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La pagode But Thap
Un joyau serti dans l'ombre
Le Vietnam autour de l'an mil

C'est au cœur du Tonkin, à proximité de Hanoi, que l'on peut découvrir la pagode de la « Tour en forme de pinceau » ou But Thap.
Au tournant du premier millénaire, la région d’Hanoï a naturellement accueilli la capitale des « Kinh », ou Viets, qui ont tour à tour établi leur forteresse sur les collines de Dai La Thanh, de Thang Long et, plus au nord, à Co Loa,
Le Đại Việt est dirigé après 1009 par la dynastie Ly qui assoit son pouvoir pour près d'un millénaire. Fortement influencé par la Chine qui a dominé tout le Nord du pays depuis le IIIe siècle avant notre ère, le Đại Việt s'en détache tout en intégrant de manière durable la culture et les croyances de son puissant voisin. L’avènement de la dynastie Ly ouvre une période faste pour le pays, marquée par la consolidation de l'indépendance nationale, le développement de l'agriculture et l'instauration d'un pouvoir monarchique centralisé.
Les croyances de la cour ainsi que celles du peuple sont profondément sinisées. La dynastie Ly et ses soutiens nobiliaires pratiquent le bouddhisme et le confucianisme en accueillant les nouvelles écoles de pensée chinoises, alors que le peuple Viêt, laissant le confucianisme à l'élite de la capitale, adopte un bouddhisme mêlé de croyances animistes et de déités locales.

L'arrivée du bouddhisme zen dans le Đại Việt

Le bouddhisme Thien, ou « chan » en mandarin, arrive très tôt au Vietnam par voie maritime, à la faveur du développement des échanges commerciaux avec l'Inde du Sud.
Selon la tradition, le moine Vinitaruci aurait insufflé cette nouvelle pratique au Vietnam autour de l'an 580, et serait devenu, de fait, le premier patriarche du bouddhisme Thien dans le pays. Un autre moine, appelé Bodhidarma, contemporain de Vinitaruci, deviendra le premier patriarche chan en Chine, et, par voie de conséquence, un patriarche pour le Vietnam sinisé.
Le mouvement chan va influencer le bouddhisme vietnamien pendant près de dix siècles, jusqu'à la diversification moderne des écoles bouddhistes. Fondée sur une pratique assidue de la méditation assise, selon les préceptes de Siddhartha Gautama (« l'éveillé »), le bouddhisme Thien se rapproche des préceptes du taoïsme. Les règles posées par le patriarche Bodhidarma sont simples : dans la pratique centrale de la méditation assise (dhyana), l'aspirant à l'éveil ne doit pas s'appuyer sur des sources écrites, mais plutôt compter sur l'instruction de sa propre conscience. La vacuité, principe du nirvana final, devient le symbole du bouddhisme Thien.
L'art Thien, développé au Vietnam dès le VIe siècle, sera influencé par ces préceptes, et se caractérisera par le recours à des lignes pures et à des décorations empreintes de pudeur et censées exprimer la paix de l'âme, à l'inverse des couleurs criardes fréquemment retenues dans les temples bouddhistes contemporains.

Un joyau d'art vietnamien

On atteint la pagode de But Thap par une piste qui quitte Hanoï au nord-est, sur une des routes menant à la côte et à la baie d'Along. La découverte de l'un des plus beaux joyaux du pays viêt ne peut que surprendre le voyageur. Ses parties les plus anciennes datent du XIe siècle et il a été profondément réaménagé au XIIIe siècle, durant l'âge d'or du bouddhisme zen, par Huyen Quang, l'un des moines les plus célèbres du monastère. But Thap signifie « tour en pinceau », d'après la première tour-stupa de la pagode, typique des constructions réalisées sous la dynastie Ly.
La géométrie du temple est une merveille de rigueur et d'harmonie, jusque dans les plus fins détails. Comme dans tout plan classique, il permet au visiteur de pénétrer par le portique à trois entrées, puis par le portique à clocher, avant d'entrer dans le cœur même du monastère, où se succèdent une enfilade de salles dont chacune a une fonction bien définie. Il y a d'abord la salle antérieure, ou « salle des Pèlerins », flanquée de deux gigantesques statues de dvarapala, les gardiens de temples. Puis l'on passe dans la salle la plus importante, celle dite « des Autels principaux », où l'on retrouve la trilogie des Bouddhas : Amitabha, Bouddha du passé, Shakyamuni, Bouddha du présent, et Maitreya, Bouddha du futur. Le point d'orgue de la salle des Autels étant la fantastique statue de bronze de Quan Am, ou bodhisattva féminin de la compassion, datant du XVIIe siècle, couronnée de 789 bras et autant de mains marquées de l’œil de la bonté. Sur son crâne trône son symbole, Amitabha, et, sous ses pieds, le lotus qui évoque Bouddha. Elle représente la beauté et le caractère sacré de la religion.
Le bâtiment qui contient cet impressionnant panthéon de Bouddha et de bodhisattva est construit sur un soubassement de pierre de taille, soutenant une balustrade se terminant par un petit pont en dos d'âne, décorée de vingt-six tableaux finement sculptés évoquant des thèmes sino-vietnamiens : fleurs et arbustes, animaux mythiques tels que le cheval-dragon, le phœnix, etc.
Enfin, les deux autres éléments les plus remarquables de l'endroit sont le moulin à prières datant du XIIIe siècle, et le stupa de pierre du XVIIe, contemporain du moine Chuyet Chuyet.
Ce site religieux, encore habité par quelques rares moines et de jeunes moinillons, respire une paix et une harmonie précieuses dans le brouhaha de la vie vietnamienne moderne. Sa visite est un instant de pur bonheur sur le plan esthétique et un retour dans le passé médiéval du Vietnam.
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