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Le temple de Soleb
précurseur d'Abu Simbel
Du pays de Ouaouat au pays de Koush
Pour les Egyptiens anciens, la Nubie, région située dans la vallée du Nil en amont de la première cataracte, faisait figure de pays de cocagne d'où venaient l'or, l'ivoire, l'ébène, l'encens ainsi que les singes cynocéphales – image du dieu Thôt – et les bovins provenant du mystérieux pays de Pount. Héritière d'une civilisation néolithique avancée, la Nubie était contrôlée par une lâche confédération de chefferies lorsque, sous le règne de Pepi II, le gouverneur d'Eléphantine, Herkouf, fit plusieurs expéditions dans le pays de Ouaouat, c'est-à-dire la région comprise entre la première et la seconde cataracte du Nil. Il fallut cependant attendre le Moyen Empire pour que Sesostris Ier fît passer le pays de Ouaouat sous administration égyptienne et édifier une série de fortins chargés d'en protéger les frontières contre les incursions nomades. Au sud, le pays de Koush vit alors naître le premier véritable Etat nubien, le royaume de Kerma, qui, profitant de la faiblesse de l'Egypte confrontée au nord à l'invasion des Hyksos venus d'Orient, connut son apogée entre le XVIIIe et le XVIe siècle avant notre ère. Mais, au Nouvel Empire, les pharaons de la XVIIIe dynastie, Amosis d'abord puis Aménophis Ier, repoussèrent la frontière jusqu'à la troisième cataracte avant que Thoutmosis III achevât de conquérir le royaume de Kerma. La Nubie, annexée à l'empire, fut placée sous l'autorité d'un « Fils royal », tandis que les jeunes princes nubiens furent envoyés à Thèbes pour y recevoir une éducation égyptienne.

La découverte
Déguisé en cheik arabe, l'explorateur suisse Burckhardt, le « découvreur » de Pétra, avait déjà repéré en 1813 l'existence de ruines à Soleb, en aval de la troisième cataracte, sur la rive gauche du Nil. Entre 1826 et 1829, Algernon Percy, lord Prudhoe et le major Orlando Felix menèrent une expédition au Soudan au cours de laquelle ils découvrirent, dans le djebel Barkal, deux statues de lions portant des inscriptions se référant à Aménophis III, aujourd'hui conservées au British Museum. On découvrit plus tard que ces statues avaient été transportées dans le Sud du pays par un souverain de Méroé au IIIe siècle av. J.-C. En 1907, une équipe d'épigraphistes de l'université de Chicago qui revint sur le site déchiffra des inscriptions trouvées sur des blocs épars, mentionnant à nouveau le nom d'Aménophis III. Il fallut cependant attendre 1963 et les six campagnes de fouilles menées par l'université de Pise sous la direction de Michela Schiff Giorgini avec la collaboration de Clément Robichon, de l'abbé Josef Janssen et de Jean Leclant, pour que le temple de Soleb reprît toute son importance.

Aménophis III
Le déchiffrage des inscriptions permit de déterminer que le temple de Soleb, dédié à Amon, fut édifié par Aménophis III à l'occasion de la fête de heb-sed, le jubilé célébré à partir de la trentième année de règne d'un pharaon. Il fut certainement édifié par Aménophis, fils de Hapou, scribe puis vizir d'Aménophis III et maître d'œuvre, à Louxor, des colosses de Memnon. Il reprit la structure classique des temples du Nord de l'Egypte, avec un débarcadère et une chaussée menant à deux pylônes successifs puis à deux cours péristyles et, enfin, à la salle aux colonnes fasciculées donnant sur les deux sanctuaires dédiés à Amon et au pharaon divinisé. Construit en grès tendre, l'édifice a mal résisté aux affres du temps, mais les travaux de restauration entrepris par l'équipe italienne en font aujourd'hui le plus majestueux des temples égyptiens du Soudan.

Un livre d'Histoire
Les pylônes étaient illustrés de scènes représentant la divinisation d'Aménophis III – que l'on voit apparaître comme l'officiant de sa propre célébration, paré de la corne de bélier du dieu Amon –, de la relation de la construction du temple et de représentations de la famille et de la cour du souverain. Les bases des colonnes de la salle hypostyle ont livré une magnifique série de décors illustrant les cérémonies de la fête de heb-sed et, surtout, un véritable catalogue des peuples soumis à Pharaon, affirmant son pouvoir et l'ordre égyptien (la Maât) face au chaos des contrées étrangères. Réparties selon la géographie de l'empire, celles du nord mentionnent dans des cartouches la « terre des Shasou de Yahweh », Tyr, Qadesh, Byblos, le Hatti, l'Euphrate, tandis que les stèles du sud font référence aux ethnies africaines soumises à l'autorité immanente d'Aménophis III et figurées en prisonniers aux bras entravés. Le temple de Soleb est aussi associé à un temple à chapiteaux hathoriques dressé en l'honneur de la divine épouse, la reine Tiyi, à quelques kilomètres au nord. Une disposition qui préfigure celle qui sera adoptée un siècle plus tard à Abu Simbel pour honorer Ramsès II et la reine Néfertari.
Pour visiter le temple de Soleb avec Clio
SO 31 - 16 jours

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