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Telč
la Renaissance en Bohème
Au cœur de la Moravie
La plaine de la Morava et les collines de Moravie, situées entre le massif de Bohême et la chaîne de montagnes alpines de Slovaquie connut les influences les plus variées lors des grands mouvements de peuples qui suivirent l'effondrement de la puissance romaine en occident. Peuplée de Celtes puis de Germains, ensuite colonisée par des tribus slaves, la Moravie fut peu après envahie par les Avars. Au IXe siècle, le prince Mojmir et ses successeurs directs en firent un royaume puissant, mais éphémère qui s'étendit jusqu'en Bohème et en Pologne avant d'être détruit par l'attaque des Magyars en 906. Au cours du Xe siècle, la dynastie des Premyslides de Bohème devint la grande puissance régionale et la Moravie fut intégrée, en 1029, dans le royaume de Bohème et accéda au titre de margraviat en 1182. À cette époque, les collines du pays étaient encore le domaine de la forêt et n'avaient été guère pénétrées que par des ermites missionnaires, mais, dans le courant des grands défrichements qui marquèrent l'Europe du XIIIe siècle, un semis de villages apparut près des essarts.

La Telc médiévale
À l'origine, Telc semble n'avoir été qu'un village groupé autour d'une petite église romane, sur une colline à 500 mètres d'altitude. La plus ancienne mention de la ville ne remonte qu'à 1333 et cite la présence d'une place forte. La cité revint en 1339 à la puissante famille seigneuriale de Hradec qui acheta le château à Jean de Luxembourg, roi de Bohème en échange de la ville de Banov. Le château fut alors agrandi et ses murailles faisaient partie des remparts érigés autour de la ville, qui ne comportait que deux portes. Les rois de Bohême, d'origine germanique, pratiquèrent une politique de colonisation massive par des Allemands, venus surtout de Bavière et des régions Rhénanes, qui allait profondément marquer la culture tchèque et morave. En 1386, après qu'un incendie eut ravagé la ville dont les maisons étaient de bois, la reconstruction fut essentiellement réalisée en pierre. En 1526, la Moravie revint en héritage à la dynastie des Habsbourg, mais qui ne fit qu'exercer sa suzeraineté sur les seigneurs de Hradec. En 1530, un nouvel incendie détruisit une partie de la ville, mais, en 1550, Telc revint à Zachariᚠde Hradec qui fit de la cité sa résidence.

La Renaissance
En 1551, Zacharias fit partie de la délégation de la noblesse tchèque chargée d'accueillir en Italie Maximilien II de Habsbourg, élu roi des Romains et il découvrit alors l'art de la Renaissance italienne qu'il décida de transposer dans la reconstruction de sa ville, ce qui explique son homogénéité architecturale si impressionnante pour les visiteurs, immédiatement séduits par cet ensemble urbain, installé dans un site superbe, entouré d'étangs, dont l'allure renforce le caractère intemporel du lieu.

Un joyau de la Renaissance
La place centrale, baptisée du nom de Zachariᚠde Hradec, a été remarquablement conservée, et présente, avec ses élégantes arcades, l'allure qui était celle des villes de la Renaissance saxonne au XVIe siècle. Les maisons qui l'entourent et la fontaine baroque installée en son centre en font l'un des trésors du patrimoine tchèque. La transformation du château médiéval fut confiée aux architectes italiens, Antonio Vlach puis Baldassare Maggi qui ont fait de ce monument, riche de sa superbe salle du trésor, de la voûte en étoile de son armurerie, des plafonds à caissons de plusieurs de ses salles, mais aussi de ses décors en stuc et de ses peintures murales, l'une des plus belles demeures nobiliaires du pays.
Intégrée à l'ancienne forteresse, la chapelle Saint-Georges abrite les restes du fondateur, Zacharias de Hradce. On retiendra surtout, parmi les églises, celle du Saint-Esprit qui se dresse non loin de la Velka Brana, la grande porte d'accès à l'ancienne ville. Elle date pour l'essentiel de la fin de la période gothique, mais son clocher, plus ancien, remonte au XIIIe siècle. L'église Saint-Jacques date du XVe siècle, de ces temps troublés qui virent la Bohême connaître la crise hussite, annonciatrice pour l'Église de plus amples fractures. Non loin de là, l'église du Saint-Nom-de-Jésus remonte au XVIIe siècle ; partie intégrante du collège des Jésuites, elle fut achevée en 1667 et ressort du plus pur style baroque.
L'allure générale de la ville témoigne ainsi des changements intervenus au cours d'un XVIe siècle qui fut, certes, troublé, mais qui n'en demeura pas moins globalement prospère. Façades ornées et maisons à pignons découpés révèlent le dynamisme qui caractérise la Bohême tchèque et allemande de cette époque, qui profita ensuite des apports de l'Italie et de l'influence de la Renaissance septentrionale flamande et saxonne.
 

 
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