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On emploie souvent les mots d’Angleterre et d’Anglais pour désigner la Grande-Bretagne et ses habitants. Mais l’Angleterre n’est, à proprement parler, que la partie sud-est de l’île de Grande-Bretagne dont elle partage le territoire avec les nations à forte identité – et dorénavant dotées d’institutions autonomes – que sont le pays de Galles à l’ouest et l’Ecosse au nord. Ecossais et Gallois ne sauraient, sans qu’on veuille leur faire affront, être traités d’Anglais.


C’est cependant, bien entendu, l’Angleterre qui pèse le plus lourd dans le Royaume-Uni, avec plus de cinquante-cinq millions d’habitants quand l’Ecosse en a dix fois moins et que le pays de Galles en aligne à peine trois. C’est elle aussi qui en a constitué le noyau fondateur, en annexant, dès le XIIIe siècle, la principauté de Galles, en colonisant par étapes successives l’Irlande, dont seul le Nord fait aujourd’hui encore partie du royaume, et en imposant en 1707 à l’Ecosse la signature d’un Acte d’union après avoir eu un souverain en commun avec elle pendant un siècle.


Ces cinquante-cinq millions d’habitants pour une superficie qui ne représente que trois-cinquièmes des 230 000 kilomètres carrés de l’île, avec des zones quasiment désertes telles que les Pennines ou les landes du Yorkshire, font que l’Angleterre, avec une population urbanisée à 90 %, présente en Europe une des plus fortes densités de population, avec un record dans la zone du Grand Londres (8,2 millions d’habitants).


Telle qu'elle se présente, l’Angleterre s’adosse aux montagnes du pays de Galles et de la chaîne Pennine, héritières largement rabotées de plissements de l’ère primaire et entaillées de vallées parfois profondes qui débouchent sur des estuaires propices à l’établissement de ports. Le plateau du Nord-Est descend en ondulations plus ou moins escarpées vers la mer du Nord, tandis qu’au sud, le bassin de Londres, qui continue géologiquement le bassin sédimentaire anglo-flamand, est encadré par des lignes de collines, Costwolds, Chilterns ou encore Downs.


Au nord-ouest, le massif du Cumberland, où se niche le Lake District, et le pays de Galles supportent de plein fouet l’humidité de l’Atlantique, mais le bassin de Londres en est relativement protégé. Il reçoit, en quantité sinon en fréquence, moins de pluie que le Bassin parisien, voire, dans sa partie est, que certaines zones du Proche-Orient où les pluies sont moins fréquentes mais plus abondantes. Quant au smog, ingrédient omniprésent des romans victoriens, il a largement disparu à partir du milieu du XXe siècle avec l’abandon du chauffage au charbon et le déclin des industries primaires. Les actuels brouillards ne sont ni plus ni moins denses ou fréquents que ceux que l’on peut observer en France.


L’Histoire a été généreuse avec l’Angleterre, longtemps petit pays situé à l’extrémité nord-ouest de l’Europe, hors des grands courants commerciaux. Au milieu du XVe siècle, lorsque ses troupes ont été boutées hors de France et qu’elle sort tout juste de l’effroyable guerre civile dite « guerre des Deux Roses », elle ne compte que quatre millions et demi d’habitants, à peine plus que l’Ecosse, sa voisine, et se retrouve exsangue. La politique mercantile d'Henry VII, la création d’une marine, suivie du soutien apporté aux explorations et à la colonisation par ses successeurs, a débouché un siècle plus tard sur la maîtrise de la mer. Dès les négociations du traité d’Utrecht en 1713, l’Angleterre s’impose comme arbitre sur l’échiquier européen. Son accroissement démographique à partir de la fin du XVIIIe siècle, puis la révolution industrielle et l’expansion coloniale du XIXe siècle font du Royaume-Uni qu’elle dirige la première puissance mondiale, maîtresse d’un empire qui couvre, à la fin du règne de Victoria en 1901, un quart des terres émergées.


L’Angleterre a payé un lourd tribut à la seconde guerre mondiale, tout en faisant l’admiration générale par le courage de ses pilotes lors de la bataille d’Angleterre qui fit dire à Churchill que « jamais le monde n’avait tant dû à si peu d’hommes ». Littéralement en ruines à la fin du conflit par l’effet des raids allemands, elle a su se relever. Une nouvelle cathédrale de verre remplace celle de Coventry, rasée par la Luftwaffe. Les industries traditionnelles ont fait place aux nouvelles technologies et aux services. Mais la City reste la place financière dominante en Europe, Londres vibre, lance les modes et attire la jeunesse. Son skyline en perpétuelle transformation par l’adjonction de nouveaux buildings aux formes innovantes témoigne de sa vitalité.


Les tendances centrifuges qui ont amené les gouvernements de John Major et de Tony Blair à accorder, au sein du Royaume-Uni, l’autonomie institutionnelle à l’Ecosse et au pays de Galles (et même récemment, dans une moindre mesure, à la Cornouaille) n’ont pas été sans conséquences en Angleterre. Une forme de nationalisme purement anglais y a presque supplanté la traditionnelle fierté britannique. On a vu fleurir les drapeaux blancs à croix de Saint-Georges rouge à côté ou à la place de l’Union Jack. Des voix s’élèvent pour que l’Angleterre jouisse d’une assemblée particulière comme les autres composantes du royaume, le rôle du Parlement communautaire de Westminster n’étant, par ailleurs, pas remis en cause. Qu’en sera-t-il à l’avenir du Royaume-Uni et de la place de l’Angleterre en son sein ? Les années qui viennent devraient assez vite apporter la réponse à cette question.


Durant la période préhistorique, les régions où se formera, à l'issue de la dernière glaciation, l'archipel britannique, constituent une périphérie occidentale du bloc eurasien où des traces du Paléolithique ancien ont été relevées, mais où il faut attendre la période séparant les glaciations de Riss et de Würm, c'est-à-dire celle du Paléolithique moyen, pour constater une occupation humaine plus continue. Touchées par la révolution néolithique, les îles britanniques voient ensuite se développer de riches cultures dont témoignent des ensembles mégalithiques tels que celui de Stonehenge. Au premier millénaire avant J.-C., les migrations en provenance du continent, contemporaines des mouvements de populations correspondant aux périodes de Halstatt et de La Tène, les font entrer dans l'espace de l'Europe celtique. 


entre 700 000 et 300 000 avant J.-C. : Traces d’occupation saisonnière de la région, pas encore séparée du continent, par des chasseurs de gros mammifères.


entre 180 000 et 100 000 avant J.-C. : Nouvelles traces de présence humaine après la glaciation de Riss.


vers 80 000 avant J.-C. : Traces d’homo sapiens avec l’apparition d’une industrie de type aurignacien (fabrication de pointes de flèches, transformation d’os et de bois de cerfs en outils).


vers 13 000 avant J.-C. : Après la glaciation de Würm, premières traces d’une présence humaine continue.


vers 8000 avant J.-C. : La fonte des glaces consécutive au réchauffement et la montée des eaux qui en découle aboutit à faire de la Grande-Bretagne une île.


entre 8000 et 5500 avant J.-C. : Trace des premiers établissements humains permanents.


vers 4000 avant J.-C. : Apparition des long barrows, tombes collectives en forme de tumulus allongé. Sans doute vers la même époque, apparition des premiers henges, cercles de pierres levées entourés d’une circonvallation, comme Avebury ou le premier Stonehenge.


vers 2100 avant J.-C. : Début de l’âge du bronze. Arrivée des beaker people, que l’on ne connaît que par les pichets (beakers) campaniformes retrouvés dans leurs tombes, tumuli de forme ronde. Premières traces d’agriculture et d’élevage. Mise en exploitation de mines.


entre 1400 et 800 avant J.-C. : La silhouette de cheval d’Uffington est tracée à flanc de colline en ôtant l’humus pour découvrir la craie sous-jacente.


vers 1000 avant J.-C. : Premières fermes et premières voies de circulation.


vers 750 avant J.-C. : Arrivée progressive des Celtes en provenance d’Europe centrale. Ils introduisent le travail du fer, le tissage, l’attelage et la roue.


vers 500 avant J.-C. : Construction de forts au sommet de collines. Ils constitueront des points de résistance à l’invasion romaine.


vers 250 avant J.-C. : Arrivée de tribus gauloises (Belgae, Atrobates et autres). Elles introduisent la religion druidique. L’île attire l’attention des Romains par ses exportations de métaux (étain, argent, fer), de chevaux et de laine.

 

Les populations gauloises installées outre-Manche vont devoir compter, à partir du premier siècle de notre ère, avec l'expansion romaine. Réalisée en un siècle, de Claude aux Flaviens, la conquête trouvera ses limites au contact des Calédoniens, farouches ancêtres des Ecossais, et le mur d'Hadrien marquera, sur le terrain, la frontière entre l'Empire et le Nord demeuré barbare. La Bretagne va bénéficier pendant trois siècles des bienfaits de la pax romana qui lui assure une remarquable prospérité, mais elle ne peut échapper, au début du Ve siècle, à l'irruption de populations germaniques, les Angles et les Saxons. 



étés 55 et 54 avant J.-C. : Jules César tire argument d’une demande d’arbitrage entre tribus pour débarquer à Douvres. Il ne fera, en Angleterre, que deux incursions, sans conquête.


43 après J.-C. : Débarquement des troupes de l’empereur Claude et conquête d’un territoire couvrant en gros le bassin de Londres. Devenu province appelée Britannia, il bénéficie aussitôt de la construction de voies dallées facilitant la circulation des troupes et des marchandises.


49 : L’emporium de Londinium (Londres), nœud de routes convergeant vers le dernier gué sur la Tamise avant la mer, est choisi comme capitale de la province.


60-61 : Révolte de Boudicca, reine des Iceni, tribu du Nord-Est de Londres, contre les exactions romaines. La rébellion gagne toute la vallée de la Tamise. 60 000 Romains sont massacrés et les villes brûlées. La répression est sauvage et la conquête reprend.


70 : Toute l’Angleterre est conquise. Le général Agricola entreprend de construire des routes, de fortifier les villes et d’y installer des garnisons. En plus de trois siècles, la pax romana ne sera troublée que dans le Nord par les raids des Pictes descendus de l’actuelle Ecosse.


120-122 : Construction du mur d’Hadrien, dont l’empereur lui-même vient en 122 voir l’état d’achèvement. Il a pour but de contenir les incursions des Pictes et s’étend de l’embouchure de la Tyne au Solway Firth, dans la partie la plus étroite de l’île.


139-143 : Le successeur d’Hadrien, Antonin le Pieux, repousse la frontière plus au nord et fait construire un mur de terre qui sera enfoncé avant la fin du siècle.


194 : Profitant de la vacance du pouvoir à la suite de l’assassinat de Commode et de la succession rapide sur le trône de plusieurs empereurs en quelques mois, le gouverneur de la province se proclame empereur. La sécession dure quatre ans, avant que Septime Sévère vienne mater la rébellion. On repère des traces de petites communautés chrétiennes.


