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Longtemps, l’imaginaire des intrépides voyageurs qui osaient s’aventurer dans les déserts d’Orient fut nourri des récits d’une cité merveilleuse, engloutie par les sables. D’aucuns les tenaient pour légendes, mais, à la fin du XVIIe siècle, deux négociants anglais d’Alep parvinrent jusqu’à la cité mystérieuse. Ce ne fut cependant qu’en 1753, quand Robert Wood publia son ouvrage Les ruines de Palmyre, autrement dite Tedmor-au-Désert, illustré de très belles gravures et de relevés d’inscriptions, en grec et dans un alphabet alors inconnu, que Palmyre émergea des brumes de l’histoire avant d’émerger des sables grâce au patient labeur des archéologues. Dès 1754, l’abbé Jean-Jacques Barthélemy déchiffra le palmyrénien, qui s’avéra être un dialecte araméen. Les historiens qui pensaient que les auteurs antiques avaient exagéré la richesse et la splendeur de Palmyre durent se rendre à l’évidence... Palmyre était bien un joyau qui brillait au firmament du désert.

Un peu de géopolitique
Tadmor, pour lui donner son nom primitif, est une véritable oasis. La source Efqa abreuve une vaste palmeraie au cœur du désert syrien, à mi-chemin entre l’oasis de Damas et la plaine de l’Euphrate. Cette situation privilégiée en fit une étape majeure pour les caravanes dès le IIe millénaire avant notre ère, mais le commerce y prit une tout autre dimension après la dissolution progressive de l’empire séleucide, quand le puissant Etat des Parthes fit renaître l’empire perse de ses cendres. Pour les Romains, la Perse était, en Orient, l’Ennemi ! Mais, au fil du temps, l’aristocratie romaine était devenue friande d’épices exotiques – le poivre et la cardamome en particulier – puis des évanescents tissus de soie qui provenaient d’Inde. Comme il n’était pas question de traiter avec l’ennemi, surtout après l’infamante défaite de Crassus à la bataille de Carrhes en 53 av. J.-C., ce furent les Palmyréniens qui servirent d’intermédiaires. Dotés d’une armée redoutée pour l’extrême habileté de ses archets, Palmyre faisait office, pour les Romains, d’état-tampon, évitant les escarmouches continuelles avec les Perses sur la frontière de l’Euphrate.

Un fulgurant essor
L’annexion par les Romains en 106 du royaume nabatéen de Pétra débarrassait Palmyre de son principal concurrent et la cité connut une prospérité sans précédant. Une extraordinaire voie à colonnade formait l’axe principal de la ville, son cardo, orné au croisement avec le decumanus d’un imposant tétrapyle. Sur le forum, cœur des affaires et de la vie politique, les chapiteaux des colonnes s’ornaient de statues d’airain représentant les riches marchands qui avaient, par leurs dons, contribué à embellir la ville. A côté du “ sénat “, théâtre, thermes, nymphée donnaient à Palmyre l’aspect d’une somptueuse ville romaine saupoudrée d’une exubérance toute orientale. Les splendides villas à atrium, de type romain, se multipliaient tandis que, pour répondre au cosmopolitisme des marchands, étaient édifiés de riches temples dédiés à toutes leurs divinités : Allath, Nabu, Baal-Shamin... A l’extérieur de l’enceinte de la ville, se dressait, et se dresse toujours, le temple de Bel qui peut rivaliser par ses dimensions avec celui de Baalbek. Les riches palmyréniens firent enfin édifier de curieux tombeaux-tours dont les statues funéraires, d’une grâce et d’un réalisme émouvants, sont l’une des plus belles expressions de l’art palmyrénien.

Zénobie
Après l’assassinat du roi de Palmyre, Odeinat, dont elle fut peut-être l’instigatrice, sa veuve, Zénobie, assura la régence. Belle, raffinée, cultivée – elle fut disciple de Longin – polyglotte, ambitieuse et forte de la richesse de son royaume, elle osa défier l’Empire romain en proie alors à des convulsions internes. Lançant ses troupes à la conquête de l’Anatolie jusqu’au Bosphore, de la côte levantine puis du delta du Nil, elle eut la présomption de prendre le titre de Septimia Zenobia Augustia ! ce fut une provocation de trop et l’empereur en personne, à la tête de ses légions, vint remettre au pas le turbulent royaume : Zénobie fut l’attraction majeure du triomphe d’Aurélien à Rome en 274... et l’histoire de Palmyre ne fut plus ensuite que celle d’un lent déclin.
 

 
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