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Le château de Saône
une forteresse d'exception
Imprenable ! Si nombre de forteresses se parèrent de ce qualificatif au cours des âges, il semble cependant que le château de Saône le mérite au premier chef. Au cœur des riantes montagnes du Jebel Ansariye, un promontoire rocheux, véritable péninsule dominant une profonde vallée aux flancs escarpés, fut choisi par Jean Tzimiscès à la fin du Xe siècle, pour édifier une petite forteresse, construite selon la coutume byzantine, d'un appareil de briques rouges et de pierres calcaires blanches alternées et enclose dans trois enceintes successives. Une basse-cour, dans la partie inférieure du promontoire, devait permettre d'accueillir, en cas de menace, les populations environnantes.
Ce fut lors de la grande campagne victorieuse de la première croisade, en 1112, que Tancrède, le tout puissant baron d'Antioche, s'empara de cette place forte et la confia à Robert, fils de Foulque, comte de Saône. Dès 1130, l'atabeg Zengi, gouverneur de Mossoul et maître d'Alep, harcelait les territoires contrôlés par les croisés. Le château de Saône devint alors une pièce maîtresse de la défense franque. En 1132, Guillaume de Saône, qui avait hérité du château après l'exécution de son père par l'émir de Damas Togtekin, fit appel à des architectes grecs, ou peut-être arméniens, pour en renforcer les défenses. Ils en firent une formidable forteresse qui pouvait rivaliser avec le célèbre crac des Chevaliers.

Une « forteresse à l'état pur »
Avec ses 5,5 hectares de surface, Saône est sans doute la forteresse la plus vaste que les croisés aient possédée en Syrie. Elle fut ceinte d'un puissant rempart renforcé de tours qui présentent l'originalité d'avoir été commencées sur un plan carré et achevées en plan circulaire. Mais, malgré ces remparts, le pédoncule qui rattachait le promontoire au plateau restait un point faible. Qu’à cela ne tienne ! Il « suffisait » de trancher la montagne en creusant dans le roc un fossé de vingt-six mètres de profondeur sur plus de cent cinquante mètres de longueur : la « péninsule » était désormais une « île ». Au centre de cette tranchée fut simplement réservé un pilier monolithique servant de point d'appui pour le pont-levis. Le voyageur d'aujourd'hui ne peut qu’être impressionné par cette folle réalisation, plus encore s'il sait que tout fut creusé de main d'homme, au pic et au perçoir à archet ! Isolé, un formidable donjon de facture gothique, à l'appareil soigné de pierres à bossage, domine l'ensemble des aménagements qui comprenait une grande écurie, des magasins, deux vastes citernes. Forteresse à l'état pur, il n'y avait, à Saône, aucun appartement confortable, mais le château pouvait sans problème soutenir le plus rude des sièges.

Imprenable et pourtant prise...

Durant un demi-siècle, nul n'aurait eu la folie de s'attaquer au château de Sayun. Mais vint alors Saladin. Ses hommes ne furent pas portés par les anges pour franchir le fossé, mais le génial stratège s'aperçut que les remparts du flanc nord, en haut d'une pente abrupte, étaient mal protégés. Après un long pilonnage par ses mangonneaux, Saladin envoya ses hommes escalader le versant escarpé de la montagne : « Nos gens se pressèrent pour l’attaque comme s’ils étaient assemblés dans la plaine du Jugement dernier. La jeunesse s’élança, telle une marée débordante. Les hommes braves et forts luttèrent de vitesse ; les guerriers ardents et orgueilleux se suivirent [...] se hissant sur la muraille, s’accrochant au château, ils prirent possession du sommet et l’occupèrent [...] » (Imad ed-Din, témoin et acteur du combat, 1188). Les croisés se réfugièrent dans la vieille forteresse byzantine où ils furent massacrés jusqu'au dernier. Devenue possession arabe, le château, désormais « Qalaat Salah ed-Din », fut doté de quelque confort, thermes, mosquée et appartements et contribua, en 1281, à la victoire décisive remportée par le sultan d'Egypte Qalaoun sur les Mongols gengiskhanides, mettant un terme à leurs ambitions sur le Proche-Orient. Au XIXe siècle, encore, Ibrahim Pacha d’Egypte y résida lors de sa campagne syrienne.
Le château de Saône fut enfin l'objet d'une étude soigneuse par cet étudiant archéologue qui allait devenir Lawrence d'Arabie !
 

 
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