Logo Clio
Service voyages
Service voyages


Des premiers occupants à l’intégration dans l’espace gréco-romain

Aucun site paléolithique ou mésolithique n’a encore été découvert à Chypre et les plus anciens vestiges révélés par l’archéologie remontent au Néolithique précéramique. Cette culture est surtout connue à partir d’un village de maisons de pierre rondes identifié à Khirokitia et daté par le C14 de -5700 avant J.-C.. Les habitants y vivaient de l’agriculture et de la chasse et ont laissé de curieuses figurines d’andésite qui constituent les plus anciens témoignages de sculpture chypriote. Cette phase du Néolithique ancien se termine brusquement et la première période suivante bien identifiée correspond vers -3500 au Néolithique récent, caractérisé par des poteries peintes trouvées également à Khirokitia mais aussi à Sotira et Kalavassos.


IVe millénaire avant J.-C. : Apparition d’une culture chalcolithique sur le site d’Erimi proche de Limassol.


IIIe millénaire avant J.-C. : L’époque chalcolithique se poursuit avec les sites de Philia-Drakos et d’Ambélikou. L’abondance des ressources de l’île en cuivre assure sa prospérité. Les cultures contemporaines ont laissé des hypogées et des habitats. L’âge du bronze ancien débute vers -2300. Il est connu grâce aux chambres funéraires étudiées dans la vaste nécropole de Vounous qui a livré de nombreux vases dont le décor exubérant révèle l’imagination des potiers du temps. Les tombes abritaient également des bijoux d’or et d’argent, des colliers de perles de faïence, des armes et des outils de bronze ainsi que d’étonnantes compositions en argile figurant notamment un sanctuaire et une scène de labour. La civilisation locale évolue rapidement, peut-être du fait de l’arrivée d’éléments anatoliens chassés par les troubles qui affectent cette région à l’époque et qui correspondent notamment à la fin de Troie II.


IIe millénaire avant J.-C. : Le Bronze moyen est connu par de nombreux cimetières, l’habitation de Kalopsidha et des vestiges d’architecture militaire – à Ayios Sozomenos et Nitovikla –, témoins d’une période troublée. Des relations s’établissent avec la Crète minoenne, puis avec la côte syrienne et Chypre devient, vers -1500, un important centre commercial qui échange également avec l’Égypte pharaonique. L’île est alors désignée sous le nom d’Alasya, aussi bien par les Égyptiens que par les Hittites installés alors en Anatolie. Au Bronze récent, le site étudié le plus important est celui d’Enkomi, dans l’arrière-pays de la future Salamine, celui d’une ville détruite à l’époque des invasions des « peuples de la mer » puis par un violent séisme au cours du XIe siècle avant J.-C.


vers -1500 : Apparition de la première écriture syllabique chypriote, peut-être empruntée à la Crète. Elle est proche du Linéaire A crétois mais la langue qu’elle transcrivait est inconnue et les tablettes découvertes sur le site d’Enkomi n’ont pas été déchiffrées et portaient peut-être des textes écrits dans une langue étéochypriote.


À partir de -1400 : Chypre fait partie de l’espace commercial mycénien.


vers -1200 : La fin de l’hégémonie mycénienne, consécutive sans doute aux mouvements des Peuples de la Mer qui affectent alors toute la Méditerranée orientale, amène dans l’île de nombreux Achéens fuyant la Grèce continentale qui vont maintenir une civilisation de type égéen dans l’île au cours des siècles suivants, ce dont témoignent les vestiges de la ville d’Enkomi. Le fer est introduit durant cette période depuis l’Anatolie et l’île subit bientôt, à partir du Xe siècle avant J.-C., l’influence des cités phéniciennes de la côte syrienne et libanaise. Pour les Phéniciens et pour les autres peuples sémitiques, Chypre porte le nom de Kittim (qui a donné celui de Cition sur la côte sud-est de l’île) et ses habitants sont désignés comme des Ioniens (Javannom), nom général pour désigner les Grecs dans l’Orient sémitique. Les principales positions occupées par les Phéniciens sont au début du premier millénaire Cition et Amathonte, sur la côte méridionale, puis Idalion et Tamassos dans l’intérieur. Venus faire du commerce, ces Levantins s’entendent bien avec les Grecs mais, chaque fois que l’île sera confrontée à une menace extérieure, ils se rangeront régulièrement du côté des maîtres du moment qu’ils soient Assyriens, Égyptiens ou Perses.


