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Le métro de Moscou
Temple de l'art soviétique
L'histoire de l'architecture de Moscou s'illustre au XXe siècle, sous les rues et les avenues, au fil des ramifications souterraines, par les stations spectaculaires du « plus beau métro au monde ». A l'instar des créations architecturales qui verront le jour sous d'autres régimes totalitaires, comme la Rome de Mussolini ou le Berlin d'Albert Speer, le métro est perçu dès l'ouverture du chantier en 1931, comme un instrument de propagande à la gloire du régime.

L'entrée dans la modernité n'est pas seule en jeu. Il s'agit de traduire plastiquement l'éclosion d'un homme nouveau, en marche vers un futur toujours plus radieux. Les stations sont ainsi conçues comme de véritables palais destinés à la masse des travailleurs socialistes. Toutes les ressources de l'art sont mises à contribution : le marbre omniprésent, les mosaïques et les statues, les lustres et les vitraux, les dômes et les colonnes.
Encore aujourd'hui, quiconque découvre le métro moscovite est saisi par son aspect monumental et par la magnificence des matériaux utilisés.

La mise en place sous Staline

A l'instar d'autres capitales européennes, la Russie des tsars envisagea, dès la fin du XIXe siècle, l'installation d'un métro à Moscou, mais le projet, sur le point d'aboutir à la veille de 1914, ne vit jamais le jour. En 1930, des commissions d'architectes, mandatées par l'Etat soviétique, se réunissent pour réfléchir à la modernisation de la ville. Parmi eux, Le Corbusier préconise la construction d'un métro. Elle est décidée le 15 juin 1931 sur la base du rapport Kaganovitch, un dirigeant du Parti, qui donne son nom au réseau. La mise en service du premier tronçon a lieu le 14 mai 1935. Journalistes et écrivains français de passage alors à Moscou ne manquent pas de s'émerveiller. Romain Rolland est ainsi photographié avec Maxime Gorki auprès de « travailleuses de choc » et Antoine de Saint-Exupéry écrit pour Paris-Soir : « Le peuple, qui dans la réalisation du métro accorde une telle importance au luxe et à la lumière, en conjuguant l'utile à l'agréable, a déjà construit l'essentiel, c'est un peuple confiant dans l'avenir. » Pendant la période stalinienne, quatre tranches de travaux se succéderont jusqu'en 1954, un an après la disparition du « Petit Père des peuples ».

Une iconographie à la gloire du héros soviétique

Le chantier, particulièrement difficile, impose le recours à une main-d'œuvre toujours plus importante. L'émulation bat son plein. Les ouvriers les plus acharnés sont ainsi honorés, mais, à l'inverse, des affiches placardées dans les puits incitent à « débusquer les simulateurs et les fainéants ». Dans la perspective totalitaire, l'homme se doit d'être un héros, œuvrant pour l'avènement d'un monde nouveau. Cette vision à la fois exclusive et idéalisée transparaît dans les choix esthétiques du métro. A la station Komsomoslkaïa-radialnaïa, l'immense panneau de majolique de Lanceray représente, dès 1935, les bâtisseurs du métro enthousiastes, vaillants et pleins d'ardeur. Sous les arcs en granit de la station Plochtchad Revolioutsii, les quatre-vingts statues de bronze de Manizer assument la même fonction didactique : ouvriers, kolkhoziens, inventeurs ou sportifs sont autant de modèles dont l'exemple doit inspirer les masses.
Dans le contexte de la seconde guerre mondiale, puis de la guerre froide, une autre figure majeure entre au panthéon de la mythologie soviétique : celle du combattant partout exaltée dans les « vestibules » du métro. Œuvre de l'architecte Alexis Chtchoussev et du peintre Pavel Korine, la station Komsomolskaïa-koltsevaïa en offre l'un des plus somptueux exemples. Elle remportera d'ailleurs le premier prix à l'Exposition internationale de Bruxelles en 1958. Sous la voûte du hall central, huit mosaïques en émail évoquent les grands chefs militaires de l'histoire russe : Alexandre Nevski, le général Souvarov ou encore le prince Koutouzov. Ailleurs, les murs de la station Taganskaïa, surplombés d'une voûte à croisée d'ogives, sont ornés de quarante-huit bas-reliefs représentant des soldats de l'armée soviétique.

Du réalisme socialiste au néoclassicisme

En 1938, l'architecte Alexis Douchkine dessine pour la station Maïakovskaïa – qui remportera le grand prix de la Foire internationale de New York – un pavage en marbre de carrés rouges sur fond blanc. Il rend tacitement hommage à Malevitch. Mais les références à l'avant-garde restent rares dans la décoration du métro. La lutte contre le « formalisme » – nom générique donné à l'art moderne par ses détracteurs staliniens – est déjà engagée depuis plusieurs années au bénéfice du réalisme socialiste. Dans le même temps s'opère un retour vers le passé. Ivan Fomine se fait ainsi le chantre du dorique rouge, forme épurée à l'extrême du néoclassicisme. Ses deux stations, Krasnye Vorota et Plochtchad Sverdlova, serviront de modèle à ses successeurs, soucieux de procéder à ce qu'on appelle alors « l'assimilation critique de l'héritage ».
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