs siècles de vicissitudes, la Croatie a réussi à affirmer son identité nationale et à trouver sa cohérence en tant qu’État indépendant. Établie dans un territoire unifié, elle a su, par-delà les séparatismes et les tensions qui ont suivi l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, conduire sa vie politique à la normalisation et elle manifeste aujourd’hui son désir de s’intégrer au concert européen, en proclamant fièrement sa singularité de peuple « le plus latin parmi les Slaves ». La richesse de son histoire et de son patrimoine, qu’elle s’emploie à mettre en valeur, constitue l’un de ses principaux atouts en vue de son intégration politique.

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