À partir de la seconde moitié du IIe millénaire avant J.-C., l’hellénisation de l’île s’affirme régulièrement. Les colons mycéniens s’installent au cours des derniers siècles de l’âge du bronze, à partir des côtes septentrionales de l’île. Très vite, ils imposent aux autochtones, parfois désignés sous le nom d’Éteochypriotes, leurs dieux, leur alphabet syllabique et leur langue proche de l’arcadien. Chypre est mentionnée quelques siècles plus tard dans les poèmes homériques. C’est ainsi que Cinyras, l’un des rois insulaires, forge une cuirasse destinée à Agamemnon. Teucer, le frère d’Ajax, est le fondateur à Chypre de la cité de Salamine ainsi nommée en souvenir de son île d’origine. Ce sont d’autres héros grecs qui fondent les villes d’Idalion, de Lapethos et de Paphos. Le plus haut sommet de Chypre reçoit le nom d’Olympe et la déesse locale de la fécondité est assimilée à Aphrodite. C’est d’ailleurs à Chypre – près de Paphos où on lui bâtira un temple célèbre pendant toute l’Antiquité – que la tradition fait naître la déesse de la beauté et de l’amour dont le nom est parfois accompagné des épithètes de Cypris ou de Paphia. Le célèbre dieu cornu découvert à Enkomi est également assimilé à un Apollon arcadien.


Xe-VIIIe siècles avant J.-C. : Indépendante et partagée en une dizaine de royaumes dirigés par des souverains grecs, Chypre jouit durant cette période d’une belle prospérité, fondée sur ses relations commerciales avec tous les pays de la Méditerranée orientale où elle exporte son cuivre (qui lui donne son nom) et sur l’exploitation du bois de construction navale tiré de ses forêts. La richesse de l’île durant cette période est illustrée par les magnifiques trouvailles réalisées dans les tombes de Salamine ou au sanctuaire d’Ayia Irini (sur la côte nord) contemporains des VIIIe-VIIe siècles avant J.-C. Ce grand centre d’échanges et de redistribution bénéficie d’une situation favorable à proximité des côtes syriennes… jusqu’à ce que l’expansion assyrienne ne vienne remettre en cause son indépendance.


Un peu avant -707 : Conquête de Chypre par le roi Sargon d’Assyrie, ce dont témoigne une stèle découverte à Cition. Les insulaires sont alors contraints de payer un tribut.


-612 : Chute de Ninive prise par les Mèdes. Fin de la puissance assyrienne.


-569 -525 : Règne du pharaon Amasis pendant lequel Chypre est conquise par les Égyptiens, un épisode rapporté par Hérodote.


- 525 : Chypre est rattachée à la cinquième satrapie perse. Ses souverains se sont tournés vers le Grand Roi pour échapper à la domination égyptienne et au tribut dû au pharaon. En contrepartie, Cyrus et Cambyse laissent une certaine autonomie aux royaumes de l’île.


-500 : Les Chypriotes se rangent aux côtés des cités grecques d’Ionie révoltées contre les Perses. À Salamine, le roi Gorgos favorable aux Perses est détrôné par son frère Onesilos attaché à la cause grecque. Les rois de Chypre, à l’exception de ceux de Cition et d’Amathonte, se joignent à la rébellion mais celle-ci est finalement vaincue.


