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Le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg
Un temple de l'art au bord de la Neva
Avec ses cinq édifices attenant les uns aux autres – le palais d'Hiver, le Petit Ermitage, le Vieil Ermitage, le Nouvel Ermitage et le théâtre de l'Ermitage –, le prestigieux musée de l'Ermitage forme, au cœur de Saint-Pétersbourg, un vaste ensemble architectural se mirant dans les eaux de la Neva. Son aspect somptueux et monumental ne rappelle en rien le terme ermitage qui désigne « un lieu solitaire et écarté ». Pourtant, à l'origine, le Petit Ermitage bâti par Catherine II à côté du palais d'Hiver, était bien considéré comme un lieu de retraite où elle pouvait « se reposer des fatigues du pouvoir » et admirer avec quelques élus et « quelques souris », sa collection d'œuvres d'art. Soucieuse de rivaliser en ce domaine avec les autres grands monarques européens, elle s'est appliquée tout au long de son règne à enrichir sa galerie personnelle, constituant ainsi le noyau de ce qui deviendrait l'un des musées les plus importants au monde.

La Grande Catherine, patronne des arts

Peu après la fondation de Saint-Pétersbourg, Pierre-le-Grand y avait fait bâtir en 1712 une « maison en bois pour passer l'hiver », transformée quelques années plus tard en un véritable palais de pierre. L'édifice fut remplacé par le nouveau palais d'Hiver, à l'époque d'Elisabeth Ière, entre 1754 et 1762, selon les plans de l'architecte italien Rastrelli. Avec sa façade verte et sa foisonnante décoration extérieure, il est considéré comme un pur joyau de l'art baroque russe. C'est dans son entresol que Catherine II, véritable « dévoreuse de peinture », déposa les premières pièces de sa galerie, augmentées entre 1762 et 1796, de presque 4 000 toiles.

Dès 1764, année de naissance officielle du musée, la tsarine fit l'acquisition de la collection d'art de Gozkowski, le commissionnaire de Frédéric II de Prusse. Ce dernier, endetté par la guerre de Sept Ans, avait finalement renoncé à l'acheter et offrait ainsi à Catherine l'occasion de montrer à l'Europe des Lumières le degré de raffinement culturel atteint par la Russie, moquée alors comme une nation rustre, pauvre et rétrograde. Au même moment, l'impératrice confiait au Français Vallin de La Mothe la construction de son Petit Ermitage, réalisé dans un style classique. Réservé aux favoris – régulièrement conviés à de délicieuses réceptions, agrémentées de dîners et de pièces de théâtre –, le bâtiment s'avéra rapidement trop petit pour contenir la collection sans cesse grandissante d'œuvres d'art. Celle-ci fut alors transférée dans un nouveau corps de fabrique, juxtaposé au précédent, et dénommé « le Grand Ermitage », dont le chantier fut confié, entre 1771 et 1787, à l'architecte allemand Youri Velten.

Durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, le développement en France du marché de l'art favorisa la vente aux enchères de nombreuses collections privées. Sur les conseils de Denis Diderot, Catherine fit ainsi l'acquisition en 1772 des tableaux qu'avait réunis le banquier Crozat. Parmi ceux-ci, on comptait le Bacchus de Rubens, la Judith de Giorgione, la Sainte Famille de Raphaël, le Portrait de jeune femme de Titien, la Danaé de Rembrandt. Déjà en 1767, le maître hollandais avait fait son entrée dans la galerie, avec le célèbre Retour du fils prodigue, vendu une bouchée de pain par le duc d'Amezune. En 1779, Catherine II fit aussi acheter de l'autre côté de la Manche, la collection de premier ministre anglais Robert Walpole. Elle comprenait des tableaux anglo-saxons du XVIe au XVIIIe siècle et fut complétée en 1790 par l'acquisition de trois toiles de Reynolds. La même année, Quarenghi achevait la galerie destinée à accueillir les copies des célèbres Loggias vaticanes de Raphaël.

D'Alexandre Ier à Nicolas II, l'aventure du musée au XIXe siècle

A la mort de Catherine II, les collections d'art demeuraient la propriété privée de la famille impériale. C'est Alexandre Ier (1801-1835) qui créa officiellement le musée de l'Ermitage et l'ouvrit au public à l'exemple de la National Gallery et du musée du Louvre. En 1814, le tsar acheta en personne la collection de la Malmaison aux héritiers de Joséphine de Beauharnais. Elle comptait trente-huit tableaux, dont la Matinée au port de Claude Gellée, la Sainte Famille d'Andrea del Sarto, ou encore le Saint Sébastien de Ribera.

Sous le règne de Nicolas Ier, un incendie détruisit presque entièrement en 1837 le palais d'Hiver, mais les collections qu'il contenait furent transportées à temps dans d'autres bâtiments. Le tsar ordonna sa reconstruction immédiate et décida aussi la création du Nouvel Ermitage, derrière le Grand et désormais Vieil Ermitage. Sur les conseils du poète Joukovski, grand ami de Pouchkine et précepteur du prince héritier, l'architecte retenu fut Leo von Klenze, déjà constructeur pour Louis Ier de Bavière de la pinacothèque et la glyptothèque de Munich. Conçu comme un musée à part entière, le Nouvel Ermitage fut inauguré le 7 février 1852. En avant de la façade principale, dix statues d'Atlantes en granit gris soutiennent un imposant portique. Œuvres du sculpteur Alexandre Terebenev, elles font clairement référence à la culture classique et demeurent aujourd'hui l'un des symboles de la ville.

L'arrivée au pouvoir d'Alexandre II (1855-1881) favorisa l'approche scientifique de la conservation des œuvres et l'accès à un plus large public. Sous son règne, de nombreux chefs-d'œuvre firent leur entrée à l'Ermitage, dont le Vase de Cumes, la Madone Litta de Léonard de Vinci et la Madone Conestabile de Raphaël. Si le tsar Alexandre III (1881-1894) concéda des fonds pour poursuivre l'enrichissement du musée, ce dernier ne bénéficia à l'époque de Nicolas II (1894-1917) que de donations privées, parfois exceptionnelles, ainsi la Madone Benois de Léonard de Vinci.

Dans la tourmente du XXe siècle

En octobre 1917, la prise du palais d'Hiver, où siégeait le gouvernement Kerensky, signifia la victoire de la révolution bolchevique. Le musée impérial fut rebaptisé « musée d'Etat » et l'on aménagea dans l'ancienne demeure des tsars de nouveaux parcours d'exposition. Dans les années vingt, des centaines d'œuvres furent transférées au musée Pouchkine, mais l'Ermitage subit surtout des pertes irréparables au moment du premier plan quinquennal soviétique, avec la vente à l'étranger de près de trois mille peintures, dont l'Adoration des Mages de Botticelli. Pendant le siège de Leningrad, le fonds du musée fut mis en sûreté à Ekaterinbourg. Il retrouva son lieu d'origine en novembre 1945, et fut bientôt enrichi des collections spoliées de Chtchoukine et Morozov, amateurs entres autres de Monet, Van Gogh, Cézanne, Matisse et Picasso.
Ce n'est toutefois qu'après la chute de l'Union soviétique que la renommée du musée, désormais classé au patrimoine mondial de l'Unesco, prend une dimension internationale. La création, au début du XXIe siècle, de plusieurs annexes à l'étranger, les plus importantes étant celles de Las Vegas et d'Amsterdam, consacrent l'Ermitage comme l'un des plus grands musées du monde, tant par son étendue que par la richesse de ses collections.
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