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La cathédrale Basile-le-Bienheureux
Une exubérance bien ordonnée
Pur joyau du patrimoine moscovite, la cathédrale de l'Intercession-de-la-Vierge, plus connue sous le nom de Basile-le-Bienheureux, s'élève au sud de la place Rouge, près de la porte Spassky du Kremlin. Avec ses bulbes chamarrés et ses formes éclectiques, elle déploie vers le ciel ses lignes courbes et inégales, en opposant les unes aux autres de multiples couleurs vives. L'ensemble, parfaitement structuré, épouse la forme d'une croix grecque : autour de l'église centrale, haute de 57 mètres, s'ordonnent quatre grandes chapelles axiales entre lesquelles s'insèrent quatre chapelles plus petites.
Inspirée de l'architecture en bois, le monument semble avoir figé à jamais, dans la brique, le fer et la tuile, l'art traditionnel russe. Bâti au milieu du XVIe siècle sur l'ordre d'Ivan le Terrible, il n'arbore cependant son visage définitif qu'à la fin du XVIIIe siècle, à l'époque de la grande Catherine. A l'intérieur, quatre siècles d'histoire de l'art s'offrent au regard à travers une décoration foisonnante de fresques et d'icônes.

De la bataille de Kazan à Basile-le-Bienheureux

Le 1er octobre 1552, jour de la fête de l'Intercession-de-la-Vierge, le jeune tsar Ivan IV remporte sur les Tatars la victoire de Kazan. Afin de commémorer cet événement, il ordonne la construction d'une cathédrale à chapelles multiples, réplique terrestre de la Jérusalem céleste. Sur la place Rouge s'élève un premier édifice de bois, vite remplacé par un monument en brique, dont la construction semble avoir été confiée à Postnik Iakovlev et à Jacques Baram. En 1561, « le jour des apôtres Pierre et Paul », la cathédrale est consacrée par le métropolite Macaire. Elle se compose de neuf chapelles distinctes mais bâties sur les mêmes fondations et communiquant entre elles par une galerie ouverte. Autour de l'église centrale, les huit chapelles sont dédiées aux saints patrons des jours décisifs où se joua la bataille, ainsi qu'à la Sainte Trinité et au dimanche des Rameaux.
En1583, un incendie se propage et endommage considérablement les dômes d'origine. Les chapelles se parent de leurs bulbes emblématiques mais n'arboreront leurs couleurs vives si caractéristiques qu'en 1670 : le haut de l'édifice reste alors uniformément doré. Durant l'année 1588, on adjoint à la cathédrale une chapelle latérale, bâtie sur le tombeau de Basile-le-Bienheureux, un « fol-en-Dieu » mort en 1552. Depuis l'âge de seize ans, ce dernier endurait volontairement le froid et les privations. Ses dons de clairvoyance inspiraient la crainte et la dévotion. Au fil des années, des fidèles de plus en plus nombreux vinrent réclamer la protection du défunt, et son souvenir finit par éclipser celui de la bataille de Kazan. La cathédrale de l'Intercession fut dès lors communément désignée comme celle de Basile-le-Bienheureux.

Au fil des siècles

Au début du XVIIe siècle, l'Allemand Adam Olearius réalise une gravure du sanctuaire, laissant ainsi un précieux témoignage historique. Le monument est encore bien différent de celui que nous connaissons aujourd'hui. Les incendies fréquents et dévastateurs précipitent aménagements et transformations. Pour parer à ce perpétuel danger, le tsar Fédor III ordonne en 1680 la destruction de toutes les églises en bois édifiées au fil des ans sur la place Rouge. A la place de l'ancien clocher, on construit l'actuel campanile, surmonté d'une flèche à huit versants, en tuiles vertes et en faïence polychrome. Entre 1784 et 1786 enfin, Catherine II engage d'importants travaux de rénovation, à l'intérieur comme à l'extérieur. Basile-le-Bienheureux semble alors livrer son visage définitif.
Les fracas de l'Histoire menacent pourtant à plusieurs reprises la cathédrale moscovite. En 1812, l'armée napoléonienne la pille et la détruit en partie, mais elle est ensuite rebâtie et à nouveau consacrée. L'architecte Joseph Beauvais l'entoure d'une grille en fonte ajourée. En 1905, on célèbre solennellement le 350e anniversaire du début de sa construction, en la parant de nouvelles fresques, ainsi celle du Miracle en mer, et en veillant officiellement à la sauvegarde des œuvres plus anciennes, comme l'icône de la Trinité inspirée au XVIe siècle de Roublev, ou le remarquable plafond à caissons de la galerie ouest. A la suite de la Révolution d'octobre, la cathédrale est d'abord transformée en musée d'Histoire, puis menacée de destruction dans les années trente. Baranovski, l'architecte qui avait restauré Notre-Dame-de-Kazan et n'avait pu empêcher sa complète démolition, s'enchaîne alors à la grille de Basile-le-Bienheureux pour protester. Il est arrêté sur le champ, mais recouvre la liberté quelques mois plus tard, tandis qu'on décide d'épargner le splendide monument.
En 1990, la cathédrale est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité et retrouve sa vocation religieuse tout en demeurant un musée d'Etat. La même année, les cloches du campanile retentissent à nouveau après plus de 70 années de silence.
Pour visiter la cathédrale Basile-le-Bienheureux avec Clio
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