-480 : Chypre envoie cent cinquante trirèmes à Xerxès quand il prépare sa grande expédition contre la Grèce et Gorgos, acquis au Grand Roi, participera même aux côtés des Perses à la bataille navale de Salamine (il ne s’agit pas ici de la cité chypriote mais de l’île du golfe Saronique) gagnée par Thémistocle.


-478 : Échec d’Aristide et de Pausanias qui tentaient de libérer Chypre de la domination perse.


-449 : L’amiral athénien Cimon vient attaquer Chypre dont la population se soulève et chasse les souverains acquis à la cause perse mais les deux cités de Salamine et de Cition résistent plus longtemps. Les succès grecs demeurent sans lendemain car, quand Artaxerxès conclut la paix avec les Grecs, ceux-ci lui reconnaissent la possession de Chypre qui retombe ainsi sous la domination achéménide. Si l’on excepte Cition, ville surtout phénicienne, les autres cités de l’île entrent dans une profonde décadence et la population grecque est soumise à l’arbitraire des maîtres perses et, surtout, de leurs collaborateurs phéniciens.


Fin du Ve siècle avant J.-C. : Un usurpateur phénicien, Abdémon, s’empare du trône de Salamine mais Évagoras, un descendant de la lignée de Teucer, le fondateur de Salamine, se dresse contre lui et se fait proclamer roi. Pour s’assurer la neutralité des Perses, il continue à leur payer tribut mais il envisage de prendre le contrôle de toute l’île et de la débarrasser de la domination perse. Évagoras soutient Athènes au cours de la guerre du Péloponnèse qui l’oppose à Sparte.


-394 : Conon, le général athénien allié d’Évagoras, remporte une victoire à Cnide contre la flotte spartiate. Assuré désormais du soutien d’Athènes, Évagoras entreprend d’annexer les différents royaumes de l’île, à l’exception de ceux de Cition, d’Amathonte et de Soloi qui demeurent aux mains de dynastes phéniciens prompts à appeler les Perses à leur secours.


-391 : Le souverain perse décide de s’attaquer à Chypre où les velléités d’indépendance d’Évagoras sont désormais suspectes. Oronte, gendre d’Artaxerxès placé à la tête de l’armée, et Tiribazos, commandant une flotte de trois cents trirèmes, sont chargés de conduire la campagne mais Évagoras refuse l’affrontement direct, multiplie les escarmouches et s’efforce de couper – en recourant à la course maritime – les communications de l’ennemi afin de gêner son ravitaillement. Il s’en prend même aux ports syriens et phéniciens et parvient à s’emparer des cités de Cition et d’Amathonte acquises aux Perses.


-386 : La paix de Sardes, conclue entre les Grecs et les Perses, ruine les efforts d’Évagoras car le Grand Roi, qui accepte de perdre les cités ioniennes se voit toujours reconnaître la possession de Chypre. Contraint désormais de poursuivre seul la lutte, Évagoras est vaincu sur mer au large de Cition et se retrouve assiégé dans Salamine. Il obtient cependant de garder son royaume et d’échapper au tribut mais son ambition de réaliser l’unité chypriote aboutit à un échec.


-376 : Assassinat d’Évagoras, dont Isocrate écrit le panégyrique. Son fils Nicoclès lui succède sur le trône de Salamine mais il est assassiné par des agents des Perses pour s’être rallié à la révolte des satrapes de Phénicie contre le Grand Roi. Son frère Évagoras II se soumet au souverain achéménide mais son neveu et successeur, Pnytagoras, n’hésite pas, lui, à engager la lutte.


-350 : Pnytagoras se met à la tête de l’insurrection chypriote contre les Perses mais ceux-ci l’emportent et imposent aux vaincus le paiement du tribut.


-333 : Alexandre écrase l’armée de Darius III à Issos en Cilicie. Pnytagoras de Salamine et d’autres rois de Chypre vont rencontrer à Sidon le roi macédonien et combattent à ses côtés pendant le siège de Tyr. Alexandre laisse une large autonomie aux royaumes chypriotes et donne à Pnytagoras la souveraineté sur Tamassos mais le conquérant de l’Orient meurt à Babylone en -323.


