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La pagode de la Dame céleste (Thien Mu)
Hué, ancienne capitale impériale

On a coutume de présenter le Vietnam comme un immense serpent qui déroule les 1 650 kilomètres de sa côte le long des rivages de la mer de Chine méridionale. Au nord et au sud, deux excroissances plus larges sont centrées sur les villes de Hanoi et de Ho Chi Minh-Ville, l'ex-Saigon. Le centre du pays se réduit à une mince bande de terre entre mer et frontière laotienne. C'est là, au pied des montagnes, que se love Hué, dans un méandre du Song Huong, la « rivière des Parfums » qui déploie son cours au milieu de collines verdoyantes. Si la ville a perdu son importance passée, elle demeure sans conteste le foyer intellectuel et culturel du pays. Elle reste la muse des artistes, séduits par la poésie de ses paysages et des nombreux palais, pagodes et tombeaux qui ponctuent son territoire. L’art de vivre semble plus raffiné ici qu'ailleurs, comme en témoigne l'élégance des femmes qui portent encore couramment le costume traditionnel.
Si l'actuelle Hué n'est qu'une création du XIXe siècle, sa région est riche d'une histoire passionnante. Elle fut placée, du IIIe au XIVe siècle, sous l'influence du Champa, la plus brillante des civilisations vietnamiennes anciennes. Aprement disputée entre influences du Nord et du Sud dans les siècles suivants, il fallut attendre 1802 pour que le seigneur Nguyen Anh réussisse l'unification de tout le pays sous sa férule. Devenu l'empereur Gia Long, il décide d'élever à Hué une nouvelle citadelle qui allait devenir le centre politique et culturel du nouvel empire d'Annam. Première capitale du Vietnam sous domination française, elle a gardé, malgré les aléas souvent tragiques des guerres, une atmosphère incomparable et un ensemble de monuments parmi les plus emblématiques du Vietnam.

La légende de la Dame céleste

A quelques kilomètres de la cité impériale, sur la rive occidentale de la rivière des Parfums, un tertre que l'on peut aborder par une agréable promenade en barque, abrite la plus célèbre des pagodes vietnamiennes, Thien Mu. Une très belle légende se rattache à sa construction. Nguyen Hoang, dignitaire vietnamien né en 1558 et mort en 1613, membre de la famille des Nguyen, est nommé par le roi Lê Trang Tong grand maréchal des provinces centrales du royaume. Devenu par la suite deuxième personnage de la cour, il arpente inlassablement la région pour surveiller les avancées de sa politique. Cherchant un lieu où s'établir définitivement, il parvient un jour au village de An Khe, près du site de l'actuelle Hué. Là, il est saisi par la beauté du lieu : une colline s'étend au loin, qui ressemble à la tête d'un dragon tourné vers l'arrière, et une rivière aux eaux limpides coule devant un lac étendu. Au cours d'une de ses promenades dans ces parages enchanteurs, une vieille femme aux cheveux blancs, vêtue d'un habit rouge et d'un pantalon bleu, lui apparaît et lui prédit qu'un bon seigneur fera édifier en ce lieu une pagode pour la prospérité du pays. Au même moment, la nature est baignée d'un étrange parfum de fleurs, sans que personne ne comprenne pourquoi. Impressionné par ces signes, Nguyen Hoang ordonne en 1601 la construction d'une pagode qu'il nomme Thien Mu (« Dame céleste »), en hommage à cette divine apparition.

La pagode Thien Mu

Un large escalier relie majestueusement l'embarcadère à l'éminence sur laquelle s'élève la pagode. La tour octogonale en briques rouges, haute de 21 mètres, est le trait le plus éclatant du site. Elle n'a été érigée qu'en 1844, sur ordre du roi Thieu Tri. Chacun de ses sept étages représente une réincarnation du Bouddha, jusqu'au dernier qui symbolise le nirvana, ultime étape des vies successives de l'Eveillé. Quatre petites tours hexagonales s'élèvent à proximité. L'une d'elles abrite une cloche ou gong très précieux, fondue en 1710, contemporaine d'une immense stèle en marbre supportée par une tortue, sur laquelle est gravée l'histoire de la pagode. On accède à la cour où s'élève le stupa par un porche gardé par d'imposants guerriers aux habits colorés, à l'air menaçant, figés là pour éloigner du lieu les esprits maléfiques. La pagode abrite, dans sa grande salle, trois statues de cuivre de Bouddha représentant le passé (Amitabha), le présent (Sakyamuni ou le Bouddha historique) et l'avenir (Maitreya). Autels, lanternes ouvragées, urnes à couvercles et pieds de lion contribuent à créer une atmosphère typique des édifices religieux du Vietnam. A l'arrière de la pagode, soigneusement entretenu par les bonzes qui occupent les bâtiments adjacents, s'étire un grand jardin de bonsaïs et de plantes ornementales, où il fait bon flâner dans les fragrances tantôt poivrées tantôt doucereuses des fleurs exotiques.
Si l'on prend soin de venir tôt le matin ou dans l'après-midi, quand le gros des touristes est reparti vers Hué, on ne peut être que frappé par la paix qui règne ici, et par la dévotion, simple et émouvante, que les habitants rendent toujours au Bouddha, au milieu des volutes d'encens qui parfument l'air ambiant.
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