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La montagne noire
Au sud de Damas, à l'est du Golan, le massif du Hauran est un vaste plateau d'épanchements volcaniques. Parsemé de bosquets d'arbres épars et de chaos de noirs rochers, il peut paraître austère au premier abord. Cependant, son élévation modeste lui permet de recevoir des précipitations plus abondantes que les plaines environnantes, et les argiles issues de la décomposition des laves, capables de retenir l'humidité, forment des sols particulièrement fertiles. Dès la plus haute Antiquité, les fonds de vallée et les flancs doux de la dépression centrale furent le domaine privilégié de la culture des céréales. Ce fut pour ces richesses que le Hauran fut âprement disputé entre les Araméens et les Hébreux au début du Ier millénaire avant notre ère. Intégré successivement dans les domaines assyrien, perse puis séleucide, le Hauran était déjà couvert d'un réseau de gros bourgs agricoles aux maisons massives aux murs édifiés de puissants blocs de basalte soigneusement équarris.

Bosra, capitale du Hauran
A la fin de l'ère séleucide, le Sud de la région, située sur le chemin du grand trafic caravanier qui apportait vers les rives méditerranéennes l'encens d'Arabie heureuse et les épices venues des lointaines terres indiennes, tomba progressivement sous le contrôle de ces caravaniers devenus grands commerçants qu'étaient les Nabatéens. Sous le règne d'Arétas III, au Ier siècle avant notre ère, Bosra devint la capitale du Nord de leur royaume et connut un développement rapide. Les Romains étendirent ensuite leur contrôle à l'ensemble du Levant et, en 106, lorsque mourut le roi Rabel II, la Nabatène devint province romaine, rattachée à la décapole, avec Nova Trojana Bosra pour capitale et résidence du légat impérial. La ville et la région furent l'objet de toutes les attentions de Philippe l'Arabe, empereur de 244 à 249 – qui était un Arabe chrétien, natif du Hauran et qui organisa les fêtes du Ier millénaire de Rome – et il y fut même, alors, frappé des monnaies faisant référence à « l'ère de Bosra ».

Une cité romaine originale
Comme dans toutes parts de leur Empire, les Romains décidèrent de faire de Bosra une ville à l'architecture impressionnante. Entièrement bâtie de basalte noir, pierre difficile à tailler, mais que les artisans locaux savaient apprivoiser, Bosra était ceinte d'une puissante muraille que l'on franchissait par une porte en forme de baie couverte de deux arcs superposés, aujourd'hui appelée Bab el Hawa, la porte du Vent, pour atteindre le cardo, la « longue rue ». Au centre de la ville, un arc édifié à la gloire de la 3e légion cyrénaïque, un nymphée d'ordre corinthien, un cryptoportique pour le stockage des marchandises, un grand marché couvert, le palais du gouverneur, les thermes, les grands réservoirs alimentant la cité en eau par des canalisations de plomb, sont les purs produits de l'urbanisme romain, mais on trouve aussi, le long du cardo, un kalybée – berceau de la fille du roi – sanctuaire païen typique du Hauran, tandis que la rue s'achève sur un arc de triomphe au décor purement nabatéen.

Le théâtre
Un édifice seul suffirait à faire du site de Bosra une visite incontournable : le théâtre romain, le plus imposant du monde antique avec sa cavea de plus de cent mètres de diamètre, remarquablement préservé par la dureté du basalte. Après la conquête arabe, la massivité de sa construction poussa les Omeyyades puis les Fatimides à le transformer en forteresse en bouchant ses ouvertures et en le surmontant d'une douzaine de tours, ce qui lui permit d'échapper au démantèlement.

Du bastion monophysite à la cité musulmane
On sait qu'Origène se rendit à Bosra en 215 et, dès le IIIe siècle, le christianisme s'implanta dans la région avant qu’elle devînt massivement chrétienne au siècle suivant. Les évêques de Bosra furent bien souvent sensibles aux hérésies, et nombre d'entre eux furent destitués, mais le choix fait par Justinien de faire du royaume ghassanide un Etat satellite le contraignit à tolérer le monophysisme largement répandu dans les campagnes du Hauran. Selon la tradition, ce fut à Bosra que Mahomet rencontra, avant la révélation, le moine Bahira qui lui apprit le contenu du christianisme. Après la conquête musulmane, Bosra garda sa prospérité, se couvrit encore de mosquées, de magasins, de hammams et ce ne furent que les combats des croisades, conjugués aux ravages des Mongols et à une série de séismes destructeurs, qui entraînèrent son déclin au XIVe siècle.
 

 
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