Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Erostrate et Artemis

Dans la nuit du 21 juillet 356 avant notre ère, naissait, à Pella, en Macédoine, le futur Alexandre le Grand. Au même moment, à Ephèse, plus au sud, sur la côte ionienne d'Asie Mineure, brûlait le grand temple de l'Artémision, l'une des sept merveilles du monde dont la construction avait été commanditée par le roi lydien Crésus. L'auteur de ce forfait fut condamné à mort et l'on interdit que son nom puisse être jamais connu... mais il est cependant parvenu jusqu'à nous : Erostrate. Le temple, était dédié à une Artémis bien différente de celle qui était honorée en Grèce. Proche des ancestrales divinités de la fécondité honorées en Anatolie, elle est représentée crénelée de tours, flanquée de bovins, constellée d'abeilles mellifères et d'épis de blé, la poitrine couverte d'une multitude de seins, d'où le nom donné par les archéologues d'Artémis polymastros. Reconstruit de marbre blanc, encore plus vaste, le temple subit ensuite tant les affres du temps que l'on en voit plus aujourd'hui que le soubassement et une unique colonne.


Lydiens, Perses, Grecs et Romains

Ephèse, à cette époque, comptait déjà cinq siècles d'existence. Cité grecque et port actif – Ephèse était à cette époque au bord de la mer –, inféodée au roi de Lydie, elle fut ensuite conquise par le Perse Cyrus le Grand. Lors de la répression menée par Xerxès à la suite de la révolte des cités grecques de la côte anatolienne, Ephèse fut relativement épargnée. Le port et la cité prirent cependant un nouvel essor lorsque, protégée d'Athènes et de la ligue de Délos, elle réintégra le giron de l'oekoumène grec. Important foyer intellectuel, elle fut la patrie d'Héraclite, le théoricien de l'impermanence. Ralliée ensuite à la Perse, elle fut conquise par Alexandre et revint, une cinquantaine d'années après la mort du grand conquérant, au général Lysimaque qui déplaça le centre de la ville entre les deux collines de Coresus et de Pion, fit agrandir et réaménager le port et renomma la cité du nom de sa femme, Arsinoé. Lorsque l'Empire séleucide entra en déliquescence, Ephèse tomba aux mains du roi de Pergame, Attale III, prince romanophile qui légua toutes ses possessions à Rome. La cité impériale brilla de tous ses feux aux premiers siècles de notre ère et, après les ravages des Goths en 263, reprit son éclat aux premiers temps de l'époque byzantine, mais, lorsque la mer, repoussée par les alluvions du Caïstre et du Méandre, s'éloigna de la cité et que son port devint inutilisable, Ephèse déclina jusqu'à disparaître au Xe siècle, tandis que se développait, à proximité, la cité turque d'Ayasoluk.


La perle de l'Ionie

Le site d'Ephèse fut redécouvert, au XIXe siècle, non loin de la petite ville turque de Selçuk, par l'ingénieur anglais John Turtle Wood. Bien qu'à peine un cinquième de la ville antique ait été dégagé par les archéologues, Ephèse est l'un des plus remarquables exemples de cité gréco-romaine du Bassin méditerranéen. On retrouve encore la ville hellénistique dans un tracé urbain qui sait utiliser à son profit les charmes du paysage naturel, dans l'odéon ou le prytanée, dans le magnifique théâtre, adossé à la colline. Les Romains, grands bâtisseurs devant l'Eternel, parèrent la cité de monuments somptueux. L'élégante rue des Courètes, pavée de marbre blanc, où l'on découvre, le temple d'Athéna Niké, le monumental temple de Domitien ou l'élégant nymphée de Trajan, débouche sur l'agora où, magnifique exploit des archéologues, est pratiquement reconstituée la superbe bibliothèque de Celsus. Echoppes, tavernes, latrines, lupanar, bâtiments de stockage, la grande voie acadiane menant vers l'ancien port romain, qui était dotée de l'éclairage public, thermes et gymnase : il suffit d'un peu d'imagination pour voir revivre toute l'activité haute en couleur d'une cité portuaire antique. Sur les flancs de la colline, les « maisons de la pente » récemment dégagées, offrent, aussi bien qu'à Pompéi, une approche remarquable de riches demeures aristocratiques, au décor raffiné.


La ville des conciles

Quand l'Empire romain se convertit au christianisme, l'une des grandes basiliques, bourse d'échange et « chambre de commerce » du port, et une partie de l'olympéion, furent transformés en une église dédiée à la Vierge Marie. Ce fut là qu'en 431 se réunit, sous la houlette de Cyrille, patriarche de Constantinople, le concile d'Ephèse qui, après bien des débats houleux, condamna le nestorianisme et consacra la doctrine de la maternité divine de Marie. Ephèse offre encore bien d'autres richesses, telles que la modeste maison – la Meryemana – où la tradition affirme que la Vierge acheva son existence, l'église des « sept dormants » ou la grande mosquée d'Isa Bey, édifiée au XIVe siècle à Ayasoluk par un architecte damascène...
Pour découvrir Ephèse avec Clio
TR 31 - 14 jours

Des côtes de l’Egée aux hautes terres de la Cappadoce, le territoire de l'actuelle Turquie a vu se succéder plusieurs grandes civilisations dont chacune a marqué de son empreinte les littoraux ensoleillés ... Découvrir ce voyage
Nos chronologies
La Turquie
De l'Asie Mineure ancienne à l'époque contemporaine

Anatolie (pays du Soleil levant) pour les Grecs, province d’Asie pour les Romains et Asie "mineure" pour les Byzantins, les terres – étendues du littoral ...
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter