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Chypre chrétienne et byzantine

45 après J.-C. : Saint Barnabé, natif de Chypre et cousin de l’évangéliste Marc, débarque à Salamine en compagnie de saint Paul pour venir prêcher la nouvelle religion parmi les membres de la communauté juive de la ville mais ils sont mal reçus par les juifs et s’adressent finalement aux Grecs et aux Romains. Des communautés chrétiennes se constituent alors dans toute l’île et le proconsul romain Sergius Paulus, installé à Paphos qui est alors la capitale de l’île, se convertit à la nouvelle religion.


55 : Barnabé et Marc reviennent à Chypre où ils peuvent constater l’essor rapide de la religion du Christ mais Barnabé est martyrisé par les juifs et son corps est enterré secrètement par saint Marc près de Salamine.


325 : Trois évêques chypriotes – saint Spyridyon, évêque de Trémithonte, Cyrille de Paphos et Gélase de Salamine – participent au concile œcuménique de Nicée qui débat de la nature du Christ et définit l’orthodoxie à propos de cette question. Chypre compte alors sans doute une dizaine d’évêchés dont les plus importants sont le siège métropolitain de Salamine et ceux de Cition, Trémithonte, Paphos, Amathonte et Tamassos.


327 : Hélène, la mère de l’empereur Constantin Ier, débarque près de Cition et découvre que l’île est affectée par la sécheresse et la famine et que ses habitants ont émigré en masse vers la Syrie et la Cilicie voisines. Comme, selon la tradition, sainte Hélène apporte avec elle un morceau de la Sainte Croix découverte à Jérusalem, la situation s’améliore miraculeusement.


330 : Le siège de l’Empire romain est transféré à Constantinople.


332 et 342 : La Salamine romaine, qui est demeurée un emporium prospère, est dévastée par deux violents tremblements de terre.


IVe siècle : Indépendante, l’Église de Chypre préserve son autonomie jusqu’au début du Ve siècle. Salamine, dont le nom est remplacé par celui de Constantia, se substitue à Paphos comme capitale de l’île.


391 : L’évêque de Salamine-Constantia, Epiphanios, qui occupe le siège métropolitain de 367 à 403, participe au deuxième concile œcuménique de Constantinople et réunit un concile local à Constantia en 399 pour dénoncer les propositions hérétiques d’Origène. L’indépendance de l’Église chypriote suscite alors la colère des patriarches d’Antioche désireux de faire reconnaître leur droit de consacrer les évêques de leur région ecclésiastique mais les prélats chypriotes parviennent à sauvegarder leur indépendance.


395 : Au moment de la séparation décidée par Théodose, Chypre fait naturellement partie de l’Empire d’Orient. Sur le plan administratif, l’île est dépendante de la préfecture d’Antioche et confiée à un gouverneur militaire placé sous l’autorité du comte d’Orient. Chypre est alors divisée en quatorze régions administratives correspondant au nombre de ses diocèses, au lieu de quatre antérieurement. Pendant près de deux siècles, l’île apparaît comme une province d’intérêt secondaire dont l’activité économique, minière et commerciale s’est considérablement réduite. Elle connaît la paix mais semble désormais hors de la « grande histoire. »


431 : Mort de l’archevêque Théodore de Constantia. Élection de Reginos qui, envoyé au concile œcuménique d’Éphèse, y fait reconnaître, contre la volonté de l’Église d’Antioche, l’Église de Chypre comme indépendante et autocéphale. À la fin du Ve siècle, Pierre, le patriarche d’Antioche, proche de l’empereur Zénon, réaffirme ses prétentions en faisant valoir que le christianisme s’était implanté à Chypre à partir d’Antioche qui pouvait ainsi prétendre au titre de métropole par rapport à l’Église de l’île. La découverte près de Salamine du tombeau de saint Barnabé et de la copie de l’évangile de saint Mathieu conduit cependant Zénon à réaffirmer l’indépendance de l’Église chypriote et à accorder à l’archevêque Anthémios et à ses successeurs le privilège de porter le sceptre et le manteau et de signer à l’encre rouge, c’est-à-dire d’accéder à des honneurs habituellement réservés à l’empereur.


527-565 : Règne de l’empereur Justinien. Chypre retrouve une certaine importance dans la mesure où elle est la patrie d’origine de l’impératrice Théodora. Les réformes administratives mises en œuvre par Justinien – les gouverneurs prédateurs préoccupés de se rembourser de l’achat de leurs charges en exploitant le pays qui leur est confié sont remplacés par des fonctionnaires appointés par le pouvoir central – profitent à l’île qui voit renaître une certaine prospérité agricole et se développer la production de la soie. Transformée en base arrière chargée du ravitaillement des troupes engagées en Syrie contre l’ennemi perse, Chypre tire alors de cette situation d’incontestables avantages.


