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La dynastie mandchoue des Ts’ing (Qing)

Ceux qui ont pris en 1635 le nom de Mandchous (Manzhou) sont issus des Jürchen, eux-mêmes descendants des tribus toungouses fondatrices, au XIIe siècle, de l’empire des Jin qui avait duré de 1115 à 1234 dans le nord et au nord-est de la Chine. Les tribus jürchen de Mandchourie orientale sont rassemblées par un chef du nom de Nurhaci (1559-1626) qui, d’abord vassal des Ming, accroît sa puissance grâce aux revenus que lui assure le commerce des fourrures et du ginseng et à une organisation militaire rigoureuse encadrant en « bannières », à partir de 1601, les guerriers des steppes du nord. Le 17 février 1616, Nurhaci se proclame empereur et fonde la dynastie des Jin postérieurs (Hou Jin). Il lance des attaques contre la Chine à partir de 1618, prend Shenyang et Loyang en 1621. Il installe sa capitale à Shenyang (rebaptisée Moukden) en 1625. Son successeur, Abahai (1627-1644), conquiert le Chahar, région située à l’ouest du Jehol et au nord du Shanxi, impose sa domination à la Corée et occupe, entre 1636 et 1644, toute la Mandchourie jusqu’au cours de l’Amour. C’est à cette dernière date qu’est entreprise la conquête de la Chine des Ming.


 


1644-1661 : Règne de Chouen-tché (Shunzhi)


1645 : Le port de la natte est imposé à l’ensemble de la population chinoise. Une rigoureuse ségrégation sépare villes mandchoue et chinoise et interdit le territoire mandchou aux Chinois (1668), ainsi que les mariages mixtes. La conquête est extrêmement brutale, marquée par de nombreux massacres et des expropriations de terres réservées aux nouveaux maîtres. Après une période de terreur qui voit la réduction des paysans chinois à un statut quasi servile, les expropriations cessent et les ruraux, qui retrouvent leur liberté, ne subissent plus qu’une fiscalité modérée, ce qui contribue à la prospérité du XVIIIe siècle et à l’acceptation par les Chinois des nouveaux maîtres du pays.


1647-1660 : Règne de Yongli, un « Ming du Sud » qui poursuit la résistance contre les Mandchous et parvient à leur reprendre Canton et une partie de la Chine méridionale. Replié au Yunnan, il est finalement pris et exécuté en 1662.


1650 : Le père Schall obtient l’autorisation de faire construire une première église catholique à Pékin.


1651 : Khabarov fonde le poste russe d’Albazin.


1652 : Le Dalaï lama est invité à Pékin car la nouvelle dynastie tient à apparaître aux yeux des peuples nomades des steppes acquis au lamaïsme comme la puissance protectrice du Tibet.


1656 : Réouverture des concours officiels. Ils doivent fournir à l’empire Qing les fonctionnaires dont il a besoin et contribuer à l’intégration des lettrés au sein du nouveau régime.


1659 : Un Chinois musulman, Yang Guangxian, publie un violent pamphlet antichrétien et le père Schall échappe de peu à la mort en 1665 mais le père Ferdinand Verbiest, mathématicien et astronome, montre la supériorité de la science européenne et l’emporte sur les adversaires des Jésuites et ceux-ci voient leur position renforcée dans l’Empire après 1670.


1662-1722 : Règne de l’Empereur K’ang-hi (Kangxi)


1681: Les souverains mandchous reprennent le contrôle des régions du sud-ouest entrées en dissidence avec la rébellion dite des « Trois Feudataires » déclenchée en 1674. La même année, K’ang-hi fait publier ses Saintes Instructions qui s’inscrivent dans la tradition confucéenne et formulent ce que doit être l’ordre moral nécessaire à la vie de l’empire.


1683: Conquête de Taiwan (Formose). Depuis 1650, un chef pirate du nom de Zheng Chenggong (connu aussi sous le nom de Coxinga) puis son fils Zheng jing poursuivent la lutte contre la nouvelle dynastie mandchoue des T’sing (Qing). En 1659 Coxinga a poussé un raid jusqu’à Nankin puis s’est emparé de Formose en 1661. Pour venir à bout de cette rébellion, le pouvoir mandchou a décrété en 1662 l’évacuation de toutes les régions côtières depuis le Chan-tong jusqu’au Kouang-tong et a fait raser villes et villages où le chef pirate trouvait des complicités. Les conséquences à long terme pour le commerce maritime chinois s’avèreront catastrophiques.


