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Le Great Zimbabwe
ou l'énigme d'une civilisation africaine disparue
L'ensemble archéologique du Grand Zimbabwé, que l'on trouve à 25 kilomètres au sud-est de Masvingo, l'ancien Fort Victoria de l'époque coloniale, apparaît comme l'un des témoignages les plus impressionnants du lointain passé de l'Afrique subsaharienne. Pour y accéder, on traverse depuis Hararé une savane aride et monotone avant d'arriver dans un paysage verdoyant. Le site correspond en fait à une zone plus élevée et plus arrosée que les régions qui l'entourent et ces conditions naturelles ont fait qu'elle s'est avérée favorable au développement d'une civilisation plus avancée.

Une découverte fortuite

C'est au sommet d'une colline que se dresse « l'acropole ». On trouve à quelques centaines de mètres de là, sur un léger bombement de la vallée, le « temple », dit aussi le « Grand Enclos », un ensemble fortifié de forme elliptique. Entre les deux s'étend la vallée des ruines où ont été découverts de nombreux objets témoignant des relations qu'entretenait avec l'extérieur cette agglomération d'allure si insolite au cœur de l'Afrique australe.
Remontant à un passé depuis longtemps révolu, ces ruines étaient totalement ignorées des indigènes Shonas qui occupaient la région à la veille de l'arrivée des Européens. C'est l'explorateur et chasseur américain Adam Render qui découvrit le site en 1868. Informé de son existence, le géologue allemand Karl Mauch entreprit d'aller sur place en 1871, mais, abandonné par ses porteurs, il fut fait prisonnier et retenu en captivité pendant un an par les Karanga, la tribu installée dans la région. L'exploration de celle-ci et du Mashonaland était alors découragée par l'attitude hostile du roi des Matabélés et seuls quelques hardis chasseurs – dont Willi Posselt en 1889 – parvinrent sur place et purent rendre compte de ce qu'ils avaient vu.

Une énigme archéologique

Il faut attendre 1890 pour que commencent, avec le Britannique Theodor Bent, des fouilles officielles dont le chercheur tira le premier livre consacré aux vestiges de Zimbabwé, Ruined Cities of Mashonaland. B.N. Hall et Gertrude Caton-Thompson succédèrent à Bent et leurs travaux permirent d'écarter, dès les années trente, la myriade d'hypothèses plus ou moins farfelues avancées à propos d'une civilisation dont on jugeait qu'elle ne pouvait avoir été celle d'une population africaine bantoue. L'observation des peuples occupant la région montrait en effet qu'ils ignoraient l'architecture de pierre et il fut longtemps admis qu'il fallait rechercher à l'extérieur l'origine des monuments de Zimbabwé. Les plus prudents évoquaient une intervention des Portugais, présents sur les côtes orientales du continent noir, ou celle de prospecteurs arabes venus antérieurement exploiter les mines d'or de la région. La présence de restes de porcelaine chinoise a poussé certains à imaginer une intervention des Fils du Ciel, mais le roi Salomon et la reine de Saba furent aussi mis à contribution pour expliquer l'existence de ruines aussi étranges... sans oublier les anciens Egyptiens, les Phéniciens, voire l'intervention d'éventuels extra-terrestres... L'affaire est entendue depuis les années soixante qui ont vu Roger Summers, le conservateur du musée de Bulawayo, établir une fois pour toutes – dans son Zimbabwé, a rhodesian mystery – le caractère autochtone de ces constructions, ce qu'a confirmé en 1982 Peter Garlake dans son Great Zimbabwé described and explained. La présence de madriers de bois a permis des datations au carbone 14 qui ont renvoyé au XIe siècle après J.-C. les plus anciens vestiges de la cité qui a sans doute connu son apogée au XIIIe siècle et aurait été abandonnée à partir du XVIe, les Karanga qui ont enlevé Karl Mauch n'ayant aucun rapport direct avec le peuple contemporain des constructions, qui remontent à des époques différentes, l'acropole se révélant nettement antérieure au Grand Enclos.

Une prospérité fondée sur l'or

Zimbabwé – dont le nom signifie en shona « la cour du roi » – témoigne de l'existence d'un royaume qui, du XIIIe au XVe siècle, semble avoir imposé, à la faveur de l'éclipse que connaissaient alors les ancêtres des Shona, son autorité sur une vaste région allant du Botswana au Mozambique et aux franges septentrionales de l'actuelle Afrique du Sud. Ce centre politique et commercial tirait sa puissance de l'extraction de l'or exporté ensuite, par les ports arabo-swahili de Kiloa et de Sofala, sur les divers rivages de l'océan Indien.
Lieu de culte, résidence royale, kraal pour le bétail, le Grand Zimbabwé était situé au cœur d'une zone alors très peuplée et la ville elle-même, qui s'étendait sur une vaste superficie, abritait, selon les évaluations les plus récentes, une population d'environ dix-huit mille habitants.

Des monuments qui conservent tout leur mystère

La construction ne semble pas correspondre à un plan général préalable, mais s'est adaptée à la nature du terrain. L'acropole, également désignée sous le nom de Hill Complex, se présente comme une série d'enceintes royales et spirituelles qui conserve son mystère, dans la mesure où l'on ignore toujours la fonction des petites tours droites juchées sur l'imposant mur occidental. C'est sur l'enceinte orientale qu'étaient jadis installés les célèbres oiseaux du Zimbabwé. La vallée des Ruines ou Valley Enclosures correspond à une série d'enceintes du XIIIe siècle où l'on a découvert des outils en métal, des bijoux indiens, des restes de porcelaines chinoises et les figurations des fameux oiseaux caractéristiques de cette civilisation disparue. D'abord identifié comme le temple, la Grande Enceinte (Great Enclosure) constitue l'ensemble le plus spectaculaire avec ses 100 mètres de diamètre et ses 255 mètres de circonférence. Les murs de pierre sèche y atteignent parfois onze mètres de hauteur pour cinq mètres d'épaisseur. On ne sait précisément ce qu'était la fonction de la tour conique haute de dix mètres élevée au sud-ouest, mais l'ensemble de l'enceinte royale avait sans doute une vocation cérémonielle.
Le déclin de la cité débuta dès la fin du XVe siècle et elle n'était déjà plus au XVIe que l'ombre de ce qu'elle avait été. En 1834, les derniers des dynastes indigènes qui avaient pris le contrôle de la région furent balayés par les envahisseurs nguni, et Renders ne découvrit plus que des ruines en 1868.
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