536 : Chypre passe sous l’autorité d’un « questeur justinien de l’armée » ne relevant que de l’empereur et exerçant la juridiction militaire et civile sur un territoire essentiellement maritime comprenant la Mésie seconde, la Scythie détachée du diocèse de Thrace, la province des Îles et la Carie ainsi que Chypre. Cette circonscription aux limites insolites a une vocation essentiellement militaire et navale au regard des menaces qui pèsent alors sur l’empire.


626 : Grande victoire de l’empereur Héraclius remportée à Ninive contre les troupes perses de Chosroès. L’Orient byzantin apparaît à l’abri de la menace perse après avoir subi de nombreuses défaites au début du VIIe siècle mais il va devoir compter très vite avec un nouveau péril, les cavaliers surgis du désert d’Arabie et déterminés à imposer la religion du prophète Mohammed. La Syrie est rapidement conquise et la situation insulaire de Chypre ne peut guère la protéger durablement. Avant même la grande victoire musulmane remportée sur les rives du Yarmouk en 636, la flotte musulmane d’Abou Bekr, le premier successeur du Prophète a lancé dès 632 une première razzia contre Chypre où la ville de Cition est pillée.


648 : Mise à sac de Paphos par les musulmans.


649 : Moawiya, le gouverneur musulman de Syrie, entreprend la conquête de Chypre et fait massacrer toute la population de Constantia qui a refusé de se convertir à l’islam. L’île est ravagée plusieurs mois durant et les envahisseurs sont déjà repartis, chargés de butin, quand les renforts byzantins finissent par arriver. Pour assurer leur sécurité les Chypriotes finissent par accepter de payer tribut au gouverneur de Syrie, qui deviendra bientôt le premier calife ommeyade. Pour punir les chrétiens chypriotes de maintenir leurs liens avec Byzance, l’île est de nouveau ravagée, les églises incendiées, les populations massacrées ou réduites en esclavage. Les rescapés cherchent refuge dans les montagnes ; les villes côtières et les plaines agricoles sont ruinées. Un compromis intervient finalement qui partage le tribut payé par l’île entre les musulmans et l’empereur byzantin.


691 : En raison de la guerre qui oppose de nouveau Arabes et Byzantins, l’empereur Justinien II ordonne l’évacuation de Chypre qui apparaît indéfendable après la défaite subie en Cilicie et le transfert de la population sur les rives européennes de l’Hellespont où les Chypriotes établiront la ville nouvelle de Justinianopolis, siège d’un évêché confié à l’archevêque de Chypre, titre que ce prélat conservera ensuite, quand cet exil aura pris fin au bout d’une dizaine d’années.


Début du VIIIe siècle : Retour de la population chypriote sur une île largement ruinée, qui subira encore, au cours des deux siècles et demi qui suivront, pas moins de vingt-quatre incursions arabes. Régulièrement reprise et reperdue par les Byzantins, Chypre n’est durablement libérée qu’au moment où se dessine la « reconquête » byzantine conduite à l’époque de la dynastie macédonienne.


747 : Les Byzantins anéantissent au large de Chypre une flotte arabe envoyée d’Alexandrie.


874-881 : L’empereur Basile parvient à occuper l’île de Chypre mais doit l’abandonner devant le retour offensif des Arabes.


910 : Le Byzantin Himérios débarque à Chypre et utilise l’île comme base arrière pour attaquer le littoral syrien et s’emparer de Laodicée mais une tentative conduite contre la Crète se conclut sur un échec.


965 : Nicéphore Phocas libère Chypre de la domination musulmane ; l’île n’est pas pour autant à l’abri des raids conduits par les pirates musulmans au cours des décennies suivantes, mais le reflux de l’islam arabe – qui perd alors la Crète, la Cilicie et la Syrie – permet aux Chypriotes de vivre à peu près en paix pendant plus de deux siècles. La reconstruction voit apparaître de nouvelles villes, voisines de celles qui ont été ruinées par les envahisseurs – Ammochostos, la future Famagouste, s’élève ainsi à proximité de la défunte Constantia. Cition est remplacée par Larnaca et Amathonte par Lemessos (Limassol). Près de l’ancienne Ledra, au centre de l’île, on voit alors apparaître Leucosia (Nicosie). La réorganisation administrative de l’Empire byzantin fait alors de Chypre une province à part entière, gouvernée par un duc exerçant les pouvoirs civil et militaire. La situation géostratégique de l’île lui donne une importance toute nouvelle pour l’empire dont elle est désormais un avant-poste face à l’Orient musulman. Durant cette période, qui correspond aux deux derniers siècles de la domination byzantine, l’île connaît aussi une brillante renaissance de la vie spirituelle, marquée par l’essor du monachisme et la découverte de l’une des icônes de la Vierge attribuées à saint Luc, découverte qui entraînera l’établissement du monastère de la Sainte-Vierge de Kykkos, le plus célèbre de l’île avec celui de Stavrovouni, le monastère de la Sainte-Croix fondé par sainte Hélène au début du IVe siècle.