254 : Albanus, premier martyr chrétien, est décapité à Verulamium, qui prendra ensuite le nom de Saint-Albans, tandis que Julius et Aaronius sont peu après martyrisés à Caerleon. On signale les premiers pirates saxons en mer du Nord et dans la Manche.


297 : Réforme de Dioclétien : deux augustes, l’un pour l’Occident et l’autre pour l’Orient, tous deux assistés d’un césar appelé à leur succéder. Division de la province en quatre diocèses, mais Londres reste la capitale générale.


306 : L’empereur Constance Chlore, césar de l’Ouest, meurt à Eboracum (York). Son fils Constantin est proclamé sur place empereur par ses troupes.


313 : Constantin promulgue l’édit de Milan, qui fait du christianisme une religion licite.


entre 343 et 369 : Nouvelles invasions du Nord par des tribus de Pictes et de Scots.


410-411 : Après le franchissement du limes dans la nuit du 31 décembre 406 par les Barbares, l’empereur Honorius rappelle les troupes pour défendre l’Italie et invite les populations locales à se défendre par elles-mêmes. De nombreux vétérans chargés de leur famille restent sur place. Certains prennent la tête des communautés existantes. Dans le Nord en particulier, les communautés chrétiennes autochtones s’organisent autour de monastères. La population de l’Angleterre est alors le double de ce qu’elle sera au moment de l’invasion normande en 1066.

 

Le Haut Moyen Age anglais voit le refoulement des Celtes par les envahisseurs anglo-saxons. L'élément celtique se maintient dans le pays de Galles et en Cornouaille alors que de nombreux Bretons prennent la mer pour aller chercher refuge en Armorique. La période voit également les missionnaires envoyés par le pape Grégoire le Grand convertir au christianisme les royaumes anglo-saxons. Demeurés à l'extérieur de l'espace carolingien et organisés un temps en une heptarchie, ils poursuivent à l'écart du continent leur propre développement, bientôt remis en cause par les invasions scandinaves. 


vers 450 : Arrivée par vagues de tribus d’Angles (qui donneront leur nom au pays), de Jutes et de Saxons, en provenance de Basse Saxe, du Jutland et de la Frise. Ils imposent bientôt leur langue, leur religion, leur droit et leur pratique de gouvernement sous l’égide d’un conseil de sages, le Witanegemot. Les massacres font refluer une partie de la population indigène vers les confins ouest du territoire : pays de Galles et Cornouaille, et vers l’Armorique.


470-495 : Les Jutes s’établissent dans le Kent, les Angles dans l’Est, les Midlands et la Northumbrie, tandis que les Saxons investissent, comme la toponymie l’atteste, l’Essex, le Wessex et le Sussex.


début du VIe siècle : Les établissements anglo-saxons sont devenus sept royaumes : Kent, Wessex, Sussex, Essex, Anglia, Mercie et Northumbrie, d’où le nom d’« Heptarchie saxonne » donné à l’époque qui suit. Ces royaumes se combattent, mais nouent aussi des alliances dynastiques qui favoriseront ultérieurement les absorptions et regroupements.


597 : Envoyé par le pape Grégoire le Grand à Canterbury auprès du roi de Kent, le futur saint Augustin de Cantorbéry le convertit et lance une nouvelle évangélisation de l’Angleterre. L’église qu’il fonde est organisée selon un schéma « romain » d’autorité pyramidale tandis que celle qui subsiste dans le Nord et les territoires « celtes », bientôt revivifiée par des missions venues d’Irlande, s’organise en communautés laïques autour de monastères.


617-685 : L’influence dominante en Angleterre est celle du royaume de Northumbrie.


627 : Edwin, roi de Northumbrie, se convertit au christianisme, imité bientôt par d’autres. En 660, seul le Sussex n’est pas chrétien.


645 : Fondation par des moines irlandais du monastère de Lindisfarne en Northumbrie, sur la côte de la mer du Nord.


664 : Le synode de Whitby fait adopter par toutes les églises le rite romain et le comput latin de la date de Pâques. Afin de ménager les susceptibilités, l’archevêque d’York est titré « primat d’Angleterre » et celui de Cantorbéry « primat de toute l’Angleterre ».


fin du VIIe siècle : Premiers raids des Vikings sur les côtes anglaises.


730-821 : La Mercie succède à la Northumbrie comme royaume dominant. Le roi Offa construit un mur de terre doublé d’un fossé pour empêcher les incursions galloises. Ce mur délimite encore à peu près la frontière entre le pays de Galles et l’Angleterre.


731 : Saint Bede, moine de l’abbaye de Jarrow en Northumbrie, termine son Histoire ecclésiastique du peuple anglais, premier livre d’histoire « anglaise » en ce qu’il met en valeur l’unité du pays à travers ses différentes composantes.


793 : Pillage du monastère de Lindisfarne par les Vikings.


802 : Avènement du roi du Wessex Egbert, qui réussit en 829 à soumettre les différents royaumes d’Angleterre à sa suzeraineté, et prend le titre de « roi de tous les Anglais ».


838 : Victoire d’Egbert sur les envahisseurs danois. 


851 : Aethelwulf, fils et successeur d’Egbert, repousse à nouveau les Danois.


867 : La Northumbrie passe aux mains des Danois.


870 : Aethelred Ier, successeur d’Aethelwulf, repousse l’offensive danoise, mais Edmond, roi d’Anglia, est torturé à mort par les Danois qui s’emparent de cette partie du pays.


889 : Alfred le Grand, frère et successeur d’Aethelred, réussit à battre les Danois, mais ne peut empêcher la partition de fait du pays entre un royaume danois occupant la partie est et une « Angleterre » réduite à un Wessex qui va jusqu’aux Midlands.


fin du Xe siècle : Une suite de règnes désastreux fait passer le royaume sous le joug danois, symbolisé par le versement annuel d’un tribut, le danegeld.


1016 : A la mort du roi Edward II du Wessex, le Witenagemot élit roi le Danois Knut, ou Canut, et opère la fusion des deux royaumes anglais et danois.


1042 : A la mort de Knut II, Edouard, descendant des rois du Wessex, hérite du trône et prend le nom d’Edouard IV. Très pieux, il est surnommé « Edouard le Confesseur ». N’ayant pas d’héritier direct, il promet la couronne à son gendre, Harold, fils de son « maire du palais », avant de la promettre à son neveu par alliance, Guillaume-le-Bâtard, duc de Normandie.


1065 : Le jour de Noël, l’abbaye de Westminster, qu’Edouard a fait construire sur une île de la Tamise à l’ouest de la cité de Londres, est consacrée.


6 janvier 1066 : Mort d’Edouard. Le lendemain, Harold est proclamé roi.


printemps 1066 : Guillaume obtient le soutien du roi de France et du pape, ainsi que l’alliance de son cousin, roi de Norvège. Il fait construire une flotte de 600 navires légers de type drakkar en vue d’un débarquement en Angleterre.


26 septembre 1066 : Les troupes norvégiennes débarquées dans le Yorkshire sont battues à Stamford Bridge, près d’York.


29 septembre 1066 : Guillaume et ses 7 000 hommes débarquent dans le Sussex et se retranchent à Hastings tandis que l’armée d’Harold redescend du Nord à marche forcée.


14 octobre 1066 : Bataille d’Hastings au cours de laquelle Harold est tué.


25 décembre 1066 : Couronnement de Guillaume à l’abbaye de Westminster. Un transfert massif des charges et des terres se met en place au profit des évêques et des barons normands, tandis qu’est entreprise la construction de forteresses, tour de Londres ou donjon de Windsor. Le recensement des habitants, des terres et du bétail s’achèvera en 1086 avec l’élaboration du Domesday Book.


1070 : La conquête est achevée.


1087 : Guillaume II le Roux succède à son père, sur fond de dissensions avec ses frères.


1100 : A la mort de Guillaume, son frère devient roi sous le nom d'Henri Ier. La fille de celui-ci, Mathilde, épouse l’empereur d’Allemagne puis, devenue veuve, Geoffroy Plantagenêt, comte d’Anjou.


1135 : Mort d’Henri. Le trône passe à Etienne de Blois, époux de sa sœur Adèle. Mathilde conteste la succession.


1139 : Retour de Mathilde en Angleterre et début de la guerre civile.


1146 : Etienne met fin à la guerre civile en reconnaissant Henri Plantagenêt, fils de Mathilde et de Geoffroy d’Anjou, comme son héritier.


1154 : Mort d’Etienne de Blois. Henri Plantagenêt devient Henri II d’Angleterre, en même temps qu’il a ajouté à ses fiefs de Normandie, Maine et Anjou ceux de son épouse Aliénor d’Aquitaine, épouse répudiée de Louis VII : Poitou, Aquitaine et Limousin.


1164 : Publication des Constitutions de Clarendon visant à régler les rapports de L’Eglise et de l’Etat. Elles sont refusées par Thomas Beckett, archevêque de Cantorbéry.


1167 : Fondation de l’université d’Oxford après le retour en Angleterre d’étudiants anglais de la Sorbonne, du fait de troubles à Paris.


1168 : Intervention anglaise en Irlande. Une zone de domination anglaise est établie autour de Dublin, le pale.


1170 : Meurtre de Thomas Beckett dans la cathédrale de Cantorbéry, pour lequel le roi fera amende honorable. La châsse du saint devient l’objet d’un pèlerinage qui durera jusqu’à la dissolution des monastères en 1536.


1189 : Henri II meurt à Chinon. Son fils Richard Ier, appelé plus tard Richard Cœur-de-Lion, lui succède.


1190 : Départ en croisade de Richard qui institue régente sa mère, Aliénor d’Aquitaine. Sur la route du retour, il tombe, peu avant Noël 1192, aux mains du duc d’Autriche qui le livre ensuite à l’empereur d’Allemagne. Il sera libéré en mars 1194 contre une rançon équivalant à quatre années de PIB de l’Angleterre d'alors.


1199 : Richard meurt en assiégeant le château de Châlus en Limousin. Son frère Jean lui succède sous le nom de Jean Ier.


1202 : Philippe-Auguste contraint Jean à lui céder ce qui restait des territoires Plantagenêt en France. Il s’est aliéné ses barons par sa couardise et ses exigences financières.


1204 : Mort d’Aliénor d’Aquitaine à Fontevraud.


1209 : Des étudiants en théologie d’Oxford quittent celle-ci pour aller s’installer à Cambridge, où ils fondent une nouvelle université.


1215 : Les barons contraignent Jean à signer la Grande Charte, qui institue un Parlement et impose le respect d’un certain nombre de libertés individuelles.


1216 : Avènement de son fils, Henri III, dit « le roi bâtisseur », qui obtient la restitution de divers fiefs d’Aliénor en échange d’un serment de vassalité à Louis IX (saint Louis) et construit ou reconstruit nombre d’édifices, tels Westminster Abbey ou la tour de Londres. Sous son règne s’élèvent la cathédrale de Salisbury ainsi que les premiers collèges d’Oxford et de Cambridge.