1687: Mise à l’index des romans « corrupteurs ».


1689: Traité russo-chinois de Nertchinsk, qui fixe la frontière de la Chine et des régions sibériennes sous influence russe (les jésuites Gerbillon et Pereira servent d’interprètes).


1692: Édit de tolérance religieuse de K’ang-hi.


1696-1697 : Les Chinois occupent les régions situées au sud du lac Baïkal et entreprennent de briser la puissance des Dzoungares qui, sous l’autorité de Galdan, cherchaient à imposer leur influence sur le Tibet.


1705: Le pape envoie en Chine monseigneur Charles de Tournon, avec l’ordre d’interdire aux missionnaires toute tolérance vis-à-vis des croyances et des rites chinois. Dans la « querelle des rites » ouverte en 1610 par le père Longobardo qui critiquait l’attitude jugée trop souple du père Matteo Ricci, l’orthodoxie romaine cherche à s’imposer mais une telle attitude se révèle contreproductive, décourage les conversions et suscite la méfiance de l’empereur.


1707-1717 : Réalisation de l’Atlas de K’ang-hi, sous la direction du père Gerbillon.


1718: Les Dzoungares s’imposent à Lhassa mais les Chinois les en chassent en 1720.


1723-1735 : Règne de l’empereur Yong-Tcheng (Yongzheng) qui favorise le bouddhisme.


1727: Nouveau traité russo-chinois de Kiakhta.


1736-1796 : Règne de l’empereur K’ien-Long (Qianlong)


1751: Les Chinois prennent définitivement le contrôle du Tibet.


milieu du XVIIIe  siècle : L’empire sino-mandchou couvre en 1759 près de treize millions de km2 (la Mongolie extérieure, Taiwan, les régions du lac Balkach celles situées à l’est du cours inférieur de l’Amour et de l’Oussouri et, pour un temps les actuels monts Stanovoï en font partie) et son influence s’étend largement au delà de ses frontières (Népal, Birmanie, Siam, Vietnam, Philippines, Corée reconnaissent sa souveraineté et en dépendent plus ou moins). C’est également l’époque d’une croissance démographique spectaculaire : de 1741 à 1812, la population de la Chine passe de 143 à 360 millions d’habitants. La « sinisation » du sud se poursuit aux dépens des minorités ethniques, ce qui contribuera à la multiplication des révoltes locales au cours du XIXe  siècle.


1756-1757 : Destruction de l’empire dzoungare de l’Ili, suivie en 1758-1759 de la conquête des oasis musulmans du bassin du Tarim (Aksou, Kashgar, Yarkand). Ces régions deviennent les nouveaux territoires (Sin-k'iang), le Turkestan chinois des géographes occidentaux. Ils ne constitueront une province qu’en 1884.


1767-1771 : Expédition militaire chinoise sur les confins birmans.


1772-1782 : Réalisation d’une gigantesque compilation des œuvres écrites en chinois (Siku qanshu). L’un des principaux responsables de cette entreprise qui mobilise plus de quinze mille copistes est Dai Zhen (1723-1777) l'un des plus grands lettrés du temps.


1773: Le pape Clément XIV dissout la Compagnie de Jésus.


1774-1789 : Période d’inquisition littéraire au cours de laquelle plus de dix mille ouvrages jugés hostiles aux Mandchous ou à la morale traditionnelle sont mis à l’index et plus de deux mille détruits.


à partir de 1775: L’essor de la corruption, dû en partie à un favori de l’empereur, Heshen, entraîne des révoltes paysannes qui, organisées par la société secrète du Lotus blanc, se prolongent jusqu’en 1803.


1791: Les Chinois interviennent au Népal pour y soumettre les Gurkhas pillards qui menaçaient le Tibet méridional.


1793: Mission de Lord Macartney en Chine, marquée par son refus de la prosternation traditionnelle devant l’empereur.


1798-1820 : Règne de l’empereur Jiaqing, au cours duquel la corruption des fonctionnaires chargés de l’entretien des digues entraîne sept grandes inondations dans la vallée du fleuve Jaune.


1805 : Mort du dernier directeur jésuite de l’Observatoire de Pékin.

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