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Une décision souveraine

Plus de mille ans après la construction de la basilique Sainte-Sophie, le sultan Ahmet Ier (1603-1617) commanda à l’architecte Mehmet Agha une mosquée qui pourrait rivaliser avec le monument de l’empereur chrétien Justinien. S’il n’est pas parvenu à l’égaler par ses dimensions, on peut considérer que l’édifice l’a surpassé en finesse et en élégance. Devenue aujourd’hui le monument emblématique d'Istanbul et comptant parmi les plus belles mosquées du monde musulman, Sultanahmet Camii doit son surnom de « mosquée Bleue » à la couleur dominante des faïences d’Iznik qui tapissent son intérieur.

La construction de la mosquée s’étendit de 1609 à 1617, suivant un plan similaire à celui de la basilique, mais enrichi par les principes de Sinan, l’architecte de Soliman le Magnifique. Au siècle précédent, celui-ci, en phase avec ses origines grecques, posait en effet les bases de l'architecture ottomane comme une continuation de l'architecture byzantine : un plan centré, d’immenses coupoles permettant de libérer l'espace de prière, des minarets élancés, une décoration somptueuse de l’espace intérieur. A l’instar de la mosquée Süleymaniye bâtie par Sinan, maître de Mehmet Agha, à quelques kilomètres de là, la mosquée Bleue s’inscrit au cœur d’un vaste complexe composé de la tombe de son fondateur, d’une école et d’un hospice. Son architecture majestueuse apparaît comme un véritable manifeste de la puissance ottomane face aux vestiges de la civilisation byzantine. Le lieu même de son édification, sur le site de l’ancien palais des empereurs romains, face à la basilique Sainte-Sophie (transformée en mosquée après la conquête de Constantinople par les Turcs), lui confère ainsi une grande puissance symbolique. Les valeureux bâtisseurs durent composer avec les contraintes du lieu occupé par de nombreux palais ; certains furent rachetés à des prix considérables, puis détruits, afin de libérer l’espace nécessaire à la construction.

Une merveille de l’architecture classique ottomane

Vu de la cour, le monument apparaît comme un enchaînement harmonieux de dômes et de demi-dômes étagés, conduisant le regard jusqu’à son sommet. Chose exceptionnelle, six minarets viennent en renforcer l’élan vertical, sans rivaliser toutefois avec la Ka'ba de La Mecque, dotée, elle, de sept minarets. Leur forme élancée, les faisant ressembler à des crayons, est spécifique de l'architecture ottomane. La cour, dont la taille répond à peu près à celle de la mosquée elle-même, accueille en son centre une fontaine hexagonale réservée aux ablutions rituelles. Son entrée ouest est marquée par une arcade plus richement ornée, et une demi-coupole surélevée la distingue des autres travées. Seul le sultan était autorisé à pénétrer dans la cour de la mosquée à cheval. Une chaîne, située en partie haute de la porte, l’obligeait à baisser la tête chaque fois qu'il entrait, dans un geste symbolique rappelant son humilité face à Dieu. Le bâtiment principal de la mosquée se compose d'une salle de prière surmontée d'une coupole grandiose de 23 mètres de diamètre dont le point le plus haut culmine à 43 mètres. Cette prouesse architecturale est permise par un système ascendant de coupoles et de demi-coupoles venant équilibrer les charges. Ses dimensions sont toutefois inférieures à celles de Sainte-Sophie, dont la coupole s'élève à 56 mètres de haut. L’ensemble repose enfin sur quatre piliers massifs de marbre, dits « en pieds d'éléphant », rainurés à leur base et peints en partie supérieure. De fines calligraphies du Coran ornent également le sommet des coupoles, et de grandes tablettes sur les murs reçoivent des versets du Coran peints au XVIIe siècle par le célèbre calligraphe Seyyid Kasim Gubari.

Un monument de légèreté et de clarté

Ce qui fait la singularité de la mosquée Bleue, au-delà de ses dimensions grandioses, c’est la clarté et la légèreté apparente de son architecture. La coupole centrale est, en effet, ajourée de 260 fenêtres inondant l’espace intérieur d’une lumière presque irréelle venant se refléter sur les faïences. Le sultan dut d’ailleurs réquisitionner toutes les fabriques de la ville d'Iznik pour produire les 21 000 carreaux nécessaires à la décoration intérieure, animée principalement de motifs floraux stylisés prenant la forme de frises, d'entrelacs ou de médaillons. Les nombreuses fenêtres qui entourent les demi-coupoles et les murs du fond de la mosquée viennent colorer délicatement la lumière qui pénètre l’édifice, le verre des vitraux étant, à l’origine, un don de la cité de Venise au sultan. Les nombreux lustres qui éclairent la salle de prière étaient autrefois couverts d'or et de pierres précieuses, ce qui ajoutait encore au faste et à l’éclat du décor. Le mihrab, niche monumentale indiquant la direction de La Mecque, vers laquelle se tournent les fidèles durant la prière, est réalisé dans un marbre finement sculpté, orné d’un créneau de stalactites et surmonté d’un double panneau d'inscriptions. Les murs adjacents sont également recouverts de carreaux de céramique. Le minbar, chaire depuis laquelle l’imam s’adresse aux fidèles, est richement décoré, tout en permettant aux fidèles de le voir et de l’entendre, même lorsque la mosquée est très fréquentée. La loge du souverain, située à l'angle sud-est de la galerie supérieure, est soutenue par dix colonnes de marbre. Particularité de cette mosquée voulue par le sultan, l’escalier menant à la tribune du premier étage a été conçu de manière à ce qu’il puisse se rendre dans sa loge sans descendre de cheval.
Ainsi, l’architecture de celle que les Turcs nomment « Sultanahmet Camii » est le fruit d’une synthèse raffinée des principes architecturaux des églises byzantines appliqués aux mosquées ottomanes. Dernier grand édifice bâti par les sultans, la mosquée Bleue est devenue aujourd’hui l'une des attractions touristiques les plus populaires d'Istanbul et un monument incontournable du paysage, marqué par le dialogue entre les deux édifices emblématiques de la ville, qui dominent le majestueux détroit du Bosphore.
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