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Merv
L'oasis fortunée du Khorassan
L'antique Margu
Prenant sa source dans les chaînes de l'Hindu Kouch, le fleuve Mourgab n'atteint jamais la mer, mais vient se perdre, en un delta intérieur, au cœur du désert du Karakum – le désert noir – formant une vaste oasis. Au IIIe millénaire avant notre ère, le climat des steppes du Turkménistan était un peu moins aride qu'aujourd'hui et l'oasis plus luxuriante. Dans leur expansion, les peuples indo-européens y trouvèrent une région accueillante et une partie d'entre eux s'y fixa dès l'âge du bronze. Grâce à la mise en œuvre de réseaux d'irrigation, l'accroissement de la production agricole permit le développement de petits centres urbains. Les textes les plus anciens de l'Avesta mentionnent l'existence, « depuis le temps des origines », d'une cité du nom de Mouru, berceau des clans aryens. Les archéologues ont effectivement retrouvé sur le site de Merv l'emplacement de plusieurs centres de cette époque, édifices fortifiés rectangulaires munis de tours semi-circulaires. Le site de Gonur Tepe, au nord de l'oasis, atteignit une surface de 55 hectares. A l'âge du fer, à partir du VIIe siècle avant notre ère, se développa un véritable centre urbain qui tirait profit de l'essor des caravanes commerçant entre le monde chinois, le plateau persan et le Proche-Orient. La cité de Margu donna son nom à toute la région antique : la Margiane.

Perses, Grecs et Perses
La Margiane fut ensuite soumise à l'Empire perse achéménide, comme l'atteste l'inscription de Bisotun, en Iran : « Le roi Darius dit : [...] et le 23e jour du mois Âçiyâdiya, la bataille eut lieu et dès lors, la province de Margiane fut mienne. » Siège d'une satrapie, Merv fut ensuite conquise par Alexandre le Grand qui la renomma... Alexandrie. Après la mort du grand conquérant, la cité devint Margiana Antiocha avant d'être à nouveau conquise par les Parthes arsacides. On retrouve le centre de Merv de cette époque dans les vestiges d'Erk Kala, cité fortifiée aux édifices de briques crues dont on distingue bien la structure et ceinte de remparts massifs dont les tours, perchées sur des éminences, dominent encore la plaine de près de trente mètres. Sous l'empire des Perses sassanides, Merv devint une étape essentielle de la route de la soie, dans le désert de Karakoum, et fut même le siège d'un évêché chrétien nestorien.

La renaissance
L'effondrement de l'empire sassanide, en 651, sous les coups de l'invasion musulmane, combiné au déclin de la route de la soie, réduisit Merv à une ville de garnison, mais son soutien à la révolte des Abbassides contre les Omeyyades lui rendit toute son importance sous le califat de Bagdad et elle devint la capitale du gouvernorat du Khorassan. Ville cosmopolite où se côtoyaient Arabes, Persans, Turcs, Indiens et même Chinois, elle fut décrite par al-Muqaddasi comme « belle, délicieuse, élégante, brillante, influente et agréable ». Centre intellectuel, Merv abritait de riches bibliothèques où étudia un temps le célèbre théologien Ibn Hanbal, et les mosquées y jouxtaient l'église chrétienne et le stupa bouddhiste. Presque intactes, les murailles prismatiques de la forteresse de Kiz Kala sont un témoignage exceptionnel de l'architecture militaire médiévale islamique.

L'apogée seldjoukide
Après avoir fait partie des sultanats tahiride, saffaride, samanide puis gahznévide, la Margiane fut conquise par les Turcs seldjoukides sur leur chemin vers la Perse. Sous le règne du grand sultan Malik Shah, le vizir Nizam am Mulk dota la ville de medersa et bibliothèques qui attirèrent les plus grands esprits du temps, tel Omar Khayyam. Ceinte de remparts élaborés, la ville médiévale, qui compta jusqu'à 200 000 habitants, s'organisa autour du nouveau palais Sultan Kala et de la citadelle Chahriyar Ark. Merv atteignit le sommet de sa gloire lorsqu'elle devint la capitale de sultan Sanjar au XIIe siècle. Son mausolée, édifice de briques de plan carré sous coupole, est un chef-d'œuvre de l'architecture seldjoukide. Remarquablement restaurés par l'UNESCO, ses stucs sculptés et ses peintures murales intactes sont d'une remarquable finesse.

L'invasion mongole et le déclin
En 1221, Tolui, fils de Gengis Khan, donna l'assaut à la ville de Merv. La quasi-totalité de ses habitants – à l'exception des artisans – fut massacrée, « pour l'exemple ». Malgré les tentatives de reconstruction au XVe siècle par le timouride Shah Rokh, Merv, au XIXe siècle, n'était plus que l'ombre d'elle-même lors de la conquête du Khorassan par les Russes. La forteresse Bairamalikhan Kala fut abandonnée et ses matériaux servirent en partie à la construction de la cité moderne de Mary, fondée en 1884, à 30 kilomètres du parc archéologique de Merv.
 

 
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