1258-1259 : Une révolte des barons, menée par le comte de Leicester, Simon de Montfort, oblige le roi à signer les Provisions d’Oxford, qui confient au Parlement le contrôle des finances royales.


1265 : Le Parlement réunit pour la première fois des bourgeois représentants des communes en parallèle aux barons et aux représentants du haut clergé.


1272-1307 : Règne d’Edouard Ier, surnommé « le marteau des Ecossais » en raison de sa victoire sur ceux-ci. Il ramène à l’abbaye de Westminster, pour l’incorporer dans le trône d’Edouard le Confesseur sur lequel sont couronnés les souverains anglais, la pierre de Scone qui servait au couronnement des rois d’Ecosse. Vainqueur des Gallois en 1292, il annexe la principauté et confère à son fils le titre de prince de Galles, porté depuis par les héritiers du trône.


1307-1327 : Règne désastreux d’Edouard II, faible et velléitaire, homosexuel soumis aux caprices de ses favoris. Il est l’époux d’Isabelle, fille de Philippe le Bel, surnommée « la louve de France ».


1314 : La défaite de Bannockburn devant une armée écossaise inférieure en nombre et en armement sonne le glas des ambitions écossaises héritées d’Edouard Ier, et déclenche une guerre civile larvée.


1324 : La guerre éclate avec la France à propos des possessions d’Aquitaine. La reine s’enfuit à Paris avec son fils et son amant, Roger Mortimer.


1326 : La reine rentre en Angleterre, obtient du Parlement la déposition de son époux au profit de son fils. Edouard II est assassiné au château de Berkeley l’année suivante.


1327-1377 : Règne d’Edouard III. Débarrassé bientôt de Mortimer et de la tutelle de sa mère, il revendique en 1328 la couronne de France après la mort de ses trois oncles qui se sont succédé sur le trône des lys. Sa décision, en 1340, de s’arroger le titre de roi de France déclenche la guerre de Cent Ans. Le premier grand affrontement a lieu lors de la bataille de Crécy gagnée sur Philippe VI de Valois en 1346, et se poursuit par la prise de Calais qui restera anglaise pendant deux siècles et demi.


1346 : Création de l’Ordre de la Jarretière.


1348-1349 : L’épidémie de peste noire qui balaie l’Europe fauche la moitié de la population anglaise et provoque la hausse du prix du travail par manque de main d’œuvre.


1351 : Le statut des Paysans, édicté afin de remédier aux problèmes sociaux engendrés par la peste noire, déclenche des mouvements de mécontentement, attisés par les lollards, zélateurs du réformateur religieux Wycliffe.


1356 : Bataille de Poitiers. Le roi de France Jean le Bon (Jean II) est fait prisonnier. Edouard III exige une rançon de 3 millions d’écus.


1360 : La paix de Brétigny rend au roi de France sa liberté et au roi d’Angleterre l’Aquitaine et le Poitou.


1377-1399 : Règne de Richard II, fils du prince de Galles surnommé « le Prince noir », décédé un an avant son père Edouard III. Il se rend impopulaire par la création d’une capitation (poll tax) destinée à financer la défense des possessions françaises, par un style de gouvernement autocratique et une politique étrangère favorable à un accommodement avec le roi de France.


1381 : Répression de la révolte des paysans du Kent qui, emmenés par Wat Tyler, ravagent le Sud du pays et ont envahi Londres.


1399 : Déposition de Richard II, qui n’a pas d’enfant, par son cousin Henry Bolingbroke, fils du duc de Lancastre, troisième fils d’Edouard III, au détriment de l’héritier désigné, qui descend du duc d’York, deuxième fils du roi. C’est l’origine de la guerre des Deux Roses. Richard meurt en prison, vraisemblablement assassiné, l’année suivante.


1399-1413 : Règne d’Henry IV, nom qu’a pris Bolingbroke. L’usurpation passe mal et le roi doit faire face à plusieurs rébellions de grands féodaux, ainsi qu’à l’agitation persistante des lollards, mais parvient à asseoir son pouvoir.


1413-1422 : Règne d’Henry V, fils du précédent, l’un des plus courts, mais des plus glorieux de l’histoire d’Angleterre.


1415 : Henry reprend l’offensive contre le roi de France Charles VI et remporte la victoire d’Azincourt.


1420 : Henry, qui a épousé Catherine de Valois, fille de Charles VI, devient, par le traité de Troyes, héritier de la couronne de France au détriment du dauphin Charles.


1422 : Henry V meurt de dysenterie à Vincennes quelques semaines avant Charles VI. Il laisse pour héritier des couronnes de France et d’Angleterre un bébé de quelques mois, Henry VI.


1422-1461 et 1470-1471 : Règne d’Henry VI. Catherine de Valois est écartée de la régence par les frères du roi défunt, les ducs de Gloucester et de Lancastre. Elle se remarie avec un gentilhomme gallois, Owen Tudor. Le jeune roi, qui a hérité de la schizophrénie de Charles VI, donne vite des signes d’absences mentales. Autour de lui, les factions se déchirent et le duc d’York revendique la régence.


1445 : Le roi épouse Marguerite d’Anjou, fille du roi René et femme à forte personnalité, qui exerce une régence de fait, surtout après la naissance d’un héritier, le prince Edouard. Les clauses secrètes du traité de mariage (renonciation à toute dot, cession du Maine et de l’Anjou) suscitent, lorsqu'elles sont connues, une vague d’indignation exploitée par les Yorkistes. Les défaites françaises ramènent par ailleurs au pays des bandes de soldats dont la solde n’a pas été payée et qui se livrent en bandes à des exactions.


1450 : Révolte paysanne de John Cade, dont les rangs sont grossis de soldats en attente de leur solde.


1453 : La bataille de Castillon, qui met un terme à la guerre de Cent Ans, a pour conséquence la prise de Bordeaux. Le roi sombre dans la prostration. Par un coup d’Etat, le duc d’York se fait nommer Lord Protecteur.


1454 : Le roi retrouve ses sens à la veille de Noël et la reine exige en conséquence qu’il retrouve ses prérogatives.


1455 : La bataille de Saint Albans, qui oppose le clan royal des Lancastre, dont l’emblème est une rose rouge, au clan York, qui arbore une rose blanche, ouvre la guerre des Deux Roses. Les troupes royales sont défaites.


1460 : Un nouvel affrontement à Northampton voit la capture du roi. L’acte d’Accord laisse la couronne à Henry VI, mais écarte de la succession le prince Edouard au profit du duc d’York, ce que ne peut accepter la reine Marguerite. A la fin de l’année, la bataille de Wakefield redonne l’avantage au parti royal des Lancastre.


1461 : A la suite d’une nouvelle victoire royaliste de la seconde bataille de Saint Albans en février, le roi est libéré. Mais la bataille de Towton en avril renverse la situation. Avec la famille royale en fuite, Edouard d’York, nouveau chef de la Rose blanche, se fait reconnaître comme roi par le Parlement et prend le nom d’Edouard IV.


1465 : Henry VI est capturé et enfermé à la tour de Londres.


1470 : Le puissant comte de Warwick, jusque-là soutien d’Edouard IV, s’estime floué par lui et s’allie à Marguerite. Edouard prend la fuite et Henry VI est rétabli sur le trône.


1471 : Les victoires yorkistes de Barnet et celle de Tewksbury, au cours de laquelle périssent Warwick et le fils d’Henry, tandis que les troupes de Marguerite sont en déroute, assurent définitivement la position d’Edouard IV. Henry VI est assassiné peu après dans son oratoire à la tour de Londres.


1476 : William Caxton installe dans une dépendance de l’abbaye de Westminster la première presse à imprimer d’Angleterre.


1483 : Mort d’Edouard IV qui laisse deux fils, les « enfants d’Edouard », dont le prince de Galles, proclamé roi sous le nom d’Edouard V. Leur oncle et protecteur, le duc de Gloucester, les installe à la Tour « pour leur protection ». La révélation d’un premier mariage secret d’Edouard IV lui permet de déclarer ses neveux « bâtards » et de prendre la couronne sous le nom de Richard III.


1483-1485 : Règne de Richard III qui s’aliène vite le parti yorkiste, tandis que les Lancastriens se regroupent autour d’Henry Tudor, duc de Richmond.


1485 : Richard III est vaincu et tué à la bataille de Bosworth. La couronne est offerte à Henry Tudor, descendant de Catherine de Valois. Il prend le nom d’Henry VII, épouse Elisabeth d’York, fille d’Edouard IV, et prend pour emblème la rose Tudor, rose double, rouge au cœur blanc, qui symbolise la réconciliation entre Lancastriens et Yorkistes. La guerre des Deux Roses est terminée.

 

A peine sortie de la guerre des Deux-Roses, l'Angleterre de la dynastie Tudor engage une montée en puissance régulière, fondée sur une force navale en constant développement et sur le dynamisme de l'économie et du commerce maritime. Le XVIe siècle la voit rejoindre, à travers l'établissement de l'Eglise anglicane, le camp de la Réforme. Confrontée à l'Espagne de Philippe II, elle l'emporte sous Elizabeth Ière avec l'échec de l'Invincible Armada. Tout au long de la période, on l'a vue s'engager dans des entreprises maritimes (en direction du Nouveau Monde ou des mers du Nord) qui se révéleront porteuses d'avenir. Elle connaît, avec l'époque élisabéthaine, un premier apogée culturel.


1485-1509 : Règne d’Henry VII qui s’emploie à développer l’industrie et le commerce, favorise l’expansion maritime et laisse à sa mort un royaume prospère et pacifié. Une politique matrimoniale utilisant ses enfants vise à l’unification de l’île et à faire entrer l’Angleterre dans le concert européen.


1494 : L’Angleterre impose sa domination à l’Irlande.


1497 : Cinq ans après la découverte de l’Amérique, John Cabot, qui cherche le passage du Nord-Ouest vers l’Asie, atteint le premier Terre-Neuve et Le Labrador.

John Colet, soutenu par Thomas More et Erasme, dénonce la corruption du clergé.


1501 : Henry marie le jeune prince héritier Arthur avec Catherine d’Aragon, fille du roi Ferdinand d’Aragon. Le prince meurt peu après. Son frère Henry, âgé de 10 ans, devient l’héritier présomptif.


1503 : Henry marie sa fille Margaret au roi d’Ecosse Jacques IV.


1509-1547 : Règne d’Henry VIII, débutant sous les meilleurs auspices. Mais le prince idéal, intelligent, cultivé et sportif du début deviendra un tyran ventripotent et sanguinaire, non sans avoir posé les bases de l’Angleterre moderne.


1509 : Avènement d’Henry VIII, âgé de 18 ans, qui épouse peu après Catherine d’Aragon, veuve nominale de son frère et âgée de 24 ans, grâce à une dispense du pape (le droit canon interdisant d’épouser la femme de son frère).


