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Pamukkale – Hiérapolis
Les eaux vertueuses
De très loin déjà, en remontant la vallée du légendaire Méandre, on aperçoit, au flanc de la montagne, comme une saignée blanche. Puis, quand la route escalade le plateau, c'est un cirque de falaises étincelantes qui apparaît, empilement de bassins aux bords ourlés, reliés entre eux par des cascades pétrifiées en gerbes de stalactites. Rien d'étonnant à ce que, au vu de ce spectacle, les Turcs lui aient donné le nom de Pamukkale – « le château de Coton ». Les dix-sept sources d'eau chaude qui jaillissent encore aujourd'hui des entrailles de la montagne, à une température de 55 degrés, saturées de sels minéraux et de gaz carbonique, sont les architectes de ces étranges vasques éclatantes qui constituent une des images les plus emblématiques de la Turquie. Dès l'Antiquité, les vertus curatives de ces eaux étaient connues. Elles expliquent la présence au sommet de la colline d'une ville importante, tout à la fois centre de thermalisme et sanctuaire dédié à un dieu guérisseur. C’est Hiérapolis, la ville sainte. Ses vestiges, remarquablement préservés, témoignent de son importance passée, dans un paysage qui prend parfois des allures bibliques.

Hellénistique, romaine, byzantine
La dynastie des Attalides est à l'origine de la ville, quand Eumène II de Pergame étend son influence sur toute la région au IIe siècle av. J.-C. Passée, comme tout le royaume, sous domination romaine, la cité bénéficie des libéralités de l'empereur Hadrien, prémices d'un apogée de prospérité sous la dynastie sévérienne (193-235). Une forte communauté juive explique sans doute en partie la précoce implantation des chrétiens dans la cité. L'apôtre Philippe y séjourne et y rencontre le martyre en 87. Quand l'Empire romain d'Orient devient byzantin, la prospérité de la ville ne se dément pas. Déjà siège épiscopal, Justinien l'érige en métropole au milieu du VIe siècle. Des catastrophes naturelles et les raids perses au VIIe siècle affaiblissent Hiérapolis dont le déclin devient réel quand les Seldjoukides de Konya, au XIIe siècle, mettent la main sur l'Asie Mineure. La suite ne sera qu'un long abandon, avant que les archéologues, aux temps modernes, ne se penchent sur la cité dévastée et s'attachent à lui rendre enfin son prestigieux passé.

Thermalisme païen, martyrium chrétien
Romaine, Hiérapolis l'est assurément par son plan et son développement urbain. Elle s'articule autour d'un cardo d'un kilomètre de long, bordé de portiques, et orienté nord-sud comme il se doit. Côté nord, une porte monumentale lui sert d'introduction grandiose. Construite par le proconsul d'Asie en l'honneur de l'empereur Domitien en 82-83, elle s'ouvre par trois arches entre deux tours rondes fortifiées. Franchissant l'ancien rempart byzantin, on parvient assez vite au cœur de la cité, matérialisée par des installations cultuelles et thermales, inévitablement liées au monde si religieux des Romains.
Sur la droite, les thermes forment un vaste ensemble représentatif de l'importance que les Romains attachent à ces lieux. Lieu de baignade avec les bassins aux eaux froides, tièdes et chaudes ; lieu de détente, avec les pièces servant de bibliothèque ou de salle de réunion ; lieu de pratique sportive, comme en témoigne la grande palestre adjacente qui permet toute sorte d'entraînements. Les voûtes encore en place dans deux salles ont permis d'y installer un petit musée, surtout centré sur les sculptures de l'école d'Aphrodisias, dont d'admirables spécimens de l'art sévérien provenant du mur de scène du théâtre.
Il suffit de traverser le cardo pour atteindre ce qui fait la renommée d’Hiérapolis et qui a attiré vers la ville quantité de pèlerins : l'ensemble du temple d'Apollon et du Plutonium. Le temple, dédié au grand dieu guérisseur oraculaire, est aujourd'hui réduit à son podium et quelques colonnes redressées, mais ce qui fait tout son intérêt se trouve caché. Dans le soubassement du temple, une porte voûtée mène à une chambre souterraine, elle-même bâtie sur une faille de la roche d'où s'exhalait jadis des vapeurs toxiques. Dédié à Pluton, le dieu des Enfers, le lieu traînait derrière lui une réputation sinistre. Ne disait-on pas que tout animal vivant qui y était introduit n'en ressortait jamais ? D'où la réputation miraculeuse des desservants du temple qui en remontaient indemnes, sans doute grâce à une maîtrise de l'apnée prolongée !
Honorer les dieux pour obtenir guérison, c'est bien. On peut alors songer à se divertir. Pour cela, les Hiérapolitains n'ont que quelques pas à faire pour gagner le théâtre. L'extraordinaire état de conservation de ses cinquante rangs de gradins en fait un des meilleurs exemples de ce type dans le monde gréco-romain. Bien que construit sous Septime Sévère (193-211), il adopte, Orient oblige, la cavea légèrement outrepassée des théâtres grecs.
On resterait longtemps assis à méditer au soleil sur la grandeur de cette civilisation, mais il vaut la peine d'entamer un ultime effort pour se hisser jusqu'au martyrium de saint Philippe. C'est à Hiérapolis que l'apôtre de la culture hellénique, décrit par les textes comme l'intermédiaire entre Jésus et le monde grec, témoigne de la religion nouvelle et meurt pour elle. Très récemment, l'été 2011, Francesco d'Andria, l'archéologue italien qui dirige les fouilles actuelles, a affirmé avoir découvert le tombeau de Philippe. Il faudra attendre encore un peu pour en avoir la confirmation définitive, mais, en attendant, on peut toujours admirer le martyrium de l'apôtre, érigé au Ve siècle, vaste édifice centré sur un octogone inscrit dans un carré, coiffé par le passé d'une coupole de bois recouverte de plaques de plomb. Il répond à la vaste nécropole située, comme c'était traditionnel, à l'extérieur de la ville. Plus de 1 200 tombeaux de types divers s'y entassent, dans un surprenant décor minéral : les concrétions calcaires immaculées ont envahi le site et lui confèrent une atmosphère étonnante.
Avec le tourisme de masse, Pamukkale était menacé dans sa pureté. Depuis quinze ans, les autorités touristiques turques font de gros efforts pour rendre au site sa beauté et son authenticité. Il est de nouveau difficile de s'arracher à cet ensemble où le génie des hommes et celui de la nature ont uni leur force et leur créativité en une synthèse des plus réussies.
Pour vsiter Pamukkale avec Clio
TR 31 - 14 jours

Des côtes de l’Egée aux hautes terres de la Cappadoce, le territoire de l'actuelle Turquie a vu se succéder plusieurs grandes civilisations dont chacune a marqué de son empreinte les littoraux ensoleillés ... Découvrir ce voyage
 

 
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