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Saint Siméon
Un chef-d'œuvre de l'architecture byzantine de Syrie
Les chemins de l'ascétisme
Aux origines du christianisme l'expression suprême de la foi était le martyre. Lorsque la Paix de l'Eglise, ne permit plus ce type ultime de témoignage, ceux qui aspiraient à la perfection se tournèrent vers d'autres voies, celles de la solitude, de l'ascèse, de la contrition ou de la contemplation. Ce fut à la fin du IIIe siècle, en Egypte, que l'on vit les premiers anachorètes, ermites choisissant de vivre « au désert » à l'exemple de saint Antoine (251-356). Mais celui qui cheminait solitaire s'engageait souvent sur le chemin de l'hérésie, aussi saint Pacôme puis saint Basile poussèrent-ils les anachorètes à se rassembler sous l'autorité d'un prieur et à se soumettre à des règles de vie strictement codifiées : ainsi naquirent les premiers monastères. Le mouvement monacal se répandit rapidement en Syrie avant de gagner Constantinople puis l'Occident. Mais la vie monastique, si stricte fut-elle, ne satisfaisait pas les aspirations des plus ardents qui, suivant les conseils de saint Ephrem le Syrien, cherchaient l'illumination dans le dénuement et la contrition. Au Ve siècle, la Syrie fut le domaine privilégié de ces ermites qui décidaient de vivre dans des conditions exceptionnelles dans une citerne, de s'attacher à un pieu et de ne se nourrir que de l'herbe poussant dans l'aire ainsi délimitée, de vivre perchés dans un arbre !

Saint Siméon le Stylite

Né vers 390 en Cilicie dans une famille de paysans, Siméon, quand il n'était qu'un jeune berger, était attiré par l'oratoire voisin. A l'âge de 15 ans, des voix lui enjoignirent de tout quitter pour se rendre au monastère de Theleda. Il y passa dix ans durant lesquels il apprit à lire et à écrire et domina rapidement le grec et l'araméen. Mais son ascétisme donnait bien des soucis au prieur du couvent qui craignait pour les plus faibles d’entre les moines, qui, par émulation, pouvaient mettre en danger leur vie en rivalisant avec lui qui jeûnait totalement durant tout le temps du carême, portant un cilice de feuilles de palmes. Chassé du couvent, Siméon s'installa dans une citerne abandonnée puis dans une maisonnette isolée avant d'élire domicile sur une montagne, celle qui porte aujourd'hui son nom, Qalaat Semaan. Comme la réputation de sa sainteté se répandait dans tout le pays, les pèlerins vinrent de plus en plus nombreux le visiter, et Siméon s'installa, pour préserver son isolement, se protéger et pouvoir prêcher, sur une colonne de pierre de six, puis douze, puis vingt-deux et, enfin, de trente-six coudées de haut, soit dix-huit mètres environ. Simplement vêtu d'une tunique de cuir et d'un capuchon de toile, ne se nourrissant qu'une fois par semaine, le dimanche, brûlé par le soleil, couvert de plaies et d'ulcères, passant parfois une année complète sur une jambe, saint Siméon vécut quarante-deux ans au sommet de sa colonne ! Prêchant avec des mots d'une grande simplicité, il convertit et baptisa, par aspersion, de nombreux Arabes ghassanides. Les plus grands – l'empereur byzantin en personne, dit-on – venaient solliciter ses conseils ; en contact permanent avec les hommes de son temps, Theodoret de Cyr raconte qu'un jour, il interpella des voyageurs gaulois pour leur demander des nouvelles de Geneviève la petite bergère de Nanterre !

Qalaat Semaan

Saint Siméon mourut en 459. Dès 472, à l'instigation du patriarcat d'Antioche et de l'empereur Zénon, le lieu fut transformé en centre de pèlerinage : la colline fut arasée et prolongée par une terrasse sur des substructures de pierre et, sur cette immense esplanade de 12 000 mètres carrés, close par une enceinte, fut édifié un ensemble de quatre basiliques en croix autour de la colonne de saint Siméon. Plus grand édifice jamais construit avant Sainte-Sophie, la basilique de saint Siméon est considérée comme le plus bel ensemble chrétien du Proche-Orient. Réalisé dans une pierre dorée savamment travaillée, avec ses chapiteaux aux feuilles d'acanthe aériennes, elle illustre tout l'art des artistes syriens du Ve siècle. L’ensemble, toujours magnifiquement conservé, était complété par un monastère qui fut occupé jusqu'à l’incendie qui le détruisit à la fin du Xe siècle, et par un très beau baptistère octogonal. Pour accueillir les pèlerins, le petit village de Deir Semaan, au pied de la colline, se dota de trois couvents, d'hôtelleries, d'églises... Une voie processionnelle, ornée d'un arc de triomphe, relie le village au monastère.
 

 
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