1511 : Henri rejoint la Sainte-Alliance contre la France.


1513 : Victoire sur les Français. Le traité de paix donne la main de la jeune Mary, sœur du roi, à Louis XII, veuf d’Anne de Bretagne.


1516 : Naissance, après une série de fausses couches, du premier enfant du couple royal. C’est une fille, Mary (future « Marie Tudor »).

Publication de l’Utopie de Thomas More.


1519 : A la mort de l’empereur d’Allemagne, Henry, comme François Ier, se porte candidat. Ils échouent tous deux et la couronne va à Charles Quint. S’ensuit un rapprochement franco-anglais matérialisé par l’entrevue du camp du Drap d’Or, mais elle se solde par un échec.


1520 : Henry publie une réfutation des thèses de Luther publiées en 1517, qui lui vaut du pape, l’année suivante, le titre de Fidei Defensor (Défenseur de la Foi).


1527 : Faute d’héritier mâle après 18 ans de mariage, Henry, qui a rencontré Anne Boleyn, envoie le cardinal Wolsey sonder le pape sur un éventuel divorce. Mais les troupes de Charles Quint, neveu de Catherine, occupent Rome, et le pape tente de gagner du temps.


1529 : Disgrâce de Wolsey, qui meurt l’année suivante. Thomas More le remplace au poste de chancelier.


1532 : Démission de Thomas More. Son secrétaire, Thomas Cromwell, luthérien, devient conseiller du roi et suggère un recours aux juristes des universités européennes sur la question du divorce. Le roi répudie Catherine.


1533 : Henry épouse Anne Boleyn. Une fille, Elisabeth, naît cinq mois plus tard. Le roi est excommunié.


1534-1536 : Rupture progressive avec Rome. Le Parlement décide l’élection des évêques, l’abrogation des annates (taxe annuelle sur les revenus de l’Eglise en Angleterre versée au pape) et l’acte de Suprématie transfère au roi l’autorité suprême en matière de discipline et de dogme, jusque-là dévolue au pape. Ceci fonde une Eglise d’Angleterre soumise au roi. La décision de dissolution des monastères est mise en application au début de 1536 et dure jusqu’en 1539. Les terres des abbayes reviennent au trésor royal, ce qui donne lieu à une redistribution des terres au profit de la noblesse et des classes moyennes enrichies. Les châsses et objets sacerdotaux sont fondus et les reliques dispersées.


1535 : Thomas More et l’archevêque Fisher sont exécutés pour avoir refusé l’acte de Suprématie.


1536 : Cromwell, lié au clan Seymour, persuade Henry de l’infidélité d’Anne Boleyn. La reine est arrêtée et décapitée. Le roi épouse Jane Seymour.


1536 et 1543 : Actes d’Union qui unissent le pays de Galles à l’Angleterre sur le plan administratif et légal.


1537 : Naissance d’un héritier mâle, futur Edouard VI, mais mort de Jane Seymour des suites de couches.


1539 : Malgré l’avis de Cromwell, le roi fait voter les Six Articles, qui prévoient la peine de mort pour toute dissension sur le dogme, mais réaffirment les pratiques catholiques pour l’exercice du culte.


1540 : Cromwell, qui a rénové l’administration royale et la collecte des impôts, négocie le mariage du roi avec Anne de Clèves en vue d’un rapprochement avec l’Allemagne protestante. La répulsion d’Henry envers « la jument des Flandres » est immédiate. Disgrâce et exécution de Cromwell dès que le divorce est prononcé.

Henry épouse Catherine Howard. Convaincue d’adultère, elle est exécutée en 1542.


1541 : Henry VIII prend le titre de roi d’Irlande.


1543 : Henry, dont la santé est très altérée, épouse une veuve, Catherine Parr, qui le persuade d’accueillir à la cour ses deux filles, Marie et Elisabeth, et lui fait préparer sa succession.


1547 : Mort d’Henry VIII. Son fils Edouard VI lui succède. Il n’a que 9 ans. Son oncle, Lord Seymour, calviniste, est nommé Lord Protecteur. Le culte des images et des saints est prohibé, vitraux et statues sont détruits ; le mariage des prêtres est autorisé et la lecture de l’Evangile en anglais imposée.


1549 : Le premier Book of Common Prayer unifie le rituel.


1552 : Une intrigue de palais écarte Seymour du pouvoir au profit de Lord Dudley, calviniste farouche, qui impose un second Book of Common Prayer plus rigoriste et fait abolir les Six Articles.


1553 : Edouard VI meurt de tuberculose. Sa sœur Marie, fille de Catherine d’Aragon, lui succède et entreprend de ramener l’Eglise d’Angleterre dans le giron de Rome.


1554 : Marie épouse Philippe II d’Espagne dans la cathédrale de Winchester.


1555-1558 : Série de persécutions religieuses. 283 « hérétiques » sont brûlés parmi lesquels les évêques Latimer et Ridley à Oxford en 1555 et l’archevêque Cranmer en 1556 ?????


1558 : Philippe II entraîne l’Angleterre dans une guerre avec la France qui se solde par la perte de Calais. Marie meurt sans enfant. Sa sœur Elisabeth, fille d’Anne Boleyn, lui succède.


1558-1603 : Règne d’Elisabeth Ière.


1559 : Rétablissement de la Réforme, avec le vote d’un acte de Suprématie et d’un acte d’Uniformité.


1564 : Naissance de William Shakespeare.


1565 : Sir Thomas Gresham fonde le Stock Exchange.


1566 : Répression féroce du soulèvement irlandais, qui durera jusque vers la fin du règne.


1568 : Déchue du trône d’Ecosse, Marie Stuart, cousine germaine catholique et héritière présomptive d’Elisabeth, se réfugie en Angleterre. Elle est aussitôt retenue captive.


1569 : Soulèvement des catholiques anglais en faveur de Marie Stuart, suivi d’une répression sanglante. Elisabeth est excommuniée. La rupture avec Rome est consommée.


1577-1580 : Francis Drake accomplit le tour du monde à bord du Golden Hind.


1584 : Sir Walter Raleigh longe les côtes américaines pour tenter d’y fonder une colonie.


1586 : Elisabeth fait alliance avec les Provinces-Unies.


1587 : Marie Stuart, compromise dans le complot de trop, est jugée et exécutée. Le nouvel héritier de la couronne d’Angleterre est son fils, Jacques VI d’Ecosse, protestant convaincu


1588 : Défaite de l’Invincible Armada, envoyée par Philippe II en expédition punitive contre l’Angleterre. Les navires qui ne sont pas dispersés et coulés par la tempête sont pourchassés par la flotte de Sir Francis Drake.

Cette victoire ouvre un âge d’or, économiquement et culturellement, avec la floraison du « théâtre élisabéthain » tandis que sont plantés les premiers jalons d’un empire colonial. Le bouleversement de l’ordre social au détriment des classes populaires urbaines et des petits propriétaires terriens voit naître une nouvelle catégorie de protestants indépendants qui rejettent l’Eglise officielle et seront bientôt appelés « puritains ». Ils subissent la répression et formeront bientôt les premiers groupes d’émigrants pour raison de dissidence religieuse.


1595 : Envoi de troupes en Irlande sous la direction du comte d’Essex. Rentré en Angleterre en 1599 sans en avoir reçu l’ordre, il tombe en disgrâce. Il fomente alors une conjuration qui échoue et est exécuté en 1601.


1600 : Prenant la suite des compagnies de Merchant adventurers, l’East India Company est fondée, marquant le début de l’intérêt de l’Angleterre pour l’Inde.


1603 : Mort d’Elisabeth. Son héritier, Jacques VI d’Ecosse, devient Jacques Ier d’Angleterre.

 

Le XVIIe siècle anglais voit la dynastie des Stuart échouer dans sa tentative d'instaurer une monarchie absolue analogue à celle qui va triompher dans le même temps en France. Confronté à la révolution inspirée par l'opposition parlementaire, vaincu dans la guerre civile qui suit, Charles Ier est décapité et Olivier Cromwell peut installer une république puritaine qui ne lui survit pas longtemps. La restauration des Stuart reste sans lendemain dans la mesure où la « Glorieuse Révolution » de 1688 installe la monarchie parlementaire. Confrontée aux troubles politiques intérieurs, l'Angleterre n'en continue pas moins à poser les jalons de sa montée en puissance, contre la France de Louis XIV ou en s'installant aux Antilles, aux Indes et en Amérique du Nord.


1603-1625 : Règne de Jacques Ier. Il est convaincu de son droit divin et doit faire face à la double hostilité des catholiques et des puritains. Le Parlement lui reproche de se laisser dominer par son favori Georges Villiers qu’il fait duc de Buckingham. C’est lui qui introduit en Irlande, où la répression continue, le régime des plantations, qui installe, notamment en Ulster, des protestants écossais sur des terres confisquées à des propriétaires catholiques, un problème dont les conséquences durent encore au XXIe siècle.


5 novembre 1605 : La conspiration des Poudres est éventée in extremis. Sous la direction de Guy Fawkes, elle visait à faire sauter le Parlement le jour de son inauguration annuelle.


1607 : Première installation de colons en terre américaine, à Jamestown en Virginie, décimée en moins d’un an par la maladie et les Indiens.


1611 : Publication de la « Bible du roi Jacques », aussi appelée Authorised Version, commandée par le roi pour trouver un compromis entre l’Eglise d’Angleterre et les protestants indépendants.


1620 : Départ pour l’Amérique, à bord du Mayflower, des dissidents religieux connus par l’Histoire sous le nom de « Pères Pèlerins ».


1625-1649 : Règne de Charles Ier. Il se heurte au Parlement en raison de ses besoins d’argent et des sympathies catholiques dont on le soupçonne à cause de son mariage avec la catholique Henriette-Marie, sœur de Louis XIII.


1628 : Charles est contraint de ratifier la Petition of Rights, rappel solennel des droits du Parlement. Son favori, le duc de Buckingham, est assassiné par le puritain Felton.


1629 : Le roi fait arrêter neuf membres du Parlement et cesse de convoquer celui-ci.


mai 1640 : Le Parlement est convoqué de nouveau mais refuse de voter les subsides demandés pour combattre la rébellion écossaise. Révoqué au bout de trois semaines, il est resté dans l’Histoire comme le Short Parliament.


novembre 1640 : Un nouveau Parlement est convoqué, qui vote l’acte de Triennalité visant à une convocation régulière du Parlement, mais siégera jusqu’en 1653 et sera appelé le Long Parliament. Il fait condamner le ministre Strafford et l’archevêque Laud qui sera exécuté en 1645.


1641 : Le Parlement vote la Grande Remontrance, qui exige le contrôle du gouvernement et de l’Eglise. Charles refuse et tente sans succès de faire arrêter le leader de l’opposition.


