Logo Clio
Service voyages
Service voyages
La Laure Alexandre Nevski
Un panthéon à ciel ouvert à l’ombre d’un majestueux monastère
C’est à l’extrémité de la Perspective Nevski, célèbre artère de Saint-Pétersbourg, que s’étend, au bord de la Neva, la Laure Alexandre Nevski. Ceint d’une large muraille, cet ensemble architectural majeur a été aménagé dans un vaste parc traversé d’un canal, et réunit ainsi dans un cadre bucolique, au plein cœur de la ville, onze églises et quatre cimetières.

Fondé au début du XVIIIe siècle par Pierre le Grand, le monastère de la Sainte-Trinité y fut érigé en l’honneur du prince de Novgorod, Alexandre Nevski, à l’endroit même où, en 1240, il a vaincu les Suédois. Les reliques du défenseur de la terre russe, canonisé en 1263, y furent ainsi transférées en 1724 et contribuèrent immédiatement au rayonnement du couvent. En partie reconstruit à partir de 1776, puis devenu résidence du métropolite et siège des académies ecclésiastiques, celui-ci reçut en 1797, le titre exceptionnel de Laure, réservé aux monastères orthodoxes les plus prestigieux.

Demeurée aujourd’hui un important centre spirituel, la Laure Alexandre Nevski abrite depuis 1936, le musée de la sculpture urbaine. Et c'est aussi à travers ses cimetières et ses nécropoles, qu'elle s’impose à l’imaginaire comme un haut lieu de la mémoire russe, ultime séjour sur la terre de nombreux princes et chefs de guerre, mais aussi d’artistes et d’écrivains réunis ici, pour leur repos éternel, entre le XVIIIe et le XXe siècle.

A l’origine, une volonté politique d’ancrage dans l’histoire

Décidée dès 1710 par Pierre le Grand, la construction d’un monastère de la Sainte-Trinité dédié à Alexandre Nevski débuta en 1712, l’année même où la toute récente ville de Saint-Pétersbourg fut proclamée capitale des tsars. Conçue comme “une fenêtre ouverte sur l’Europe”, la cité ne pouvait pour autant devenir le nouveau centre politique et culturel du pays, sans être rattachée à la lointaine histoire de Russie. Or, c’est ici, dans l’un des méandres de la Neva que le prestigieux prince Alexandre de Novgorod l’avait emporté 472 ans auparavant contre les Suédois. Cet événement lui valut dès lors le surnom de “Nevski”, c’est-à-dire de la Neva. Pierre Ier, lui-même en guerre contre la Suède, attendit à son tour la victoire, consacrée le 30 août 1724 par le traité de Nystad, pour ordonner la translation des reliques d’Alexandre Nevski depuis Vladimir jusqu’à Saint-Pétersbourg. Dans la mise en scène symbolique du pouvoir, il s’affirmait ainsi comme digne successeur du grand héros fondateur.


Les premiers plans d’architecture et l’église de l’Annonciation

Après l’installation d’un monastère provisoire en bois, on confia en 1717 le premier projet d’architecture en pierre à Domenico Trezzini, qui dessina au nord et au sud les cellules des moines et fit ériger l’église de l’Annonciation. Achevée en 1724, elle se compose d’une partie haute destinée à l’origine à abriter les reliques d’Alexandre Nevski, et d’une partie basse, devenue dès le règne de Pierre Ier nécropole des membres non régnants de la famille impériale. Par la suite, elle accueillit aussi les dépouilles de grandes figures s’étant illustrées au service de l’Etat, à l’image du feld-maréchal Alexandre Souvorov, rendu célèbre pour avoir écrasé en 1794 le soulèvement de la Pologne. Dès la fin des années 1710, c’est à Théodore Schwertfeger que fut confié le chantier initial de la cathédrale de la Sainte-Trinité mais l’édifice, structurellement mal conçu ne résista pas aux premiers outrages du temps et fut finalement rasé sur ordre de l’impératrice Elisabeth Petrovna en 1753.

La cathédrale de la Sainte-Trinité

Il fallut attendre l’intervention de l’architecte Ivan Starov, élève de Charles de Wailly à Paris, pour que la cathédrale que nous connaissons encore aujourd’hui vît enfin le jour entre 1778 et 1790. De style néoclassique, elle domine, teintée de jaune, un ensemble de bâtiments conventuels rouges et blancs et se distingue à l’extérieur par l’élégante sobriété que lui confère son dôme unique et sa majestueuse colonnade encadrée par deux tours clochers. A l’intérieur, l’ornementation se révèle plus fastueuse, avec notamment un somptueux autel en agate rouge et blanc, des copies de Rubens, du Guerchin et de Van Dyck, ainsi que des tableaux originaux de grands maîtres russes. Dès son inauguration, en 1790, on y déposa dans un sarcophage d’argent, conservé aujourd’hui au musée de l’Ermitage, les prestigieuses reliques de saint Alexandre Nevski.

Ces cimetières devenus trésors nationaux

Ivan Starov redessina aussi dans le goût classique de l’époque l’entrée principale du monastère. Surmontée d’une coupole, elle déploie ses lignes rigoureusement symétriques en réponse au creux de la courbe formée devant elle par la place Alexandre Nevski. Immédiatement après avoir pénétré l’imposante enceinte, on découvre de part et d’autre de l’allée centrale les deux cimetières les plus prestigieux de la Laure. Disposées en deçà de l’ensemble monastique, leurs allées, ponctuées de sculptures et de précieux monuments funéraires, invitent autant à la méditation qu’à l’émerveillement. A gauche, le cimetière Saint-Lazare, appelé aussi nécropole du XVIIIe siècle, est le plus ancien de la ville et abrite les tombes d’artistes et d’hommes illustres : ainsi celles du savant Mikhail Lomonossov, des architectes Adrian Zakharov et Andrei Voronikhine, Carlo Rossi et Giacomo Quarenghi, des sculpteurs Fedot Choubine et Ivan Martos. Mais lui faisant face à droite, c’est le cimetière Notre-Dame de Tikvine, inauguré en 1823, qu’on dénomme la “nécropole des maîtres de l’art”. Ici reposent non seulement Tchaïkovski, Moussorgsky et Rimski-Korsakov mais encore Dostoievski, dont la tombe toujours fleurie, symbolise à elle seule l’éternel retour de la culture russe.
Partir en voyage avec Clio
CF 33 - 14 jours

Dès l’époque médiévale, quand les Varègues firent naître l’entité russe au cœur des terres slaves du Nord, les fleuves jouèrent un rôle capital et devinrent un axe majeur dans les échanges entre les mondes ... Découvrir ce voyage
RU 101 - 5 jours

Qui n’a rêvé de Saint-Pétersbourg, la prestigieuse capitale de Pierre le Grand ? Cette escapade sur les rives de la Baltique vous fera découvrir l’essentiel de la cité, entre monastères, palais, jardins ... Découvrir ce voyage
RU 30 - 8 jours

Illustrant les rêves des souverains qui les voulurent capitales, Saint-Pétersbourg et Moscou rivalisent encore par le prestige de leurs architectures et de leurs musées, de la Moskova à la Neva. Nul ... Découvrir ce voyage
RU 32 - 7 jours

Née de la volonté de Pierre le Grand, la grande cité construite sur les rives de la Néva a constitué, trois siècles durant, le cœur d’une Russie tsariste soucieuse de concilier le maintien de l’empire, ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter