Souvent méconnue en Occident, la petite péninsule qui s’avance vers le sud au Nord-Est de l’immense Chine a dû longtemps compter avec le poids de l’empire du Milieu avant de subir les effets de la domination japonaise. Très marquée culturellement par son puissant voisin, la Corée n’en a pas moins affirmé une existence politique au moins aussi ancienne que celle du Japon mais il a fallu l’occupation étrangère pour qu’émerge une véritable conscience identitaire durement éprouvée par la division que subit le pays depuis plus d’un demi-siècle. Les succès économiques spectaculaires du « dragon » sud-coréen contrastent avec l’autisme politique et idéologique qui caractérise la Corée du Nord demeurée, au début du XXIe siècle, un État fossile témoignant de la « belle époque » du défunt stalinisme. La complexité de la géopolitique est-asiatique ne rend guère probable une réunification rapide, à laquelle aucun des grands acteurs régionaux ne semble avoir intérêt, mais l’avenir dira si, au-delà de l’intégration économique progressive et apparemment inéluctable du nouvel Extrême-Orient, la réalité coréenne pourra s’exprimer de nouveau de manière autonome sur le terrain politique, dans l’espace bien étroit que lui laisseront les deux géants chinois et japonais.