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Hoi Han
le port historique de la mer de Chine
Dès l'Antiquité
L'embouchure de la rivière Thu Bôn, divisée en plusieurs chenaux séparés par des îles sablonneuses, forme un grau, un estuaire protégé des grandes marées et des tempêtes par des cordons littoraux. Le lieu était idéal, au début de notre ère, pour l'établissement d'un port, à l'époque où le centre du Vietnam voyait fleurir la culture de Sa Huỳnh qui, les recherches archéologiques le prouvent, entretenait un fructueux commerce avec la Chine, Taïwan, la Thaïlande et les Philippines. Nommé alors Lâm Ap Pho, ce port tomba ensuite dans l'orbite des Chams, ces nouveaux arrivants d'origine malayo-polynésienne qui pénétrèrent en Annam au IIe siècle et furent profondément hindouisés par contact avec le puissant royaume voisin du Fou Nan. Les Chams établirent un empire qui s'épanouit alors au centre du Vietnam, connut son apogée du VIIe au Xe siècle, fut rival des Khmers d'Angkor et sombra progressivement sous les coups des Viets du Nord, pour disparaître au XVe siècle. Les Chams firent de ce port la plaque tournante d'un lucratif commerce maritime des épices, de la soie, de l'ivoire et de l'aloès, dont ils s'assuraient le quasi-monopole, entre la Chine, l'Inde, l'Indonésie et, au-delà, vers le califat abbasside de Bagdad. Le port prenait aussi une part active dans cette activité moins glorieuse, mais tout aussi lucrative, qui fut, des siècles durant, la plaie de la navigation en mer de Chine : la piraterie.

Faifô
Devenu vietnamien, le port, dorénavant nommé Hoi An, ou, plus communément, Hai Pho – « la cité du bord de mer », dont les Occidentaux firent Faifô – ne cessa pas son activité, bien au contraire. En 1535, le navigateur portugais Antonio de Faria fut le premier à établir un véritable contact avec les Vietnamiens, en ouvrant un comptoir à Faifô. A la fin du XVIe siècle, le seigneur Nguyen Hoang décida de faire de Faifô le principal port de la mer de Chine méridionale ce qui permit à la ville de prendre un essor considérable grâce au commerce avec le Japon. Nombre de négociants nippons s'y installèrent, échangeant porcelaine, soie, laque, bois d’aigle, sucre, épices et nids de salanganes. Pour relier entre eux leurs comptoirs installés sur les deux rives, les Japonais construisirent, en 1593, un remarquable pont couvert qui est aujourd'hui l'une des attractions de Hoi An. De style purement japonais, ce pont en dos d'âne est gardé par une paire de singes et une paire de chiens (il fut construit entre l’année du singe et l’année du chien ) et est flanqué d'un petit autel dédié au génie Chua Cau. Ouvert aux Occidentaux, Faifô reçut en 1619 le capitaine William Adams, pionnier des relations avec le Japon et, en 1624, vit débarquer le jésuite Alexandre de Rhodes qui, pour évangéliser le pays, mit au point la transcription du vietnamien en alphabet romanisé, celui qui est encore utilisé aujourd'hui au Vietnam.

La ville chinoise
En 1639, un édit du shogoun Iemitsu interdit aux Japonais tout contact avec l’extérieur. Dès lors, les commerçants chinois devinrent prédominants à Faifô. Au cours du XVIIIe siècle, ils construisirent de riches maisons. On visite encore aujourd'hui la maison Phung Hung, combinaison de style chinois, vietnamien et japonais. Parmi tant d'autres, la maison Tan Ky ou la maison Diep Dong Nguyên sont allongées perpendiculairement aux rues étroites, donnant souvent sur la rivière. Entièrement construites en bois, souvent en bois précieux, elles sont décorées de sculptures de fruits, fleurs, animaux. Les Chinois construisirent également des temples dédiés à Thien Hau, la protectrice des marins, et à Quan Cong, le mandarin à la face rouge, dieu de la Guerre. Les toitures de tuiles vernissées ajoutent encore au charme de ces édifices.

La présence française
Quand la dynastie des Nguyen fut confrontée à la terrible révolte des Tay Son, à la fin du XVIIIe siècle, elle reçut, grâce à l'intervention de Mgr Pigneau de Béhaine, l'aide de la France qui obtint en échange le droit exclusif de commerce dans le port de Tourane, aujourd'hui Da Nang. Ce fut le point de départ de l'influence puis du protectorat français sur l'Annam, mais aussi du déclin de Hoi An, handicapé de plus par l'ensablement de l'estuaire. Le port et la cité s'endormirent au cours du XIXe siècle. Si l'on vit encore s'édifier quelques maisons coloniales de style français, la ville n'évolua plus, mais c'est ce déclin qui lui permit de conserver l'aspect unique d'un port de commerce asiatique traditionnel, tel qu'il était il y a près de deux siècles... Aujourd'hui, Hoi An renaît grâce au tourisme qui a permis la restauration de nombre d'édifices et a rendu au marché une animation haute en couleur.
Pour visiter Hoi An avec Clio
CV 32 - 16 jours

Longtemps considérée comme la perle extrême-orientale du défunt empire colonial français, l’Indochine réunissait alors, du fait des hasards de l’Histoire, des mondes et des peuples différents, en une ... Découvrir ce voyage
 

 
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