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Le Bolchoï, un lieu mythique
Théâtre de l'âme slave
Symbole universel de la culture russe, le théâtre Bolchoï se trouve au cœur de Moscou, non loin de la place Rouge et du Kremlin. Sa façade néoclassique aux lignes sobres et puissantes est ponctuée d'immenses colonnes blanches et surmontée d'un quadrige sculpté conduit par Apollon. Elle impressionne d'emblée le spectateur par sa verticalité triomphante et ses proportions monumentales.
Consacré temple de la musique et de la danse depuis plus de 235 ans, le Bolchoï – dont le nom signifie « grand » – fut reconstruit à plusieurs reprises au XIXe siècle. Au lendemain de 1917, il échappa de peu à la tourmente révolutionnaire pour devenir finalement le théâtre le plus important de l'Union soviétique. Mais son statut de vitrine culturelle ne l'empêcha pas d'être mis à mal pendant la période communiste. Fragilisé dans les années trente par la construction du métro, et victime par la suite de restaurations inadaptées, le théâtre menaçait de s'écrouler au début du siècle présent. Au terme de six années de rénovation, il a rouvert solennellement ses portes au mois d'octobre 2011 pour arborer à nouveau l'aigle bicéphale de l'ancienne Russie des tsars.

Du vieux théâtre Petrovski au théâtre Bolchoï Petrovski

L'histoire du Bolchoï commence en 1776, lorsque l'impératrice Catherine II autorise le prince Ouroussov à « administrer toutes les représentations théâtrales de Moscou ». En échange, il s'engage à construire un théâtre dont « l'ornementation extérieure doit contribuer à l'embellissement de la ville » : le théâtre dit « Petrovski » voit ainsi le jour en décembre 1780, mais disparaît vingt-cinq ans plus tard dans un incendie. La troupe est alors rattachée à la Direction des théâtres impériaux. Elle compte des artistes professionnels, mais aussi de simples serfs.
En 1812, après la retraite des troupes napoléoniennes, Moscou est un champ de ruines et la vie artistique réduite à néant. C'est seulement dix ans plus tard que l'architecte Joseph Beauvais entreprend la construction du théâtre Bolchoï Petrovski. Lors de son inauguration, le 6 janvier 1825, c'est une danseuse française, Félicité Hullen, qui interprète Cendrillon sur une musique de Fernando Sor, son mari. Par la suite, le théâtre contribue au rayonnement artistique de la ville en produisant des œuvres de compositeurs étrangers tels Donizetti et Rossini, tout en encourageant l'affirmation d'un art véritablement national. Une vie pour le tsar de Glinka, véritable acte de naissance de l'opéra russe, est ainsi donnée le 7 septembre 1842.

Le troisième théâtre et la naissance véritable du Bolchoï

Le matin du 11 mars 1853, un nouvel incendie se déclare. Le feu se propage deux jours durant. Costumes et décors, archives et machineries, instruments et partitions partent en fumée avec la quasi-totalité de l'édifice. Seules demeurent les huit colonnes de l'entrée principale et une partie des murs extérieurs. Mais Moscou, déjà, n'est plus Moscou sans son Bolchoï et l'on confie sa reconstruction à l'architecte Albert Cavos. Tout en conservant les vestiges de l'ancien édifice, il donne un nouveau visage au théâtre, ajoutant pilastres et fenêtres et, surtout, un second fronton. Le char à trois chevaux qui surplombait le portique est remplacé par un quadrige de cuivre réalisé par Peter Clodt, le sculpteur préféré de Nicolas Ier. A l'intérieur, Cavos conçoit la salle comme la caisse de résonance d'un instrument de musique et obtient une des meilleures acoustiques au monde. Avec son parterre et ses six niveaux de loges, le théâtre pourpre et or peut accueillir plus de 2 000 spectateurs, sous le regard bienveillant des muses d'Apollon réparties au plafond autour d'un immense lustre de cristal. Il est inauguré le 20 août 1856 en présence de la famille impériale.

Par-delà les tourmentes de l'Histoire

Dès lors, le prestige du Bolchoï ne cesse de s'affirmer. L'année 1877 voit la création du ballet de Tchaïkovski Le Lac des cygnes. En 1884 a lieu la première de son Mazeppa, inspiré de Pouchkine. Le foisonnement créatif atteint son apogée avec les œuvres de Rimski-Korsakov, Rachmaninov, Moussorgski ou encore Borodine , mais, avec la Révolution d'octobre, le théâtre, perçu comme un symbole impérial, manque d'être détruit. Lénine s'y oppose publiquement en déclarant que « les colonnes de notre culture doivent être conservées ». En 1922, on choisit la scène du Bolchoï pour proclamer la naissance de l'URSS, et l'on finit par rendre le théâtre à sa vocation première, en prenant bien soin d'effacer toute référence aux Romanov. Une Vie pour le tsar de Glinka est ainsi rebaptisée Ivan Susanin, du nom de son personnage principal. L'œuvre traversera les générations avant de retrouver son nom d'origine à la chute de l'empire soviétique et d'inaugurer le gala de réouverture du Bolchoï, le 28 octobre 2011. Par-delà les tourmentes de l'Histoire, la musique scande ainsi l'éternel retour de l'âme slave.
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