1642 : Recevant du Parlement dix-neuf propositions visant à limiter ses pouvoirs, le roi s’y rend pour exiger l’arrestation des cinq rédacteurs. Devant le refus du Speaker, le roi quitte Londres et la guerre civile éclate.


1644 : Victoire à Marston Moor, sur l’armée royale, des troupes du Parlement menées par Oliver Cromwell.


1645 : La New Model Army, forgée par Cromwell à la demande du Parlement, remporte une victoire décisive à Naseby


1646 : Vaincu de nouveau à Newark, Charles se rend aux Ecossais qui le livrent au Parlement.


1648 : 143 parlementaires favorables au roi sont exclus du Parlement.


1649 : Ce Rump Parliament (« parlement croupion ») juge le roi et vote sa mort. La République, ou Commonwealth, est proclamée. Charles Ier est exécuté. Cromwell lance une campagne de répression sauvage en Irlande et procède à de nouvelles plantations. Il s’occupe ensuite de mater l’Ecosse qui a reconnu Charles II comme son roi.


1651 : Guerre avec les Pays-Bas en raison du vote d’un acte de Navigation qui réserve aux navires anglais les importations de produits étrangers.


1653 : Cromwell est nommé Lord Protecteur.


1657 : Nouvelle épuration du Parlement. Fin de la guerre avec les Pays-Bas.


1658 : Mort de Cromwell. Son fils Richard lui succède.


1659 : Richard Cromwell, qui a perdu le soutien de l’armée, démissionne. Le général Monck le remplace et entre en pourparlers avec Charles II.


1660 : Déclaration de Breda : Charles II accepte l’autorité du Parlement et promet la tolérance religieuse. Il rentre à Londres triomphalement.


1660-1685 : Règne de Charles II, « the Merry Monarch ». Malgré son habileté politique, il doit composer avec le Parlement hostile à l’alliance avec la France contre la Hollande.


1665-1666 : La Grande Peste tue 80 000 Londoniens.


1666 : Le grand incendie de Londres détruit la ville à 80 pour cent. La reconstruction durera dix ans, pendant lesquels les habitants vivront sous des tentes ou dans des baraques en planches.


1672 : Le roi est contraint (Pourquoi ?) de retirer la Declaration of Indulgence, votée en 1662 par le « Parlement Cavalier » en faveur des catholiques et des dissidents religieux.


1673 : Le Test Act exclut catholiques et dissidents des fonctions publiques. Est visé le duc d’York, frère et héritier du roi, qui est catholique. Face au parti whig, partisan de la limitation des pouvoirs royaux, le roi s’appuie sur les tories, favorables à la prérogative royale, et renonce à convoquer le Parlement.


1679 : Vote de l’Habeas Corpus Act qui garantit l’individu contre toute arrestation arbitraire.


1685-1688 : Règne de Jacques II, frère de Charles II. Catholique et père de deux filles, dont Marie, mariée à Guillaume d’Orange, il épouse en secondes noces une princesse catholique, Marie de Modène. Plusieurs rébellions éclatent, dont celle du duc de Monmouth, bâtard de Charles II. La répression fait quelques centaines de morts.


1688-1689 : « Glorieuse Révolution ».


1688 : La naissance d’un fils dans le couple royal fait craindre au Parlement dominé par les whigs l’instauration d’une lignée catholique. Il fait appel à Guillaume d’Orange qui débarque avec des troupes. Jacques II s’enfuit en France.


1689 : Le Parlement fait accepter par Marie et Guillaume la Declaration of Rights qui limite la prérogative royale et garantit les droits du Parlement, moyennant quoi il les reconnaît conjointement comme Guillaume III et Mary II. Le couple n’aura pas d’enfant.


1690 : Les troupes de Guillaume III (les Orangistes) battent à la bataille de la Boyne celles de Jacques II (ou Jacobites). La victoire entraîne de nouvelles implantations en Irlande du Nord.


1694 : Mort de la reine Mary, très populaire. William Paterson fonde la Banque d’Angleterre.


1698 : Création du Board of Trade, ministère du Commerce avant la lettre, pour réguler la politique commerciale et les intérêts coloniaux.


1701 : La princesse héritière Anne, sœur de Mary, qui a multiplié les fausses couches, perd son dernier enfant. Se pose alors la question de la future succession. Le Parlement vote l’Act of Succession qui écarte les catholiques du trône et désigne comme héritière Sophie, protestante, sœur de Charles II et de Jacques II, épouse de l’électeur de Hanovre.


1701-1713 : Guerre de Succession d’Espagne. A la tête des troupes anglaises, Marlborough s’en va-t-en guerre et bat les Français à Ramillies, Blenheim et Audenarde.


1702 : Mort de Guillaume III d’une chute de cheval. Sa belle-sœur lui succède sous le nom d’Anne Ière.


1707 : L’Acte d’Union, voté par les Parlements de Westminster et d’Edimbourg, réunit les deux nations en un seul royaume de Grande-Bretagne. Le Parlement d’Edimbourg est supprimé. A partir de ce moment, il est difficile, pour tout ce qui relève du domaine politique ou législatif, de distinguer les événements concernant la seule Angleterre.


1709 : Abraham Darby remplace la production de fonte au bois par une production de fonte au charbon, posant les prémices de la révolution industrielle.


1713 : Lors des négociations du traité d’Utrecht, le Royaume-Uni se pose en arbitre de l’Europe et reçoit, entre autres, Gibraltar et Minorque.


1714 : Mort d’Anne. Sophie de Hanovre étant morte, c’est son fils, l’Electeur George, qui devient roi sous le nom de George Ier. Il ne parle pas anglais.

 

L’Angleterre dont George de Hanovre devient roi est sortie transformée des turbulences du siècle précédent. La Glorieuse Révolution a accouché d’une monarchie constitutionnelle où « le roi règne, mais ne gouverne pas », ébauche de démocratie parlementaire. Cela vaut au royaume la réputation d’un pays de liberté, les écrits de ses penseurs politiques, d’Hobbes à Locke, ayant un retentissement considérable sur le mouvement européen des idées.


Le pouvoir est passé aux mains de grands propriétaires fonciers qui achèvent à leur profit le mouvement des enclosures, dont l’accélération est rapide après 1760. La paysannerie commence à émigrer vers les villes qui grossissent à vue d’œil à la fin du siècle, ou bien vers les colonies. Le commerce enrichit les villes portuaires, ainsi que Londres où sont nées les premières compagnies d’assurance et où fleurissent les premiers cafés servant de bourses aux matières premières du monde entier.


L’Angleterre transformée en Royaume-Uni est désormais une des principales puissances européennes, à la tête d’un empire colonial naissant qui ne va faire que croître au cours du siècle. Les colonies américaines comptent déjà plus de 500 000 habitants d’origine britannique.


1714 : George Ier, ne parlant qu’allemand, n’assiste pas au conseil des Ministres et laisse la place au premier d’entre eux, Robert Walpole, First Lord of the Treasury.


1720 : La spéculation autour des valeurs boursières liées à l’exploitation coloniale aboutit au scandale du South Sea Bubble, bulle financière qui crève la même année que s’effondre en France le système de Law.


1721 : Robert Walpole est dorénavant appelé Prime Minister.


1727 : Avènement de George II, fils de George Ier. Il entend reprendre la place du roi au Conseil, mais ses ministres whigs ne le lui permettent pas.


1730 : Le vicomte Townshend lance la révolution agricole en expérimentant sur ses terres du Norfolk l’assolement quadriennal et en améliorant les rendements de céréales par l’alternance de trèfle et de panais.


1731 : Jethro Tull invente la charrue tirée par un cheval et le premier semoir à trois rangs. Les besoins de main-d‘œuvre agricole vont diminuer au moment où la population croît. Ceci débouchera sur un dépeuplement des campagnes au profit de la ville et des colonies.


1733 : John Kay invente la navette volante, ouvrant la voie à la mécanisation du tissage.


1742 : Chute de Walpole.


1745 : A la tête des troupes anglaises, le duc de Cumberland (« boucher de Culloden ») réprime sévèrement, en Ecosse, la rébellion jacobite menée par Charles-Edouard Stuart (« Bonnie Prince Charlie »), petit-fils de Jacques II.


1751 : Mort du prince héritier Frédéric d’une balle de cricket reçue en pleine tête.


1752 : James Budley met au point une machine à vapeur permettant de pomper l’eau dans les puits de mine.


1755 : Bakewell introduit de nouvelles méthodes de sélection qui lui permettent d’améliorer la qualité du bétail, moutons d’abord, bovins ensuite.


1756-1763 : Guerre de Sept Ans. Victoires sur les Français en Inde et au Canada. Le traité de Paris consacre l’acquisition de ces territoires ainsi que d’autres pris à l’Espagne. Les colonies américaines vont souhaiter monnayer leur soutien pendant le conflit contre une représentation politique et des avantages économiques et fiscaux, ce que refusera le gouvernement de Lord North, ministre de George III.


1759 : Fondation du British Museum. Le duc de Bridgewater fait creuser sur 16 kilomètres le premier canal reliant ses houillères de Worsley à Manchester. Bientôt, en 1766, sera creusé le Grand Trunk Canal reliant la mer d’Irlande à la mer du Nord. Avant la fin du siècle, 5 500 kilomètres de canaux auront été creusés.


1760 : Avènement de George III, petit-fils de George II.


1760-1820 : Règne de George III, sous la régence de son fils à partir de 1811.


1768 : Fondation de la Royal Academy par le peintre Reynolds.


1768-1770 : Première expédition du capitaine Cook dans le Pacifique. Découverte des îles de la Société, de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie.


1768 : Hargreaves met au point la spinning jenny, première machine à filer. Deux ans plus tard, il prend le brevet du métier à filer à plusieurs broches.


1769 : James Watt dépose le brevet de la première machine à vapeur.


1772-1775 : Deuxième expédition du capitaine Cook dans le Pacifique. Découverte des Marquises, des Nouvelles-Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie.


1776 : Après plusieurs années d’agitation, déclaration unilatérale d’indépendance des colonies américaines.


1776-1779 : Troisième expédition du capitaine Cook qui remonte les côtes du Pacifique nord à la recherche d’un passage vers l’Atlantique, mais est tué à Hawaï en redescendant vers le Pacifique sud.


1780 : Violentes émeutes à Londres en réponse à l’abolition des sanctions imposées aux catholiques.


1781 : Inauguration à Ironbridge dans le Shropshire du premier pont métallique, lancé au-dessus des gorges de la Severn par Abraham Darby III.

La capitulation de Cornwallis à Yorktown en Virginie met un terme à la guerre d’indépendance américaine, conclue par le traité de Paris en 1783.

Sir Richard Arkwright met au point une machine à filer le coton.


1783 : La crise qui suit la perte des colonies américaines amène au pouvoir le second Pitt.


1787 : Premier traité de libre-échange avec la France.


1788 : Le roi George est victime de sa première crise de « folie », en fait de troubles du comportement dus à la porphyrie, que l’on ne sait pas traiter à l’époque. Il aura de longues périodes de rémission avant de sombrer définitivement en 1811.


