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L'hippodrome d'Istanbul
Haut lieu de la vie politique de Byzance
Byzance à feu et à sang
Le 19 janvier 532, l'immense place de l'hippodrome de Byzance était jonchée de milliers de cadavres, une partie du palais impérial – le « Grand Palais » – était ravagée, la basilique Sainte-Sophie, qui se trouvait dans le prolongement de la place, détruite par les flammes... et le pauvre Hypatius, éphémère empereur proclamé par la foule contre son gré, était exécuté. Le général Bélisaire venait de réprimer dans le sang la plus grande révolte populaire qu'ait connue Byzance, et l'empereur Justinien, qui, sans la pression exercée par l'impératrice Théodora et l'eunuque Narsès, se serait enfui, garda son trône. Une semaine auparavant, installés comme la coutume l'exigeait sur la cathismé, la loge impériale qui communiquait avec le Grand Palais, l'empereur et l'impératrice assistaient à l'une de ces courses de chars qui déchaînaient les passions populaires. Spectacle impressionnant, violent, que celui de ces quadriges qui s'élançaient dans une course folle dès que, sur un signe de l'empereur, s'ouvraient les huit stalles de départ, les thyrai. Sept fois, les attelages devaient faire le tour de la spina qui divisait en deux pistes les 450 mètres de l'hippodrome, chaque aurige tentant de négocier au plus près la courbe autour de la meta à chaque extrémité, prenant des risques insensés, sous les acclamations de la foule.

Les Bleus, les Verts et... Théodora
Les quatre factions de l'époque romaine s'étaient réduites à deux, les Bleus et les Verts, mais, au-delà de la rivalité sportive, elles présentaient surtout une couleur politique. Les Bleus étaient les champions des riches marchands, fournisseurs de la cour, des armateurs, des entrepreneurs, souvent issus de l'aristocratie romaine. Ils avaient la faveur de l'impératrice. Les Verts étaient le porte-parole du petit peuple, de ces artisans, petits boutiquiers et vendeurs de rues. Or, ce 11 janvier, excédés par la lourdeur des impôts et les brimades du préfet Jean de Cappadoce, les Verts conspuèrent l'empereur qui réagit immédiatement en faisant exécuter les meneurs, mais, dans la confusion, plusieurs membres influents de la faction des Bleus furent aussi massacrés et, dès lors, l'émeute devint insurrection, aux cris, un peu prématurés, de Nika : « Victoire ». Ce fut la belle Théodora qui, bien que fille d'un montreur d'ours et ancienne courtisane, sut amadouer les chefs des Bleus, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, divisa les rebelles et sauva l'Empire !

At Meydani
La grande esplanade porte toujours le nom d'At Meydani, c'est-à-dire de « place aux Chevaux », même si les courses y prirent presque entièrement fin en 1204, lors de la prise de Constantinople par les Latins. Il ne faut cependant pas faire de grands efforts d'imagination pour se représenter ce que dut être l'hippodrome au temps de sa splendeur. Aménagé d'abord à l'initiative de Septime Sévère, il fut notablement agrandi par Constantin lorsque celui-ci décida, en 324, de transférer à Byzance la capitale de l'Empire romain. La surface plane de la colline dominant la mer de Marmara n'était pas suffisante et celle-ci fut augmentée, vers le sud, par la réalisation de gigantesques substructions voûtées qui abritaient aussi des échoppes, les écuries, les cages aux fauves et les quartiers des auriges. Cœur de la cité et symbole du pouvoir, l'hippodrome fut l'objet de toutes les attentions et devait montrer la gloire et la puissance de l'Empereur. La spina était somptueusement décorée et on peut encore y voir aujourd'hui l'obélisque de Théodose, érigé à Karnak par Thoutmôsis III et dressé à Constantinople en 390, « l'obélisque muré », bâti de moellons, mais qui était jadis couvert de plaques sculptées de bronze doré, la colonne serpentine, en bronze, qui fut élevée à Delphes pour commémorer la victoire de Platées et représentait trois serpents enlacés dont les têtes portaient un trépied en or. Mais il y avait aussi une représentation en bronze d'un quadrige qui fut emportée par les Vénitiens en 1204 et dont les quatre chevaux ornent aujourd'hui la basilique Saint-Marc. Lors de la conquête turque, les somptueux bains de Zeuxipe, tout de marbre blanc, édifiés par Septime Sévère, servirent de carrière pour la construction de la mosquée de Fatih. Abandonné depuis le XIIIe siècle au profit du palais des Blachernes, le Grand Palais, en ruine, fut rasé et remplacé, au XVIIe siècle, par l'impressionnante mosquée Sultanahmet, la mosquée Bleue. La place aux Chevaux fut encore spectatrice de bien des événements historiques, du massacre des janissaires en 1826 au rapprochement germano-turc à la fin du XIXe siècle, comme en témoigne la très élégante fontaine offerte par Guillaume II, et de la destitution par les Jeunes-Turcs du sultan Abdulhamit II en 1909.
Pour découvrir l'hippodrome avec Clio
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