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Sakya
la première théocratie tibétaine
Le monastère de la Terre pâle
Au nord du massif de l'Everest, à quelque 150 kilomètres de Xigaze et 4 300 mètres d'altitude, au creux de la vallée de la rivière Trum et dominé par les collines de Ponpori – âpres rochers d’un gris blanchâtre burinés par l'érosion –, le monastère de Sakya était, avant qu'il ne subît les affres de la Révolution culturelle, l'un des plus grands du Tibet et abritait plusieurs milliers de moines. Si la partie nord, qui montait à l'assaut de la colline et comprenait essentiellement les cellules monastiques, n'est plus aujourd'hui qu'un impressionnant champ de ruines, le monastère sud, le Lhakhang Chenmo, rénové en 1945, est heureusement resté presque intact. Contrairement à la majorité des monastères du Tibet, celui de Sakya fut édifié en s'inspirant de la forme et de la structure d'une imposante forteresse mongole. Le monastère se présente comme un quadrilatère délimité par une enceinte fortifiée de 200 mètres de côté et de quatre mètres d'épaisseur, sans ouverture et renforcé de quatre tours d'angle et de quatre tours latérales, toutes de forme quadrangulaire. Bien que massif, l'édifice, qui fut construit au XIIIe siècle, ne donne pas une impression d'austérité : bâti de pierres et de briques crues, ses lignes sont rehaussées par le jeu de trois couleurs – le bleu gris de la muraille, l'ocre rouge du grand hall doté d'une litre blanche – qui symboliseraient les trois voies de la connaissance, par le corps, par la parole et par l'esprit. A l'intérieur de l'enceinte, une vaste cour, bordée de portiques sur colonnade de bois peint, est encadrée de bâtiments administratifs, de logements pour les moines et de petites chapelles. Au centre, se dresse le monumental grand temple dont la salle principale pouvait accueillir cinq cents moines.

Un trésor
Décoré des peintures murales d'origine représentant la lignée des supérieurs du monastère et des mandalas, le grand hall abrite aussi une collection inestimable de 3 000 thangka, chefs-d'œuvre de l'art tibétain, des vases précieux en porcelaine et une bibliothèque de 20 000 ouvrages de politique, de médecine, d'astrologie, de droit et d'histoire... En 2003, au cours de travaux, une ouverture fut percée dans un grand mur qui révéla une cachette renfermant, intacts, 84 000 rouleaux contenant des écrits bouddhiques inconnus jusqu'alors. Tradition spécifique de Sakya, on peut aussi, près de la salle des chortens – les stupas tibétains – admirer un trésor éphémère par essence : chaque année, les moines réalisent patiemment, à l'aide de sable de couleur, un immense mandala qui est détruit au moment du nouvel an tibétain, rappelant ainsi l'impermanence de ce monde terrestre.

Sakya Pa
Parmi les différents courants que compte le bouddhisme tibétain, l'école Sakya Pa occupe une place particulière. Rattachée au courant Nyingma Pa – les « bonnets rouges » –, elle fait remonter ses lointaines origines au moine Brog-mi qui, au XIe siècle, se rendit en Inde et traduisit l'Hevajra-tantra, le « Diamant de joie », introduisant ainsi les voies tantriques de la connaissance dans le bouddhisme tibétain. Outre ses spécificités théologiques, cette école se signale par le fait que ses moines et abbés sont autorisés à se marier. Ce fut le successeur de Brog-mi, Konchok Gyelpo, qui fonda à Sakya, en 1073, le monastère qui allait donner son nom à cette école. Grâce au soutien de l'aristocratie locale et aux retombées d'un important trafic commercial dans la vallée reliant Xigaze au Népal, Sakya accumula les richesses et devint l'un des plus puissants monastères du Tibet. Son abbé était considéré comme l'incarnation du Bodhisattva Manjusri. Au XIIIe siècle, le supérieur Phag Pa rencontra Kubilaï khan, petit-fils de Gengis Khan, grand khan des Mongols et empereur de Chine, auquel il fit si forte impression que le khan suprême demanda à être initié à l'Hevajra-tantra. Koubilai fit don au monastère d'une conque dextrogyre, très rare, qui symbolise la parole du Bouddha. Il investit également l'abbé de Sakya du pouvoir temporel sur le Tibet, instituant ainsi le premier gouvernement lamaïque et théocratique du pays. Les lamas de Sakya conservèrent cette prérogative jusqu'aux environs de 1350, quand l'affaiblissement du pouvoir de la dynastie mongole des Yuan – conséquence de la révolte des Turbans rouges – permit au chef de clan Janchub Gyaltsän, affilié à l'école Kagyu Pa de Tsetang, de renverser le lama vice-roi de Sakya. Aujourd'hui, si le supérieur de Sakya réside à Dehra Dun en Inde, le monastère ne compte cependant pas moins de 160 moines qui perpétuent la tradition et veillent sur ses trésors.
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TN 40 - 14 jours

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