1789 : Le déclenchement de la Révolution française est accueilli favorablement par l’opinion publique, qui croit à l’évolution de la monarchie française vers une monarchie constitutionnelle.


1792 : Les massacres des Suisses à Paris le 10 août et ceux de septembre dans les prisons suscitent l’horreur et retournent l’opinion contre la Révolution française.


1793 : L’invasion de la Belgique par les armées françaises déclenche la guerre, tandis que la crainte d’une contagion révolutionnaire entraîne une restriction des libertés publiques.


1795 : Le Combination Act interdit tout rassemblement.


1796 : Publication par Jenner de ses travaux sur la vaccination.


1799 : Suppression de la liberté d’association pour les ouvriers.


1800 : Un acte d’Union rattache l’Irlande à l’Angleterre et supprime le Parlement de Dublin.


1801 : Pitt est mis en minorité à propos de l’émancipation des catholiques irlandais promise en retour de l’union, et démissionne.


1805 : Victoire navale de Trafalgar.


1807 : Abolition de la traite des esclaves.


1811 : La détérioration mentale du roi George amène le Parlement à nommer son fils aîné Prince Régent.


1811-1816 : Dans les ateliers mécanisés du Lancashire, les Luddites (du nom de leur leader, un certain Ludd) s’illustrent par le bris de machines qu’ils rendent responsables du chômage.


1811 : La cherté des prix agricoles provoque des émeutes de la faim. Cobbett dénonce la misère ouvrière et promeut l’idée d’une réforme politique et sociale.


1815 : Victoire à Waterloo des troupes de la coalition emmenées par Wellington. L’Importation Act, visant à maintenir le revenu agricole, impose des taxes prohibitives à l’importation de blé étranger.


1816 : « L’année sans été ». L’explosion d’un volcan indonésien crée des conditions climatiques désastreuses pour l’agriculture et déclenche une crise sociale.


1819 : Massacre de « Peterloo » : dispersion dans le sang d’un meeting ouvrier réunissant, à Saint Peter’s Fields, près de Manchester, 60 000 participants venus réclamer l’abolition des corn laws qui fixent le prix du blé, ainsi que la réforme électorale. Le Cotton Mills and Factories Act interdit l’emploi d’enfants de moins de 9 ans et limite le travail à 12 heures par jour pour les enfants de moins de 16 ans.


1820 : Mort de George III. Le Prince Régent devient roi sous le nom de George IV.


1820-1830 : Règne de George IV.


1825 : Un nouveau Combination Act autorise les associations ouvrières, mais leur refuse le droit de négociation collective de salaires et réprime le droit de grève.


1825 : Inauguration de la première ligne de chemin de fer entre Stockton et Darlington, dans le comté de Durham, pour transporter du charbon. Elle s’ouvrira aux voyageurs en 1833.


1828 : La fondation d’University College à Londres par John Stuart Mill ajoute une troisième université à celles d’Oxford et de Cambridge.


1829 : Le ministre de l’Intérieur Robert Peel fait passer une série de lois qui humanisent la législation criminelle et lèvent les restrictions s’appliquant aux catholiques. Il crée aussi la police londonienne, qu’il installe à Scotland Yard.

L’ingénieur Robert Stephenson met au point la Rocket, première d’une longue lignée, sans cesse améliorées, de locomotives.


1830 : Mort de George IV sans enfant. Son frère lui succède sous le nom de Guillaume IV.


1831 : Sous l’influence de Peel et de Lord Shafstbury, le Labour in Cotton Mills Act interdit le travail de nuit aux moins de 21 ans et limite à 12 heures par jour le travail des moins de 18 ans.


1832 : Le Reform Act redécoupe les circonscriptions jamais changées depuis le Moyen Age, supprime les « bourgs pourris » où ne subsiste qu’une poignée d’électeurs et qui permettaient à ceux qui en avaient les moyens d’accéder grâce à leur fortune à la députation, unifie le droit de vote et l’élargit à tous les propriétaires terriens de sexe masculin.


1833 : Sous l’impulsion de l’évêque Wilberforce, le Slavery Abolition Act abolit l’esclavage dans tout l’empire.

Le Factory Act limite à 48 heures hebdomadaires l’emploi des enfants de moins de 13 ans et allège les conditions d’emploi des femmes.


1833-1841 : Le Mouvement d’Oxford appelle l’Eglise d’Angleterre, laxiste et soumise aux pressions politiques, à retrouver la pureté et l’ardeur de ses origines.


1834 : Peel, devenu Premier ministre, fait adopter le principe qu’un gouvernement, même soutenu par le roi et les Lords, ne saurait se maintenir au pouvoir sans majorité aux Communes, et institue de fait le régime parlementaire.

Les « martyrs de Tolpuddle » sont déportés en Australie pour avoir formé un syndicat.

Fondation du Parti conservateur qui remplace les tories.

Incendie du Parlement, qui sera reconstruit dans le style néogothique pour ne pas détonner par rapport à Westminster Hall et au chevet de Westminster Abbey.


1835 : Réforme de l’administration locale. Des conseils municipaux seront élus par les contribuables. Des services de voirie, d’hygiène et d’assistance sont créés.


1837 : Mort de Guillaume IV sans enfant légitime. Sa nièce, Victoria, âgée de 18 ans, fille d’un frère puîné, le duc de Kent, décédé avant lui, devient reine. Le Hanovre, qui suit la loi salique, se détache de la couronne d’Angleterre.


L’ère des Hanovre a vu de profonds bouleversements économiques et sociaux, avec le développement de la révolution agricole suivie de près par la révolution industrielle, les balbutiements d’un régime parlementaire, l’apparition d’une classe ouvrière et les premières réformes démocratiques. Lorsque meurt Guillaume IV, l’Angleterre est prête à prendre le virage qui fera d’elle la première puissance mondiale.

 

Le très long règne de Victoria va correspondre à l'affirmation de l'hégémonie anglaise sur le monde. Sortie victorieuse en 1815 de sa longue confrontation avec la France, l'Angleterre peut s'imposer ensuite comme la première puissance industrielle  elle a pris une cinquantaine d'années d'avance sur le continent en ce domaine , la première puissance commerciale, la première puissance navale  au temps où « Britannia règne sur les flots »  la première puissance coloniale... Elle va disposer, jusqu'à la décennie 1890, d'une supériorité sans partage, en veillant au maintien de « l'équilibre européen » et à l'endiguement de la poussée russe aux marges de l'Eurasie.


1837-1901 : Règne de Victoria, le plus long de l’Histoire jusqu’à nouvel ordre, celui de la reine Elisabeth II étant en voie de le dépasser.


1838 : Lancement de la charte du Peuple, pétition qui réclame le suffrage universel et secret, la création d’une indemnité parlementaire ainsi qu’une réunion annuelle du Parlement.


1839-1840 : Dans le sillage du mouvement chartiste, tentatives de soulèvement à Newport, Sheffield et Bradford.


1840 : Victoria épouse son cousin Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Ils auront neuf enfants, dont les mariages royaux feront de Victoria la « grand-mère de l’Europe ».

Rowland Hill révolutionne la poste en créant le premier timbre-poste.


1841 : Inauguration de la ligne ferroviaire Londres-Brighton.


1842 : Sous l’impulsion de Lord Shaftsbury, le Mines Act interdit l’emploi des femmes et des enfants de moins de 10 ans dans les mines.


1843 : Lancement du Great Western, premier navire à coque en fer et propulsion à hélice, conçu par l’ingénieur Isambard Brunel.


1845-1846 : Arrivée en Angleterre d’un million d’Irlandais chassés de leur île par la Grande Famine. La question irlandaise va se poser avec une acuité croissante et engendrer en Angleterre, au fil du temps, troubles et attentats.


1846 : L’Importation Act met fin aux Corn Laws, facteur de vie chère, et instaure le libre-échange.


1847 : Le Ten Hours Act limite le travail ouvrier à dix heures par jour.


1848 : La nouvelle pétition du mouvement chartiste, signée parfois de noms farfelus, le déconsidère et il s’effondre.

Fondation de la Fraternité Préraphaélite, qui entend rétablir la pureté de l’art et y réintroduire de la spiritualité. Son influence se fera sentir jusqu’à la Grande Guerre.


1848-1849, et encore en 1853 : Epidémies de choléra.


1850 : Rétablissement par le pape d’une hiérarchie catholique en Angleterre.


1851 : La « Grande Exposition » à la gloire de l’industrie britannique draine six millions de visiteurs au Crystal Palace de Londres.


1852 : Obsèques solennelles de Wellington à la cathédrale Saint-Paul de Londres.


1854-1856 : Guerre de Crimée, au cours de laquelle s’illustre Florence Nightingale en soignant les blessés.


1858 : Eté de la « Grande Puanteur ». Décision de construire à Londres le système d’égouts dont la Tamise faisait fonction jusque-là.


1859 : Une alliance entre whigs, partisans de Peel, et whigs « radicaux » débouche sur la fondation du Parti libéral.

Charles Darwin publie L’Origine des espèces.


1860 : Traité de libre-échange avec la France signé par Richard Cobden et Michel Chevalier.


1861 : Mort du prince Albert. La reine, inconsolable, cesse pratiquement d’apparaître en public tout en assumant ses devoirs politiques.


1863 : Inauguration à Londres de l’underground (la Circle Line), métro aux convois tractés par des machines à vapeur.


1867 : Le Reform Act du conservateur Disraeli élargit le droit de vote aux propriétaires urbains. Le corps électoral dépasse les trois millions.


1868-1874 : Le ministère Gladstone (libéral) réforme l’administration, l’armée et la justice avec, pour objectif, une démocratisation.


1870 : Stanley, parti à la recherche de Livingstone, le retrouve au bord du lac Tanganyka.

Dickens est solennellement enterré à Westminster Abbey.

L’Education Act crée un enseignement d’Etat, non confessionnel.

Construction des premiers logements sociaux à Londres.


1871 : Le Trade Union Act donne un statut légal aux syndicats.

Les universités d’Oxford et de Cambridge cessent d’être réservées aux seuls anglicans.


1872 : Adoption du vote à bulletin secret pour les élections.


1874-1880 : Ministère Disraeli (conservateur).


1877 : La reine Victoria reçoit le titre d’impératrice des Indes.


1878 : Création de l’Armée du Salut par William Booth.

Invention du téléphone par l’Ecossais Alexander Graham Bell.

Une législation interdit l’emploi d’enfants de moins de 10 ans et prévoit que les moins de 14 ans ne pourront travailler plus d’une demi-journée par jour. Les femmes ne pourront travailler plus de 56 heures par semaine.


1880 : La scolarité est rendue obligatoire pour les enfants entre 5 et 10 ans. La limite sera étendue à 11 ans en 1893 et à 12 ans en 1899.


1884 : Création de la Fabian Society, laboratoire d’idées socialistes.