Quand, en -321, les compagnons d’Alexandre se partagent son empire, Chypre revient à Ptolémée qui règne sur l’Égypte. Il entretient de bons rapports avec les rois chypriotes de Salamine, Paphos et Soloi mais son rival Antigone cherche à s’appuyer sur les souverains d’Amathonte, de Cition et de Cérynie. Chypre devient ainsi un champ de bataille entre Ptolémée et Antigone.


-306 : Démétrios Poliorcète assiège Salamine où se sont réfugiés les partisans de Ptolémée, qui est vaincu. Démétrios devient alors le maître de Chypre pour une dizaine d’années.


-301 : Antigone est vaincu à Ipsos en Phrygie mais Démétrios peut conserver Chypre.


-294 : Ptolémée reprend Salamine, Chypre restera aux mains de la dynastie lagide jusqu’à la conquête romaine deux siècles et demi plus tard. L’île voit disparaître ses rois, qui sont remplacés par un gouverneur nommé par le souverain égyptien. L’influence égyptienne s’étend largement à Chypre où l’on honore désormais Osiris et Sérapis et où la ville d’Arsinoi est construite en mémoire de l’épouse de Ptolémée Philadelphe. L’île connaît alors une grande prospérité en même temps qu’un bel apogée culturel, illustré par le philosophe Eudémos, l’historien Aristos ou le stoïcien Zénon (-336 -264) qui était natif de Cition.


-195 : Paix entre le roi de Syrie Antiochos et Ptolémée V qui garde Chypre.


-168 : À l’occasion d’une nouvelle guerre entre l’Égypte lagide et la Syrie séleucide, le roi Antiochos envoie sa flotte attaquer Chypre mais l’intervention de Popilius Laenas, l’envoyé de Rome, sollicitée par les Lagides le contraint à renoncer. Les soldats séleucides qui pillaient l’île en sont délogés par la volonté de Rome.


-163 : Dans le contexte de la rivalité pour le trône lagide entre Ptolémée VI Philométor et Ptolémée VIII Évergète II, son frère cadet (il n’y eut pas de Ptolémée VII, celui qui aurait dû l’être, un fils de Philométor, étant mort enfant), le premier se voit reconnaître la possession de Chypre, que son frère et rival n’arrive pas à lui reprendre malgré le soutien de Rome.


Première moitié du Ier siècle avant J.-C. : Chypre doit compter avec le fléau que représente la piraterie sur la côte de Cilicie voisine.


-58 : L’île de Chypre devient romaine, unie administrativement à la Cilicie voisine. Les premiers proconsuls, Marcus Caton et Appius Clodius Pulcher se préoccupent surtout de s’enrichir sur le dos des Chypriotes.


-51 : Cicéron est nommé proconsul et dénonce le comportement prédateur de ses prédécesseurs. Il réduit très largement la pression fiscale et installe la capitale de Chypre à Paphos mais il n’est pas certain qu’il ait visité directement l’île qui faisait partie de sa province.


-49 : Chypre est confiée à un questeur mais, au cours des années suivantes, César puis Antoine la cèdent à Cléopâtre, la souveraine lagide d’Égypte.


-31 : La bataille d’Actium voit la victoire d’Octave sur Cléopâtre et Marc Antoine et l’île devient une province administrée par un prolégat impérial entre -27 et -22 avant de redevenir province sénatoriale gouvernée par un proconsul de rang prétorien.


117 après J.-C. : Sous Trajan, l’insurrection juive conduite par Artémion engendre de nombreux massacres de Grecs et de Romains mais la répression est tout aussi terrible. L’île profite ensuite des bienfaits de la paix romaine, qui permet l’essor économique des cités et d’une brillante vie municipale.

Page précédente Page suivante
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter