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Hattusa
Capitale de l'empire hittite
Büyükkale
À une vingtaine de kilomètres de la route qui mène d'Ankara à Samsun, le détour qui mène au village de Boğgazköy, sis dans une petite plaine fertile du plateau anatolien, s'impose pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire antique. Une petite montagne évidée en forme de cirque s'élève d'environ 300 mètres au sud du village, qui, par sa forme, pouvait évoquer une forteresse. Les habitants l'appelaient Büyükkale, "le grand château". Attiré par cette appellation, le Français Charles Texier explora cette montagne en 1834 et y trouva les vestiges de constructions antiques et, à deux kilomètres de là, dans une étroite gorge, le lieu dit Yazilikaya, "le rocher inscrit" où il découvrit d'étonnants bas-reliefs. Texier pensait avoir découvert la ville de Ptéria prise par Crésus selon Hérodote, tandis que d'autres y voyaient Tavia, la capitale des Galates. Il faudra attendre les premières fouilles effectuées en 1892 par Ernest Chantre, qui y découvrit de nombreuses tablettes cunéiformes pour identifier le site : Hattusa, la capitale du puissant empire hittite qui domina l'Anatolie et le nord de la Syrie au IIe millénaire av.J.-C.

Les Hittites
Ce fut l'assyriologue tchèque Bedrich Hrozny qui, en 1915, émettant l'hypothèse qu'il s'agissait d'un idiome de la famille linguistique indo-européenne, réussit à déchiffrer ces tablettes qui portaient une langue inconnue jusqu'alors. Il ouvrait alors un nouveau champ de recherche, celui de l'hittitologie. Les Hittites étaient déjà connus des historiens qui connaissaient bien les récits égyptiens de la bataille qui, en 1274 av.J.-C., avait opposé Ramsès II au Hittite Muwatalli II à Kadesh, mais l'on ignorait presque tout de leur civilisation et ce fut particulièrement grâce aux fouilles effectuées au début du XXe siècle par Hugo Winckler et Theodore Makridi puis par les travaux de l'archéologue allemand Kurt Bittel à Hattusa que l'on commença à mieux connaître cet empire.

Hattusa
Défendu par la montagne et par deux torrents aux rives escarpées, le site était occupé dès le IIIe millénaire avant notre ère par le peuple des Hatti et abrita également un petit karum, comptoir de commerçants assyriens. Pénétrant en Anatolie à partir du XIXe siècle, les conquérants indo-européens soumirent les Hatti et détruisirent leur capitale, mais, au XVIIe siècle, Hattusili 1er fit d'Hattusa le centre de son royaume. Le site fut ceint de murailles précédées d'un glacis épousant les défenses naturelles dont on peut encore distinguer sans peine le tracé. Plusieurs portes donnaient accès à la cité. L'une d'entr'elles était gardée par deux lions sculptés dans des blocs cyclopéens tandis qu'une autre était flanquée de deux sphinges. La "porte du roi" comportait une représentation en bas-relief d'un dieu guerrier, dont l'original se trouve aujourd'hui préservé au musée d'Ankara. Bien que partielles, les fouilles ont révélé la structure de la ville qui comportait plusieurs temples et palais dans sa partie basse et des quartiers résidentiels s'échelonnant sur la pente de la montagne. Si les murs en briques crues ont disparu, les soubassements en pierre ont parfaitement conservé le plan de la cité. Hattusa fut détruite et incendiée lors de la chute de l'empire hittite vers 1190 av.J.-C. et ne recouvra jamais son importance avant son abandon total au début de notre ère.

Yazilikaya
La forme naturelle du site de Yazilikaya ne pouvait qu'attirer l'attention des hommes depuis des temps immémoriaux, exemple même de ces "lieux sacrés" que l'on retrouve dans toutes les anciennes civilisations. Vraisemblablement consacré dès l'époque Hatti, il fut adopté par les Hittites qui adjoignirent un pronaos à la gorge naturelle, qui resta toujours à ciel ouvert. Mais il semble que ce fut sous le roi Tudhaliya IV que furent sculptés les extraordinaires reliefs rupestres qui en font le chef d'œuvre de l'art hittite. Attestant le syncrétisme entre le panthéon hittite et celui des Hourrites voisins et alliés, les parois de la galerie sont ornées d'un cortège de 63 divinités, masculines à gauche féminines à droite auxquels il faut ajouter la déesse babylonienne Ishtar qui convergent vers la scène principale où le dieu du temps céleste Teshub, juché sur deux montagnes rencontre la déesse solaire Hebat, debout sur une panthère, identifiés par des inscriptions en hiéroglyphes hittites, un véritable livre d'images illustrant les mythes hittites ! Le second corridor est tout aussi intéressant. Outre une frise de douze dieux identiques marchant en procession, on y voit les plus beaux bas-reliefs de Yazilikaya, représentant le roi Tudhaliya IV déifié, une scène ou le dieu Sharruma enlace l'épaule du roi, comme il le ferait d'un enfant. Enfin, toujours porteur de mystère pour les archéologues, une représentation d'un dieu en forme de poignard, orné d'un décor de lions, peut-être significatif de l'hoplolâtrie indo-européenne...
Pour visiter Hattusa avec Clio
TR 31 - 14 jours

Des côtes de l’Egée aux hautes terres de la Cappadoce, le territoire de l'actuelle Turquie a vu se succéder plusieurs grandes civilisations dont chacune a marqué de son empreinte les littoraux ensoleillés ... Découvrir ce voyage
 

 
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