Le Reform Act du gouvernement Gladstone ouvre le corps électoral aux locataires et le fait passer à près de six millions d’électeurs.


1886 : « Black Monday » (8 février). Une émeute dégénère à Trafalgar Square et se solde par des victimes et des dégâts.

Un groupe de libéraux opposés au Premier ministre Gladstone sur la question de la Home Rule irlandaise, fonde le Parti libéral-unioniste, dirigé par Joseph Chamberlain. 

Les élections hissent les conservateurs de Lord Salisbury au pouvoir.


1887 : Jubilé d’or (50 ans de règne) de la reine Victoria, qui l’amène à sortir de sa réserve et à se remontrer en public. Le sentiment républicain, très vif jusque-là, commence à décroître.

« Bloody Sunday » (13 novembre) : une émeute à Londres fait un mort et cent cinquante blessés.


1888 : D’août à novembre, les meurtres attribués à Jack l’Eventreur défraient la chronique et sèment la panique dans l’East End.

Le Local Government Act redessine la carte des comtés et modernise radicalement l’administration locale.


1890 : Inauguration de la première ligne électrique du métro londonien.


1891 : Instauration de la gratuité de l’enseignement.


1892 : Retour des libéraux au pouvoir. Trois députés issus des Trade Unions entrent à la Chambre des Communes.


1893 : Le projet de Home Rule présenté par Gladstone en vue d’accorder l’autonomie à l’Irlande échoue devant l’opposition de la Chambre des Lords.

Fondation de l’Independant Labour Party par Keir Hardie, l’un des trois élus de 1892.


1895 : Sévère défaite électorale des libéraux. Les libéraux-unionistes s’allient aux conservateurs et entrent dans la coalition gouvernementale du ministère Salisbury.


1897 : Le jubilé de diamant (60 ans de règne) de la reine Victoria devient l'occasion d’une grande ferveur patriotique et redonne sa popularité à la monarchie.

Fondation de la National Union of Women’s Suffrage Societies visant à promouvoir le droit de vote des femmes.


1900 : La levée du siège qui retenait des troupes britanniques bloquées depuis sept mois par des Boers dans Mafeking est célébrée dans la liesse dans toute l’Angleterre.


1901 : Mort de la reine Victoria et avènement, à l’âge de 61 ans, de son fils, sous le nom d’Edouard VII.


Lorsque meurt la reine Victoria, l’Angleterre, élément central du Royaume-Uni, est à la tête d’un empire qui couvre un quart des terres émergées. Première puissance navale et principale puissance économique du monde, le Royaume-Uni subit désormais la concurrence commerciale et industrielle de l’Allemagne et des Etats-Unis.

Au sein du pays se font jour des revendications sociales et démocratiques pressantes, notamment en matière de protection et de redistribution sociales, tandis que se pose le problème de la place de la Chambre des Lords dans le système parlementaire et que la question irlandaise reste sans solution.

 

Alors que l'Empire britannique apparaît toujours, au début du XXe siècle, comme la première puissance du monde, même si les Etats-Unis et l'Allemagne l'ont désormais dépassé sur le terrain industriel, il doit payer au prix fort la victoire obtenue à l'issue de la première guerre mondiale. Il fait toujours partie, en 1945, du camp des vainqueurs, mais la décolonisation et l'affaiblissement de l'économie ouvrent une période de repli que l'Angleterre va surmonter grâce à Margaret Thatcher et à l'entrée dans l'Europe. Ce qui n'exclut pas la persistance, dans la société anglaise, de difficultés structurelles. 


1901-1910 : Règne d’Edouard VII.


1902 : Arthur Balfour succède à Salisbury comme Premier ministre. Création d’un ministère de l’Education, d’un système éducatif national et de bourses au mérite.


1903 : Fondation de la Women’s Social and Political Union. Début de l’agitation des suffragettes qui réclament le droit de vote pour les femmes.


1903-1905 : Le débat sur la réforme des tarifs douaniers montre une poussée des tendances inflationnistes et finit par faire éclater la coalition gouvernementale. Balfour démissionne.


1904 : Signature du traité d’Entente cordiale avec la France.


1905-1908 : Le gouvernement libéral de Campbell-Bannerman vote la création d’assurances sociales et de caisses de retraite, ainsi qu’une taxe sur les hauts revenus et diverses mesures de protection de l’enfance. Une loi limite la durée de travail à 8 heures par jour.


1905 : Tirant les leçons de la défaite navale russe face à la marine japonaise, le gouvernement lance la construction du premier cuirassé à canons longue portée, le Dreadnought, lancé en 1906. Un autre sortira peu après des chantiers. Quatre de plus auront été construits en 1910 et ensuite, cinq seront lancés chaque année.


1906 : Fondation du Labour Party par la fusion de l’Independant Labour Party et du mouvement des Trade Unions.


1907 : Le ministre de la Guerre, Richard Haldane, lance une réforme totale de l’armée, prévoyant, entre autres, la mise sur pied d’un corps expéditionnaire de 75 000 hommes, appelé à se déployer sur le continent si besoin est.


1908 : Henry Herbert Asquith succède à Campbell-Bannerman à la tête du gouvernement libéral. Il restera au pouvoir jusqu’en 1916.


1910 : Le rejet par la Chambre des Lords de la loi de finances introduisant l’impôt sur le revenu ouvre une crise constitutionnelle.

Institution d’un salaire minimum et création de bourses du travail.

Le roi meurt. Son fils aîné étant mort avant lui, il laisse le trône à son fils cadet qui prend le nom de George V.

Violents affrontements entre les mineurs de charbon gallois et la police à Tonypandy. Ils se répètent l’année suivante et Churchill, ministre le l’Intérieur, envoie l’armée soutenir la police.


1911 : Deux élections successives ne débloquent pas la crise constitutionnelle. Le roi agite la menace de la création d’autant de lords que nécessaire pour que passe la loi.


1912 : Le Parliament Act réduit les pouvoirs de la Chambre des Lords qui perd son droit de veto en matière financière et le voit limité à trois sessions dans les autres domaines.

Institution d’un régime obligatoire d’assurance maladie et chômage.

Le vote de la Home Rule, qui accorde l’autonomie à l’Irlande, déclenche une violente agitation en Ulster.


1912-1913 : Violente agitation de la part des mouvements de suffragettes. Lors du Derby d’Epsom 1913, Emily Davison se jette au devant des chevaux et meurt piétinée.


4 août 1914 : Entrée en guerre du Royaume-Uni. L’appel aux volontaires lancé par le nouveau ministre de la Guerre, Lord Kitchener, pour suppléer à l’insuffisance du Corps expéditionnaire suscite l’enrôlement de plus de 400 000 hommes avant la fin septembre.


1915 : L’échec de l’expédition des Dardanelles qui visait à ouvrir un « front à revers », amène l’élargissement du gouvernement Asquith en gouvernement d‘union nationale.


1916 : Institution du service militaire obligatoire.

La bataille de la Somme, engagée le 1er, entraîne des pertes très lourdes. On ne parvient pas à percer le front allemand.

La Navy remporte la bataille navale décisive du Jutland sur la marine allemande.

Après la démission d’Asquith, Lloyd George devient Premier ministre.


1918 : Institution du suffrage universel pour les hommes de plus de 21 ans et pour les femmes de plus de 30 ans. Le corps électoral s’élève à plus de 21 millions d’électeurs, dont huit millions et demi de femmes. Les élections amènent au Parlement une majorité conservatrice, mais Lloyd George, à la tête de libéraux dissidents, reste Premier ministre.


1919 : Conférence de la Paix à Versailles.

L’importance du chômage suscite de nombreuses grèves dans tout le royaume.


1920 : Devant l’opposition farouche de l’Ulster à l’entrée en application du Home Rule, l’Irish Government Act propose la partition de l’île, déclenchant un soulèvement au sud.


1921 : Le traité de Londres reconnaît l’Etat libre d’Irlande. La guerre civile irlandaise durera jusqu’en 1922.


1922 : Début des émissions de la BBC, qui recevra une Charte royale en 1927.

Rupture du pacte entre conservateurs et libéraux. Certains libéraux rejoignent le Parti conservateur. Le Parti libéral s’efface devant le Labour comme principal parti d’opposition.


1924 : Sur fond de grèves et de tensions sociales, les élections amènent au pouvoir les travaillistes avec une courte majorité. Ramsay MacDonald devient Premier ministre.

De nouvelles élections, quelques mois plus tard, portent au pouvoir un gouvernement conservateur dirigé par Stanley Baldwin.

Création de la compagnie aérienne British Imperial Airways, qui deviendra la British Overseas Airways (BOAC).


1925 : Succès de la politique monétaire qui entraîne le retour à la conversion-or de la livre, mais paralyse la vie économique au moment où croît le chômage.


1926 : L’Angleterre est paralysée pendant trois semaines par une grève générale qui frappe les imaginations et prend un aspect mythique. Son échec conduit le parti travailliste à se tourner vers l’action parlementaire.


1928 : Les femmes de plus de 21 ans obtiennent le droit de vote.


1930 : Le transfert au gouvernement de la possession du sous-sol ouvre la voie à une future nationalisation des mines.


1931 : Le Statut de Westminster donne leur indépendance aux dominions, regroupés en un Commonwealth. Le seul lien entre eux est la Couronne.

Ramsay MacDonald est appelé à former un gouvernement d’union nationale pour tenter d’enrayer la crise monétaire. La livre est dévaluée d’un tiers et sa convertibilité est suspendue, mettant un terme au libre échange. Les salaires et les indemnités de chômage sont réduits, les impôts directs et indirects augmentés. Le chômage monte en flèche et des « marches de la faim » descendent sur Londres depuis le Nord de l’Angleterre.


1935-1937 : Retour des conservateurs au pouvoir sous la direction de Stanley Baldwin.


1935 : Lancement d’un programme de construction d’avions de chasse (les Spitfire).

Invention du radar.


1936 : « Année des trois rois ». Mort de George V en janvier. Son fils aîné lui succède sous le nom d’Edouard VIII, mais entend épouser une Américaine divorcée au passé sulfureux et aux relations politiques douteuses. Il est contraint d’abdiquer en décembre, et part s’installer en France avec le titre de duc de Windsor. Son frère Albert, duc d’York, monte sur le trône sous le nom de George VI.

Keynes publie sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie.


1937 : Stanley Baldwin quitte la vie politique, cédant le poste de Premier ministre à Neville Chamberlain qui pratique, à l’égard de l’Allemagne nazie, une politique « d’apaisement ». Anthony Eden, ministre des Affaires étrangères, en désaccord, démissionne.


Septembre 1939 : Déclenchement de la seconde guerre mondiale. Ré-institution de la conscription. Un corps expéditionnaire britannique est envoyé en France.


1940 : Désastre de Narvik et retraite de Norvège des troupes britanniques. Rébellion des députés conservateurs contre Chamberlain. Winston Churchill devient Premier ministre à la tête d’un gouvernement d’union nationale.

