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L'apogée de la civilisation hellénistique
Né dans les monts du Liban, l'Oronte, après avoir irrigué la « Syrie creuse » au niveau de la « trouée d'Homs », traverse le djebel Ansarieh à la faveur du grand fossé structural, prolongement septentrional du fossé de la mer Morte. Il s'étend largement dans cette large et fertile vallée aujourd'hui nommée le Ghab. Cette région accueillante a attiré les hommes depuis la Préhistoire et les éminences dominant la plaine virent s'édifier de petites bourgades. Plus de dix ans furent nécessaires, après la mort d'Alexandre le Grand, pour qu'apparaisse clairement ce que deviendraient les différentes parties de son empire. Une fois éliminés le régent Perdiccas puis Antigone le Borgne, L'Egypte revint à Ptolémée et ce fut le général Séleucos Nicator qui hérita de l'Orient et de la Syrie. Pour administrer leur empire, les Séleucides établirent un réseau de cités : fondée en 301 avant notre ère, Apamée – dont le nom conserve le souvenir de l'épouse persane de Seleucos – fut l'une de celles-ci et formait, avec Antioche, Séleucie de Piérie, Laodicée, la tétrapole syrienne. La position stratégique d'Apamée en bordure du plateau du djebel Zaouiyé et la présence des terres humides du Ghab, en firent une place forte de première importance et aussi le domaine des haras impériaux.

Une ville nouvelle
Le plan d'Apamée, pratiquement fondée ex nihilo, reflète tout à fait les principes urbanistiques hellénistiques. Ceinturée d'un rempart de sept kilomètres défendu par cinquante tours, la ville s'ordonnait selon le plan orthogonal hippodamien, le long de l'axe majeur que représentait l'avenue principale, orientée nord-sud. Centre administratif, financier, commercial et militaire, Apamée prit rapidement son essor et attira aussi artisans, artistes – peintres et sculpteurs – et penseurs. L'école philosophique d'Apamée, nourrie tant de la pensée platonicienne que de l'enseignement d'Aristote, acquit une grande réputation. Le premier de ces maîtres fut Poseidonius d'Apamée, qui se fixa ensuite à Rhodes où Cicéron et Pompée vinrent suivre son enseignement. Ce fut le même Pompée qui s'empara de la ville en 64 av. J.-C. La citadelle fut détruite, mais, conscients de l'importance de la cité, les Romains en firent l'une des plus belles villes antiques de l'Orient.

La ville romaine
La grande avenue, le cardo, fut prolongée – 1 800 mètres de longueur – élargie à 38 mètres et dotée de part et d'autre de portiques à colonnade qui, aujourd'hui admirablement restaurés, sont l'une des merveilles du monde antique, avec ses colonnes de style cannelé, rudenturées, torsadées et surmontées d'élégants chapiteaux où s'harmonisent les styles les plus variés. Théâtre, thermes somptueux, agora de style hellénistique, système d'adduction d'eau, nymphées, la ville reçut une somptueuse parure architecturale. Les richesses y affluaient, notables et riches négociants se firent construire de grandes maisons à atrium où les archéologues, en particulier l'équipe belge dirigée par Jean-Charles Balty, ont retrouvé des mosaïques de toute beauté. Les recherches récentes ont pu mettre en évidence la présence d'un véritable souk de type oriental. Richement dotée par l'empereur Claude puis par Trajan, Marc-Aurèle et Septime Sévère, Apamée conservait tout son rayonnement intellectuel et vit encore l'enseignement de maîtres tels que Numénius d'Apamée qui analysa les religions de son époque à la lumière du néo-platonisme ou, plus tard, Jamblique qui donna une véritable dimension théologique à la religion païenne antique.

Et la cité byzantine
Après que Rome se fut effondrée et que le monde romain oriental se fut réorganisé autour de Constantinople, Apamée, depuis longtemps siège d'un évêché, devint la capitale de la nouvelle province de Syria Secunda. Une cathédrale avait été construite sur l'emplacement de l'école de philosophie et de nombreuses églises y furent édifiées. Si les mosaïques qui les décorent changèrent de thèmes, elles bénéficiaient de tout le savoir-faire des artistes syriens. Ravagée une première fois par les Parthes, Apamée fut conquise par les Arabes en 636, mais ne fut pas abandonnée pour autant. Son marché resta actif jusqu'au XIIe siècle et elle fut l'enjeu de luttes entre croisés et musulmans. Ce fut la nature qui, cependant, en eut raison : Apamée fut abandonnée à la suite d'un puissant séisme en 1157...
 

 
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