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L'esprit
Le 11 mai 330, Constantin, qui venait de vaincre Licinius, son rival pour le trône impérial, dessinait de la pointe de son glaive, autour de l'antique bourgade de Byzance, le tracé de la nouvelle capitale de l'empire à laquelle il allait donner son nom : Constantinople. Certes, le nouvel empereur s'était rapproché des chrétiens en 312, à la suite de sa victoire du pont Milvius ; l'année suivante, il avait aussi promulgué l'édit de Milan qui donnait un statut légal au christianisme et donc un droit de cité aux chrétiens dans l'empire. Il avait enfin convoqué le concile de Nicée, pour tenter de mettre un terme aux querelles théologiques qui menaçaient déjà l'unité de l'Eglise. Cependant, il faut bien se rendre compte qu’en ce IVe siècle, lorsqu'il fonda Constantinople, les chrétiens étaient encore loin d'être les plus nombreux au sein de l'empire ni même les plus influents, et Constantin se devait de ménager les susceptibilités des élites païennes : il préserva les temples des divinités poliades de Byzance, Rhéa et Tyché et se fit statufier sous l'aspect du sol invictus. Mais il réserva néanmoins, au cœur de la ville, un emplacement pour l'édification d'une basilique qu'il dédia à la « Sagesse divine », Haghia Sophia. Cette dédicace présentait effectivement l'avantage de ne pas choquer la susceptibilité des païens, tout en étant particulièrement dédiée au Christ. En effet, la divine sagesse était assimilée au logos, incarné dans le Christ : la nature de la relation entre le logos et le Père allait être au cœur des querelles théologiques qui marquèrent les siècles suivants, mais la basilique demeura Sainte-Sophie...

La matière et la forme
La basilique initiée sous le règne de Constantin fut consacrée en 360 en présence de l'empereur Constance II. Erigée sur l'emplacement d'un ancien temple d'Apollon, c'était un bâtiment de taille modeste, au toit de bois. Ce fut à sa chaire que prêcha Saint-Jean-Chrysostome, évêque de la ville avant qu'il ne fût exilé par l'empereur Arcadius. Un incendie la détruisit en 404 au cours d'une émeute populaire. Ce fut également le sort réservé à la seconde Sainte-Sophie, construite par Théodose II et achevée en 415 : elle fut la proie des flammes lors de la terrible révolte de la sédition Nika en 532. L'empereur Justinien, après avoir rétabli son autorité, donna l'ordre de construire une nouvelle basilique qui éclipserait par sa taille et sa somptuosité tout ce qui avait été édifié de main d'homme jusqu'alors et qui serait couverte d'une coupole de maçonnerie, afin d'éviter tout nouvel incendie. Il fit appel à l'architecte et mathématicien Anthémios de Tralles et au géomètre Isidore de Milet qui réussirent l'exploit de réaliser la nouvelle basilique en cinq ans. Extrapolant l'expérience du rachat du plan carré avec une coupole de briques reposant sur des pendentifs, ils conçurent un édifice légèrement plus long que large, surmonté d'une coupole symbolisant la dimension cosmique de la puissance divine, d'une dimension inouïe à cette époque – 32 mètres de diamètre –, reposant sur des arcs et contrebutée par deux demi-coupoles. L'absence de rôle porteur des murs permit également d'ouvrir de larges baies inondant la nef d'une lumière quasi surnaturelle. Aucune modération ne fut de mise dans le choix des matériaux, marbres et porphyres de Grèce et d'Egypte, ni dans la magnificence de la décoration intérieure, faisant de Sainte-Sophie l'église la plus somptueuse du monde chrétien.

Trop d'audace ?
En 557, Constantinople fut ébranlé par un séisme et, un an plus tard, la coupole s'effondrait : « Un seul arc tomba, l'arc oriental et de la sphère, une partie fut mêlée aux poussières. Elle était, ici à terre et là, spectacle admirable, encore suspendue dans les airs, sans appui » (Paul le Silentiaire). Isidore le Jeune, fils d'Isidore de Milet, fut chargé de la reconstruction. Il augmenta l'épaisseur des arcs et, surtout, augmenta la hauteur de la coupole afin de diminuer les poussées latérales. Celle-ci résista dès lors aux séismes, bien qu'il fallût, au XIIIe siècle, flanquer la basilique des énormes contreforts que l'on voit encore aujourd'hui.

Les images
Si les mosaïques primitives ont été détruites lors des querelles iconoclastes aux VIIIe et IXe siècles, Sainte-Sophie reste un véritable musée où l'on peut suivre l'évolution stylistique des mosaïques byzantines du IXe au XIIIe siècle, merveilleux tableaux figurant les empereurs et impératrices sous la protection du Christ, représentant la Vierge Marie théothokos dans l'abside et, surtout, la Déisis d'une extraordinaire finesse.
Heureusement, lorsque Mehmet II conquit Constantinople en 1453 et fit transformer la basilique en mosquée, il ne détruisit pas les mosaïques, mais les fit simplement recouvrir de plâtre ou de badigeon... Ce fut lorsque Mustafa Kemal transforma l'édifice en musée qu'elles furent « redécouvertes » et rendues à l'admiration des visiteurs.
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