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Saint-Pierre-et-Paul
L'acte de naissance de Saint-Pétersbourg
Le berceau de Saint-Pétersbourg
Depuis la rive gauche de la Neva, impossible d'échapper à sa silhouette acérée : la flèche de la collégiale des Saints-Pierre-et-Paul domine les remparts de brique de la vieille forteresse bâtie par Pierre le Grand, comme la pierre angulaire de son projet fou : ouvrir une fenêtre sur l'Europe dans une Russie jusque-là repliée sur son immensité glacée. Haut-lieu du pouvoir du tsar dans ses heures les plus troublées comme dans ses moments les plus fastueux, la collégiale est aussi le lieu où la dynastie des Romanov (presque) au complet dort de son dernier sommeil. Fracas des canons et cloches des églises : en somme, un résumé de l'histoire russe...

Une forteresse sur l'eau
Saint-Pétersbourg appartient le plus souvent aux nuages, au vent et à la neige. Mais aussi à la lumière si particulière des nuits blanches, cette clarté de faux jour qui lui sied si bien. Quelle que soit l'époque où on les découvre, l'émotion est grande quand surgissent, au-delà des flots gris-bleu de la Neva, les bastions abrupts de la forteresse Pierre-et-Paul.
On a coutume de considérer le 16 mai 1703, date de la pose de la première pierre, comme le jour de la naissance de la ville. Des origines bien modestes : quelques palissades de bois, vite remplacées pourtant par d'épais remparts de brique rouge, destinés à tenir en respect le maître de Stockholm qui avait fait de la Baltique un lac suédois. Avec acharnement, Pierre Ier réussit, au début du XVIIIe siècle, à arracher aux Suédois l'embouchure du fleuve, et il décida alors d'en protéger l'accès. Cela allait être le point de départ de la « ville de Pierre » : Petrograd devenu ensuite Saint-Pétersbourg.
L'île aux Lièvres, petit îlot à fleur d'eau, est aménagée en une esplanade en forme d'étoile irrégulière, ourlée de bastions puissants, reliés entre eux par un ingénieux système de souterrains. Cœur du pouvoir tsariste, la forteresse, bientôt transformée en prison d'Etat, voit défiler tout ce qui compte d'opposants au régime. A commencer par le propre fils de son fondateur, le tsarévitch Alexis, convaincu d'avoir comploté contre son terrible père, et qui meurt ici sous la torture. Un siècle plus tard, en 1825, les Décembristes y sont incarcérés après l'échec de leur « révolution ». Dostoïevski y passe quelque temps avant son transfert pour la Sibérie. Enfin, c'est le tour des Bolcheviks : le frère de Lénine, Gorki, et bien d'autres encore.
Aujourd'hui, tout s'est apaisé et la forteresse est devenue le lieu de promenades appréciées, surtout sous les frondaisons d'automne qui entretiennent une atmosphère toujours un peu mélancolique. Dans un impeccable tracé géométrique, les larges allées convergent vers le point focal de l'île : la flèche effilée de la collégiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul.

Le centre symbolique de l'Empire russe
Sur quelques kilomètres carrés, on trouve imbriqués le pouvoir politique et le pouvoir religieux de l'empire, comme cela devait être à une époque où l'un n'allait pas sans l'autre. Au centre de la forteresse, se trouvait dès l'origine une petite église primitive, en bois, déjà consacrée aux saints Pierre et Paul. En 1712, Domenico Tremizzi, un architecte italien, entame des travaux qui aboutissent, vingt ans plus tard, à l'édifice actuel. Pierre le Grand voulait ouvrir la Russie sur l'Europe occidentale, en quelque sorte « dérussifier » le pays. Aussi n'est-il pas étonnant que l'architecture doive davantage à des modèles allemands ou hollandais qu'aux formes locales. La silhouette générale est inhabituelle, avec sa nef allongée de plan basilical, et la flèche élevée sur le porche ouest. La coupole de croisée, avec son petit bulbe, est la seule concession à la tradition russe.
Le tsar n'a pas lésiné sur les moyens pour rendre la première église de sa « ville nouvelle » digne de rivaliser avec les édifices baroques qu'il avait découverts en Occident. La décoration intérieure, tout de marbres précieux rehaussés d'or, est somptueuse. De grands lustres scandent régulièrement l'espace sacré, diffusant une lumière qui donne une atmosphère presque intime aux trois nefs, pourtant imposantes. Voilà qui convient parfaitement à la collégiale, puisqu'elle est surtout le mausolée des Romanov. Pierre le Grand fut bien sûr le premier souverain à désirer y reposer. Depuis 1725, il dort de son dernier sommeil, à droite de l'iconostase sculptée et dorée, dans un simple sarcophage de marbre blanc, toujours fleuri. Après lui, ils sont tous là, à l'exception de Pierre II qui préféra le Kremlin de sa capitale, Moscou. Longtemps, Alexandre III, l'ami de la France, fut le dernier des Romanov enterré ici. Nicolas II et sa famille, exécutés par les Bolcheviks en juillet 1918, manquaient à l'appel. Mais les temps changent, les régimes passent, et les Russes se penchent avec un peu plus de sérénité sur leur passé, souvent douloureux. Des recherches ont été entreprises, aboutissant à la découverte des corps de la dernière famille impériale et à leur inhumation en grande pompe aux côtés de leurs ancêtres en 1998. Depuis, les Pétersbourgeois viennent régulièrement évoquer cette lignée qui, adulée par les uns, honnie par les autres, n'en fait pas moins partie intégrante de leur histoire.

Cette sorte de pèlerinage accompli, il est temps de rejoindre le monde des vivants. Du pont qui mène à l'île Vassilievski voisine, on jette un dernier regard en arrière. La Neva roule ses eaux argentées sous un ciel changeant. Le soir descend rapidement, et le soleil, qui a joué à cache-cache avec les nuages toute la journée, lance un dernier rayon, accrochant une ultime goutte d'or sur la croix d'où, depuis trois siècles, la Russie salue l'Europe à sa manière, sobre et émouvante...
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Bibliographie
Culture-Guides Russie
Jean-Pierre Arrignon
PUF-Clio, Paris, 2008
 
 

 
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