1042 : La tentative de révolte contre l’autorité impériale du gouverneur Théophile Éroticos se solde par un échec.


1092 : Une nouvelle tentative de révolte conduite par le gouverneur Rhapsomatès échoue à son tour. Dans les deux cas, c’est le poids de la pression fiscale qui a encouragé ces gouverneurs à proclamer l’indépendance de l’île mais la réaction du pouvoir impérial est immédiate et ces tentatives de dissidence sont brisées.


1095-1099 : La première croisade aboutit à la création du royaume de Jérusalem et des États latins de Terre sainte. La restauration des relations commerciales entre l’Orient méditerranéen et l’Europe profite à Chypre où des marchands vénitiens s’installent à Famagouste.


1158 : Le basileus byzantin Manuel Comnène vient rétablir son autorité à Chypre ravagée deux ans plus tôt par le chef arménien Thoros allié à Renaud de Châtillon, un aventurier bien éloigné de l’idéal initial de la croisade.


1184 : Isaac Comnène, gouverneur de Tarse et parent de l’empereur Manuel, arrive à Chypre où il s’empare du pouvoir et prétend avoir été nommé gouverneur par le basileus. Il proclame bientôt l’indépendance de l’île. Avec l’aide du roi normand de Sicile, l’usurpateur repousse la flotte byzantine envoyée contre lui par son oncle Isaac l’Ange et impose son pouvoir arbitraire à une population et à une Église chypriotes qui demeurent fidèles à Byzance. Pour consolider son pouvoir, Isaac n’hésite pas à se rapprocher de Saladin après que celui-ci a réussi, en 1187, à reprendre Jérusalem aux croisés.


1190 : Richard Cœur de Lion, Philippe Auguste et l’empereur Frédéric Barberousse s’entendent pour conduire en Orient une troisième croisade qui doit permettre la reconquête de Jérusalem.


1191 : Trois bateaux de la flotte de Richard Cœur de Lion surpris par la tempête s’échouent sur la côte chypriote près de Limassol et Isaac s’empare des vaisseaux et de la reine douairière, sœur de Richard, ainsi que de sa fiancée, Bérengère de Navarre. Furieux, Richard débarque à Chypre le 6 mai 1191 et met en déroute près de Limassol les forces d’Isaac qui cherche à négocier en promettant de participer à la croisade et de verser une somme importante à son vainqueur. C’est pour mieux le trahir et se tourner de nouveau vers Saladin. Richard, qui a célébré son mariage à Limassol, s’empare alors du félon en même temps que de l’île, qu’il décide de vendre à l’ordre du Temple pour la somme de 100 000 besants d’or. Il livre aussi aux Templiers Isaac, qui mourra prisonnier en Syrie quelques mois plus tard. Dans l’île, les Templiers, qui entendent imposer de lourds impôts, sont rapidement détestés, d’autant qu’ils ne manquent pas de manifester le mépris que leur inspire l’Église grecque. Après avoir écrasé dans le sang la révolte de Nicosie en avril 1192, ils comprennent qu’ils ne pourront s’imposer durablement et préfèrent quitter Chypre après avoir remis l’île à son précédent propriétaire, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion.


1192 : Richard Cœur de Lion entend confier le royaume de Jérusalem à Conrad de Montferrat mais il veut aussi donner une compensation à Guy de Lusignan, considéré comme l’héritier légitime de la couronne mais qui avait contre lui la plupart des barons francs qui le prenaient pour un incapable. C’est dans ces conditions que le roi d’Angleterre décide de lui remettre Chypre où il règne jusqu’à sa mort survenue en avril 1194, avec le titre de « seigneur de Chypre par la grâce de Dieu ». C’est son frère Amaury qui lui succède alors et établit en quelques années son autorité, ce qui lui permet de ramener la paix et l’ordre dans l’île.

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