Offensive allemande. Rapatriement de Dunkerque du corps expéditionnaire britannique (224 000 hommes) et de 100 000 Français dont une partie rentrera en France et une autre fournira le noyau des Forces françaises libres.

La bataille d’Angleterre entre la chasse britannique et les bombardiers allemands se solde par une victoire qui éloigne le spectre d’un débarquement allemand.

De septembre 1940 au printemps 1941, le Blitz pilonne l’Angleterre. Coventry est pratiquement rasée dans la nuit du 14 au 15 novembre.


1942 : Le libéral William Beveridge publie le rapport demandé par le gouvernement sur les réformes sociales nécessaires. Il servira de base à la mise en place du Welfare State ou Etat-Providence après la guerre.


1944 : Le Butler Act réorganise et démocratise l’enseignement, rendu obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ans.


1945 : Les élections amènent les travaillistes au pouvoir. Le pays est en ruine, la production industrielle faible. Les rationnements de toute sorte dureront jusqu’au couronnement de 1953 pour certains d’entre eux.


1945-1950 puis 1950-1951 : Le gouvernement Attlee met en place le Welfare State : allocations familiales, assurances chômage et maladie, création du service de santé publique (National Health Service). La Banque d’Angleterre, les mines de charbon, l’aviation civile, l’électricité, la sidérurgie, les transports publics sont nationalisés. Des villes nouvelles sont créées pour pallier le manque de logements.


1948 : Les Jeux olympiques se tiennent à Londres.


1949 : Les difficultés économiques imposent une dévaluation de la livre de 10 %.


1951 : A Londres, le Festival of Britain qui commémore le centenaire de la Grande Exposition, salue la reconstruction du pays.

Les élections législatives amènent au pouvoir les conservateurs. Winston Churchill redevient Premier ministre. La sidérurgie et les transports publics sont dénationalisés.


6 février 1952 : Mort de George VI. Sa fille Elisabeth lui succède.


2 juin 1953 : Couronnement d’Elisabeth II, objet de la première retransmission en Eurovision.


1954 : Anthony Eden succède à Winston Churchill, amoindri par un AVC caché à l’opinion publique depuis des mois. Les élections gardent les conservateurs au pouvoir.


1954-1957 : Gouvernement Anthony Eden.


1956 : Le Royaume-Uni s’abstient d’assister à la conférence de Messine sur l’Europe.

Expédition de Suez. Son échec amène la démission d‘Eden. Harold Macmillan devient Premier ministre.


1956-1963 : Gouvernement Harold Macmillan.


1959 : Les conservateurs remportent de nouveau les élections.

Emeutes raciales à Notting Hill.

Découverte de pétrole en mer du Nord.


1960 : Signature du traité de Rome sans le Royaume-Uni.

Le discours de Macmillan sur le Wind of Change lance le processus de décolonisation.

Fin du service militaire obligatoire.


1961 : La candidature du Royaume-Uni à l’entrée dans le Marché commun est rejetée par le général De Gaulle.


1962 : Accords de Nassau avec les Etats-Unis sur l’armement nucléaire.

Restrictions apportées à la possibilité pour un ressortissant du Commonwealth détenteur de passeport britannique d’entrer au Royaume-Uni.

Suspension de la peine de mort, définitivement abolie en 1970.


1963 : La Beatlemania déferle sur l’Angleterre.


8 août 1963 : Attaque du train postal Glasgow-Londres.

Scandale Profumo lorsque est révélée la liaison du ministre de la Défense avec une maîtresse de l’attaché militaire soviétique.

Démission d’Harold Macmillan malade. Alec Douglas-Home lui succède comme Premier ministre.


1964 : Les travaillistes remportent les élections. Harold Wilson devient Premier ministre.


1964-1970 : Gouvernement Wilson.


1965 : Emeutes raciales sporadiques. Le Race Relations Act, complété en 1968 et 1976, met en place une législation antidiscriminatoire face aux tensions montantes.

Les obsèques solennelles de Winston Churchill donnent lieu à un grand moment de ferveur nationale.

Dévaluation de la livre de 14,3 %.

Nouvelle candidature européenne de la Grande-Bretagne.

Création de l’Open University.


1968 : Libéralisation de la législation sur l’avortement.


1969 : Abaissement de la majorité électorale à 18 ans.


1970 : Victoire des conservateurs aux élections. Edward Heath devient Premier ministre.

Libéralisation du divorce.

Vote de l’Equal Pay Act sur l’égalité des salaires hommes-femmes.


1971 : Accords Heath-Pompidou sur l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun.

Le gouvernement adopte une ligne dure à l’égard des syndicats avec le vote de l’Industrial Relations Act.


1972 : Réforme de l’administration des collectivités locales et création de districts métropolitains dans les six plus grandes villes.

La scolarité obligatoire est portée à 16 ans.


1973 : Premiers attentats à la bombe de l’IRA à Londres. Jusqu’à la signature à Belfast en avril 1998 des « Accords du Vendredi saint », d’autres suivront en 1976, 1991 et 1992.

Le choc pétrolier et la grève des mineurs, suivis d’une multiplication des conflits sociaux et des grèves, aboutit à l’instauration de la semaine de trois jours.


1974 : Deux élections successives, au cours desquelles on constate une poussée des nationalistes écossais et gallois, donnent le pouvoir aux travaillistes. Harold Wilson redevient Premier ministre.


1975 : Le « oui » l’emporte par 60 % lors du référendum sur l’adhésion à la Communauté européenne.

Le Sex Discrimination Act vise à supprimer les inégalités à l’embauche entre hommes et femmes.


1976 : Emeutes raciales à Londres et à Liverpool.

Démission surprise d’Harold Wilson, qui cède la place à James Callaghan.

Début de l’exploitation du gaz et du pétrole de la mer du Nord.


1977 : Limitation des prix et des salaires. Renaissance des conflits sociaux. 


1978 : Lockout du Times.

Grèves à répétition de « L’Hiver du mécontentement ».


mars 1979 : Les élections donnent le pouvoir aux conservateurs. Margaret Thatcher devient Premier ministre. En trois mandats successifs, elle mène une politique de dérégulation des institutions financières, flexibilité du marché du travail, privatisation de secteurs étatisés tels que télécommunications, aérospatiale, compagnies aériennes, production et distribution du gaz et de l’électricité, sidérurgie, charbon et pétrole, et de réduction du pouvoir et de l’influence des syndicats.

Inauguration d’un programme de rénovation des centres-villes. Début des aménagements du Dockland à Londres.


1981 : Condamnation de « l’Eventreur du Yorkshire » qui a, à son actif, treize meurtres et sept autres tentatives.


1982 : Victoire britannique contre l’Argentine dans la guerre des Malouines.


1983 : Dans le sillage de cette victoire, succès des conservateurs aux élections.


6 mars 1984 : Début de la grève des mineurs de charbon, qui durera un an sans faire céder le gouvernement et se soldera par un échec.


12 octobre 1984 : A la veille de l’ouverture du congrès conservateur à Brighton, Margaret Thatcher échappe à un attentat de l’IRA qui coûte la vie à cinq personnes.


1985 : Accord de Hillsborough avec l’Irlande en vue de régler en commun le conflit nord-irlandais.


1986 : Suppression du Conseil de Comté de Londres.

Dérégulation des institutions financières de la City.


1987 : Nouveau succès des conservateurs aux élections.

Ratification du traité prévoyant la construction du tunnel sous la Manche.


1990 : Violentes émeutes dans tout le pays contre la poll tax, impôt par capitation. Le Cabinet contraint Margaret Thatcher à la démission. John Major lui succède.

Réforme du service national de santé.


1991 : Lancement de la première « charte du citoyen » précisant ce que le public est en droit d’attendre des services publics.


avril 1992 : Les conservateurs remportent les élections. John Major est reconduit au poste de Premier ministre.

16 septembre : « Black Wednesday ». La spéculation contre la livre contraint le gouvernement à sortir du Serpent monétaire européen.

Incendie du château de Windsor.

Divorce du prince de Galles.

L’année sera qualifiée d’annus horribilis par la reine qui propose de payer dorénavant des impôts comme ses sujets.


1994 : Privatisation des mines de charbon.

Inauguration du tunnel sous la Manche.

Tony Blair, nouveau leader du parti travailliste, en réoriente la doctrine dans le sens d’une social-démocratie. La « clause 4 » des statuts qui prévoit la nationalisation des moyens de production, est abolie et le poids des syndicats au sein du parti diminué.


novembre 1996 : La pierre de Scone, rendue aux Ecossais par décision de John Major, quitte Londres pour Edimbourg.


1997 : Victoire des travaillistes aux élections. Tony Blair devient Premier ministre. Il ne revient pas sur les réformes thatchériennes, et met en place de profondes réformes constitutionnelles. Suite au succès du « oui » aux référendums écossais et gallois, l’autonomie de gouvernement est accordée à l’Ecosse et au pays de Galles.

Mort accidentelle de Diana, princesse de Galles.


1998 : Déclenchement de la crise « de la vache folle ».


2001 : Nouvelle victoire travailliste aux élections.

Mise en place de la réforme des études universitaires et de mesures de lutte contre l’absentéisme scolaire.

Mesures de protection du système de santé.


2002 : Jubilé d’or (50 ans de règne) de la reine Elisabeth.

Mort de la reine-mère Elisabeth à l’âge de 102 ans.

Lancement de la réforme de la Chambre des Lords : limitation drastique du nombre de pairs héréditaires.

Renationalisation partielle des chemins de fer.


7 juillet 2005 : Une série de bombes déposées par des islamistes dans les transports londoniens font plusieurs dizaines de victimes, mais font prendre conscience de la menace islamiste, plutôt niée jusque-là.


2007 : Après la démission de Tony Blair, Gordon Brown devient Premier ministre.


2010 : Défaite des travaillistes aux élections. Un gouvernement de coalition se met en place : le Premier ministre conservateur David Cameron est assisté d’un vice-Premier ministre libéral-démocrate, Nick Clegg.

En novembre et décembre, Londres est secoué de violentes émeutes étudiantes qui protestent contre la hausse des droits universitaires.


2011 : La révélation du recours par des journalistes des News of the World, appartenant au groupe Murdoch, à des pots-de-vin et à des écoutes téléphoniques pour obtenir des renseignements déclenche un scandale politique.


2012 : La révélation post mortem que le populaire présentateur de TV Jimmy Saville était un prédateur pédophile déclenche une vaste enquête sur les connivences dont il avait pu bénéficier dans la durée.


3 juin 2012 : Le jubilé de diamant (60 ans) de la reine Elisabeth est célébré par une parade nautique sur la Tamise et des banquets de rue.


été 2012 : Succès mondial des Jeux olympiques de Londres.


16 septembre 2014 : Le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse (rejetée par une majorité de « non ») relance le débat sur la création d’un parlement autonome pour l’Angleterre.

 
 
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