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Homère et Schliemann
Né en 1822 à Mecklemburg, Heinrich Schliemann était le fils d’un pasteur protestant alcoolique, mais passionné d’Histoire. A l’âge de sept ans, le jeune Heinrich reçut de son père un exemplaire de L’Histoire universelle de Jerrer. Ce livre offre en frontispice une gravure représentant Enée fuyant Troie en flammes, franchissant la porte Scée, chargé sur son dos de son père Anchise. Cette image détermina la vie entière du jeune Schliemann. Son acharnement au travail, sa mémoire prodigieuse, son sens des affaires lui permirent de faire fortune et, à l'âge de 48 ans, après avoir épousé une jeune grecque de dix-sept ans, Sophia Engastromenos, il partit réaliser son rêve : retrouver la ville de Priam.

A la recherche de la Troie perdue
Contrairement à tous les savants de l’époque qui considéraient que l'Iliade n'était que récit de légende, Schliemann était convaincu que les textes homériques correspondaient à la réalité et à l’Histoire. Alors que les quelques rares archéologues qui croyaient fermement à l'existence de Troie la situaient, à la suite de Jean-Baptiste Le Chevalier, sur l'éperon rocheux du Bali Dag, à Bounarbashi, Schliemann s'appuyait sur le chant XXII de l'Iliade : « Le Péléide bondit, confiant dans ses jambes agiles [...] L'un volait tout droit, l'autre tremblait, la muraille des Troyens près de lui et guidait ses genoux tout alertes [...] Ils la longèrent, fuyant par devant, poursuivant par derrière ; brave qui fuyait ; plus brave qui, dans sa hâte, poursuivait [...] L'enjeu était la vie d'Hector, dompteur de cavales [...] Ils firent trois fois le tour, dans leur course rapide, de la cité de Priam : tous les dieux regardaient le spectacle... » (traduction de Philippe Brunet). Si les héros avaient fait trois fois le tour de la ville, c'est que celle-ci était sur une hauteur isolée et, parcourant toute la région entre les fleuves Simoïs et Scamandre, dont le cours s'est sensiblement modifié depuis l'Antiquité, il opta pour le site de la colline d'Issarlik.

La tranchée
Schliemann commença les fouilles en septembre 1871. Quatre-vingts ouvriers creusèrent une tranchée sur la face nord du tell. Secondé par trois contremaîtres, un ingénieur pour dresser cartes et plans et Sophia qui classait les fragments de céramique, les idoles de terre cuite, les armes et les outils qu’ils exhumaient, Schliemann travailla sans relâche. Il fit construire au sommet du tell une baraque de bois avec trois pièces et une cuisine. Les méthodes employées effraieraient les archéologues d’aujourd’hui, mais Schliemann était un pionnier de l’archéologie et il devait tout inventer. Schliemann était impatient. Il voulait découvrir la Troie de Priam qu’il pensait être la plus ancienne : en mai 1872, il détruisit un bastion de blocs calcaires de période homérique, mais qu’il attribua à Lysimaque, le général d’Alexandre ! En 1873, près d’un million de tonnes de terre avait été retiré. Schliemann crut repérer sept niveaux dans un ensemble complexe de couches imbriquées sans succession chronologique claire. Un grand massif de maçonnerie découvert en mars 1873 serait la grande tour d'où Priam regardait les combats ; les vestiges d'une porte, retrouvés sous une couche de cendres, seraient la porte Scée... Quand Schliemann annonça qu'il avait découvert Troie et le palais de Priam, les savants de son époque furent sceptiques et Schliemann, découragé, décida de fermer le chantier le 15 juin.

Le « trésor de Priam »
Le 14 juin, parcourant le site avec Sophia, il distingua quelque chose qui brillait au fond d'une tranchée. Il donna congé à tous les ouvriers et se mit à creuser avec Sophia : il dégagea, à l'aide d'un couteau, ce qu'il pensait être le « trésor de Priam », plus de huit mille objets dont un bouclier, un chaudron, des dagues en cuivre, une aiguière, trois vases, des lames de couteau en argent, une flasque, un gobelet et deux petits pots en or. Le plus grand vase en argent contenait des parures d'or, dont deux diadèmes, un bandeau frontal, quatre pendentifs, six bracelets, 56 boucles d'oreille et des milliers de petits boutons et anneaux... Schliemann dissimula le trésor aux autorités ottomanes et celui-ci devait aboutir ensuite au musée de Berlin. « Disparu » en 1945, il fut « retrouvé » en 1993 au musée Pouchkin à Moscou.

Les sept Troie
Sans compter les niveaux romains et hellénistiques, les archéologues modernes ont déterminé sept cités successives qui se sont superposées sur le site de Troie. Ce que Schliemann avait pris pour la Troie de Priam, était, de fait, de mille ans plus ancienne (Troie II). Ils ont déterminé qu'à l'époque présumée de la guerre de Troie, la ville (Troie VII) n'était plus guère qu'un petit bourg, ravagé par un séisme. Mais il nous est toujours permis, après avoir tenté de décrypter le site, de rêver aux héros homériques...
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