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Dans la nuit des temps
Dès les périodes les plus reculées, du VIIe au IVe millénaire av. J.-C., le Soudan a développé des cultures originales. Il fut un important foyer de « néolithisation » : les préhistoriens spécialistes de l'Afrique ne tarissent pas d'éloges à propos du Néolithique de tradition soudanaise et de sa poterie au décor ondulé incisé au peigne, le « wavy line » des archéologues anglo-saxons. Le matériel de la période « Early Khartoum » révèle une société déjà évoluée et structurée, preuve d'une longue tradition culturelle qui conduirait, à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, à la constitution d'un royaume autour du site de Kerma.

Une longue histoire
En amont de la troisième cataracte du Nil, dans une zone où l'oasis nilotique s'élargit en une plaine relativement fertile, sur la voie de passage entre l'Egypte, la mer Rouge et le monde africain, proche des mines d'or du désert oriental et environné de vastes régions où, à cette époque un peu plus humide que de nos jours, un élevage extensif d'ovins et de caprins était encore possible, la région de Kerma ne manquait pas d'atouts pour devenir le centre du pouvoir dans la haute vallée du Nil. Né certainement de la réunion de plusieurs chefferies sous l'autorité d'un prince, l'Etat « pré-Kerma » est déjà mentionné dans les annales de l'Egyptien Herkouf, sous la VIe dynastie. Les travaux des archéologues montrent qu'à cette époque, la ville avait encore l'aspect d'un gros bourg d'Afrique noire, ceint d'un rempart de pieux et de terre. A la fin de cette période, l'apparition de grands bâtiments rectangulaires à côté des cases rondes, témoigne d'une évolution sociale, peut-être due à l'arrivée d'un nouveau peuple.

Le royaume de Kerma
Le royaume de Kerma naissant contrôlait déjà la vallée du Nil entre la seconde et la quatrième cataracte. Les fouilles de la nécropole ont livré des tombes à tumuli où les dirigeants étaient ensevelis avec une peau de bovidé en guise de linceul, portant leurs armes et leurs bijoux et accompagnés de moutons et de chèvres sacrifiés en offrande. Dans la période suivante – le « Kerma moyen » –, la cité prit de l'ampleur et les sépultures des princes s’accompagnèrent de monuments funéraires. Le royaume de Kerma ignorait l'écriture et on ne le connaît que grâce aux écrits égyptiens, pour la première fois sous le règne de Sésostris Ie, dans lesquels il est nommé « Kouch » ou pays de « Ouaouat ». Ce fut lorsque l'Egypte subit, sous la XIIIe dynastie, l'invasion des Hyksos que Kerma profita de l'affaiblissement de son puissant voisin pour franchir le cordon de forteresses érigé par les Egyptiens, razzier la Moyenne-Egypte en ~1630 et étendre sa domination vers le nord jusqu'à la première cataracte, proche d'Assouan.

Une cité structurée
Le site de Kerma fut découvert par l'archéologue américain de l'Université de Harvard, George Reisner, qui fouilla le site de 1913 à 1915 et l'attribua à une colonie égyptienne tant il y découvrit d'objets de cette provenance. Les fouilles patiemment menées depuis trente ans par une équipe suisse ont maintenant éclairé l'originalité de Kerma. La cité couvrait alors une vingtaine d'hectares, était ceinturée de murs et de fossés et organisée autour de la deffufa, le centre religieux, bâtiment massif de briques crues qui devait atteindre près de 30 mètres de hauteur : ses vestiges, toujours impressionnants, font encore 18 mètres de haut. Il comportait une salle doté d’un autel de marbre émaillé bleu et un escalier menait sur le toit, pour certaines cérémonies. Il fut, tardivement, surmonté d'un temple inspiré de l'Egypte. Non loin de la deffufa, on voit encore les vestiges de magasins, d'ateliers, de chapelles et d'une grande hutte circulaire qui devait être la salle d'audience du « palais royal ». La cité comportait une grande voie rectiligne et des ruelles où s'entassaient des maisons, assez vastes, comportant, en général, deux corps de bâtiment et une cour.

La nécropole
Sur l'immense nécropole de 90 hectares, les tombes royales, vastes tumuli à plusieurs chambres pouvant atteindre 90 mètres de diamètre, abritaient le défunt enseveli sur une couche funéraire nubienne, l'angareb, et contenaient un riche mobilier funéraire, composé de vases de fine céramique locale aux formes élégantes et aux décors en relief, de bijoux en or, etc. Chacun des souverains était entouré de centaines de courtisans sacrifiés pour l'accompagner dans la mort... Lorsque les pharaons thébains de la XVIIIe dynastie reconquirent le pays de Koush au ~XVe siècle, le royaume de Kerma disparut avant de renaître, quelques siècles plus tard, sous la forme plus égyptianisée du royaume de Napata.
Découvrir Kerma avec Clio
SO 31 - 16 jours

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